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Roland HUREAUX

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 12:33

 

Chers compagnons,

 

J’ai voté comme vous François Fillon au premier tour de l’élection présidentielle et je suis membre du parti Les Républicains.

Compte tenu des torrents de boue qui ont été déversés sur lui pendant trois mois, le résultat de François Fillon est très honorable, bien meilleur par exemple que celui du candidat du PS, issu lui aussi d’une primaire.   

Il est arrivé 3e. Il serait arrivé 2e si, au dernier moment, 1 million et demi millions de voix n’avaient   basculé de Hamon à Macron, ce qui a fait gagner 4 % à ce dernier, le propulsant au second tour. Je ne vois pas comment nous aurions pu l’empêcher.

Comme beaucoup, je suis plus étonné que notre candidat se soit immédiatement rallié à celui qui avait contribué à verser des torrents de boue sur lui et surtout son épouse.

Car, n’en doutez pas, le principal responsable de l’affaire Fillon, c’est Emmanuel Macron.

Ce ne sont pas les juges, car le parquet est aux ordres du pouvoir exécutif.  Ceux qui sont à l’origine de l’affaire, le président de la République en tête, sont des familiers de Macron, des gens qu’il voit presque tous les jours depuis cinq ans.  Comment imaginer que Macron ait été tenu l’écart de cette odieuse machination ? Et d’ailleurs   à qui le crime profite ?

Portant sur des faits beaucoup moins graves que ceux dont est soupçonné Macron, l’affaire n’a pris tant d’ampleur que parce que la presque totalité de la presse voulait la victoire de Macron.

Tout cela est un déni de la démocratie. Une instrumentation flagrante   de la justice par le pouvoir exécutif en pleine période électorale, une   presse quasi-monolithique, l’interférence de la justice dans le processus électoral dans le but précis de faire passer un candidat et un seul, tout cela est une violation grave des traditions républicaines et même de la loi.

Rappelons seulement que l’article 64 de la Constitution dit que « le président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ». Nous sommes loin du compte !

Dès que la lumière se fera sur l’affaire Fillon et peut-être sur d’autres, la légitimité d’Emmanuel Macron, s’il l’emporte, serait proche de zéro.  

C’est pourquoi je vous propose de faire comme moi :   ne voter en aucun cas Macron au second tour de l’élection présidentielle.

Le Général de Gaulle a voulu l’élection du président de la République au suffrage universel parce qu’il était convaincu que le peuple français, confronté au choix ultime, ne se tromperait pas. Il avait refusé que les affaires judiciaires de Mitterrand soient évoquées dans la campagne de 1965.

Il nous appartient de montrer qu’une vieille nation démocratique comme la nôtre ne se laisse pas imposer ses chefs au forceps, ni par l’étranger, ni par les médias, ni par des manœuvres déloyales contraires aux traditions de la République.

 

Jean MARENSIN  

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 10:11

 

 

Il se peut que les observateurs qui, suivant les sondages qui donnent Emmanuel Macon vainqueur de la présidentielle de 2017 n’aient pas compris ce qu’une telle victoire aurait de subversif pour la démocratie française.

Certes, formellement, l’élection serait régulière.

Mais elle aurait été obtenue à un prix qui ne pourrait laisser qu’un goût amer.

 

Une manipulation judicaire

 

D’abord la manipulation judicaire partie de l’Elysée qui a abouti à affaiblir considérablement François Fillon. Une fois posé l’usage   de l’alternance démocratique, depuis longtemps admis dans notre pays, il paraissait naturel qu’après un quinquennat de Hollande particulièrement désastreux – au point d’interdire au sortant de se représenter -  le candidat de la droite de gouvernement, François Fillon, désigné au terme d’une primaire incontestée, prenne la relève avec ses équipes.

Pour des raisons qui restent à éclaircir, Hollande et son entourage ne l’ont pas admis. Turpitudes à cacher, affaiblissement du sens républicain, égoïsme sordide, Hollande a décidé de remettre en cause   cet usage en mettant tous le moyen l’Etat, les moyens judicaires en premier lieu, en marche pour détruire l’image du candidat dans l’opinion, dans l’espoir de conserver l’Etat PS qu’il avait mis en place.

S’il est vrai qu’au début, Hollande a espéré réaliser cette opération pour lui-même, son retrait et la faiblesse du   candidat socialiste ont fait qu’elle a profité à Emmanuel Macron. Ce dernier ne pouvait pas ne pas être au courant de ces manigances : proche de Jean-Pierre Jouet, secrétaire général d’Elysée que l’on dit au centre de la manœuvre, ayant eu le secrétaire général adjoint Boris Vallaud, mari de Najat Vallaud-Belkacem comme chef de cabinet à Bercy, quand il était    à la tête d’une administration fiscale qui n’a pas de secret pour son patron, le candidat Macron apparait au cœur d’une   manipulation dont il est le premier bénéficiaire.

Est-il utile de dire qu’en ayant la haute main sur le parquet financier, qu’il a créé et où il a effectué les premières nominations, et en permettant son instrumentalisation politique, Hollande n’a pas respecté, c’est le moins qu’on puisse dire, l’article 64 de la Constitution selon lequel « le président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ? «

On pourra alléguer que Francis Fillon aurait pu se défendre mieux. Il reste que la manœuvre qui a déstabilisé sa candidature est sans précédent dans une République où le pouvoir judiciaire était tenu par la loi et par la coutume à l’écart de la politique et où les présidents de la République successifs n’avaient jamais dans le passé utilisé de tels moyens.   

 

Une presse dont le pluralisme est évacué

 

L’autre dévoiement auquel Macron devrait, s’il était élu, son élection, est la quasi-unanimité de la presse écrite et audio-visuelle en sa faveur –  contre François Fillon.

Cela aussi est sans précédent dans la démocratie française.

L’affaire Fillon n’aurait pas eu le retentissement que l’on sait si la   presse ne s’en était délectée hors de toute mesure, pendant des semaines et des semaines, avec   une insistance sans proportion avec la gravité toute relative des faits. 

Une telle unanimité tient sans doute à la sociologie journalistique dont la formation orientée et l’esprit grégaire tel qu’il s’est développé dans les écoles de journalisme et les salles de rédaction, plus le terrorisme intellectuel interne au milieu, assurent une large majorité aux plumes de gauche et d’extrême-gauche, même dans les journaux classés à droite, dont témoignent tous les sondages

Elle tient aussi à l’accaparement des médias par des groupes financiers diffusant presque tous une idéologie libérale-libertaire, compatible avec la gauche, et qui pouvait être hostile à ce que représente François Fillon : la bourgeoisie catholique enracinée de filiation gaulliste. On sait les sentiments favorables pour Macron de gens comme Pierre Bergé et Xavier Niel, patrons du Monde et de l’Obs, Bernard Arnault, patron des Echos et du Parisien, Vincent Bolloré, patron de Canal Plus, François Pinault, patron du Point et naturellement des patrons de toutes les chaînes publiques. On sait aussi par quelles manœuvres Macron ministre des finances s’est acquis l’appui de Patrick Drahi bénéficiaire d’une autorisation d’achat de SFR qui représente un avantage de plusieurs milliards et qui possède, BFM, Libération, L’Express. Le candidat Macron s’est attiré d’autres sympathies moins connues dans la presse régionale : Jean-Michel Baylet, Michel Lucasa.

Nous savons depuis deux siècles que la démocratie est inséparable du pluralisme de la presse. Cette unanimité des médias en faveur d’un seul candidat, au détriment des dix autres, est le signe d’une dégénérescence profonde de notre héritage démocratique. Il y a un précédent, l’unanimité de la presse nord-américaine en faveur d’Hillary Clinton. Elle n’a certes   pas empêché Trump d’être élu mais elle l’empêche de gouverner. Là aussi une vieille démocratie est en train de déraper dangereusement.   

A l’appui de la presse s’ajoutent les moyens financiers colossaux dont semble bénéficier le candidat Macron et dont l’origine demeure mystérieuse. Là aussi nous nous trouvons en rupture avec une époque où la répartition de ces moyens n’était certes pas égalitaire mais où elle était plus équilibrée.

A ces deux dimensions qui ont infléchi le résultat des urnes, s’ajoutent, dans une pénombre plus difficile à scruter, les pressions internationales qui s’exercent en faveur de Macron, soldat sans états d’âme de tous les réseaux qui se sont attachés au fil des ans à réduire la souveraineté    de la France : OTAN (avec ses têtes nord-atlantiques pro Clinton), Union européenne, Allemagne, sans compter les réseaux propres à la haute finance dont le candidat est issu.

Perméabilité d’une personnalité apte à se plier à tous les conditionnements et qui semble à bien des égards immatures ? Conditionnement propre à la dernière génération de Sciences Po, style Richard Descoings ?    Exigences impitoyables de certains commanditaires hors du champ des radars ?  Il faut bien dire que, sur aucun sujet, Macron n’a pris la moindre distance par rapport aux idées dominantes dans le monde occidental : immigration, euro, russophobie, libre-échange, éducation, idées libertaires etc. Au point d’apparaitre comme un candidat formaté à l’avance pour imposer à la France ce qui dans la plupart des domaines suscite le rejet du peuple.

Connaissant ces rejets de plus en plus violents, qu’attestent de nombreux sondages, les forces qui appuient Macron semblent avoir choisi de passer outre, de passer à la vitesse supérieure   pour imposer aux Français un président qui reflète leurs idées :  celles des maîtres du monde. En raison de la difficulté même de l’entreprise, ils n’ont pas lésiné sur les moyens.

Ce sont ces moyens qui ont permis au candidat Macron, grâce à des méthodes de communication adaptées et sans doute cher payées, quoique parfois ridicules, de faire illusion au point que la distance abyssale entre ses vraies idées    et les aspirations profondes du peuple français n’apparaisse pas au grand jour.

Rien ne dit que leurs yeux ne s’ouvriront pas avant le second tour. Il est dans la logique de la Ve République telle que l’a voulue le général de Gaulle que le peuple français n’élise pas son président sans un face à face ultime où il   regarde les yeux dans les yeux celui auquel il va confier son destin. Mais si d’aventure tel n’était pas le cas, et que Macron soit quand-même élu, le réveil serait rude. Les Français ne pourraient qu’avoir le sentiment de s’être fait forcer la main avec de moyens déloyaux. Comment ne  verraient-ils pas  dans cette élection  un véritable hold-up sur la république ?   Compte tenu de la place de la France dans l’histoire de la démocratie, ce serait là le signe d’une crise grave de celle-ci.  Il n’est pas sûr qu’une telle élection acquise avec de tels moyens, ne prélude pas à un rejet violent et rapide du nouveau président.

 

Roland HUREAUX

 

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 22:25

 

Quand Hillary Clinton a appris que Trump, son ennemi juré, avait bombardé l’aéroport de Shayrat (Syrie), elle a applaudi des deux mains. On l’avait vue   aussi, dans une vidéo, sauter de joie d’un air carnassier en apprenant la mort de Kadhafi.

Ce ne sont pas que des symboles. Hillary Clinton est la figure emblématique du clan néo-conservateur aux Etats-Unis (à cheval sur les démocrates et les républicains) qui a déjà mis à feu et à sang sept pays (4 millions de morts au total, selon Michel Onfray).

Macron n’a pas l’air aussi agressif que Hillary mais il est le représentant de ce clan dans la bataille électorale française. Il   partage d’ailleurs avec H. Clinton toutes les options libertaires de ce que Jean-Paul II appelait la « cuture de mort ».

 

Les néo-conservateurs libéraux libertaires

 

Les néo-conservateurs veulent faire régner la démocratie et les droits de l’homme dans le monde, en particulier au Proche-Orient, au besoin par des bombardements massifs de populations civiles (comme en Libye) et un soutien actif aux islamistes. Mais ils sont aussi libre-échangistes en économie, libertaires dans les questions de société, partisans d’immigration aux Etats-Unis et surtout en Europe (Obama a, comme Macron, félicité Merkel pour sa politique d’accueil), partisans de l’euro et de l’Europe de Bruxelles (là aussi Obama a pris parti contre le Brexit). Mais ils sont surtout violemment hostiles à Poutine et tout ce que représente la Russie d’aujourd’hui, notamment son opposition aux surenchères libertaires.   

Cette mouvance mondialiste, dont les ramifications traversent l’Atlantique et qui est soutenue par les grandes banques (Goldman Sachs en tête) est souvent réduite à sa dimension économique :  il s’en faut pourtant de beaucoup qu’elle se contente de défendre les intérêts purement économiques du capitalisme :  démantèlement des systèmes sociaux, liberté des échanges, réduction de l’Etat, privilèges du capital.   Comme disait un de   ses représentants les plus éminents, le milliardaire Warren Buffet, par ailleurs financeur des campagnes   pro-avortement : « Je crois à la lutte des classes, mais maintenant, c’est nous le parti des riches qui la gagnons ». Si le néo-conservatisme libéral se réduisait aux questions économiques, ce serait après tout un moindre mal.  Mais certains de ses membres ont d’autres préoccupations : ils ne préparent rien moins que la guerre contre la Russie de Poutine. George Soros, autre milliardaire philanthrope, s’est juré de l’abattre. Comment ? On se le demande sinon en risquant un affrontement nucléaire. Ils n’acceptent pas non plus que leurs plans de destruction de l’Etat     syrien   aient été mis en échec par Poutine    et veulent y intensifier la guerre.

Pour exécuter ce projet, il leur faut une Europe parfaitement unie derrière l’OTAN :  pas   une tête ne doit dépasser. Il leur faut un alignement total de tous les pays, et d’abord celui qui a si souvent joué les fortes têtes, la France. C’est la raison pour laquelle ce clan a tout fait pour y imposer un président à sa botte :  Emmanuel Macron, entièrement acquis à toutes ses idées, jusqu’à la caricature.

 

Fillon ne suffisait pas

 

Il ne serait agi que d’un projet économique, Fillon aurait fait l’affaire : le candidat des Républicains ne remettait en cause aucune des orientations économiques voulues par les réseaux mondialistes : comment l’aurait-il fait puisque son bras droit, Henri de Castries préside le club de Bilderberg, un des lieux emblématiques de cette mouvance ? Il ne contestait ni le libre-échange, ni l’euro et proposait même un programme de réduction du pouvoir d’achat    populaire qui avait tout pour leur plaire. Mais ça ne suffisait pas : l’élection de Fillon aurait rapproché la France de la Russie et donc rompu le front euro-atlantique dont ils rêvent.

Il se peut même que cette obstination à éliminer Fillon et à imposer Macron soit lié à ce projet de guerre.  

Un projet qui a un adversaire : Donald Trump dont l’élection a été pour ce clan un sérieux revers et qui avait fait campagne en promettant de mettre un terme aux opérations de renversement de régime (régime change) au Proche-Orient et de chercher un terrain d’entente avec la Russie. Mais Trump fait face à d’énormes difficultés pour imposer ses vues à un Etat   américain acquis dans sa majorité aux thèses des bellicistes. Le bombardent évoqué plus haut était sans doute un gage qu’il a dû donner à ses opposants[1].

Dans ce contexte, la France est rien de moins qu’un champ de bataille pour des forces qui la dépassent. L’élection de Macron serait une victoire du clan Clinton (Obama lui a téléphoné son soutien) et une défaite pour le camp de la paix, qui ne se réduit pas à l’entourage de Trump.  Elle pourrait accélérer la mise à l’écart de ce dernier   que les néo-conservateurs attendent pour reprendre leur œuvre de mort.

Les chrétiens d’Orient ont par là même tout à craindre d’une victoire de Macron. Sa visite au Liban a montré qu’il était totalement aligné sur la politique menée par l’OTAN depuis six ans dans la région, une politique qui a consisté   à fournir des armes et entraîner les djihadistes   contre le régime Assad mais aussi contre la minorité chrétienne (et d’autres minorités) que, avec ces armes, les djihadistes massacrent. L’élection de Trump leur avait amené un petit espoir de paix. Celle de Macron la ferait envoler.

L’enjeu de la nouvelle bataille de France, c’est donc la paix du monde. Clairement Macron est du côté de tous ceux qui complotent contre elle.  Il serait au minimum leur allié passif. Quels que soient les défauts de sa rivale, elle serait, comme Fillon, du côté de l’ouverture et donc de la paix.  

Avec ses allures de Peter Pan, jeune, immature, aérien, et vaguement irresponsable, par là si séduisant, Macron fait penser à ce joueur de flûte conté par les frères Grimm qui, par son jeu magique, avait entrainé à sa suite les enfants de la ville de Hamelin pour les emmener vers la mort.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

[1] Certains pensent que Trump, de guerre lasse, se serait   rallié aux positons des néo-conservateurs. Cela n’est pas certain.  

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 18:30

 

La drépanocytose (du grec drepanon, faucille), également appelée hémoglobinose S ou sicklémie est une maladie du sang héréditaire qui se transmet par des gènes récessifs. Elle se traduit par une forme d’anémie. Elle était au départ principalement répandu en Afrique.

Depuis 2001, son dépistage est systématique en France sur les enfants  considérés comme à risques,  ceux dont  les deux parents ont des origines dans une région « à risque » , soit en pratique, essentiellement des parents originaires d’Afrique subsaharienne, du Maghreb, des Antilles, ou quand un seul des deux parents est à risque,  si le père est inconnu ou  qu’ il y a des antécédents dans la famille.  

Malgré les critiques, ce dépistage n’a pas été, pour des raisons de coût, systématisé à l’ensemble de la population [1]: il permet donc de connaitre de manière assez précise l’origine géographique des enfants qui naissent en France.

 

Les leçons d’un dépistage

 

Le pourcentage des enfants de parents entrant dans la définition ci-dessus était de 31,5 % en 2010 (et 60 % en Ile de France), de 35, 7 % en 2013 (67,9 % en Ile de France) ; il est de 37, 2 % en 2014 (69,06 % en Ile-de-France) et de 38,85 en 2015 [2].

Il se peut que, ponctuellement, le dépistage soit effectué sur d’autres populations mais selon Valérie Gouttereau, directrice de la fédération parisienne de dépistage, pour l’essentiel, les maternités chargées du dépistage s’en sont tenues à ces critères[3] .

L’ensemble ainsi défini ne saurait être qualifié de racial puisqu’il comprend des populations aussi bien de race noire originaires d’Afrique subsaharienne que de race blanche originaires d’Afrique du Nord.

Il ne comprend pas tous les immigrés puisque ceux qui viennent d’Europe de l’Est ou d’Extrême-Orient ne sont pas inclus.

Mais il comprend plus que les immigrés puisqu’il inclut la plupart des originaires de l’Outre-mer – sachant que leur taux de fécondité est aujourd’hui aussi bas qu’en métropole[4]. Il comprend aussi une partie des enfants d’immigrés   nés en France, dits de de la deuxième génération.

Il comprend des Français et des étrangers.

Il est difficile d’apprécier la religion de cet ensemble mais on peut penser qu’il comporte plus de 80 % de musulmans, les autres étant des Africains ou des Français ultramarins chrétiens.

Ceci précisé, l’augmentation du nombre d’enfants jugés à risque a été de + 1, 5 % en moyenne par an sur 5 ans (2010-2015). Sur cette base, on peut estimer que ce nombre est au moins de 40 % en 2017 et devrait passer la barre des 50 % en 2024.

Pendant la période considérée, le taux de fécondité (ou indice conjoncturel de fécondité) de la France s’est maintenu autour de 2 enfants par femme. Il a cependant baissé à 1,96 en 2015, puis 1,93 en 2016.  Pour simplifier les calculs, nous le maintiendrons à 2.

 

L’INSEE confirme

 

Un récent rapport de l’INSEE[5], établi en fonction de critères légèrement différents, confirme la tendance : il montre que depuis 2011, les naissances d’enfants issus de deux parents nés en France diminuent (de 580 756 à 535 302 en 2015, soit une baisse de 7,8%), celles d’enfants dont l’un ou les deux parents sont nés à l’étranger (mais qui ne sont donc pas forcément nés en Afrique) sont en hausse de 6,07%. Le nombre de naissances d’enfants dont au moins un parent est né hors UE était de 18 ,4 % en 2000, de 23, 9 % en 2010, de 25,9 % en 2015, ce qui montre une évolution analogue mais amortie, du fait de la différence des périmètres. La croissance de ce deuxième ensemble n’est que de 0, 5 % par an depuis 2000-2015. Ce recensement ne donne cependant pas de renseignement sur la fécondité du groupe ainsi défini qui agrège des âges différents   

On peut à partir des données du dépistage calculer le taux de fécondité de chaque composante de la population :

Considérant que la composante que nous appellerons « d’origine africaine » représente environ 10 % de la population totale, qu’elle approche   des 40 % des naissances actuelles, on peut estimer grossièrement qu’elle représente environ 20 % des femmes en âge d’être fécondes.

Donc sur 100 femmes en âge d’être fécondes, 80 sont autochtones et 20 originaires d’Afrique.

Les 80 autochtones donnent naissance à 60 % des bébés, soit, sur 200 bébés, 120, tandis que les 20 femmes d’origine africaine donnent naissance à 40 % des bébés soit sur 200 bébés, 80.

Leur taux de fécondité respectif est donc de

a) pour les autochtones : x = 120 / 80 = 1,5  

b) pour les immigrées d’Afrique : y = 80 / 20 = 4  

Si notre chiffre de 20 % de femmes fécondes issues d’Afrique était sous-estimé, l’écart serait légèrement inférieur - et inversement.

Le taux de fécondité de 4 est certes élevé, mais il est inférieur à la   moyenne africaine subsaharienne (5,5) ; il est en revanche supérieur à la moyenne nord-africaine (2,8). Il est cependant habituel aujourd’hui que les taux de fécondité soient supérieurs dans une population immigrée que dans le pays d’origine : c’est ce qu’on observe entre les Mexicains de Californie et ceux du Mexique. Le fait de disposer de plus de moyens financiers ou encore celui de s’installer dans la vie au sein du pays d’accueil peuvent expliquer cette différence.

Le taux de fécondité de 1,5 est inférieur à   la moyenne de l’Europe (1,6) [6], toutes composantes confondues mais il reste sans doute supérieur à la moyenne des populations autochtones en Europe (difficile à estimer).

 

La baisse de la fécondité des Français

 

Le taux de fécondité français était de 2,90 enfants par femme en 1966, à la fin du baby-boom. Il a chuté à 1,80   en 1975 et même à 1,69   en 1980. Il est remonté à partir de 1993 jusqu’au niveau de 2,01 en 2008, palier où il se maintient jusqu’en 2014. Il baisse, comme on l’a dit, à nouveau à 1,96 en 2015 et 1,93 en 2015.

Il était courant jusqu’ à une date récente de considérer qu’il y avait une exception française : un taux de fécondité qui se maintenait proche du taux nécessaire au renouvellement des générations (2,1) au rebours d’une évolution négative du reste de l’Europe.

On tenait le recul temporaire de la fécondité de la fin du XXe siècle pour l’effet du retard de l’âge au mariage. Dans la génération 1975- 2000, l’âge moyen du mariage ou de la mise en ménage et donc du premier enfant n’a cessé de reculer de près de dix ans (d’environ 20 ans à environ 30 ans). Ce retard a déterminé    un creux des naissances mais le retard ne jouant plus, on a supposé que la natalité aurait ensuite remonté.

Les données que nous avons rappelées laissent cependant penser que cet remontée de la toute fin du XXe siècle   est au contraire due à la part de plus en plus importante de la natalité immigrée, spécialement africaine, dans la natalité française.

Non seulement la natalité immigrée a permis une remontée du taux de fécondité total mais on peut même penser que depuis les environs de 2008 (où le taux   de 2 enfants par femme   été à nouveau atteint), la hausse de la natalité étrangère a accompagné une baisse de la natalité autochtone.

Selon les études faites par Michèle Tribalat[7], la fécondité des étrangers, plus précisément de ceux qui viennent d’Afrique, du fait d’une intégration alors relativement rapide, avait tendance à s’aligner assez vite sur le niveau français dans les années 1970, et 1980. Mais cette tendance s’est renversée à partir des années 1990 du fait de la communautarisation croissante, entrainant une hausse de la fécondité d’origine africaine.

Cette évolution communautaire ne résulte pas seulement de facteurs géopolitiques ou religieux, elle est le simple effet de l’arithmétique. Plus une population immigrée est importante, plus le tissu relationnel qu’elle offre aux nouveaux arrivants se suffit à lui-même et plus faibles sont les chances pour eux de rencontrer un indigène dans leur vie quotidienne. N’excluons   pas cependant l’émergence d’une motivation religieuse militante : de plus en plus de jeunes gens nés en France et donc   de nationalité française, vont chercher une femme au bled afin de s’assurer de sa virginité et de sa docilité – non seulement à porter le voile mais aussi à   avoir beaucoup d’enfants[8]. Quoique le taux de fécondité soit en baisse dans tous les pays musulmans – il est même devenu en Iran plus faible qu’en France -, les minorités militantes, comme les Palestiniens de Gaza constituent une exception.

Si ce facteur, conjugué à l’accroissement continu de l’apport des étrangères dans l’ensemble des femmes fécondes, avait seul joué, on aurait assisté à un relèvement continu du taux de natalité national. Or tel n’a point été le cas puisque ce taux, n’a connu qu’un palier de 2008 à 2014 et a ensuite recommencé à baisser. La seule explication est dès lors que le taux de fécondité de la partie autochtone de la population française (ou d’origine non africaine) a recommencé à baisser à partir d’une date difficile à déterminer, mais qui pourrait avoisiner l’an 2000.

De ces données, les professionnels hospitaliers sont conscients : ils savent   par exemple que l’essentiel des 230 000 avortements   qui sont exécutés chaque année en France (un niveau particulièrement   élevé par rapport aux pays comparables et que la large diffusion de la   contraception n’arrive pas   à améliorer) sont essentiellement le fait de femmes autochtones, les femmes d’origine africaine répugnant à y avoir recours. 

Quoique le grand public ignore le détail de ces évolutions, il en a une perception confuse, ce qui pourrait être une des raisons du grand malaise qu’ont suscité en France les vagues migratoires des années 2015-2016. Mais à l’inverse, le sentiment de crise que connait aujourd’hui notre pays, est probablement   une des causes de   la baisse continue de la fécondité autochtone.

Une baisse qui ne permet plus de parler d’exception française, si tant est que cette exception ait jamais existé.

Une baisse qui ne permet pas non plus de renvoyer aux ténèbres de l’idéologie ce que les statisticiens de l’ONU appellent le phénomène du replacement

Une baisse qui enfin démontre l’absurdité de la politique menée par le gouvernement Hollande –, consistant à baisser encore le plafond du quotient familial et à mettre fin en décembre 2014, à l’arrivée de son ministre des finances Macron, à l’universalité des prestations familiales instaurées à la Libération, ce qui revient   à les réserver en grande partie aux populations nouvelles.

 

Roland HUREAUX     

 

 


[1] En 2012, la Haute Autorité de Santé (HAS) a été saisie par la Direction Générale de la Santé de la question de la généralisation de ce dépistage à la totalité de population. Malgré les remarques de la DGS sur le danger de stigmatisation d’une partie de la population avec les dérives politiques qu’elle peut susciter la HAS a conclu dans son rapport d’orientation de décembre 2013, rendu public en mars 2014, qu’il n’y avait   pas d’éléments permettant de justifier la pertinence d’une stratégie de dépistage néonatal systématique de la drépanocytose en France métropolitaine.

[2] Rapports de l’Association française de dépistage et   de prévention des handicaps de l’enfant 2013, 2014, 2015

 

[3] Le Monde 12/09/2014

[4] Sauf en Guyane et à Mayotte

[5]  INSEE :  Rapport sur les évolutions de la population française en 2015 , 17/01/2017 ; voir aussi Alain Nueil, Quand l’INSEE valide le Grand remplacement, Causeur, février 2017.

 

[6] Cette moyenne était de 1,4 ; elle a remonté un peu principalement grâce à la Russie (qui est incluse dans le calcul )  .

[7] Michèle Tribalat, Assimilation : la fin du modèle français, Paris, Le Toucan, 2013.

[8] Erdogan, président de la Turquie, a appelé les femmes turques d’Europe occidentale à se détourner du Planning familial.

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 13:56

 

Macron, instrument de la mise en tutelle de la France

 

" Il faut ignorer l'Allemagne, pardonner à la Russie et punir la France." La déclaration faite en mars 2003 par Condolezza Rice, la conseillère du président Bush pour la sécurité nationale, est la réaction au refus de notre pays de participer   à la deuxième guerre du Golfe.

Thomas L. Friedman, le célèbre éditorialiste du New York Times, allait plus loin :  pour lui, la France « n'est pas seulement une alliée irritante ou une rivale jalouse. Elle est devenue l'ennemie des Etats-Unis ».

 

Delenda est Gallia

 

Qu’avait donc fait la France ? Avait-elle envoyé des commandos au secours de Saddam Hussein ? Lui aurait-elle livré des armes  ?   Avait-elle interdit le survol de son territoire aux avions de l’OTAN ? Pas le moins du monde :  elle s’était contentée de ne pas participer à la coalition qui a détruit l’Irak en 2003 dans une guerre   qui, selon Donald Trump lui-même, fut une erreur. Une erreur fondée sur l’idée que l’Irak avait un programme d’armes de destruction massive, ce qui s‘est avéré faux. Mais l’Empire à son apogée (ou à son déclin ?) est ombrageux : il veut désormais des alliés inconditionnellement  alignés.

Qu’a donc été la punition promise par Mme Rice ?

Nous le savons aujourd’hui : empêcher que la France ait des présidents susceptibles de s’écarter de quelque manière que ce soit de l’hégémonie américaine, et qui   donc   aient quelque personnalité. Bref, priver la France de chefs susceptibles de s’opposer aux Etats-Unis ou même de faire le moindre écart par rapport à leurs diktats.

C’est ce qui est arrivé à partir du retrait de Chirac.

Sarkozy avait certes quelque caractère mais il était intellectuellement   acquis à l’hégémonie américaine. Il a fait voter le traité de Lisbonne, réintégré la France dans le dispositif militaire de l’OTAN, s’est engagé dans la guerre de Libye et a participé au déclenchement de la guerre de Syrie.

Hollande a été un allié encore plus docile, voire servile du grand frère américain et de l’ensemble des    forces occidentales qui le soutiennent.

La faiblesse de ces personnalités, leur   manque de classe, l’alignement veule de la diplomatie française sur celle de l’OTAN, y compris contre nos intérêts les plus évidents même quand cette diplomatie s’est avérée criminelle (soutien aux terroristes), tout cela a conduit à un mépris universel pour la France. Elle ne compte plus et et personne ne s’intéresse à ce que disent ses représentants, spécialement le dernier président.

Le discours de Villepin à l’ONU sous Chirac en 2003, avait été le chant du cygne de la diplomatie française, précisément ce qu’il fallait punir[1].

 

Les mécanismes de l’asservissement

 

Comment en est arrivé à pareil résultat ?

Il fallait en tous les cas contourner l’obstacle de l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel    voulue expressément par le général de Gaulle   pour s’assurer que le président français aurait du caractère.

Quand quelqu’un comme Condolezza Rice parle comme elle l’a fait, c’est qu’elle avait   quelques moyens d’agir sur notre pays, autres que le boycott du roquefort. Loin de nous de voir en tout   l’effet d’un complot. Il reste que ces néoconservateurs   américains dont elle était le porte-parole savaient ce qu’ils disaient en parlant de « punir la France ». Par quelles manipulations comptaient-ils le faire ?  Nous n’en aurons pas de sitôt le dernier mot.  Wall Street n’intervient pas forcément de    manière directe :  il subventionne des fondations   qui n’ont rien d’autre à faire qu’à suivre la politique des Etats européens et à veiller à leur alignement.

Ils utilisent pour cela des moyens variés. Les demi-habiles, comme disait Pascal, croient que l’influence passe par des pressions économiques : une bonne politique du personnel, planifiée assez en amont, est bien plus efficace[2].  Le recours au chantage n’est pas exclu. A tort ou à raison, certains voient dans la docilité d’Angela Merkel l’effet de   telles méthodes.  C’est pourquoi les plus vulnérables à ces pressions ont plus de chances qu’on les laisse émerger   -  comme autrefois les Soviétiques avaient   favorisé l’élection au secrétariat général des Nations unies de Kurt Waldheim dont ils étaient les seuls à connaitre le passé nazi. Mais   l’élection de candidats médiocres résulte aussi de l’élimination de tous ceux qui le sont moins, qui pourraient avoir l’audace de jouer les fortes têtes dans le concert européen ou atlantique.  Beaucoup ne se doutent même pas qu’ils   ont été victimes de cette mécanique. 

Il ne faut pas pour autant imaginer une organisation internationale centralisée. C’est de soft power qu’il s’agit :  les adhérents à la doxa internationale dans les pays concernés sont suffisamment nombreux et puissants (spécialement dans les médias et en France), pour agir par eux-mêmes.

 

Le cas Macron

 

La présente   élection présidentielle met au jour de manière particulièrement visible, voire caricaturale, ces mécanismes par lesquels on veut « punir la France ».

Nombre de Français se désolent de ne retrouver au second tour que Marine Le Pen installée par l’appareil médiatique dans la position du repoussoir   et Emmanuel Macron lequel, comme par hasard, apparait comme la figure achevée du leader dont les réseaux   transatlantiques   rêvent. Il est peu compétent en politique internationale et donc prêt à s’aligner sur l’Allemagne, Bruxelles et surtout l’Etat profond américain qui a soutenu   Hillary Clinton et qui, malgré Donald Trump, promeut un état de guerre larvée contre la Russie et   poursuit politique de déstabilisation de la Syrie en s’appuyant sur les djihadistes.  Un Macron partisan non seulement de maintenir mais de renforcer l’Europe et de l’euro, partisan de toutes les évolutions libertaires (mariage homosexuel en tête), du libre-échange et du mondialisme avec sa    conséquence, l’écrasement des classes moyennes, partisan de l’immigration et donc de l’arasement des classes populaires et de la balkanisation du pays, du reniement de la France (coupable selon lui de crime contre l’humanité et qui n’a pas de culture !). On pourrait continuer : sur aucun sujet, nous disons bien aucun, Macron ne s’écarte du discours dominant dans les forces qui le soutiennent. Pourquoi le candidat préféré des médias colle-t-il d’aussi près à la doxa ?  Adhésion spontanée, personnalité immature et flexible apte à prendre les postures que l’on attend de lui ou bien contrainte implacable de ses mentors ?  Rappelons que le premier dîner de levée de fonds de Macron   a été organisé à Londres par un cadre de Goldman Sachs, or ces gens ne plaisantent pas : ils exigent un alignement à 100 %.

C’est précisément ce qu’ils ne trouvaient pas chez Fillon. Malgré la discrétion du candidat   des Républicains et son adhésion à l’essentiel de la doxa : libre-échange, Europe de Bruxelles, euro, programme économique libéral, non remise en cause des « avancées » libertaires, François Fillon voulait, conformément à la tradition gaulliste, faire évoluer la position française l’égard de la Russie. De même que la France de Chirac avait été tenue pour une ennemie de l’Amérique par sa simple abstention dans la guerre d’Irak, la politique de Fillon était jugée inacceptable car non entièrement alignée.

La haute banque, avec tout ce qui tourne autour, ne se contente plus d’un   pouvoir d’influence sur des hommes que le peuple élirait librement, elle veut   désormais prendre le contrôle direct du pouvoir politique. A l’évidence Macron est    l’instrument consentant et passif de   cette prise de contrôle.

La victoire de Fillon à la primaire des Républicains, contre un Juppé préprogrammé lui aussi, témoignait d’une perte de contrôle momentanée du système.   Eliminer par tous le moyens Fillon   que cette victoire    plaçait sur orbite pour la présidence, tel était le but de l’opération de déstabilisation fondée sur les salaires (parfaitement légaux) versés à son épouse, exécutée par une justice aux ordres et   relayée en grand par une presse désormais monolithique. Que l’opération ait été concoctée par Macron, principal bénéficiaire, et ses proches, Hollande et Jouyet en tête, qui peut en douter ?

Cette opération    viole, est-il nécessaire de le rappeler ?   Tous les usages   de la République par l’ingérence éhontée de la justice dans un processus électoral, sorte de « coup d’état » sans précédent dans l’histoire électorale de notre pays.  

Elle vise à porter à l’Elysée par tous les moyens Emmanuel Macron, punition suprême du peuple français.  Le peuple français se laisser a-t-il encore manipuler ? On aurait tort de sous-estimer sa capacité de réagir.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

[1] Cela dit sans préjudice de l’évolution ultérieure de Villepin ;

[2] Le film de Polanski, The ghost writer, illustre à merveille cette planification très en amont du personnel politique européen. Les révélations qu’il contient ne sont évidemment pas étrangères aux problèmes judiciaires rencontrés par le réalisateur, à partir de faits vieux de 40 ans.

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 21:25

LE DEUXIEME TOUR DE LA PRESIDENTIELLE RESTE TRES OUVERT
 

Tout le monde semble dire que le second tour de l’élection présidentielle est déjà plié : Macron a suffisamment d’avance pour faire une élection de maréchal.

Il a même fait la fête comme s’il y voyait déjà. Au Front national, certains ressortent la vieille rengaine que l’échéance décisive sera 2022, oubliant qu’en politique les trains passent rarement deux fois.

Les médias, tout au long de la fastidieuse soirée du 23, nous ont ressassé qu’il n’y avait qu’un seul vote possible et que c ‘était Macron, qu’il fallait impérativement « faire barrage au Front national ».

Les derniers mois   nous ont pourtant rappelé que ceux qui pensaient gagner dans un fauteuil, comme Fillon en janvier, s’exposent à bien des déconvenues. La présente campagne, plus que d’autres, nous a habitués à d’étonnants rebondissements.

 

Des sondages trompeurs

 

Les sondages sont à 60/40 en sa faveur. Mais ils étaient aussi à ce niveau   en faveur de Clinton contre Trump à deux semaines de l’élection et   c’est Trump qui a gagné. En 2012, Sarkozy devait être battu avec le même écart :  il n’a perdu que par 52/48.

Contrairement à ce qu’assènent les médias, le scrutin est encore très ouvert.

Marine le Pen n’est certes pas arrivée en tête. 22, 3 % (soit 1,2 % au-dessous de Macron), c’est moins que les 27 % annoncés pendant longtemps. La différence c’est tout simplement Dupont-Aignan à 5%.  Plus Lassalle, Asselineau, Cheminade qui pêchaient dans les mêmes eaux.

Les reports de voix sont encore très incertains : les électeurs de Hamon iront pour la plupart à Macron, c’est sûr. Ceux de Mélenchon n’iront pas à Le Pen mais quelle proportion s’abstiendra ? Les gens de l’extrême-gauche ne sont pas tous complètement idiots et ils voient bien, pour la plupart, que Macron, candidat de la haute finance, est aux antipodes ce qu’ils sont. Les Républicains sont coupés en deux mais pas au niveau des dirigeants qui, presque tous, ont déjà appelé à voter Macron, y compris Fillon. Leurs électeurs en revanche sont loin d’être sur la même ligne. Il n’est pas sûr que, surtout en province, ils suivent ces consignes. Déjà   40 % ont l’intention de voter pour Marine Le Pen. Que feront les autres ?  

Au total, les deux camps sont plus équilibrés qu’il ne parait.

D’autant que l’électorat de Marine Le Pen est stabilisé : ceux qui ont voté pour elle au premier tour, comme la grande majorité de Français, savent qui elle est. Très   peu de Français, par contre, savent qui est vraiment   Emmanuel Macron.  Nous pensons bien sûr aux 2 millions d’euros gagnés chez Rothschild et qu’il aurait dépensés à raison d’1 smic par jour sans rien mettre de côté : étrange personnalité pour lui confier la France !  Certains de ceux qui ont assisté à ses réunions ont eu le même sentiment de quelqu’un de bizarre, voire malade. Les 58 % de Français propriétaires savent-ils qu’il se propose de doubler l’impôt foncier ?  Qui sait que Macron est le principal auteur du plafonnement   des allocations familiales de décembre 2014 et que la politique familiale ne figure même pas au programme de ce candidat notoirement « gay-friendly » ? Qu’il veut ouvrir encore plus grand les portes de l’immigration ? Qui sait qu’il envisage, libéralisme oblige, de généraliser le travail du dimanche ?   C’est tout cela et bien d’autres choses que ne savent ni ses électeurs du 1er tour, ni ceux qui comptent se reporter sur lui   au second tour.   Or ils ont le droit de le savoir. On ne confie pas la maison France à n’importe qui. Sa rivale a deux semaines pour faire la lumière sur lui. Toute la lumière.   Il faut espérer qu’elle le fera mieux que Fillon à qui cette tâche revenait au premier chef et qu’il a si mal faite.   

 

Roland HUREAUX   

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 23:04

L’ELECTION DE MACRON SONNERAIT LE GLAS DE LA DEMOCRATIE

 

Il se peut que les observateurs qui, suivant les sondages qui donnent Emmanuel Macon vainqueur de la présidentielle de 2017 n’aient pas compris ce qu’une telle victoire aurait de subversif pour la démocratie française.

Certes, formellement, l’élection serait régulière.

Mais elle aurait été obtenue à un prix qui ne pourrait laisser qu’un goût amer.

 

Une manipulation judiciaire

 

D’abord la manipulation judicaire partie de l’Elysée qui a abouti à affaiblir considérablement François Fillon. Une fois posé l’usage   de l’alternance démocratique, depuis longtemps admis dans notre pays, il paraissait naturel qu’après un quinquennat de Hollande particulièrement désastreux – au point d’interdire au sortant de se représenter -  le candidat de la droite de gouvernement, François Fillon, désigné au terme d’une primaire incontestée, prenne la relève avec ses équipes.

Pour des raisons qui restent à éclaircir, Hollande et son entourage ne l’ont pas admis. Turpitudes à cacher, affaiblissement du sens républicain, égoïsme sordide, Hollande a décidé de remettre en cause   cet usage en mettant tous le moyen l’Etat, les moyens judicaires en premier lieu, en marche pour détruire l’image du candidat dans l’opinion, dans l’espoir de conserver l’Etat PS qu’il avait mis en place.

S’il est vrai qu’au début, Hollande a espéré réaliser cette opération pour lui-même, son retrait et la faiblesse du   candidat socialiste ont fait qu’elle a profité à Emmanuel Macron. Ce dernier ne pouvait pas ne pas être au courant de ces manigances : proche de Jean-Pierre Jouet, secrétaire général d’Elysée que l’on dit au centre de la manœuvre, ayant eu le secrétaire général adjoint Boris Vallaud, mari de Najat Vallaud-Belkacem comme chef de cabinet à Bercy, quand il était    à la tête d’une administration fiscale qui n’a pas de secret pour son patron, le candidat Macron apparait au cœur d’une   manipulation dont il est le premier bénéficiaire.

Est-il utile de dire qu’en ayant la haute main sur le parquet financier, qu’il a créé et où il a effectué les premières nominations, et en permettant son instrumentalisation politique, Hollande n’a pas respecté, c’est le moins qu’on puisse dire, l’article 64 de la Constitution selon lequel « le président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ? «

On pourra alléguer que Francis Fillon aurait pu se défendre mieux. Il reste que la manœuvre qui a déstabilisé sa candidature est sans précédent dans une République où le pouvoir judiciaire était tenu par la loi et par la coutume à l’écart de la politique et où les présidents de la République successifs n’avaient jamais dans le passé utilisé de tels moyens.   

 

Une presse dont le pluralisme est évacué

 

L’autre dévoiement auquel Macron devrait, s’il était élu, son élection, est la quasi-unanimité de la presse écrite et audio-visuelle en sa faveur –  contre François Fillon.

Cela aussi est sans précédent dans la démocratie française.

L’affaire Fillon n’aurait pas eu le retentissement que l’on sait si la   presse ne s’en était délectée hors de toute mesure, pendant des semaines et des semaines, avec   une insistance sans proportion avec la gravité toute relative des faits. 

Une telle unanimité tient sans doute à la sociologie journalistique dont la formation orientée et l’esprit grégaire tel qu’il s’est développé dans les écoles de journalisme et les salles de rédaction, plus le terrorisme intellectuel interne au milieu, assurent une large majorité aux plumes de gauche et d’extrême-gauche, même dans les journaux classés à droite, dont témoignent tous les sondages

Elle tient aussi à l’accaparement des médias par des groupes financiers diffusant presque tous une idéologie libérale-libertaire, compatible avec la gauche, et qui pouvait être hostile à ce que représente François Fillon : la bourgeoisie catholique enracinée de filiation gaulliste. On sait les sentiments favorables pour Macron de gens comme Pierre Bergé et Xavier Niel, patrons du Monde et de l’Obs, Bernard Arnault, patron des Echos et du Parisien, Vincent Bolloré, patron de Canal Plus, François Pinault, patron du Point et naturellement des patrons de toutes les chaînes publiques. On sait aussi par quelles manœuvres Macron ministre des finances s’est acquis l’appui de Patrick Drahi bénéficiaire d’une autorisation d’achat de SFR qui représente un avantage de plusieurs milliards et qui possède, BFM, Libération, L’Express. Le candidat Macron s’est attiré d’autres sympathies moins connues dans la presse régionale : Jean-Michel Baylet, Michel Lucasa.

Nous savons depuis deux siècles que la démocratie est inséparable du pluralisme de la presse. Cette unanimité des médias en faveur d’un seul candidat, au détriment des dix autres, est le signe d’une dégénérescence profonde de notre héritage démocratique. Il y a un précédent, l’unanimité de la presse nord-américaine en faveur d’Hillary Clinton. Elle n’a certes   pas empêché Trump d’être élu mais elle l’empêche de gouverner. Là aussi une vieille démocratie est en train de déraper dangereusement.   

A l’appui de la presse s’ajoutent les moyens financiers colossaux dont semble bénéficier le candidat Macron et dont l’origine demeure mystérieuse. Là aussi nous nous trouvons en rupture avec une époque où la répartition de ces moyens n’était certes pas égalitaire mais où elle était plus équilibrée.

A ces deux dimensions qui ont infléchi le résultat des urnes, s’ajoutent, dans une pénombre plus difficile à scruter, les pressions internationales qui s’exercent en faveur de Macron, soldat sans états d’âme de tous les réseaux qui se sont attachés au fil des ans à réduire la souveraineté    de la France : OTAN (avec ses têtes nord-atlantiques pro Clinton), Union européenne, Allemagne, sans compter les réseaux propres à la haute finance dont le candidat est issu.

Perméabilité d’une personnalité apte à se plier à tous les conditionnements et qui semble à bien des égards immatures ? Conditionnement propre à la dernière génération de Sciences Po, style Richard Descoings ?    Exigences impitoyables de certains commanditaires hors du champ des radars ?  Il faut bien dire que, sur aucun sujet, Macron n’a pris la moindre distance par rapport aux idées dominantes dans le monde occidental : immigration, euro, russophobie, libre-échange, éducation, idées libertaires etc. Au point d’apparaitre comme un candidat formaté à l’avance pour imposer à la France ce qui dans la plupart des domaines suscite le rejet du peuple.

Connaissant ces rejets de plus en plus violents, qu’attestent de nombreux sondages, les forces qui appuient Macron semblent avoir choisi de passer outre, de passer à la vitesse supérieure   pour imposer aux Français un président qui reflète leurs idées :  celles des maîtres du monde. En raison de la difficulté même de l’entreprise, ils n’ont pas lésiné sur les moyens.

Ce sont ces moyens qui ont permis au candidat Macron, grâce à des méthodes de communication adaptées et sans doute cher payées, quoique parfois ridicules, de faire illusion au point que la distance abyssale entre ses vraies idées    et les aspirations profondes du peuple français n’apparaisse pas au grand jour.

Rien ne dit que leurs yeux ne s’ouvriront pas avant le second tour. Il est dans la logique de la Ve République telle que l’a voulue le général de Gaulle que le peuple français n’élise pas son président sans un face à face ultime où il   regarde les yeux dans les yeux celui auquel il va confier son destin. Mais si d’aventure tel n’était pas le cas, et que Macron soit quand-même élu, le réveil serait rude. Les Français ne pourraient qu’avoir le sentiment de s’être fait forcer la main avec de moyens déloyaux. Comment ne  verraient-ils pas  dans cette élection  un véritable hold-up sur la république ?   Compte tenu de la place de la France dans l’histoire de la démocratie, ce serait là le signe d’une crise grave de celle-ci.  Il n’est pas sûr qu’une telle élection acquise avec de tels moyens, ne prélude pas à un rejet violent et rapide du nouveau président.

 

Roland HUREAUX

 

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 23:03

 

L’INSTRUMENTALISATION DE LA JUSTICE DANS L’AFFAIRE FILLON REPRESENTE UNE SUBVERSION DE L’ETAT DE DROIT ENCORE PLUS GRAVE QUE CE QU’ON A DIT  

 

Qui peut douter du caractère profondément subversif à l’égard de nos institutions de l’attaque menée à la fois par la justice et par la presse contre François Fillon principal candidat de la droite classique à l’élection présidentielle de 2017 ?

On pourra déjà relever les multiples infractions à la   loi qui ont émaillé la procédure lancée à son encontre : entre autres viol et recel de viol du secret de l’instruction, viol et recel de viol du secret fiscal.  Ce sont ces infractions qui ont permis par exemple que le 25 janvier, une information visant   François Fillon soit ouverte l’après-midi même du jour où un hebdomadaire satirique avait relaté un certain nombre de faits relatifs à l’emploi de son épouse.  Alors même que la justice est si lente en tant d’autres circonstances.    

On pouvait aussi se demander si le délit soupçonné était bien de la compétence du parquet financier et même si, séparation des pouvoirs oblige, il ne relevait pas plutôt de la discipline interne au pouvoir législatif.

 

La trêve judicaire existe

 

Mais la subversion est encore plus grave que tout cela car c’est la procédure elle-même qui viole sinon la lettre du moins l’esprit de la loi.  

L’article L. 110 du Code électoral, dispose en effet   qu’ « aucune poursuite contre un candidat, en vertu des articles L. 106 et L. 108, ne pourra être exercée, aucune citation directe à un fonctionnaire ne pourra être donnée en vertu de l’article L. 115 avant la proclamation du scrutin ». L’article 110, prévu à l ‘origine pour les élections législatives et locales, a été rendu applicable à l’élection présidentielle par la loi organique du 6 novembre 1962.

Ce n’est donc pas seulement l’usage qui instaure au bénéfice des candidats en période électorale ce qu’il est convenu d’appeler une « trêve judiciaire », c’est la loi.

Il est vrai que cette disposition ne couvre pas exactement l’affaire Fillon, cela pour trois raisons : la mise en examen, le 14 mars, a eu lieu avant l’ouverture   de la campagne électorale, le 20 mars (et même le 9 avril si on veut s’en tenir à une interprétation étroite), elle ne concerne pas des faits de corruption mais seulement un soupçon d’emploi fictif, Madame Fillon n’étant pas candidate, elle a pu être, elle, mise en examen pendant la campagne électorale.

Mais loin de témoigner de  la régularité de la procédure, ces détails montrent plutôt  qu’on s’est servi de la lettre des textes, pour engager une action manifestement contraire à leur esprit. 

S’il est vrai que l’article 110 du code électoral est limitatif, on peut, au vu du contexte, en inférer facilement que ce n’est pas pour exclure la période antérieure, ni les autres griefs que ceux de corruption que le législateur a marqué ces limites, bien au contraire.  

L’article 110   est issu de la loi du 31 mars  1914 sur laquelle  le rapporteur a pu  apporter en son temps  la précision suivante , immédiatement ratifiée par le Garde des sceaux :    «Il reste entendu qu’aucune poursuite, hormis le cas de flagrant délit et de violence matérielle, qu’il importe de réprimer immédiatement, aucune poursuite tendancieuse cherchant à déshonorer le candidat, en le rendant suspect de faits qu’il n’a peut-être pas commis, ne doit être permise pendant toute la période électorale. C’est l’esprit dans lequel devra être appliquée la loi. »

L’esprit du texte est donc clair : il vise à écarter l’inférence judicaire de la procédure électorale.  

Ajoutons qu’au moment où    il a été voté, les campagnes électorales étaient plus courtes que ne l’est aujourd’hui une présidentielle. 

Le juriste Romain Rambaud[1], tout en ayant le grand mérite de rappeler cette disposition émet l’hypothèse elle pourrait être obsolète, n’ayant donné lieu à aucun contentieux ni à aucune jurisprudence. Mais n’est-ce pas   tout   simplement   parce que cette disposition, profondément ancrée dans la tradition républicaine, avait été jusqu’ici respectée. Une loi que l’on respecte serait-elle obsolète ?

Au demeurant, il ne s’agit pas là seulement d’une loi ou d’un usage mais de ce qu’Orwell appelait la common decency, ces règles de modération non écrites mais évidentes sur lesquelles reposent tant la vie en société que la démocratie.

Rappelons que lors de l’élection présidentielle de 1965, François Mitterrand était encore sous le coup d’une inculpation relative au faux attentat de l’Observatoire. Le général de Gaulle avait alors expressément refusé que cette procédure, déjà vieille de six ans, soit réactivée.

Autre temps, autres mœurs. Autres hommes aussi.

 

Contre la   séparation des pouvoirs

 

Si l’on admet que le code électoral a voulu écarter l’interférence de la justice dans le processus électoral, on peut rappeler aussi qu’il   s’inscrit dans une tradition à la fois plus fondamentale et     plus ancienne que la République elle-même puisqu’elle date de l’Assemblée constituante laquelle, à l’article 13 du titre II de la loi des 16 et 24 août 1790, toujours en vigueur, dispose que :

« Les juges ne pourront, à peine de forfaiture, troubler de quelque manière que ce soit les opérations des corps administratif, ni citer devant eux les administrateurs pour raison de leurs fonctions ». Un interdit repris par la  loi du 16 fructidor an III:  «Défenses itératives sont faites aux tribunaux de connaître des actes d'administration, de quelque espèce qu'ils soient, aux peines de droit».

Certes il n’est question  que d’administration mais les élections ont pour but de désigner ceux qui la dirigeront et elles peuvent même être tenues elles-mêmes pour des opérations administratives.

Au reste on n’a pas assez dit   que ce n’est pas tant   la justice (au sens de magistrature assise) qui a interféré dans le processus électoral mais le pouvoir exécutif lui-même. Le parquet financier, comme tous les parquets est aux ordres du Garde des sceaux, lequel est aujourd’hui, de fait, subordonné au président de la République (quand il dispose, comme c’est le cas, d’une majorité). II est même parfois question de rattacher le parquet au ministère de l’intérieur.

Le juge d’instruction, lui, est en théorie indépendant mais sa désignation par le parquet au sein d’un corps judicaire hautement politisé ne saurait être neutre. C’est ainsi que la plupart des observateurs interprètent celle qui a été effectuée   dans l’affaire en cause.

L’extrême diligence dont a fait preuve le parquet financier à l’encontre de François Fillon contraste avec la passivité avouée de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique et le Parquet de Paris, sollicités en vain notamment par l’association Anticor, pour instruire le cas   d’Emmanuel Macron, principal bénéficiaire de l’opération, dont les obscurités financières devraient susciter, plus que les affaires de François Fillon, des interrogations.   

Aucun président de la République depuis 1958 (et a fortiori avant), même quand il était candidat à sa propre succession, n’avait interféré de manière aussi flagrante avec le processus électoral que ne l’a fait Hollande,

Qu’en instrumentalisant la justice le président ait    gravement manqué à l’obligation que lui fixe  l’article 64 de la Constitution : « Le Président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire », ne doit sans doute pas le gêner :     en ces temps de cynisme généralisé, une obligation qui n’a pas de sanction n’éveille guère de scrupules.  N’a-t-on pas cependant affaire à un de ces graves manquements aux devoirs de la charge suprême qui justifient le qualificatif de haute trahison ? 

On peut aller plus loin et dire que la double interférence du pouvoir exécutif   et de l‘autorité judicaire dans l’élection présidentielle, que certains qualifient non sans motif de « coup d’Etat », remet en cause l’Etat de droit lui-même     puisque, rappelons- le, par-delà la constitution en vigueur, par-delà la République elle-même, il y a la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789  dont l’article 16 dispose que  « toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution. ». Point de constitution, voilà où Monsieur Hollande nous aura menés.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 23:00

 

MACRON   N'EST PAS DU CENTRE, IL EST D’EXTREME GAUCHE

http://www.bvoltaire.fr/macron-nest-centre-dextreme-gauche/

Les gens sont crédules. Spécialement ceux de droite. Il suffit que Emmanuel Macron ait dit qu'il n'était "ni de gauche ni de droite" pour qu'ils le croient !

Il est, soit dit en passant, assez significatif du changement d'époque   de voir qu'il y a quelques années, c'était les gens de droite qui, honteux, se disaient apolitiques pour se faire accepter, et qu'aujourd'hui, ce sont au contraire les gens de gauche qui jouent ce jeu comme si s'afficher de gauche était devenu infamant.

Car, n'en doutons pas, Macron est de gauche. Il l’est même sur la plupart des sujets plus que Hollande.

Hollande n'a combattu que mollement l'immigration illégale, mais il n'a pas félicité Angela Merkel pour l'admission d'un million de réfugiés, vrais et supposés ; Macron lui, l'a félicitée, ce qui laisse supposer qu'il est prêt à l'imiter. 

Hollande a fait le mariage homosexuel, Macron envisage la GPA.

Hollande a bien instauré le 19 mars, anniversaire des accords d'Evian, en fête nationale mais il n'est jamais allé jusqu'à qualifier la colonisation de "crime contre l'humanité".

Hollande a fait la réforme du collège, fatale à la transmission de l’héritage, mais il n'a pas dit qu'"il n'y pas de culture française".  

Hollande ne faisait pas comme Macron des discours à l'étranger en anglais ; il est vrai qu’il le parle très mal !  

Sous Hollande, comme sous Sarkozy d’ailleurs, la lutte contre les discriminations homme/femme, français/immigrés, homo/hétéro, la défense intégriste de l’environnement (éoliennes) ont pris une place que beaucoup trouvent excessive et même oppressive quand elle conduit à poursuivre en justice ceux qui s'écartent de la pensée unique. Sur presque tous ces sujets, Macron en rajoute une couche. Il veut même, dans la lignée de son maître à Sciences Po, Richard Descoings, introduire la discrimination positive sous la forme d’ « emplois francs » réservés aux jeunes des banlieues ( au moins de certaines). On peut s'attendre en ces matières à un climat encore plus oppressif. Si Macron l’emporte, la pensée unique qui domine les médias va aggraver son emprise : les   dissidents comme Eric Zemmour seront encore plus sévèrement pourchassés.

Hollande "n'aimait pas les riches" et Macron se propose de supprimer l'ISF et de réduire l'impôt sur les bénéfices. Mais il fallait là aussi toute la bêtise de la droite pour   croire Hollande sur parole et, tombant dans le panneau, lui répondre en faisant l'éloge des riches. Hollande, un des meilleurs amis de François Pinault !  Macron veut supprimer l’ISF mais sur les patrimoines financiers seulement. Les patrimoines fonciers se verront en compensation beaucoup plus lourdement imposés. L'impôt foncier à la charge des seuls propriétaires aura aussi à financer l'abrogation de la taxe d'habitation que tout le monde paye.

Oui, Macron poursuivra en pire la politique de Hollande.  Non, il n'est pas du centre, il est d'extrême gauche, la seule vraie aujourd’hui, l’extrême gauche sociétale. Ceux qui ne le comprennent pas ignorent la nouvelle alliance propre à notre temps : celle de la finance internationale ultralibérale avec l'extrême gauche sociétale (LGBT, No borders etc.) tandis que, sur le plan économique, la finance s'allie aux assistés de toutes sorte, migrants compris, que la même finance multiplie en licenciant et en encourageant l’immigration. Tout cela au détriment des classe moyennes qu'il s'agit d'écraser encore car elles   ont le défaut pour les mondialistes d’être   porteuses d'un héritage de valeurs qu’ils veulent détruire.

 

                                                                       Roland HUREAUX

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 22:57

L’ELECTION PRESIDENTIELLE FRANCAISE PERTURBEE PAR  UN CLIMAT INTERNATIONAL EXPLOSIF 

A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle française, le désarroi de l’opinion est profond.

Les raisons en sont diverses :  pour la droite classique, l’ébranlement de l’image de leur champion désigné par les primaires, François Fillon, à la suite d’une manœuvre de déstabilisation judicaire et médiatique de grande ampleur largement conduite de l’Elysée,  a troublé les esprits. Pour la gauche classique, l’effondrement du candidat du parti socialiste également désigné par des primaires, Hamon,  et l’émergence de deux candidats hors normes : Macron et Mélenchon est un facteur de trouble au moins aussi grand. Seul l’électorat   de Marine Le Pen, stable au niveau  d’un Français  sur quatre, semble sans états d’âme.

Mais le désarroi de l’opinion ne s’explique pas seulement par les péripéties de la campagne électorale, il est tributaire   d’un   contexte plus général : le choc encore récent des attentats terroristes et de la vague migratoire de 2015-2016, l’affrontement de Washington et de Moscou, la guerre qui se poursuit en Syrie, en Irak et dans d’autres pays du Proche-Orient.

C’est sur ce contexte que nous voudrions insister.

 

Deux camps

 

La situation internationale est plus tendue qu’elle ne l’a jamais été depuis la fin la guerre froide.

L’épicentre de la tension se trouve aux Etats-Unis.  Pour la première fois dans l’histoire de cette grande démocratie, le résultat des élections présidentielles n’est pas accepté par  le camp vaincu. Donald Trump a été élu contre la quasi-totalité de l’establishment, de la presse, des banques et une grande partie de la classe politique. Le camp vaincu animé par Barack Obama et George Soros conteste la légitimité    du nouvel élu alléguant notamment une interférence électronique dans l’élection de la Russie que ces gens considèrent comme un ennemi mortel. Ils cherchent à le forcer  à  la démission   par la procédure de l’ impeachment.  En attendant, une grande partie de l’administration refuse de lui obéir.

La première intention de Trump était  de se rapprocher de la Russie de Poutine. Aux dernières nouvelles, il se peut que, contraint par cet environnement délétère, il ait décidé, afin de donner des gages, de prendre ses distances avec Moscou.

Il reste qu’une partie des opinions   occidentales se trouve en accord   avec Trump pour contester le libre-échange absolu, rejeter les abus de l’Union européenne et se rapprocher de la Russie. Les mêmes veulent réhabiliter les frontières pour contenir l’immigration et  ne veulent plus entreprendre de « guerres humanitaires » au Proche-Orient.  

Poutine est sur une ligne analogue, Marine Le Pen, qui a été reçue par lui, aussi.

En face, le camp qui tenait le devant de la scène avant l’élection américaine, sous la conduite   de Barack Obama et d’Hillary Clinton mais aussi d’Angela Merkel, Hollande, Juncker, Tusk, appuyé par la quasi-totalité des médias des deux côtés de l’Atlantique. Tous sont favorables au libre-échange généralisé, à l’euro, à l’ouverture des frontières aux migrants, au paradigme libertaire, radicalement hostiles à la Russie tenue pour une menace existentielle et par là à   ses alliés comme la Syrie et l’Iran. Les ennemis de ces derniers : Arabie saoudite, Qatar, Turquie et leurs protégés islamistes sont leurs alliés.

Ce camp a son champion dans l’élection présidentielle française : Emmanuel Macron.

Entre les deux écoles, quelques cas particuliers, Mme May, premier ministre britannique qui applique le Brexit et est donc critique de la construction européenne mais est également hostile à la Russie et tendrait même à faire sur ce chapitre de la surenchère.

François Fillon, quant à lui, est également un cas particulier : sa   politique se situe dans l’orthodoxie libérale à l’égard de l’Europe et du libre -échange et, quoique catholique déclaré, il n’envisage pas de remettre en cause les lois sur le mariage homosexuel ou l’avortement (ni de les aggraver). Le camp euro-atlantiste aurait pu s’en contenter. Une partie de la bourgeoisie française acquise au libre-échange et à l’euro comme Henri de Castries et bien d’autres s’en contentent aussi.  Pour parler comme les marxistes, il représente la bourgeoisie nationale alors que les partisans de Macron représentent  la bourgeoisie internationale.

Il semble pourtant que la position de Fillon, malgré sa modération, soit trop ambiguë pour les forces qui ambitionnent de fondre définitivement la France dans la mondialisation.  Dès lors qu’en décembre dernier, à l’issue de la primaire de droite, il apparaissait comme le probable vainqueur de la présidentielle, il a été tenu par certains comme l’homme à abattre.

 

La France : un enjeu majeur

 

Pour les mondialistes, l’enjeu de l’élection présidentielle française est critique. Le camp euro-mondialiste qui semblait assuré que le monde s’acheminerait sans heurts vers la « fin de l’histoire » : disparition des nations, des frontières, de entraves aux échanges, de la famille, de l’héritage judéo-chrétien, a essuyé depuis quelque temps une série de défaites : d’abord l’ascension de Poutine à la tête de la Russie   et son influence croissante dans la sphère internationale, ensuite la victoire du Brexit au Royaume-Uni, enfin la victoire de Trump aux Etats-Unis. Ne lui restait que l’Europe continentale de l’Ouest calée autour de Berlin et de Bruxelles avec la France et les autres pays de l’Union européenne sagement alignés derrière (sauf la Hongrie), plus le Canada, le tout appuyé sur des forces encore puissantes outre-Atlantique et la quasi-totalité des médias occidentaux.

Ces forces ont néanmoins craint que, malgré sa discrétion, Fillon élu ne se risque à rompre le front anti-Poutine par un geste d’ouverture en direction de la Russie, et que cette élection n’apparaisse comme un nouveau revers    pour leur camp, d’autant plus grand que la position géographique et symbolique de la France, en dépit de son abaissement actuel, demeure essentielle.  

C’est ce contexte international qui explique la gigantesque entreprise de   déstabilisation de Fillon, au bénéfice de Macron qui a commencé en janvier.

La dimension internationale de cette entreprise s’est appuyée sur des relais nationaux qui apparaissent assez clairement dans les soutiens de Macron (Bergé, Jouyet, Minc, Attali etc.) et qui s’est articulée avec la volonté forcenée de Hollande et des socialistes de rester à la tête de l’Etat au mépris des traditions démocratiques, sachant que l’élection de Macron, si elle pouvait changer le style du gouvernement, maintiendrait le clan Hollande au pouvoir.

Il n’y a aujourd’hui que deux fondements possibles à l’action politique : la première, ancestrale, est la défense d’un groupe humain, généralement une nation (de natus, ceux qui ont en partage la naissance au sens large), la seconde est la promotion d ’un ensemble d’idées ou d’un système, soit l’idéologie. Les tenants des nations restent centrés sur leur propre territoire, quitte à vouloir préserver une certaine influence dans l’environnement proche, les tenants d’une idéologie, eux, sont « hors sol » et universalistes : l’idéologie qu’ils veulent promouvoir, même portée par    un peuple particulier, leur parait bonne pour l’univers. Ces derniers   sont donc naturellement  expansionnistes et par là plus dangereux.  Que toute idéologie ait une   base   dans un pays particulier, ne signifie pas que le peuple de ce pays sera  privilégié par elle, au    contraire : on a vu combien le peuple russe avait souffert du communisme et combien le peuple américain profond a violemment jeté le libre-échangisme de Clinton au bénéfice des  idées  de Trump. Le projet euro-atlantique est plus qu’une option politique parmi d’autres, il est un projet idéologique au sens où l’était le communisme .

Un autre caractère de l’idéologie est son caractère absolu :   religion séculière prétendant refonder la condition humaine, elle prévaut sur toutes les autres logiques : pour elle, la fin justifie les moyens. Cela implique la transgression de toutes les règles autres que celles qui servent à sa préservation et à son expansion. Quand Jean-Claude Juncker dit qu’  « il ne saurait y avoir de choix démocratique contre les traités européens »[1] , il nous donne une indication précieuse sur la nature idéologique de ces traités.  Or la démocratie est fondée sur un certain nombre de règles non seulement constitutionnelles et législatives mais d’usage, de décence (la common decency chère à Orwell), sur un respect minimum de l’autre camp. L’élection est un substitut à la guerre civile et pour cette raison, elle ne saurait se transformer en   affrontement sans merci    où tous les coups seraient permis. Ces barrières sont balayées par les idéologues pour qui tous les moyens sont bons dès lors que leur idéologie est en danger.  C’est pourquoi, lors de l’actuelle élection présidentielle, les règles ont été balayées quand il s’est agi de détruire Fillon tenu pour « non fiable ». Les Français, spécialement ceux qui le soutiennent, ont été brutalement confrontés à ce qui ressemble à un affrontement mondial entre idéologues et patriotes, qui ne laisse plus guère d ’espace à une position de    compromis. Ils sont d’autant plus troublés qu’ils n’ont pas encore compris ce qui leur arrive.

Le paradoxe est que l’offensive contre Fillon, dont les mondialistes pensaient qu’elle profiterait à leur candidat Macron, pourrait in fine faire le jeu de deux candidats hostiles à l’euro et à l’Alliance atlantique qui sont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Ce sont les risques d’un jeu qui s’apparente au billard : la balle rebondit sur la bande et va à l ‘inverse de ce qu’on avait prévu. Osons dire qu’ils l’auront bien cherché.

Le malaise que suscitent les élections présidentielles est inséparable de la découverte par les Français qu’ils vivent désormais dans un monde éminemment dangereux. Nous ne sommes pas ouvertement en guerre mais dès lors  que l’idéologie est entrée en scène  , sa logique est celle de la guerre. Les règles qui encadrent la démocratie sont le rempart de la paix civile et internationale, leur transgression brutale nous rappelle que nous sommes entrés dans un temps de troubles.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

[1] Déclaration faite à la suite de la victoire de Syra aux élections de Grèce, 16 janvier 2015

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