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Roland HUREAUX

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 21:25

LE DEUXIEME TOUR DE LA PRESIDENTIELLE RESTE TRES OUVERT
 

Tout le monde semble dire que le second tour de l’élection présidentielle est déjà plié : Macron a suffisamment d’avance pour faire une élection de maréchal.

Il a même fait la fête comme s’il y voyait déjà. Au Front national, certains ressortent la vieille rengaine que l’échéance décisive sera 2022, oubliant qu’en politique les trains passent rarement deux fois.

Les médias, tout au long de la fastidieuse soirée du 23, nous ont ressassé qu’il n’y avait qu’un seul vote possible et que c ‘était Macron, qu’il fallait impérativement « faire barrage au Front national ».

Les derniers mois   nous ont pourtant rappelé que ceux qui pensaient gagner dans un fauteuil, comme Fillon en janvier, s’exposent à bien des déconvenues. La présente campagne, plus que d’autres, nous a habitués à d’étonnants rebondissements.

 

Des sondages trompeurs

 

Les sondages sont à 60/40 en sa faveur. Mais ils étaient aussi à ce niveau   en faveur de Clinton contre Trump à deux semaines de l’élection et   c’est Trump qui a gagné. En 2012, Sarkozy devait être battu avec le même écart :  il n’a perdu que par 52/48.

Contrairement à ce qu’assènent les médias, le scrutin est encore très ouvert.

Marine le Pen n’est certes pas arrivée en tête. 22, 3 % (soit 1,2 % au-dessous de Macron), c’est moins que les 27 % annoncés pendant longtemps. La différence c’est tout simplement Dupont-Aignan à 5%.  Plus Lassalle, Asselineau, Cheminade qui pêchaient dans les mêmes eaux.

Les reports de voix sont encore très incertains : les électeurs de Hamon iront pour la plupart à Macron, c’est sûr. Ceux de Mélenchon n’iront pas à Le Pen mais quelle proportion s’abstiendra ? Les gens de l’extrême-gauche ne sont pas tous complètement idiots et ils voient bien, pour la plupart, que Macron, candidat de la haute finance, est aux antipodes ce qu’ils sont. Les Républicains sont coupés en deux mais pas au niveau des dirigeants qui, presque tous, ont déjà appelé à voter Macron, y compris Fillon. Leurs électeurs en revanche sont loin d’être sur la même ligne. Il n’est pas sûr que, surtout en province, ils suivent ces consignes. Déjà   40 % ont l’intention de voter pour Marine Le Pen. Que feront les autres ?  

Au total, les deux camps sont plus équilibrés qu’il ne parait.

D’autant que l’électorat de Marine Le Pen est stabilisé : ceux qui ont voté pour elle au premier tour, comme la grande majorité de Français, savent qui elle est. Très   peu de Français, par contre, savent qui est vraiment   Emmanuel Macron.  Nous pensons bien sûr aux 2 millions d’euros gagnés chez Rothschild et qu’il aurait dépensés à raison d’1 smic par jour sans rien mettre de côté : étrange personnalité pour lui confier la France !  Certains de ceux qui ont assisté à ses réunions ont eu le même sentiment de quelqu’un de bizarre, voire malade. Les 58 % de Français propriétaires savent-ils qu’il se propose de doubler l’impôt foncier ?  Qui sait que Macron est le principal auteur du plafonnement   des allocations familiales de décembre 2014 et que la politique familiale ne figure même pas au programme de ce candidat notoirement « gay-friendly » ? Qu’il veut ouvrir encore plus grand les portes de l’immigration ? Qui sait qu’il envisage, libéralisme oblige, de généraliser le travail du dimanche ?   C’est tout cela et bien d’autres choses que ne savent ni ses électeurs du 1er tour, ni ceux qui comptent se reporter sur lui   au second tour.   Or ils ont le droit de le savoir. On ne confie pas la maison France à n’importe qui. Sa rivale a deux semaines pour faire la lumière sur lui. Toute la lumière.   Il faut espérer qu’elle le fera mieux que Fillon à qui cette tâche revenait au premier chef et qu’il a si mal faite.   

 

Roland HUREAUX   

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 23:04

L’ELECTION DE MACRON SONNERAIT LE GLAS DE LA DEMOCRATIE

 

Il se peut que les observateurs qui, suivant les sondages qui donnent Emmanuel Macon vainqueur de la présidentielle de 2017 n’aient pas compris ce qu’une telle victoire aurait de subversif pour la démocratie française.

Certes, formellement, l’élection serait régulière.

Mais elle aurait été obtenue à un prix qui ne pourrait laisser qu’un goût amer.

 

Une manipulation judiciaire

 

D’abord la manipulation judicaire partie de l’Elysée qui a abouti à affaiblir considérablement François Fillon. Une fois posé l’usage   de l’alternance démocratique, depuis longtemps admis dans notre pays, il paraissait naturel qu’après un quinquennat de Hollande particulièrement désastreux – au point d’interdire au sortant de se représenter -  le candidat de la droite de gouvernement, François Fillon, désigné au terme d’une primaire incontestée, prenne la relève avec ses équipes.

Pour des raisons qui restent à éclaircir, Hollande et son entourage ne l’ont pas admis. Turpitudes à cacher, affaiblissement du sens républicain, égoïsme sordide, Hollande a décidé de remettre en cause   cet usage en mettant tous le moyen l’Etat, les moyens judicaires en premier lieu, en marche pour détruire l’image du candidat dans l’opinion, dans l’espoir de conserver l’Etat PS qu’il avait mis en place.

S’il est vrai qu’au début, Hollande a espéré réaliser cette opération pour lui-même, son retrait et la faiblesse du   candidat socialiste ont fait qu’elle a profité à Emmanuel Macron. Ce dernier ne pouvait pas ne pas être au courant de ces manigances : proche de Jean-Pierre Jouet, secrétaire général d’Elysée que l’on dit au centre de la manœuvre, ayant eu le secrétaire général adjoint Boris Vallaud, mari de Najat Vallaud-Belkacem comme chef de cabinet à Bercy, quand il était    à la tête d’une administration fiscale qui n’a pas de secret pour son patron, le candidat Macron apparait au cœur d’une   manipulation dont il est le premier bénéficiaire.

Est-il utile de dire qu’en ayant la haute main sur le parquet financier, qu’il a créé et où il a effectué les premières nominations, et en permettant son instrumentalisation politique, Hollande n’a pas respecté, c’est le moins qu’on puisse dire, l’article 64 de la Constitution selon lequel « le président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ? «

On pourra alléguer que Francis Fillon aurait pu se défendre mieux. Il reste que la manœuvre qui a déstabilisé sa candidature est sans précédent dans une République où le pouvoir judiciaire était tenu par la loi et par la coutume à l’écart de la politique et où les présidents de la République successifs n’avaient jamais dans le passé utilisé de tels moyens.   

 

Une presse dont le pluralisme est évacué

 

L’autre dévoiement auquel Macron devrait, s’il était élu, son élection, est la quasi-unanimité de la presse écrite et audio-visuelle en sa faveur –  contre François Fillon.

Cela aussi est sans précédent dans la démocratie française.

L’affaire Fillon n’aurait pas eu le retentissement que l’on sait si la   presse ne s’en était délectée hors de toute mesure, pendant des semaines et des semaines, avec   une insistance sans proportion avec la gravité toute relative des faits. 

Une telle unanimité tient sans doute à la sociologie journalistique dont la formation orientée et l’esprit grégaire tel qu’il s’est développé dans les écoles de journalisme et les salles de rédaction, plus le terrorisme intellectuel interne au milieu, assurent une large majorité aux plumes de gauche et d’extrême-gauche, même dans les journaux classés à droite, dont témoignent tous les sondages

Elle tient aussi à l’accaparement des médias par des groupes financiers diffusant presque tous une idéologie libérale-libertaire, compatible avec la gauche, et qui pouvait être hostile à ce que représente François Fillon : la bourgeoisie catholique enracinée de filiation gaulliste. On sait les sentiments favorables pour Macron de gens comme Pierre Bergé et Xavier Niel, patrons du Monde et de l’Obs, Bernard Arnault, patron des Echos et du Parisien, Vincent Bolloré, patron de Canal Plus, François Pinault, patron du Point et naturellement des patrons de toutes les chaînes publiques. On sait aussi par quelles manœuvres Macron ministre des finances s’est acquis l’appui de Patrick Drahi bénéficiaire d’une autorisation d’achat de SFR qui représente un avantage de plusieurs milliards et qui possède, BFM, Libération, L’Express. Le candidat Macron s’est attiré d’autres sympathies moins connues dans la presse régionale : Jean-Michel Baylet, Michel Lucasa.

Nous savons depuis deux siècles que la démocratie est inséparable du pluralisme de la presse. Cette unanimité des médias en faveur d’un seul candidat, au détriment des dix autres, est le signe d’une dégénérescence profonde de notre héritage démocratique. Il y a un précédent, l’unanimité de la presse nord-américaine en faveur d’Hillary Clinton. Elle n’a certes   pas empêché Trump d’être élu mais elle l’empêche de gouverner. Là aussi une vieille démocratie est en train de déraper dangereusement.   

A l’appui de la presse s’ajoutent les moyens financiers colossaux dont semble bénéficier le candidat Macron et dont l’origine demeure mystérieuse. Là aussi nous nous trouvons en rupture avec une époque où la répartition de ces moyens n’était certes pas égalitaire mais où elle était plus équilibrée.

A ces deux dimensions qui ont infléchi le résultat des urnes, s’ajoutent, dans une pénombre plus difficile à scruter, les pressions internationales qui s’exercent en faveur de Macron, soldat sans états d’âme de tous les réseaux qui se sont attachés au fil des ans à réduire la souveraineté    de la France : OTAN (avec ses têtes nord-atlantiques pro Clinton), Union européenne, Allemagne, sans compter les réseaux propres à la haute finance dont le candidat est issu.

Perméabilité d’une personnalité apte à se plier à tous les conditionnements et qui semble à bien des égards immatures ? Conditionnement propre à la dernière génération de Sciences Po, style Richard Descoings ?    Exigences impitoyables de certains commanditaires hors du champ des radars ?  Il faut bien dire que, sur aucun sujet, Macron n’a pris la moindre distance par rapport aux idées dominantes dans le monde occidental : immigration, euro, russophobie, libre-échange, éducation, idées libertaires etc. Au point d’apparaitre comme un candidat formaté à l’avance pour imposer à la France ce qui dans la plupart des domaines suscite le rejet du peuple.

Connaissant ces rejets de plus en plus violents, qu’attestent de nombreux sondages, les forces qui appuient Macron semblent avoir choisi de passer outre, de passer à la vitesse supérieure   pour imposer aux Français un président qui reflète leurs idées :  celles des maîtres du monde. En raison de la difficulté même de l’entreprise, ils n’ont pas lésiné sur les moyens.

Ce sont ces moyens qui ont permis au candidat Macron, grâce à des méthodes de communication adaptées et sans doute cher payées, quoique parfois ridicules, de faire illusion au point que la distance abyssale entre ses vraies idées    et les aspirations profondes du peuple français n’apparaisse pas au grand jour.

Rien ne dit que leurs yeux ne s’ouvriront pas avant le second tour. Il est dans la logique de la Ve République telle que l’a voulue le général de Gaulle que le peuple français n’élise pas son président sans un face à face ultime où il   regarde les yeux dans les yeux celui auquel il va confier son destin. Mais si d’aventure tel n’était pas le cas, et que Macron soit quand-même élu, le réveil serait rude. Les Français ne pourraient qu’avoir le sentiment de s’être fait forcer la main avec de moyens déloyaux. Comment ne  verraient-ils pas  dans cette élection  un véritable hold-up sur la république ?   Compte tenu de la place de la France dans l’histoire de la démocratie, ce serait là le signe d’une crise grave de celle-ci.  Il n’est pas sûr qu’une telle élection acquise avec de tels moyens, ne prélude pas à un rejet violent et rapide du nouveau président.

 

Roland HUREAUX

 

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 23:03

 

L’INSTRUMENTALISATION DE LA JUSTICE DANS L’AFFAIRE FILLON REPRESENTE UNE SUBVERSION DE L’ETAT DE DROIT ENCORE PLUS GRAVE QUE CE QU’ON A DIT  

 

Qui peut douter du caractère profondément subversif à l’égard de nos institutions de l’attaque menée à la fois par la justice et par la presse contre François Fillon principal candidat de la droite classique à l’élection présidentielle de 2017 ?

On pourra déjà relever les multiples infractions à la   loi qui ont émaillé la procédure lancée à son encontre : entre autres viol et recel de viol du secret de l’instruction, viol et recel de viol du secret fiscal.  Ce sont ces infractions qui ont permis par exemple que le 25 janvier, une information visant   François Fillon soit ouverte l’après-midi même du jour où un hebdomadaire satirique avait relaté un certain nombre de faits relatifs à l’emploi de son épouse.  Alors même que la justice est si lente en tant d’autres circonstances.    

On pouvait aussi se demander si le délit soupçonné était bien de la compétence du parquet financier et même si, séparation des pouvoirs oblige, il ne relevait pas plutôt de la discipline interne au pouvoir législatif.

 

La trêve judicaire existe

 

Mais la subversion est encore plus grave que tout cela car c’est la procédure elle-même qui viole sinon la lettre du moins l’esprit de la loi.  

L’article L. 110 du Code électoral, dispose en effet   qu’ « aucune poursuite contre un candidat, en vertu des articles L. 106 et L. 108, ne pourra être exercée, aucune citation directe à un fonctionnaire ne pourra être donnée en vertu de l’article L. 115 avant la proclamation du scrutin ». L’article 110, prévu à l ‘origine pour les élections législatives et locales, a été rendu applicable à l’élection présidentielle par la loi organique du 6 novembre 1962.

Ce n’est donc pas seulement l’usage qui instaure au bénéfice des candidats en période électorale ce qu’il est convenu d’appeler une « trêve judiciaire », c’est la loi.

Il est vrai que cette disposition ne couvre pas exactement l’affaire Fillon, cela pour trois raisons : la mise en examen, le 14 mars, a eu lieu avant l’ouverture   de la campagne électorale, le 20 mars (et même le 9 avril si on veut s’en tenir à une interprétation étroite), elle ne concerne pas des faits de corruption mais seulement un soupçon d’emploi fictif, Madame Fillon n’étant pas candidate, elle a pu être, elle, mise en examen pendant la campagne électorale.

Mais loin de témoigner de  la régularité de la procédure, ces détails montrent plutôt  qu’on s’est servi de la lettre des textes, pour engager une action manifestement contraire à leur esprit. 

S’il est vrai que l’article 110 du code électoral est limitatif, on peut, au vu du contexte, en inférer facilement que ce n’est pas pour exclure la période antérieure, ni les autres griefs que ceux de corruption que le législateur a marqué ces limites, bien au contraire.  

L’article 110   est issu de la loi du 31 mars  1914 sur laquelle  le rapporteur a pu  apporter en son temps  la précision suivante , immédiatement ratifiée par le Garde des sceaux :    «Il reste entendu qu’aucune poursuite, hormis le cas de flagrant délit et de violence matérielle, qu’il importe de réprimer immédiatement, aucune poursuite tendancieuse cherchant à déshonorer le candidat, en le rendant suspect de faits qu’il n’a peut-être pas commis, ne doit être permise pendant toute la période électorale. C’est l’esprit dans lequel devra être appliquée la loi. »

L’esprit du texte est donc clair : il vise à écarter l’inférence judicaire de la procédure électorale.  

Ajoutons qu’au moment où    il a été voté, les campagnes électorales étaient plus courtes que ne l’est aujourd’hui une présidentielle. 

Le juriste Romain Rambaud[1], tout en ayant le grand mérite de rappeler cette disposition émet l’hypothèse elle pourrait être obsolète, n’ayant donné lieu à aucun contentieux ni à aucune jurisprudence. Mais n’est-ce pas   tout   simplement   parce que cette disposition, profondément ancrée dans la tradition républicaine, avait été jusqu’ici respectée. Une loi que l’on respecte serait-elle obsolète ?

Au demeurant, il ne s’agit pas là seulement d’une loi ou d’un usage mais de ce qu’Orwell appelait la common decency, ces règles de modération non écrites mais évidentes sur lesquelles reposent tant la vie en société que la démocratie.

Rappelons que lors de l’élection présidentielle de 1965, François Mitterrand était encore sous le coup d’une inculpation relative au faux attentat de l’Observatoire. Le général de Gaulle avait alors expressément refusé que cette procédure, déjà vieille de six ans, soit réactivée.

Autre temps, autres mœurs. Autres hommes aussi.

 

Contre la   séparation des pouvoirs

 

Si l’on admet que le code électoral a voulu écarter l’interférence de la justice dans le processus électoral, on peut rappeler aussi qu’il   s’inscrit dans une tradition à la fois plus fondamentale et     plus ancienne que la République elle-même puisqu’elle date de l’Assemblée constituante laquelle, à l’article 13 du titre II de la loi des 16 et 24 août 1790, toujours en vigueur, dispose que :

« Les juges ne pourront, à peine de forfaiture, troubler de quelque manière que ce soit les opérations des corps administratif, ni citer devant eux les administrateurs pour raison de leurs fonctions ». Un interdit repris par la  loi du 16 fructidor an III:  «Défenses itératives sont faites aux tribunaux de connaître des actes d'administration, de quelque espèce qu'ils soient, aux peines de droit».

Certes il n’est question  que d’administration mais les élections ont pour but de désigner ceux qui la dirigeront et elles peuvent même être tenues elles-mêmes pour des opérations administratives.

Au reste on n’a pas assez dit   que ce n’est pas tant   la justice (au sens de magistrature assise) qui a interféré dans le processus électoral mais le pouvoir exécutif lui-même. Le parquet financier, comme tous les parquets est aux ordres du Garde des sceaux, lequel est aujourd’hui, de fait, subordonné au président de la République (quand il dispose, comme c’est le cas, d’une majorité). II est même parfois question de rattacher le parquet au ministère de l’intérieur.

Le juge d’instruction, lui, est en théorie indépendant mais sa désignation par le parquet au sein d’un corps judicaire hautement politisé ne saurait être neutre. C’est ainsi que la plupart des observateurs interprètent celle qui a été effectuée   dans l’affaire en cause.

L’extrême diligence dont a fait preuve le parquet financier à l’encontre de François Fillon contraste avec la passivité avouée de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique et le Parquet de Paris, sollicités en vain notamment par l’association Anticor, pour instruire le cas   d’Emmanuel Macron, principal bénéficiaire de l’opération, dont les obscurités financières devraient susciter, plus que les affaires de François Fillon, des interrogations.   

Aucun président de la République depuis 1958 (et a fortiori avant), même quand il était candidat à sa propre succession, n’avait interféré de manière aussi flagrante avec le processus électoral que ne l’a fait Hollande,

Qu’en instrumentalisant la justice le président ait    gravement manqué à l’obligation que lui fixe  l’article 64 de la Constitution : « Le Président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire », ne doit sans doute pas le gêner :     en ces temps de cynisme généralisé, une obligation qui n’a pas de sanction n’éveille guère de scrupules.  N’a-t-on pas cependant affaire à un de ces graves manquements aux devoirs de la charge suprême qui justifient le qualificatif de haute trahison ? 

On peut aller plus loin et dire que la double interférence du pouvoir exécutif   et de l‘autorité judicaire dans l’élection présidentielle, que certains qualifient non sans motif de « coup d’Etat », remet en cause l’Etat de droit lui-même     puisque, rappelons- le, par-delà la constitution en vigueur, par-delà la République elle-même, il y a la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789  dont l’article 16 dispose que  « toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution. ». Point de constitution, voilà où Monsieur Hollande nous aura menés.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 23:00

 

MACRON   N'EST PAS DU CENTRE, IL EST D’EXTREME GAUCHE

http://www.bvoltaire.fr/macron-nest-centre-dextreme-gauche/

Les gens sont crédules. Spécialement ceux de droite. Il suffit que Emmanuel Macron ait dit qu'il n'était "ni de gauche ni de droite" pour qu'ils le croient !

Il est, soit dit en passant, assez significatif du changement d'époque   de voir qu'il y a quelques années, c'était les gens de droite qui, honteux, se disaient apolitiques pour se faire accepter, et qu'aujourd'hui, ce sont au contraire les gens de gauche qui jouent ce jeu comme si s'afficher de gauche était devenu infamant.

Car, n'en doutons pas, Macron est de gauche. Il l’est même sur la plupart des sujets plus que Hollande.

Hollande n'a combattu que mollement l'immigration illégale, mais il n'a pas félicité Angela Merkel pour l'admission d'un million de réfugiés, vrais et supposés ; Macron lui, l'a félicitée, ce qui laisse supposer qu'il est prêt à l'imiter. 

Hollande a fait le mariage homosexuel, Macron envisage la GPA.

Hollande a bien instauré le 19 mars, anniversaire des accords d'Evian, en fête nationale mais il n'est jamais allé jusqu'à qualifier la colonisation de "crime contre l'humanité".

Hollande a fait la réforme du collège, fatale à la transmission de l’héritage, mais il n'a pas dit qu'"il n'y pas de culture française".  

Hollande ne faisait pas comme Macron des discours à l'étranger en anglais ; il est vrai qu’il le parle très mal !  

Sous Hollande, comme sous Sarkozy d’ailleurs, la lutte contre les discriminations homme/femme, français/immigrés, homo/hétéro, la défense intégriste de l’environnement (éoliennes) ont pris une place que beaucoup trouvent excessive et même oppressive quand elle conduit à poursuivre en justice ceux qui s'écartent de la pensée unique. Sur presque tous ces sujets, Macron en rajoute une couche. Il veut même, dans la lignée de son maître à Sciences Po, Richard Descoings, introduire la discrimination positive sous la forme d’ « emplois francs » réservés aux jeunes des banlieues ( au moins de certaines). On peut s'attendre en ces matières à un climat encore plus oppressif. Si Macron l’emporte, la pensée unique qui domine les médias va aggraver son emprise : les   dissidents comme Eric Zemmour seront encore plus sévèrement pourchassés.

Hollande "n'aimait pas les riches" et Macron se propose de supprimer l'ISF et de réduire l'impôt sur les bénéfices. Mais il fallait là aussi toute la bêtise de la droite pour   croire Hollande sur parole et, tombant dans le panneau, lui répondre en faisant l'éloge des riches. Hollande, un des meilleurs amis de François Pinault !  Macron veut supprimer l’ISF mais sur les patrimoines financiers seulement. Les patrimoines fonciers se verront en compensation beaucoup plus lourdement imposés. L'impôt foncier à la charge des seuls propriétaires aura aussi à financer l'abrogation de la taxe d'habitation que tout le monde paye.

Oui, Macron poursuivra en pire la politique de Hollande.  Non, il n'est pas du centre, il est d'extrême gauche, la seule vraie aujourd’hui, l’extrême gauche sociétale. Ceux qui ne le comprennent pas ignorent la nouvelle alliance propre à notre temps : celle de la finance internationale ultralibérale avec l'extrême gauche sociétale (LGBT, No borders etc.) tandis que, sur le plan économique, la finance s'allie aux assistés de toutes sorte, migrants compris, que la même finance multiplie en licenciant et en encourageant l’immigration. Tout cela au détriment des classe moyennes qu'il s'agit d'écraser encore car elles   ont le défaut pour les mondialistes d’être   porteuses d'un héritage de valeurs qu’ils veulent détruire.

 

                                                                       Roland HUREAUX

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 22:57

L’ELECTION PRESIDENTIELLE FRANCAISE PERTURBEE PAR  UN CLIMAT INTERNATIONAL EXPLOSIF 

A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle française, le désarroi de l’opinion est profond.

Les raisons en sont diverses :  pour la droite classique, l’ébranlement de l’image de leur champion désigné par les primaires, François Fillon, à la suite d’une manœuvre de déstabilisation judicaire et médiatique de grande ampleur largement conduite de l’Elysée,  a troublé les esprits. Pour la gauche classique, l’effondrement du candidat du parti socialiste également désigné par des primaires, Hamon,  et l’émergence de deux candidats hors normes : Macron et Mélenchon est un facteur de trouble au moins aussi grand. Seul l’électorat   de Marine Le Pen, stable au niveau  d’un Français  sur quatre, semble sans états d’âme.

Mais le désarroi de l’opinion ne s’explique pas seulement par les péripéties de la campagne électorale, il est tributaire   d’un   contexte plus général : le choc encore récent des attentats terroristes et de la vague migratoire de 2015-2016, l’affrontement de Washington et de Moscou, la guerre qui se poursuit en Syrie, en Irak et dans d’autres pays du Proche-Orient.

C’est sur ce contexte que nous voudrions insister.

 

Deux camps

 

La situation internationale est plus tendue qu’elle ne l’a jamais été depuis la fin la guerre froide.

L’épicentre de la tension se trouve aux Etats-Unis.  Pour la première fois dans l’histoire de cette grande démocratie, le résultat des élections présidentielles n’est pas accepté par  le camp vaincu. Donald Trump a été élu contre la quasi-totalité de l’establishment, de la presse, des banques et une grande partie de la classe politique. Le camp vaincu animé par Barack Obama et George Soros conteste la légitimité    du nouvel élu alléguant notamment une interférence électronique dans l’élection de la Russie que ces gens considèrent comme un ennemi mortel. Ils cherchent à le forcer  à  la démission   par la procédure de l’ impeachment.  En attendant, une grande partie de l’administration refuse de lui obéir.

La première intention de Trump était  de se rapprocher de la Russie de Poutine. Aux dernières nouvelles, il se peut que, contraint par cet environnement délétère, il ait décidé, afin de donner des gages, de prendre ses distances avec Moscou.

Il reste qu’une partie des opinions   occidentales se trouve en accord   avec Trump pour contester le libre-échange absolu, rejeter les abus de l’Union européenne et se rapprocher de la Russie. Les mêmes veulent réhabiliter les frontières pour contenir l’immigration et  ne veulent plus entreprendre de « guerres humanitaires » au Proche-Orient.  

Poutine est sur une ligne analogue, Marine Le Pen, qui a été reçue par lui, aussi.

En face, le camp qui tenait le devant de la scène avant l’élection américaine, sous la conduite   de Barack Obama et d’Hillary Clinton mais aussi d’Angela Merkel, Hollande, Juncker, Tusk, appuyé par la quasi-totalité des médias des deux côtés de l’Atlantique. Tous sont favorables au libre-échange généralisé, à l’euro, à l’ouverture des frontières aux migrants, au paradigme libertaire, radicalement hostiles à la Russie tenue pour une menace existentielle et par là à   ses alliés comme la Syrie et l’Iran. Les ennemis de ces derniers : Arabie saoudite, Qatar, Turquie et leurs protégés islamistes sont leurs alliés.

Ce camp a son champion dans l’élection présidentielle française : Emmanuel Macron.

Entre les deux écoles, quelques cas particuliers, Mme May, premier ministre britannique qui applique le Brexit et est donc critique de la construction européenne mais est également hostile à la Russie et tendrait même à faire sur ce chapitre de la surenchère.

François Fillon, quant à lui, est également un cas particulier : sa   politique se situe dans l’orthodoxie libérale à l’égard de l’Europe et du libre -échange et, quoique catholique déclaré, il n’envisage pas de remettre en cause les lois sur le mariage homosexuel ou l’avortement (ni de les aggraver). Le camp euro-atlantiste aurait pu s’en contenter. Une partie de la bourgeoisie française acquise au libre-échange et à l’euro comme Henri de Castries et bien d’autres s’en contentent aussi.  Pour parler comme les marxistes, il représente la bourgeoisie nationale alors que les partisans de Macron représentent  la bourgeoisie internationale.

Il semble pourtant que la position de Fillon, malgré sa modération, soit trop ambiguë pour les forces qui ambitionnent de fondre définitivement la France dans la mondialisation.  Dès lors qu’en décembre dernier, à l’issue de la primaire de droite, il apparaissait comme le probable vainqueur de la présidentielle, il a été tenu par certains comme l’homme à abattre.

 

La France : un enjeu majeur

 

Pour les mondialistes, l’enjeu de l’élection présidentielle française est critique. Le camp euro-mondialiste qui semblait assuré que le monde s’acheminerait sans heurts vers la « fin de l’histoire » : disparition des nations, des frontières, de entraves aux échanges, de la famille, de l’héritage judéo-chrétien, a essuyé depuis quelque temps une série de défaites : d’abord l’ascension de Poutine à la tête de la Russie   et son influence croissante dans la sphère internationale, ensuite la victoire du Brexit au Royaume-Uni, enfin la victoire de Trump aux Etats-Unis. Ne lui restait que l’Europe continentale de l’Ouest calée autour de Berlin et de Bruxelles avec la France et les autres pays de l’Union européenne sagement alignés derrière (sauf la Hongrie), plus le Canada, le tout appuyé sur des forces encore puissantes outre-Atlantique et la quasi-totalité des médias occidentaux.

Ces forces ont néanmoins craint que, malgré sa discrétion, Fillon élu ne se risque à rompre le front anti-Poutine par un geste d’ouverture en direction de la Russie, et que cette élection n’apparaisse comme un nouveau revers    pour leur camp, d’autant plus grand que la position géographique et symbolique de la France, en dépit de son abaissement actuel, demeure essentielle.  

C’est ce contexte international qui explique la gigantesque entreprise de   déstabilisation de Fillon, au bénéfice de Macron qui a commencé en janvier.

La dimension internationale de cette entreprise s’est appuyée sur des relais nationaux qui apparaissent assez clairement dans les soutiens de Macron (Bergé, Jouyet, Minc, Attali etc.) et qui s’est articulée avec la volonté forcenée de Hollande et des socialistes de rester à la tête de l’Etat au mépris des traditions démocratiques, sachant que l’élection de Macron, si elle pouvait changer le style du gouvernement, maintiendrait le clan Hollande au pouvoir.

Il n’y a aujourd’hui que deux fondements possibles à l’action politique : la première, ancestrale, est la défense d’un groupe humain, généralement une nation (de natus, ceux qui ont en partage la naissance au sens large), la seconde est la promotion d ’un ensemble d’idées ou d’un système, soit l’idéologie. Les tenants des nations restent centrés sur leur propre territoire, quitte à vouloir préserver une certaine influence dans l’environnement proche, les tenants d’une idéologie, eux, sont « hors sol » et universalistes : l’idéologie qu’ils veulent promouvoir, même portée par    un peuple particulier, leur parait bonne pour l’univers. Ces derniers   sont donc naturellement  expansionnistes et par là plus dangereux.  Que toute idéologie ait une   base   dans un pays particulier, ne signifie pas que le peuple de ce pays sera  privilégié par elle, au    contraire : on a vu combien le peuple russe avait souffert du communisme et combien le peuple américain profond a violemment jeté le libre-échangisme de Clinton au bénéfice des  idées  de Trump. Le projet euro-atlantique est plus qu’une option politique parmi d’autres, il est un projet idéologique au sens où l’était le communisme .

Un autre caractère de l’idéologie est son caractère absolu :   religion séculière prétendant refonder la condition humaine, elle prévaut sur toutes les autres logiques : pour elle, la fin justifie les moyens. Cela implique la transgression de toutes les règles autres que celles qui servent à sa préservation et à son expansion. Quand Jean-Claude Juncker dit qu’  « il ne saurait y avoir de choix démocratique contre les traités européens »[1] , il nous donne une indication précieuse sur la nature idéologique de ces traités.  Or la démocratie est fondée sur un certain nombre de règles non seulement constitutionnelles et législatives mais d’usage, de décence (la common decency chère à Orwell), sur un respect minimum de l’autre camp. L’élection est un substitut à la guerre civile et pour cette raison, elle ne saurait se transformer en   affrontement sans merci    où tous les coups seraient permis. Ces barrières sont balayées par les idéologues pour qui tous les moyens sont bons dès lors que leur idéologie est en danger.  C’est pourquoi, lors de l’actuelle élection présidentielle, les règles ont été balayées quand il s’est agi de détruire Fillon tenu pour « non fiable ». Les Français, spécialement ceux qui le soutiennent, ont été brutalement confrontés à ce qui ressemble à un affrontement mondial entre idéologues et patriotes, qui ne laisse plus guère d ’espace à une position de    compromis. Ils sont d’autant plus troublés qu’ils n’ont pas encore compris ce qui leur arrive.

Le paradoxe est que l’offensive contre Fillon, dont les mondialistes pensaient qu’elle profiterait à leur candidat Macron, pourrait in fine faire le jeu de deux candidats hostiles à l’euro et à l’Alliance atlantique qui sont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Ce sont les risques d’un jeu qui s’apparente au billard : la balle rebondit sur la bande et va à l ‘inverse de ce qu’on avait prévu. Osons dire qu’ils l’auront bien cherché.

Le malaise que suscitent les élections présidentielles est inséparable de la découverte par les Français qu’ils vivent désormais dans un monde éminemment dangereux. Nous ne sommes pas ouvertement en guerre mais dès lors  que l’idéologie est entrée en scène  , sa logique est celle de la guerre. Les règles qui encadrent la démocratie sont le rempart de la paix civile et internationale, leur transgression brutale nous rappelle que nous sommes entrés dans un temps de troubles.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

[1] Déclaration faite à la suite de la victoire de Syra aux élections de Grèce, 16 janvier 2015

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 22:55

LA DERADICALISATION NE MARCHE PAS. TANT MIEUX !

 

http://www.causeur.fr/deradicalisation-islamisme-terrorisme-echec-43886.html

 

Il parait que les stages de déradicalisation ont échoué. Tant mieux. Cela prouve que l’homme est libre.

Les stages de déradicalisation :  une invention lumineuse du gouvernement Hollande en janvier 2015 après les attentats de Charlie et de l’hyper casher de Vincennes visant à faire renoncer à leurs convictions les jeunes musulmans ayant adhéré aux idées fondamentalistes et susceptibles de commettre des actes terroristes, voire en ayant commis.

Ces stages ont mal tourné.

Fondés sur le volontariat (encore heureux !) ils ont abouti à toutes sortes de déconvenues : locaux saccagés, violences des stagiaires, formateurs tournés en dérision, désertion.

Ces déconvenues ont fait l’objet d’un rapport de deux sénatrices, Benbassa et Troendlé, qui pointent l’amateurisme des associations agrées par le ministère pour mettre en place les « cellules de déradicalisation ». Comment n’y aurait-il pas eu amateurisme puisqu’il n’avait pas de précédent en la matière ?  

 

Djihad academy ?

 

Le centre de Pontourmy (Indre-et Loire) avait été mal accueilli par le voisinage qui y avait vu une « djihad academy » : on peut en effet se demander si mettre des radicaux ensemble est bien    le meilleur moyen de les déradicaliser. Ils l’ont été si bien qu’au bout de quelques jours,   tous se sont envolés.  Les « formateurs » ( comment faut-il les appeler ? ) sont piteusement restés seuls.

A Aulnay-sous-Bois, la fondatrice d’un centre vient d’être condamnée à quatre mois de prison avec sursis, pour détournement de fonds publics, blanchiment et travail clandestin : elle aurait pris pour elle 60 000 € de subventions.

Désemparé mais sommé après les attentats, comme toujours, par l’opinion de « faire quelque chose », c‘est à dire n’importe quoi, le gouvernement a lancé cette expérience. Y déverser l’argent public sans compter pouvait lui donner l’illusion de l’efficacité, ce  qui ne pouvait manquer d’attirer des aigrefins.

 

Orange mécanique

 

Mais par-delà ces péripéties, comment les grands humanistes   qui ont inventé un tel concept n’ont-ils pas   vu son côté « Orange mécanique ». On sait que dans le célèbre film de Stanley Kubrick, la police tente de guérir des délinquants à coup de chocs électriques.  

Tout cela repose sur une vison scientiste et déterministe de l’homme dont on pense que même les convictions peuvent être modifiées par des méthodes adéquates.

Mêmes si nos centres sont plus confortables que le goulag ou le laogai, ils ne font pas moins penser, au moins dans le principe, aux techniques de lavage de cerveau dont ont usé les communistes  soviétique et  chinois.

A quand la déradicalisation des « politiquement incorrects » ?

Les convictions des djihadistes sont sans doute perverses mais ce sont des convictions, religieuses qui plus est, et par  là, sortant du champ du déterminisme.    

Une politique naturelle consiste à respecter leur liberté. Si leurs convictions les conduisent à commettre des actes délictueux voire criminels, on doit regarder l’acte, pas les convictions. La justice doit les punir, et bien sûr très sévèrement  mais pas aire joujou avec leur âme. Le châtiment est le corollaire de la liberté.    

Si on traite les fanatiques comme des malades susceptibles d’une thérapie, comment s’étonner que, leur liberté   niée, ils ne  se rebiffent ? Pour le pire généralement.

 

Roland HUREAUX

 

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 22:54

ALERTE ROUGE POUR LES CLASSES MOYENNES : MACRON VEUT LEUR MORT

http://www.bvoltaire.fr/alerte-rouge-classes-moyennes-macron-veut-mort/

Sous ses allures de jeune premier, Emmanuel Macron n’a pas « un problème avec les classes moyennes », il veut tout simplement leur mort.

Nommé ministre des finances le 26 août 2014, il avait commencé fort : moins de quatre mois après, le temps de préparer la loi de financement de la sécurité sociale, il leur sucrait les prestations familiales. C’est-à-dire qu’il les modulait en fonction du revenu et les supprimait   au-dessus d’un certain seuil. Au point que certains ont pu dire qu’elles étaient désormais réservées aux populations immigrées (les populations indigènes à faible revenu n’ayant, hélas, plus guère d’enfants).  Le plafond du quotient familial avait déjà été baissé par Ayrault.  Pour la première fois depuis la Libération qui avait mis en place notre système d’allocation familiales, longtemps tenu pour un modèle, les Français n’y avaient plus tous droit.  L’Etat a ainsi économisé un milliard. Ce projet avait déjà été agité par Juppé puis Jospin mais jusque-là, il s’était heurté à la résistance du mouvement familial. Fatigue face à des assauts répétés ? Cette fois il est passé sans difficulté. Il est vrai qu’il s’agissait d’une proposition parlementaire mais on sait que, en ces matières, le Parlement ne peut rien faire sans l’accord de Bercy. Derrière le quarteron de députées féministes qui avaient pris cette initiative, il y avait bien sûr Macron.

Son programme comporte deux allègement fiscaux majeurs : la suppression de l’ISF (pour les patrimoines financiers seulement) et celui de la taxe d’habitation, que presque  tout le monde paye, mais qui, pour une moitié de la population qui ne paye pas l’impôt sur le revenu, est le seul impôt.

Par quoi remplacer ces allègements ?  Cela n’est pas dit dans le programme qui a un caractère démagogique, mais on le sait par ailleurs : par un alourdissement de la taxe foncière, soit directe (il faudrait alors la doubler), soit sous la forme d’un loyer fictif venant s’ajouter au revenu imposable.  Inutile de dire que cet aloutdissment serait prohibitif pour certains foyers, dont beaucoup de retraités ayant laborieusement   acquis leur petit pavillon tout au long de leur vie et qui sont déjà si lourdement imposés dans certaines communes qu’ils doivent consacrer à l’impôt foncier 3 ou 4 mois de leur retraite.

Cela ne gêne pas les promoteurs d’un tel projet, notamment Jean Pisani-Ferry, issu de France Stratégies, boîte à idées du candidat : c‘est délibérément, qu’on veut par-là   obliger les Français à se détourner de l’immobilier pour les orienter vers les placements financiers. Les retraités évoqués devront donc vendre leur pavillon, redevenir locataires et acheter des actions. Il leur faudra « bouger ». En marche !

Il s’agit en théorie de réorienter l’épargne vers la production mais est-ce bien utile dans   un pays comme la France qui regorge d’épargne ? 

L’autre grande forme de patrimoine populaire est l’assurance vie. Là aussi le candidat Macron se propose d’en abroger les avantages fiscaux pour l’imposer au taux unique de 30 %.

Exonérations aux deux extrémités de l’échelle sociale, alourdissement au milieu, ce sont bien les classes moyennes qui sont visées par le candidat Macron. La définition des classes moyennes a évolué avec le temps. Nous proposons d’y inclure tous les Français ayant un patrimoine, faut-il modeste, composé principalement d’immobilier (en général la maison d’habitation). Cela représente environ 58 % de la population dont une partie de la classe ouvrière, la majorité des natifs et, de fait, très peu d’immigrés. Tous ceux qui travaillent ou ont travaillé, excluant ceux qui sont assez riches pour ne pas avoir à le faire ou ceux qui vivent d’assistance. Comme dans la réduction des allocations familiales, on voit bien de quel côté penche Macron. 

Déjà la loi Macron, transposant des directives européennes dont la philosophie est analogue, commençait à laminer les professions à statut (notaires, huissiers en attendant les pharmaciens), qui, dans bien des banlieues, assurent encore un encadrement social minimum.

 

Contre ceux qui « sont nés quelque part »

 

Il a là plus qu’un choix politique   ou social, il y a un choix de civilisation. Macron s’en prend à tous ceux, comme disait Brassens « qui sont nés quelque part « (le chanteur en faisait partie !). A ceux qui ont une attache territoriale, un héritage reçu et à transmettre. Par derrière, le projet d’une société telle qu’en rêvent les élites mondialisées : des individus mobiles, sans culture, sans patrie, sans repères, sans attaches, « en marche » certes mais, comme les enfants qu’entrainait le joueur de flûte de Harlem, en marche vers l’abîme.

Il vaut mieux que tous les gens de droite (ou même de gauche) appartenant à la classe moyenne et qui envisagent de voter Macron aient   cela dans l’esprit.

 

Roland HUREAUX

  

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 15:28

LE GRAND SECRET DE L’ALLIANCE DE L'AMERIQUE ET DE L'ISLAMISME

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/grand-tabou-ces-etranges-et-persistants-interets-communs-entre-etats-unis-et-islamisme-roland-hureaux-2777072.html

 

Après   la vague d'attentats qui frappe les Etats-Unis et   l’Europe depuis quelques mois, on peut se demander si Bahar-el-Assad est toujours l’ennemi principal des Etats-Unis au Proche-Orient. Hélas, la réponse est claire : c’est oui.

Que juste après l'attentat d’Orlando, les plus hauts fonctionnaires du département d'État se soient plaints dans un manifeste[1]  que le président n'en faisait pas assez contre le chef d'État syrien en dit long sur l'état d'esprit qui règne aujourd'hui à Washington. Le président Barack Obama à beau condamner avec emphase comme "un acte de terreur et de haine " ce qu'il qualifie de «la pire fusillade de l’histoire des Etats-Unis", qui a fait 50 morts et 53 blessés, il sait très bien que la politique américaine ne changera pas pour autant.

Les présidents américains successifs ont clamé les uns après les autres   au son des trompettes qu'ils partaient en guerre contre le terrorisme, principalement islamique. Mais ils n’en ont jamais tiré les conséquences : on ne comprend rien au Proche-Orient si on n'a pas intégré que l'alliance entre les Etats-Unis et l'islamisme radical est une des données géopolitiques les plus fondamentales des 70 dernières années. Une alliance qui s’est même renforcée au cours de la toute dernière période.

L'attentat du 11 septembre, revendiqué par l'organisation Al Qasida, avait semblé la remettre en cause. Le golem islamiste avait échappé des mains de son artisan.  Il a donné lieu à des torrents de littérature emphatique sur la guerre planétaire sans merci que le "monde libre" devrait    désormais livrer au terrorisme, proclamé ennemi mondial numéro 1. Mais il n'en a rien été : comme le chien retourne à ses vomissements, les États-Unis ont très vite délaissé ces bonnes intentions pour déclarer la guerre à un ennemi qui n'avait qu’un lointain rapport avec l'attentat, si tant est qu’il en ait eu vraiment un, le régime de talibans en Afghanistan, et surtout un autre qui n'en avait strictement aucun, et qui constituait même dans sa zone un rempart contre l'islamisme, l'Irak de Saddam Hussein.

 

L'attentat d'Orlando ne changera pas la donne

 

Pour horrible qu’il soit, l'attentat d’Orlando risque encore moins de changer la donne, en tous les cas tant que le clan néoconservateur imposera ses vues à Washington.

L'alliance américano-islamique a commencé avec le pacte passé le 14 février 1945 sur le croiseur américain Quincy, au large de la péninsule arabique, entre le   président Roosevelt et le roi Ibn Séoul. Quand on sait comment le riche royaume saoudien, Etat ayant pignon sur rue   mais adepte de la doctrine fanatique du wahhabisme, a financé année après année   les mouvements islamistes, y compris terroristes, on mesure la portée de l'engagement américain.

On retrouve les États-Unis soutenant les Frères musulmans contre l'Egypte de Nasser au cours des années cinquante et soixante. Quoique rivaux des wahhabites, ces derniers professent la même doctrine, ayant pour objectif final le règne de l’islam sur le monde entier. Ils ont bénéficié des mêmes complicités occidentales équivoques : les Frères n'étaient-ils pas nés en 1928 dans le giron de la colonisation britannique ?

Les tenants de l'islam pur et dur n'ayant pas de doctrine économique s'accommodent facilement du libéralisme :  cela suffit à l’Américain.

A partir de 1979, les États-Unis se sont appuyés sur l'Arabie saoudite et sur les rebelles islamistes pour rendre la vie impossible aux Soviétiques qui avaient envahi l'Afghanistan. Ils fournirent en particulier à ceux-ci des missiles Stringer terriblement meurtriers pour l'aviation russe. Au moins l'alibi de la lutte contre le communisme était-il défendable.

Quand le Front islamique du salut (et le GIA) algérien tentait de prendre le pouvoir à Alger et commettait des attentats sanglants à Paris, il n’avait pas eu de difficulté à ouvrir à Washington un bureau qui ressemblait fort à une représentation diplomatique. La répression de l’islamisme en Algérie (1990-2000) a fait plus de 200 000 morts (Il est étonnant que   personne n'osa alors faire des reproches au gouvernement algérien, alors qu’on s'acharne sur celui de Bachar el Assad dont la position, face à une rébellion également islamiste, est analogue.)

Gulbuddin Hekmatyar, un protégé de Washington qui contrôlait le   sud-est de l'Afghanistan, s'étant trouvé impliqué de loin dans le premier attentat du WTC (1993), les Américains, par Pakistanais interposés, suscitèrent pour le punir et pour le remplacer le mouvement taliban, le plus radical qui ait existé, quitte à   le combattre à son tour à partir de 2001.

Dans les Balkans entre 1990 et 1999, l 'OTAN a   pris parti pour les musulmans (Bosnie, Kosovo), aidés par des djihadistes, contre les chrétiens orthodoxes.

La destruction du régime de Saddam Hussein en 2003 ne pouvait que plaire aux islamistes qui détestaient ce dictateur trop tolérant pour les minorités et, quoique musulman sincère, aux manières de mécréant. Il menaçait les monarchies du Golfe protégées par les États-Unis et adeptes d'un islam bien plus radical. La nature ayant horreur du vide, sa chute attira en Irak les islamistes de tout poil qui s’implantèrent dans le nord de la Mésopotamie. Servi par des complaisances anglo-américaines, turques, saoudiennes, qatari et autres, ce mouvement conduisit en 2013 à la création de Daesh.   

 

Les printemps arabes : de la démocratie à islamisme  

 

Depuis son accession à la tête de la Turquie en 2003, Récup Redorant, frère musulman lui aussi, a bénéficié de toutes les faveurs de Washington. Sa candidature à l'entrée dans l'Union Européenne l'a protégé d'un coup d’Etat militaire kémaliste (c'est-à-dire laïque) et lui a permis de renforcer l'islamisation du pays, tout en lui offrant une base arrière à la rébellion islamiste en   Syrie et en Irak. Daesh n'a pas d'allié plus solide aujourd'hui que la Turquie, membre de OTAN. Il suffirait que ce soutien lui soit retiré pour qu'il retourne dans les sables, mais personne n’exige d’Erdogan qu'il le retire.  

Ce soutien aux islamistes s'est déchainé à partir de 2011, notamment sous l’influence d'Hillary Clinton. On savait depuis toujours que démocratiser un pays arabe, c’était donner le pouvoir aux Frères musulmans, non que le peuple adhère à leurs doctrines mais parce que, seuls, ils sont présents sur le terrain pour soulager sa misère.  L’Occident se prit néanmoins d'enthousiasme pour les "printemps arabes" au point d'appuyer tantôt politiquement, tantôt militairement l'émergence de pouvoirs islamistes en Egypte, en Libye, en Tunisie, au Yémen avant de tenter de le faire en Syrie. Morsi et Erdogan, frères musulmans tous les deux, étaient les favoris d'Hillary Clinton.

Cette politique a failli réussir en Syrie où la dynastie Assad, pouvoir laïque fort, adapté à un pays religieusement pluraliste, se trouvait confrontée depuis des années à une opposition islamiste. Sans l'aide massive apportée aux opposants à Assad, il n’y aurait sans doute pas eu de guerre en Syrie. Ces opposants sont, quoi qu’on dise, idéologiquement proches de Daesh, même quand on feint, comme c'est le cas d’Al Nosra, branche syrienne d'Al Qasida ou d'Arar-el-Shama, de leur trouver des vertus démocratiques. Cette offensive anti-Assad s’est heurtée à la détermination des Russes à garder le seul point d'appui qu’ils avaient encore dans la région et à celle de la minorité alaouite dont sont issus les Assad, laquelle n’avait d'autre alternative que de rester au pouvoir ou d'être exterminée.

Pas plus que les attentats du 11 septembre, cette politique n'a été infléchie par les attentats de Paris et de Bruxelles ; seule la France semble s'être mise à l’écart. Et encore :  il y a quelques semaines, l'armée syrienne aurait   capturé des soldats d'Al Qaida encadrés par des conseillers techniques américains, anglais, français et saoudiens. Washington ne décolère pas que les bombardements russes   n'épargnent pas Al Qaida.  Al Qaida ! [2]

Contre qui cette alliance entre Washington et la mouvance islamiste ? Au Proche-Orient même contre tout ce qui avait encore apparence d'État sous la seule forme que l'on connaisse dans cette région : une dictature militaire plus ou moins laïque, fondée sur un parti unique de type baasiste ou nassérien. Bien que fort peu agressifs à l'extérieur (  la Syrie a certes tenté de faire valoir ses droits sur le Liban et l'Irak sur le Koweït mais il ne s'agissait que d'objectifs limités ), n'ayant jamais sérieusement menacé Israël, ces régimes furent pris en  grippe par les néo-conservateurs, qui pensaient que pour faire   un Etat  de droit, il fallait s'abord détruire  l'État et qui auraient voulu redécouper (reshape) le Proche-Orient selon des lignes ethnico-religieuses, mieux à même d’entretenir le chaos.

 

Contre la Russie

 

Mais cette politique est surtout dirigée contre la Russie instaurée en ennemie historique quand bien même elle n'est plus communiste ; une Russie plus vulnérable à l'islamisme par sa proximité et la présence de 15 % de musulmans sur son sol, alors que, malgré les Twain Towers et Orlando, la menace islamique est beaucoup plus lointaine en Amérique. Que l'islamisme qu'elle nourrit doive pourrir la vie aux Russes et aux Européens   lui importe peu.  Bien que menacée en première ligne, l’Europe s’est laissé entraîner avec une rare inconscience   à soutenir les États-Unis dans cette entreprise de déstabilisation contraire à ses intérêts. La France l’a fait au mépris d’alliés historiques qui avaient toujours bénéficié de sa protection comme les chrétiens d’Orient, premières victimes de l'appui apporté aux islamistes. La question proche-orientale est un moyen d'arrimer l'Europe occidentale au char américain, contre la Russie. Que le terrorisme et les flux de migrants déstabilisent les États d'Europe est plutôt bien vu dans certains cercles washingtoniens, où l'on compte que   ces États, une fois affaiblis par le multiculturalisme, seront plus dociles à l'instauration d'un espace euro-atlantique unifié.

Au vu de ces   collusions, nous ne cèderons pas à la tentation de dire des attentats : "les Américains les ont bien cherchés". Ce serait indécent : les victimes d'Orlando ne sont pas les mêmes que ceux qui élaborent à Washington les politiques de déstabilisation. D’ailleurs, il ne faut pas imaginer   que le terrorisme soit tenu pour un grave problème par les grands qui dirigent le monde. Malgré la rhétorique dont ils usent à l'usage du peuple, les attentats terroristes sont d'abord pour eux un moyen de déstabiliser l’adversaire (le seul qui compte, la Russie) ou de coaliser les opinions publiques autour d’eux, éventuellement de restreindre les libertés. Orlando, à cette échelle, est un non-évènement.

Aujourd'hui alliée à l'islamisme contre la Russie, l 'Amérique aurait l'option alternative de s'allier à la Russie contre l'islamisme. C'est plus ou moins le programme de Trump. Le laissera-t-on faire ? En tous les cas se serait là une rupture avec 70 ans de politique pro-islamiste :  on comprend qu’elle suscite des inquiétudes à Washington.

                                                           Roland HUREAUX

 

 

 

 

[1]  Le Monde, 20/06/2016

[2] Al Qaida (dont la branche syrienne s'appelle Al Nosra) est désignée comme une organisation terroriste à combattre dans   la Résolution de l'ONU du 18 décembre 2015 et a sinon revendiqué, du moins approuvé l'attentat du Bataclan, ce qui n'est pas le cas d'Arar-el-Shama.  Voilà ce que les forces spéciales françaises continuent à soutenir ! 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 23:34

 

COMMENT AIRBUS A CESSE D'ETRE FRANCAIS

 

                http://www.causeur.fr/airbus-eads-tom-enders-paul-eremenko-39318.html  

En ce mois de juillet, un nouveau directeur technique a pris ses fonctions au sein d’Airbus Group.  C'est un Américain de 36 ans, Paul Eremenko, qui a fait jusqu'ici l'essentiel de sa carrière dans une annexe du Pentagone, la DARPA (Défense Advanced resarci program agence), chargée des techniques de pointe en matière d’armement :  robotique, drones, satellites.

Cette nomination appelle plusieurs   questions :

 

-    n'y a-t-il   en Europe aucun   ingénieur qualifié pour occuper ce poste ?

 

- la réciproque est-elle concevable : Boeing nommant un directeur technique ayant travaillé dans son pays dans le domaine de la défense ? Rappelons que l'armement est dans le périmètre du groupe Airbus, comme de Boeing.

 

On peut   douter de cette réciprocité au vu d’une récente loi américaine qui prescrit qu’en cas de prise de contrôle d'une entreprise stratégique par un groupe étranger (même venu d’un pays de l’OTAN, bien évidemment), le gouvernement américain se réserve de nommer l'ensemble des membres du conseil d'administration et de la direction, les nouveaux actionnaires n'ayant d’autre droit que de connaître les comptes et de percevoir des dividendes.

Voilà un pays où l'"intelligence économique" est un vrai souci, pas un sujet de colloques !

Mais le fait le plus remarquable est qu’avec cette nomination, aucun Français n’occupera désormais une des cinq fonctions majeures de la direction du groupe Airbus :

Direction générale : un allemand (Tom Enders), Finances : un autre allemand ; Affaires juridiques : un britannique ; Marketing : un américain, Technique, désormais un autre américain.

Les postes de directeur de la stratégie et de président d'Airbus Industrie, encore détenus par des Français, ont perdu beaucoup de leur contenu depuis la réorganisation du groupe opérée par Tom Enders en 2014.

Cette réorganisation comprenant la fusion de la direction générale d’EADS et de celle d’Airbus industrie au sein d'Airbus Group, s'est accompagnée du transfert du siège à   Toulouse, ce qui a fait illusion aux Français, toujours plus sensibles aux symboles qu'aux réalités et qui n'ont pas vu que les deux postes évoqués passaient désormais sous le contrôle étroit du PDG.

Dans la foulée, le même Enders a créé Airbus Défense & Sace (ADS), réunion d’Astrium et Cassidian dont le siège a été installé à Munich avec un management presque 100% allemand.   Décision d'autant plus étonnante, elle aussi, que les poids lourds dans le domaine considéré sont la France et la Grande Bretagne.  La partie électronique de cette entité vient d'être cédée, sans que personne en France ait eu son mot à dire, au fonds KKR, notoirement proche de la CIA (alors même que Thalès était candidat).

Une telle situation est d'autant plus paradoxale que l'Etat français est encore actionnaire du groupe à hauteur de 11 % et surtout qu'Airbus est historiquement une création française qui doit son essor, au sortir de la guerre et pratiquement jusqu'à la privatisation, à des investissements publics très importants, payés par le contribuable français.

Rien non plus pour l’Espagne actionnaire à 4 %.

Ne nous étonnons pas qu'aujourd'hui en Chine, on tienne l’Airbus, créé en France par des ingénieurs français pour un avion allemand !

Il est aujourd'hui politiquement incorrect   dans les sphères dirigeantes françaises et au sein du groupe, "à l'heure de la mondialisation », d’entrer dans ce genre de considérations jugées chauvines et reflétant un nationalisme dépassé.  

Pourtant, savoir qui a le pouvoir dans le groupe Airbus intéresse au premier chef notre pays : la désindustrialisation aidant, l'aéronautique représente aujourd’hui, avec ses sous-traitants, le tiers de l'emploi industriel civil.

Par ailleurs les opérations d'internationalisation du groupe semblent s’être traduites par une diminution continue de la part de l'emploi français (à périmètre constant, c'est à dire sans compter les apports initiaux allemands ou autres) dans l'emploi total du groupe. Une voix syndicale autorisée nous dit que depuis quinze ans les plans sociaux touchent principalement la France et le Royaume-Uni, très peu l'Allemagne. 

On aimerait que ces considérations, jugées chauvines et déplacées dans la classe dirigeante française, soient jugées aussi dépassées   à Washington et à Berlin.  Mais, entre le nationalisme implacable de l'un et celui, plus rampant de l'autre, on en doute.

Peut-être serait-il temps que la France fasse valoir ses intérêts au sein d’Airbus Group ?

 

                                                           Roland HUREAUX

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 23:33

LA FRANCE DOIT PROTEGER SES INDUSTRIES DE SOUVERAINETE

 

http://www.voxpop.pro/2016/04/la-france-doit-proteger-ses-industries-de-souverainete.html

 

http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/en-france/item/2657-proteger-ses-industries-de-souverainete

 

Qui se soucie de la prise de contrôle progressive par des intérêts étrangers de nos principales industries stratégiques ? 

La plus spectaculaire est l'électronique d’Airbus qui vient d'être rachetée par le fond américain KKR, notoirement proche des services de renseignement.  Interrogé sur ce sujet, le ministre de la défense français allègue que l'essentiel de ses activités se trouvent en Allemagne et que le gouvernement allemand n'a pas objecté.  Comme s'il ne s'agissait que d'un problème d'emploi et comme si Berlin était en mesure de s'opposer à Washington ! 

La récente mésaventure du Rafale dont l'administration américaine s’estime en droit d’interdire toute exploration dès lors que s'y trouverait une seule pièce détachée américaine, aurait dû nous mettre en garde. 

Et n'oublions pas Alsthom qui, cédée à General Electric, emporte avec lui une partie de notre savoir-faire nucléaire, par ailleurs mis à mal par le naufrage d'Areva.

Le député Jacques Myard s'est ému récemment   du projet de cession, par Safran de sa filiale à 100 % Morpho qui détient des compétences dans deux domaines essentiels à la sécurité de la France : la biométrie et la détection d’explosifs.

 La biométrie est un secteur clé qui doit beaucoup au talent des ingénieurs français qui ont fait de Morpho un leader mondial dans ce domaine, présent sur tous les continents. Ainsi Morpho est le principal partenaire de l’Inde qui veut doter tous les Indiens, soit 1,5 milliards de personnes, d’une identité sur une base biométrique !

La détection d’explosifs dans les bagages est aussi un secteur rentable, en pleine expansion, Morpho a fait l’acquisition il y a 3 ans d’une société spécialisée. Il n’y a aucune raison de faire marche arrière aujourd’hui.

Dans sa réponse à Myard, insolemment désinvolte, le ministre de la défense Le Drian prétend que Morpho n'est pas dans le périmètre du ministère de la défense. Il sembla oublier que Safran, important fournisseur du ministère de la défense, lui, y est.

Dans tous les cas, ces deux entités doivent rester françaises.

Safran, entreprise prospère n’a nullement besoin d’une telle cession vivement souhaitée en revanche par de puissants intérêts anglo-saxons, alors même que des solutions françaises de reprise existent.

On ne peut que s’interroger sur la précipitation mise à engager une telle opération.  Hasard ? Certains ont relevé que si la vente envisagée devait se conclure, elle aurait pour effet de provoquer une augmentation du cours de bourse de Safran et par voie de conséquence de la valeur des stock-options détenues par ses   dirigeants.

 

Un libéralisme à sens unique

 

S'émouvoir de ces projets de cession est, dira-t-on, contraire au dogme libéral qui désormais semble régner sans partage dans les sphères dirigeantes européennes.

C'est ignorer que le libéralisme est aujourd'hui à sens unique. Aux Etats Unis   le dispositif CFIUS ou Proxy permet au président   d’imposer des contraintes extrêmement fortes à tout acheteur étranger d’une entreprise américaine jugée stratégique, et ceci quel que soit le secteur économique concerné. Il peut aller jusqu’à fixer de manière unilatérale la composition du conseil d’administration en y imposant en partie ou en totalité des citoyens américains, choisis par le gouvernement. L'actionnaire n'aura dès   lors droit qu’aux informations financières à l'exclusion de tout droit de regard sur l’orientation stratégique ou technologique.

Morpho a eu à connaître des rigueurs de cette réglementation lors de l’achat de l’entreprise L 1, éditeur des permis de conduire américains, qui ont la valeur de titre d’identité fédéral, et à ce titre a été jugée stratégique.

Nous voyons au contraire chez nous l’Etat mettre en vente les parts qu’il possède dans des entreprises essentielles à l’exercice de sa souveraineté sans prendre les moyens d’exercer un contrôle. Le décret Montebourg qui donne un droit de veto à l'Etat représente un progrès mais c'est tout ou rien.   Le dispositif CFIUS, plus pragmatique, permet de doser l’intervention et n’est pas coûteux pour la puissance publique. Il peut être mise en œuvre sans texte de loi (un décret suffit) et les traités européens ne peuvent lui être opposés dans le domaine de la défense.

Il est temps que notre pays se ressaisisse avant d'être dépouillé de tout pouvoir    sur ses industries de souveraineté. L'affaire Morpho a valeur de test.

 

                                                           Roland HUREAUX

 

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Published by Roland HUREAUX
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