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Roland HUREAUX

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 15:33

Qui s'en souvient ? La presse internationale avait évoqué à la rentrée 2015 qu'Angela Merkel puisse recevoir le Prix Nobel de la Paix en récompense de sa politique d'accueil, jugée aussi audacieuse que généreuse, des réfugiés du Proche-Orient. 

Cela ne s'est pas fait, et heureusement.

Le magazine Time l'avait néanmoins désignée comme femme de l'année.

Après l'horrible attentat terroriste de Berlin , tout le monde a déchanté, la chancelière en tête : ses jours à la tête de l' Allemagne paraissent désormais comptés. Déjà les évènement de Cologne du 31 décembre 2015 et quelques attentats commis depuis lors avaient montré les risques de cette politique d'accueil.

Dès le début de 2016, la roi Abdallah de Jordanie avait révélé au Sénat américain que des terroristes avaient été infiltrés dans les flux de réfugiés.

Certains tiendront la chancelière pour une bonne âme abusée. Il faut pourtant y regarder à deux fois avant de lui accorder les indulgences . Il est vrai que parmi la cinquantaine de militaires Occidentaux ( dont 22 Français) qui conseillaient les djihadistes à Alep- Est ( de la mouvance d'Al Qaida) il ne semble pas y avoir eu d'Allemands. Mais l'Allemagne de Merkel n'en avait pas moins été à la manœuvre dès la fin des années 2000 pour introduire le chaos en Syrie : action de ses services secrets, fourniture d'armes et d'entrainement ( sur le territoire turc ) aux djihadistes . Tout cela dans le cadre du plan de l'OTAN destiné à renverser le président Assad par djihadistes interposés. Plan qui a , grâce à l'intervention russe, a lamentablement échoué mais a tout de même réussi à plonger la Syrie dans une guerre qui a fait 300 000 morts et 8 millions de déplacés.

Les centaines de milliers de réfugiés qui ont tenté de gagner l'Europe à partir de l'été 2015 auraient pu prendra l'avion à Ankara ou Istamboul pour Berlin : cela leur aurait coûté 170€. Au lieu de cela, la chancelière, qui avait pourtant fait savoir quelle était prête à les accueillir, les a laissés traverser la mer Egée puis prendre la longue route des Balkans où chacun a été dépouillé par les passeurs de quelques milliers d'euros.

Même si Angela Merkel avait été naïve, loin d'être une circonstance atténuante, c'était là une faute majeure pour une femme à ce niveau de responsbilité. La naïveté est permise aux gens simples, elle ne l'est pas à la tête d'un Etat . Il n'était pas difficile de deviner que l'irruption d'un million de réfugiés ( ou "migrants") dans un pays comme l'Allemagne créerait d' immenses difficultés. Il fallait un haut degré d'irresponsabilité pour ne pas l'avoir prévu.

Pourquoi cette irresponsabilité ? En attendant que la chancelière écrive ses mémoires, ce qu'elle aura très vite le temps de faire, on n'a pas le dernier mot sur ce sujet. Pression du patronat qui avait besoin de main d'œuvre ? Mais est-il sérieux de raisonner en ces matières seulement en chiffres , sans prendre en compte les facteurs humains et culturels ? Pression d'Obama, voire des réseaux Soros ( et sa Foundation for an Open Society dont une des nombreuses filiales porte le nom de No Borders ) ? Pression et chantage d'Erdogan qui fut l'organisateur principal de l'exode de l'été 2015 ?

Mais peut-être ne faut-il pas oublier la psychologie d'Angela Merkel, qui mélangeant la générosité privée avec son devoir d'Etat, a cru faire œuvre pie en ouvrant, avec l'approbation de toutes les Eglises, toutes grandes les portes de l'Allemagne?

Pendant des siècles les princes chrétiens ont su qu'ils étaient d'abord comptables du maintien de la paix civile chez eux et que, face à cet immense devoir, les considérations de charité devaient être laissées à la sphère privée. Mais cette leçon est aujourd'hui oubliée. Nous vivons depuis longtemps sous le règne de ce que Chesterton appelait "les idées chrétiennes devenues folles", responsables de si grands malheurs. Emmanuel Todd , lui, parle des chrétiens "zombies", ce qui ne veut pas dire de mauvais chrétiens mais des gens issus du christianisme , aujourd'hui sortis de l' Eglise ( et souvent très hostiles à celle-ci) mais qui en conservent une vague sensiblerie, laquelle s'incarne en France dans la parti socialiste. Une sensiblerie idéologique qui obéit à ce Hayek appelle la loi des "effets contraires au but poursuivi ". Une étude reste à faire sur l'importance de ce phénomène dans la société contemporaine et sur les ravages qu'il y fait, jusqu'à mettre en danger la paix en Europe.

 

Roland HUREAUX

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 15:11

 

Les pas-de-clercs désolants de la diplomatie de Hollande, qui lui ont attiré un pied-de-nez humiliant de Poutine quand il a renoncé à venir à Paris inaugurer le centre orthodoxe de l'Alma , montrent l'urgence d'une nouvelle politique étrangère pour notre pays.

Entre un suivisme servile et dangereux vis à vis des Etats-Unis , un droit-de-l'hommisme naïf et moralisant et un soutien criminel aux islamistes de Syrie, notre diplomatie est devenue illisible. Les amis de la France déplorent aujourd'hui son absence de la scène internationale sauf quand il s'agir de jeter d' huile sur le feu des conflits du Proche-Orient .

Les fondements d'une nouvelle politique étrangère doivent être les suivants :

- la France respecte tous les peuples et donc les gouvernements qui les représentent . Elle doit, conformément à l'article 2-7 de la Charte des Nations-Unies, s'abstenir "d'intervenir dans les affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d'un Etat ", comme elle n'a , hélas, cessé de faire au cours des dernières année dans le sillage de l'OTAN;

- elle ne doit à l'inverse pas permettre d'ingérence dans ses propres affaires , et donc retrouver la plénitude de son indépendance. Loin de nous isoler, l'indépendance doit nous permettre d' élargir les horizons de notre diplomatie dans toutes les directions sans exclusive;

- la diplomatie française doit être dictée par le seul souci de l'intérêt national . Nous n'avons pas vocation à répandre dans le monde notre conception des droits de l'homme . Défendre l'intérêt national est un devoir vis à vis de nos concitoyens les moins aptes à se défendre eux-mêmes dans la jungle du mondialisme. Qu'une classe politique hors sol ait perdu cette mission multiséculaire de vue est la cause principale de son discrédit. Au demeurant, rien de plus pacifique que la défense des intérêts nationaux, qui permet toujours de trouver des compromis .

La France est membre de l'Alliance atlantique depuis 1949 ; elle doit le rester. Il s'agit, rappelons-le, d'une alliance défensive et non offensive. Ceci posé, notre participation au dispositif intégré ( OTAN) peut faire l'objet d'aménagements.

Quel que soit le devenir des institutions de Bruxelles, aujourd'hui en crise, la coopération politique européenne est plus nécessaire que jamais. Elle ne saurait toutefois amener la France à se lier les mains à l'égard de tiers. La levée des sanctions absurdes prises à l'encontre de la Russie doit être immédiate.

Au moment où une inquiétante tension règne entre les Etats-Unis et la Russie, la France n'a à faire allégeance à aucune de ces puissances. Mais un rééquilibrage est nécessaire en direction de la Russie , vieille amie de la France d'autant que l'Amérique de Trump, va prendre les devants dans le rapprochement avec Moscou, risquant ainsi de nous laisser au bord de la route . L'Europe va de l'Atlantique à l'Oural: il serait très dangereux pour la paix que le prochain président de la République française continue de cultiver une hostilité de principe envers la Russie, maintenant débarrassée de l'idéologie communiste . De même les relations avec les pays d'Europe orientale historiquement proches de la France comme la Pologne, la Hongrie, la Roumanie , la Serbie, la Grèce doivent être renforcées.

La priorité du partenariat franco-allemand ne saurait faire oublier les liens anciens , forgés dans le combat, avec le Royaume-Uni, ami comme nous de la liberté, ni avec nos "sœurs latines": Italie, Espagne , Portugal .

De l'autre côté de la Méditerranée , l'Algérie , le Maroc (et aussi la Tunisie ) sont des partenaires historiques incontournables. Leurs stabilité est pour la France une nécessité stratégique. La coopération avec ces pays doit s'approfondir , cela dans l'égalité et donc en excluant définitivement toute forme de repentance ou d'acrimonie dégradantes pour les deux parties.

La Françafrique , une fois écarté le souvenir d'un affairisme douteux, n'est rien dont nous ayons à avoir honte. Il est à l'honneur de la France d'avoir conservé , plus que d'autres puissances coloniales, des liens privilégiés avec ses anciens territoires . Dans un continent appelé à peser de plus en plus, ces liens sont une carte qu'elle doit jouer à plein . Les pays d'Afrique ont leurs problèmes mais nous devons cesser de leur faire la morale. Le contrôle nécessaire de l'immigration, qu'ils comprennent , doit se faire en partenariat avec eux, dans un esprit de codéveloppement.

La francophonie constitue une chance exceptionnelle qu'il convient d'exploiter . Soyons fiers de notre langue . Il est inacceptable qu'un représentant de la France dans une organisation internationale dont le français est langue officielle puisse s'y exprimer autrement qu'en français. Il faut aussi renouer sans tarder avec d'autres amis historiques de la France comme l'Egypte , l'Ethiopie, l'Iran, le Liban . La France a longtemps rayonné en Amérique latine : elle doit y reprendre toute sa place .

Hélas nos gouvernements, tant "républicain" que socialiste, se sont attachés au cours des dernières années , de manière criminelle, à attiser les conflits au Proche-Orient. Le rôle de la France doit être, par une diplomatie équilibrée, d'être dans cette région "artisan de paix" . La sécurité d'Israël , aspiration légitime, n'est pas incompatible avec le respect de la dignité et la stabilité des pays arabes environnants. Il est urgent de renouer les liens avec le gouvernement légal de la Syrie , dont une diplomatie incompétente avait prédit la chute mais qui est en train de reprendre le contrôle de la totalité de son territoire et de réparer des erreurs dramatiques qui ont contribué, tant à décimer les communautés chrétiennes qu'à alimenter chez nous le terrorisme.

L'immense Extrême-Orient n'est pas notre premier cercle . C'est en un sens une chance : la France pourra , sans prendre parti dans les conflits régionaux, développer ses relations , notamment commerciales, avec les géants de la région : Chine, Inde, Japon. Mais ses liens particuliers avec les pays de l'ancienne Indochine sont une carte à jouer. De même sa présence en Océanie , indispensable pour conserver la deuxième zone économique du monde, une zone à valoriser par une grand politique de la mer.

L'indépendance, loin d'être un repli sur soi, doit nous ouvrir au contraire à de nouveaux partenariats . Elle seule peut nous mettre à l'abri des orages qui montent à l'horizon . Elle seule permettra à la France de travailler efficacement à la paix du monde.

 

Roland HUREAUX

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 14:44

 

http://www.bvoltaire.fr/rolandhureaux/obama-prix-nobel-de-la-paix-na-plus-que-17-jours-pour-declencher-la-guerre,304072Obama : certains l' appellent par dérision le Prix Nobel de la guerre.

 

C'est exagéré : il a certes appuyé sur le bouton sans lequel les guerres de Libye et de Syrie - et peut-être du Yemen - n'auraient pas eu lieu.

Mais il a refusé de céder aux pressions d'une partie de son gouvernement et de ses alliés ( le France de Hollande et Fabius en première ligne ) qui voulaient bombarder la Syrie sans mandat de l'ONU en août 2013 à la suite de l'attaque chimique de la Ghouta ( banlieue de Damas). S'il avait là aussi appuyé sur le bouton, les Russes auraient riposté et on ne sait jusqu'où serait allée l'escalade . On peut supposer qu' il savait avant tout le monde, que ces attaques étaient une provocation destinée à mettre en cause Assad et non l'œuvre d' Assad lui-même[1].

De même le traité avec l'Iran de juillet 2015 est à mettra à son actif , tout comme la reprise des relations avec Cuba.

Sa fin de mandat est par contre moins bien inspirée : la décision d'expulser 35 diplomates russes ( une décision lourde s'agissant des deux "grands") , soi-disant en représailles d'une interférence numérique de la Russie dans la campagne présidentielle américaine, peut être jugée parfaitement rocambolesque.

D'abord parce que les preuves présentées sont minces.

Le principal grief : avoir fait circuler des courriels d'Hillary Clinton , demeure mal établi et à supposer qu'il le soit, ces courriels n'auraient pas porté préjudice à l'intéressée si elle avait été claire !

Et même si tout cela était vrai, il n'est pas d'usage que la guerre de l'ombre qui se livre depuis toujours entre grandes puissances soit portée à la lumière. A ce jeu, celui qui perd ne le dit pas. Surtout que les Américains n'ont en la matière de leçons de morale à donner à personne.

A ce grief principal , s'en ajoutent d'autres assez confus : tracasseries aux diplomates américains en poste à Moscou , tentative de perturber le système de régulation électrique de l'Etat du Vermont, victime, dit-on d'un virus d'origine russe.

Non, vraiment, Obama se ridiculise.

 

La paix en danger

 

Non seulement cela sent son mauvais perdant ( du côté du clan Obama-Clinton) mais, pire, le président, en agissant ainsi, met en danger la paix : les trois semaines de mandat qui lui restent suffiraient à déclencher une nouvelle escalade dans la mesure où il a derrière lui de grandes administrations : le Département d'Etat , le Pentagone , la CIA encore tenues par des faucons qui ne demandent qu'à en découdre avec la Russie.

A la déception de l'élection de Trump que ces gens là vomissaient et qui annonce une ligne différente s'est ajoutée celle de la victoire à Alep de l'armée syrienne soutenue par les Russes, sur les djihadistes soutenus par l'OTAN.

Or voilà bien la vraie raison de cette agressivité de fin de mandat : l'immense déception de ces forces qu'incarnait Hillary Clinton devant ce que l'ambassadeur de France à Washington, si piètre diplomate, a appelé la "fin d'un monde". La fin , non de la puissance américaine mais celle de l 'idéologie néoconservatrice au nom de laquelle les Américains se sont sentis investis du droit d'intervenir partout sur la planète pour y faire régner le bien, causant les dégâts que l'on sait. L'amertume est telle chez ces gens qui, le 20 janvier , date de la prise de fonctions de Trump, ne seront plus rien, que certains sont sans doute prêts à tout.

En ne réagissant pas à cette provocation de dernière minute, Poutine s'est montré le plus sage.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

[1] Selon l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, des Français auraient apporté leur concours à cette opération.

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 14:43

 

http://www.bvoltaire.fr/rolandhureaux/segolene-royal-seulement-une-etourderie,300222

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Segolene-Royal-seulement-une-etourdie

Ce qu'il y a de consternant dans la déclaration faite par Ségolène Royal à La Havane à l'occasion des obsèques de Fidel Castro, ce n'est pas qu'elle ait dit du bien du défunt. Un jour d' obsèques, il est mal venu, quoi qu'on pense de lui, de dénigrer le disparu.

Ce qui a choqué l'opinion, c'est le caractère à la fois exagéré et , quant au fond, erroné de cet éloge .

Etait-il nécessaire de dire que le Lider maximo a été "un monument de l'histoire ?

Il ne fallait surtout pas dire qu'il n'y a pas de prisonniers politiques à Cuba: il y en a , on en connait certains et il y en avait bien davantage encore dans les trente premières années du régime.

Evoquer l'existence sur l'île d'"une liberté religieuse" et d'"une liberté de conscience" est aussi choquant : un peu aujourd'hui , certes , et encore, mais on sait que, dans ce pays, pendant quarante ans, la religion a été persécutée et toute opinion dissidente bannie.

Il y avait pourtant des choses positives et justes à dire sur Fidel Castro: par exemple qu'il a incarné un moment la fierté du peuple cubain, une forme de résistance nationale contre un grand voisin quelque peu encombrant. Personnellement, je ne lui aurais pas reproché de dire cela. Mais l'idée d'une résistance nationale est étrangère aux valeurs de Mme Royal qui était une enthousiaste d' Hillary Clinton et des néoconservateurs américains, une mondialiste libérale et post-nationale convaincue .

Ce qui frappe dans les propos de Mme Royal ( dont on ne saurait évidemment oublier la proximité avec le présidant Hollande ) , c'est d'abord l'ignorance. Je crains en effet que Mme Royal croie sincèrement qu'il n'y avait pas de prisonniers politiques à Cuba. Cette partisane du mariage isosexe ignore sûrement que, dans les années soixante, Fidel Castro avait ouvert des camps de concentration pour les homosexuels. L'ignorance n'est pas blâmable à condition qu'elle rende modeste. Mais celle de Royal est sans gêne à l' image d'un parti socialiste de basse époque où les carrières se font au culot.

Cette dégénérescence des bonnes mœurs à l'international s'observe hélas, presque tous les jours. Le tweet grossier de l'ambassadeur de France à Washington, un personnage dont il n'est pas nécessaire de retenir le nom, envoyé au moment où il apprenait l'élection de Trump fut la fois discourtois pour celui-ci et nuisible aux intérêts de notre pays. Et il est toujours en place !

Ne parlons pas des torrents d'injures et de mensonges déversés depuis cinq ans par le Quai d'Orsay sur le président Bachar-el-Assad au mépris de tous les usages. Pour la première fois, un service diplomatique occidental se comporte comme les agences de propagande soviétiques de la grande époque.

Derrière ces comportements, il n' y a pas que l' ignorance, tant des faits que des usages, il y a aussi l'idéologie : l'ignorance est le terreau de l'idéologie, l'idéologie abêtit . A l'analyse objective du réel, elle substitue la projection de quelques valences schématiques : pour une partie de la gauche française, Castro porte encore le signe plus, comme Poutine porte le signe moins. A partir de là, on peut dire n'importe quoi : l'idéologie permet aux ignorants de pérorer sur des sujets qu'ils ne connaissent pas et dont la connaissance, au fond, leur importe peu, Encore heureux qu' à ce stade , il ne s'agisse que de mots. Mais les mots ne sont pas innocents. Depuis les commencements de l'histoire, au IIIe millénaire avant JC, la culture et la diplomatie ont eu pour but de pacifier autant que faire se peut les relations entre les hommes et les peuples : la culture pour comprendre l'autre, la diplomatie pour ne pas blesser inutilement . On craint le pire à voir disparaitre ces antiques vertus.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 14:35

 

http://www.bvoltaire.fr/rolandhureaux/valls-et-cazeneuve-la-promo-des-anticathos,298213

Valls candidat à la présidence de la République, Cazeneuve premier ministre : tout indique que l'antichristianisme ( disons le plus net : l'anticatholicisme) favorise les carrières dans la république qui est encore pour quelques mois celle de Monsieur Hollande.

Pour Cazeneuve , on savait à quoi s'en tenir : "évoquer les racines chrétiennes de la France, c'est affaire , dit-il , d'une relecture historique frelatée qui a rendu la France peu à peu nauséeuse" [1] . Au titre des travaux pratiques, le ministre de l'intérieur , qui ces dernières semaines s'est démené comme un beau diable pour convaincre les municipalités réticentes d'accueillir des "migrants", presque tous musulmans , jugeait l'année précédente "funeste" ( apparemment l'intéressé sait choisir ses adjectifs ) la décision des maires de Rouen et de Belfort d'accueillir des chrétiens d'Orient[2].

En guise de pénitence, le pauvre homme a dû, en service commandé, passer le 15 août dernier à Lourdes , à la fois en raison de la menace terroriste et parce que son chef en visite au Vatican deux jours après, voulait, campagne électorale oblige, faire un geste en direction des catholiques.

Quant à Valls, on ne saurait oublier comment, alors ministre de l'intérieur lui aussi, il avait sauvagement réprimé les participants à la Manif pour Tous - allant jusqu'à gazer des enfants en poussette. Il fallait bien qu'il montre, face à des manifestants qui ne se défendraient pas, sa virilité républicaine, lui qui, en tant d'autres circonstances se refusa à interpeller les coupables de graves désordres ( par exemple sur la place du Trocadéro le 13 mai 2013 ). Croyant , comme il arrive, à sa propre propagande selon laquelle ceux qui s'opposaient au mariage homosexuel étaient des ennemis de la République ( alors qu'on pourrait aisément démontrer le contraire : que la loi Taubira , fondée sur une théorie fausse, la théorie du genre est antirépublicaine ) , il rafla et ficha sans vergogne des centaines de jeunes qui n'avaient rien fait de mal , mais dont tout laissait penser qu'ils étaient en majorité catholiques. Il fallait bien que ses coups de menton se dirigeassent contre quelqu'un . Faute que Robespierre et la guillotine soient à l'ordre du jour, le petit premier ministre avait trouvé un terrain pour se faire son cinéma. En attendant la vague terroriste , du sérieux cette fois pour ce qui est de menacer la République, mais qui l'a vu , il fait bien le dire, moins flambant .

Les antricathos enragés n'ont pas tous connu de pareilles promotions : Vincent Peillon pour qui "on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique" est , lui, sur la touche. Il avait sans doute poussé trop loin l'esprit de système.

Il reste que ces promotions nous rappellent ce que fut la réalité du quinquennat de Hollande, cet homme apparemment placide et non sectaire. Elles nous rappellent surtout ce qu'est devenu , en France et dans le monde, le socialisme de basse époque ; oubliée la justice sociale : c'est dans l'impuissance qu'il laisse monter le chômage, qu'il fait des économies sur la famille et donc sur les enfants, qu'il met en accusation le vrai peuple sur le grief de "populisme". C'est l'idéologie qui a pris la place du social dans tous les domaines : justice, éducation, gestion des territoires (coir Christophe Guilluy) , (non) politique industrielle , sur fond de mépris des "sans dents".

Contrairement à ce que certains croient ( aussi bien Peillon que beaucoup de catholiques) , ce n'est pas à un retour à l'anticléricalisme de la IIIe République que l'on assiste . Un anticléricalisme qui s 'était bien apaisé : souvenons-nous que Léon Blum fut le premier chef de gouvernement français à se rendre la nonciature. Les anticléricaux de la Troisième pensaient, à tort ou à raison, face à une Eglise pas toujours éclairée, défendre les droits de la raison . Aujourd'hui, c'est le contraire : les idéologies de toute sorte qui dénaturent la gauche conduisent à la déraison. Or face à aux idéologies , l'Eglise catholique a défendu tout au long du XXe siècle où elles ont tant sévi la nature et la raison . On ne le lui pardonne pas.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] RTL 5/04/2014

[2] Le Figaro, 11/09 /2015

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 14:31


http://www.bvoltaire.fr/rolandhureaux/syrie-la-desinformation-ses-oeuvres-et-ses-pompes,303946

Ce matin, j'écoutais, comme il m'arrive de temps en temps , Radio Vatican rediffusé en français par de Radio-Notre-Dame.

Au milieu d'intéressantes nouvelles qui ont l'intérêt de balayer le monde entier, quelle n'est pas été ma surprise de voir citer comme source sur ce qui se passait en Syrie l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Je pensais que cette radio était à l'abri de la désinformation internationale, mais non.

La nouvelle était qu'il y avait eu déjà des violations à la trêve qui vient d'être signée en Syrie. Comme par hasard , ce sont des soldats de l'armée gouvernementale , dite du "régime" (même si le régime en cause est le gouvernement légal reconnu internationalement ) qui en seraient responsables . C'est peut-être vrai, mais soyons sûrs que si cela avait été le camp adverse, l'Observatoire en question n 'en aurait rien dit.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme , appellation aussi rassurante que trompeuse , a été fondé par Rami Abdel Rahmane, un Frère musulman basé à Coventry avec l'appui des services secrets anglais et sans doute américains, et, depuis 2011, il a le quasi monopole de l'information primaire sur ce qui se passe en Syrie. Inutile de dire que son préjugé antigouvernemental, antirusse et pro-djihadiste est bien ancré . L' AFP par exemple ne cite que lui et, dans la foulée, des dizaines de journaux commencent leurs articles par la formule devenue rituelle "selon l'OSDH" [1].

Si les médias occidentaux se laissent ainsi désinformer, c'est qu'ils le veulent bien, partageant le même préjugé idéologique qui justifie l'intervention de l'OTAN en Syrie : anti Assad, anti Poutine et , par le fait même ( le ennemis de nos ennemis sont nos amis), pro-islamiste. Bref le parti qu'on pourrait appeler "droit de l'hommiste-djihadiste" puisqu' il défend les droits de l'homme contre Assad en s'appuyant sur les djihadistes ( repeints en simples "rebelles" ).

Il était également hasardeux de la part du même Radio Vatican de citer comme parole d'Evangile les déclarations de François Hollande en visite en Irak vantant la contribution de l'armée française à la lutte contre l'islamisme quand on sait que des conseillers militaires ont été actifs auprès des groupes djihadistes comme Al Nosra en Syrie, y compris dans la récente bataille d'Alep . « Agir contre le terrorisme en Irak, c'est prévenir des actes terroristes sur notre sol » dit notre président. Et en Syrie ?

Le Vatican lui-même, très prudent sur le Proche-Orient, n'est pas en cause . C'est d'abord l'osmose de la rédaction française de Radio Vatican avec la presse catholique française et c'est ensuite l'osmose de cette presse catholique avec la presse nationale et internationale officielle qui expliquent ces dérives : un petit monde mimétique qui répercute passivement les préjugés idéologiques dominants. On s'attendrait de la part d'un organe de presse comme Radio Vatican à un peu plus de recul à l'égard de la propagande de guerre de l'OTAN et de ses instruments comme le prétendu Observatoire syrien des Droits de l'homme.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

[1] http://www.lefigaro.fr/international/2016/08/09/01003-20160809ARTFIG00148-l-osdh-source-contestee-de-la-guerre-en-syrie.php

 

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 14:25

 

http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/en-france/item/2935-la-diplomatie-francaise-en-plein-delire

 

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/La-diplomatie-francaise-en-plein-desastre

 

Jamais, peut-être depuis des siècles la diplomatie française n' était tombée aussi bas. Laurent Fabius avait été un ministre des affaires étrangères désastreux . Son successeur, Jean-Marc Ayrault s'avère encore pire. Comme il ne connaissait pas le sujet, on pouvait s 'attendre au moins à ce quil soit prudent ; il n'en est rien.

La prise d'Alep par les forces gouvernementales syriennes avec l 'appui de Russes : tout le monde devrait s'en réjouir puisqu' elle annonce la défaite des djihadistes que notre police pourchasse en France et la fin de la guerre. Au contraire elle met en rage les gouvernements occidentaux , spécialement le nôtre , qui semblent vouloir regagner par la propagande ce qu'ils ont perdu sur le terrain. Comment cette guerre aurait-elle donc pu finir autrement , sauf à connaître une bataille encore plus cruelle à Damas et la prise de pouvoir finale par les islamistes ? C'est d'ailleurs le sentiment de l' immense majorité de la population de Syrie, chrétiens en tête. Jean-Luc Mélenchon l'avait compris avant d'autres.

Au lieu de cela, notre gouvernement est en pleine dénégation. Humilié par la défaite des djihadistes ( quel aveu sur ses véritables engagements !), il est conduit à prendre des initiatives absurdes à l'ONU , comme la récente tentative de supprimer le droit de veto quand des vies humaines sont en jeu . Ce qui est idiot : des vies sont toujours en jeu s'il y a "menace contre la paix ". Voilà bien du BHL à l'état pur . Alors que le droit de véto au Conseil de sécurité et le principe de non-ingérance sont les piliers de l'ordre international depuis 1945, cela reviendrait à officialiser le "droit d'ingérence humanitaire" au moment même il vient de montrer partout son caractère criminel : six pays mis à feu et à sang depuis 15 ans au nom des droits de l'homme -, et où Trump le récuse.

Ayrault multiplie les communiqués vengeurs accusant les forces gouvernementales des pires crimes : " exécutions sommaires, notamment de femmes et d’enfants ; personnes brulées vives dans leurs maisons ; poursuite du ciblage systématique des hôpitaux, de leur personnel et de leurs patients… De telles atrocités révoltent les consciences" (13/12/2016).

Aucune vérification de ces faits , hautement invraisemblables quand sait que Russes et Syriens se savent sous les projecteurs de l'opinion internationale et que la plupart des accusations proférées depuis six ans à l'encontre du gouvernement syrien se sont avérées pour le moins douteuses . Pourquoi d'ailleurs cibler les hôpitaux ( où les rebelles avaient planqué leur QG) puisque la bataille est finie ?

Aucune mention par contre des horreurs de notre allié Al Qaida , renommé Al Nosra puis Fatah al-Cham, que l'on découvre aujourd'hui , pires que celles dont on accuse le régime.

Qui ne voit que notre diplomatie se déshonore par cette propagande grossière , plus proche de celle du Kominterm ou de la Propagandastaffel que de celle d'un pays démocratique ?

Outre des médias plus serviles que jamais, il n'y a plus pour la gober, que la Conférence de évêques de France qui s'alarme , à la suite de la reprise d'Alep, d'une arrivée massive de réfugiés et demande qu'on les accueille. Or les seuls qui veulent aujourd'hui fuir la Syrie sont les islamistes défaits : voilà des pasteurs pressant les brebis d'accueillir les loups dans la bergerie !

Ce combat d'arrière-garde hypothèque gravement les intérêts de la France. Tous les Etats reprennent langue avec Bachar el Assad qui va , que cela plaise ou non, rester en place, sauf nous. L'équipe Obama, dans la même fureur du désespoir que notre gouvernement, voulant empêcher jusqu'au bout le retour de la paix, vient d'aider Daech à reprendre Palmyre, tandis que Donald Trump, aux affaires dans un mois, traite déjà avec Poutine sur une ligne réaliste .

Les adeptes européens de l'idéologie "néo-conservatrice" ( adoptée depuis longtemps par la gauche française , selon un paradoxe qui n'est qu'apparent ) , le gouvernement Hollande en première ligne , sont aujourd'hui doublement frappés : par la défaite des djihadistes et par la défaite de Clinton. Le néoconservatisme ayant perdu la partie à Washington, ils avancent désormais comme un canard sans tête. Il y a en effet pour eux de quoi désespérer. Et les derniers spasmes de survie ne sont pas les moins dangereux.

La diplomatie française s'entêtant jusqu'au bout dans ses erreurs et ses criailleries la ridiculisent. Elle se montre incapable de faire ce qui est le b a ba de toute action diplomatique : s'adapter à une nouvelle situation. En elle se conjuguent la rigidité française et la rigidité idéologique pour notre plus grand préjudice.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 10:42

 

EN SYRIE,  FRANCOIS HOLLANDE FAIT ENCORE LE CHOIX  DE LA GUERRE

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/en-syrie-francois-hollande-fait-encore-choix-guerre-roland-hureaux-2853105.html

 

Voilà cinq ans que dans , dans l'affaire syrienne, la diplomatie française est à la fois ridicule et criminelle.

Ridicule parce qu'elle se réduit , avec Hollande encore plus qu'avec son prédécesseur, à un alignement aveugle sur la diplomatie américaine dominée par les néoconservateurs . Alignement  et même surenchère , pas sur le terrain car  nous n'en avons pas les moyens, mais dans les enceintes internationales. On se souvient de Fabius déclarant que Assad "ne méritait pas de vivre" !  La rupture totale des relations diplomatiques  avec la Syrie en  2012  nous a privés de moyens essentiels tant pour lutter contre le terrorisme que pour diversifier notre action comme il  sied à toute diplomatie compétente,  ce que n'est plus la notre. 

Politique criminelle car elle aboutit à armer des djihadistes qui massacrent tous ceux qui ne se rallient pas , à commencer par les chrétiens d'Orient qui comptaient sur la protection de la France. Ceux qui tiennent le quartier Est  d'Alep depuis quatre ans avaient commencé, qui s'en souvient ? par  précipiter   leurs prisonniers  du haut des immeubles. Les  mêmes   se réjouissent  bruyamment ( quand ils ne les revendiquent pas ) des attentats perpétrés en France depuis deux ans.

Le gouvernement  syrien, sinon démocratique  ( il y a plus de démocratie passé un certains seuil  de tensions sociales , comme nous  risquons d'en faire  bientôt l'expérience)  du moins légitime en droit international  a demandé l'appui des Russes dont l'intervention est donc légale.  Toutes  les autres interventions   étrangères, à commencer par celle de nos forces spéciales  en appui des  djihadistes,  sont illégales.

La présente bataille d'Alep montre que François Hollande n'a pas changé de ligne.

L'enjeu de cette bataille est simple. Les forces loyalistes ont reconquis  une grande partie de la ville. Ne reste qu'un quartier tenu par des islamistes qui  y ont  pris en otage la population. Dès que ce bastion sera réduit, la guerre de Syrie sera pratiquement terminée, sauf un nettoyage résiduel de groupes djihadistes dispersés. 

 

Demander le cessez-le-feu en Syrie c'est demander la poursuite de la guerre

 

Demander le cessez-le feu aujourd'hui au motif d'épargner les populations civiles , c'est vouloir  empêcher les loyalistes et les Russes d'en finir avec les islamistes.

Les Russes ont naturellement les moyens de réduire  en quelques jours la résistance. Si la bataille traine, c'est que , à l'encontre  de  la propagande déchainée contre leurs supposés "crimes de guerre",  ils tiennent  à épargner  la vie des civils, moins par humanisme d'ailleurs  que par souci de l'opinion.   

Que veulent donc  ceux qui demandent un cessez-le- feu  ? Que l'autre camp gagne ? Daesh au pouvoir à Damas ? Aucune puissance ne le souhaite vraiment  et les massacres seraient alors immenses.

Si l'on ne veut la victoire ni du pouvoir ni des rebelles, la seule option est  la poursuite de la guerre .  Les bonne âmes qui demandent aujourd'hui  un cessez- le feu à Alep   demandent en fait  la poursuite de la guerre et  la poursuite des  souffrances du peule syrien.

Certains prônent le dialogue. Que Hollande et Cazeneuve montrent  donc l'exemple en  dialoguant avec les terroristes du Bataclan  !   Ce  sont les  mêmes qui  combattent aujourd'hui   à  Alep-Ouest.   Aucune guerre civile ne s'est jamais terminée autrement que par la victoire d'un camp sur un autre.  Et cette issue vaut toujours mieux que la poursuite de la guerre. Dans le cas d'espèce l'un des camps est sur le point  de gagner , laissons le aller jusqu'au bout.  Quelle  aurait été  la valeur morale d'un appel au cessez-le feu début  1945 , pour soi-disant épargner  Berlin  -  et donc Hitler  ? Les islamistes valent-ils mieux ?

La propagande a toujours  joué un rôle considérable dans la  guerre : la presse collaborationniste  ne donnait pas  en 1940  une meilleure image de Churchill  que celle  d'aujourd'hui d'Assad. Ce  qui est nouveau  , c'est  la puissance effrayante de  la   machine de propagande occidentale, fondée sur une presse  de plus en plus contrôlée.

Le   manichéisme qu'elle diffuse est  inséparable d'une  idéologie qui , comme toutes les idéologies, conduit au mensonge . Mensonge que de prétendre qu'il y a entre Assad et Daesh des islamistes modérés : tous veulent établir la charia et éliminer les minorités : les chrétiens le savent.   Mensonge que d'accuser le régime de certains crimes ( pas de tous, hélas, car  cette guerre est sale)  , commis  en réalité par ses  ennemis,  telle l'attaque chimique de la Ghouta  (21 août 2013)[1] . L'ambassadeur syrien à l'ONU  a accusé les Français d'avoir aidé  Al Nosra ( dont le même Fabius disait que ses hommes  faisaient du "bon boulot") à monter cette provocation qui nous a mis au bord de la guerre mondiale.  On aimerait être sûr que ce n'est pas  vrai, tant la politique de la France en Syrie au cours de ces dernières années a pris une tournure démoniaque.

De la même eau, malgré les apparences,   est le projet de résolution  déposé par la France ( et l'Espagne habituellement mieux inspirée) au Conseil de sécurité demandant  un cessez-le-feu immédiat à Alep. Ce n'était  pas un acte de paix mais en réalité un acte de guerre, visant , si  elle était passée, à prolonger la guerre et  en tous les cas à  isoler la Russie et la Chine qui ont dû mettre  leur  veto à un moment où la tension internationale est à son comble.

C'est la rage au cœur que la puissance dominante voit en effet aujourd'hui  ses alliés islamistes , malgré les armes sophistiquées qu'elle  leur a  livrées et les conseillers techniques qui sont présents à leurs côtés, perdre la  guerre de Syrie  : le chef d’état-major des forces armées américaines , Mark Milley, vient de déclarer qu’un « conflit extrêmement meurtrier » avec la Russie est « quasiment certain ». Ashton Carter, le secrétaire à la Défense d'Obama,  prix Nobel de la paix  a indiqué  que les USA se réservaient le droit d’effectuer une « première frappe nucléaire » .

En provoquant par ses exigences le report du voyage de Poutine à Paris  Hollande , outre qu'il laisse une fois de plus  le beau rôle à Angela Merkel qui les invite tous deux à dîner à Berlin le même jour , nous remet dans une logique de guerre froide et même  pire.  

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

 

[1] Deux rapports décisifs l'ont établi, l'un du MIT, l'autre du Comité contre les armes chimiques de l'ONU ( ce dernier soustrait au public)

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 10:38

 

            http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Pourquoi-L-Union-Europeenne-n-est-pas-reformable

 

Chaque fois, c'est la même chose : après les référendums français et hollandais de 2005, la qualification de Le Pen au second tour de la présidentielle en 2002, les élections autrichiennes anciennes et récentes , au vu des abstenions massives et des résultats de partis extrémistes aux européennes, on dit : "ça ne peut pas continuer",    il faut modifier en profondeur le mode de fonctionnement de l'Union européenne  pour la "rapprocher de peuples".   Il  faut que l'Europe soit    moins technocratique,  plus "à l'écoute", plus ouverte.  Il faut , dit-on même ,   "construire" une autre Europe , plus démocratique , plus transparente,  qui adopte  un nouveau mode de gouvernance et un nouveau modèle de développement.  

Encore heureux si nous échappons  à ceux qui   prônent , pour surmonter les crises, "plus de pédagogie", qui veulent mieux expliquer l'Europe à des peuples qui s'obstinent à ne pas la  comprendre,   comme les gardes rouges allaient au peuple pour lui expliquer la pensée de Mao.  Et si  les peuples n'avaient que trop bien compris ?  De toute les façons, le projet européen est simple à comprendre:  s'ils  n'en veulent  pas, ils ont peut-être leurs raisons.

Pires encore, ceux qui,  veulent résoudre la crise de l'   Europe par "plus  d'Europe", fuite en avant bien connue qu'ont pratiquée  tous les régimes idéologiques  . Le centralisme ne marche pas: on centralise encore plus. N'est-ce pas   ce qu'on nous prépare après le Brexit avec les projets de fore de sécurité ou de ministre des finances européens ?

 

Un projet intrinsèquement irréformable

 

Disons-le tout net : il n'y a rien à espérer des  intentions de réforme de l'Union ; et cela pour une raison  simple : il est intrinsèque à un projet comme le projet européen et d'être irréformable et de s'aliéner les peuples.

Intrinsèque parce qu'il n'est pas  un projet pragmatique de "bonne gouvernance" ou de coopération entre les peuples,   il est une utopie   à laquelle  ses promoteurs  veulent donner corps, une  idée  abstraite qui précède les réalités. Et comme toute idéologie, même au départ régionale,  est secrètement universaliste,  elle est un projet de refondation du monde. Or  personne  n'a jamais eu envie d'être  un  cobaye .

Utopie ou idéologie : le projet européen part de trois  absolus .

D'abord la suppression des Etats : on le sait  bien à Bruxelles ou , à côté du renforcement des institutions communautaires , s'  effectue un inlassable travail de sape pour   affaiblir les Etats et discrédite   les dirigeants politiques du continent, réduits  à l'état de zombies dans une mécanique qui leur échappe.  Pour aboutir à quoi ? Un super-Etat continental -  "un Empire non impérial" disait Barroso, dont nous savons, depuis son recrutement par Goldman Sachs, "d'où il parlait" ?  Ou même , à terme,  un Super Etat mondial , non moins redoutable  ?  C'était le projet  inavoué de Jean Monnet. Quand  on sort de la langue de bois, cela s'appelle une hyper centralisation continentale ou planétaire.

Est-il nécessaire de le rappeler ? Cet objectif se fonde sur l'idée qu'à l'origine des guerres et de toutes les horreurs du passé se trouvent   les Etats-nations et qu'il faut donc les supprimer , idée aussi simpliste que de dire qu'à l'origine de tous les maux du monde se trouve la propriété privée  et qu'il fallait  elle aussi la supprimer.

Ensuite un marché parfait :  l'économie de marché n'est pas en soi   mauvaise  mais,  érigée en système, elle tend à s'étendre sans  limites territoriales. Là aussi le projet européen s' articule  sur un projet mondial de libre circulation des marchandises , des services et des capitaux  que ses promoteurs font prévaloir sur le maintien des capacités productives européennes ( affaire Péchiney ) .  Si le marché  fait partie de l'ordre naturel,  le marché pur et parfait est une utopie qui n'existe que dans les   livres d'économie. En son nom, l'Acte unique  de 1987 a arasé  systématiquement , par une impitoyable "mise aux normes",  toutes les particularités culturelles propres  aux pays européens.  Cette Europe conduit naturellement à la signature du TAFTA dans lequel cette logique,  étendue à tout le monde occidental,  irait jusqu'à  abroger  le pouvoir de régulation des Etats.  Toute idéologie, même régionale au départ,  est  universaliste.   

La monnaie unique est une déclinaison de ce projet . Certains   voient l'euro fusionné  un jour avec le dollar. Monnaie parfaite, elle doit donc être non seulement unique mais  forte,  au mépris des propensions différentes des peuples à l'inflation et au dépens des intérêts les plus évidents de la pluparts de Etats d'Europe, Allemagne  exceptée.

Enfin la libre-circulation des personnes sur le territoire européen réalisée dans l'espace Schengen ( qui n'est d'ailleurs pas une nouveauté: elle existait avant 1914 ) est  inséparable  pour ses promoteurs d' une libre circulation des hommes à travers le monde, d'un objectif  de "No Border" tel que le promeut la   Fondation  Soros. Il n'y a pas à espérer que l'Union européenne  soit  "enfin " efficace pour contrôler ses  frontières extérieures. Son idéologie  l'exclut.

Sur tous ces sujets , la commission de Bruxelles n'est pas  un secrétariat neutre, mais un  collège de grands prêtres qui prend chaque fois parti dans le sens de l'utopie : elle a ainsi fortement appuyé Angela Merkel dans sa  large politique d'accueil.   

C'est pourquoi n'ont jamais marché que les projets qui échappent à cette mécanique: Airbus, Ariane, l'OCCAR  que l'on présente à tort comme des succès de la construction européenne.

Confrontée avec la révolte de peuples, la machine européenne  pourra promettre des  aménagements. Mais ils   ne seront que de façade.  Les tenants de l'utopie sont comme les membres  d'une secte qui , quand il le faut, affichent à l'extérieur   un discours humaniste sur le thème de la paix,  de  la coopération, de la  démocratie mais  qui   ne  dévoilent qu'aux initiés  leurs  objectifs ultimes, radicalement différents. Leurs  concessions sont provisoires.   Un peu comme les  Frères musulmans , sous une apparence humanitaire,  cachent aux foules arabes leurs vrais objectifs :  l'application intégrale de la charia et la conquête du  monde . "Deux pas en avant, un pas en arrière" disait Lénine.

 

Rompre avec l'utopie

 

Pour se réformer sérieusement, l'Union européenne doit tout simplement  cesser d'être un projet  idéologique , elle doit  renoncer à ces trois objectifs fondamentaux  non  pour en  prendre le contrepied mais pour ne pas en faire  un  absolu . Elle doit cesser  d'être un projet de monde parfait.

Si une  nouvelle forme de coopération européenne devait s'établir, il faudrait qu'elle rompe radicalement  avec  ces utopies. Il ne faut même pas parler de "construire" ou "reconstruire"  quoi que ce soit, car ce terme est  déjà    idéologique, comme l'avait vu Hayek.  Le réel, rien que le réel.

Mais ce serait là une révolution  mentale immense qui n'a d'équivalent  que l'abandon de  la  perspective du communisme (l'"avenir radieux") en Union soviétique. C'est la  renonciation à toute  une  eschatologie séculière. Car,  dans une   Europe déchristianisée , le projet européen a fonctionné  comme  une  nouvelle religion , ce qui   explique l'intolérance extrême de ses tenants à l'égard de ceux qui   le  remettent en cause -  aujourd'hui les Anglais qui ont voté le Brexit, d'autres demain - , leur amertume, leur propension à la dénégation sous la forme per exemple de prévisions apocalyptiques absurdes pour le Royaume-Uni.  Il faut que les  Européens  voient que   le ciel de l'utopie politique est vide,  que  la politique  ne consiste pas à réaliser un "grand  œuvre" dont les êtres de chair  et de sang seraient les briques, mais à gérer au jour  le jour des intérêts ordinaires ,  de manière pragmatique  et  si possible  efficace.  

Non il n'y aura pas de réforme de l'Europe de Bruxelles .  Sa seule perspective est  la "chute finale" . Toutes le chutes font mal. Le grand problème politique d'aujourd'hui est que celle là  fasse le moins mal possible.

 

                                                                       Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 10:35

 

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/09/15/31001-20160915ARTFIG00158-remise-en-cause-du-mariage-pour-tous-le-test-de-la-credibilite-pour-la-droite.php 

 

C'est une chose entendue : si la droite revient au pouvoir l'an prochain, elle ne remettra pas en cause la loi Taubira.

Ni Juppé, ni Sarkozy, ni Copé, ni Le Maire, ni Nathalie Kosciusko-Morizet  n'en ont l’intention : les deux derniers s'étaient au demeurant abstenus au moment du vote de la  loi. Fillon, seul des ténors,  envisage  une "réécriture", ce qui lui a valu le soutien de Sens commun. Hervé Mariton et  Jean-Frédéric Poisson, candidat à la primaire de droite du parti démocrate-chrétien, associé aux Républicains, se sont , eux, clairement engagés à l'abroger.

Le Front National aussi, en principe, mais Florian Philippot, bras droit de Marine le Pen, estime que l’abrogation du « mariage pour tous » est "aussi importante que la culture du bonsaï". La question est très débattue au sein de ce mouvement.

Sans doute les uns et les autres se sont-ils vu expliquer par leurs conseillers en communication que l'abrogation aurait un effet désastreux auprès des médias,  farouchement attachés au "mariage" homosexuel. Alors même que les 2/3  des électeurs de droite souhaitent qu'on revienne sur  la loi[1], cela aurait aussi pour effet, dit-on, de ringardiser l'image du candidat, de le faire  passer pour un réactionnaire.

C'est un fait que,  la propagande LGBT aidant,  l'hostilité à la loi Taubira, loi pourtant rejetée par plus de la moitié des Français[2], est devenue à droite plus compromettante encore  que  le refus de l'immigration ou celui de l'euro. 

 

Un message subliminal : "je me dégonfle"

 

Elle n'est pourtant  pas seulement un marqueur d'extrémisme.

On ne saurait oublier en effet que cette loi a provoqué la plus grande mobilisation du quinquennat et même de l'histoire de France (exception faite de celle, plus éphémère, qui a suivi  l'attentat contre Charlie[3]);  celle de la CGT contre la loi Travail n'est rien en comparaison.

Renoncer à y toucher est pour les candidats de droite au moins aussi risqué que  s'y engager.

Car il faut bien le dire : pour une partie de l'opinion, le refus  de remettre en cause la loi Taubira , compte tenu de tout ce qui a été dit par l'opposition  au moment de son vote, porte avec lui un message subliminal : "je me dégonfle".

Et ce message ne concerne pas que cette loi : il est probable que la réaction de beaucoup d'électeurs qui n'y attachent pas forcément une grande importance, sera de dire que si la droite dite "républicaine" se dégonfle sur ce sujet, elle risque bien de se dégonfler sur tous  les autres et qu'en définitive, si la droite revient au pouvoir, il ne se passera rien. Car sur bien d'autres sujets,  en matière économique et sociale, en matière d'école, de justice, d'immigration, la droite, si elle veut aller tant soit peu à la rencontre des attentes populaires, devra aussi  se faire politiquement incorrecte. Comment croire qu'elle en aura l'audace si elle a déjà capitulé sur le mariage homosexuel? Qui prendra au sérieux des expressions  comme la "droite forte" ou  la "droite décomplexée" dont  on se gargarise dans l'opposition ?

L'autre inconvénient de cette position est de polariser le programme de la droite sur des sujets comme l'ISF, les 35 heures, l'âge de la retraite ou le code du travail sur lesquels elle  apparaîtra  , en accomplissant des réformes libérales, également réactionnaire, mais en un autre sens :   le parti des gros  contre les petits. La  gauche d'aujourd'hui l'est aussi, certes,  mais avec plus de subtilité. La brutalité des mesures économiques et sociales projetées par la droite aidant, la gauche reviendra très vite en grâce. Il n'est pas sûr que l'opposition ait intérêt à abandonner le champ sociétal pour présenter un programme de remise en cause des acquis sociaux à l'état  nu  et rien que cela.

Enfin, le refus de la remise en cause est, qu'on le veuille ou non, une caution apportée à la gauche, dont on reconnaît a posteriori  la lucidité et le progressisme. Si  une telle réforme était irréversible, c'est la preuve que la gauche  seule  était   dans le sens de l'histoire. La résistance de la droite n'était que vaines criailleries, baroud d'honneur inutile. Mais comment dès lors  expliquer que  la gauche n'avait par contre pas raison   sur les autres sujets ? Expliquer  par exemple que  la réforme du collège, malgré la levée de boucliers qu'elle a suscitée, n'était  pas, au fond,  une réforme progressiste ?

 

Des théories  faussement scientifiques

 

Le  pédagogisme et la loi Taubira, tous deux tenus pour "progressistes", ont en commun d'être fondés sur des théories faussement scientifiques: la méthode globale et la théorie du genre. Ceux qui , jusqu'ici , ont remis en cause la méthode globale (Alain Finkielkraut par exemple) se sont vu attaqués en première page du Monde comme  "réactionnaires" . C'est le prix à payer pour tout  retour aux voies du bon sens dans un terrain miné par l'idéologie.  Si la droite a peur d'affronter ce risque,    quel que soit le sujet, les Français penseront très vite qu'elle ne sert  rien.

L'échec retentissant aux élections locales des candidats LR qui avaient été les plus favorables à la loi  Taubira : Fabienne Keller à Strasbourg, Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris , Dominique Reynié en Midi-Pyrénées  devrait pourtant servir de leçon. Il n'est pas sûr que, sur la question de  l'effet    électoral, sinon direct, du moins indirect, du refus de remettre en cause la loi Taubira, les candidats de la droite classique doivent trop écouter leurs conseillers en communication.

                                                           Roland HUREAUX

 


[1] Opinion Way,  06/06 2016

[2] Ifop, 15/9/2015

[3] Toutefois aucun décompte officiel de la manifestation "Charlie" n'ayant été fait, il est difficile de comparer avec "La Manif pour tous".

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