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Roland HUREAUX

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 23:26

LA LAICITE EST UNE CONSTRUCTION PRAGMATIQUE

 

 

La loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat n'a jamais aussi invoquée que depuis les dramatiques attentats du 7 janvier dernier et les tentatives d'attentat avortées qui ont suivi.

Dans le feu de l'indignation contre un acte qui prétendait   punir un "blasphème", beaucoup à gauche, mais aussi à droite, proclament la nécessité de revenir aux valeurs fondamentales de la laïcité : inscrire la loi de séparation dans la constitution (c’était au programme de Hollande), l’afficher dans toutes les écoles, faire des cours spéciaux d’éducation, voire de rééducation à la laïcité. Certains vont même jusqu'à suggérer de supprimer les fêtes chrétiennes du calendrier ou les saints de la toponymie.    

Le danger de cette escalade est qu’elle provoque une réaction de rejet chez les populations que l'on vise d'abord, tels les jeunes musulmans   rétifs à crier "Je suis Charlie ». Il est aussi   que cette surenchère laïciste affaiblisse encore le christianisme, élargissant ainsi la friche où pourra être semé l’islamisme le plus radical.

 

Une loi de compromis

 

Surtout elle méconnait ce qu'est la réalité de la loi de 1905 et de ses suites. Loin d'être    marquée du sceau de la radicalité, elle était, sinon dans son principe, du moins dans son application, une loi de compromis. Elle n'a réussi qu'à ce prix à rétablir la paix religieuse à la veille de la première guerre mondiale et à fonder un   mode d'insertion durable du fait religieux dans la République.  

Un compromis qui fut trouvé par tâtonnements et qui était nécessaire car la logique laïciste excluant sans réserve le fait religieux de l'espace public aurait tourné à la guerre antireligieuse telle qu’elle fut menée en Union soviétique ou au Mexique.

Le compromis se trouve à tous les niveaux : les églises deviennent propriété publique (et donc leur entretien est une charge publique) mais les cultes, principalement le culte catholique, continue de s'y pratiquer. Ce culte est régi non par les lois de la République mais par les « règles d'organisation générale propres à chaque culte" (article 4), donc le droit canon ; les processions   ou autres manifestations publiques sont permises mais à titre exceptionnel pourvu qu’elles ne troublent pas l'ordre public. Il n'y a plus de religion d'Etat, mais des aumôneries subsistent dans les casernes, les hôpitaux, les lycées, les prisons. Dans l’armée, elles sont rémunérées par l'Etat. L’enseignement public est entièrement laïque mais il était interrompu un jour par semaine pour permettre le catéchisme. La loi concernait au départ tout le territoire national     mais les anciennes dispositions concordataires furent préservées, non sans débat, en Alsace-Moselle et en Guyane.

Certaines dispositions dérogatoires sont une contrainte pour les églises : ainsi l'interdiction de célébrer un mariage religieux avant le mariage civil, acte cultuel que la loi devrait en théorie ignorer. De même, en interdisant l'enseignement primaire et secondaire -  pas supérieur -  aux ministres du culte, la République reconnait le sacrement de l'ordre.

Les textes protocolaires font leur place aux représentants des cultes.

Depuis la dernière guerre, d'autres inflexions ont été apportées au régime de séparation stricte, la principale étant la loi Debré qui permet à l'Etat d'aider les établissements religieux sous contrat.

Il ne faut surtout pas chercher dans tout cela une   logique stricte. Le compromis évoqué est forcément boiteux car fondé sur l'intersection entre deux logiques antinomiques tenant compte de manière pragmatique des réalités. Ce compromis a cependant le poids que lui donnent   des années d'habitude.

 

Un compromis du même genre à trouver avec l'islam

 

Entre la logique totalitaire de l'islam et la logique de la République, il ne faut pas rechercher autre chose qu’un compromis du même genre.

Le culte musulman bénéficie déjà de certains avantages du régime  actuel: ainsi les avantages  de la loi Debré ont  été offert à certains établissements musulmans; de aumôniers musulmans sont  rémunérés au sein des armées etc. On peut même penser que l'ingérence de l'Etat au travers du caractère quasi-officiel conféré Conseil français du culte musulman va beaucoup pus loin que ce qu'une interprétation même atténuée de la loi de 1905 pourrait autoriser, pour ne pas parler de certains financements occultes de mosquées par les communes.

Dès lors que le bon sens et la bonne volonté sont au rendez-vous (c’est devenu difficile en notre âge idéologique !), on peut imaginer ce que pourrait être un compromis tout aussi peu systématique entre   religion musulmane et Etat laïque :  l'usage du voile intégral doit être prohibé sur la place publique, celui de l’hidjab autorisé mais pas aux agents publics en activité. Il peut difficilement être toléré pour les élèves de l’enseignement primaire et secondaire mais, sauf à ignorer l'ambiance des Universités, on ne voit pas comment l'interdire aux étudiantes. 

Les repas des cantines municipales ou scolaires doivent   prévoir une option sans porc   mais on ne saurait accepter que cette option soit, par facilité ou lâcheté, imposée aux non-musulmans ou que les cantines publiques entrent dans le détail de toute les prescriptions de la loi coranique : cuisines et vaisselle spéciale. Il faut protéger de toute forme de pressions les élèves ne suivant pas les prescriptions islamiques.

La culture européenne est fondée sur la représentation ; il ne saurait donc être question d'interdire la représentation de qui que ce soit, dès lors qu'elle est respectueuse ; mais sans rétablir une loi contre le blasphème, les communautés qui se sentiraient offensées par une représentation gravement injurieuse   doivent pouvoir obtenir une réparation devant les juridictions civiles : il vaut mieux en effet que les affaires de ce genre relèvent des juridictions civiles et non pénales.

L'enseignement public doit être, selon les prescriptions de Jules Ferry, respectueux de toutes les croyances y compris chrétiennes, mais ce respect ne saurait conduire à faire leur place à des théories non scientifiques comme le créationnisme - ou la théorie du genre. 

Le culte dans la rue peut être toléré s'il n'a pas pas de lieu de culte à proximité mais il ne saurait l’être s'il y en a un, surtout s'il est, par provocation, déserté. 

Aucune théorie générale ne permettra de déterminer les contours exacts du compromis à établir mais, devant chaque problème, au cas par cas, il est aisé de déterminer la solution de bon sens qui   préserve la paix civile. Ce travail d'approche pragmatique qui a été fait avec la religion catholique reste   à faire pour la religion musulmane. Il nous fera davantage progresser que des proclamations aussi emphatiques que péremptoires telles que on les a vu fleurir ces derniers temps.

 

                                                                                   Roland HUREAUX

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 23:25

 

UN MONDE NOUVEAU

 

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Nous-entrons-dans-un-monde-nouveau3

 

http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/de-par-le-monde/item/2939-nous-entrons-dans-un-monde-nouveau

 

Quand l'ambassadeur de France à Washington, dépité, tweete après l'élection de Donald Trump : « un monde s'effondre devant nos yeux », c'est "la fin d'une époque, celle du néolibéralisme", il contrevient certes aux usages diplomatiques, mais il dit la vérité.

Un monde nouveau était né en 1945, qui devait devenir bientôt celui de la guerre froide : une confrontation idéologique sur fond de menace nucléaire ;   les États-Unis et l'URSS ont su heureusement éviter un affrontement majeur.

Le monde a connu un premier grand changement avec la fin du communisme en 1990.

Il vient d'en connaître un second.

Ivres de leur victoire sur le marxisme, les cercles dirigeants américains ont, après la chute du rideau de fer, rêvé de la « fin de l’histoire » par le triomphe univesel de la ddémocratie libérale et du libéralisme économique. C'est là l’émergence de l'école néo-conservatrice (qu'on peut aussi bien appeler néo-libérale) une idéologie qui se joue du clivage gauche-droite :   elle a inspiré autant l’action d'un démocrate comme Bill Clinton (et surtout d ‘Hillary Clinton entièrement acquise à cette idéologie) que d’un républicain comme George Bush fils et, à un moindre degré, de Barack Obama. Elle s'impose de fait aux classes dirigeantes européennes, avec l’appui des médias dont l'unanimité (le "politiquement correct ») n’est pas sans rappeler celle des régimes totalitaires.

Partisans de la démocratie libérale, du libre-échange, y compris des capitaux, les néoconservateurs en vue vont plus loin : ils préconisent aussi la libre circulation des hommes, au point d'encourger les migrations et la disparition à terme des États au bénéfice d'une gouvernance mondiale.  Ils prônent non seulement la liberté politique mais le libertarisme dont le symbole est le mariage homosexuel, aujourd'hui imposé de force aux pays du Tiers monde par un chantage aux subventions.  

Les résistances des peuples à ce monde nouveau sont diabolisées coMme du "populisme". L'Union européenne, selon le vœu de Jean Monnet lui-même, est conçue de plus en plus comme le banc d'essai de ce monde nouveau.

Beaucoup de néoconservateurs   considèrent que ce modèle doit s'imposer par la force, à tout le moins par des actions de dstabilisation délibérées contre tout ce qui lui résiste, au besoin en violation du droit international. Ces actions de déstabilisation sont accompagnées d'une propagande planétaire destinée à diaboliser le récalctirant en l'accusant des pires crimes.  La première victime fut , en 1999,  le président de la Yougoslavie ,  Slobodan Milosevic  , dont le Tribunal prénal international vient pourtant de reconnaître  qu'il n' avait aucune charge contre lui… mais il est  mort  en prison entretemps . Après dix ans de chaos où elle ne semblait menacer personne (période Eltsine : 1990-1999), la Russie est remise en ordre et se relève avec Vladimir Poutine à partir de 2000 autour d'un Etat fort et du retour aux valeurs traditionnelles que combattait le communisme, en premier lieu le christianisme orthodoxe.  Elle est à son tour diabolisée. Les « révolutions orange » fomentées par l’Occident (Géorgie, Ukraine) visaient à   encercler la Russie d’États hostiles selon le plan décrit par le géopoliticien américain Bigne Brezinski[1]. La dernière est celle de la place Maïan en Ukraine que Valéry Giscard d'Estaing qualifie de "coup d'état de la CIA " et qui a entraîné la guerre d'Ukraine.

L'attentat  du 11 septembre 2001 avait donné un motif aux États-Unis pour appliquer  la  politique de démocratisation par la force (régime change) au Proche-Orient : invasion de l'AfghanIstvan, puis de l'Irak. A partir de 2011, les printemps arabes (qui s’en prenaient à des régimes souvent impopulaires mais aussi excitées de l'extérieur) entrainèrent le renversement des gouvernements en Tunisie, en Égypte et au Yémen. Non au bénéfice de vrais ddémocrates mais des islamistes. Cela n'était pas pour déplaire aux Etats-Unis, qui, depuis le pacte passé en 1945 entre le président Roosevelt et le roi d'Arabiee Ibn Séoud[2], avaient toujours favorisé les islamistes dans le monde musulman pour y faire pièce à l’influence du communisme athée. Cette alliance a été reprise contre la Russie chrétienne.

Des dictateurs qui résistèrent aux printemps arabes, et, de fait, à l'islamisme, le premier fut renversé par une intervention occidentale : Kadhafi en Libye, le second, Assad en Syrie fit l'objet d'une déstabilisation totale de son pays :  la Russie et la Chine qui n'avaient approuvé que du bout des lèvres à l’ONU l’intervention occidentale en Libye, mirent leur véto à celle qui était projetée en Syrie. Néanmoins une coalition composée des pays d'OTAN, des monarchies pétrolières arabes et de la Turquie apporta un soutien militaire et financier aux djihadistes qui voulaient renverser le régime d'Assad. Les chrétiens d'Orient ont été les premières victimes, mais pas les seules, de leur action. Trump a reconnu lui-même que Daech était une création des États-Unis.

Sur un autre registre, le TAFTA (traité de libre-échange transatlantique), répond à l’idéal d'un monde commercialement unifié où les États eux-mêmes seraient passibles de tribunaux en principe indépendants.

Alors qu’au temps de la guerre froide, les États-Unis avaient été toujours sur la défensive face à l’idéologie communiste (Corée, Vietnam, Afghanistan), ils se sont trouvés, devenus idéologues à leur tour, presque partout en position offensive depuis 1990.   

Au total la politique néoconservatrice est responsable de la guerre civile dans au moins six pays :  Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Yémen, Ukraine. Les vagues de migrants et l'extension du terrorisme en Europe occidentale en sont la conséquence directe ou indirecte.

Cette politique avait eu des résultats aussi désastreux au Rwanda et dans certains autres pays d'Afrique noire.

Les États-Unis ne pouvaient cependant prétendre étendre leur modèle à des mastodontes comme la Chine ou le Pakistan, sachant que l'Inde pouvait être tenue pour un pays démocratique et le Japon, entièrement inféodé aux États-Unis, aussi. Toujours communiste en théorie, capitaliste en fait et fort peu démocratique, la Chine, au nom d’un idéal de libre-échange généralisé, fut admise à l’OMC [3] en 2000 : trichant alors avec les règles non écrites du marché mondial, elle en profita pour déstabiliser les économies occidentales grâce à une monnaie largement sous-évaluée qui lui a permis de vendre ses produits très bon marché.  Ses excédents gigantesques sont le revers des déficits tout aussi gigantesques des Etats-Unis et, en partie, de la désindustrialisation de l'Europe. L'attitude peu amène des Américains, dont les bases surveillent de près son environnement immédiat, a amené la Chine à se rapprocher   de la Russie, alors même que leur commune adhésion au communisme les avait jadis opposées

La politique américaine des 25 dernières années s'est appuyée sur des dizaines  d'institutions  tendant à répandre la doctrine néoconservatrice : think tanks richement dotés par les grandes banques ou les grandes entreprises, forums internationaux  (Davos, Bilderberg),  Trilatérale, CFN,   et  aussi des initiatives personnelles  comme celle du milliardaire George Soros , qui finance la Foundation for an open society , dont les objectifs (chute de Poutine, révolutions oranges, soutien aux femens, promotion de la LGBT et de l'avortement, encouragement aux migrations, etc.) correspondent à peu près à ceux  des néoconservateurs,  ou encore de Bill Gates, plus orienté, lui,  vers la lutte contre le réchauffement climatique et le contrôle des naissances ( il veut réduire la population de la planète des 9/10e sans dire cependant  qui il gardera ). L'Union européenne et presque tous les Etats  qui la composent  se sont peu à peu inféodés à Washington  , comme le montre l'exemple des sanctions imposées à la Russie,  destructrices pour l’agriculture française. Depuis le refus de Jacques Chirac de s’engager dans la guerre d'Irak que les Américains avaient presque tenu pour un crime, aucun gouvernement d'Europe occidentale n'a osé résister à la politique néoconservatrice.

Dans cette configuration, l'Église catholique est tenue en suspicion. Alliée choyée contre le communisme jusqu’en 1990, elle est aujourd'hui ressentie par une partie des forces dominantes de la planète comme un lieu de résistance à l'ordre nouveau, en particulier par ses positions sociétales :  opposition à l'avortement, défense de la famille, mais aussi sociales :  la doctrine sociale de l'Eglise n'est pas l'ultralibéralisme.  Des révélations récentes de Wikileaks ont mis à jour des courriels de Sors où il déclare vouloir subventionner certaines tendances de l'Église catholique pour la faire évoluer et la diviser.  Il n’est pas exclu que certains gestes du pape François qui ont désorienté beaucoup de catholiques mais plu aux médias,  soient inspirés par le souci de se protéger de ces tentatives de déstabilisation.  Très discret sur la politique occidentale au Proche-Orient que les chrétiens jugent cependant responsable de leurs malheurs, il a signé à La Havane une audacieuse déclaration commune avec le patriarche Cyrille de Moscou (12 février 2016) qui laisse espérer un rapprochement avec l’orthodoxie.

La pointe extrême du néo-conservatisme se trouvait dans les projets d'Hillary Clinton : pousser la Russie dans ses retranchements, y compris par la menace d'une guerre nucléaire "limitée", pour l'affaiblir définitivement, intervenir massivement en Syrie pour empêcher la défaite des djihadistes.

 

L'échec du néo-conservatisme  

 

Pourquoi donc cette immense mécanique s'est-elle grippée ?

D'abord par la résistance de la Russie. Dirigée par un chef exceptionnel, Vladimir Poutine, elle a su déjouer les tentatives de déstabilisation, quitte à exercer des représailles comme l'annexion de la Crimée. Elle a aussitôt mis un terme à la série des « changements de régime » voulus  par Washington en défendant avec tous ses les moyens le gouvernement Assad en Syrie. Malgré les turpitudes dont on l'accuse[4], ce gouvernement demeure  le seul légitime en droit international, ce qui fait que  l'intervention russe, faite à sa demande, est légale, alors que  les actions de soutien aux djihadistes menées par les Occidentaux  depuis 2011 (dont celles des Français,  pourtant confrontés au terrorisme chez eux) sont  illégales.   

La  Russie et les États-Unis jouent en quelque sorte à front renversé puisque désormais la Russie n'a aucune idéologie à répandre . Elle se contente de défendre son intérêt national - conçu il est vrai largement,  comme il sied à  une grande puissance. Les Etats-Unis ont depuis 1990 la volonté d'étendre leur modèle ( ou celui de leurs alliés comme les islamistes ) au monde entier.

La Turquie, dirigée par un islamiste, Erdogan, un moment candidate à l'entrée dans l’Union européenne et alliée de l'Occident en Syrie, a jeté le masque après  la récente tentative de coup d’État, qui l'a conduite à  afficher ouvertement son despotisme et  à  se rapprocher de la Russie,  laquelle ne se mêle pas de son régime intérieur.

Le néo-libéralisme s'est surtout heurté au réveil des peuples, vilipendé sous le nom de "populisme". Loin d'être un idéal à attendre, le monde tel que l’ambitionnaient les libéraux est apparu  à  ces peuples ,  en Europe et aussi  aux États-Unis,  comme un  symbole de  délocalisations, d'immigration massive, de chômage , d'inégalités croissantes,   à quoi s’ajoutaient d’autres effets plus ou moins liés à la même idéologie :  atomisation de la société, perte des repères (nationaux, familiaux, en France communaux, de genre, déclin de l'enseignement), désespérance de l'individu écrasé par une machine mondiale sur laquelle il  n'a aucune prise.  

Certains modèles économiques (Bairoch, Todd) voient , au rebours de la pensée dominante, dans la libéralisation des échanges, une cause de la stagnation économique et du chômage, par disparition du moteur étatique de relance, dit keynésien, qui n'est efficace qu'à l'intérieur d'un espace protégé. Les idées protectionnistes reviennent à l'ordre du jour.

Les résistances à la pensée  dominante  se sont aussi exprimées  en Europe : en Pologne, en Hongrie et surtout au Royaume-Uni (Brexit) et en Italie (dernier référendumm qui exprimait en fait un refus de l'Europe de Bruxelles).

Mais la grande révolution est venue de l'élection de Donald  Trump, le 7 novembre 2016  contre son propre parti et contre  la totalité de l'establishment politique, médiatique, bancaire , des deux côtés de l’Atlantique.

Malgré une démagogie grossière, le nouveau président a une pensée en matière de politique étrangère  pas très différente de celle de Poutine ( ou autrefois de Nixon) : les États-Unis doivent être   forts,   mais pas pour répandre leur idéologie ou changer les régimes , pour défendre sans concession leurs intérêts . Il n'exclut pas un certain retour au protectionnisme, refuse  le TAFTA  et veut dialoguer  avec Poutine. Sa priorité n’est plus l'affrontement avec la Russie,  mais la défaite de l’islamisme. D'une alliance Etats-Unis - Islamistes contre la Russie, on pourrait passer à une alliance Etats-Unis -Russie contre l'islamisme. Rien  ne devrait changer pour autant   dans l'appui américain à Israël.

Trump s'est montré en revanche plus offensif  avec la Chine. Le rétablissement de la balance commerciale  américaine, nécessaire à l'assainissement de l'économie mondiale, passera sans doute par une épreuve de force avec la Chine, sinon militaire, du moins monétaire. 

Il est difficile de dire si Trump tiendra ses promesses de non-intervention. Il reste que, souhaitant renforcer la puissance de l’Amérique, il ne sera   un interlocuteur facile pour personne.

Que deviendra dans ce monde nouveau l'Europe de Bruxelles, déjà en situation de crise profonde, en particulier sur le plan monétaire ?  Il y a peu   de chances  qu’elle échappe  à un retour du fait  national,   qui n'est pas nécessairement à craindre.  Jean-Paul II disait que la cause des guerres n'était pas les  nations  mais la violation des droits des nations[5].  Si Trump leur donne le feu vert,  les pays d'Europe auront  de meilleures relations  avec  la Russie, ce qui  est une bonne nouvelle.  Trouveront-ils  pour autant,  habitués qu'ils sont depuis longtemps à la soumission ,  des hommes d'Etat à  même de peser entre Trump et Poutine ?   Peut-être.

Ce  ne sont pas les nations  mais les idéologies qui sont facteurs de guerre. Le néo-conservatisme libéral libertaire qui a mis à feu et à sang une partie de la planète vient de le démontrer. Pour la première fois depuis 1945, le monde est dominé par deux puissances n'ayant pas la prétention d'exporter un modèle idéologique. C'est de  bon  augure pour la paix.

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

 

 

[1] Zbigniew Brzeziński, Le grand échiquier, 1977.

[2] Dit pacte de Quincy car il fut scellé sur le croiseur Quincy au large de l'Arabie

[3] Organisation mondiale du commerce

[4] Souvent sans fondement : ainsi, il fait peu de doutes que l'attaque aux armes chimiques de la Ghouta (21 août 2013) a été une provocation des djihadistes pour susciter l’intervention américaine (cf. Rapport du Massachussetts Institute of Technology).

[5] Discours pour le 50e anniversaire de la fin de la 2de guerre mondiale, 8 mai 1995.

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 23:21

 

POUQUOI LA LOI TAUBIRA N'EST PAS REPUBLICAINE

 

 

Les controverses autour du changement de pied de Nicolas Sarkozy le montrent : la droite française est loin d'être au claire sur la loi Taubira. En privé, la plupart des chefs des Républicains préfèreraient escamoter le sujet en n'y revenant pas. Tout au plus proposent-ils d'interdire la gestation pour autrui. Cette position   pose un problème de cohérence, l'adoption par les couples homosexuels découlant logiquement de la loi Taubira dont le principe est la stricte équivalence des droits des couples de toutes sortes.  Elle est en particulier la position d'Alain Juppé de Bruno Le Maire et maintenant de l'ancien président. D'autres   pensent la même chose sans le dire. Le Front national aussi est ambigu.

Pourtant, on s'en souvient, un sondage fait à l’automne dernier avait montré que l'opinion n'était pas aussi fermée que certains le pensaient à la remise en cause de la loi Taubira : seuls 46 % souhaitaient la conserver telle quelle, 22 % voulaient l'abroger, mais 32 % des Français se prononçaient pour une “réécriture dans le sens d’une union civile en mairie pour les couples homosexuels avec droits égaux aux couples hétérosexuels sans adoption plénière”.

Si on ne considère que les électeurs de droite, une large majorité   souhaite aujourd’hui une réécriture (40 %) ou une abrogation (36 %) », soit 76 % hostiles au maintien en l'état.

 

L'impact électoral de la Manif pour tous

 

Les homme politiques de tout bord auraient du aussi être attentifs à certains épisodes électoraux qui montrent que La Manif pour tous pèse plus qu'ils ne pensent. L'échec à la mairie de Strasbourg de   la sénatrice UMP Fabienne Keller qui avait voté la loi Taubira ou, à la mairie de Paris, celui de Nathalie Kosciusko-Morizet dont la simple abstention avait choqué beaucoup d’électeurs de droite, ne sont certainement pas étrangers à leurs prises de position. Le sénateur Jean-Pierre Michel (PS), un des plus ardents promoteurs du mariage homosexuel - et   fondateur du Syndicat de la magistrature, ce qui n'arrange rien - a perdu son siège en 2014 quand les maires ruraux de la Haute-Saône ont appris ce que leur élu faisait de son mandat.

Aux dernières régionales, la liste UMP qui a fait le plus faible score, est celle qu'a conduite Dominique Reynié, président de la Fondation pour l'innovation politique, professeur à Sciences Po Paris et ardent promoteur du mariage homosexuel et même de la gestation pure autrui. Il eut beau, pour se défendre, prendre des représentants de LMPT sur sa liste, personne ne fut dupe.

C'est dire que les élus de droite qui pensent que la manifestation que conduisit Frigide Barjot en 2012-2013 constitue une parenthèse dont les politiques sérieux ne doivent pas tenir compte, se trompent.  D'ailleurs, comment imaginer que la droite revenue au pouvoir puisse faire comme si le plus grand mouvement social de droite qui ait jamais été, et d'une droite proche de l’UMP, n’avait jamais eu lieu. Imaginer cela, n'est-ce pas manquer singulièrement de sens historique ?  Et se préparer à de nouveaux revers ?

 

République et science

 

Mais il est au moins une raison pour laquelle cette loi doit absolument être remise en cause, c'est qu'elle n'est pas, n'hésitons pas à le dire, conforme aux principes de la République.  Pourquoi ?

Parce que cette loi est bien plus que l'institution d'une cérémonie en mairie à l'usage des homosexuels ou l’instauration de nouveaux droits. A chacune de ses lignes, elle pose en dogme officiel la théorie du genre.

Or cette théorie n'est pas scientifique. Les études menées à Cambridge et ailleurs ont montré qu'il était erroné de penser que la différence somatique de l'homme et de la femme n'avait aucune conséquence sur leur psychisme. Comment en serait-il autrement à moins de revenir aux vieilles gnoses qui instauraient une césure radicale de l'âme et du corps ? Fonder une loi de la République sur la théorie du genre, c’est comme si on fondait une loi sur l'astrologie ou sur le créationnisme. Il y a un précédent mais c'était au temps de Staline : la théorie de l'hérédité des caractères acquis, contredite déjà à l'époque par toute la science moderne, avait été imposée par le pouvoir soviétique, par le canal de deux biologistes complaisants (ou terrorisés) Lyssenko et Mitchourine.  Quoique fausse, on la jugeait seule compatible avec le marxisme.

La science, la vraie science, a partie liée avec la République. C'est parce qu'ils pensaient, à tort ou à raison, que l'Eglise pouvait faire obstacle à l'enseignement de la science à l'école, et donc mettre le pays en retard par rapport à la Prusse, que Jules Ferry et les siens s'évertuèrent à lui enlever tout pouvoir sur l'enseignement. Pour eux, Science et République c'était tout un.

De quelque manière que l'on considère la question du mariage homosexuel, la République ne saurait accepter dans son ordre juridique une loi qui confère une valeur officielle à une théorie scientifiquement fausse.

 

                                  Roland HUREAUX

 

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 23:20

 

L'AVORTEMENT ENTRE L'IDEOLOGIE ET LE REEL

 

Une jeune femme qui se trouve enceinte confrontée aux pressions de son employeur ou de son chef de service qui lui laissent entendre ou font dire qu'encore un congé de maternité, ce n'est plus supportable pour l'entreprise :  gare au prochain "plan social".

Une autre menacée par son compagnon que la paternité affole    d'être plaquée si elle garde l'enfant.

Une troisième, lycéenne mineure que ses parents veulent à toute force faire avorter :  "Tu es trop jeune pour te charger d’enfant. Ce n'est pas raisonnable". Tout le monde lui dit qu'elle risque de gâcher ses études et donc son avenir.  Les professeurs, au moins ceux qui sont au courant, aussi.   Elle n'avait d'ailleurs pas osé au départ avouer sa grossesse.

Ces pauvres femmes se retrouvent seules ; elles ne savent, face à tous ces gens qui les poussent à avorter, à qui se confier.  Les collègues de bureau sont de l'avis de tout le monde, à l'hôpital on ne "juge" pas et donc on ne fait rien pour la dissuader, au contraire. Heureusement la lycéenne   a quelques copines de classe, secrètement admiratives de   sa promotion de fille en femme, pour comprendre son désir de garder l'enfant. Mais feront-elles le poids ?  

Ces cas ne sont pas isolés. Tous ceux qui connaissent la "vrai vie" savent qu’ils sont très répandus, probablement majoritaires.

Le drame des avortements sous pression laisse parfois des traces, intermittentes, dans la rubrique des faits divers. Il y a quelques années, du côté de Bordeaux, un   adolescente était allé voir un avocat pour attaquer en justice ses parents qui l'avaient forcée à avorter. En Bretagne, le petit ami de la fille assassine ses beaux-parents après l'avortement auquel ils l'avaient contrainte et qui avait entraîné leur rupture[1].

N'y a-t-il pas là une bonne cause à défendre pour les associations féministes ?  Ces femmes subissent dans ce qu’elles ont de plus intime des pressions extérieures. Des pressions qui, pour la plupart, viennent d’hommes, d'hommes qui, en la circonstance, refusent d'assumer leur rôle de père et   font la preuve de leur lâcheté, n'illustrant ainsi que trop bien une certaine imagerie féministe.  

Ceux qui exercent ces pressions sont presque tous en position hiérarchique : les parents, l'employeur, le médecin, on n’ose plus dire le chef de famille.

 

La Barbe et ivg.net, même combat ?

 

A quand donc l'union sacrée de La Barbe ou des Tumultueuses avec   IVG.net ?

Ce serait possible si les réalités avaient encore une place en politique. Hélas les idéologies on tout envahi.

Loin de défendre les femmes victimes de ces pressions bien réelles, bien plus réelles aujourd’hui que les inhibitions ou interdits qui viendraient de la vieille morale (un fantôme évanoui depuis longtemps), les mouvements féministes ont fait pression sur le gouvernement pour qu'il   confère un caractère délictueux aux publications des sites qui tenteraient de donner aux femmes des raisons pour résister à ces pressions. En les informant par exemple à la fois des risques de l'avortement, bien réels eux aussi, et des solutions alternatives (accouchement sous X par exemple). Le délit   d'entrave à l'IVG   instauré à la sauvette en 1992 a été étendu "en urgence" en décembre 2016 aux sites, principalement catholiques, dédiés aux femmes qui s’interrogent. Parlons d'une urgence !

Les pressions que nous évoquons sont d’une légalité douteuse, mais comme elles ne sont jamais sanctionnées, personne ne se gêne pour les exercer. Inciter la femme qui hésite à résister à ces pressions est au contraire puni très sévèrement par la loi. Pire : avec la nouvelle loi  , une femme pour qui l’avortement aura été une expérience douloureuse (et il y en a tant !)    N’aura   pas   le droit de s'exprimer publiquement, par exemple sur Youtube. Elle doit garder sa souffrance pour elle.

La douleur est censurée comme a été censurée par le CSA, puis par le Conseil d'Etat la joie d'une mère qui avait gardé son enfant trisomique.

Car ce n'est pas le réel qui compte, c'est l’idéologie ; ce ne sont pas les souffrances des femmes soumises à des pressions de leur entourage, c'est la symbolique, une symbolique figée, schématique : plus d’avortement, de gauche ; moins d’avortement, de droite et même très politiquement incorrect :  la Marche pour la vie sera bientôt plus compromettante qu'une manifestation néo-nazie.

On peut aussi bien dire : pour la méthode globale, de gauche ; pour les méthodes classiques :  de droite. Pour Castro, de gauche, pour Poutine, de droite etc.  

 

Un champ symbolique simplifié

 

Cette sémiologie simplifiée à l’extrême a envahi tout le champ politique   au point d'interdire non seulement le débat, mais le réel.

La victime de la dégénérescence idéologique, c’est en effet le réel. Le réel qui se trouve forclos (verwerft), selon l'expression de Jacques Lacan, comme le sont   les souffrances de femmes ayant été contraintes à avorter - une souffrance si   politiquement incorrecte que non seulement elle ne doit pas s'exprimer mais que, pire, elle n’est pas supposée exister.  

Les opposants à l'avortement ne sont pas exempts non plus de ce déni du réel :  quand fut abrogée l'obligation de l'autorité parentale, ils poussèrent des hauts cris, ignorant apparemment que dans la majorité des cas, ce sont les parents qui poussent leurs filles mineures à avorter et elles qui résistent.  

En ce domaine, comme dans d’autres, c’est le réel qui se trouve perdant à ce jeu absurde.

L 'autre nom de l'idéologie est l’absurdité. Mais par derrière, beaucoup de souffrances comme celles que nous évoquions au début de cet article. 

Les féministes se mettront-elles à défendre les femmes vraiment en détresse ? Les changements de pied sont déjà arrivés en politique : la défense des langues régionales était cataloguée autrefois à l'extrême droite : Mistral était un ami de Maurras. Quand l'auteur de cet article s'était    pointé il y a quelques années à un gala de poésie occitane, il fut pris à partie   par des écolos barbus selon qui, étant de droite, il n’avait rien à faire là !  

L’homosexualité était au temps de Proust associée à une vieille aristocratie décadente et réactionnaire. Encore en mai 68, qui s'en souvient ?  Les homosexuels ou ceux qui en avaient l’air étaient catalogués à droite : ils étaient tenus pour des « esthètes », amateurs d'une culture raffinée donc bourgeoise, tolérés parce qu’insignifiants. Les groupuscules de gauche (PC) ou gauchistes (Ligue communiste, UJCML etc.) cultivaient au contraire un style macho, à l’imitation de l'idée qu’ils se faisaient de la virilité ouvrière genre Stakhanov. Comme on voit, les choses ont bien changé. Tout est donc possible.

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

[1] Ces faits, déjà anciens, ont été mentionnés le premier dans Marianne, le second dans Ouest-France.  

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 23:19

 

POURQUOI IL NE FAUT PAS SE TROMPER SUR LA NATURE DES REGIMES

 

 

Beaucoup d’erreurs diplomatiques auraient   été évitées ces dernières années si la classe politique avait encore une idée claire de la typologie des régimes politiques telle qu'elle avait été élaborée au milieu du dernier siècle par des auteurs comme George Orwell, Hannah Arendt, Raymond Aron.

Aux catégories habituelles venues d'Aristote : monarchie, aristocratie, démocratie, et leur perversion en tyrannie, oligarchie et démagogie, ou aux classifications plus communes distinguant tout simplement démocratie et dictature, les tragiques expériences que l'on sait ont amené ces auteurs à ajouter la catégorie jusque-là inédite du totalitarisme. Hannah Arendt y inclut le communisme soviétique et le régime nazi. Elle y aurait ajouté d’autres régimes communistes apparus ultérieurement, notamment celui de Chine. Elle pensait que le régime totalitaire n'était possible que dans de grands pays comme la Russie ou l'Allemagne : les cas du Cambodge et de la Corée du Nord, seul prototype existant encore à l'état pur de ce type régime, lui ont apporté un démenti. En revanche, elle n'avait pas tort de considérer que l'Italie fasciste avait laissé trop d'espace à des forces étrangères à son idéologie, en premier lieu à l'Eglise catholique et   pratiquait trop peu la terreur pour mériter le qualificatif de totalitaire. Tout au plus s'agissait-il d'un régime idéologique. De même, elle faisait basculer, au grand dam des antifascistes d'alors, l'Espagne franquiste ou le Portugal de Salazar du côté des dictatures classiques de type sud-américain.

 

 

 

Dictature et régime totalitaire

 

La différence entre système totalitaire et   dictature classique ne tient pas seulement à la place beaucoup plus grande que prend l’idéologie dans le premier, conduisant au mensonge généralisé, bien décrit par Soljenitsyne. Elle tient aussi au fait que la dictature ne s’en prend qu'à ses opposants leur réservant généralement le sort le plus dur, tandis que le totalitarisme pratique la terreur de masse, sans considérer de près ce qu’a fait ou n'ont pas fait   les uns et les autres.  Alors que la dictature ordinaire ne demande qu’une allégeance passive sous la forme d'une soumission craintive, le régime totalitaire exige en outre une mobilisation permanente des citoyens en sa faveur. 

Entre la dictature et la démocratie des degrés existent. Certains pays comme l'Espagne, le Portugal, le Chili sont passés d'un coup de l'une à l’autre. D'autres tels le Brésil, le Mexique, la Turquie, Taïwan ont suivi des degrés non sans conserver quelques imperfections. On peut considérer aussi la Russie d'aujourd'hui comme une démocratie imparfaite et sûrement pas comme une dictature au sens habituel. Que l'alternace y semble difficile, c'est ce qu'on avait déjà vu en son temps au Mexique, en Suède, au Japon sans que personne ne trouve à redire du caractère démocratique de ces pays, au moins s'agissant des deux derniers. Et que dire de nos démocraties occidentales où ce qui distingue les grands partis qui alternent au pouvoir est devenu bien ténu tandis que ceux qui s'écartent du consensus sont impitoyablement voués à la diabolisation ou à la marginalité ?

Le XXIe siècle a produit de nouveau types de régime inédits jusqu'ici.  La Chine d’aujourd’hui a conservé une enveloppe totalitaire :   parti unique, Etat fort, police politique redoutable mais l'idéologie s'y est affadie au bénéfice d'un système économique capitaliste très éloigné du communisme des origines. Elle est une sorte de totalitarisme schizophrène. On dit que le régime s'est libéralisé mais les milliers d'exécutions capitales (80 % de celles qui ont lieu dans le monde), les millions d'incarcérations dans les camps (laogais) et les prisons frappent-elles seulement les condamnés de droit commun ? Il est permis d'en douter. Comment suivre Pascal Lamy quand il prétend que la Chine de Xi Jinping serait plus démocratique que la Russie de Poutine ?  

Faut-il qualifier de totalitaires des régimes islamiques comme l'Iran des ayatollah ou l'Arabie Saoudite, sans compter le nouvel Etat islamique (Daesh) ?  La référence religieuse les distingue des grands totalitarismes du XXe siècle ou de l’actuelle Corée du Nord qui sont athées. L'intrusion de l'Etat dans la vie privée y va cependant loin. Aucune liberté religieuse n'existe en Arabie ou sous le khalifat de Mossoul. Comme l'Irak et l'Iran, ils ordonnent des centaines d'exécutions par an.  Mais dès lors que la loi islamique y est respectée, ces pays ne connaissent ni la mobilisation permanente (l’Iran s'est bien calmé à cet égard), ni la terreur de masse des régimes communistes.

Il reste que ces régimes religieux apparaissent bien plus oppressifs que les dictatures arabes classiques (de type nassérien, baasiste ou assimilé) : Algérie, Tunisie, Libye, Irak avant 2003, Egypte, Syrie. C’est par ignorance des catégories fondamentales que nous avons évoquées que certains de ces régimes (notamment ceux de l'Irak, de la Libye et de la Syrie) ont été diabolisés comme s'il n'y avait jamais eu rien de pire sur la terre. C'est sur la base de ces analyses erronées et d'une projet utopique de "démocratisation" du Proche-Orient, que l’Occident, au travers des printemps arabes, s ' est évertué à aider à leur renversement : la plupart des pays concernés ont alors plongé dans le chaos. Il s'agissait de dictatures classiques, un peu rudes pour certaines (Syrie, Libye) mais de rien d'autre.  Leur caractère dictatorial témoignait d'un Etat encore peu sûr de lui. Mais pour faire un Etat démocratique, il faut d'abord un Etat et non pas détruire l'Etat.  Dans la longue voie vers la démocratie, l’Etat n'est pas un obstacle, il est une première étape et une condition nécessaire. Sa destruction ne pouvait amener qu’une grave régression.

 

                                               Roland HUREAUX

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 23:18

L’INCONSCIENCE DE MACRON

 

Il fallait une certaine audace - ou plutôt une certaine inconscience -  à Emmanuel Macron pour dénoncer à Alger la colonisation française comme "un crime contre l’humanité ». Ce n'était pas seulement là une injure aux Pieds-noirs et aux harkis, comme on l'a dit sottement, mais aussi à la France et aux Français à qui l’épopée coloniale appartient tout entière.

Une épopée qui a eu, sans nul doute, son côté sombre mais qui a eu aussi sa grandeur : quand plusieurs chefs d'Etat africains   se cotisent pour élever à Brazzaville un mausolée à Savorgnan de Brazza, le tiennent-ils pour un criminel ? De toute façon, la colonisation dans son ensemble n’a jamais été tenue pour un crime   contre l’humanité, même par les   militants anticolonialistes les plus engagés du côté du FLN algérien

Macron n'a même pas l'excuse de la démagogie. Ces foucades ne lui rapporteront pas grand chose. Si, dans les sphères d'un pouvoir algérien à l'agonie, certaines factions font de la surenchère accusatoire à l'égard de la France, ni en Algérie, ni en France, la population n'apprécie de tels excès. Citons, parmi d’autres, Malika Sorel, française d’origine algérienne : « Au Maghreb, les gens sont consternés par ce qui se passe en France. Pour eux, la situation est liée à cette « repentance » et la responsabilité en incombe aux adultes français qui passent leur temps à se prosterner et être à genoux… »  On a bien lu :  la repentance, cause du terrorisme.

Est-ce alors un gage donné à certains de ses soutiens ? Ou l'espoir que le FLN donner la consigne aux électeurs d’origine algérienne de voter pour lui ? Le feront-ils seulement ? 

Le même Macron a cru bon de déclarer qu'"il n'y avait pas de culture française" et, pour montrer le peu de cas qu’il fait de la langue française, de prononcer à Berlin un discours en anglais (on eut pu comprendre que par courtoise, il l’ait fait   en allemand, mais il n'en a pas été question).

On est confondu que le même homme prétende être président des Français. Sait-il   que, depuis la tribu paléolithique jusqu'à nos jours, quelques lois anthropologiques élémentaires commandent au chef de ne pas insulter son peuple ou son pays, de lui marquer au contraire son estime, de le valoriser, de le magnifier, de le rendre fier d'être ce qu'il est (Macron qui n'en est pas à une contradiction près affiche dans son programme sa volonté de rendre nos compatriotes "fiers d'être français », de "retrouver notre esprit de conquête" !) ? Il est un mot anglais que visiblement il ignore : leadership.

Le chef doit respecter ce que Mallarmé appelle les « mots de la tribu », à commencer par sa langue et les symboles fondamentaux dans lesquels elle se reconnait. 

Nier l'existence d'une culture   française, quelle que soit la variété des apports étrangers qui l 'ont fécondée, est, non seulement une incorrection à l'égard de nos compatriotes, mais une ânerie qui relève, pour le coup, d’une profonde inculture, et un crime à l’égard des milliers de jeunes issus de l'immigration   à qui on demande de s’intégrer.

Disons-le tout de suite : il serait hasardeux que, ayant tenu de pareils propos, Macron soit finalement choisi par le peuple français, ou alors on n’y comprend plus rien.

 

Pourquoi fait-il injure au peuple français ?

 

Mais la question qui se pose : pourquoi donc a-t-il tenu pareils propos ?

On dira que, vivant dans l'univers de la mondialisation, il ne fait déjà plus grand cas de la France. Cela, il peut le penser, mais en campagne électorale, il doit au minimum sauver les apparences.   

Alors quoi ? Insolence ou naïveté ?

Nous penchons pour la naïveté, mais elle n'excuse rien au contraire.

Macron est un pur produit de sa génération. Une génération très postérieure à mai 68, largement déchristianisée (même si une partie a été baptisée, la culture chrétienne ne lui a guère été transmise) ; une génération où les notions de patrie, de souveraineté, voire d'intérêt national, le respect de la francophonie, sont renvoyés aux vieilles lunes. Ne leur a-t-on pas répété, par une falsification éhontée de l'histoire, que cela était du "pétainisme" ?   Ils tiennent certes De Gaulle pour un grand homme mais sans bien savoir pourquoi. Les totems de cette génération se retrouvent à forte dose dans le programme de Macron : environnement, droits de l’homme, antiracisme, non-discrimination, voire discrimination positive. Que l'anglais soit sa   langue naturelle ne saurait nous étonner.

La quintessence de cette mentalité post-nationale s'est exprimée au travers de l’évolution    de l'Institut d'études politiques de Paris (dit Sciences Po) au cours des vingt dernières années. Macron est à cet égard un pur produit de la génération Descoings -   Richard Descoings qui a dirigé célèbre institut de 1996 à 2008, où Macron a été étudiant   de 1998 à 2001.  Science Po   prépare à l’ENA et donc conditionne l'élite administrative française, dont l'Inspection des Finances d’où vient Macron, est le saint des saints.  L’abaissement de la France est tellement évident dans cette filière que, malgré son énormité, taxer notre aventure coloniale de crime contre l'humanité n'y choque pas. Il est probable que ce genre de formule, excessive mais dans l'air du temps, peut y être proférée sans rencontrer de contradiction, ni obérer, au contraire, les chances de réussir les concours. Les initiés savent qu'on s'en tire à Sciences po et à l’ENA et dans d'autres concours, non point en cultivant l’originalité d’esprit mais en portant au contraire avec énergie et brio, et pourquoi pas en forçant le trait, l’idéologie dominante.

Dans une telle perspective, pour la génération Macron, l'Europe (celle de Bruxelles, pas la culture européenne, largement ignorée), le libre-échange à tout va, l’alignement occidental antirusse, la défense des droits de l'homme tout azimut, la porte ouverte à l'immigration, tout cela fait partie de l'évidence. Une évidence qui ne se discute plus. Une évidence, mais cela les intéressés l'ignorent, totalement en porte à faux par rapport aux sentiments populaires, et qui explique à elle seule que le Front national attire aujourd'hui à lui près du tiers de l'électorat.

Cette idéologie n'est certes pas nouvelle, mais avec Hollande, elle avançait encore masquée sous les oripeaux da la vieille gauche sociale, comme du libéralisme avec Sarkozy. Avec Macron, elle prend une forme exacerbée et s’affiche de manière totalement impudique. 

La veille génération socialiste , celle de Mitterrand, bien sûr, mais même celle qui a suivi, celle de Hollande, avait encore un reste de conscience des fondamentaux qui  faisaient jadis   la France: le souvenir  des guerres de 14-18  et 39-45,  la rivalité du curé et de  l'instituteur pour transmettre  la même morale , l'encadrement populaire par l'Eglise ou par  le parti communiste , le sens du péché - et des plaisirs cachés , les 36 000 communes , bref tous  les  marqueurs qui,  de quelque   manière qu'on on se positionne par rapport eux,  ont structuré  la France.   Tout cela   a disparu dans la dernière génération de la mondialisation, sauf dans quelques vieilles familles où on cultive encore les traditions mais   dont Macron n'est visiblement pas issu.

Macron a-t-il compris que l'ensemble de ses positions le mettent en opposition frontale avec l 'opinion majoritaire des Français (selon tous les sondages), quasiment point par point, même avec ceux qui n'envisagent pas de voter pour Marine Le Pen ? Sans doute puisqu'il les habille d'une rhétorique fumeuse de type "ni gauche ni droite «.

A-t-il compris aussi que cette thématique qu'il croit jeune et moderne, l'était déjà il y a quinze ans et que, depuis le Brexit et l'élection de Donald Trump avec tout ce qu’ils représentent (critique du mondialisme, réhabilitation des frontières, remise en cause des alliances), elle pourrait vite appartenir au passé, faisant de   Macron la figure la plus ringarde qui soit ?

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 23:17

PERSIANS AND JEWS HAVE NOT ALWAYS BEEN ENEMIES

 

Who still reads the Bible in Israel, at least in government circles? We can wonder after Benjamin Netanyahu’s recent visit to Moscow. And Vladimir Putin, whose atheistic education can be an excuse, does not seem to be better informed.

When received at the Kremlin, the Israeli Prime Minister violently criticized Iran, which is allied to Russia in the Middle East: "2,500 years ago,” he said, “there was an attempt in Persia to annihilate the Jewish people", recalling the festival of Purim (12 and 13 March) which, according to Jewish tradition, celebrates the Jews’ victory over those who had then planned to exterminate them.

"Today's Iran, the heir of Persia, is renewing the attempt to destroy the Jewish State.  They say so in the clearest way: they write it on their missiles”, Netanyahu added.

"Maybe, but that was in the 5th century BC,” the Russian president replied ironically, but no more accurately. "Today, we live in a different world," he concluded.

A different world, no doubt. But what happened in the 5th (or 4th, we don’t know for sure) century BC has nothing to do with what either Netanyahu or Putin said.

The history of pre-Christian antiquity shows quite the opposite:  the Jews then had no better ally than the Persians.

The Jews were deported to Babylon by the Chaldeans as a result of the conquest of Jerusalem by king Nabuchodonosor in 586 BC. Fifty years later, the Jews were set free by Cyrus, king of Persia. In the meantime, the Persians    had eliminated the Chaldeans and taken Babylon.

Cyrus did not merely set the Jews free; he resettled some of them in Jerusalem: 40, 000 returned; the others stayed in Mesopotamia. He appointed a Jewish governor, Nehemiah. It was under Persian political domination that the Temple of Jerusalem was rebuilt. Moreover, that was when the Hebrew Bible was developed in the version we know today. Even if it traditionally comes from Moses (at least the first five books containing the Torah), most historians believe that the hard core was written down at the time of Nehemiah under Cyrus’s protection. It is barely an exaggeration to say that the substance of Judaism took shape under Persian supervision.

Netanyahu was referring to the Book of Esther, in which we learn that, at an unspecified time, a king of Persia called Assuerus (we do not know exactly who he is, since no Persian sovereign of that name appears in the records) decided to get rid of all Jews as suggested by his grand vizier Haman. They were saved by the intercession of the Jewish Queen Esther. With advice from her uncle Merdoches, the head of the Jewish community, she talked the King out of that fatal plan. This is the plot of a well-known tragedy by the great French playwright Jean Racine.

Already, to convince George W. Bush that Iran is evil, Netanyahu had offered him a deluxe edition of the Book of Esther.

In fact, Haman the villain is not Persian, but Greek - the text says: Macedonian.

As far as the historical facts can be reconstructed, the King of Persia was a passive character, with two ambitious minorities vying for influence at his court: the Jews and the Greeks. The story of Esther is a settling of accounts between the two factions and the final trouncing of the Greeks.

However, in 333, the Persian Empire was destroyed by Alexander the Great and the Greeks then dominated the region for several centuries.

 

The age-old hostility between Jews and Greeks

 

It was indeed the Greeks who caused the Jews more trouble than anyone else. The most serious hostility came from the Greek king Antiochus Epiphanius, whose historical existence is more assured than that of Assuerus. He strove to eradicate all Jewish traditions at the beginning of the second century, and had most cruelly executed those who resisted, like the old man Elazar, then seven young brothers and their mother[1] .

His attempt at forced Hellenization triggered the revolt of the Maccabees (175-140 BC), which temporarily restored Jewish independence and traditions.

When the region fell under Roman protectorate, the half-Jewish king Herod’s ambitions were thwarted by the Greek queen Cleopatra, Her lover Anthony even offered her a guard of six hundred Gauls to strengthen her military superiority[2] .

One exception in this long story of enmity was a Jewish embassy to Sparta in 177[3] .

The Roman domination succeeded the Greek one. After the destruction of Jerusalem by the Romans (70, then 135 AD), Jerusalem was conquered by the Persians in 614, and then again, a Persian king, Chosroes, tried to bring the Jews back to Jerusalem.

If too happens often today, historical recollections exacerbate conflicts. But in some cases, like the relationship between Israel and Iran, it is ignorance that fans the flames.

 

                                                                            Roland HUREAUX*

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 23:16

 

LES PERSES  ET LES JUIFS N'ONT PAS TOUJOURS ETE ENNEMIS

 

http://fr.aleteia.org/2017/03/21/les-perses-et-les-juifs-nont-pas-toujours-ete-ennemis/

 

Lit-on encore la Bible en Israël, au moins dans les sphères gouvernementales ?  On peut se  le demander à la suite   de la récente visite de Benjamin Netanyahou à Moscou.  Et Vladimir Poutine , qui  a été,  il est vrai, élevé dans  un Etat athée,  ne semble pas la connaître beaucoup non plus .

Reçu au Kremlin, le Premier ministre israélien a  violemment critiqué l’Iran, allié de la Russie au Proche-Orient:  «Il y a 2 500 ans, dit-il, il y a eu une tentative en Perse de détruire le peuple juif" précisant que la fête de Pourim (12 et 13 mars) célèbre, selon la tradition juive, la victoire des Juifs contre ceux qui   avaient projeté cette  extermination. 

«Voilà qu’aujourd’hui l’Iran, héritier de la Perse, poursuit cette tentative de détruire l’Etat juif. Ils le disent de la façon la plus claire, ils l’écrivent sur leurs missiles», a  ajouté Netanyahou.

 «Oui, mais  c’était au Ve siècle avant notre ère», a répondu, ironique, mais pas mieux informé,  le président russe. «Aujourd’hui, nous vivons dans un monde différent.»  a-t-il ajouté ,

Un monde différent  sans doute,  mais ce qui s'est passé au Ve siècle avant J.C.  ( ou au IVe , on ne sait ), n'a rien à voir  avec ce que disent Netanyahou et Poutine.

Toute l'Antiquité préchrétienne montre au contraire que les Juifs n'avaient   pas alors  d'allié plus solide  que les Perses.

Les Juifs sont déportés à Babylone par les Chaldéens à la suite de la prise de Jérusalem par le roi Nabuchodonosor en 586 avant J.C.  Cinquante ans après, les Juifs sont libérés par le roi de Perse Cyrus.  Entre temps, les Perses   avaient éliminé les Chaldéens   et pris Babylone. 

Cyrus ne se contente pas de libérer les Juifs ,  il patronne leur réinstallation à Jérusalem : 40 000  y retournent , les autres restant en Mésopotamie. Il   nomme un préfet  juif,  Néhémie  . C'est sous la domination  politique  des Perses qu'est reconstruit le  Temple de Jérusalem. Mais il y a plus:  c'est à ce moment  qu'est mise au point la  Bible hébraïque dans la version que nous connaissons . Si la tradition la fait  remonter à Moïse ( pour les cinq premiers livres  qui contiennent la Tora) , des historiens pensent que l'essentiel  a été rédigé  sous  les  auspices  de Néhémie et de Cyrus.    On exagère à peine en disant que le principal   du judaïsme  a été mis en forme dans le giron de l'Empire perse.

Netanyahou fait référence au livre d' Esther selon lequel,  à une époque non précisée, le roi de Perse Assuérus  ( dont on ne sait pas exactement  qui  il est,  aucun roi  de Perse n'ayant porté ce nom ) tenta  d' exterminer  les Juifs  sous l'instigation de son grand vizir  Haman.  Ils furent  sauvés  par l'intercession de  reine juive  Esther qui ,   sur  les conseils de son oncle Mardochée ,  le  chef de la communauté  juive,  convainquit  le roi de renoncer à son infâme projet.   Ce célèbre  récit a été illustré , on le sait, par une tragédie de Racine.

Déjà, pour convaincre   George W.Bush de la malfaisance des Iraniens , Netanyahou lui  avait  offert une édition de luxe du livre d'Esther.

En fait , le sinistre Haman  n'est  pas perse mais grec - le texte  dit macédonien .

Autant  que l'on puisse savoir  ce qui s'est  passé d'après ce récit , dont l'historicité est incertaine , le roi de Perse,  personnage assez passif, est entouré de deux  minorités dynamiques , très influentes à la Cour : la minorité juive et la miroité grecque. Le récit d'Esther est celui d'un règlement de compte entre  Juifs et   Grecs  qui se termine par la déconfiture des Grecs.    

Cependant , en  333,  l'Empire perse est  détruit  par Alexandre.  Les Grecs dominent  alors la région  pendant plusieurs  siècles.

 

L'hostilité séculaire des Juifs et des Grecs

 

Or  c'est avec les Grecs que les Juifs rencontrèrent le plus de difficultés.    Les plus importantes vinrent du  roi grec Antiochus Epiphane , dont l'historicité est plus assurée que celle d'Assuérus . Voulant , au début du IIe siècle,  abolir les traditions juives,  il fit périr  de la manière la plus cruelle ceux qui résistèrent  comme  le vieillard Eléazar puis sept jeunes gens et leur mère[1]

Contre cette tentative d' hellénisation forcée se leva  la révolte des Macchabées (175 -140)  qui rétablit  temporairement  l'indépendance et les traditions juives.

Sous protectorat romain tous les deux, le roi demi-juif Hérode fut en butte  aux ambitions de la reine  Cléopâtre , grecque. Son amant Antoine lui offrit même  une garde  de 600  Gaulois pour la renforcer [2].

Seule  exception à cette  longue chronique conflictuelle : une ambassade juive à Sparte en  177 [3]

La domination romaine prolongea la domination grecque. Après la destruction de Jérusalem par les Romains ( 70 , puis 135 se notre ère), il faut   attendre   la conquête de Jérusalem  par les Perses en 614, pour qu' une nouvelle fois, un  roi perse , Chosroês,  tente   de ramener les Juifs à Jérusalem.  

S'il arrive trop souvent  aujourd'hui que le souvenir de l'histoire excite les conflits  , il est des cas, comme celui de la relation entre Israël  et l'Iran, où c'est au contraire son ignorance qui les envenime.  

 

                                                                                   Roland HUREAUX *

 

 

* Auteur de Gnose et gnostiques des origines à nos  jours , DDB, 2015.

 

.

 

 

[1] Second Livre des Maccabées, chapitres VI et VII

[2] Selon Flavius Josèphe

[3] Premier Livre des Maccabées,  , chapitre XIV

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 23:15

DES ANTI-FILLON SUICIDAIRES

 

Il est étonnant de voir comment les puissants de ce monde, dotés de moyens supérieurs, d'une stratégie fortement pensée, peuvent s'aveugler sur leurs vrais intérêts.

On se souvient de ce célèbre tableau de Breughel montrant une file d’aveugles marchant ensemble au précipice.

C'est ce qu’évoquent les manœuvres par lesquelles l’appareil gouvernemental s’efforce d'assassiner politiquement Fillon, allant jusqu’à une instrumentalisation de la justice sans précédent en période électorale qui nous rapproche des pratiques totalitaires[1]

Le but de ces manœuvres est clair : faire élire par tous les moyens Macron à la présidence de la République.

Que les coups soient bien évidemment partis des plus hauts sommets de l’Etat, qui en doute ? On rappelle que les parquets et spécialement le parquet    financier créé par Hollande sont aux ordres directs du gouvernement.    Et personne n’imagine évidemment que ces manœuvres visant à casser Fillon aient pour but de faire élire Hamon !

Le monde entier suit de près l’élection présidentielle française car son enjeu géopolitique est fondamental :  il s'agit de savoir dans quel camp se situera la France le 7 mai prochain.  Cela ne signifie pas que les anti-Fillon reçoivent des ordres de l'étranger : la doxa euroatlatiste des élites occidentales est suffisamment homogène pour que ses représentants français, dans les sphères politique ou médiatique, puissent suivre leur ligne propre tout en étant en phase avec celle de leurs mentors internationaux. 

Sachant le désastre du quinquennat Hollande, les caciques de la gauche auraient pu se contenter d'accepter le jeu démocratique normal : le parti au pouvoir ayant échoué, c'est à l'opposition de prendre les rênes.  Jusqu'à la prochaine alternance. Fillon ne représente d’ailleurs aucun risque de bouleversement majeur du statu quo : aucune remise en cause du libre-échange, de l’Europe de Bruxelles, ni de l’euro. Son programme de rigueur, si décrié, est au contraire le seul moyen de sauver, à supposer qu'on veuille la sauver, la monnaie unique d’une débâcle générale.  Sa prudence sur le plan sociétal ne devrait pas inquiéter.

Mais cela n'a apparemment pas suffi aux tenants de la pensée dominante.  Ils veulent désormais un alignement sans réserve.  Or Fillon a une faille : il ne considère pas Poutine comme un ennemi.  Il n'est nullement   question qu'il s'inféode à lui mais le seul fait qu'il ait pris ses distances par rapport à la rage néoconservatrice antirusse suffit à le rendre suspect.

La   moralité politique étant en baisse généralisée, les gens de gauche en place n'acceptent pas non plus   de perdre leurs places et, avec Fillon, ils seraient obligés de les céder à d'autres.   Avec Macron, qui a été pendait tout le quinquennat un des plus proches collaborateurs de Hollande et qui demeure fondamentalement un des leurs, ils les garderaient.

 

Un jeu très risqué

 

Pourtant ces gens qui veulent tout gagner risquent se tout perdre.

Au début de l’année, personne ne doutait que François Fillon l'emporte largement, il était clair en tous les cas qu'il était le seul à battre facilement Marine Le Pen au second tour.

Ceux qui ont voulu le déstabiliser s'imaginent qu'il en irait de même avec Macron, voire Hamon. Quelle grave erreur !

Nous n’hésitons pas à dire qu'en déstabilisant François Fillon, ils ont pris le risque de mettre au second tour un candidat qui peut être battu par Marine Le Pen.

Certes les sondages donnent aujourd'hui à Macron une certaine avance   sur Fillon au premier tour et une victoire large sur Marine Le Pen au second.  Mais s'y fier serait ignorer un certain nombre de données fondamentales qui rendent cette prévision aléatoire.

Entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, il ne s'agira pas d’un concours de diplômes ou de compétence ni de beauté, pas même de programmes, au sens technique. Ce sera un concours de légitimité et il se jouera dans un face à face qui sera une épreuve de vérité. L'affrontement, qui aurait été amorti avec Fillon, compte tenu de ses positions moyennes, sera   d'une violence inouïe.

On ne saurait en effet imaginer deux candidats plus antithétiques :  

Marine Le Pen ne veut plus d'Europe (celle de Bruxelles). Macron veut en rajouter une couche.

Marine Le Pen veut arrêter l'immigration. Macron qui vient de féliciter Merkel sur ce chapitre (ce que n'a jamais fait Hollande), lui ouvre les bras.

Deux sujets existentiels sur lesquels, comme sur d’autres, au moins      60 % des Français sont aujourd’hui du côté de Marine Le Pen.

Comment réussir ce concours de légitimité quand on accuse la France de crime contre l'humanité, qu’on nie l'existence d'une culture française ou qu'on fait un discours en anglais à Berlin ?  Comment prétendre être le chef d'un peuple en le mettant en accusation au banc de l'histoire ou en crachant sur ses totems ? Macron qui aime tant l'anglais n'a visiblement pas compris ce que veut dire leadership.  Il est vrai qu'on ne l'apprend pas à l'Inspection des finances. Dans ce concours, tout ce que la campagne virevoltante de Macron s’évertue à cacher viendra au jour. Il   n'est pas certain qu’il gagne alors la partie.

Le sociologie Marc Abélès[2] a mis en relief le concept d’éligibilité. Un donnée complexe de nature anthropologique qui sous-tend la mécanique électorale. Il est douteux qu'avec ses prises de positon sur l'histoire et la culture françaises, Macron soit vraiment "éligible". D'autant que les meilleurs experts pensent que la question identitaire sera décisive dans cette élection[3].

A côté de la légitimité, il y a l'arithmétique électorale. Même si la gauche n'aime pas Fillon, personne ne l’y déteste assez   pour ne pas voter pour lui au second tour dès lors qu'il s'agira de "faire barrage au Front national" : il n'aurait ainsi pas de mal à faire le plein des voix de Dupont-Aignan à Mélenchon.

Ce n'est pas si certain pour Macron : une partie des Républicains excédés par les coups portés à leur candidat - et qui commencent à comprendre d'où ils viennent -, sanctionnera Macron en votant au second tour pour la candidate du Front national.  Quant à la gauche de la gauche, ceux qui auront voté Mélenchon ou Poitou, comment   imaginer qu'ils voteront pour un candidat issu de la banque Rothschild, figure accomplie du « social-traître ». Au mieux ils s'abstiendront.

Ajoutons qu'après le Brexit et l'élection de Trump, Macron est tout sauf dans le sens d’histoire.

Ceux qui ont fait le calcul qu’en déstabilisant Fillon, ils auront Macron apportent la preuve de leur aveuglement sur les véritables dynamiques de l'opinion.  Macron reste le candidat des élites mondialisées, "hors sol », vivant dans un   cocon qui les rend étrangères à un peuple toujours suspect de "populisme ». Leurs erreurs d’appréciation dans les votes anglais et américain   déjà signalés, plus celle, en France, du référendum de 2005, ne leur suffisent pas.  Au demeurant, quel mépris du peuple d'imaginer que par le matraquage médiatique, beaucoup d'argent, une communication très professionnelle destinée compenser le vide du propos (car   jusqu' ici Macron n'ose pas dit ce qu’il est vraiment) et des prestations scéniques de saltimbanque inspiré, on puisse faire avaliser par le peuple français des options qui, jusqu'à la caricature, résument tout ce qu'ils rejettent.

Les réseaux nationaux ou internationaux qui ont voulu déstabiliser Fillon parce qu’ils ne le trouvaient pas assez à leur goût     pourraient bien, à ce jeu, avoir Marine le Pen. Ce n 'est sûrement pas le résultat qu'ils recherchaient.

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

[1] Rappelons qu'en 1965, le général de Gaulle avait refusé   de réactiver la procédure engagée à l'encontre    de François Mitterrand qui était toujours en examen pour outrage à magistrat, soupçonné d’avoir organisé un faux attentat contre lui-même. Autre temps, autres mœurs.

[2] Marc Abélès, Jours tranquilles en 89, ethnologie politique d'un département français, Paris, Éditions Odile Jacob, 1988.

[3] Article de Jérôme Sainte-Marie, Le Figaro, 22 février 2017

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 23:14

POURQUOI AREVA N'A JAMAIS REPONDU AUX AVANCES DE TAÏWAN QUI A UN BESOIN URGENT DE RETRAITER SES COMBUSTIBLES NUCLEAIRES ?

 

Le premier ministre Bernard Cazeneuve se préoccupe-t-il du devenir d'AREVA dont la cotation en Bourse a été suspendue le 10 janvier ?   Comme il se trouve en contrat à durée très déterminée, ce n'est pas sûr.

Mais il a été élu député de la Manche.  Sait-il que dans sa circonscription, il y a une mise d'or ?  Une mine qui pourrait rapporter à la France 4 milliards d’euros immédiatement, et le double plus tard ce qui ne suffira peut-être pas à sauver AREVA, dont le besoin de financement est estimé à 15 milliards, mais pourrait améliorer sa trésorerie et par là même celle de l'Etat.

Il n'est pas sûr que Cazeneuve le sache car l’ancienne présidente d’AREVA, Anne Lauvergeon, aujourd'hui en examen, n'a rien fait pour le faire savoir, ni pour exploiter le filon.

Cette mine se trouve à l'usine de retraitement de La Hague, un site qu’il connait bien.  

Pendant des années, Taïwan a été demandeur, tantôt ouvertement, tantôt en sourdine, du retraitement de ses combustibles usés.

Dès les années 80, Taïwan s’est doté de six réacteurs nucléaires [1]  dont les combustibles usés ont été accumulés de manière préoccupante techniquement et inquiétante pour les populations [2]. Ces   combustibles se trouvent dans les piscines (dites de transfert) de ces quatre réacteurs, la « réserve de cœur » qui permettrait de décharger en urgence, en cas de besoin, l’intégralité d’un cœur de réacteur en activité n’est donc plus respectée, ce qui met en danger les populations.

 

Un engagement non tenu par la France

 

Cette sursaturation de 4 « piscines de transfert » est un cas unique au monde, largement dû à un engagement moral non-tenu depuis une vingtaine d’années d’AREVA de recycler un premier lot de 3 000 tonnes de combustibles usés (sur 7 à 8 000 tonnes à terme).

Or aujourd'hui, comme il y a vingt ans, pour des raisons à la fois techniques et administratives, le seul pays à même de retraiter ces combustibles usés est la France à l'usine de La Hague.

Dès 1997-98, COGEMA sous la présidence de Jean Syrota, avait donné un accord de principe à la demande de Taïwan Power Compagnie (TPC) pour évacuer et recycler trois mille tonnes de ces combustibles usés. Son successeur, Anne Lauvergeon, ne donna pas suite.

Non seulement cet engagement représentait une recette intéressante de près de 3 milliards de dollars de l’époque, mais il était logique - du fait que COGEMA avait précédemment fourni une importante partie des combustibles   à Taïwan Power Compagnie : COGEMA avait signé dès 1982   un contrat lucratif qui avait assuré - de 1987 à 2013 - un tiers de besoin de Taïwan en uranium enrichi.

Si un grave séisme de type Fukushima se produisait à Taïwan, et s’il entraînait aussi un accident au niveau de ces piscines, la responsabilité morale de la France - et singulièrement celle d'AREVA - pourrait être mise en cause, du fait de ces engagements non honorés.

Compte tenu de l'accumulation intervenue au fil des ans, le marché total de ce recyclage peut être estimé aujourd’hui à 8 milliards d’euros (4 immédiatement, le reste plus tard.).  Ce budget a été mis en réserve par l’électricien taïwanais, dans un compte distinct de la trésorerie de l’entreprise.

 

L'incompréhensible passivité d'AREVA

 

Pour des raisons à ce jour inexpliquées, AREVA, depuis de nombreuses années, a multiplié les échappatoires pour ne donner aucune suite à ce qui était une demande explicite de l’électricien taïwanais, alors appuyé fortement par son gouvernement : le président de TPC, reçu à Paris en 1997 avait proposé un acompte d1 milliard de $ en échange d’un engagement de la COGEMA d’effectuer l'opération sur quelques années. Le ministre de l’énergie atomique et ses adjoints furent reçus à plusieurs reprises et les   arrangements administratifs et gouvernementaux de part et d'autre furent précisés.  Washington, dont l'accord est nécessaire du fait que les Etats-Unis ont fourni les réacteurs, approuva et appuya le projet.

Cette passivité obstinée est d'autant plus inexcusable que notre capacité de retraitement de la Hague est sous-employée.

Il est vrai que la situation politique a évolué à Taïwan : le gouvernement est désormais anti-nucléaire (tout en conservant un ministère de l’énergie atomique[3] !) Certains antinucléaires jouent même la politique du pire, espérant l’incident, ou l’accident.

Les connaisseurs de ce pays ne doutent cependant pas que, compte tenu du besoin, un travail politique de terrain déterminé, mené par un représentant compétent, aboutirait très vite à un accord.

De toutes les façons, il n'est pas d'usage que le client courtise son fournisseur - comme c'est le cas depuis vingt ans (en vain) : le contraire   serait plus normal.

Depuis des années, les dirigeants successifs d’AREVA, quand ils se sentent poussés à bout (ce qui est rare, les politiques s'étant peu intéressés à la question) répondent « Soyez tranquilles, l’affaire suit son cours ». Mais on ne voit rien venir.

On allègue aussi que les taïwanais se sont dotés d’un système d’entreposage à sec sur site rendant inutile le retraitement ou permettant d’attendre. C’est bien parce qu’AREVA ne tenait pas les engagements de COGEMA que Taïwan a été contraint de se doter de ce dispositif. Un système en fait inacceptable pour toutes les composantes politiques de l’ile car il perpétuerait la présence au milieu de l’agglomération de Taipei de 7000 tonnes de combustibles usés.

Il y a eu également, sous le successeur immédiat de Lauvergeon, un début de négociation pour évacuer un lot « pilote » de 220 tonnes. Un leurre que les députés taïwanais ont fait annuler car il n’apportait qu’une solution minime.

Parmi les mauvaises raisons que l'on soupçonne à ce blocage chez AREVA, figure la crainte révérencielle de la Chine populaire : pourtant Pékin n’a jamais émis la moindre objection aux relations industrielles électronucléaires entre la France et Taïwan ; et comment objecterait-elle puisqu'elle n'aura pas de capacité de retraitement propre avant de très longues années ? Imaginer que faire des affaires avec Taïwan nous mettrait mal avec la Chine de Pékin relève de    considérations    diplomatiques qui retardent de 35 ans :  10 000 passagers par jour, hommes d'affaires, étudiants et touristes, prennent un vol entre la Chine populaire et Taïwan !   40% du commerce extérieur de Taïwan se fait avantageusement avec la Chine. Le plus gros employeur privé de la Chine continentale, Fox Conn est un Taïwanais qui emploie un million d’ouvriers [4] .

Peut-être faut-il chercher la clef de cette énigme dans le mauvais souvenir de « l’affaire des frégates » de Taïwan, négociée sous l'ère Mitterrand, et dans le rôle qu’y aurait joué Anne Lauvergeon ? 

Ou alors a-t-on affaire à un cas finalement assez fréquent de la pathologie des organisations : l'incapacité de toute la structure AREVA (désorganisée par Lauvergeon) de prendre une décision dans quelque domaine que ce soit. L'aboulie n'est pas seulement une névrose individuelle, elle peut toucher aussi toute une structure.

Malgré l’intérêt électoral de l’actuel premier ministre à débloquer cette affaire, il n’est pas sûr qu'il en ait encore le temps.  L'affaire sera donc entre les mains du nouveau président, qui aura bien besoin de ces 8 milliards d'euros.

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] Plus deux, plus récents, gelés en raison de l'opposition de la population au nucléaire

 

[2] Les quatre réacteurs du Nord de l’île sont situés dans lagglomération de Taipei, un bassin de population de 7 millions dhabitants.

 

[3] Il a même lancé le projet dune agence de gestions des déchets radioactifs sur le modèle français.

 

[4] En décembre 2016, lors des célébrations à Fuzhou autour des statues et de linauguration dune exposition remarquable à la gloire de notre compatriote Prosper Giquel (le Français le plus célèbre de Chine), des descendants taïwanais de ses élèves étaient à

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