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Roland HUREAUX

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:52

Note  

 

Assad, diable ou diabolisé ?

 

Les accusations les plus graves à l'encontre du régime de Bachar-el-Assad ont fleuri dans la presse occidentale : assassinat de Rafic Hariri, premier ministre du Liban ( 2005) , répression effroyable des  premières manifestations dites démocratiques  (2011) ,  emprisonnements et tortures   , massacres de civils à Houla,  "bombardement de   son propre peuple",  utilisation d'armes chimiques notamment  à la  Ghouta ( faubourg de Damas) le 21 août 2013 , crimes de guerre à dans la bataille d'Alep, tortures  en tout  genre.  Elles ont été relayées par les gouvernements des pays de l'OTAN.

 

Il est difficile de se prononcer sur l'ensemble de ces accusations.

 

Trois sont probablement fausses.

 

1. L'assassinat de Rafiq Hariri

 

  Rafiq Hariri, premier ministre du Liban a été victime d'un attentat à la    voiture piégée 14 février 2005. Cet attentat avait été immédiatement imputé à Assad par l'ensemble de la presse internationale et fut le début de la campagne de diabolisation. Les Etats-Unis avaient même obtenu la mise en place d’un tribunal spécial pour le Liban   pour juger ce "crime contre l'humanité".  

Or en octobre 2016, Hugh Grassley, doyen et président de la commission juridique du Sénat des Etats-Unis affirmait que  « certains indices irréfutables confirment le rôle direct de l’Arabie saoudite dans des attentats terroristes dont celui de l’assassinat de Rafic Hariri »[1].

Georges Malbrunot, journaliste au Figaro, proche du renseignement français, ne retient pas non plus la thèse de la culpabilité d'Assad dans son livre : Les Chemins de Damas : Le dossier noir de la relation franco-syrienne. (1973).

 

2. Les attaques chimiques de la Ghouta

 

Le 21 août 2013, une attaque aux armes chimiques a eu lieu à la Ghouta, faubourg éloigné de Damas. Elle fut immédiatement imputée à Assad par l'ensemble des gouvernements et de la presse occidentale.

Deux semaines avant, Obama avait dit dans une conférence de presse que l'utilisation d 'armes chimiques par le régime serait une "ligne rouge" qui, si elle était franchie, entrainerait une intervention américaine directe dans le conflit.

On s'attendait à cette intervention et finalement elle n’eut pas lieu : Obama s’abstint à la suite de la proposition de Poutine de placer les armes chimiques de Syrie sous contrôle international. 

Deux rapports difficilement récusables invalident la thèse de la culpabilité d'Assad :

 

 a) un rapport du MIT :  en janvier 2014, Richard Lloyd,  ancien inspecteur de l'ONU, spécialiste des missiles, et Theodore Postol , professeur au Massachussetts Institute of technology , publient  un rapport   selon lequel le régime syrien n'est pas  responsable du massacre.  Ils ont pour cela étudié des centaines de photos et de vidéos d'ogives,  de restes de roquettes, d'impacts sur le sol, et de barils contenant le gaz sarin, publiées sur Internet,  et se sont livrés à une analyse physique qui a permis  d'établir le volume de gaz sarin utilisé,  la portée des missiles, leur direction ainsi que l'endroit d'où ils ont été tirés

(http://www.nytimes.com/2013/12/29/world/middleeast/new-study-refines-view-of-sarin-attack-in-syria.html ).

 Ces conclusions sont reprises par Franz-Olivier Giesbert en juin 2014, dans un éditorial du journal Le Point, où il accuse Le Monde et le gouvernement français, d’avoir incriminé   sans preuves le gouvernement syrien, afin de justifier d'éventuelles frappes.

 

b) un rapport de l’OIAC, organisation pour l’interdiction des armes chimiques près   l’ONU basée à La Haye, prix Nobel de la Paix en 2013   démontre par des méthodes différentes : analyse chimique des gaz montrant que ce n'est pas   le même que celui des   stocks syriens, mais en revanche le même que celui des stocks libyens dispersés après la chute de Khadafi. L'attaque serait donc due aux rebelles d'Al Nosra qui auraient été approvisionnés par l'Arabie saoudite.

Toutefois cette étude n'a jamais été rendue publique. La presse française n'en a pas non plus parlé.  Seule une fuite parvenue à l’agence Fides (Vatican)    en a révélé le contenu[2].

Il semble donc bien que l'attaque de la Ghouta ait été une provocation destinée à entrainer les Etats-Unis dans la guerre.  Assad aurait-il d'ailleurs été assez fou pour utiliser de telles armes deux semaines après qu'Obama ait averti solennellement que leur usage constituait une ligne rouge dont le franchissement déclencherait les frappes américaines ?  

En décembre 2016, l'ambassadeur de Syrie à l’ONU a accusé la France d'avoir prêté main forte au montage de cette provocation. Ce qui est sûr, c'est que nos services étaient alors proches d’Al Nosra qui est l'auteur de la provocation et que Hollande et Fabius (avec l'appui de Sarkozy et Juppé) ont immédiatement    reproché à Obama de s’être « dégonflé ». Il savait sans doute dès le début que le régime n'était pas en cause.

Mais le gouvernement français devait le savoir aussi : il se rapporte dans le milieu du renseignement que le directeur de la DGSE a alors dû refaire un premier rapport qui n'impliquait pas Assad pour en produire un autre qui l'impliquait. 

Il va de soi qu'une intervention américaine aurait obligé les Russes à réagir et qu’on ne sait pas jusqu'où serait alors allée l'escalade.

Si l’accusation contre de la France était fondée, il serait piquant de voir les héritiers de Jaurès tenter de déclencher une guerre mondiale.

D'autres attaques aux armes chimiques auraient eu lieu près d'Alep en 2013 et 2016 ; dans le premier cas, Carla Del Ponte, ancienne juge à la Cour pénale internationale, a accusé la rébellion, en faisant scandale car elle sortait de la doxa, pour ensuite nuancer ses propos.  Dans le second, Amnesty international a mis plutôt en cause l'armée gouvernementale. 

 

 - la bataille de Houla (10 juin 2012) : les télévisions ont montré   plus d'une centaine de cadavres de civils dont beaucoup d’enfants, apparemment tués dans la rue. Quelques jours après le massacre de Houla, les États Unis, la Grande Bretagne, la France et plusieurs autres pays occidentaux en tiraient prétexte pour   expulser les ambassadeurs syriens. Or selon la  Frankfurter Allgemeine Zeitung [3], le massacre de Houlà a en fait été commis par des sunnites hostiles à Assad et  la plus grande partie des victimes appartenait aux minorités chiites et alaouites favorables à Assad. Cette thèse n'est plus remise en cause.

 

Ainsi, sur trois griefs capitaux, le gouvernement syrien a été clairement visé par une manipulation. Cela seul laisse planer un doute sur d'autres accusations qui ont contribué à le discréditer.

 

- les débuts de la rébellion suscitent trois interrogations :  

 

a)  l'extension de la rébellion :   il semble qu'il n'y a guère eu de soulèvement à Damas, la capitale ; ce qui a été présenté par Al Jazzera à ce sujet serait un montage.  En tous les cas, les manifestions principales ont eu lieu en province, les premières à Deraa à la frontière de la Jordanie.

 

b)  la nature des manifestations : pour le régime, ce sont des infiltrations extérieures planifiées par l’OTAN et ses alliés, pour ceux-ci, il s'agit de révoltes populaires spontanées.

 

c) l'extension de la répression : de nombreuses   atrocités ont été rapportés, notamment à l'encontre d’enfants. Le régime dit que des provocateurs infiltrés ont attaqué la police qui a reposté.

Je n'ai pas la prétention voir clair dans les débuts de la guerre.

 

 

 -  Il est en revanche difficile d'adopter   la théorie, répandue notamment par Catherine Fourest  [4] , selon lesquelles il y aurait eu collusion entre le régime et les islamistes, Assad étant tenu pour complice des rebelles dans l'expansion du chaos en Syrie.  Thèse encore reprise peu de temps avant son départ par Laurent Fabius.  Pourquoi dit-on cela ? Parce qu'au début de la révolte, croyant bien faire en lâchant du lest, il libéra de nombreux prisonniers islamistes qui rejoignirent immédiatement la dissidence.

 

- Assad aurait régulièrement "bombardé son propre peuple". Une antienne répétée en toutes circonstances par Fabius.

Il est certain qu’il n’a pas de guerre civile sans qu’il y ait des victimes dans la population civile. S’il s'agit d'une intervention   occidentale, on parle de "dommage collatéraux », quand Erdogan bombarde les Kurdes de Turquie qui sont aussi « son propre peuple », on n'en parle guère, quand l'armée d'Assad ou ses appuis russes atteignent les populations civiles, on parle aussitôt de crimes de guerre.  

D'autre part les djihadistes ont bombardé régulièrement, notamment à Alep, les civils en dehors de la zone qu'ils contrôlaient : mais pas depuis des avions, avec de l'artillerie.

Les mêmes djihadistes ont eu très vite l'habitude de se mêler aux populations civiles, d'établer les QG dans les écoles, les hôpitaux. Cela est reconnu s'agissant de Mossoul que la coalition espère reprendre à Dach, cela ne l'est guère dans le cas de la Syrie.

Si la culture des armées syrienne et russe ne les incline peut-être pas à épargner spontanément les populations civiles, elles savaient qu'elles se trouvaient sous la surveillance étroite de l'opinion internationale et ont certainement pris, au moins dans la dernière phase de la guerre, quelques précautions pour limiter les frappes sur les civils.

 

- les crimes contre l'humanité dénoncés par l'Occident, spécialement la France, en décembre dans la reconquête d'Alep   relèvent de la même problématique.

 

- les tortures dans les prisons. La presse occidentale a publié une collection de photos qui auraient été prises par un transfuge du surnom de César montrant de milliers de personnes affreusement torturées. Fabius en a tiré prétexte pour poursuivre Assad pour crime contre l’humanité.  Ce transfuge demeure mystérieux   et on dit du côté de Damas qu’il s’agirait d’un agent qatari infiltré. Il est assez curieux que les séances de torture aient été systématiquement   photographiées. Ceci dit, il est sûr qu’il y a eu des tortures dans les prisons de la police secrète syrienne (moukhabarats), avant et pendant la guerre.  Plus qu’en Arabie saoudite, qu'en Algérie, qu’au Maroc ? Plus qu'il n'y en aurait en France si la menace islamiste y avait la même ampleur qu’elle a prise en Syrie ?

On se souvient aussi que le gouvernement algérien du FLN mena entre 1990 et 2000 une guerre très cruelle (150 000 morts au moins) pour réprimer ses propres islamistes, lesquels avaient pourtant, circonstance aggravante, gagné les élections. Le monde occidental qui s'acharne aujourd'hui contre le gouvernement baasiste syrien, détourna alors le regard.

 

- "Assad a massacré 400 000 personnes".  C'est encore ce que répétait Fabius. La guerre a fait à ce jour environ 310 000 morts et bien davantage de blessés, de déplacés.  Sur ce total, 100 000 au moins sont des soldats de l'armée du régime. On peut imaginer que compte tenu de leur inexpérience et de leur idéologie suicidaire, les djihadistes ont eu plus de victimes. Le reste, soit quelques dizaines de milliers sont des civils. Pour imputer l'ensemble à Assad, il faudrait qu'il soit responsable du déclenchement   de la guerre. Or les gouvernements   occidentaux qui ont, selon plusieurs témoignages, dont ceux de Robert Kennedy Jr ou de Roland Dumas, planifié cette guerre plusieurs années avant, le sont bien davantage. A la rigueur, peut-on lui reprocher de s'être défendu. Mais comment ne l'aurait-il pas fait face des adversaires dont certains annonçaient qu'ils allaient tuer les 2 millions d'alaouites et chasser 1,5 de chrétiens ?

 

Les Etats -Unis ont mis au point des techniques de communication qui permettent de diaboliser très vite un adversaire au point de le rendre complètement infréquentable.

Le Pentagone a dans son arsenal les « Psys » (Opérations psychologiques), lancées à travers les réseaux médiatiques du monde, ainsi définies : « Opérations planifiées pour influencer à travers des informations déterminées les émotions et motivations et donc le comportement de l’opinion publique, d’organisations et de gouvernements étrangers, afin d’induire ou renforcer des attitudes favorables aux objectifs préfixés ».  Dépendant de la Maison Blanche, le "Bureau of Public Diplomacy » dispose d’un budget énorme pour justifier les interventions américaines et jeter le discrédit sur les ennemis que Washington a décidé d'abattre.   Le résultat est que    la presse   occidentale est devenue, sur ce sujet comme sur d'autres    presque entièrement monolithique.

Il est significatif que le quasi-monopole de l'information sur la Syrie dans les médias occidentaux ait   été très vite conféré à un soi-disant Observatoire syrien des droits de l'homme ouvert à Coventry (Royaume-Uni) par un frère musulman anti-Assad Rami Abdel Rahmane, protégé du gouvernement britannique.   

Quand l’opinion occidentale est unanime à condamner Assad comme le dictateur le plus immonde de l'histoire, cela ne signifie, dans le monde actuel, rien d'autre que le fait que ses    ennemis contrôlent ladite opinion.  S'il était dans l'autre camp, il aurait une image tout à fait convenable.  R.H.

 

 

           

[1] Politico, 17 octobre 2016

[4] « Al-Assad lui-même a libéré les cadres islamistes de ses prisons pour faciliter la contagion islamiste et annihiler toute alternative entre lui et les djihadistes » Caroline Fourest.

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:51

APRES LA PRISE DE FONCTIONS DE TRUMP :

 

ET MANTENANT NOUS POURRONS A NOUVEAU AIMER L’AMERIQUE !

http://www.atlantico.fr/decryptage/donald-trump-fin-ere-neo-conservateurs-vers-meilleure-relation-avec-amerique-roland-hureaux-2941868.html

 

Beaucoup sont depuis vingt-cinq ans très critiques de la politique étrangère des Etats-Unis menée sous l'égide de la pensée néoconservatrice. Ils se font en conséquence taxer régulièrement   d'antiaméricanisme de manière aussi mécanique que les critiques du communisme se faisaient autrefois taxer d'antisoviétisme par Georges Marchais.  

La doctrine néoconservatrice a inspiré aussi bien des démocrates comme Clinton, mari et femme, voire Obama, que des républicains comme Bush Jr. Nous n'incluons pas son père dans cette série dans la mesure où la première guerre du Golfe (1990), à la différence de la seconde (2003) répondait à une agression réelle et, quoique déjà discutable, était conforme à la Charte des Nations-Unies. Les principes de cette doctrine : l’Amérique a un modèle de civilisation supérieur et la mission de l 'imposer au reste du monde au besoin en changeant les régimes par la force. Par un étonnant paradoxe, sa mise en œuvre s’est traduite dans le Proche-Orient arabe par une alliance avec l'islamisme radical. Le bilan de cette politique : au moins sept guerres, des millions de morts (en incluant les effets de l'embargo imposé à l’Irak de 1991 à 2003).  

Rien à voir avec la période de la guerre froide où les Etats-Unis avaient généralement réagi à une agression du bloc communiste (Corée, Vietnam, Afghanistan), ni avec les rodomontades de Reagan qui a réussi à "gagner le guerre froide », sans jamais attaquer personne, en tous les cas de manière ouverte (sauf la minuscule Grenade).     

 

Le paramètre idéologique

 

On ne peut manquer d’établir un parallèle entre ce qui s'est passé aux Etats-Unis depuis 1990 et ce qu'il était advenu de la Russie au temps du communisme.

Nous ne reviendrons pas sur les méfaits de ce régime, d’abord pour les Russes, puis pour les peuples allogènes de l’URSS, ensuite pour ceux qui tombèrent sous le joug du communisme après 1945, notamment les pays d’Europe de l'Est. Que la Chine, devenue elle aussi communiste en 1949, ait ensuite pris ses distances avec l’Union soviétique n'empêche pas que l’idéologie marxiste y ait   été au moins aussi dévastatrice.

Toutefois l'horreur que pouvait inspirer le communisme ne pouvait empêcher que beaucoup d’entre nous aient aimé la civilisation russe : ses icônes, ses églises à bulbes, ses grands romanciers, ses grands musiciens, les films d'Eisenstein etc. C'est pourquoi la chute du communisme permet   de révérer à nouveau cette civilisation ; le nouveau régime, à   la tête de qui   se trouve Poutine, a certes des défauts mais   il met en avant la religion orthodoxe et la patrie russe, deux valeurs que la Russie actuelle ne cherche pas imposer au reste du monde.  Selon le mot du général de Gaulle, un pays bien gouverné doit être en paix à l'intérieur, respecté à l'extérieur (les deux étant liés).  C'est le programme qui semble être celui de la Russie actuelle, ce que ne veulent pas comprendre les néoconservateurs qui, avec un rare aveuglement, voient toujours le soviétisme derrière la Russie de Poutine.

La même chose peut être dite des Etats-Unis. On peut aimer l'héritage américain   bien qu'il soit moins riche que le russe, aimer l'épopée du Far West, le roman américain, le jazz, la qualité du cinéma de Hollywood, les grandes universités aimer l'enthousiasme avec lequel les Américains ont combattu à nos côtés au cours de la Première puis de la Seconde guerre mondiale, ainsi que leur résistance au communisme.  On peut en même temps trouver détestables les effets de l'idéologie néoconservatrice dans le monde :  une idéologie   moins dévastatrice   à l'intérieur que ne l'était le communisme en Russie, mais bien plus   à l’extérieur, si on additionne les dégâts des guerres engagées en son nom au cours des dernières années, y compris par Obama, Prix Nobel de la Paix. 

Trump, malgré son style grossier a   nettement pris ses distances avec   cette idéologie : il récuse le regime change, il accepte l'idée que d'autres parties du monde ne soient pas adaptées aux valeurs américaines, il refuse toute complaisance avec l'islamisme et se propose d'établir un partenariat pacifique avec   la Russie. Il se déclare   mu par la défense des intérêts des Etats-Unis et non par la volonté de répandre une idéologie. Comme la chute du rideau de fer en 1990 à l'Est, son élection annonce à l’Ouest un retour à la politique classique hors de toute idéologie. 

L'idéologie est une véritable pathologie de la raison politique : comme la Russie s'en est débarrassée en 1990, les Etats-Unis viennent de s'en débarrasser en 2016.

Que nous trouvions Donald Trump aimable ou pas n’est pas la question.  De même que la chute du communisme avait permis aux Russes et à ceux qui aiment la Russie de retrouver le goût   de ce pays, la   fin du néo-conservatisme - dont on mesurera bientôt toute la folie qu'il a représenté -  nous permet de redevenir les amis de Etats-Unis.

                                                                       Roland HUREAUX      

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:50

PRIMAIRE DE GAUCHE : QUATRE GRANDS ADOLESCENTS

 

http://www.bvoltaire.fr/rolandhureaux/primaire-de-gauche-quatre-grands-adolescents,306597

 

J'ai un peu écouté le débat de la primaire de gauche, surtout pour mieux connaitre les candidats.

Comme beaucoup, j'ai surtout regardé les quatre qui comptent :  Hamon, Montebourg, Peillon et Valls. Ils m 'ont fait l’effet d’un quarteron d’adolescents attardés - Montebourg un peu moins. Ils jouent au grand   jeu du pouvoir, qui n'est pas un jeu.   Hollande   lui aussi avait un côté adolescent, sinon par le physique, on ne peut plus "normal », du moins par sa voix qui a encore un peu des accents d'étudiant revendicatif, comme Jospin.

Ce n'est pas avec cette touche   qu'on pose sa candidature au rôle de père de la nation, ce qu’est toujours un chef d'Etat, surtout par temps de crise.

Ce style est sans doute la marque du socialisme postmoderne.  Jaurès, Blum, Mollet, Mitterrand n'avaient pas l’air d’adolescents.

Il a un rapport étroit avec l'idéologie.   Le parti socialiste est certes moins subversif pour les riches qu'autrefois, s'il l'a jamais été, mais il est plus idéologique que jamais.  Il est depuis   longtemps dans la logique de Terra Nova : au diable les ouvriers et même les fonctionnaires, concentrons-nous sur les bobos, les minorités sexuelles et les immigrés (trois catégories qui ne font pas nécessairement bon ménage !). Cela sur la base de   l'idéologie libéral -libertaire et déconstructrice. Atlantistes puisque n'étant pas de vrais chefs, il leur est plus facile de   s'aligner sur les "alliés".

L'idéologie : une conception du monde ultra simplifiée et en décalage avec le réel   et par là avec le peuple : fondée sur un manichéisme sommaire, elle donne l'air intelligent à ceux qui ne le sont pas. Il n'est pas nécessaire de connaître les questions internationales pour   crier stupidement haro sur Poutine, ni la démographie pour se boucher le nez dès qu'on parle de famille.   On peut à l’inverse s’extasier devant une éolienne sans rien savoir sur l’énergie.  Dans une république idéologique, tout le monde peut avoir un avis sur tout - et même devenir ministre. Mais à l’inverse l’idéologie rend bête ceux qui ne l’étaient pas forcément au départ, par exemple les instigateurs de presque toutes les politiques actuelles :  le simplisme idéologique est rarement adaptée à la complexité du réel. On l'a vu avec la politique étrangère de Fabius.

Comme l'avait montré Jean Baechler, l'idéologie est une pensée pour adolescents immatures et   elle rend ceux qui s'y livrent immatures.

C'est peut-être ce qui explique l'impuissance de la gauche à se doter de vrais leaders, depuis Mitterrand qui était un cas à part.

 

L'assassinat ne leur fait pas peur

 

Autre remarque : aucun des candidats n’a dit non, quand on leur a demandé si, devenus présidents, ils ordonneraient des assassinats ciblés pour raison d'Etat.  Ils ont cru bon d'afficher là un cynisme qu'ils imaginent présidentiel. Les adolescents aiment à jouer les durs.

Moi qui ne suis pas de gauche, j'en suis choqué : contrairement à toutes les calomnies qui ont été déversées sur lui, le général de Gaulle qui avait une toute autre stature que ces petits chefs n’ont pas ordonné d'assassinats ciblés. Il a parfois refusé de gracier des condamnés à mort, mais ce n’est pas du tout   la même chose et il l'a toujours fait pour de motifs nobles quoi qu'on en dise.  L'attitude de ces candidats vis-à-vis des assassinats extrajudiciaires est particulièrement   choquante venant d’une mouvance politique qui avait fait de l'état de droit sa Bible et de la suppression de la peine de mort son cheval de bataille.

Paradoxe encore : ce parti qui met en avant avec tant d'insistance la parité hommes -femmes n'a pas trouvé une seule candidate qui tienne la route, Sylvia Pinel étant manifestement une figurante hors course, et d'ailleurs pas socialiste.

Enfin je noterai que trois des quatre candidats principaux (Montebourg, Hamon et Peillon) n'avaient pas voulu faire campagne pour le traité européen en 2005.

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:49

IL FAUT PREPARER LES REFUGIES A RECONSTRUIRE  LEUR PAYS   

 

http://www.zeit-fragen.ch/fr/editions/2017/no-5-20-fevrier-2017/il-faut-preparer-les-refugies-a-reconstruire-leur-pays.html

 

On sait combien il est difficile au  gouvernement  français   de  faire admettre aux maires et aux populations  l'installation de migrants venus de la "jungle" de Calais d'autant qu'on ne sait à quoi les occuper.  Hollande a promis à Angela  Merkel d'accueillir 28 000 réfugiés arrivés  en Allemagne et beaucoup  se trouvent sur le territoire dans des conditions  plus ou moins régulières.

Nous parlons ici des migrants de Syrie , mais aussi d'Irak ou d'Afghanistan qui ont droit au statut   de réfugié.

Un réfugié, en principe, n'est pas parti de son plein gré. Il souhaite , peut-on supposer, rentrer dans son pays dès que les  conditions le permettront.

 

Ramener au plus vite la paix

 

La première  chose à faire pour  régler  le problème des réfugiés est donc de  ramener  la paix  dans les pays  en guerre.

Faut-il rappeler  que ce n'était évidemment  pas la priorité des dirigeants occidentaux au cours de dernières semaines ?  Nous savons  maintenait que des militaires  américains, français, anglais  ou    venus  de pays de la région, ,  encadraient les djihadistes d'Al Nosra (Al Qaida) résistant dans Alep-Est à la reconquête du quartier par les troupes gouvernementales  . Comme personne n'espérait , si ne souhaitait d'ailleurs,   que les djihadistes prennent le pouvoir  à Damas , il faut appeler la  chose par son  nom : l'action des dirigeants  occidentaux tendait , tend peut-être toujours,  à prolonger la guerre, pour  mettre en difficulté la Russie mais aussi par refus de reconnaître un immense échec idéologique.  

Même si la prise d'Alep Est constitue un pas important vers la  reprise du contrôle total du  territoire syrien par l'autorité légitime, il reste de nombreuses poches de résistance djihadistes dans le  pays, dont celle de Deir-es-Zor où l'intervention  de l'armée américaine a permis à Daech de reconquérir le terrain perdu.  Ne rien faire qui empêche  que ces poches  soient rapidement réduites est, comme le  rappelait  récemment Jean-Luc Mélenchon, le seul moyen d'accélérer  le retour à la  paix.

En Irak, les rôles sont renversés puisque  les Américains qui aident Daech en Syrie , le combattent en Irak . Ils ne semblent pas pour autant pressés de reprendre Mossoul.  Peut-être  cela  changera-t-il  avec Trump ?

 

Lever les sanctions

 

Aussi  urgente  que le retour de la paix est la levée des sanctions internationales , en particulier celles de l'Union européenne, qui frappent la Syrie.  Sanctions  inutiles:  elles visaient à faire plier le régime et n'y sont pas arrivées . Sanctions inhumaines: comme toujours, ce ne sont pas les hiérarques  du régime mais les populations    qui  souffrent de l'embargo : il frappe  non seulement les produits de première nécessité , en particulier alimentaires, mais  aussi les produits pharmaceutiques nécessaires pour soigner les enfants affaiblis par les privations ou les  blessés de guerre . Il a terriblement  ralenti   l'économie syrienne. Plus encore que la guerre elle-même, qui   touche  moins depuis quelque temps les régions les  plus peuplées (en dehors d'Alep), ce sont les sanctions qui sont la cause de l'exode de près d'un million de Syriens  vers l'Europe.   La normalisation du pays passe par  le levée rapide de ces sanctions. La mécanique implacable de Bruxelles dont est victime le peuple syrien saura-t- elle se faire  souple et humaine  ?  Il faut l'espérer.

La  levée des sanctions permettra  la reprise des liaisons   aériennes entre Damas et l'Europe. Les nombreux réfugiés qui se trouvent en Allemagne ou ailleurs et qui ont aujourd'hui le mal du pays rentreront  dès   que seront organisés des  vols à bon marché. C'est en particulier le cas des  lycéens de Damas  et de sa région ,  sont partis en masse sur un mouvement d'emportement collectif,  et dont beaucoup  , se sentant de plus en plus mal accueillis,  souhaitent   revoir leur famille.

 

Préparer le retour au pays

 

Enfin, les destructions de guerre ont été considérables. Beaucoup de villes et de villages  de   Syrie, d'Irak et d 'Afghanistan sont à reconstruire.  Il y faudra des chefs d'entreprises, des architectes, des contremaîtres, des maçons. Il  y faudra des crédits  internationaux pour un chantier qui devrait durer  au moins dix ans. Qu'attendent les gouvernements occidentaux pour faire  suivre  une formation professionnelle  aux  réfugiés qui se trouvent en Europe  sans rien faire et qui pourront ainsi   reconstruire  leur pays ? En France  un organisme come l'AFPA a une solide expérience de formation  aux métiers du  bâtiment.  L'Union  européenne  a été jusqu' ici particulièrement inhumaine,  les Etats qui la composent ayant armé   les djihadistes et elle-même  ayant imposé   des sanctions très cruelles  au peuple de Syrie  : elle  doit   maintenait se rattraper et faire   preuve de  générosité , en envisageant par exemple un vaste  plan Marshall pour le Proche-Orient et l'Afghanistan. C'est le moins que nous leur devions.

 

                                                                       Roland HUREAUX

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:48

LE DERAPAGE, ARME ELECTORALE

 

http://www.causeur.fr/trump-derapages-investiture-etats-unis-42225.html/comment-page-1

 

Même ceux qui ont bien accueilli l’élection de Donald Trump, ou qui ont apprécié la manière dont il constitue son équipe, déplorent la grossièreté et la brutalité de ses propos de campagne, sur les femmes, sur les Latinos, sur les musulmans, voire sur les noirs.   Racisme, machisme, islamophobie : le nouveau président a tout pour plaire !

Si Trump s’avère un bon président, ce sera donc malgré ses foucades qui ont fait scandale.

Mais comment ne pas voir   que, sans ces foucades, il n'aurait pas été président du tout ?  

Excellent acteur, il a su donner l'impression que ses éclats étaient les débordements involontaires d'un tempérament incontrôlé. Mais il s’agissait là d'une illusion : tout cela a été bien évidemment fait exprès. Non qu'il ait été complètement insincère. Mais il ne se "lâchait » que selon un plan bien établi. La preuve :  depuis qu'il est élu, alors même qu’il tient de nombreuses réunions de remerciements, on n'entend plus rien de ce genre.

Trump a été ainsi le pionnier d'un nouveau mode de communication par le dérapage. Chaque fois, ses dérapages ont a suscité des concerts d'indignation d'un bout l’autre du pays. Mais au moins le message n’est pas passé inaperçu. Il n'était pas pour autant à prendre à la lettre : "j'interdirai l'entrée des musulmans sur le territoire des Etats-Unis » signifiait "je serai ferme contre le terrorisme". Dans le bruit de fond de l'univers médiatique, s'il n 'avait pas exagéré, personne ne l'aurait entendu. Double résultat : ceux qui pensaient comme lui   recevaient le message 5/5 ;   les médias dominants, quant à eux, donnaient par leur indignation même l’écho maximum à son message.

Cela, à vrai dire, n'est pas tout à fait nouveau. Volontairement ou pas, Sarkozy s'était déjà essayé à ce mode de communication : sa déclaration contre les "racailles" ou sa promesse de passer les banlieues au "karcher » qui avaient soulevé l'indignation, n'avaient pas fait peu pour le faire élire en 2007. Devenu président, il laissait de temps en temps Nadine Morano ou d'autres lâcher quelques énormités qui occupaient quelque temps le devant de la scène. Mais cette veine était épuisée lors de la primaire de droite faute qu’il ait eu encore quelque crédibilité.   

Le récent dérapage de Peillon, comparant aux porteurs de l’étoile jaune les musulmans de France, loin d'être involontaire, visait à amadouer ces derniers que ses origines juives risquaient de lui aliéner. 

 

Trump fait de la transgression un système

 

Mais seul Trump a utilisé de manière systématique cette méthode, au point d’occuper plusieurs fois par semaine le devant de la scène médiatique. Presque toute sa stratégie de communication a été fondée sur les transgressions.

Cela a certes été noté par des observateurs, mais on n'a pas dit en revanche que cette stratégie de transgression n'a été rendue possible que par l'emprise considérable prise au fil des ans par l'idéologie du "politiquement correct". Une emprise plus forte encore aux Etats-Unis que chez nous et qui a abouti à multiplier sur toute une série de sujets les tabous, les interdits, les lignes rouges.

Des interdits gardés surtout par les grands médias, qui lui étaient presque tous hostiles, mais encore par les entreprises ou les universités qui excluent de plus en plus    ceux qui s'écartent de la pensée unique. Malgré le 1er amendement, la judiciarisation de la police de la pensée s’est elle aussi développée.  Au fil des ans, les sociétés occidentales ont instauré un monolithisme qui n'aura bientôt plus rien à envier à celui des anciennes sociétés totalitaires.

Ce monolithisme est de nature idéologique. Il concerne toute une série de champs : la question raciale, la question religieuse, la question dite des "orientations sexuelles », bientôt celle du réchauffement climatique, où seules   sont admises les opinions dominantes. Ceux qui ne la suivent pas n’ont aune chance qu’on leur propose un dialogue argumenté : ils ne peuvent attendre que l'excommunication violente, l’injure sous la forme de la reductio ad hitlerum.

De plus en plus, tous les champs de l'action politique se trouvent envahis par une forme ou une autre de pensée unique. Même la question du réchauffement climatique : Trump a aussi fait scandale en le mettant en doute.

Le résultat de cette pétrification idéologique des discours est en premier lieu que   ceux qui respectent les codes imposés, deviennent ennuyeux. Ennuyeux parce qu'ils   ne tiendront que des propos convenus et se cantonneront au moralisme ambiant, ennuyeux parce que le public sentira confusément qu'en se montrant si respectueux des codes établis, ils font   preuve d'un   caractère terne et conformiste, voire d’un esprit timoré.   La peur est toujours disqualifiant pour qui veut exercer une forme ou une autre de leadership. Il en est de même de la langue de bois, signe de soumission. L'empire du politiquement correct est une des raisons du discrédit actuel des classes dirigeantes occidentales.

Ce constat a son revers : tous ceux qui auront l’audace de bousculer les tabous se distinguent de la grisaille. Ils n'auront rien à gagner à y mettre les formes :  par son simple contenu, la transgression, en matière de racisme, de sexisme, de climat, garantit le scandale. Autant donc en rajouter si le but est de tirer parti du bruit qui en résultera. De toute façon, la réaction sera violente.  Inutile de prendre des gants.   

La transgression n'a pas seulement pour effet de faire du bruit : elle fait apparaitre le candidat comme l'homme qui ose dire tout fort ce que beaucoup pensent tout bas ou n'osent même plus le penser du tout par un effet de refoulement. Le transgresseur apparait ainsi comme un leader et, ce faisant, comme un libérateur, pour le meilleur mais aussi parfois pour le pire. Pour le meilleur s'agissant de réhabiliter une parole libre, nécessaire à toute démocratie, pour le pire s'agissant le cas échéant du contenu exprimé.

Reste à savoir si Trump fera des émules. En Europe, la France est un des rares pays qui élit au suffrage direct son dirigeant suprême, de par la volonté du général de Gaulle[1]. L’actuelle campagne présidentielle ne semble pas montrer une dérive de ce type. Parce que la pression du politiquement correct serait moins grande en France ? Ce n'est pas sûr.  Il est vrai que Marine Le Pen se pose comme Trump en dehors de l’establishment mais à la différence de ce denier, elle semble avoir du mal à l’assumer. Elle hérite certes du bénéfice des transgressions de son père mais a le souci d’en gommer le souvenir pour regagner de la respectabilité. Les autres candidats, tous produits du sérail à   la différence de Trump, restent pour le moment dans le genre lisse. Peut-être faudra-t-il attendre une nouvelle génération pour que soit entièrement tirée la leçon de l'élection de Trump, à moins qu'un   relâchement de la pression idéologique et donc de la censure ne ramène la démocratie sur des voies plus civilisées.   

                                                           Roland HUREAUX    

 

 

[1] D'autres pays européens élisent au suffrage universel le chef de l'Etat : Finlande, Autriche, Pologne, Portugal, mais sans leur conférer des pouvoirs importants comme en France.

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:47

SI CLINTON GAGNE, JE FERAI CONSTRUIRE UN ABRI ANTIATOMIQUE

 

http://www.bvoltaire.fr/rolandhureaux/si-clinton-gagne-je-ferai-construire-un-abri-antiatomique,292115

 

Unanime, la presse annonce la défaite de Trump.

Je n'en suis pas si sûr.  Malgré la campagne frénétique que mènent contre lui la plupart des médias et des institutions américaines, il peut encore gagner.   Et heureusement

Car si c’est Clinton qui l’emporte, il faudra vite se mettre   aux abris.

Si vous avez un point de chute quelque part à la campagne allez-y et construisez dans le jardin un abri antiatomique.

Ce n’est pas moi, c’est un ancien collaborateur de Reagan, Paul Craig Roberts qui écrit : " Si Hillary est installée par l’oligarchie (notez la nuance, comme l'ancien président Carter, l'auteur pense que les Etats-Unis ne sont plus une démocratie), la guerre avec la Russie et la Chine nous tombera dessus ".

Il suffit de voir les positions prises au cours de vingt dernières années par la candidate démocrate pour craindre le pire :    comme épouse d'un président hésitant, comme sénatrice puis comme secrétaire d’Etat, elle a toujours    poussé à la guerre : Yougoslavie, Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Yenne, Ukraine.

Les Etats-Unis ont mis le feu au cours de cette période à au moins sept pays. Hillary Clinton a toujours été du côté des  warmongers . Superfauconne !

Quand elle a appris l’assassinat de Kadhafi, elle sauta de joie sur sa chaise en criant d'un air carnassier "Je suis venue, j’ai vu, il est mort ».  Indécent.

Elle a soutenu et peut-être provoqué les "printemps arabes " qui se sont tous mal finis. Les frères musulmans   Erdogan et Morsi étaient ses préférés.  Elle rêve encore de renverser le maréchal Sissi qui a remis l’Egypte en ordre, pour y rétablir la démocratie.  De beaux dégâts en perspective.

Elle ne fait que suivre par là l’idéologie néoconservatrice qui, comme le communisme avait pris "possession » autrefois de la Russie, a depuis près d'une génération pris "possession » des classes dirigeantes nord-américaines. Ses tenants s’estiment fondés à établir par la force la démocratie (ou ce qu'ils appellent ainsi) dans le monde entier. Ils ont déjà dans le collimateur l'Algérie et certains rêvent même de rouvrir les hostilités avec l'Iran.

Et naturellement ils visent aussi   la Russie :  Hilary Clinton n’a pas hésité à comparer Poutine à Hitler, ce qui est   insensé mais en dit long sur ses dispositions à son égard.

Avant même l'élection, les relations entre les deux puissances sont aujourd’hui tendues à l'extrême : un incident entre elles peut survenir à tout moment. Que sera-ce si elle devient présidente ?

Il est peu probable qu'elle se résigne à la victoire des Russes sur les islamistes (soutenus en sous-main par les Etats-Unis, y compris Daesh) en Syrie. C'est dire que la guerre mondiale serait avec elle plus que probable.

Dans l'establishment    américain, qui craint    par-dessus tout la victoire de Trump et est sans doute prêt à tout pour l’empêcher, il se trouve des gens comme   Ashton Carter, le secrétaire à la Défense d’Obama, prix Nobel de la Paix pour dire que   les Etats-Unis se réservent le droit d’effectuer une « première frappe nucléaire ».

C’est le principal mérite de Trump que d’avoir dit son hostilité à cette idée de première frappe. On peut lui reprocher bien des choses mais dans un monde devenu éminemment dangereux, c’est cela qui importe. Et cette   prise de positon de Trump est hautement morale.     

 

                                                                  Roland HUR

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:46

 

L'EUROPE OSERA-T-ELLE PARLER HAUT ET FORT À ERDOGAN ?

 

http://www.causeur.fr/erdogan-turquie-syrie-migrants-terrorisme-europe-37047.html

 

Un  sommet Union européenne -Turquie doit se tenir le 9  mars.

Si l'Europe occidentale veut reprendre en main son destin, ne plus subir mais agir, ce sommet est capital.

Recep Erdogan, président de la Turquie, est en effet aujourd'hui un   homme clef  qui commande l'avenir du Proche Orient , celui de l'Europe et même, jusqu'à un certain point, celui du monde.

 

Un mot suffirait

 

Il lui suffit de dire que dès demain, il ne laissera plus passer des djihadistes en Syrie et en Irak pour que la guerre effroyable qui s'y déroule  s'arrête vite faute de combattants.  Ces djihadistes viennent du monde entier, y compris de pays comme le Japon qui ne savent même pas ce qu'est l'islam. Ils fuient un  vide intérieur , effet d 'un nihilisme  radical  entretenu par l'idéologie libertaire euro-atlantique.  Dès qu'ils passent la frontière de la Syrie, ils ont six mois d’espérance de vie. La guerre suicidaire où on les mène est en effet terriblement meurtrière. Elle cesserait très vite s'il n'y avait l’afflux continu de ces troupes fraîches  qui n'ont rien de syriennes.   Inutile de dire que ce flux est non seulement permis par Erdogan mais probablement encouragé.

Ajoutons que la Turquie sert toujours de base de transit d'armes et offre des camps d’entraînement aux hommes de Daesh que de manière mensongère Erdogan prétend combattre.

Il suffirait de même que demain Erdogan dise "stop, on ne passe plus" pour que cesse immédiatement le flux de réfugiés ou assimilés venus de Syrie, mais aussi d'Irak ou d’Afghanistan qui transitent par la Turquie puis traversent, grâce à des passeurs,   la Mer Égée vers les îles grecques avant de tenter leur chance en Europe. 850 000 personnes sont passées par là en 2015. Il y en aura au moins un million cette année. Les "migrants" payent très cher (au moins  5000 euros) ce transit aléatoire par mer organisé par la mafia turque, en liaison probable avec les services secrets turcs et peut-être d'autres. Les réfugiés trop pauvres pour payer les passeurs, comme les deux millions de Syriens qui végètent dans des conditions concentrationnaires à la frontière syro-turque, n'ayant pas les moyens de payer, ne partent pas.

Il est faux, comme il  tente de le faire croire de manière fallacieuse, qu'Erdogan est obsédé par le problème kurde. Ce problème était presque résolu, quand le président turc l'a réveillé en bombardant  sans raison   les zones kurdes de Turquie (son propre peuple !) pour exciter l'animosité de la majorité turque contre la dissidence kurde  et ainsi  gagner les élections du 1er novembre 2015. S'il est vrai  qu'a émergé  en Syrie et en Irak    une force kurde vaillante contre Daesh, c'est bien parce qu'Erdogan  y avait, avec d'autres,    fomenté le désordre   La dissidence kurde serait, sinon, moins redoutable.

 

Un projet impérial

 

De fait, Erdogan n'agit pas ainsi pour résoudre un problème intérieur. Il n'a jamais caché ses ambitions internationales : en Syrie et en Irak, reconstituer la zone d’influence qui fut jusqu'en 1917 celle du sultan de Constantinople , en Europe, étendre l'influence de l'islam à la fois par la perspective d'une intégration à l'Union européenne et par l'augmentation du poids des musulmans dans les différents pays qui la composent. C'est un projet d'expansion idéologique  dans la ligne des frères musulmans auxquels il appartient.

 Ajoutons qu’aujourd’hui Erdogan est un homme frustré qui s'impatiente de voir ses projets tenus en échec. Même si Washington et Bruxelles y  poussent , les opinions occidentales s'opposent à l’intégration de la Turquie dans l'Union européenne. Mais  cette perspective aura  permis de protéger le gouvernement islamiste contre une armée kémaliste susceptible de faire un coup d'état. En intervenant massivement  en Syrie depuis l'été 2015, la Russie  fait obstacle aux projets turcs et risque chaque jour un affrontement dans le Nord de la Syrie. Erdogan a imprudemment abattu un avion russe,  probablement sur le territoire syrien:  il a essuyé aussitôt de très lourdes sanctions économiques de la part de Moscou . Si Erdogan a gagné les élections du 1er novembre dernier, sans doute par des manipulations électorales et en emprisonnant de nombreux journalistes, il ne se heurte pas moins à de nombreuses oppositions : outre les Kurdes,   la partie occidentale de la Turquie demeurée   kémaliste et  la puissante minorité alévie proche des alaouites de Syrie, soutien du président Assad. Mis ainsi en difficulté sur tous les fronts, Erdogan, à la tête d'une Turquie dont la situation économique se dégrade, pourrait être tenté par la fuite en avant : provoquer des incidents face aux Russes pour entraîner l'OTAN avec lui dans ce qui ne pourrait être qu'un nouveau conflit mondial.

Erdogan s'étant récemment comparé à Hitler (qui en commettant la Shoah, s'est explicitement  référé au précédent du génocide arménien),  on ne peut que mettre en parallèle la passivité de l'Europe face à ses  agissements  avec celle de l’Europe des années trente face au nazisme.

Une des   grandes forces d'Erdogan est que les États-Unis le soutiennent :  parce qu'il est membre de l'OTAN et un rempart contre la Russie, peut-être même parce qu'ils sont secrètement complices de son projet  de déstabilisation de l'Europe (comme ils avaient fait obstacle dans l'entre-deux-guerres à toute politique tendant à contenir  l'Allemagne).

 

La faiblesse des Européens face à Erdogan

 

Jusqu’ici, la position de l'Europe face aux manœuvres funestes de l’actuel gouvernement turc (que nous ne confondons nullement avec le peuple turc) a été d'une étonnante faiblesse.

Quand, toute pudeur écartée, Erdogan est venu à l'automne haranguer ses compatriotes à Strasbourg et à Bruxelles, en insultant l'Europe et les pays hôtes, personne n'a réagi.

Quand il s'est trouvé en difficulté électorale l'an dernier, devant la montée de son opposition interne, Angela Merkel est allée le soutenir,   lui faisant , au nom de l'Europe qui ne l'avait pourtant pas mandatée pour cela, des promesses mirifiques. Des dernières rencontres , Erdogan a gagné à la fois la reprise des négociations d'intégration à l'Union européenne, la promesse d'une libre circulation des citoyens turcs dans l'espace Schengen et une aide de 4 milliards d'Euros  en échange de promesses de contrôle des flux dont on ne voit pas le premier commencement de réalisation. 

Ces 4 milliards s'ajoutent à tous ceux que la Turquie reçoit comme candidat à l'entrée et aux facilités commerciales dont elle dispose sur le marché européen, sa situation étant aujourd'hui de bénéficier de tous les avantages de l'Union en étant exonérée de ses inconvénients.

Si l'Europe veut continuer à exister, elle n'a qu'un seul discours à tenir lors de la rencontre du 9 mars : "Monsieur Erdogan,  ou  vous arrêtez immédiatement les transferts de djihadistes vers la Syrie et les flux de réfugiés, vrais ou faux, vers l'Europe , ou vous perdez les multiples avantages que l'Union européenne vous a si généreusement concédés jusqu'à aujourd'hui."

 

                                               Roland HUREAUX

 

 

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:45

REFORME DU COLLEGE : POURQUOI LE POUVOIR SOCIALISTE NE LACHE RIEN

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/reforme-college-pourquoi-gouvernement-ne-cede-rien-roland-hureaux-2187827.html

 

Le passage en force des décrets portant réforme du collège par Najat Vallaud -Belkacem, avec l'accord de Hollande et Valls qui pensaient ainsi se débarrasser d'un problème, n'a pas désarmé l'opposition des enseignants . La manifestation de cette semaine devrait le confirmer.

Un récent sondage d l'IFOP indique que 74 % d'ente eux   sont opposés  à la réforme.

Rappelons que les décrets ont été signés le soir de la journée de protestation du 19 mai , signe d'une particulière  désinvolture  et d'un refus de tout compromis , caractéristique  de  l'actuel gouvernement socialiste. Cette intransigeance contredit la manière dont la gauche d'autrefois , celle de Blum, de  Mollet, de Mitterrand,  faisait de la politique, acceptant presque toujours après  une concertation avec d'autres forces politiques ou sociales, des aménagement à ses projets.

La  gauche à laquelle nous avons affaire,  que l'on croit à tort  modérée en raison  de ses  positions politiques et sociales,  est en  réalité la  plus fanatique  que nous ayons jamais eue.  

 

Les idéologues ne transigent pas

 

C'est le propre de  l'idéologue de ne jamais transiger  dès lors que rien ne l'y contraint . Avant la réforme du collège, on   avait eu l'exemple de  la loi Taubira instituant le mariage entre personnes du même sexe, que Frigide Barjot s'était imaginé en vain  faire  amender  par la pression de la rue.  Mitterrand disait : "au-dessus d'un million de manifestants, il faut  arrêter " - comme il l'avait fait avec l'école libre - . Hollande, lui ne s'est pas arrêté. Pas davantage Marisol Touraine ne renonce à son projet   de généraliser le tiers payant , prélude à la fonctionnarisation de tout le  système de santé.

S'il arrive que les idéologues  fassent des compromis , leur but final  n'est pour eux que partie remise: Lénine disait "deux pas en avant, un pas en arrière". C'est ainsi que le gouvernement a accepté certains amendements à  la loi Macron , même si l'objectif ultime  demeure  de  briser les  professions réglementées , symbole des  classes moyennes françaises. Voulant réduire de moitié le nombre de régions , il s'est contenté d'un tiers, déjà satisfait  que l'opposition accepte  le principe de ce projet parfaitement inutile. Le but demeure de faire éclater  la France en cinq ou  six grandes  régions qui traiteraient directement avec Bruxelles : dès lors que la brèche est ouverte, il sera toujours temps  de l'agrandir.

Il n'y a pas de compromis possible sur les réformes idéologiques parce que leur but n'est nullement, comme on se l'imagine, de résoudre  un problème ; il est   d'appliquer un principe abstrait  , généralement  simplificateur,  à la réalité.   

Nous n'avons pas affaire en l'espèce à de   grandes idéologies systémiques. Seulement des idées fixes propres à chaque ministère et qui les font aller    toujours dans le même sens. Là où Bercy veut à tout prix, comme Bruxelles,  libéraliser, le ministère de la santé veut fonctionnariser,  l'intérieur veut fusionner ( les régions, les intercommunalités, les communes, la police  et  la gendarmerie etc.) et l'éducation nationale égaliser.

La méthode réformatrice est simple  et à la portée d'un esprit aussi limité que celui de Vallaud Belkacem: ceux qui sont en charge de  proposer des réformes partent des principaux changements qui ont été opérés au cours des dernières décennies  ; ils constatent que ces changements, réforme après réforme,    vont   dans le même sens et , comme un élève de cinquième qui apprend la géométrie,  ils  prolongent   la courbe   pour aller un peu plus loin  sur la même trajectoire .

Le latin et le grec sont en déclin; on décrète leur suppression. L'allemand est en recul au bénéfice du tout anglais : on l'affaiblit encore (au mépris de nos engagements vis à vis de l'Allemagne ). L'enseignement de l'histoire,  de moins en moins chronologique  et de plus en plus culpabilisant ,  continuera sur cette pente fatale. De même, après le pacs, le mariage homosexuel, puis la PMA, puis la  GPA. A  ces  hégéliens au petit pied, il suffit de  pousser un peu plus loin le pion sur le grand jeu de  l'oie de la destruction.

Car ces  réformes,  toutes idéologiques,  ont en  commun de détruire  presque tous les repères qui restent encore à la société française: le médecin de famille et le notaire étaient des repères, le département et   la commune   étaient des repères , venues pour celle-ci  du  fond des âges, les disciplines scolaires , fondées sur des savoirs,  étaient des repères, de même que la mémoire  nationale transmise en cours d' histoire. Tous ces repères sont arasés, de   même que  le sont  le dimanche, la distinction de sexes   ou même celle du bien et du mal dans les salles d'audience . A l'heure de la mondialisation  - qui a bon dos -  poser des points fixes  est tenu pour   obsolète.

L'idéologie est une forme de folie, mais une folie au pouvoir, dit Hannah Arendt. Les idéologues ne sont pas dangereux seulement parce qu'ils ne transigent pas mais aussi parce qu'ils se sentent investis  d'une mission historique. Ils ont le sentiment que tout ce qui leur résiste, à commencer par le  bon sens  populaire,  est réactionnaire.  La rage dans laquelle la Manif pour tous avait plongé le gouvernement n'a d'égal que le  mépris que lui inspirent à présent  les prétendus "demi-intellectuels" qui condamnent  la  réforme du collège.

 

Le danger des majorités d'idées

 

Prenons garde : ainsi imbus de  leur mission, de  leur  certitude d'être les grands prêtres d'une histoire en marche, ces gens là sont capables de tout . Les idéologues ne font pas de quartier et tous les moyens leur  sont bons pour atteindre leurs fins ; c'est cette mutation de la gauche  que ne semble pas avoir  compris la  droite . Une droite qui se situe  encore   dans le cadre mental d'une opposition classique pour qui  toutes  les bonnes volontés peuvent se conjuguer pour chercher la meilleure  solution. C'est ainsi qu'elle n'a cessé depuis plusieurs mois d'offrir au gouvernement, parfois contesté sur sa gauche,  des "majorités d'idées" supposées raisonnables: sur la loi Taubira qui ne serait pas passée au Sénat  sans elle, sur la loi Macron, sur la réforme régionale. Ne transigera-t-elle pas aussi  sur la fin de vie  ? On espère que non.  Confrontée à  l'immense désastre de notre éducation nationale,  elle s'est heureusement rebiffée sur la réforme du collège.

Les députés d'opposition ont été excessivement complaisants face à  la sur le renseignement, ne concevant pas combien mettre de nouveaux  moyens d'écoute et d'interception entre les mains des idéologues  qui sont au pouvoir peut être périlleux pour les libertés, surtout la leur.

Face à un pouvoir de plus en plus idéologique, les majorités d'idées sont un exercice risqué :  à  s'y laisser prendre,  l'opposition  risque de donner   le sentiment au public, au moment où elle est plus nécessaire que jamais, qu'elle ne sert à rien.

 

                                                                       Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:44

POUR UNE CRECHE OECUMENIQUE

 

Publié dans Le FigaroVox

 

http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2015/12/22/31004-20151222ARTFIG00163-la-creche-un-point-commun-entre-chretiens-et-musulmans.php

 

Assurément la crèche s'inscrit dans l'héritage chrétien. Que l’enfant Jésus ait été placé dans une crèche (ou une mangeoire) est mentionné à trois reprises dans l'Evangile selon saint Luc. 

Pour les musulmans, Jésus (Issa) et Marie (Myriam) sont tenus pour des figures très importantes, tout comme l'ange Gabriel (Jibril).  L'islam croit en la conception virginale. La sourate XIX (verset 22) du Coran, dite sourate de Marie, raconte la naissance de Jésus qui est désigné comme un prophète "ni violent, ni malheureux" (verset 32). Même s’il est précisé un peu plus loin que Dieu ne saurait avoir un fils, il a la dignité du   dernier des prophètes avant Mahomet et sa mère fait l'objet d'un grand respect, tout comme son cousin Jean le Baptiste dont le tombeau est vénéré dans la grande mosquée de Damas.  

C'est dire combien s'égarent ceux qui voudraient interdire les crèches dans l'espace public pour ne pas offenser les musulmans.

 

Sous un palmier

 

Il est vrai que dans le Coran, Jésus nait sous un palmier. Mais cela ne contredit nullement la tradition chrétienne. Seuls en effet des écrits apocryphes tardifs (Evangile du Pseudo-Mattieu, Protoévangile de Jacques, Vie de Jésus en arabe) mentionnent que cette crèche se trouve dans une grotte, un élément symbolique sur lesquels les psychanalystes ont sans doute beaucoup   à dire.  Un autre apocryphe, la Vie de Joseph le charpentier précise que la naissance a eu lieu près du tombeau de Rachel femme du patriarche Jacob. Mais qui dit mangeoire ne dit point d’eau, qui dit point d’eau dit palmier, en tous les cas au Proche-Orient.  Jésus a pu naitre sous un palmier et être placé ensuite dans une crèche, laquelle pouvait se trouver en plein air comme c'est généralement le cas aux lisières du désert.

Il est donc possible de faire une crèche œcuménique en ajoutant un palmier, sans trahir le texte biblique.

Cela vaudrait assurément mieux que d'ajouter un sapin. Non seulement le sapin est absent de la Bible, et pour cause, mais c’est à tort qu'on en a fait un symbole chrétien. Il procède plutôt des cultes de la nature issus du Nord de l’Europe. Symbole de vie éternelle car son feuillage est pérenne, il évoque, bien plus que la Nativité, le culte du solstice issu du vieux fond païen indo-européen.

Il est remarquable que ceux qui, par ultra-laïcisme, promeuvent l’effacement des fêtes chrétiennes du calendrier ne trouvent à   se rabattre que sur ces symboles naturistes néo-païens   se référant au calendrier solaire : solstice d’hiver ; solstice d'été, équinoxes.  Revenir à une symbolique païenne après vingt siècles de judéo-christianisme, il y a eu des précédents à ces tentatives dans l 'Europe des années trente. Les intellectuels hostiles au christianisme de cette époque avaient mieux compris que nos laïcistes que ce n'est pas dans   l'humanisme de gauche que se trouve la   contradiction la plus radicale à l'héritage chrétien.  Ils tentèrent d'en tirer, de la manière que l'on sait, les conséquences.

La fête de Noël rassemble de nombreux personnages : notamment les mages, dont l'Evangile selon saint Matthieu qui seul en parle, ne dit ni qu’ils étaient trois, ni qu'ils étaient rois. Là encore ce sont les apocryphes qui ont fixé cette tradition.  Une légende a propagé qu'ils venaient l’un d'Asie, l’autre d'Europe (ou d'Arabie), le troisième d’Afrique, et tous les trois vinrent s'incliner devant un enfant juif.  Mais l'Ecriture parle de "mages venus d'Orient" et le nom de mage, sage (μάγοι) en grec désigne alors   un prêtre zoroastrien (ou mazdéen) d'Iran.

Passons de la légende à l'histoire : quand le roi de Perse Chosroês II, mazdéen, envahit la Palestine   en 614 après sa victoire sur   les Byzantins, il commence à    démolir les églises, mais il épargne la basilique de Bethléem en reconnaissant sur la coupole la figure des trois mages habillés à la manière de son pays.  Au passage, on rappellera que le même entreprend ensuite de réinstaller les Juifs à Jérusalem.

Même s'il ne faut pas sur-interpréter ces convergences, Il est peu probable que la disparition des crèches de Noël de l’espace public, écoles comprises, favorise la paix religieuse en Europe, bien au contraire.

 

                                                                                   Roland HUREAUX*

 

* auteur de Gnose et gnostiques des origines à nos jours, Descellée de Brouwer, 2015

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:44

 

LE MORNE  PRINTEMPS  QUI  ATTEND L'EUROPE

 

http://www.causeur.fr/trump-poutine-erdogan-merkel-brexit-42641.html/comment-page-1

 

L'Europe occidentale se trouve aujourd'hui en état d'apesanteur. Tout ce qui a déterminé sa politique au cours des dernières années est en train de s'effondrer mais elle ne le sait pas encore.

Le  20 janvier dernier, Donald Trump a pris  ses fonctions à la Maison blanche ;  il a déjà nommé  Rex Tillerson , proche de Poutine,   au poste de secrétaire d'Etat ( ministre des affaires étrangères).  Dans  quelques semaines, Trump et Poutine se rencontreront en tête à tête. Ils règleront sans doute une série de problèmes pendants, principalement celui du Proche-Orient, peut-être  celui de l'Ukraine. Ils parleront aussi de la Chine.

Parleront-ils de l'Europe occidentale ? Ce n'est même  pas sûr. D'abord parce qu'il n'y  rien d'urgent à  régler, ensuite parce que,  dès lors qu'ils  se seront  mis d'accord, l'opinion des Européens  leur importera  bien peu. 

Et ensuite ? Il n'est pas absurde de prévoir que  si les bonnes relations des deux puissances se confirment , ils instaurent une sorte de cotutelle  sur l'Europe de l'Ouest.

 

La déréliction de l'Europe occidentale

 

La déréliction de pays d'Europe occidentale est grande.

D'abord en raison  de leur situation économique et sociale : récession, chômage, insécurité, dénatalité, immense  frustration des  peuples .

Ensuite  en  raison  de leurs engagements des dix dernières années. Le refus de Jacques Chirac de participer en 2003 à   la guerre d'Irak a été le dernier acte de résistance d'un gouvernement européen à Washington. Depuis lors,  les positions  des gouvernements, des partis dominants ,  des principaux décideurs et des médias a été de se ranger sans nuances sur la politique  américaine  à l'égard de la Russie et au  Proche-Orient.  Une politique qui a consisté en Europe à envenimer le conflit ukrainien et à prendre des sanctions vis-à-vis de Moscou, sévèrement blâmée par   un homme aussi modéré qu’Helmut Schmidt, et au Proche-Orient à soutenir des mouvements djihadistes pour déstabiliser ou renverser les régimes établis de longue date mais désignés à la vindicte publique par Washington.

Ce ne sont  nullement les intérêts  de l'Europe qui expliquent  cette politique , c'est l'assujettissement  de ses dirigeants , qui  n'a peut-être d 'égal que celui des régimes de collaboration entre 1940 et 1944.

Ce n'est  pas à vrai dire sur la politique américaine en tant que telle    qu'ils se sont alignés mais   sur l'idéologie néoconservatrice  qui l'inspire  depuis  25 ans .

Or cette idéologie a reçu en novembre 2016  un   coup fatal : la défaite d'Hillary Clinton qui l' incarnait , pour laquelle tous les Européens  sans exception , au mépris  du principe de non-ingérence ,  avaient pris parti , puis un autre  :  la défaite de djihadistes soutenus par les Occidentaux  dans les rues d'Alep.

La  réaction des  principaux dirigeants européens face  à la  victoire  de Trump a été significative  : communiqués froids, leçons de morale aussi sournoises que ridicules ( de la part de la chancelière  allemande en particulier).    La réaction aux événements du Proche-Orient   n'a pas été moins désolante :  dénonciation insensée de crimes de guerre imaginaires, tentatives de la France de changer in extremis  la Charte des Nations-Unies  pour autoriser l'ingérence humanitaire au moment où celle-ci venait de  montrer un peu partout son caractère  désastreux,  encouragements des Britanniques à certains groupes djihadistes pour qu'ils rompent la trêve  décidée autour de Poutine, et par-dessus  cela reconduction  des sanctions  imposées à  la Russie alors qu'on   sait que les Etats-Unis  ne vont pas tarder  à  les  lever: au lieu de prendre les devants, les Européens  s'enfoncent dans le déni.

Face à l'effondrement  de l'idéologie néoconservatrice  ( ultralibérale en économie et libertaire dans le sociétal) qui a  le même caractère  intégrateur et mondialiste que l'idéologie européenne façon Bruxelles, les Européens sont aujourd'hui  comme un canard  sans tête  qui continue à marcher sans réaliser qu'il est   déjà  mort.  Le traité transatlantique qui constituait  en quelque sorte une extension de la mécanique européenne  à l'Atlantique-Nord  est enterré.

 

Entre deux géants

 

Mais  le plus grave pour l'Europe est qu'elle a désormais  affaire à deux géants : Poutine plus populaire que jamais  dans son pays  et prestigieux     vainqueur  au Proche-Orient  , Trump qui a réussi l'exploit de  se faire élire contre   son parti et  contre la totalité de l'oligarchie  économique et des  médias.

Aucun de ces deux hommes n'a de raison d'avoir la moindre  sympathie pour  les dirigeants   actuels d'Europe  occidentale qui ont tous pris  parti contre eux , sur le terrain diplomatique et militaire pour Poutine ,  dans l'arène  électorale  pour Trump.

Le troisième grand homme, plus inquiétant,  est Erdogan  dont les ambitions   se heurtent une situation intérieure très perturbée et  que Poutine a du mal  à  tenir en bride.    Nettement éloigné de  l'Europe de Bruxelles, il reste un homme fort.

Face à ces grands  quel désastre !   L'Allemagne n'a pour ainsi dire plus de chancelière tant Angela Merkel s'est discréditée en  ouvrant de manière irresponsable  le pays à un million de migrants , la France a un président zombie , dévalué  sur la scène internationale et  qui n' a même pas  pu se représenter. L'Italie a vu la démission de  l'illusionniste Rienzi, psi politiquement correct.  Mme May semble en meilleure posture  mais , encore mal connue à l'étranger, elle se trouve  absorbée par les mille et une difficultés  juridiques du Brexit, sans doute  parce que  , d'aucun côté de la Manche, personne   n'ose  comme Alexandre trancher le nœud gordien. Et ne parlons spas de Juncker dans ses heures de lucidité !  

Tout cela sur fond de crise de l'euro, sauvé in extremis dans l'affaire grecque  par la pression d'Obama. Que fera Trump la prochaine fois ?

Il  se peut  que  l'Europe occidentale telle qu'elle fonctionne aujourd'hui s'avère incapable ,  de manière   structurelle , de produire de vrais leaders.

Ce  printemps, en attendant de savoir  ce qui sortira  de  l'élection présidentielle    française,  première du  calendrier, le vide sidéral  qui est aujourd'hui celui l'Europe occidentale  , va  paraitre   au grand jour. C'est tout un cycle historique qui se termine pour elle. Et nul ne sait de quoi demain  sera fait.

 

                                                                                   Roland HUREAUX

 

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Published by Roland HUREAUX
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