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Roland HUREAUX

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 21:05

 

Dans le cadre de la réforme territoriale, le département semble tout à coup  épargné.

On a compris que la raison principale en était le souci de maintenir Jean-Michel Baylet , président du Conseil général du Tarn-et Garonne et le Parti  radical de gauche dans une majorité qui s'effrite  chaque jour." Politique d'abord"  aurait dit Maurras,  grand pourfendeur du département. Et même politique politicienne !

Preuve que l'institution a la vie dure : elle avait déjà échappé en 1981  aux fureurs socialistes , déjà adeptes  de la région, tenue, on se demande pourquoi , pour plus moderne, cela  parce que   François Mitterrand,  Gaston Deferre et  quelques uns de leurs amis  influents , tel  Maurice Faure,  étaient restés discrètement départementalistes.   

Peut-être François Hollande, ancien président du Conseil général de la Corrèze aura-t-il  suivi la même pente.

L'irruption imprévue du  vieux féodalisme radical  dans un processus supposé modernisateur passera difficilement pour une bonne raison de maintenir le département.

Et pourtant ces bonnes raisons ne manquent pas.

La première est que,  contrairement à ce que l'on raconte, il  n'y a pas dans  le reste de l'Europe moins  d 'échelons territoriaux qu'en France.  Faute d'être allé voir ou de savoir compter jusqu'à quatre, nos élites   dénoncent mécaniquement le "mille feuille français". De même qu'elle ne se sont pas avisées que nos régions n'étaient  pas plus petites que celles des autres pays. Si nous avons, par rapport à certains pays, pas tous, un échelon de plus,  ce n'est que depuis le  dédoublement de la commune et de la communauté de communes, issu de la loi Joxe de 1992 , une loi qui n'est  vraiment entrée en application que depuis  quinze ans. Avant de simplifier, il aurait fallu ne pas commencer par compliquer !

La deuxième raison, corollaire de la première est que tous les pays ont un échelon élu de la taille approximative de notre département, qu'il  s'agisse de la province ( Espagne, Italie, Belgique), du kreis (Allemagne), du comté et  du bourg (Angleterre). Certains länder allemands comme ont même en plus   le bezirk  ! 

La troisième est que si on supprime le département, que fera-t-on de  ses  attributions  principales : l'aide sociale,  le réseau routier ou  les transports scolaires  ?  A  coup sûr le transfert de compétences qui en résultera aboutira à compliquer les circuits  et alourdir  les coûts. Le  niveau administratif départemental demeurera  techniquement  nécessaire, pour la gestion des routes par exemple,  mais avec un contrôle politique plus lointain. Ajouté au fait , trop ignoré, qu'  en matière de gestion publique, plus la dimension des unités s'accroît, plus les frais généraux augmentent, il ne fait aucun doute que la nouvelle architecture  coûtera  plus cher que la présente.

Mais la raison principale de garder le département est que la population y est attachée . Or de  celle là   tout  le monde se  fiche. Témoin,  le seul territoire où il lui  a été demandé, par référendum  de dire  ce quelle en pensait, le 7 avril 2013, la suppression du département  n'a été approuvée que par  20 % des électeurs seulement ( avec 65 % d'abstentions ). Le Haut-Rhin, premier   concerné,  a  voté majoritairement non.      Tous les états-majors des grands  partis, tous les sondeurs,  tout l'establishment  national et local étaient persuadés que les Alsaciens voteraient oui.  Ce fut l'inverse.   Et pourtant  la région Alsace ne comportait que deux départements !  "Un signe fort " pour Le Monde, "un échec cinglant pour la classe politique" pour L'Humanité. Comme les Corses ou les Antillais, les Alsaciens ont refusé un schéma institutionnel qui semblait aller de soi  pour une grande partie des dirigeants.  

Or ce  fait massif est immédiatement passé aux oubliettes, il a été selon le vocabulaire de la psychanalyse, refoulé   parce que contraire à la  doxa de l'élite. Gauche et droite confondues ont continué à projeter , comme si ce référendum  n'avait pas eu lieu,   la suppression du département. 

Et  gageons que Baylet n'a remporté qu'une victoire provisoire. Deux pas en avant, un pas en arrière disent, après Lénine,  tous les idéologues.   Tout laisse penser que,  malgré toutes les bonnes raisons de le maintenir,   la machine infernale visant à broyer le département  se remettra en marche  à la première occasion. Envers et contre tant le bon sens  que la volonté  populaire  qui vont généralement de pair.

 

                                               Roland HUREAUX  

 

 

 

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 21:04

Paru dans Figaro Vox


       Quels mots employer  pour exprimer  l'horreur qu' inspirent les événements du Nord de l'Irak: d'abord  cette irruption d'un pseudo-khalifat dont la barbarie semble nous ramener au premier millénaire mais qui est en réalité bien pire ? Les premiers khalifes se contentaient de taxer  les minorités juives et chrétiennes, ils  ne les massacraient qu'exceptionnellement : dhimmi, après tout , signifie protégé ,  

Ensuite le  sort des chrétiens d'Irak  (et d'autres minorités ) massacrés (combien l'ont été ? On ne sait), en fuite ou en péril. Il devrait émouvoir d'autant plus les  Français qu'en droit  international,  les chrétiens de  l'Empire ottoman avaient le statut non point d'étrangers, mais de protégés français : par quelle aberration, le gouvernement français est-il dès lors le moins accueillant des gouvernements  européens  ?

Mais le plus extravagant  est que les armes dont se servent les soldats de ce nouveau djihad, du soi-disant  Etat islamique en Irak et au  Levant  sont les mêmes que nous leur avons vendues au cours des derniers mois, que nos services spéciaux leur ont  appris à utiliser . Et ce sont les armes de l'arsenal de Khadafi  que nous avons permis aux islamistes de tout poil , à commencer par  ceux du  Mali,  de se partager. Ces trafics ne nous ont jamais dissuadés de considérer les principaux payeurs, Arabie saoudite, Qatar , comme des amis.

Aussi stupéfiant:  ce qui se produit au Nord de l'Irak n'est nullement  une surprise puisque cela serait arrivé un peu plus tôt en Syrie si le projet d'aider directement  au renversement du  président Assad  avait abouti.

Nous avions déjà l'expérience de l'Afghanistan, du Mali et d'autres pour voir que les  djihadistes , loin de nous savoir gré de notre soutien, se précipitent, dès qu'ils en ont l'occasion,  pour brandir leurs armes contre l'Occident. Témoin la décapitation de deux journalistes américains et d'un humanitaire anglais   par l'EIIL.

Même  le roi d'Arabie doit trouver amer que ses ex-protégés   revendiquent  le khalifat  dont il considérait être , de facto, l'héritier.   

Or,  après de telles déconvenues,  c'est apparemment  sans le moindre trouble de conscience  que le département d'Etat qui avait mis sur pied une coalition occidentale  contre les talibans en Afghanistan et  contre Saddam Hussein en Irak,  puis tenté d'en monter une autre contre Assad en Syrie, s'évertue d' en mettre  en place une nouvelle    aujourd'hui  contre les islamistes qu'ils avaient jusque là aidés. Une coalition qui pourrait même comprendre l' Iran ,  archi-diabolisé jusqu'ici.   

Confondu par tant d'inconséquence, on en cherche la cause.

La première qui vient à l'esprit est l'incompétence. On en a déjà eu de nombreuses  preuves dans cette région. Qui pouvait douter que , la "démocratie " rétablie en Irak, les chiites, évidemment alliés de l' Iran,  prendraient  immédiatement  le pouvoir par la force du nombre   ? Qui pouvait douter que le licenciement  de l'armée de Saddam, avec ses  armes  et sans solde , conjugué avec la mise à l'écart systématique des cadres baasistes, n'entretienne un long   désordre dans  ce pays ?   Qui pouvait imaginer que le rétablissement  de la démocratie en Egypte  amènerait au pouvoir quelqu'un d'autre que les Frères musulmans

Mais l'incompétence est largement partagée: c'est ainsi que Helmut Schmidt met gravement en cause celle de la commission européenne    qui a , selon lui,   "une part de responsabilité dans l'aggravation de la crise ukrainienne" et   il   s'emporte  contre les   bureaucrates   qui "comprennent trop peu la politique étrangère". Bruxelles, dit-il,  "se mêle trop de politique étrangère, alors que la plupart des commissaires européens la comprennent à peine". L'ncien chancelier va  jusqu'à  évoquer le risque d' une   troisième Guerre mondiale.

Comment ne pas être frappé de la distance entre l'immense capacité technique des grandes puissances, singulièrement les Etats-Unis, et leur incapacité à se fixer des buts de guerre  cohérents, pire,  à percevoir leurs vrais intérêts.

Mais peut-être  ces buts de guerre étaient-ils plus subtils que ce que l'on dit ?  Au grés de certains aurait été appliquée au   Proche-Orient :la  théorie du chaos:  la suprématie américaine et la sécurité d'Israël  seraient  mieux assurés si tous les Etats de la région , spécialement eux où il avait encore une charpente   comme les dictatures nationalistes , sombraient  dans des rivalités tribales .

S'il est vrai que l'histoire de la région au cours des dernières années n'exclut pas,  bien que nous ne  soyons  sûrs de rien,   qu'une telle  entreprise ait été poursuivie,    nous  voyons  aujourd'hui avec l'EIIL  le monstre qu'elle a  fabriqué.: Fankenstein ou le golem, au choix.

Au moment où une écrasante supériorité technique des  Etats-Unis et d' Israël leur permet de mener  ( sauf en Afghanistan)    une guerre presse-boutons  ( n'est-ce pas ainsi que  s'est effectué le bombardement de Gaza?) , permettre à certaines factions de leur périphérie de se livrer  à une guerre permanente , une vraie guerre de terrain pour le coup , c' est courir le risque de trouver un jour face à soi ces factions surentrainées.    

C'est ce qui s'est passé au Liban: nous ne savons  pas qui a alimenté  la  longue guerre civile qui a divisé  ce pays, mais il en est émergé au bot du compte ,  par une sorte de sélection naturelle, le Hezbollah dont la force ne tient pas seulement au soutien de l'Iran mais aussi à son  surentrainement . Tsahal en a fait l'expérience. L'armée d'Assad n'était pas flambante avant la présente guerre civile;   Si elle la gagne ,elle en sortira singulièrement   sortira renforcée. Et naturellement l'Etat islamique   en Irak et au Levant n'est autre que   la conjugaison de ces forces  surentrainées sur différents  champs de bataille que nous avons aidées au cours des dernières années .

Il   faut bien sûr   une intervention musclée pour détruire cette entité barbare.  Et il faut aussi que la France, n'oubliant pas  son rôle traditionnel de protection des chrétiens d'Orient , y occupe une place de premier plan.

Il n'y a certes pas  là les prémisses d'un embrasement mondial . Nous   ne sommes plus au VIIe siècle: l'exaltation religieuse ne tiendra pas longtemps devant  la supériorité technique .

Mais il faut aussi que certains  stratèges en chambre , aussi cyniques qu'ignorants du passé cessent d'imaginer qu'on peut  impunément semer le vent sans récolter la tempête.

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

 

Entretien - Bild 16 mai 2014 

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 21:00

 

L'expression lamentablement méprisante de François Hollande à l'égard des pauvres , qu'il qualifierait,  parait-il,  de "sans dents", ne surprendra que les naïfs.

Parmi ceux-ci , tous les gens de droite qui avaient poussé des cris d'orfraie quand le candidat Hollande s'était avisé de dire qu'"il n'aimait pas les riches".

Indignation doublement  stupide.

D'abord parce  que ce n'était pas vrai . Issu lui-même d'un milieu aisé , Hollande , fréquente bien entendu  plus de gens fortunés (ses liens avec François Pinault sont notoires) que de "sans-dents". , comme la plupart des hommes politiques d'un certain niveau , de gauche ou de droite - nous serions même tentés de dire surtout  de gauche :   il suffit de compter dans les gouvernements socialistes  les membres du Bilderberg ou du Siècle,  plus nombreux encore que du temps de Sarkozy . Il y a peu de risque qu'il   déteste ces gens là.

Ensuite  parce que , même si cela était vrai, il fallait être très ignorant   des ressorts de la nature humaine  pour  imaginer que les pauvres ou ceux qui s'estiment tels, qui demeurent une majorité , aiment  tant que cela  les riches. En disant qu'il ne les aimait pas, Hollande mentait certes, mais il faisait une belle opération électorale : il faisait croire à tous les sans grade qu'il  était des leurs et que donc  il  était encore de gauche  ( au moins,  au sens que ce mot avait   autrefois) !

Mais  cette opération n'aurait pas réussi si bien si le concert d'indignation de politiciens et éditorialistes de droite  ne lui avait pas apporté la résonance maximale.

Il y a certes une catégorie  de riches que Hollande ne semble pas apprécier beaucoup:   ceux qui croient l'être et qui ne le sont plus  vraiment: l'immense armée des classes moyennes que son gouvernement attaque de toutes parts , par la hausse de la pression fiscale, par la perspective de la suppression de toute  une série de prétendus privilèges (médecins,  pharmaciens, biologistes, notaires, taxis) qui avaient au moins le mérite d'assurer un encadrement social minimum dans une société en perte de repères. Dans tel  quartier  nord de Marseille, le seul "bourgeois" qui reste, m'a-t-on dit,  est le pharmacien. Pas le seul riche bien entendu car il est dans ces coins là   d'autres moyens de s'enrichir!  En  supprimant  tous les  privilèges prêtés à ces  catégories moyennes, Hollande s'en prend en effet à certains riches , mais pas les vrais ; surtout il prépare  une société un peu plus  inhumaine.

Et  si Hollande n'a aucun scrupule à pressurer  les classes moyennes, il serait bien naïf de croire que cela en fait un ami des pauvres.

 Car les vrais riches, ceux que fréquente au quotidien le président   se fichent, eux,  comme d'une guigne que le niveau des impôts devienne insupportable  en France. Ouverts au grand large de la mondialisation  ( Vive l'  Internationale !)  , ils ont un patrimoine assez disséminé et assez de conseillers fiscaux pour ne  pas avoir à craindre beaucoup  du fisc français.

Et , bien entendu, s'ils sont vraiment à la mode, le chic du chic sera pour eux  d'être de gauche.

 Roland HUREAUX 

 

                                                                              

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 20:58

  Paru dans Atlantico 

 

Un jugement qui fera plaisir à Mademoiselle  Fourest:  celui du    tribunal correctionnel de  Paris qui  vient de relaxer les neuf soi-disant  Femens  poursuivies pour  dégradation  de  cloches  commises à  Notre-Dame  le 12 févier 2013  .

Pas de mention des autres chefs d'accusation que l'on aurait pu envisager . Certes , si les exhibitions à l'occasion desquelles  furent commises ces dégradations , avaient  une intention à  l'évidence blasphématoire,  il n'existe   pas de loi contre le  blasphème en France . Mais on pouvait au moins tenir l'action des Femens pour de l'incitation à la haine d'une certaine catégorie de  population, les catholiques,  pour une  injure à leur égard  et à celui de leur chef, pour de l'exhibitionnisme, ou  au moins pour une atteinte  l'ordre public. On ne l'a pas fait,  ne retenant sans doute à dessein que le grief le plus faible.  Il n'est pas non plus  question de suites judicaires à l'abjecte simulation d'un avortement de Jésus par la Sainte Vierge à la Madeleine,   le 29 décembre de la même année et que même Bertrand Delanoë, maire de Paris, avait sévèrement condamnée.

Le jugement de relaxe  choque d'autant plus que les trois vigiles qui avaient  essayé de   repousser les femens, ont été, eux,  condamnés à des  amendes de 1500 €, 500 € et 300 € avec sursis.  Le monde à l'envers !  

Ce jugement  inégal  serait justifié par le fait que , compte tenu du principe de l'individualisation des peines, on ne pouvait pas savoir laquelle des neuf avait abîmé les cloches tandis que les vigiles avaient été , eux, clairement identifiés.   Moralité : il suffit de se  mettre à vingt  pour attaquer   un homme seul . S'il se défend, on saura que c'est lui  qui donne des coups et  les agresseurs  , pris dans  la mêlée, seront , eux,  exonérés.

Que doivent penser  ces braves vigiles de la justice de leur pays, surtout su l'on considère ce que relate  la presse, au même moment

- “Suspect libéré : la mère de la victime manifeste” (un adolescent poignardé à mort sans raison et l’inculpé élargi car “la justice a laissé passer une date”). A cette occasion, le  PS toulousain dénonce  “la délectation morbide avec laquelle l’opposition s’empare d’un fait divers”.

- “Jugé pour coups mortels, il repart avec une amende” (tueur déjà condamné pour violences à dix reprises),

- “Viol collectif : relaxe générale à Angoulême” (cinq crapules, pour “relations sexuelles non consenties avec une jeune handicapée”).

A la rigueur aurait-on pu retirer à Mme Inna Shevchenko qui dirige la fine équipe le statut de réfugiée politique. Réfugiée politique;  pourquoi ? Parce qu'avec ses complices, elle  avait abattu en 2O12, dans son pays d'origine  l'Ukraine, la grande croix qui commémore les millions de victimes du communisme. Bel acte humaniste !

Il est clair que dans la République de M.Hollande, la haine antichrétienne  a valeur absolutoire. Heureusement que  pour faire mine de  sauver la face , le parquet a fait appel de la relaxe. Mais quelles suites en attendre ?

Sans revenir sur les événements liés à la  Manif pour tous,  comme  les rafles massives de manifestants  non-violents, ou l'expulsion manu militari de Frigide Barjot de son logement  prévue  à la fin de ce mois,   sans que le juge de l'exécution ait daigné   attendre le résultat de l'appel qu'elle a interjeté ,  on notera aussi, à notre   honte,  que, de tous les grands pays occidentaux , la France est le pays le plus pingre dans l'accueil de réfugiés chrétiens d'Irak  - avec l'approbation de Me Collard, député du Front national !  Même  Delcassé, ministre des affaires étrangères du petit père Combes savait que notre pays avait depuis François Ier la  mission particulière, reconnue par traité  passé avec le sultan de Turquie,   de protéger les chrétiens d'Orient et que ces considérations internationales passaient bien  avant nos querelles  domestiques relatives à la laïcité.  Incultes, les socialistes christianophobes  du temps de  François  Hollande n' ont plus cela en mémoire. 

On peut sans doute trouver exagérément sévère la condamnation à Moscou à deux ans de camp de travail des Pussy riots,  équivalent russe des Femens,  pour dégradations et incitation à la haine religieuse , qui avaient fait scandale dans la prestigieuse Cathédrale du Saint-Sauveur de Moscou  , construite pour fêter la victoire sur Napoléon , détruite par Staline et reconstruite à grands  frais après la chute du communisme. Mais comment s'étonner , que face à une    justice française aussi partiale ,    de plus en plus de Français , chrétiens ou non,  tiennent hors  toute considération géopolitique Vladimir Poutine , malgré les campagnes de diabolisation dont il fait l'objet  -  où Mlle Fourest   a naturellement  sa part -  pour  le dernier défenseur de l'héritage chrétien de l'   Europe ?

 

Roland HUREAUX

 

                                                                     

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 09:17

 

Le nouveau gouvernement Valls est loin de n'être qu'un replâtrage destiné à se débarrasser de quelques   forts-en-gueule.

Malgré le maintien d'un certain nombre de poids lourds ( Fabius, Sapin,    Le Drian,   Cazeneuve,  Ségolène Royal,   à des ministères clef,  l'annonce du nouveau gouvernement  n'est pas neutre: elle représente  une triple provocation.

Vis à vis de la gauche historique d'abord , par la nomination d'un jeune banquier réputé ultralibéral à  l'économie. Hollande ne prend pas un double de Montebourg en plus calme, mais son antithèse. L'aile gauche  du PS et, par-delà,  ses anciens alliés d'extrême-gauche, ne sont pas seulement sanctionnés par le départ de quelqu'un qui pouvait passer pour leur porte-parole  mais , comme pour bien enfoncer le clou, on le remplace par ce qu'ils détestent le plus: le mélange ambigu, déjà illustré par  Strauss-Kahn et Cahuzac,  de l'étiquette socialiste et du monde de l'argent. Un mélange qui , certes, n'est pas neuf, qui est même l'essence du pouvoir socialiste actuel mais qui ne s'était  jamais affiché aussi ouvertement.

En même temps,  cette nomination  se veut  un signal fort adressé aux marchés financiers et aux instances de Bruxelles. Mais on peut douter qu'il  suffise à rétablir la crédibilité du gouvernement Hollande.

La deuxième provocation est cette fois, vis à vis de la droite, en tous les cas du  peuple de droite - sans exclure certains éléments venus de la gauche,  qui était massivement descendue dans la rue en 2013 pour s'opposer au  mariage dit "pour tous"  tous. Le combat s'est poursuivi    sur la question de la fallacieuse théorie du genre à  l'école. Mise en veilleuse par Benoît Hamon, l'affaire ne pourra qu'être relancée par Najat Valaud-Belkacem qui s'est avérée dans les précédents gouvernements comme  une des plus ardentes propagandistes de la subversion des valeurs du mariage et  de la famille au point que non seulement Hervé Mariton a pu la qualifier  de "Vietminh souriante"  mais que même un  Julien Dray la situe "sur la ligne des féministes ultras américaines , qui sont en train d'émasculer les sexes".   Sa nomination porte un message clair :   l'éduction nationale, ce n'est plus l'instruction publique, pourtant si nécessaire, ce sera la rééducation des enfants à  toutes les lubies de  la gauche libertaire. Que la  nouvelle ministre soit une féministe   sincère ou un agent infiltré de l'islamisme cherchant à subvertir l'héritage chrétien ( on a  pu noter que quand elle visite  son pays d'origine, le Maroc , cette femme prétendue libérée  respecte scrupuleusement les prescriptions de la charia ! )  n'y changera rien: à un moment  qui devrait être celui de l'apaisement, sa nomination  est ressentie comme une provocation à l'égard de la Manif' pour tous et de ses héritiers. On retrouve là la marque du vrai Valls, non point le prétendu social-démocrate modéré, mais le policier sectaire qui ordonna les poursuites les plus disproportionnées contre les manifestants pacifiques hostiles à la loi Taubira.

On sait à quel point la frange musulmane de la  population acquise à la gauche à 90 % en 2012, s'en est détachée au point de s'abstenir massivement aux  municipales , entre autres à cause  de la théorie du genre,  aucun parent musulman  ne souhaitant que l'école publique porte atteinte  à  la virilité de son garçon ( comme à féminité de sa fille ! ). Il n'est pas sûr que ses origines sauvent  à cet égard Najat Vallaud-Belkacem d'une confrontation, au  contraire. Farida Belghoul contre Najat Vallaud-Belkacem, l'empoignade à la sortie des écoles  promet d'être rude !  

La  troisième provocation  est le maintien de Christiane Taubira à la justice alors même que l'intéressée, qui concocte toujours sa réforme ultra-permissive de la procédure pénale ,  n'a guère caché son accord avec les thèses économiques de Montebourg, Hamon et  Filipetti. Il serait trop facile de dire, par souci de symétrie,  que cette provocation  vise, elle,   l'extrême droite sécuritaire, laquelle s'est massivement  exprimée aux élections européennes. Mais l'aspiration à une saine justice, qui fasse clairement la distinction du bien et du mal, et à la sécurité est partagée par  tous les Français, spécialement les plus modestes, elle n'est l'apanage d'aucun  parti politique. Elle est aussi une des missions  séculaires de tout  pouvoir régalien  quel qu'il soit.  Il est ainsi clair que ce remaniement garde  du précédent gouvernement ce qu'il avait  de plus destructeur.

Premier message  donc : la gauche restera de gauche, avec tout ce que cela a de plus provocant , dès lors qu'il ne s'agira pas de toucher aux grands intérêts.

Deuxième message: c'est sur le plan sociétal que la nouvelle gauche libérale libertaire trouvera  sa légitimité. C'était déjà la ligne de François Hollande, inspirée par la FondationTerra Nova, mais désormais cette ligne se durcit.     Le maintien de Taubira, la promotion de Belkacem sont destinés à équilibrer  la    droitisation économique et sociale.  Des contestataires  de gauche , c'est en définitive, la plus nocive que l'on garde.

Mais ces trois provocations, bien dans le style pète-sec de Valls, c'est  précisément  là ce qui fragilise le nouveau gouvernement. Elles ont en effet  en commun de viser le peuple : peuple de droite , peuple de gauche, qu'importe ? C'est le peuple dans son ensemble qui  ne veut pas que la France soit livrée pieds et poings liés  aux seules logiques financières, c'est le peuple dans son ensemble ( pas seulement  celui des sorties de messe, mais aussi celui des banlieues )   qui refuse la théorie du genre . C'est le peuple dans son ensemble qui veut la justice et la sécurité : ne font même  pas exception les jeunes délinquants que Taubira prétend choyer, moins demandeurs en fait de circonstances atténuants que de   repères  clairs.

Relance de l'action gouvernementale ? Peut-être,  mais sur la même ligne durcie : libérale sur le plan économique, libertaire sur le plan des mœurs. Mais aucun gouvernement ne saurait agir efficacement en prenant ouvertement  de front, comme le font Hollande et Valls, les aspirations le plus légitimes des Français. Gageons dès lors que  ses jours sont comptés.

 

                                 Roland HUREAUX

 

 

 

 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 08:18

 

Dans le langage journalistique , l'expression  "administration américaine"  résonne de manière familière.

Elle n'en est pas moins une offense à la langue française dans la mesure où    the american administration doit se traduire par "le  gouvernement américain".   Administration est ce qu'on appelle un faux ami, tout comme, à l'inverse, the local government doit se traduire par  "l'administration locale".

L'"administration américaine" est cependant  plus qu'un américanisme. Cette expression laisse entendre que le gouvernement américain ne serait  pas un gouvernement comme les autres, qu'il se situerait au dessus des contingences - et sans  doute des  préoccupations mesquines  - des gouvernements ordinaires;  elle porte avec elle   un air   de rationalité hégélienne et une aura   d'universalité  que n'ont pas les autres  gouvernements, bassement politiques, eux  ( y compris the British government) . Ne peuvent  émaner de cette "administration" que opinions irrécusables et  des décisions  impartiales orientées vers le bien universel. L'emploi de cette expression  légitime  la position des Etats-Unis comme maîtres du monde.  Ils se trouvent  ainsi fondés, entre autres,   à  appliquer sa législation interne  aux autres pays comme on le voit dans l'affaire  de la BNP. On peut contester une décision politique, on ne conteste pas  une décision administrative !

C'est pourquoi  beaucoup d'entre nous  se sont efforcés depuis longtemps de ne parler que  de "gouvernement  américain" , animés  du double souci de  nous défendre  contre l' impérialisme de la langue dominante qui tend à imposer ses tournures aux autres langues, et de ne pas cautionner    l'idée que la puissance américaine serait au-dessus des autres. 

Pourtant  on peut se demander aujourd'hui s'il n'existe pas quand même quelque chose comme une administration américaine, parfaitement impérialiste pour le coup, mais transcendant le pouvoir politique américain. Alors  que le président  Obama apparait comme un homme relativement modéré ( au moins dans la sphère internationale), soucieux de désengager son  pays de nombreuses affaires mal engagées ( Irak, Afghanistan  et peut-être Syrie), tout se passe comme si une effrayante machine politico-administrative tournée vers un impérialisme  sans frein et animée d'une idéologie  impitoyable continuait inexorablement, avec ou sans l'aval du président,  sa marche en avant.

Ce pouvoir ne se résume pas  au lobby militaro-industriel encore que le pouvoir militaire y joue un rôle considérable. Il faut y adjoindre  d'autres pouvoirs: les seize services de renseignement, les think tanks, les multinationales, les groupes d' influence de toutes sortes, y compris universitaires.   Tous ceux-là sont animés du souci d'étendre sans limite   la puissance américaine . Leur  feuille de route n'est pas très éloignée des préconisations de Zbignew Brezinski : pour préserver l'hégémonie américaine, il convient d'enfoncer un coin entre l'Europe occidentale et la Russie et donc d' alimenter entre eux une guerre larvée, comme celle qui vient de se déclarer eu Ukraine.  Au  Proche-Orient, cette ligne est sous-tendue par   la "stratégie du chaos" : balkaniser au maximum tous les voisins d'Israël pour  assurer sa protection. 

Ces considérations stratégiques sont enrobées d'    une couverture idéologique sans faille: tout ce qui vient de l'Amérique et de l'OTAN  a ipso facto  pour nom liberté, démocratie, droits de l'homme. Il est du devoir de la puissance dominante de répandre ces valeurs dont elle est  seule  garante. Qu'est-ce dans ces conditions qu'un pays démocratique ?  C'est un  pays ami des Etats-Unis. Qu'est-ce qu'un  pays non démocratique  ?  C'est un pays ennemi ou rival des Etats-Unis. A cette aune, on comprend que dans l'opinion américaine, devenue par de manipulations diverses,   l'opinion de tout l'Occident, la Russie fasse l'objet de plus de critiques que l'Arabie saoudite ou même la Chine, pourtant bien pires sur le plan des droits de l'homme, que la répression des islamistes apparaisse beaucoup plus terrible en Syrie qu'en Egypte  - ou même en Algérie, ce quelle n'est pas forcément. La Turquie, tenue pour  démocratique,  était un candidat très présentable à  l'entrée dans  l'Union européenne tant qu'elle en pinçait  pour Washington et Tel Aviv ; elle  devient une dictature affreuse dès lors qu'elle s'en éloigne . Et ainsi de suite.

Cette ascension d'un pouvoir anonyme transcendant les contingences politiques, c'est ce que avait prophétisé , sous sa forme militaro-industrielle  le président Eisenhower dans son beau discours d'adieu du 17 janvier 1961 : "Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu'elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d'une désastreuse ascension d'un pouvoir illégitime existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés et nos processus démocratiques."

Hélas, la  désastreuse ascension d'un pouvoir illégitime n'est plus un risque mais une réalité qui remet en cause aux Etats-Unis et dans le monde les valeurs démocratiques.

Il est temps de   pendre la mesure  de cette menace.

L' "administration américaine" existe  donc , hélas, mais elle n'a plus rien d'une puissance supérieure au-dessus de contingences politiques  ordinaires. Elle est au contraire la plus politiques  des puissances.

L'administration américaine existe bien aujourd'hui , mais  ce n'est pas une bonne nouvelle. 

Roland HUREAUX

 

                                                                        


Chiffre donné par le général Colin Powell 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 08:13

 

Pour désespérant que soit le nouvel épisode de la guerre qui oppose, dans une partie qui demeure très inégale, l'Etat d'Israël et les Palestiniens de Gaza, on ne saurait oublier que, s'il y a jamais eu progrès depuis soixante ans dans le conflit  du Proche-Orient,  c'est parce que des hommes entreprenants surent rebondir sur les  crises  pour  avancer des  solutions partielles.  

Il est aujourd'hui très peu de gens qui ne reconnaissent que la paix sur l'ancien territoire du mandat  britannique de Palestine passe par la création d'un Etat palestinien , pendant , même en plus petit,  de l'actuel Etat israélien, cet  Etat devant trouver  son assise territoriale en  Cisjordanie   et dans  la bande de Gaza.

 

L'Etat palestinien unique : une solution dépassée

 

Pourtant , il faut bien le dire,  cette solution apparait   aujourd'hui de plus  en plus dépassée . Non seulement parce que les forces politique dominantes en Israël, Benjamin Netanyahou en tête  n'en veulent manifestement pas - pas plus que la partie des  Palestiniens qui revendique un seul Etat multiconfessionnel - , mais aussi parce que, sur le terrain, elle semble  de plus en plus irréelle.

Laissons de côté le  problème considérable posé par l'accroissement du nombre de colonies en Cisjordanie. Heureusement  la décision audacieuse d'Ariel Sharon d' évacuer en 2005  celles de Gaza y simplifie la question.

Mais il n'existe aucun cas à l'époque moderne d'un Etat coupé en deux qui  se soit avéré durable. L'exemple du Pakistan est le  plus manifeste : destiné lors de sa création en 1947 à regrouper tous les Indiens musulmans ,  ses parties est et ouest (devenue Bengladesh ) durent se séparer  dès  1971. En remontant dans le temps, on se souvient de l'Allemagne où l'instauration en 1919 d' une   Prusse orientale sans continuité territoriale  fut, au travers de la question de Dantzig,  la pomme de discorde qui déclencha la 2e guerre mondiale.  Après la guerre   Berlin  posa un problème analogue.  La  solution d'un Etat unique  tient d'autant moins que les Israéliens n'ont sans doute pas l'intention de couper  leur propre territoire par une autoroute reliant les deux parties de la  Palestine.

Il faut donc deux Etats palestiniens: une sorte de cité-état à  la  manière de Singapour  à Gaza et un Etat cisjordanien dont l'imbrication avec Israël et la présence à Jérusalem sont à négocier.

L'autre  raison de  créer deux Etats palestiniens est qu'on n'imagine pas le Fatah et le Hamas  travaillant  ensemble : que chacun s'organise de son côté comme c'est déjà le cas en pratique  ,  est logique. Leur rapprochement récent , pourtant tactique, aurait, selon certaines sources,  déterminé  Israël  à bombarder Gaza. Raison de plus pour que ce dernier  envisage l'idée de deux Etats palestiniens. 

Israël aurait tout à gagner à une telle solution : la perspective d'un face à face avec un Etat palestinien unique sur le même territoire est difficile à  admettre pour une partie de ses ressortissants. Avec deux Etats, cette perspective s'en trouverait  en partie  diluée.

On objectera qu'aucun de ces Etats ne serait "viable" . Mais des 193 membres des Nations unies, combien sont "viables" ?

Une telle solution impose non seulement de régler la question des colonies juives de Cisjordanie mais aussi  celle du décloisonnement et du développement de Gaza, inséparable d'un rétablissement de la sécurité d'Israël côté Sud. Deux questions  immenses mais qui seront sans doute mieux  résolues , si elles doivent  l'être,  séparément qu' ensemble.

 

Vers une confédération ?

 

Une telle solution permettrait même d'envisager à terme une sorte  de confédération à quatre comprenant  Israël et la Jordanie laquelle  revendique toujours sa qualité d'Etat palestinien.  Israël aurait naturellement une influence privilégiée dans une telle confédération mais les partisans d'un Etat unique pourront  aussi bien  la considérer comme un pas dans leur sens.

L'idée de donner à Gaza le statut  d'Etat effrayera, dans le contexte actuel,  bien des Israéliens: mais préfèrent-ils que les activistes du Hamas passent leur temps à ruminer des  projets   d'action armée  ou qu'ils se répandent à travers  le monde dans les ambassades du nouvel Etat, que la communauté internationale sera , n'en doutons pas,  prête  à financer  ?

Le perfectionnement  prévisible du mur électronique autour de Gaza devrait un jour permettre de relâcher le blocus , ouvrant ainsi la porte au nécessaire   développement de l'économie de ce territoire, à la fois  impératif humanitaire et moyen de ralentir sa progression démographique. Un tel développement, irrigué par l'argent du golfe  ou de l'Union européenne,  serait à même de rendre un jour  les  habitants de ce territoire à leur vocation commerciale  séculaire.

Nous mesurons tous les problèmes de principe que pose un tel scénario aux Palestiniens. Mais au moins faudrait-il qu'il commence par paraître acceptable à Israël. Comme il est probable qu'on ne résoudra pas les questions de principe ( droit au retour , caractère confessionnel de l'Etat d'Israël, statut de Jérusalem) , peut-être vaudrait-il mieux parler dans une première phase de ne  fonder sur ces bases qu'un arrangement provisoire. 

Utopie ? Sans doute,  mais moins que l'idée d'un Etat  palestinien unique. Si une ouverture  doit émerger  de la crise actuelle, c'est dans cette direction  qu'il   faut  à présent la  chercher.

 

 

                                                           Roland HUREAUX

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 08:11

 

François Hollande serait presque pathétique quand il avoue s'être trompé sur la conjoncture: la reprise qu'il attendait n'est pas venue, le malheureux. Bien au contraire, les prévisions de croissance pour la France sont plus faibles que jamais et le chômage  s'envole.

On pourrait penser que l'espoir de reprise  que le président , au mépris de toute évidence,  a si souvent  affiché depuis deux ans procédait de l'enfumage politique ou bien de la méthode Coué.

La vérité, pensons-nous,  est que le président  y croyait vraiment. 

Sur quoi se fondait-il ? On le devine :   la  croyance un peu simple aux cycles économiques: comme tous ceux qui savent un peu    d'histoire économique, Hollande  pouvait croire que s'il y avait  récession, il y aurait un jour redémarrage, ne serait-ce que pour renouveler le matériel d'exploitation de l'industrie : et cet effet a bien joué un peu, mais pas suffisamment.

De la même veine  est  la croyance simpliste que s'il y a reprise aux Etats-Unis, cette reprise viendra nécessairement chez nous, comme c'était le cas dans le passé: pour le coup, on n' a pas vu trace d'un tel   entrainement. 

Pourquoi ?

Pour une raison simple: depuis la  création de l'euro,  la France a laissé se dégrader sa compétitivité par rapport à d'autres pays de la zone, principalement  l'Allemagne. Ce n'est pas nouveau: cette dégradation était chronique chez nous depuis 1945 . Mais elle était neutralisée  régulièrement par des ajustements monétaires  que l'euro rend désormais impossibles.

Avec des coûts de production trop élevés, la France n'est pas en mesure de profiter d'un redressement éventuel de la conjoncture internationale.

Faut-il l'en blâmer ?  Pas forcément : d'abord  parce que cette  inflation par les coûts correspond au tempérament national  ; on ne change pas ce tempérament, à force  de volonté,  en dix ou même vingt   ans.      Ensuite  parce que cette dégradation est plutôt moindre que celle de la plupart des   pays méditerranéens  ( Italie, Espagne , Grèce ) ou  anglo-saxons ( Etats-Unis et  Royaume-Uni) qui, eux, il est vrai,  ne sont pas dans l'euro.  Sur le long terme , seule l'Allemagne a  fait mieux que la France en matière d'inflation des coûts mais c'est   elle qui est notre principal partenaire ! Qu'importe alors qu'il y ait reprise de la demande internationale si nos produits sont trop chers.

Ces faits simples et massifs, le président , qui  fut  pourtant maître de conférences d' économie à Sciences po,  a, par son optimisme béat,  semblé les ignorer. ll  ne  les ignore pas à proprement parler mais il pense,  comme tous les dirigeants français de sa génération,   qu'on peut les relativiser,  qu'avec un petit effort ici ou là, on peut s'en tirer quand même.

Les élites françaises n'ignorent pas l'économie; elles n'en ont qu' une connaissance molle, littéraire : assez  pour faire une dissertation bien balancée au concours de l'ENA, pas assez pour clairement distinguer parmi  les lois économiques , celles  qui,   en effet,  ne sont pas absolues et celles qui sont incontournables: le facteur monétaire est de celles-ci. De même sans doute la loi de Philips , longtemps défendue  par les keynésiens selon laquelle moins d'inflation égale moins de croissance et plus de chômage ( toute choses égales par ailleurs bien entendu, ce qu'oublient de dire ses détracteurs  ).

Inexorable  aussi, cela est encore davantage ignoré par ceux qui nous gouvernent, est la sociologie nationale qui rendait   la dérive relative de couts relatifs au sein de la zone euro  aussi inévitable qu'elle est aujourd'hui  irréversible: depuis la création de l'euro nous n'avons pas eu la force de tenir nos coûts au  niveau de nos voisins, au moins du principal d'entre eux ; qui peut imaginer que nous aurions celle  de rattraper quinze  ans de dérive en faisant, au contraire,   mieux qu'eux pendant autant d'années ? Trente ans de pénitence comme certains le promettent à  nos compatriotes ? Qui y croit ? Et à supposer qu'en la matière le volontarisme ait  sa place, quelle illusion d'imaginer que dans le même temps , nos concurrents se laisseront gentiment rattraper sans réagir !  

 

La France dans la nasse

 

Une fois qu'on a intégré ces contraintes, les options sont en nombre limité.  La relance par la demande ?  Mais ce serait plus de déficits  publics et extérieurs et , avec  la mondialisation, aucune certitude que c'est l'économie française qui en profiterait. La réduction des charges des entreprises, soit la politique de l'offre, -  c'est celle  qu' on tente timidement  - mais alors  par quoi  compenser  les ressources budgétaires perdues ?  Plus de déficits ? Ce n'est vraiment pas le moment. La surtaxe des  autres    contribuables?  C'est   ce qu'on fait hélas,  et  la demande s'en trouve  étouffée. Reste à  réduire  vraiment les charges publiques, c'est ce qu'on fait très peu;  mais si on y arrivait  vraiment, là aussi l'effet immédiat serait récessif.

Ne restent que deux voies : soit l'abandon de la zone euro, et une dévaluation, come on en a toujours fait, mais François Hollande ne l'envisage  pas . Soit, seul ersatz de la dévaluation, une introduction massive de la TVA sociale. Il y a 25 ans que nous aurions du la mettre en place,  mais le parti socialiste, pour  des raisons idéologiques , fondées elles aussi sur de vieux souvenirs simplistes de la rue Saint-Guillaume ( fiscalité  directe de gauche,  fiscalité indirecte  de droite !)  a rendu l'idée politiquement incorrecte. Donc Hollande n'a aucune solution.   A moins de remettre en cause complètement ses fondamentaux économiques, de redevenir non point jeune maître de conférence mais étudiant, il est durablement dans la  nasse  et la France avec lui.

 

                                  Roland HUREAUX   

 

  

 

Ainsi que les Pays-Bas,  la Suisse et quelques petits  pays nordiques.

Cette loi ne s'applique plus aux Etats pris séparément  mais elle s'applique, selon  nous, plus que jamais  à l'Europe dont l'obsession de la  rigueur alimente  le chômage de masse.

Il faudrait dire la dislocation. Qui imagine que la zone euro pourrait continuer  sans la France ? 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 08:07

 

Le projet gouvernemental de réforme des régions  suscite, avec raison, un immense tollé.

Touche pas à ma commune a pour vocation de défendre la commune qu'une certaine technocratie voudrait voir s'"évaporer " définitivement dans les structures intercommunales, elles-mêmes de plus en plus vastes et éloignées du terrain.

Mais notre association ne saurait être indifférente à ce qui se prépare du côté des régions. Car le principe est le même.

Il s'agit dans les deux cas de regrouper, regrouper à toute force  avec l'idée toute faite et jamais confirmée dans les faits que la taille donne plus d'efficacité.

Dans le cas de la région, le projet repose sur une idée fausse : nos régions seraient trop petites par rapport au reste de l'Europe. Or cela est totalement faux.  La population moyenne de nos 21  régions métropolitaines ( Corse exclue)  est de 2,9 millions d’habitants ;  celle des  20  régions italiennes de 2,9 millions aussi. Celle des 17  communautés  espagnoles de  2,5 millions.

Reste l’Allemagne : en moyenne,  ses 15 länder ont 5 millions d’habitants, mais comme ils sont très inégaux, sait-on que  8  sur 15 sont plus  petits  que la moyenne française ? Et  si l’on ne considère que les 6 länder de l’ancienne Allemagne de l’Est,   découpés  après  la réunification, leur moyenne est de 2, 5 millions seulement. 

On peut  aller plus loin : aux  Etats-Unis,  20 Etats sur 50 ont moins de 3 millions d’habitants sans qu’il soit question de  regrouper quoi  que ce soit ! 

Inutile, cette réforme , comme la réforme communale,  sera coûteuse.

 Une fois de plus,  fois ses promoteurs ne tiennent pas compte d'un    grand principe de la réforme administrative qui veut que,  contrairement au  secteur privé,   les opérations de concentration ou de  fusion    entraînent dans le secteur public, à service égal, des coûts supplémentaires.  Dit autrement : il n'y a jamais  d'économies d'échelle dans le secteur public, mais au contraire des frais généraux croissants avec la taille.   

C'est pour avoir ignoré ce principe que , depuis vingt-cinq ans, à peu près toutes les   réformes administratives se sont traduites, en dépit de leurs objectifs affichés, par un alourdissement des charges publiques.

Nous pourrions  multiplier les exemples :  la création de Pole emploi par la fusion de l'ANPE et des Assedic  (40 000 postes avant la fusion,  50 000 après), le regroupement des hôpitaux au sein des agences régionales de santé qui n'a fait que créer une strate bureaucratique supplémentaire, le rapprochement de la police et de la gendarmerie,  les nouveaux organigrammes  prétendus  simplifiés des préfectures , la création de France-Télévision par le rapprochement de France 2 et FR3  etc.   

Mais le cas le plus caricatural est sans doute l'intercommunalité  dont le but était au départ de faire des économies et qui a exigé au contraire  , pour être mise  en œuvre ,   le recrutement  de  près  de 200 000  fonctionnaires supplémentaires !  Ce qui nous conduit à penser que la réforme régionale projetée  va conduire elle aussi, non pas à économiser mais à engager quelques nouveaux milliards   de dépenses.

Mais le troisième point commun qui rapproche la réforme régionale de la réforme communale est le plus grave. Subrepticement, sournoisement, le but inavoué de ces réformes est de faire disparaître un peu plus les repères  qui permettent à nos concitoyens de se situer dans le monde. Elles  viennent s'ajouter à toutes sortes d'évolutions  dont l'effet est identique : remise en cause des frontières, du département (déjà entamée avec la suppression du numéro à deux chiffres),  remise en cause de la chronologie dans l'enseignement de l'histoire, voire de l'histoire tout court, de l'enseignement  de la morale, de la différence des sexes etc.  La déstructuration de l'espace va ainsi avec celui du temps.

Le résultat qu'il faut  attendre  de ces changements, ce n 'est pas, contrairement à ce qu'on nous dit, la modernisation de la France mais  une société de zombies, ayant perdu tous leurs repères , paumés, dont on attend sans doute qu'ils ne soient plus qu'une masse fongible et docile entre les mains des grands manitous de  la finance  mondialisée.

 

                Roland HUREAUX

                Président de Touche pas à ma commune

 

 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 08:04

 

Les réformes mal conçue entraînent toujours des dépenses supplémentaires    

 

 Ce qui rend  très  inquiétante la réforme territoriale, si elle vient à son terme :   une fois de plus , il n'aura pas été tenu compte de  ce grand principe de la réforme administrative qui veut que,  contrairement au  secteur privé,   les opérations de concentration ou de  fusion    entraînent dans le secteur public, à service égal, des coûts supplémentaires.  Dit autrement : il n'y a jamais  d'économies d'échelle dans le secteur public, mais au contraire des frais généraux croissants avec la taille.    

C'est pour avoir ignoré ce principe que , depuis vingt-cinq ans, à peu près toutes les   réformes administratives se sont traduites, en dépit de leurs objectifs affichés, par un alourdissement des charges publiques.

Nous pourrions  multiplier les exemples :  la création de Pole emploi par la fusion de l'ANPE et des Assedic  (40 000 postes avant la fusion,  50 000 après), la fusion de la direction du Trésor et de celle de la Comptabilité publique ( dont un rapport de la Cour de comptes  a montré qu'il a généré un  surcoût),  le regroupement des hôpitaux au sein des agences régionales de santé qui n'a fait que créer une strate bureaucratique supplémentaire, le rapprochement de la police et de la gendarmerie,  les nouveaux organigrammes  prétendus  simplifiés des préfectures , la création de France-Télévision par le rapprochement de France 2 et FR3  etc.   Nous ne croyons pas qu'on puisse opposer à ce principe un seul contre-exemple.

Mais le cas le plus caricatural est sans doute l'intercommunalité. On a dit pendant des années : la France a plus de 36 000 communes, quel gaspillage !  On oubliait   que la plupart de ces communes, gérées à l'économie,  ne coûtaient pratiquement rien. On a voulu les  fusionner mais , craignant les réactions, on a commencé, à partir de la loi Joxe de 1992,  à les pousser  à coup d'incitations fiscales et de pressions préfectorales,  à se  fédérer dans des structures dites "intercommunales" : communautés de communes ou   d'agglomération.  Or, il  a fallu, pour ce faire,  recruter près  de 200 000 fonctionnaires qui ne sont nullement venus de se substituer aux fonctionnaires communaux mais se surajouter !  

Depuis 2011, l'Etat a entrepris, avec le même résultat  de fusionner entre elles les communautés , jugées trop petites, pour faire des mégastructures avec le même  résultat.

Pourquoi cet effet pervers   massif est-il ignoré ?  D'abord parce que nos élites, enfermées dans le quelques préjugés parisiens,  ont  depuis longtemps cessé de prendre leurs décisions en fonction d'une humble,  patiente et prudente observation des faits , mais selon des  schémas abstraits , jamais remis en cause  :  en l'occurrence l'idée  que les économies d'échelle  sont un principe universel et   qu'une plus grande structure entraîne moins de frais généraux , idées aussi paresseuses que  calamiteuses.  En matière de réforme administrative, notre  réflexion en est  restée   à la priorité à l'industrie lourde  et  à l'efficacité des  sovkhozes !

Autre préjugé : que les méthodes du secteur privé peuvent être transférées sans adaptation  au secteur public, que l'administration doit se mettre au management,  formule à la mode   où on met un peu n'importe quoi.

Les mécanismes qui entrainent ces  effets  paradoxaux seront étudiés dans le détail quand nous aurons enfin une science administrative sérieuse.  Mais on en perçoit quelques uns: d'abord le manque de courage qui amène , quand on fusionne deux corps , à aligner toujours  les avantages des agents par le haut, voire à donner des primes supplémentaires à tous pour neutraliser des résistances souvent justifiées ; ensuite, en matière d'organisation territoriale,  la nécessité, du fait de   l'irréalisme qui a inspiré les réformateurs,    de maintenir, voire  reconstituer l'échelon local , le résultat final étant qu' on aura un peu plus compliqué les choses :  c'est la cas des communes, ce sera sans doute le cas des départements ou même des régions  actuelles, personne n'imaginant sérieusement   que les routes départementales  de   Creuse pourront être gérées  de Bordeaux alors que, jusqu'ici elles  l'étaient , à la satisfaction générale, de Guéret .  Autres facteurs : la difficulté de forcer   du jour au lendemain des centaines de fonctionnaires territoriaux   à changer de ville, à aller de Strasbourg à  Metz  ou de Nîmes à Toulouse.  La confusion  abusive de métiers très différents tels ceux du placement et de l' indemnisation au sein du Pôle emploi. Ou encore les fausses fusions qui conduisent par exemple, dans les nouvelles directions  de l'aménagement,   à doubler un chef de service d'un corps par un adjoint de l'autre corps.

A ces considérations s'ajoute le coût propre à tout changement   de   structure  qui résulte des problèmes immobiliers ( ceux de la  réforme de la carte  judiciaire ne sont pas encore amortis ; que fera-t-on de l'Hôtel de la région Auvergne qui vient d'être inauguré ? ), mais aussi du stress  infligé aux agents qui entraîne  une baisse durable de la productivité voire une démobilisation , quand ce n'est pas le chaos pur et simple et la dégradation du service public  qui en résulte. L'administration française   en est en effet au stade paléolithique de la conduite du changement - et commet en serait-il autrement dès lors que la plupart de ces changements sont injustifiables, ce que les agents ressentent parfaitement ?  Ajoutons  les longues phases d'apprentissage des nouvelles procédures et  de  changement des  habitudes :  l'habitude a mauvaise presse dans la rhétorique officielle;  pourtant tout organisme efficace est fondé, comme l'avait montré le philosophe Félix Ravaisson,  sur des habitudes de travail bien rodées qui permettent  à un certain  nombre d'agents de   conjuguer harmonieusement  leurs efforts. Changer   ces habitudes , c'est toujours  diminuer  l'efficacité. La réforme de l'Etat à la française s'est fondée  sur la dénonciation obsessionnelle  des routines administratives  ; elle a abouti à un bouleversement permanent, qui s'est traduit par  des surcoûts considérables. Contrairement   à ce qu'imagine un pseudo-libéralisme aussi  superficiel que destructeur  , si l'on veut augmenter sensiblement  le poids des charges publique dans les prochaines années,  le plus simple est  d'accélérer les réformes de structure tout  azimut  !

Et ben évidemment  , pendant qu'on perd du temps à bouleverser les organigrammes, on ne fait pas le travail analytique patient et  laborieux de révision de procédures qui seul permettrait de faire des économies sans qu'il y ait pour cela nécessité d'opérer de grands chambardements

Tous ces phénomènes se trouvent aggravés plus que proportionnellement,  quand  les réformes sont de grande ampleur. Ce qui nous conduit à pronostiquer que la réforme territoriale telle que l'envisage M. Valls va conduire , non point à économiser   10 milliards   comme l'annonce sans aucune base sérieuse le secrétaire d'Etat   M.Vallini mais à engager    30 ou 40 milliards de dépenses supplémentaires .  Passer de 22 ragions à 13, supprimer 90 départements :  attendons nous à une explosion des  coûts de nos  structures territoriales, analogue à l'explosion des  dépenses  qu'a  représenté à l'échelon communal   l'introduction des communautés de commues.

Et tout cela pour  rien, puisque  tout le monde  sait aujourd'hui que, contrairement à ce que répète une doxa  infondée,  le régions françaises actuelles sont aussi grandes  que celles  des autres pays d'Europe, et    que l'échelon départemental  élu, si vilipendé, existe sous  différentes formes dans tous les pays .

C'est dire  qu'au  moment où M. Valls a besoin de faire   des  d'économies substantielles, il engage une réforme dont tout laisse supposer qu'elle va entrainer un gigantesque désordre et , au contraire de ce qui est prévu,  plusieurs dizaines de milliards  de dépenses supplémentaires. Bonjour les dégâts !  

Roland HUREAUX

 

                                                          

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