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Roland HUREAUX

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:42

L'ASSASSINAT D’UN SI SIMPLE PRETRE

 

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/08/05/31003-20160805ARTFIG00198-le-pere-jacques-hamel-ou-l-heroisme-discret-de-la-generation-vatican-ii.php

 

Le public n'a pas été seulement ému par les atroces circonstances du meurtre du père Jacques Hamel dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Il   l'a été aussi par le caractère de ce prêtre ou plutôt par son absence apparente de caractère distinctif, par sa simplicité au sens le plus ordinaire du terme.

Meurtre atroce. Les chrétiens n'ont pas l'habitude de gémir sur les   misères qu'on leur fait car ils ont la culture du martyre. Le Christ les a prévenus : "Vous serez haïs de tous à cause de mon nom" (Mt 10, 22), « Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous (…) Le serviteur n’est pas plus grand que son maître.  S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi « (Jan 15, 18, 20). Et ils connaissent ce mot de Tertullien : " le sang des martyrs est la semence des chrétiens". En un sens, la mort du père Hamel est pour lui une apothéose : égorgé en pleine messe, dans son église, sur l’autel, comme l'Agneau de Dieu dont il célébrait le sacrifice, à 85 ans, après une vie de prêtre accompli !

 

Un prêtre parmi d'autres

 

Mais le plus émouvant est que, à ce que l'on sait, le père Hamel est un prêtre comme il y en a eu des centaines dans   sa génération. Une génération qui a vu, sans doute avec douleur, la déchristianisation massive de la France, la raréfaction des vocations, des charges de plus en plus lourdes pour une population de plus en plus indifférente. Qui a vu aussi, à la suite du Concile Vatican II, la simplification du culte que certains tiennent pour un appauvrissement ou une banalisation.  La paroisse de Saint-Etienne-du-Rouvray est assez emblématique de la déréliction d'une grande partie de cette France qui fut chrétienne. C’est une paroisse de banlieue ouvrière, déchristianisée, dominée d'abord par le parti   communiste, puis par l'islam. Les    catholiques n’y sont qu'une faible minorité.    Le statut social des prêtres n’est plus ce qu'il était. La société leur demande de garder profil bas, de dire la messe « en faisant vite, en se cachant, pour ne pas déranger les gens "selon le mot de Georges Brassens, ce « bouffeur de curés" que le sort du père Hamel aurait sans doute ému. On   demande seulement à ces prêtres d’être des braves gens, ce qu'ils sont, pas toujours reconnus à leur juste valeur. Le père Hamel disait une messe habituelle de semaine avec six fidèles dont trois bonnes sœurs, âgées elles aussi.  Une messe en français, sans pompe, sans   chants extraordinaires, sans   extase pendant l'eucharistie comme on en a prêté au Padre Pio.  Bref, selon l'expression consacrée, l'"ordinaire de la messe".

De cette routine postconciliaire dépourvue d'éclat, le père Hamel ne se sera écarté que sur un point : il n'avait pas voulu prendre de retraite. Au motif que les prêtres seraient des "travailleurs comme les autres", les évêques de France ont   pris l'habitude de les mettre à pied ou à en maison de retraite passé un certain âge. Comme si les règles syndicales s'appliquaient aussi aux hommes de Dieu. Le père Hamel, lui, a voulu servir jusqu'au bout, même dans un rôle subalterne : c'était sa gloire, fort modeste au demeurant. Il n 'oubliait sans doute pas que prêtre, presbyteros, signifie en grec l'"ancien".

 

Signe paradoxal

 

C'est un signe paradoxal de la Providence que l'immense honneur du martyre soit tombé sur un prêtre aussi simple.  On peut penser que du haut de    sa toute puissance, Dieu a vu ce qu’avait eu d'héroïque cette génération postconciliaire que tant d'esprits forts prennent de haut.  Une génération qui n’a sans doute pas fait d’éclat, qui n'a renversé aucune tendance de fond, mais qui a tenu le poste dans des temps qui furent peut-être parmi les plus difficiles de l'histoire de l'Eglise.

Un signe pour les mauvais chrétiens que nous sommes, trop souvent portés   à l’arrogance et au mépris devant la   grisaille.  Un signe aussi pour une population qui s'était habituée à ne pas remarquer ces curés devenus si discrets, les prenant au mieux pour    les derniers des Mohicans.

Or si le djihadiste se sont attaqués à un prêtre de ce profil, en fin de course et qui ne sera probablement pas remplacé, dans un quartier où l'Eglise catholique gardait profil bas, c'est que, malgré son absence d'éclat, ce mince filet d'une Eglise catholique en crise signifiait bien plus que ce qu’elle croyait elle-même.  Les djihadistes ont vu, eux, qu'il y avait là une réalité métaphysique redoutable, un symbole pour eux insupportable. Malgré sa bénignité, le père Jaques faisait encore peur à certains.

Or faire peur, c’est exister. N'en déplaise à Emmanuel Todd, l’Eglise n’est pas encore morte en France.

 

                                                                       Roland HUREAUX

 

 

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:42

HOLLANDE DANS L'ENGRENAGE DE LA GUERRE

 

                http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/en-france/item/2627-hollande-dans-l-engrenage-de

            http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Hollande-dans-l-engrenage-de-la-guerre

Deux initiatives dont la coïncidence ne manque pas d'être inquiétante : 

Du côté de l’OTAN, la décision de renforcer la présence militaire en Europe de l’Est. Lors de la réunion des ministres des 28 pays membres de l’Alliance, le 10 février 2016, des mesures de « réassurance » en direction des pays baltes et de la Pologne ont   été annoncées. Afin de dissuader la Russie, l’OTAN va   renforcer sa « présence avancée » sur son flanc oriental, avec le déploiement de nouveaux équipements. Cette présence militaire « avancée » et « renforcée » sera « multinationale » pour « montrer qu’une attaque contre un allié sera une attaque contre tous les Alliés », a dit Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN. Elle consistera à déployer, dans les pays concernés, des troupes alliées « par rotation », à organiser davantage d’exercices militaires et à installer de nouveaux dépôts d’équipements et de matériels afin de « faciliter l’envoi rapide de renforts » le cas échéant. En outre, deux autres centres de commandement (en plus des 6 premiers) seront créés.

A cet effet, le gouvernement américain a décidé d'augmenter sensiblement les crédits militaires destinés à l'Europe de l'Est. Utile précaution dira-t-on. Mais que dirait-on si le Russie annonçait le renforcement de sa présence militaire au Mexique ?

Il est douteux que ces mesures, en théorie destinées à rassurer les pays baltes et la Pologne mais dont on ne voit pas l'utilité immédiate, favorisent la détente entre la Russie et l'Occident. Puisque la présence de l'OTAN dans cette région doit être multilatérale, la France qui est pourtant engagée sur bien d'autres théâtres d'opérations, devrait en être aussi partie prenante : elle avait déjà participé à des manœuvres dans les pays baltes en juillet dernier.

 

Hollande intègre un peu plus la France à   l'OTAN

 

Justement au même moment, c’est la seconde initiative, le gouvernement français a déposé le 4 janvier 2016 en catimini sur le bureau des assemblées un projet de loi destiné à compléter la réintégration plénière de l'OTAN amorcée par Nicolas Sarkozy. Il   restait des interstices par lesquels cette réintégration demeurait incomplète : ils doivent, pour M. Hollande, être comblés incessamment.  Pratiquement cela veut dire que les Américains pourront investir tous nos états-majors (quid du nucléaire ?) et toutes nos bases sur l'ensemble du territoire, voire en construire pour leur compte.

Dans l'exposé des motifs de la loi, on lit :  "en 2009, la France a décidé de réintégrer la structure de commandement de l'OTAN. En conséquence, elle a recommencé à accueillir du personnel de l'Organisation dans ses quartiers généraux militaires sans que ses QG ne bénéficient toutefois d'aucun statut international. Seuls des arrangements de circonstance ont permis jusqu'ici l'accueil de personnels de l'OTAN dans les QG situés sur le sol français. L'attractivité du territoire français s'en trouve affectée, de même que l'influence française au sein des structures de commandement." On se demande comment notre assujettissement à 100 % pourrait accroitre notre influence auprès de l’organisation !   

Quand on   voit le caractère confidentiel de ce projet de loi que   seul Jean-Luc Mélenchon a relevé, comment ne pas évoquer la réaction du député Hollande quand Sarkozy décida en 2008, de manière pourtant plus ouverte, la réintégration du dispositif militaire intégré de l'OTAN : "Dans toute démocratie digne de ce nom, de tels arbitrages auraient été rendus après un vaste débat dans le pays ». En matière de vaste débat, cette fois nous sommes servis !

 

"Crise émergente en Europe"

 

Ces changements, tant de l'OTAN en Europe de l'Est que de la France dans l'OTAN sont à replacer dans l'évolution de la pensée stratégique de l'autre côté de l'Atlantique. Un livre retentissait de George Friedman Flashpoints, an emerging crisis in Europe[1] est paru récemment aux Etats-Unis. L'analyste bien connu   pense que l’Occident doit avoir à l'égard de la menace russe qu’il suppose, non seulement une stratégie de containment mais aussi de roll back en plaçant tout l’environne proche de la Russie sous contrôle américain étroit. L'auteur envisage la possibilité d’un conflit de première importance entre l'OTAN et la Russie. L'Allemagne serait alors, dit-il, sur la ligne de front. La France serait la base arrière logistique : entrepôt de matériels, accueil de renforts venus d'Outre-Atlantique.  C'est sans nul doute la même conception offensive qui inspire ceux qui ont dicté à Hollande le projet de loi évoqué plus haut.

Bien plus pondéré que Friedman, Henry Kissinger déclarait   au New York Times en janvier 2015 : "Je pense qu'une reprise de la guerre froide serait une tragédie historique ».

Il est clair que de cette tragédie possible, l’engrenage se met en place, la folie idéologique des néoconservateurs américains aidant.

François Mitterrand disait à se proches que, dans le monde actuel, la France "pouvait seulement espérer passer entre les gouttes"[2]. Telle n'est pas la préoccupation de François Hollande pour qui, si une tragédie survient, il faut absolument que notre pays en soit !  Et pour cela il n'hésite pas à mettre, avec une légèreté affligeante, et une insigne servilité    à l'égard de ses maîtres nord-américains, le doigt dans l 'engrenage. Le doigt et bientôt le bras.  

Qui se souvient encore de ce passage de la célèbre conférence de presse du général de Gaulle du 21 février 1966 où il avait annoncé au contraire notre retrait du dispositif intégré ?  

Et voici que des conflits où l'Amérique s'engage (...) risquent de prendre, en vertu de la fameuse   escalade, une extension telle qu'il pourrait en sortir une déflagration générale. Dans ce cas, l'Europe dont la stratégie est dans l'OTAN celle de l'Amérique serait automatiquement impliquée dans la lutte, lors même qu'elle ne l'aurait pas voulu.  Il en serait ainsi pour la France si l'imbrication de son territoire, de ses communications, de certaines de ses forces, de plusieurs de ses bases aériennes, de tel ou tel de ses ports dans le système militaire sous commandement américain devait subsister plus longtemps.

 

Que dire de plus ?

 

                                                                                   Roland HUREAUX

                                      

 

 

 

 

 

 

 

[1] CR in Revue politique et parlementaire ,, octobre-décembre 2015, article de Jean-Claude Empereur

[2] Confidence à Jean-Pierre Chevènement in L'Homme nouveau, janvier 2016,  article de  Thibaud Colin  

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:40

MARINE LE PEN PEUT DIRE : "DANKE SCHÖN FRAU MERKEL"  

 

http://www.libertepolitique.com/site/Actualite/Decryptage/Marine-Le-Pen-peut-dire-Danke-schoen-Frau-Merkel

 

La montée qui  semble inexorable du Front national  aux élections françaises résulte  sans doute  de données de fond : chômage, récession, lourdeur de la fiscalité, immigration , insécurité, réformes brouillonnes et déstabilisatrices ( ainsi les différentes réformes territoriales toutes plus absurdes  les unes que les autres ayant  en commun d'accroître les dépenses et d' affaiblir les repères ). Mais les événements récents ont joué un rôle d'accélérateur du processus aux  élections régionales de 2015 : les tragiques attentats du 13 décembre , et plus encore l'irruption d'un  flux massifs d'immigrés ( dont certains sont des réfugiés)  arrivant par dizaines de milliers en Europe  en provenance de Libye d'abord,  et, depuis l'été,  de Turquie .

Alors que les attentats ont  eu pour effet de resserrer le lien national et même, ô  paradoxe,  de renforcer la position de François Hollande, l'annonce de l'arrivée des migrants  a profondément déstabilisé les esprits. Certains   y ont vu   la réalisation de la prophétie de Jean Raspail dans son célèbre roman de 1975 ,  "Le Camp des saints" .  A tort car il décrivait un mouvement spontané alors que celui-ci est organisé.  Même si la France  n'était pas le première destination de ces arrivants, elle s'est sentie menacée. Bien plus qu'un attentat, même horrible, qui ne touche qu'à  la sécurité physique , la perspective d'un changement de civilisation provoquée par une immigration de masse a jeté le trouble dans un peuple français à qui l'omniprésence de  la thématique islamique et raciale avait déjà  mis   les nerfs à vif.  Pour beaucoup,  le vote FN au premier tour des élections régionales a été  non seulement  un mouvement d'exaspération,  mais aussi une sorte  d' avertissement adressé aux responsables de cette immigration imposée.

Imposée par qui ? L'affaire demeure confuse quant à ses  commencements. Un tiers des réfugiés vient d'une Syrie en proie  à une  guerre civile  atroce que les Occidentaux ont   nourrie en aidant les djihadistes pendant quatre ans . Il ressort que,  contrairement   à la version officielle, la  plupart  des exilés ne fuient pas  le régime mais la guerre ,  les islamistes  ou tout simplement la crise économique aggravée  par les sanctions de l'Union européenne. Ils sont aidés par des mafias qui  vont les chercher jusqu'à Damas pour leur extorquer  le prix exorbitant  du  passage. Les plus pauvres ne peuvent donc pas partir. D'autres viennent de l'Afghanistan, aussi en guerre,  ou    tout  simplement de Bosnie , du Kosovo ou d'Albanie, pays qui ont pourtant fait l'objet , depuis la guerre de 1999 menée par l'OTAN,  des  petits soins de la communauté occidentale. Et n'oublions pas le flux venant de Lybie plus ancien de quelques mois,  composé d'Africains,  et qui se poursuit.

Les arrivées se comptent par milliers tous les jours et,  contrairement à ce qui avait été annoncé, elles ne semblent pas se ralentir en hiver.

 

L'appel d' Angela Merkel

 

Mais s'il y a des départs, c'est qu'il y a une perspective.  Un tel flux n'aurait pas eu lieu si Angela Merkel n'avait dit  clairement au début de l'été que l'Allemagne était prête à accueillir un million de réfugiés .   

On peut  s'interroger sur les motivations de la chancelière  . A pu jouer la demande du patronat allemand désireux de tenir les salaires à la baisse du fait de la   prospérité de ce pays  qui contraste avec l'atonie de l'économie des autres pays de la zone euro . Egalement   le calcul   des démographes de l'ONU et de l'Union européenne qui   depuis au moins 25 ans  vont répétant  que , compte tenu de la  faiblesse du taux de natalité  européen , un afflux de plusieurs millions de personnes sera nécessaire pour équilibrer  les régimes de retraite. Calcul grossier qui  ne repose que sur une approche purement quantitative  ne tenant pas  compte de la qualité de la main d'œuvre ( les employeurs allemands viennent de découvrir que le arrivants ne correspondaient pas tout à fait  à ce qu'ils espéraient) , mais surtout des risques de choc culturel considérables  que cette immigration brutale emporte.

Il est étonnant qu' Angela Merkel qui,  il y  a peu,  déclarait que le multiculturalisme était une échec en Allemagne, n'ait pas pris la mesure de ce choc. 

Il est encore plus étonnant qu' une femme de cette expérience, tenue jusqu'à ces décisions  désastreuses  pour une des consciences de l'Europe , ait pu pousser l'irresponsabilité jusqu'à  déstabiliser ainsi  gravement à la fois l'Allemagne et l'Europe.

Est-il nécessaire de dire que dans les mystérieuse motivations de la chancelière, les considérations humanitaires ne tiennent  aucune place ?  Son comportement  peut être même jugé monstrueux.  N' est ce pas un rapt de population que d'aller chercher    de la main d'ouvre  qualifiée dans des  pays qui ,   la  paix revenue , en auront besoin pour se reconstruire.  Et si vraiment elle souhaitait faire venir ces gens,  ne lui    suffisait-il pas  de leur accorder  des visas et de leur permettre de prendre  l'avion. Ils auraient payé  300 €   pour acheter un billet au lieu  des milliers d'euros versés à des passeurs mafieux   qui les emportent sur des  embarcations précaires.   Angela Merkel peut être tenue pour responsable   de la mort d'Aylan !

 

 

 

Quelles victimes ?

 

Si  les premières victimes sont les réfugiés vrais ou supposés  et en tous les cas  moins attendus que ce qu'on leur avait promis, les  secondes sont les petits pays qui bordent à l'est l'  Allemagne  . Après avoir créé un immense appel d'air,  celle-ci s'aperçoit tout à coup que la population allemande n'est pas si enthousiaste à les accueillir et ferme  ses frontières ,   laissant à ses voisins  la responsabilité de gérer le problème. Contraint de se débrouiller seul pour veiller à l'entrée dans  l'espace Schengen comme le traité l'y oblige,   la Hongrie doit en plus  essuyer l'opprobre des bonnes consciences de  l'Europe de l'Ouest.

Mais c'est toute  l'Europe qui se trouve ébranlée par ce flux inattendu et massif dont on ne sait pas encore ce qu'en  sera  l'aboutissement ni  s' il se tarira jamais.

Il fut un temps pas si lointain où quand la chancelière d'Allemagne avait parlé, notamment sur les questions  économiques et financières, le dernier mot était dit : l'Europe avait parlé  par sa voix.

Mais à présent, ce n'est pas la chancelière allemand  qui a parlé, c'est le peuple français. Par son vote de dimanche, il a marqué son refus de la politique d'Angela  Merkel. Comme en   1789, en 1848,  en 1968,     sa voix  forte a  ébranlé l'Europe . Le peuple  français avait  parlé aussi le 29 avril 2005 en  refusant , à la surprise générale , le projet de Constitution européenne. Et c'est  précisément parce qu'on n'en avait  pas tenu compte que l'Europe en est arrivée à la situation de désespérance actuelle.  

Alors que la France, malgré la politique antifamiliale de Hollande, maintient  de justesse sa natalité au seuil du renouvellement, celle de l' Allemagne, prise d'un vertige suicidaire, s'effondre. Il y a d'ores et déjà plus d'enfants en France qu'en Allemagne.   En conformité avec ce différentiel, la France , plus que la plupart de ses voisins, veut encore , comme dit Spinoza, persévérer dans l'être.

C'est de bien des manières que l'Europe institutionnelle  est passée outre  à la    volonté des peuples. Mais  nul n'était allé aussi loin qu'   Angela  Merkel  quand elle a décidé  que l'Europe qui, jusque là,  avait tenté de contrôler ses frontières devait désormais , seule au monde, être un espace ouvert . L'attitude d' Angela Merkel  est l'aboutissement d'un immense mouvement  de dessaisissement des peuple européens sur leur destin.

Quoi que l'on  pense par ailleurs des idées de Marine Le Pen , dont assurément certains aspects sont discutables, sa percée est l'effet direct  des décisions irresponsables de la chancelière allemande . Danke schön Frau Merkel.

                                                                                   Roland HUREAUX

 

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:39

 

DIS-MOI QUI TU HAIS, JE TE DIRAI CE QUE TU ES

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/nuit-debout-dis-moi-qui-hais-te-dirai-qui-es-roland-hureaux-2725255.html

 

https://fr.yahoo.com/?err=404&err_url=https%3a%2f%2ffr.news.yahoo.com%2fnuit-debout-dis-hais-te-dirai-061146038.html%3fnhp%3d1

 

J'avais plutôt de la sympathie pour le mouvement des Nuits debout jusqu'à ce qu'ils expulsent Alain Finkielkraut.

Un mouvement de jeunes qui résistent au mondialisme déchaîné, qui, inquiets de leur avenir, ne souhaitent pas le démantèlement du Code du travail, pourquoi pas ? 

J'aurais pourtant dû me méfier : même si la gauche n'est pas tendre pour ses adversaires (moins que la droite, souvent naïve ou complexée), l'extrême-gauche est presque toujours haineuse et sectaire.

Non par méchanceté mais parce qu'elle est plus que d'autres idéologue. L'idéologie a ceci de particulier que, à partir d’une vision ultra-simplifiée du réel, elle divise l’humanité, sans nuances, entre bons et mauvais : dès lors que quelqu’un se trouve identifié de près ou de loin au bord des mauvais, il doit faire l'objet de la haine la plus absolue. Le cercle des bons, c'est peu ou prou ceux qui partagent cette haine.  Place de la République, un service d'ordre musclé expulse ceux qui ne n'en sont pas.  

Qu'a-ton reproché à Alain Finkielkraut ?  Sûrement pas son souci du peuple qui est authentique, ni sa position sur les auteurs de la loi El Khomri que l'on peut supposer négative. Son refus d'une éducation nationale de plus en plus alignée sur des normes marchandes (méthodes standard, évaluations, etc.), non plus. Ses positions pro-israéliennes, peut-être, mais il n'en a semble-t-il, pas été question lors de son expulsion. Ce qu'on lui a reproché d’abord, c'est   d'avoir pris au sérieux « l'identité malheureuse » des Français - et des autres Européens :  un soupçon de sentiment national ou à tout le moins de compréhension pour ceux qui en ont encore, suffit pour être suspect.

Sylvain Baron, militant souverainiste bien inoffensif, a été logé à la même enseigne. Etienne Chouard, homme de gauche authentique, lui aussi sincère et soucieux des souffrances du peuple, a compris : il n'a pas tenté de s'approcher : « ils vont me chasser en disant que je suis d’extrême droite ».

Qu'un certain nombre d'intellectuels ou d'hommes politiques, précisément ceux que le peuple ne laisse pas indifférents, aient considéré que le fait national ne devait pas être méprisé ou ramené grossièrement à une forme de fascisme, au fameux "populisme », n’entre pas dans leur réflexion sommaire.

Certes ceux qui devraient être leurs vrais adversaires : les Macron, les Valls, les Juppé, tous plus ou moins centristes bon teint et défenseurs de l'Europe, du mondialisme, de la lex americana - et de la loi El Khomri, ne se risqueront pas, eux, dans la galère de la place de la République.  Par prudence mais aussi parce que la rencontre avec un mouvement populaire ne les intéresse sans doute pas beaucoup. 

Mais la cible de la Nuit debout n'est pas là : elle est le fascisme, pas le vrai, mais le fantasmé :  "Ce qui se passe est une forme subtile de maccarthysme, mais au lieu d’attaquer tout ce qui est suspect de communisme, on attaque tout ce qui est suspect de fascisme ou d’antisémitisme." (Jean Bric mont).

 

Les contradictions de l’altermondialiste

 

Frédéric L’ordon, économiste anti-euro et hostile au mondialisme, gourou falot du mouvement va, lui, l’universitaire démocrate, jusqu'à justifier ces exclusions. Il résume à lui seul les contradictions de cette mouvance qui sont celles de   l’altermondialiste :  ses tenants ne sont pas contre le mondialisme (ce serait être fasciste), ils en veulent seulement un autre.  Ils pensent qu'on peut échapper à la tyrannie de la finance internationale et à l'ultralibéralisme par une nouvelle organisation mondiale : a minima, ils prôneront   la liberté totale d'aller et de venir des migrants et donc de la main d’œuvre et consentiront à l’abaissement des nations. En tous les cas, ils tiennent pour ennemis ceux qui ne veulent pas de cet abaissement.  

L'important dans ce mouvement est là : ce n'est pas qu'il profère telle ou telle diatribe contre l'Europe des marchands ou la tyrannie de la finance, c’est qu’il soit d'abord et avant tout contre la nation.

Il est   du même côté que le mouvement, bien mystérieux, des Antifas   qui s'est fait une spécialité de casser et provoquer des violences à l'encontre des manifestations de droite, généralement pacifiques, comme la Manif pour tous, dont l'objet, quant au fond, n’a pourtant rien à voir avec le fascisme.

Il est du même côté que le mouvement encore plus mystérieux des No Border qui, venu d’on ne sait où, fondé on ne sait où, fomente à Calais ou ailleurs des manifestations violentes en faveur des "migrants" et surtout contre les populations locales.

On croit savoir que ce dernier mouvement est soutenu par George Sors qui n'est pas précisément un ennemi de la finance mondiale et par sa Fondation for an Open society qui vise l'abolition des frontières en Europe, et a promu les femmes qui, sous prétexte de féminisme, ont multiplié les profanations visant les Églises chrétiennes et, par-delà, ce qui reste de la civilisation européenne.

Aux États-Unis, des think tanks ont mis au point au fil des ans une technique destinée à faire de la subversion de manière plus rationnelle qu'autrefois. Ces techniques ont été rodées dans les   révolutions orange de l'Europe de l'Est et les printemps arabes.

Elles semblent être mises en œuvre dans les Nuits debout, si vite et si efficacement organisées, au moins pour semer le trouble.

Il ne semble pas en effet que l'objectif du mouvement - et de ceux qui le soutiennent en coulisse - soit vraiment de renverser Hollande. Peut-être veut-on seulement   lui donner un avertissement, lui rappeler qu'on le tient, ou alors canaliser le mécontentement   de l’immense majorité de la population qui chez nous s'exprime de plus en plus par le vote Front national.  Pour éviter cette captation par la droite extrême, jugée sans doute plus menaçante pour le système, il s’agirait d’en faire au contraire une contestation d’extrême gauche comme Podémos ou Syriza, ce dernier semblant aussi être sorti tout armé (et doté de moyens) du front de Jupiter.  Le revirement de Tsipras   montre combien, dès lors qu'on a affaire à un idéologue antinational et mondialiste, il est facile de le retourner. De manière significative Varoufakis, qui pourtant s'est rallié à l'euro et a donc renié lui aussi le mouvement social dont il est issu a été bien accueilli par les manifestants.

 

Les idiots utiles de la finance mondiale

 

Pourquoi l'altermondialiste est-il moins dangereux pour l'ordre établi que l'antimondialiste ? Parce qu'il est complètement illusoire :  rêver de contenir ou contrôler les forces de la finance internationale par un retour aux Etats-Nations est déjà une entreprise bien difficile, peut-être désespérée. Rêver de contrer l'internationale du capitalisme par l'instauration d'un pouvoir international des travailleurs s'était déjà avéré impossible en 1914 ou 1917 quand les forces dites ouvrières étaient infiniment plus fortes.  Aujourd'hui, il ne s'agit que d'une parfaite utopie.

Dès lors que les manifestants sont d'abord antifas et secondairement antimondialistes, ils sont utilisables par les Bill Gates et George Soros qui, sous différents alibis généreux : la préservation de l'environnement pour le premier, l'ouverture totale des frontières ou le féminisme débridé pour le second, veulent d'abord préserver le capitalisme mondial.

"Misère de la philosophie, philosophie de la misère", disait Marx pour déplorer la pauvreté intellectuelle des socialistes de son époque. Que dirait-il aujourd'hui face à un mouvement comme celui dont nous parlons ? Plus que de la colère, c'est peut-être en définitive de la commisération que nous devons éprouver face à ce mouvement de contestation. S'il se trouve privé de vocabulaire et de moyens d'analyse pour exprimer une cause qui, au fond, est juste, l'école des Mérieux et Vallaud-Belkacem, elle aussi voulue par le capitalisme mondial, y est sans doute pour quelque chose.  

                                                                                   Roland HUREAUX

 

                                                                       Roland HUREAUX

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:37

 

Encadré

 

Publié dans Résurrection, juillet 2016

 

MORALE ET MISERICORDE

 

Malgré vingt siècles d'influence chrétienne, il faut bien dire que beaucoup de nos contemporains ont encore une conception quelque peu puérile de la morale.

"Fais pas ci, fais pas ça", "ceci est bien, ceci est mal" : caractériser telle ou telle action comme mauvaise est tenu pour une sorte de décision arbitraire à laquelle il faut bien se plier sans trop chercher à en comprendre la raison d'être.

L'enfant puni prendra l'air contrit, espérant échapper à la punition et il sera content s'il vient à être pardonné par quelque autorité (Dieu, le prêtre, le père ou la mère, le maître).

« Honore ton père et ta mère. Alors, tu vivras longtemps sur la terre que l'Eternel ton Dieu te donne » (Ex 20, 12).  "Le sabbat est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat" (Marc, 37) dit Jésus-Christ.  On peut en dire autant de toutes les lois morales.  Il faut retenir de ces passages que les commandements moraux vont toujours dans le sens des intérêts de l'homme. Si les transgressions    peuvent faire l'objet d'un pardon, enfreindre la norme n'en entraine pas moins un préjudice immédiatement perceptible ou pas. 

Que la société actuelle, comme toutes les sociétés dans le passé, soit une société de pécheurs face à laquelle l'inépuisable miséricorde de Dieu se déverse -   "sur ceux qui le craignent" (Marc 1, 50) détail que l'on a tendance à perdre de vue -, soit.

Mais même si la réconciliation avec Dieu est toujours possible, on ne saurait perdre de vue que, dès lors que la loi est faite pour le bien de l'homme, l’enfreindre lui cause du tort et que ce tort n'est pas toujours réparable. Par exemple, un ivrogne peut sans aucun doute compter sur le pardon de Dieu, même si dans sa faiblesse, il rechute, et peut-être surtout s'il est devenu faible, mais le pardon ne réparera pas, sauf miracle toujours possible, l'état de ses organes.

Il en est ainsi pour les individus, mais aussi pour les sociétés, qui fonctionneront d'autant mieux que la loi de Dieu y sera mieux respectée. Pas seulement parce que Dieu punirait les transgressions, mais par l'effet intrinsèque des transgressions elles-mêmes qui sont comparables à un manquement aux règles d'hygiène qui permettent de rester en bonne santé ou aux règles de sécurité qui permettent de ne pas avoir d'accident. 

                                                                                     R.H.

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:37

MME NAJAT VALLAUD-BELKACEM, STADE SUPREME  DE LA REFORME IDEOLOGIQUE  

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/et-maintenant-histoire-najat-vallaud-belkacem-ou-stade-supreme-reforme-ideologique-roland-hureaux-2177967.html

 

Mme   Najat Vallaud-Belkacem  a beau convoquer à la Sorbonne un  colloque pour débattre de l'enseignement  de l'histoire , mis à mal par sa réforme , la manière cavalière dont elle a , avec l'accord de Hollande et Valls naturellement, imposé celle-ci par décret, prenant  toute le monde de court,  le lendemain même de la grande manifestation hostile des enseignants, restera dans les annales.   

Faut-il tourner la page ? Au contraire,  cette décision  doit nous amener à réfléchir  sur la manière dont elle a conçu et mené la  réforme du collège.

Il est  clair que l'intéressée, dont la nomination  avait surpris,  a atteint  aujourd'hui, selon le principe  de Peter, son niveau d'incompétence.

Mais le type d'incompétence qu'elle manifeste avec la   réforme du  collège  qu'elle a imposée avec l'appui de Hollande et Valls , est hautement significatif de la manière dont, tant par facilité intellectuelle que par idéologie, on prend rue de Grenelle , depuis quarante  ans, les décisions qui détruisent peu à peu notre appareil éducatif.

La méthode est simple: ceux qui sont en charge de proposer des réformes partent des principaux changements qui ont été opérés au cours de années précédentes ; ils constatent que ces changements, réforme après réforme,      vont tous dans le même sens et , comme un élève de cinquième qui apprend la géométrie,  ils  se contentent de prolonger  la courbe que ces changements dessinent pour aller "un peu plus loin " sur la même trajectoire - quand  c'est encore possible.

Il est vrai que le ministère est truffé de vieux augures, apparatchiks généralement médiocres et hégéliens au petit pied, dont toute la compétence consiste à dire sentencieusement, d'un air inspiré, « on va vers ceci ou vers cela », et d'en tirer une opération de prolongation aussi stupide que celle que nous venons de décrire. 

Le latin et le grec sont en déclin; on décrète leur suppression prochaine.

L'allemand est en déclin  au bénéfice du tout anglais : on l'affaiblit encore au mépris de nos engagements vis à vis du gouvernement allemand et de l'amitié  franco-allemande qui constitue toujours le socle de notre diplomatie.

Depuis la plan Langevin-Wallon de 1947 , la tendance est   à plus d'égalité. Le tronc commun au niveau du collège avait été mis en place entre 1960 et 1970 mais il comportait des filières diversifiées et la  possibilité du redoublement , donc d'une différenciation des rythmes. René Haby , ministre de Giscard et néanmoins bon élève du marxiste  Pierre Bourdieu, décrète en 1975 la fusion des différentes filières. Le plan Jospin de 1989 interdit pratiquement les redoublements ,  une interdiction renforcée récemment. Mais la différenciation  des filières s'était  réintroduite par le biais de classes dites "européennes" regroupant souvent les meilleurs élève. On y apprenait les langues à marche forcée , ce qui impliquait au départ une certaine sélection.

Aux classes bilingues à une langue étrangère renforcée, ont été ajoutées les classes bilingues à deux langues étrangères dès la sixième. En sus de l'anglais, ces classes se tournaient le plus souvent vers l'allemand, supposé plus difficile et donc plus élitiste; elles sont aujourd'hui  supprimées. 

La force de l'enseignement  secondaire français était la qualification de professeurs  qui avaient appris au niveau de la licence ou de la maitrise une discipline particulière. Ils étaient fiers de transmettre un  savoir de haut niveau. La  baisse du niveau de nos universités, qui a débouché sur un CAPES supposé plus pratique,  a   affaibli cette exigence.

En  parallèle ont été encouragés les travaux interdisciplinaires . Mme Najat Vallaud Belkacem leur donne encore plus d'importance au détriment des disciplines fondamentales. Ces travaux interdisciplinaires prétendent faire à la place de l'élève le travail de synthèse entre  les différents savoirs, alors qu'une école véritablement libérale devrait  les laisser  les croiser eux-mêmes. Surtout  ils dégradent la notion de discipline scientifique et donc la dignité des savoirs, pour ne pas dire la notion de discipline tout court. Les enseignants deviennent, comme ils le sont dans les pays anglo-saxons, de simples animateurs.

L'intérêt de cette manière de réformer l'Education nationale, la même depuis soixante-dix ans, que la droite ou la gauche soient au pouvoir, est  que même un âne serait capable de faire ce genre de réforme fondée sur la  prolongation des courbes dessinées par les reformes passées.

 

Toujours de mal en pis

 

Cette mécanisation du processus réformateur n'est pas   innocente . Réduire la politique à quelque principes simples que l'on  applique de manière répétitive quelle  que soit la complexité du réel, ce n'est pas seulement de la bêtise adminisrative, c'est aussi la définition du processus idéologique.

Le processus idéologique s'appuie en l'occurence sur un principe de base: toujours plus d'égalité . 

Ne nous leurrons pas : comme  l'idéologie aboutit toujours au contraire du but recherché,  toujours plus d'égalité, cela veut dire toujours plus d'inégalité.

Si l'égalité veut dire traiter tous les élèves de la même manière, comme si on espérait égaliser une série de nombres  en  les multipliant tous par deux, le résultat est que , faute d 'un traitement différencié, les bons sont encore meilleurs et les mauvais s'enfoncent.

Cet égalitarisme superficiel se double  d'une doctrine encore plus perverse , issue de Pierre Bourdieu,  qui conduit à l'avilissement des savoirs transmis. L'inégalité des élèves, qui est de  toujours, ne serait pas selon le sociologue , l'effet des aptitudes  innées mais du seul  milieu social des élèves. Ce milieu social est plus ou moins apte à transmettre les "codes " que l'on trouve dans l'apprentissage de la langue française mais aussi ceux de la culture générale ( y compris scientifique),  de la discipline, des  manières etc. Pour permettre aux plus défavorisés de faire jeu égal avec les autres, on a décidé, depuis 50 ans , année après année,  d'affaiblir ces apprentissages jugés discriminants. Cette théorie plus qu'absurde  aboutit  à priver les élèves les  plus défavorisés d'une "éducation" de base, au sens plein du terme que les autres trouvaient ( et ne trouvent plus guère d'ailleurs) dans leur famille.  La catastrophe scolaire que nous vivons n'a pas d'autre  origine que cette  théorie affligeante. Et bien entendu,     si la qualité de l'enseignement  public se dégrade, les différences familiales ,  au moment de l'embauche,  jouent à plein.

Dans   cette succession de Grands maitres de l'Université attelés les uns après les autres à décerveler les enfants et détricoter la transmission de notre héritage , Najat Vallaud Belkacem, non seulement ne déroge pas , mais étant sans doute plus idéologue encore  que les autres, elle offre le produit le plus achevé du processus.

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:36

 

LES TERRORISTES ONT MIEUX COMPRIS QUE BEAUCOUP L’IDENTITE DE LA FRANCE MAIS ILS N'ONT PAS TOUT COMPRIS

 

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/08/08/31003-20160808ARTFIG00163-ce-que-les-djihadistes-ont-compris-de-la-france-et-ce-qu-ils-ont-oublie.php

 

A une France qui s'interroge chaque jour sur son identité, les terroristes qui ont frappé à Nice et à Saint-Etienne-du-Rouvray ont, d'une certaine manière, répondu "Nous, nous savons ce que vous êtes et c'est précisément cela qui ne nous plait pas et là que nous voulons vous frapper".

L'attentat de Nice a eu lieu le 14 juillet, fête nationale, qui commémore certes la Fête de la Fédération de 1790 que le roi présidait, mais qui se trouve désormais liée à l'imaginaire républicain. C'est la France issue de la Révolution française qui était visée.

L'assassinat d'un prêtre en plein milieu d'une messe à Saint Etienne du Rouvray, c'est l'Eglise catholique, pilier millénaire de la civilisation française qui est la cible. Que cet attentat ait eu lieu le jour de l'ouverture des JMJ est-il un hasard ? Ce n'est pas sûr.

 

Fils de l'Eglise et de la République

 

Pour les terroristes, ces deux traditions n'en font que une. Elles sont toutes deux   constitutives de la même France. Les commanditaires des attentats de juillet auraient-ils lu Marc Bloch :  "Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération." ?  On se le demande.

L'histoire de France ne fait certes pas vibrer les terroristes, mais ils l’ont mieux comprise que les enfants qui sont ou seront victimes d'une Education nationale façon Vallaud-Belkacem laquelle   organise, sur fond de culpabilité, l’amnésie et l'inculture des générations futures.

Ils l'ont mieux comprise que nos laïcistes, tout puissants dans l'actuel gouvernement, pour qui seule compte la France républicaine, et qui pensent qu’un durcissement de la laïcité viendra à bout des terroristes, qu'il faut bannir les sapins de Noëls et les crèches des places publiques pour les apaiser. La très officielle Association des maires de France déconseille aux élus chrétiens de manifester leur foi en public, mais en revanche Anne Hidalgo fête ostensiblement la fin du ramadan à la mairie de Paris.  Pour eux, l’Etat laïque doit tout faire pour échapper au soupçon de parti-pris pro-chrétien en faisant pencher au besoin la balance du côté de l’islam.   Que le christianisme qui ne fait peur à personne soit la première victime d'une telle pratique et qu'une France déchristianisée soit une proie plus facile pour l’islamisme qu'une France qui aurait gardé la mémoire de ses   racines chrétiennes, cela ils ne veulent pas le savoir. Il est vrai que, dans une certaine gauche, la   haine du christianisme est sans doute pire que celle qui anime les terroristes.

 

La crise de la laïcité

 

Que ce laïcisme, de l'école de Vincent Peillon, libertaire et anomique n'ait rien à voir avec celui de Jules Ferry, fondé, lui, sur une forte notion de la loi naturelle (appelée "morale républicaine"), issue de Rousseau et de Kant, leur échappe, ce qui témoigne de la crise profonde que traverse aujourd'hui l'idée de   laïcité et par de là son incapacité radicale à contrer l'islamisme.

Tous ceux qui ont fréquenté des musulmans de France - et d'ailleurs -, qui ont fait par exemple une campagne électorale dans les cités où ils sont majoritaires savent qu'ils   préfèreront toujours un chrétien croyant à un athée. Plus la France se déchristianise, moins elle est capable d'intégrer.

Les terroristes ont aussi mieux compris ce qu'était la France que les héritiers de l'école traditionnaliste, nombreux dans une certaine droite, qui depuis 230 ans ressassent de génération en génération leur ressentiment à l'égard d'une Révolution française supposée être à l'origine de tous nos maux.   Ils ne voient pas que la vague libertaire, venue des Etats-Unis il y a une génération, a peu à voir avec la Révolution de 1789 et qu’elle marque une rupture de civilisation encore plus fondamentale, prémisse d'un transhumanisme suicidaire. Ils ne remarquent pas par exemple que ce qui reste de monarchies en Europe, notamment dans les pays nordiques ou le Commonwealth, ont été les plus ardentes à   adopter les   excentricités libertaires, contraires à une morale naturelle qu’aucun des philosophes des Lumières (sauf Sade) n’avait remise en cause.

A vrai dire les querelles franco-françaises de l’Eglise et de la République, du curé et de l'instituteur, à la rigueur comprises en Italie (Don Camillo et Peptone !) ou en Espagne, sont incompréhensibles pour le reste du monde.  En particulier pour les chrétiens d'Orient    pour qui la France de saint Louis et celle des Droits de l'homme, inséparables, sont deux moments d'un même élan historique.  Il en est de même en   Irlande, en Pologne, en Afrique ou en Asie.

Cela, des hommes aussi emblématiques du génie français que Chateaubriand, Péguy ou De Gaulle l 'avaient compris. De même les hommes de la IIIe République qui, tout en combattant l'Eglise à l'intérieur avaient à cœur de remplir la mission multiséculaire de la France de protection des    chrétiens d’Orient, mission que Sarkozy et Hollande ont oubliée.

En frappant la France à la fois à Nice et à Saint Etienne du Rouvray, les terroristes   ont fait la preuve qu’eux aussi ont   compris cela.

De même l'acharnement particulier qu'ils mettent à frapper la France ne s'expliquerait pas s’ils n’avaient, à leur manière, intégré que parmi les nations chrétiennes, en dépit de ses multiples reniements, elle demeure "la fille aînée de l'Eglise".

 

La France est aussi le pays de la Résistance

 

Il est en revanche une chose que les terroristes n'ont pas comprise, c’est que la France ne se laissera pas faire. On voit bien    dans quelle logique    ils situent leur action maléfique :   la terreur effraye, la terreur démoralise, intimide, tétanise, spécialement les faibles. Or, à leurs yeux, les Français, comme tous les Européens, sont devenus veules, décadents, ils ne sont plus capables de se défendre. Complètement dévirilisés, ils marient même les homosexuels.  Frappons-les et frappons fort, il se rendront. Dans "la guerre civile qui vient », les soldats d'Allah qui seuls ont conservé la flamme des premiers commencements seront, croient-ils, les plus forts.    Si la France bascule, c'est toute l’Europe qui basculera.  Poitiers, Lépante et Vienne seront vengés.

Or ceux qui pensent cela, se trompent profondément. Malgré l’état désastreux où se trouve aujourd'hui la société française, vingt siècles d'histoire nationale montrent que les Français ont toujours eu en réserve des ressources insoupçonnées, qu'ils ont toujours su se ressaisir quand il le fallait, spécialement quand ils étaient le plus insolemment agressés. Non, messieurs les djihadistes, la France millénaire ce n'est pas, comme le répand une certaine doxa de gauche, celle de Pétain, elle est, dès avant Jeanne d’Arc, celle de la Résistance.

A l'opposé de leurs espoirs, ou de ceux que leurs inspirent certains imams aux prêches du vendredi, il existe une identité française, diverse dans ses composantes mais unique et infiniment plus solide que ce qu'ils imaginent.   Daesh aura à cet égard été plus efficace que tous les débats sur    l'identité nationale   pour nous révéler ce qu'est cette identité.  L'immense émotion   qui a suivi la mise à mort de ce   pauvre prêtre de 85 ans en est le signe.  

Là est notre espoir.

 

                                                                                   Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:35

 

LES REPUBLICAINS N'ONT PAS DE PLAN B

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/qui-se-cache-derriere-difficulte-republicains-elaborer-eventuel-plan-b-roland-hureaux-2982354.html

 

Il est dans la culture de l'ex-RPR, devenu UMP, puis "Les Républicains" de prendre des décisions brusques et apparemment fortes après un échec. Alain Juppé en sait quelque chose : à la suite de la défaite à l'élection   législative qui a suivi la dissolution de 1997, il fut sommé dans la journée qui suivit de démissionner de la présidence du RPR pour être remplacé séance tenante par Séguin - qui devait ultérieurement démissionner à son tour tant il était peu fait pour ce poste.

C'est sans doute là la marque de la culture chiraquienne.  Chirac   ne marchandait pas les gestes brusques et excessifs qui convenaient à son air (apparemment) décidé : appel de Cochin, festival atomique de 1995, retrait du CPE, déjà voté et promulgué.

Nous sommes là loin d'une authentique vision politique, laquelle prend en compte pleinement le facteur temps et donc ne s'arrête pas au premier revers. Churchill disait « Le succès, c'est d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme."  Les   mêmes qui poussent Fillon à retirer sa candidature et vont peut-être l’y forcer, auraient dit à De Gaulle après Mers-el-Kébir ou Dakar : "maintenant ça suffit, on rentre à la maison".

En refusant de démissionner, Fillon ne fait pas seulement preuve d'obstination, il démontre ses capacités d'homme d’Etat qui ne change pas de cap au premier revers. Il répond ainsi à ceux qui doutaient de sa force de caractère.

Certes l'affaire à laquelle il est confronté n’est pas insignifiante, non pas tant sur le plan moral ou judicaire, mais sur le plan politique.

Il reste que la seule solution pour les chefs de l'UMP   est de continuer à le soutenir car ils n'en ont aucune autre qui tienne.

D'abord, si Fillon s’arrêtait, le préjudice ne serait pas seulement pour lui mais pour toute la droite et le centre. Renoncer dans les circonstances actuelles à sa candidature serait implicitement reconnaître une gravité qu'ils n'ont pas aux faits qui lui sont reprochés :  tous les experts consultés s'accordent à   penser que cette procédure finira dans six mois ou un an par un non-lieu, mais entre temps que de dégâts ! Cette reconnaissance de culpabilité ne vaudrait pas seulement pour Fillon mais pour toute la droite classique et hypothéquait donc lourdement la candidature de son successeur.

Les défections au sein de LR ne plaisent pas à tout le monde, non seulement parmi les partisans de Fillon mais, très au-delà dans l'éventail politique : elles sentent la lâcheté et la traitrise. L’éventuel futur candidat ne devra donc pas avoir été compromis avec cette méprisable débandade.

 

Qui choisir ?

 

Et puis qui choisir ? Les caciques de LR, avant de demander son retrait à Fillon devraient proposer à l'unanimité un autre candidat : déposer ce que dans la constitution allemande, on appelle une "motion de défense constructive » : une motion de censure   portant le nom du nouveau chancelier. Or il n'en est pas question pour le moment : il s'en faut de beaucoup que les députés ayant quitté le navire soient d'accord sur le nom du nouveau pilote.
Si Fillon renonçait aujourd'hui, il faudrait s’attendre à une grave confusion chez les Républicains, cela à quelques jours de la date limite de dépôt des candidatures, chacune de celles-ci devant être portées par 500 signatures d'élus.

On parle de Juppé qui, parait-il, se prépare. Remplacer Fillon par Juppé n'est  pas  un choix neutre : dans l'atmosphère extrêmement tendue qui règne dans le  monde  occidental entre  les néoconservateurs (et libéraux-libertaires)  de type Clinton désireux d'en découdre avec Poutine et qui n'ont toujours pas avalé leur défaite à la présidentielle américaine   et les pragmatiques qui, comme Trump,  veulent substituer le dialogue  à la confrontation avec la Russie, entre  la logique du messianisme belliqueux et  celle des intérêts , l'atmosphère est proche de la guerre civile : à Washington, le clan Clinton qui comprend la plupart des médias refuse de reconnaitre sa défaite .  En France, Macron est clairement dans le premier camp, Marine Le Pen dans le second. Le malheur est que la ligne de front traverse aujourd'hui le parti Les Républicains. Juppé est clairement, comme Macron, sur la ligne Clinton, Fillon, malgré sa modération, est soupçonné d'être sur la ligne Trump, et en tous les cas de ne pas être hostile à Poutine : "il abuse de la vodka » a dit méchamment Juppé.

Au demeurant les raisons qui ont fait perdre à Juppé la primaire demeurent valables :  non pas son âge, comme on l'a dit, mais l’âge de son logiciel, celui du chiraquisme, le "travaillisme à la française », prêt sur presque tous les sujets à avaliser l'héritage de la gauche à un moment où c’est précisément cet héritage qui semble fatal à la France. Personne n'a oublié non plus ses grossières erreurs de jugement dans la guerre de Syrie. Il aurait gagné facilement l'élection en novembre ou décembre, sauvant la mise des députés LR. Aujourd'hui, c'est moins sûr.

Que dire du jeune Baroin ? Dans un climat de crise   grave, les peuples préfèrent généralement l'expérience et la   solidité. Le noyau dur de l'électorat de droite, d'inspiration catholique modérée, ceux qui ont fait gagner Fillon à la primaire, se ralliera-t-il à quelqu'un qui a déconseillé de faire des crèches de Noël. Bertrand n'est guère mieux loti. Wauquiez, jeune aussi, plus marqué à droite n’est pas aimé par ses collègues mais on   le voit mal se rallier aux précités.

Pour se maintenir, Fillon    n'a pas forcément besoin de l'aval de ses collègues. La page de la primaire tournée, il suffit qu'il se réfère à l'esprit de la Cinquième République pour qui les candidats à la magistrature suprême ne sauraient être des gens de parti   mais de hommes seuls face au peuple.

Fillon aurait tort de lâcher et ses collègues qui veulent son retrait, tort d'insister.

Malgré tout ce qui a pu être dit, Fillon, qui dispose d'un matelas de 18 % d’électeurs sûrs, peut encore être au second tour et gagner. Pour les autres, contrairement aux apparences, c'est douteux.

 

                                                                       Roland HUREAUX

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:34

LE DRAME SYRIEN : UNE LUEUR D'ESPOIR ?

 

http://www.france-audace.fr/le-drame-syrien-une-lueur-despoir/

 

Paru dans la Revue politique et parlementaire

 

Quand je me suis rendu en Syrie en août, je ne soupçonnais pas que l’histoire de ce malheureux pays se trouvait à un tournant.

Le spectacle des embouteillages de Damas, des restaurants de bord de mer pleins à Lattaquié, la visite du krak des Chevaliers aujourd'hui sécurisé, ne laissent pas imaginer l’ampleur de la tragédie que la Syrie traverse.  Elle se résume à quelques chiffres forcément approximatifs :    il est en effet difficile de faire des comptes exacts tant les propagandes croisées obscurcissent le débat.

 

Une tragédie

 

Depuis 2011, début de la guerre civile - une guerre aujourd’hui largement internationalisée -, la population du pays aurait fondu de 23 à seulement 16 millions d'habitants, essentiellement par l'exode de réfugiés : 2 ou 3 millions en Turquie, 1 million en Jordanie, 1 à 2 millions au Liban et maintenant 1,5 million en Europe. Mais au sein même du pays, 11 millions de personnes ont été déplacées, principalement en direction des zones tenues par le gouvernement, surtout Damas dont la population a doublé passant de 3 à 6 millions.

Le confit a fait environ 250 000 morts. Ce ne sont pas tous des victimes du régime d'Assad comme on le dit. 100 000 environ sont des soldats de l'armée syrienne défendant le gouvernement. C'est un taux très élevé qui montre une guerre d'autant plus meurtrière qu'elle est menée contre des djihadistes suicidaires. Beaucoup de réfugiés affluant en Europe depuis le mois de juillet sont des jeunes que leur famille fait partir avant qu'ils ne soient mobilisés, pas nécessairement par refus du régime, seulement en raison du caractère très meurtrier des combats qui ne leur laisse que peu de chances d’en revenir vivants. Il y a au moins autant de morts du côté des djihadistes. Le reste, dans un calcul très approximatif, serait des civils. Quand un pays envahit ou en bombarde un autre et qu'il y a des victimes civiles, on parle de "dommages collatéraux » : 150 000 en Libye en 2011. Quand il s'agit d'une guerre civile, on dira que le gouvernent bombarde "son propre peuple". Mais, de fait, les responsabilités des débordements en direction des civils sont partagées entre tous les belligérants.

 

Les causes de la guerre civile

 

Les origines du conflit ont fait l'objet d'une doxa manichéenne largement propagée en Occident et qui a longtemps fait l'unanimité dans les médias.  La guerre a commencé au moment des printemps arabes : alors que les forces démocratiques ont rapidement renversé les régimes en place en Egypte, au Yémen, en Lybie (grâce à une intervention occidentale), en Tunisie, ils se sont heurtés en Syrie à une résistance inattendue du gouvernement de Bachar el Assad, jugée d’autant plus scandaleuse que ce régime était tenu pour encore pire que les autres. C'est la répression féroce des premières manifestations démocratiques, pacifiques, qui aurait, dit-on, créé l’enchainement fatal. Il ne fait pas bon avoir les puissants de ce monde contre soi. Dans ce schéma, c'est la seule cruauté du gouvernement Assad qui aurait suscité la résistance au régime et donc la guerre civile. La diabolisation du régime Assad par les médias occidentaux a très vite atteint un point de non retour où tout compromis avec lui devenait inenvisageable.

Il est difficile de porter un jugement équitable sur le régime en place dans ce pays. Sans doute n’est-il pas tendre avec ses opposants, comme beaucoup de régimes qui pourtant bénéficient des faveurs de l'Occident et, par-là, de la bienveillance de la presse internationale. Il est difficile de se faire une opinion sur ce qui s'est passé lors des premières manifestations. On remarque cependant que plusieurs chefs accusation à l’encontre du régime demeurent   douteux : peu d'observateurs tiennent pour certain par exemple que l’assassinat du premier ministre libanais Rafic Hariri (2005) lui soit imputable, encore moins le massacre de plus d’une centaine de civils dont beaucoup d'enfants à Homs (2011) ou encore l'utilisation d'armes chimiques   dans les environs de Damas (2013), qui semble aujourd’hui une provocation des rebelles. Pourtant ces événements n'ont pas peu contribué à sa diabolisation.  Quant aux révélations sur des tortures à grande échelle d'un supposé transfuge de la police syrienne dénommé César qui a justifié l’inculpation récente d'Assad pour crime contre l'humanité devant les tribunaux français, là aussi il est difficile de se prononcer tant la guerre psychologique a atteint dans cette affaire un degré élevé d'intensité.

Il reste étonnant que la source quasi exclusive de l'information des médias occidentaux (AFP comprise) soit depuis quatre ans un Observatoire syrien des droits de l’homme basé à Londres, animé par un membre des Frères musulmans, la principale force d’opposition militaire ou politique.

De fait la dureté, incontestable, de la dictature d'Assad dont les deux piliers sont l'Armée et la police politique, s'inscrit dans la sociologie d'un pays marqué par une grande diversité religieuse (sunnites majoritaires, alaouites, druses, chrétiens) et ethnique (arabes, kurdes). La Syrie, terre de contacts depuis l'Antiquité, au carrefour des routes les plus fréquentées du Proche-Orient, constituée en Etat à la suite du mandat    français, ne pouvait garder sa cohésion que sous une poigne de fer.  C'est ce qui explique les traits du régime d'Assad, père et fils : un modèle administratif français, une police politique de type soviétique, une authentique laïcité :  les droits des chrétiens   sont mieux respectés en Syrie que dans tout autre Etat de la région, y compris la Turquie kémaliste, l’Irak de Saddam Hussein, l'Egypte ou les territoires palestiniens. De fait, c’est l'état le plus laïque de la région. Pour atteindre ce résultat, Hafez el Assad, le père, avait compris qu'il lui fallait être impitoyable face à toute dérive fondamentaliste susceptible de mettre en cause la paix religieuse ; c'est pourquoi que la révolte islamiste de la ville de Hama avait été sauvagement réprimée en 1982. Mais les forces centrifuges n'étaient pas éteintes et ont profité du printemps arabe pour relever la tête.

A vrai dire, Bachar el Assad serait venu rapidement à bout, au prix d’une répression ferme mais limitée, des révoltes de 2011, si de nombreuses puissances aux motivations diverses n'étaient intervenues pour soutenir militairement les opposants au régime et entretenir la guerre.

 

L'intervention des puissances

 

Les Etats-Unis d'abord pour qui faire tomber un des derniers dictateurs classiques du Proche-Orient, venu du Baas comme Saddam Hussein, était dans l’agenda défini par les néoconservateurs. Mais il y avait d'autres raisons à leur hostilité : faire sauter un pion pro-russe garantissant des facilités d'accostage à la flotte russe à la base de Tartous. Les Etats-Unis tenaient aussi au départ, à détruire un pays allié à l'Iran des ayatollahs.

Pour la France et l'Angleterre - voire l'Allemagne qui a aussi aidé les opposants syriens, la principale motivation était de suivre les Etats-Unis, avec une frénésie particulière de la part de la France (Juppé d'abord Fabius ensuite) du fait sans doute que la France, patrie des droits de l’homme, se devait de parler sur ce sujet un ton au dessus des autres. Mais Paris voulait surtout complaire à l’Arabie saoudite et au Qatar, bons clients et partenaires financiers importants.

Israël voulait affaiblir un régime allié à la force libanaise chiite du Hezbollah, la plus menaçante qu’il ait sur ses frontières et à l'Iran, tenu pour son principal ennemi.

Faire pièce à l’Iran, rival géopolitique était aussi une motivation forte de l'Arabie saoudite même si le royaume avait trente ans auparavant         apporté une aide considérable à Assad père   pour qu'il mette la main, au nom de l’islam, sur le Liban tenu pour chrétien.

Motivation supplémentaire pour le Qatar - mais aussi pour les Etats-Unis, soucieux d'affaiblir la Russie :  disposant d'une des plus grandes réserves de gaz naturel du monde, découverte vers 2000, il compte l'évacuer par un gazoduc transitant vers l 'Europe par la Syrie et la Turquie. Veto de la Syrie, inspiré par les Russes qui ne veulent pas favoriser un concurrent sur le marché de l’Europe occidentale.

Enfin il faut considérer le jeu trouble du président de la Turquie, Erdogan, frère musulman, qui double sa haine du régime laïque et hérétique d'Assad d'une ambition féroce de voir les Turcs reprendre pied dans le monde arabe, comme jadis sous les Sultans, au travers d'un    régime syrien inféodé qui remplacerait celui d'Assad.

Face à cette coalition, Damas n’était aidé que par l'Iran dont les pasdarans sont présents sur le terrain, le Hezbollah et la Russie, au départ prudent dans son soutien militaire. On peut aussi mentionner la sympathie discrète mais peu opérationnelle de l’Algérie, pourtant sunnite, et   depuis le renversement des Frères musulmans, de l 'Egypte du maréchal Sissi, l’armée égyptienne entretenant depuis Nasser des liens forts avec l'armée syrienne. On peut y ajouter une partie des dirigeants actuels de l'Irak, chiites eux aussi, même s'ils ont été   mis en place et sont soutenus (en théorie) par les Etats-Unis.

Les Kurdes de Syrie, comme d’Irak, à la fois par hostilité à la Turquie et hostilité à Daesh en sont venus à être les alliés objectifs du gouvernement de Damas qui continue à verser les soldes à leurs milices.     

L'aide internationale considérable reçue par la rébellion lui a permis de prendre le contrôle d’une partie importante du territorien syrien, environ les 2/3 mais seulement d’1/3 de la population, l’essentiel de celle-ci étant concentré dans la région de Damas.

Le gouvernement tient la capitale (malgré des bombardements sporadiques), la zone alaouite le long de la côte méditerranéenne et a reconquis l'axe qui relie ces deux pôles. L'appui efficace du Hezbollah a permis de sécuriser la frontière libanaise. Toutes les autres frontières séparent   la Syrie de puissances hostiles. L’Est, en partie désertique il est vrai, est tenu aujourd'hui par les djihadistes de Daesh, le Nord étant, autour d'Alep deuxième ville du pays, et des zones kurdes, âprement disputé. Des rebelles sont présents aussi au Sud de Damas appuyés sur la Jordanie et Israël par le   plateau du Golan.

 

 

 

L'aide des Occidentaux aux djihadistes

 

 Depuis trois ans la situation était ainsi bloquée. Leur hostilité totale au gouvernement Assad a conduit les Occidentaux   à favoriser le développement des seules forces rebelles conséquentes :  les islamistes. La France avait ainsi quelque dizaines d'officiers aux    côtés des rebelles qui avaient pris  la ville de Homs en  2011. Quand  le  gouvernement la  reprit, ces soldats français, engagés sur le terrain  mais  pas du côté  qu'on  imagine, furent faits prisonniers et ultérieurement relâchés.

Cet engagement français du côté islamiste ne résulte pas seulement de préoccupations idéologiques ( du point de vue des droits de l'homme, Al Qaida semblait à certains préférable à Assad... ) , ou financières, il résulte aussi d'une erreur grossière d'analyse: la Syrie a été considérée avec les lunettes des autres printemps arabes sans qu'on ait tenu compte de deux spécificités : le fait que la minorité  alaouite qui tient  l'armée, se trouvait le dos au mur,  les islamistes lui ayant promis l'extermination , la présence de la Russie  qui n'a pas l'habitude, à   la différence de l'Occident, de lâcher ceux qu'elle soutient.   

L'aide considérable apportée , avec l'argent des monarchies pétrolières,     par les Etats-Unis, l'Angleterre, la France et la Turque aux djihadistes de tout poil, en Syrie et en Irak,  a permis à une faction de prendre le dessus à partir de 2013.  S'autoproclamant Etat islamique au Levant ( Daesh) et même khalifat,  elle contrôle aujourd'hui un territoire important au nord de  l'Irak et à l'est de la Syrie où  elle   se livre aux exactions  que l'on sait.

Mais à ses côtés se trouvent  d'autres forces islamiques, comme Al Nosra, branche Syrienne d'Al Qaida,  qui menace directement  Damas.  

Tout comme Daesh,  ces groupes rebelles se réclament du fondamentalisme  des Frères musulmans. Voulant garder un caractère discret à leur soutien à ces groupes  djihadistes, les gouvernements occidentaux ont entretenu leurs opinions publiques  dans l' illusion qu'ils aidaient une prétendue "Armée syrienne libre",  démocratique et  non islamiste. Il n ‘est pas certain que cette Armée existe et en tous les cas, si elle existe, qu'elle ne soit pas islamiste.

 

L'exode des réfugiés

   

A cette situation bloquée et totalement catastrophique pour la majorité des Syriens (en particulier les 2 millions de chrétiens, cible prioritaire des islamistes), l'été 2015 est venu apporter des éléments nouveaux, pas tous de bon augure.

D'abord le phénomène des migrants. Est-ce en raison d’un certain découragement du camp gouvernemental et de la population syrienne civile qu'a eu lieu un exode massif se Syriens (avec d’autres : Irakiens, Afghans etc.) vers l’Europe à partir de juillet ? Un million et demi de Syriens auraient fui, dont l'Allemagne aurait accueilli une bonne partie. 

Précision importante : ce ne sont pas les réfugiés de Turquie (qui sont    parqués dans de vrais camps de concentration), ni ceux de Jordanie, ni même ceux du Liban qui partent, ce sont de nouveaux réfugiés, pour la plupart venus de Damas et de sa région. Ayant appris, au vu des déclarations de Mme Merkel, que l'Europe se ferait accueillante, ils gagnent la côté libanaise (Tripoli) en autobus, puis la Turque occidentale   en avion, puis tentent leur chance sur des embarcations de fortune affrétées par des réseaux mafieux en direction de la Grèce pour ensuite gagner les Balkans et tenter d'arriver en Allemagne.  Un nombre plus limité a gagné le Canada.

Ce flux, où l’élément syrien est dominant, continue aujourd’hui à raison de près de 3 000 passagers par jour. Rien ne dit qu'il va se tarir.  De la part de l'Allemagne qui vient ainsi pomper les ressources humaines des pays en guerre, il est d’autant plus scabreux que si Mme Merkel a vraiment besoin de ces gens, il lui suffirait de   leur envoyer un visa et un biller d'avion à 200 € plutôt que de les laisser payer 8000 € et risquer leur vie en mer.

L’exode est provoqué non seulement par la guerre, mais aussi par la situation économique désastreuse de la Syrie, une situation due en partie à l'embargo total (qui touche même les médicaments) décrété par l’Union européenne. L'embargo interdit les liaisons aériennes qui permettraient aux déçus de rentrer chez eux.

Dans cette situation désespérante, l'été 2015 a apporté cependant   quelques raisons d'espérer.

 

La nouvelle donne diplomatique : l'accord de Washington

 

L’évènement décisif a été l'Accord de Washington conclu le 14 juillet 2015 entre les Etats-Unis et l'Iran mettant fin à un long contentieux portant principalement sur les ambitions nucléaires de l'Iran, désormais gelées. Cet accord résulte essentiellement de la volonté du président Obama, qui a su l'imposer à une partie de son administration, au Congrès et aux idéologues néoconservateurs hostiles.

L'accord de Washington a cependant eu des conséquences sur d'autres terrains et d’abord en Syrie où Washington et Téhéran ont sans doute convenu de laisser encore quelque temps en place le président Bachar-el-Assad. 

Que, en aidant les djihadistes contre le président Assad, les Occidentaux aient   nourri un serpent dans leur sein qui n'aspirait qu'à les dévorer, est apparu dans toute sa netteté avec les attentats de Paris du 13 novembre, ouvertement revendiqués par Daesh.  Ces attentats ont contribué à débloquer à son tour la position française jusque-là figée dans la configuration antérieure : hostilité radicale au régime Assad et soutien sinon à Daesh, du moins à Al Nosra.  La France a été ainsi conduite à s'engager dans la guerre de Syrie du bon côté cette fois, celui    qui combat les djihadistes, opérant une volteface non seulement vis à vis de la Syrie mais aussi vis à vis de la Russie. La France a dû ainsi   se rapprocher de Moscou pour coordonner ses opérations en Syrie.

Mais les Américains n'avaient pas attendu l’attentat de Paris pour évoluer sur la question du Proche-Orient : dès le mois d'août, Obama avait appelé à la constitution d'une   coalition élargie contre Daesh. La Russie avait saisi immédiatement cette perche, déclarant se joindre à la coalition pour en prendre, de fait, la tête au cours du second semestre.  La Russie s’engageait largement dans le conflit dès septembre, par une campagne de bombardements     massifs des positions islamistes et un soutien accru à l'armée syrienne.  Un soutien particulièrement bien venu au moment où le régime d'Assad, assiégé dans Damas et sur la côte, et voyant ses jeunes recrues fuir en Europe, se trouvait en difficulté.

 

La Résolution du Conseil de sécurité du 18 décembre 2015

 

Au départ, les Occidentaux, singulièrement les Etats-Unis et la France, ont vu avec des réticences cet engagement russe. Avec les réserves d'usage, on peut penser que ces réticences sont levées au vu de la Résolution du Conseil de sécurité votée à l'unanimité le 18 décembre dernier qui lance un processus de paix pour la Syrie ne mentionnant pas le départ d'Assad et incluant le Front Al Nosra (dont Fabius disait qu'"il fait du bon boulot ») parmi les terroristes à combattre au même titre que Daesh. 

Il s'en faut cependant de beaucoup que la résolution du 18 décembre résolve   tous le problème.  La négociation entre la partie en présence en Syrie promet d'être difficile.

Si l'on exclut Daesh et Al Nosra voués en principe à la destruction, que reste-t-il ? Des groupes rebelles mal définis, tel Ahrar Al Sham. Et surtout les opposants civils qui se sont réunis à Riyad le 10 décembre et dont la force principale est les Frères musulmans.

 Certains, tel Renaud Girard[1], envisagent que la solution passerait par la libanisation de la Syrie, un découpage sur une base ethnico-religieuse. Ce serait accorder une importance excessive aux clivages religieux, moins pertinents qu'on le croit.  Assad ne représente pas les Chiites et Daesh les Sunnites. D'abord parce qu’Assad est alaouite, ce qui n'est pas la même chose, sa femme est sunnite et la majorité des sunnites syriens ne veut pas   tomber sous la coupe de Daesh, surtout les femmes, influentes dans la société syrienne. Le recrutement de Daesh est en outre de plus en plus international.  

Par ailleurs la Russie mène désormais le jeu. Et il n'est pas dans sa manière de se contenter d'une demi-victoire.  Son but est de rétablir pleinement l'Etat syrien quitte à   le réformer ultérieurement.  

 

Le rôle toujours aussi trouble de la Turquie

 

Si la France et sans doute les Etats-Unis semblent désormais décidés à faire la paix en Syrie, il s'en faut de beaucoup que la Turquie, où Erdogan vient d'être confirmé par les élections du 1er novembre, soit, elle, décidée à favoriser ce processus. 

Nourrissant depuis plusieurs années le conflit en laissant passer les djihadistes vers la Syrie et l’Irak, envoyant en contrepartie des centaines de milliers de réfugiés vers l'Europe qui transitent par   son territoire, bombardant lui aussi son propre peuple au Kurdistan, Erdogan ne bénéficie pas moins des faveurs insignes de   la communauté internationale laquelle s’est rendue à son invitation au sommet du G20 à Antalya le 16 novembre 2015.  Une réunion de l’élite mondiale chez un soutien de Daesh, le lendemain même de l'attentat de Paris revendiqué par le même Daesh ! Beau témoignage de l'inconséquence de cette communauté internationale, singulièrement des Européens, en première ligne face à ces agissements hostiles. Angela Merkel, comme sidérée, était même allée le soutenir à une semaine des élections. Les sanctions lourdes prises par la Russie à la suite de la destruction d'un avion russe par les Turcs montrent cependant que tout le monde n'est pas dupe du jeu d’Erdogan. Mais de quelque manière qu'on le prenne, le problème syrien ne sera pas réglé tant que la Turquie ne sera pas définitivement neutralisée.

 

                                               Roland HUREAUX

 

 

 

[1] Le Figaro , 21  décembre 3015

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:33

LE CRASH DU VOL BARCELONE DÜSSELDORF, DEUX MOIS APRES : UN SUICIDE  SYMBOLIQUE

 

http://www.bvoltaire.fr/rolandhureaux/crash-vol-barcelone-dusseldorf-deux-mois-apres-suicide-symbolique,180599

 

L'opinion allemande a été  très choquée par l'horrible crash  du vol  Germanwings Barcelone - Düsseldorf  survenu il y a deux mois ( le 24 mars) dans les Alpes  . Qui s'en étonnerait ? 

Il est apparu très vite que  l'accident résultait  du comportement à la fois suicidaire et meurtrier du jeune copilote Andreas  Lübitz  qui a volontairement entraîné avec lui 149 personnes dans la mort.

Le PDG de  la Lufthansa, Carsten Spohr,  a eu beau  souligner le caractère totalement exceptionnel de cette affaire dans une aéronautique allemande qui se considère comme une mécanique bien huilée, les causes de l'accident ne laissent pas de susciter un étrange malaise.   

Si l'opinion allemande a été si choquée, c'est peut-être que ce drame  fait  revenir à la surface un côté sombre et généralement refoulé  de l' esprit allemand dans un pays  où la sécurité, la prévisibilité,  la rationalité sont devenus   les maîtres mots.   

Il ne serait que trop facile d'évoquer des événements passés où l'on avait  vu, de manière analogue,  un pilote ( c'est une traduction de führer ! )  entrainer par une  folie suicidaire l'Allemagne toute entière dans un désastre.   

Mais il est d'autres manières de se suicider, plus discrètes : la dénatalité qui emporte  aujourd'hui  l'Allemagne en est une. Avec un taux de fécondité de 1,4,  ce pays ne renouvelle qu'aux 2/3 chaque génération.  Sa population , aujourd'hui de 80 millions  d'habitants,  est appelée ainsi  à se réduire de 50 % en 60 ans, puis de 50 % encore les 60 années qui suivent. Au rythme actuel, en un siècle et demi  l'Allemagne disparaitra.  Et encore la chute serait-elle  plus rapide encore si ces chiffres n'incluaient  les immigrés  principalement  turcs   qui en moyenne ont plus d'enfants que les Allemands.

Par derrière les chiffres de la  natalité, c'est toute la politique allemande, fondée sur une  conception étriquée de l'euro où la stabilité prime toute autre considération,  propre à satisfaire un peuple de retraités tournant le dos à l'avenir, qui entraîne   l'Europe  entière , pas seulement  la Grèce, dans une  spirale déflationniste  fatale.

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

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