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Roland HUREAUX

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 21:23

 

Le concert d’éloges qu’a suscité le décès de Simone Veil recouvre bien des ambiguïtés.

D’abord le fait que, surtout de la part de la presse, c’est moins la personne que l’on célèbre que l’avènement du supposé droit à l’avortement. On fait ainsi de l’ancien ministre de la santé une icône de libéralisation des mœurs. Rien dans ses déclarations ne le laisse supposer. La loi Veil visait à encadrer et même réduire le nombre des avortements clandestins. La propagande féministe avait alors répandu le chiffre absurde d’un million par an – alors que la vérité était plus proche de 50 000, ce qui n’était déjà pas rien[1]. Simone Veil avait-elle été dupe de cette propagande ?  Probablement pas, mais tout laisse penser qu’elle voulait faire une loi d’encadrement et de contrôle plus que d’émancipation.

On ne l’a pas assez relevé : Simone Veil venait clairement de la droite. Elle était issue, comme Marie-France Garaud, de l’écurie de Jean Foyer, grand détecteur de talents et qui deviendrait un des adversaires les plus résolus de la loi de 1974. Il réussit néanmoins à y faire inscrire à l’article 1 que « La loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie. », le reste de la loi ne venant qu’à titre d’exception : « il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu'en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi.» 

Simone Veil ne s’était pas engagée dans cette aventure sans crainte et tremblement. Elle devait dire plus tard que la loi n’aurait pas vu le jour si l’épiscopat avait manifesté haut et fort   son opposition.

 

La grande défausse

 

Une loi qui n’aurait normalement pas dû s’appeler   loi Veil. On n’a jamais relevé ce qu’il y avait d’abject dans le fait que trois personnalités de culture et, selon leurs déclarations, de foi catholique, trois hommes, Valery Giscard d’Estaing, président de la République, Jacques Chirac, premier ministre et  Jean Lecanuet, garde des sceaux, soient allés chercher une jeune magistrate d’origine juive, rescapée des camps de la mort, pour lui faire porter le chapeau d’une loi dépénalisant  (au moins en partie) l’avortement.    Sur un sujet qui touchait les droits fondamentaux et donc en premier lieu le ministère de la justice, cette loi n’aurait-elle pas dû s’appeler loi Lecanuet ? Lecanuet  icône de la démocratie chrétienne finissante, enterré dans un monastère !  Instrumentalisation et de la judéité et de la shoah à des fins politiciennes : personne n’a souligné à quel point il y avait là une forme d’antisémitisme sournois, en tous les cas de lâcheté.   D’ailleurs le piège diabolique concocté par Giscard et Chirac a fonctionné :  la bêtise crasse qui   caractérise une certaine droite l’a conduite à tomber les yeux fermés dans le panneau pour se livrer à des amalgames douteux qui ont terriblement affaibli la cause des défenseurs de la vie. 

L’intéressée était-elle obligée de tenir  ce rôle ? C’est une question ouverte.

 

Le droit de l’avortement actuel n’a plus rien à voir avec la loi Veil

 

Enfin, et c’est le plus important, il serait temps de rappeler que la loi Veil de 1974 n’a à peu près rien à voir avec la législation   de l’avortement de 2017.

Au fil des ans ont été supprimés :  le principe du respect de la vie comme norme, la nécessité de l’état de détresse, l’entretien préalable avec une assistante sociale, le délai de réflexion . Le délai légal a été relevé à 12 semaines (ce qui est tout de même différent  de  pays, comme les Etats-Unis, où il n’y a pas  de délai !  ).  Ont été instaurés en parallèle  le remboursent à 100 %   de l’acte (et plus récemment de tous les examens préalables) [2] et le délit d’entrave à l’avortement.  On n’est pas encore allé jusqu’à en faire un droit fondamental sans considération de délai, mais sous la pression de l’ONU et de l’UE, une motion dans ce sens a été votée récemment à l’Assemblée nationale.    L’objection de conscience du personnel médical est menacée et affaiblie, les pharmaciens en étant désormais exclus.  A l’instigation de Marisol Touraine, les hôpitaux sont obligés d’atteindre des quotas d’avortements et donc à y pousser les femmes hésitantes pour montrer qu’ils ne se dérobent pas à ce supposé  «service public». Le progrès du dépistage prénatal (et les actes de dépistage multipliés par la loi ) ont fait de l’avortement , en France plus qu’ailleurs, un instrument quasi-généralisé d’eugénisme, ce dont on ne mesure sans doute pas encore toutes les conséquences[3]. La science a entretemps découvert le RU 486 qui semble rendre l’acte plus anodin et qui peut être délivré par  les infirmières de lycée.

Nous ne comptons pas au nombre des dérives la suppression de l’autorisation parentale, prévue à l’origine pour les mineures, tant le rôle des parents est, en cette matière, le plus souvent négatif.

On est ainsi passé de la loi de 1974 pour laquelle l’avortement provoqué était une exception à une règle générale de protection de l’enfant à naître, assortie d’un   dispositif à finalité   dissuasive, à un régime juridique, en théorie de semi-liberté, mais en fait d’encouragement. La sociologie contemporaine, de plus en plus hostile l’enfant, fait que les institutions les plus diverses : entreprise, hôpital, lycée, services sociaux  et souvent famille se liguent pour pousser à l’avortement des femmes qui, au fond d’elles-mêmes,  voudraient garder leur enfant. Tenter de dissuader une femme d’avorter est puni par la loi, l’y pousser, en soi,  ne l’est pas[4]. On estime à 60 % le nombre d’avortements sous pression de l’environnement et peu contestent qu’une femme entourée de gens,  employeur compris, qui accueillent  favorablement l’enfant,  n’y recourt guère. Qui parle de liberté [5]?

La loi de 1974 prévoyait que des études en vue de connaitre mieux les motivations de l’acte abortif, dans un but de prévention : cette disposition est passée à la trappe lors de   la reconduction de la loi en 1978. Le sujet est  devenu  au contraire tabou. De même l’entretien préalable n’a la plupart du temps été qu’une formalité bien éloignée de l’esprit de la loi.

Ces évolutions ont été la plupart du temps votées à l’initiative du parti socialiste, la droite ne les remettant jamais en question « pour ne pas rouvrir le débat ». Elles semblent conforter l’argument des pro-vie  selon lesquels la loi Veil, sous une apparence restrictive, a ouvert la boîte de Pandore.      De même,  il n’est   pas fortuit que   le passage sans retour de la fécondité française au-dessous du seuil de renouvellement des générations date de 1975.

Il reste que Simone Veil a, au moins en privé, déploré la dénaturation de la loi qui porte son nom. Il aurait peut-être mieux valu qu’elle le dise    publiquement, comme  elle a participé brièvement en 2013 [6] à la manifestation contre la loi Taubira.

Mais on trouve dans ses déclarations de 1974 des prises de position non équivoques : « Il n’y a aucun droit à l’avortement »… « Personne n’a jamais contesté, et le ministre de la santé moins que quiconque, que l’avortement soit un échec »… « C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame », ou encore « si [le projet de loi] admet la possibilité d’une interruption de grossesse, c’est pour la contrôler, et autant que possible en dissuader la femme ».

« Dissuader la femme ! » Avec de tels propos, Simone Veil serait aujourd’hui allée en prison.  

 

Roland HUREAUX

 

 

[1] On compte aujourd’hui environ 220 000 avortements légaux par an. Ce chiffre, un des  plus élevés d’Europe,  ne baisse pas  malgré des dizaines d’années de propagande pour la contraception. Il concerne   principalement les populations autochtones.

[2] Alors que les soins dentaires ou les lunettes ne sont remboursés qu’à hauteur de  20 %.

[3] Combien de grands artistes ou génies scientifiques n’auraient pas survécu au dépistage prénatal  , sûrement pas  Toulouse-Lautrec ?

[4] Il y a des condamnations  de ces pressions mais, à notre connaissance, seulement  en cas de violences physiques , au titre des « violences faites aux femmes ».

[5] Ces pressions sont d’autant plus déplorables que la plupart des femmes en  gardent des traces psychologiques profondes. 

[6] Sa santé  déjà compromise ne lui permettait pas de faire plus de quelques centaines de mètres, ce qui  est déjà beaucoup.. 

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 21:21

UN GOUVERNEMENT DONT IL N’Y A RIEN A ATTENDRE

 

On cherche en vain qui, en France, pourrait attendre quelque chose de positif de l’action du   gouvernement que vient de nommer le nouveau président   élu le 7 mai 2017.

Cela pour une bonne raison : on ne trouve rien dans le programme d’Emmanuel Macron  qui ne soit  la suite ou l’aggravation de celles qui ont provoqué, au cours des  dernières années, le divorce profond des Français avec leurs élites. Hélas, ils ne s’en sont pas encore aperçus.

Comment attendre une amélioration de l’emploi d’un président qui ne veut pas toucher à l’euro sans   avoir annoncé pour autant  les sacrifices nécessaires à son maintien . Tel quel, l’euro   maintient des  prix à l’exportation trop élevés, et donc   ralentit de l’économie et accroit  le déficit commercial : quel commerçant peut espérer augmenter son chiffre d‘affaires si ses prix sont au-dessus de ceux de ses concurrents ? Si l’on ne sort pas de l’euro, il ne reste qu’un moyen de rétablir la compétitivité :  baisser les salaires, baisser les charges (et donc la couverture sociale et la dépense publique).  Rien n’indique qu’on en prenne le chemin  ni que les Français y soient prêts . Privilégiant, lui, la sincérité sur la démagogie, Fillon avait annoncé cette rigueur, qui d’ailleurs  n’est   même pas assurée   de réussir  : trop brutale, elle risque d’entrainer le pays dans une spirale déflationniste : baisse des revenus, baisse de la demande, baisse des impôts, nouveaux déficits.

Encore moins faut-il attendre du nouveau président  la baisse des dépenses publiques.  Son programme comporte  environ  100 milliards de dépenses  nouvelles[1]  .   S’y ajoutent  la   suppression de l’ISF et de la taxe d’habitation  . Tout cela financé comment ? Des économies budgétaires très vaguement annoncées et surtout   de nouveaux impôts : alourdissement sensible de l’impôt   foncier (ou inclusion d’un loyer fictif dans   l’impôt sur le revenu des propriétaires), alourdissement de l’impôt payé par les retraités, hausse de la CSG.   

Tout cela nous ramène, de fait, à la politique au fil de l’eau menée par Hollande : peu regardante sur l’augmentation des dépenses publiques, préoccupée certes des déficits (tutelle de   de Bruxelles oblige ) mais  ne  connaissant pas d’autre moyen    de les réduire que l’alourdissement de la fiscalité.  Nouveauté chez Macron : un ciblage plus systématique des classes moyennes et des retraités (qui ont, pourtant, largement voté pour lui).  Il en résultera une poursuite de la  stagnation  et  un écrasement encore plus fort  de la société. Macron président suivra les traces de Macron ministre : qui pouvait s’attendre à autre chose ?   

 

Les libéraux grugés

 

Parmi les déçus, les libéraux de tout poil (Contribuables associés, IFRAP etc.) qui avaient fait toutes sortes de plans en vue d’économies budgétaires   ou sociales, un objectif qui leur parait, avec raison, prioritaire. Il y a trente ans qu’ils espèrent être écoutés par un nouveau président, en vain. Ce sont là, (comme les retraités, les chefs d’entreprises ou, sur un autre registre, les catholiques), des gibiers à démagogues : toujours présents à l’appel dès qu’on dit libéral-libéral et toujours couillonnés !  Ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que le libéralisme international qu’incarne Macron  reflète les intérêts d’une oligarchie mondiale qui se fiche comme d’une guigne de la lourdeur des prélèvements obligatoires en France, car ils  ne la   touchent  guère ; ce sont les classes moyennes qui trinquent et ils n’ont que mépris pour elles  . Ils sont même plutôt satisfaits qu’un système social lourd à la charge de celles-ci   amortisse les  effets du libéralisme international qu’ils veulent imposer.

L’autre source de déception est que le programme de Macron (comme d’ailleurs de presque tous les candidats ) porte la marque de toutes les lubies technocratiques, jamais   remises en cause, qui sont à l’origine du mécontentement des Français, sans qu’ils s’en rendent toujours compte.  Elles reflètent cet autisme des classes dirigeantes qui croient avoir raison sur tout alors même que les gens de la base mesurent bien mieux qu’elles ce qu’ont de nocives la plupart des réformes engagées  sur la base de préjugés simplistes. Rien qui laisse supposer la remise en question d’une coûteuse intercommunalité ( 400 000 emplois créés en vingt ans, qui dit mieux ? ) ,  de l’évaluation généralisée  (synonyme  de   mensonge généralisé et de démotivation ,  comme le Gosplan de jadis) , de la réforme  à tout va  des organigrammes , de la politique pénale fondée sur l’excuse, d’une politique sociale abstraite et inéquitable  qui entraine   de plus en  plus de frustrations, de  méthodes pédagogiques absurdes, d’ une complication toujours plus grande des procédures . Ce qui les complique le plus, ce sont d’ailleurs les préoccupations à la mode qui,  selon les critères du temps,  font un projet « jeune et moderne » et sur lesquelles Macron n’a pas manqué de faire de la surenchère :   Europe, environnement, non-discrimination, risque zéro. Même si ces préoccupations   ne font l’objet d’aucune loi, elles pénètreront aussi longtemps qu’elles seront  prioritaires  la jurisprudence et les pratiques  administratives, promesse d’ un   climat un peu plus oppressant.    

 

L’ignorance des vrais sujets

 

Aucune proposition sérieuse sur les questions auxquels nos contemporains sont les plus sensibles : déclin de l’éducation nationale - des classes de 12  élèves :  qui payera  et à  quoi bon si les méthodes demeurent inchangées ?-  , délinquance, système social injuste, déréliction de la « France périphérique » ,  flux migratoires hors de  contrôle  ( mais Macron, en phase avec le club Terra  Nova et quelques autres de ses protecteurs ne pense-t-il pas au fond qu’il en faut plus , pour casser l’orgueil  d’une France coupable des pires  crimes  ?)  , lourdeur de la machine  européenne : là aussi Macron en veut toujours plus.  Encore moins d’idées sur la politique familiale et l’immense problème démographique ,  ignorés avec mépris dans son programme :  il n’envisage pas,  comme on l’a dit,  la suppression des prestations familiales, c’est lui, comme ministre des finances,  qui les a supprimées en 2014 à toute une partie de la population :  que lui importent les enfants, que lui importe  l’avenir ? Comme ses amis des Gracques, il pense, n’en doutons pas,  que, sur tous ces sujets, la rationalité technocratique se heurte à l’irrationalité populaire, voire populiste, alors que la réalité  est à l’inverse : c’est le bon sens populaire qui  résiste à la déraison idéologique. On ne voit pas qui, dans le présent   gouvernement, sauf peut-être Bayrou, pourrait mettre en doute ces certitudes autistes.

Ce ne sont pas  quelques gadgets clinquants promis ici ou là  qui résoudront les vrais  problèmes de la France,  tels  la moralisation de la vie politique (curieuse promesse  d’un candidat qui n’a jamais permis qu’on l’on perce  ses mystères patrimoniaux ou familiaux ! ) : mise en œuvre, elle se traduirait par plus de contraintes   sur les élus,  meilleur moyen d’en éloigner encore davantage les bons,   l’ injection d’une dose de proportionnelle , soit plus de pouvoir aux partis auxquels les électeurs viennent pourtant d’infliger un désaveu  cinglant etc.  

Macron ne veut le bien ni de la France ni des Français. Il a été élu pour servir les intérêts d’une idéologie mondialiste, transhumaniste, transfrontière , voire transgenre. Son logiciel est à l’opposé des aspirations des Français : à l’épreuve du réel, il devra sans doute l’adapter mais comme il  est mauvais, aucune adaptation ne suffira.

A moins d’un reniement total et de ce qu’il a promis et de ce qu’il est, tout cela promet à ce président bien mal élu - et aux Français -  une immense déception.

 

Roland HUREAUX

 

[1] Sur ses 96 propositions, 27 annoncent une augmentation des dépenses, presque aucune ne tend à les réduire :  augmenter le minimum  vieillesse de 100 € par mois  , augmentation de  l'allocation adulte handicapé de 100 €  aussi,  extension  du  bénéfice de l'assurance  chômage  à ceux qui démissionnent  volontairement,  remboursement à 100 % des lunettes  et des prothèses dentaires,  plan de   5 milliards pour la santé, de 5 milliards pour l'agriculture,   grand plan d'investissement de 50 milliards , 2 % du PIB pour la défense nationale  (comme par hasard, l'objectif fixé par l'OTAN ), soit au moins 20 milliards de plus. Il est dit aussi :  "Nous augmenterons les salaires de tous les travailleurs, des ouvriers, des employés » d’un 13e mois.   Le Fonds pour l'industrie et l’innovation, prévu en sus, sera financé par la vente des participations   de l'Etat dans les industries   stratégiques, ce qui va encore affaiblir sa capacité de manœuvre.  De politique industrielle, il est à peine question chez celui qui a autorisé la cession d’Alstom à General Electric. Il maintient la retraite à 60 ans.

 

 

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 21:19

 

Les relations qui semblent s’instaurer entre le nouveau président Macron et son homologue  Poutine, quoiqu’ elles marquent un progrès par rapport au temps de Hollande, ce qui n’est pas difficile,  restent marquées du sceau de l’ambiguïté.

On pouvait craindre  le pire : la liste des soutiens de Macron ressemblait  furieusement à  un comité anti-Poutine  ; rien dans les idées du nouveau président qui laissât   espérer un changement par rapport à la ligne Hollande.     

 

Une ouverture aux effets mitigés

 

L’invitation lancée au président russe   à  venir célébrer le 300e anniversaire de la visite à Versailles du tsar Pierre le Grand a été à cet égard une  heureuse surprise -  dont la genèse exacte reste  à éclaircir. Elle a failli être gâchée par l’arrogance du nouveau président français  lors  l’entretien bilatéral où  les leçons de démocratie alternaient, dit-on,   avec les accusations touchant  les questions de l’Ukraine et de la Syrie.   Macron ne semblait pas  s’être libéré de la doxa otanienne selon laquelle  Poutine  est un  dictateur et un agresseur et  les dirigeants de l’OTAN des  démocrates et   des défenseurs du droit, un point de vue qui ne tient évidemment pas compte du fait que la grande majorité des  violations du droit international depuis 20 ans  ont été  commises par l’Occident, ni que la disqualification  judicaire de  concurrents   n’est pas le propre de la Russie.  

Mal venue  aussi ont  paru, lors de la conférence de presse conjointe les critiques  de Macron  contre  les deux médias  sous  influence russe, RT et Radio-Spoutnik, dont 98% des Français ignoraient l’existence. Ils auraient  colporté pendant la campagne des bruits sur son homosexualité…  Une rencontre de ce niveau était-elle bien le lieu  pour une  telle mise en cause ? Gage sans conséquence à la camarilla antirusse qui l’a porté au pouvoir ?

Rappelons aussi que la France participe aux prochaines manœuvres de l’OTAN aux frontières de la Russie ( imaginons que la Russie organise des manœuvres « défensives » au nord du Mexique !)  .

Il semble cependant que , malgré ces accrocs,  les points de vue des partenaires se soient  rapprochés. Qu’ils soient    tombés   d’accord pour  dire que leur ennemi commun était le terrorisme islamiste n‘est pas une révolution  : tout le monde en convient  depuis longtemps même ceux qui le soutiennent en douce.  Sur  l’Ukraine,   chacun reste sur ses positions  . Sur la    Syrie en revanche,  Macron semble avoir renoncé à faire du  retrait du président Bachar el Assad une  condition  préalable au retour à la  paix. Cette exigence maintenue par Obama et Hollande, et même, par intermittence, par Trump, constituait  non seulement une entorse  au principe de non – ingérence mais un blocage absolu au processus de  paix ,  les Russes n’étant  pas prêts  à lâcher Assad, au moins sous la  pression  occidentale.

 

Une ligne encore incertaine

 

Il reste cependant bien  des ambiguïtés dans la position de Macron  : il vient de  s’ associer à Trump pour menacer la Syrie d’une intervention militaire en cas de nouvelle utilisation  d’armes chimiques. Or  les  prétendus recours aux  armes chimiques par Assad se sont  avérés  chaque fois des  provocations de ses adversaires destinées à le discréditer . Elles visent  aussi à offrir   un alibi à  une intervention militaire,  destinée à empêcher   l’Etat syrien  de  consolider sa  position et donc à  faire obstacle au retour de  la paix.  Il y a   tout lieu d’être inquiet de cette déclaration.

Malgré les accrocs   qui ont marqué la visite de Poutine à Versailles,  les diplomates russes ne tarissent pas d’éloges à l’égard  de Macron et considèrent qu’il a réalisé une véritable ouverture. Il semble connaître bien mieux l’histoire franco-russe que ses prédécesseurs et ne pas montrer  une inféodation aussi puérile que celle de Hollande aux Américains.

Durant la campagne électorale française, les Russes avaient tout fait pour ne  pas avoir l’air de vouloir  influencer l’élection, dont leurs observateurs avaient  sans doute anticipé le résultat  .  Rien ne laisse supposer en particulier qu’ils soient derrière  la publication des « Macron leaks » , soit de 15 Giga-octets de courriels échangés dans  son équipe. Venus le vendredi précédent le second  tour et ne    contenant rien de très compromettant, ils ne pouvaient de toutes  façons avoir d’impact  sur l’élection, tout au plus servir d’avertissement  discret. 

Il s’en faut en tous les cas de beaucoup que la ligne de Macron à l’égard des problèmes diplomatiques les plus brûlants , en particulier des questions qui touchent la Russie, soit  encore claire aux yeux du public et peut-être même  dans sa tête. 

 

Roland HUREAUX

 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 10:11

 

 

Il se peut que les observateurs qui, suivant les sondages qui donnent Emmanuel Macon vainqueur de la présidentielle de 2017 n’aient pas compris ce qu’une telle victoire aurait de subversif pour la démocratie française.

Certes, formellement, l’élection serait régulière.

Mais elle aurait été obtenue à un prix qui ne pourrait laisser qu’un goût amer.

 

Une manipulation judicaire

 

D’abord la manipulation judicaire partie de l’Elysée qui a abouti à affaiblir considérablement François Fillon. Une fois posé l’usage   de l’alternance démocratique, depuis longtemps admis dans notre pays, il paraissait naturel qu’après un quinquennat de Hollande particulièrement désastreux – au point d’interdire au sortant de se représenter -  le candidat de la droite de gouvernement, François Fillon, désigné au terme d’une primaire incontestée, prenne la relève avec ses équipes.

Pour des raisons qui restent à éclaircir, Hollande et son entourage ne l’ont pas admis. Turpitudes à cacher, affaiblissement du sens républicain, égoïsme sordide, Hollande a décidé de remettre en cause   cet usage en mettant tous le moyen l’Etat, les moyens judicaires en premier lieu, en marche pour détruire l’image du candidat dans l’opinion, dans l’espoir de conserver l’Etat PS qu’il avait mis en place.

S’il est vrai qu’au début, Hollande a espéré réaliser cette opération pour lui-même, son retrait et la faiblesse du   candidat socialiste ont fait qu’elle a profité à Emmanuel Macron. Ce dernier ne pouvait pas ne pas être au courant de ces manigances : proche de Jean-Pierre Jouet, secrétaire général d’Elysée que l’on dit au centre de la manœuvre, ayant eu le secrétaire général adjoint Boris Vallaud, mari de Najat Vallaud-Belkacem comme chef de cabinet à Bercy, quand il était    à la tête d’une administration fiscale qui n’a pas de secret pour son patron, le candidat Macron apparait au cœur d’une   manipulation dont il est le premier bénéficiaire.

Est-il utile de dire qu’en ayant la haute main sur le parquet financier, qu’il a créé et où il a effectué les premières nominations, et en permettant son instrumentalisation politique, Hollande n’a pas respecté, c’est le moins qu’on puisse dire, l’article 64 de la Constitution selon lequel « le président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ? «

On pourra alléguer que Francis Fillon aurait pu se défendre mieux. Il reste que la manœuvre qui a déstabilisé sa candidature est sans précédent dans une République où le pouvoir judiciaire était tenu par la loi et par la coutume à l’écart de la politique et où les présidents de la République successifs n’avaient jamais dans le passé utilisé de tels moyens.   

 

Une presse dont le pluralisme est évacué

 

L’autre dévoiement auquel Macron devrait, s’il était élu, son élection, est la quasi-unanimité de la presse écrite et audio-visuelle en sa faveur –  contre François Fillon.

Cela aussi est sans précédent dans la démocratie française.

L’affaire Fillon n’aurait pas eu le retentissement que l’on sait si la   presse ne s’en était délectée hors de toute mesure, pendant des semaines et des semaines, avec   une insistance sans proportion avec la gravité toute relative des faits. 

Une telle unanimité tient sans doute à la sociologie journalistique dont la formation orientée et l’esprit grégaire tel qu’il s’est développé dans les écoles de journalisme et les salles de rédaction, plus le terrorisme intellectuel interne au milieu, assurent une large majorité aux plumes de gauche et d’extrême-gauche, même dans les journaux classés à droite, dont témoignent tous les sondages

Elle tient aussi à l’accaparement des médias par des groupes financiers diffusant presque tous une idéologie libérale-libertaire, compatible avec la gauche, et qui pouvait être hostile à ce que représente François Fillon : la bourgeoisie catholique enracinée de filiation gaulliste. On sait les sentiments favorables pour Macron de gens comme Pierre Bergé et Xavier Niel, patrons du Monde et de l’Obs, Bernard Arnault, patron des Echos et du Parisien, Vincent Bolloré, patron de Canal Plus, François Pinault, patron du Point et naturellement des patrons de toutes les chaînes publiques. On sait aussi par quelles manœuvres Macron ministre des finances s’est acquis l’appui de Patrick Drahi bénéficiaire d’une autorisation d’achat de SFR qui représente un avantage de plusieurs milliards et qui possède, BFM, Libération, L’Express. Le candidat Macron s’est attiré d’autres sympathies moins connues dans la presse régionale : Jean-Michel Baylet, Michel Lucasa.

Nous savons depuis deux siècles que la démocratie est inséparable du pluralisme de la presse. Cette unanimité des médias en faveur d’un seul candidat, au détriment des dix autres, est le signe d’une dégénérescence profonde de notre héritage démocratique. Il y a un précédent, l’unanimité de la presse nord-américaine en faveur d’Hillary Clinton. Elle n’a certes   pas empêché Trump d’être élu mais elle l’empêche de gouverner. Là aussi une vieille démocratie est en train de déraper dangereusement.   

A l’appui de la presse s’ajoutent les moyens financiers colossaux dont semble bénéficier le candidat Macron et dont l’origine demeure mystérieuse. Là aussi nous nous trouvons en rupture avec une époque où la répartition de ces moyens n’était certes pas égalitaire mais où elle était plus équilibrée.

A ces deux dimensions qui ont infléchi le résultat des urnes, s’ajoutent, dans une pénombre plus difficile à scruter, les pressions internationales qui s’exercent en faveur de Macron, soldat sans états d’âme de tous les réseaux qui se sont attachés au fil des ans à réduire la souveraineté    de la France : OTAN (avec ses têtes nord-atlantiques pro Clinton), Union européenne, Allemagne, sans compter les réseaux propres à la haute finance dont le candidat est issu.

Perméabilité d’une personnalité apte à se plier à tous les conditionnements et qui semble à bien des égards immatures ? Conditionnement propre à la dernière génération de Sciences Po, style Richard Descoings ?    Exigences impitoyables de certains commanditaires hors du champ des radars ?  Il faut bien dire que, sur aucun sujet, Macron n’a pris la moindre distance par rapport aux idées dominantes dans le monde occidental : immigration, euro, russophobie, libre-échange, éducation, idées libertaires etc. Au point d’apparaitre comme un candidat formaté à l’avance pour imposer à la France ce qui dans la plupart des domaines suscite le rejet du peuple.

Connaissant ces rejets de plus en plus violents, qu’attestent de nombreux sondages, les forces qui appuient Macron semblent avoir choisi de passer outre, de passer à la vitesse supérieure   pour imposer aux Français un président qui reflète leurs idées :  celles des maîtres du monde. En raison de la difficulté même de l’entreprise, ils n’ont pas lésiné sur les moyens.

Ce sont ces moyens qui ont permis au candidat Macron, grâce à des méthodes de communication adaptées et sans doute cher payées, quoique parfois ridicules, de faire illusion au point que la distance abyssale entre ses vraies idées    et les aspirations profondes du peuple français n’apparaisse pas au grand jour.

Rien ne dit que leurs yeux ne s’ouvriront pas avant le second tour. Il est dans la logique de la Ve République telle que l’a voulue le général de Gaulle que le peuple français n’élise pas son président sans un face à face ultime où il   regarde les yeux dans les yeux celui auquel il va confier son destin. Mais si d’aventure tel n’était pas le cas, et que Macron soit quand-même élu, le réveil serait rude. Les Français ne pourraient qu’avoir le sentiment de s’être fait forcer la main avec de moyens déloyaux. Comment ne  verraient-ils pas  dans cette élection  un véritable hold-up sur la république ?   Compte tenu de la place de la France dans l’histoire de la démocratie, ce serait là le signe d’une crise grave de celle-ci.  Il n’est pas sûr qu’une telle élection acquise avec de tels moyens, ne prélude pas à un rejet violent et rapide du nouveau président.

 

Roland HUREAUX

 

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 22:25

 

Quand Hillary Clinton a appris que Trump, son ennemi juré, avait bombardé l’aéroport de Shayrat (Syrie), elle a applaudi des deux mains. On l’avait vue   aussi, dans une vidéo, sauter de joie d’un air carnassier en apprenant la mort de Kadhafi.

Ce ne sont pas que des symboles. Hillary Clinton est la figure emblématique du clan néo-conservateur aux Etats-Unis (à cheval sur les démocrates et les républicains) qui a déjà mis à feu et à sang sept pays (4 millions de morts au total, selon Michel Onfray).

Macron n’a pas l’air aussi agressif que Hillary mais il est le représentant de ce clan dans la bataille électorale française. Il   partage d’ailleurs avec H. Clinton toutes les options libertaires de ce que Jean-Paul II appelait la « cuture de mort ».

 

Les néo-conservateurs libéraux libertaires

 

Les néo-conservateurs veulent faire régner la démocratie et les droits de l’homme dans le monde, en particulier au Proche-Orient, au besoin par des bombardements massifs de populations civiles (comme en Libye) et un soutien actif aux islamistes. Mais ils sont aussi libre-échangistes en économie, libertaires dans les questions de société, partisans d’immigration aux Etats-Unis et surtout en Europe (Obama a, comme Macron, félicité Merkel pour sa politique d’accueil), partisans de l’euro et de l’Europe de Bruxelles (là aussi Obama a pris parti contre le Brexit). Mais ils sont surtout violemment hostiles à Poutine et tout ce que représente la Russie d’aujourd’hui, notamment son opposition aux surenchères libertaires.   

Cette mouvance mondialiste, dont les ramifications traversent l’Atlantique et qui est soutenue par les grandes banques (Goldman Sachs en tête) est souvent réduite à sa dimension économique :  il s’en faut pourtant de beaucoup qu’elle se contente de défendre les intérêts purement économiques du capitalisme :  démantèlement des systèmes sociaux, liberté des échanges, réduction de l’Etat, privilèges du capital.   Comme disait un de   ses représentants les plus éminents, le milliardaire Warren Buffet, par ailleurs financeur des campagnes   pro-avortement : « Je crois à la lutte des classes, mais maintenant, c’est nous le parti des riches qui la gagnons ». Si le néo-conservatisme libéral se réduisait aux questions économiques, ce serait après tout un moindre mal.  Mais certains de ses membres ont d’autres préoccupations : ils ne préparent rien moins que la guerre contre la Russie de Poutine. George Soros, autre milliardaire philanthrope, s’est juré de l’abattre. Comment ? On se le demande sinon en risquant un affrontement nucléaire. Ils n’acceptent pas non plus que leurs plans de destruction de l’Etat     syrien   aient été mis en échec par Poutine    et veulent y intensifier la guerre.

Pour exécuter ce projet, il leur faut une Europe parfaitement unie derrière l’OTAN :  pas   une tête ne doit dépasser. Il leur faut un alignement total de tous les pays, et d’abord celui qui a si souvent joué les fortes têtes, la France. C’est la raison pour laquelle ce clan a tout fait pour y imposer un président à sa botte :  Emmanuel Macron, entièrement acquis à toutes ses idées, jusqu’à la caricature.

 

Fillon ne suffisait pas

 

Il ne serait agi que d’un projet économique, Fillon aurait fait l’affaire : le candidat des Républicains ne remettait en cause aucune des orientations économiques voulues par les réseaux mondialistes : comment l’aurait-il fait puisque son bras droit, Henri de Castries préside le club de Bilderberg, un des lieux emblématiques de cette mouvance ? Il ne contestait ni le libre-échange, ni l’euro et proposait même un programme de réduction du pouvoir d’achat    populaire qui avait tout pour leur plaire. Mais ça ne suffisait pas : l’élection de Fillon aurait rapproché la France de la Russie et donc rompu le front euro-atlantique dont ils rêvent.

Il se peut même que cette obstination à éliminer Fillon et à imposer Macron soit lié à ce projet de guerre.  

Un projet qui a un adversaire : Donald Trump dont l’élection a été pour ce clan un sérieux revers et qui avait fait campagne en promettant de mettre un terme aux opérations de renversement de régime (régime change) au Proche-Orient et de chercher un terrain d’entente avec la Russie. Mais Trump fait face à d’énormes difficultés pour imposer ses vues à un Etat   américain acquis dans sa majorité aux thèses des bellicistes. Le bombardent évoqué plus haut était sans doute un gage qu’il a dû donner à ses opposants[1].

Dans ce contexte, la France est rien de moins qu’un champ de bataille pour des forces qui la dépassent. L’élection de Macron serait une victoire du clan Clinton (Obama lui a téléphoné son soutien) et une défaite pour le camp de la paix, qui ne se réduit pas à l’entourage de Trump.  Elle pourrait accélérer la mise à l’écart de ce dernier   que les néo-conservateurs attendent pour reprendre leur œuvre de mort.

Les chrétiens d’Orient ont par là même tout à craindre d’une victoire de Macron. Sa visite au Liban a montré qu’il était totalement aligné sur la politique menée par l’OTAN depuis six ans dans la région, une politique qui a consisté   à fournir des armes et entraîner les djihadistes   contre le régime Assad mais aussi contre la minorité chrétienne (et d’autres minorités) que, avec ces armes, les djihadistes massacrent. L’élection de Trump leur avait amené un petit espoir de paix. Celle de Macron la ferait envoler.

L’enjeu de la nouvelle bataille de France, c’est donc la paix du monde. Clairement Macron est du côté de tous ceux qui complotent contre elle.  Il serait au minimum leur allié passif. Quels que soient les défauts de sa rivale, elle serait, comme Fillon, du côté de l’ouverture et donc de la paix.  

Avec ses allures de Peter Pan, jeune, immature, aérien, et vaguement irresponsable, par là si séduisant, Macron fait penser à ce joueur de flûte conté par les frères Grimm qui, par son jeu magique, avait entrainé à sa suite les enfants de la ville de Hamelin pour les emmener vers la mort.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

[1] Certains pensent que Trump, de guerre lasse, se serait   rallié aux positons des néo-conservateurs. Cela n’est pas certain.  

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 18:30

 

La drépanocytose (du grec drepanon, faucille), également appelée hémoglobinose S ou sicklémie est une maladie du sang héréditaire qui se transmet par des gènes récessifs. Elle se traduit par une forme d’anémie. Elle était au départ principalement répandu en Afrique.

Depuis 2001, son dépistage est systématique en France sur les enfants  considérés comme à risques,  ceux dont  les deux parents ont des origines dans une région « à risque » , soit en pratique, essentiellement des parents originaires d’Afrique subsaharienne, du Maghreb, des Antilles, ou quand un seul des deux parents est à risque,  si le père est inconnu ou  qu’ il y a des antécédents dans la famille.  

Malgré les critiques, ce dépistage n’a pas été, pour des raisons de coût, systématisé à l’ensemble de la population [1]: il permet donc de connaitre de manière assez précise l’origine géographique des enfants qui naissent en France.

 

Les leçons d’un dépistage

 

Le pourcentage des enfants de parents entrant dans la définition ci-dessus était de 31,5 % en 2010 (et 60 % en Ile de France), de 35, 7 % en 2013 (67,9 % en Ile de France) ; il est de 37, 2 % en 2014 (69,06 % en Ile-de-France) et de 38,85 en 2015 [2].

Il se peut que, ponctuellement, le dépistage soit effectué sur d’autres populations mais selon Valérie Gouttereau, directrice de la fédération parisienne de dépistage, pour l’essentiel, les maternités chargées du dépistage s’en sont tenues à ces critères[3] .

L’ensemble ainsi défini ne saurait être qualifié de racial puisqu’il comprend des populations aussi bien de race noire originaires d’Afrique subsaharienne que de race blanche originaires d’Afrique du Nord.

Il ne comprend pas tous les immigrés puisque ceux qui viennent d’Europe de l’Est ou d’Extrême-Orient ne sont pas inclus.

Mais il comprend plus que les immigrés puisqu’il inclut la plupart des originaires de l’Outre-mer – sachant que leur taux de fécondité est aujourd’hui aussi bas qu’en métropole[4]. Il comprend aussi une partie des enfants d’immigrés   nés en France, dits de de la deuxième génération.

Il comprend des Français et des étrangers.

Il est difficile d’apprécier la religion de cet ensemble mais on peut penser qu’il comporte plus de 80 % de musulmans, les autres étant des Africains ou des Français ultramarins chrétiens.

Ceci précisé, l’augmentation du nombre d’enfants jugés à risque a été de + 1, 5 % en moyenne par an sur 5 ans (2010-2015). Sur cette base, on peut estimer que ce nombre est au moins de 40 % en 2017 et devrait passer la barre des 50 % en 2024.

Pendant la période considérée, le taux de fécondité (ou indice conjoncturel de fécondité) de la France s’est maintenu autour de 2 enfants par femme. Il a cependant baissé à 1,96 en 2015, puis 1,93 en 2016.  Pour simplifier les calculs, nous le maintiendrons à 2.

 

L’INSEE confirme

 

Un récent rapport de l’INSEE[5], établi en fonction de critères légèrement différents, confirme la tendance : il montre que depuis 2011, les naissances d’enfants issus de deux parents nés en France diminuent (de 580 756 à 535 302 en 2015, soit une baisse de 7,8%), celles d’enfants dont l’un ou les deux parents sont nés à l’étranger (mais qui ne sont donc pas forcément nés en Afrique) sont en hausse de 6,07%. Le nombre de naissances d’enfants dont au moins un parent est né hors UE était de 18 ,4 % en 2000, de 23, 9 % en 2010, de 25,9 % en 2015, ce qui montre une évolution analogue mais amortie, du fait de la différence des périmètres. La croissance de ce deuxième ensemble n’est que de 0, 5 % par an depuis 2000-2015. Ce recensement ne donne cependant pas de renseignement sur la fécondité du groupe ainsi défini qui agrège des âges différents   

On peut à partir des données du dépistage calculer le taux de fécondité de chaque composante de la population :

Considérant que la composante que nous appellerons « d’origine africaine » représente environ 10 % de la population totale, qu’elle approche   des 40 % des naissances actuelles, on peut estimer grossièrement qu’elle représente environ 20 % des femmes en âge d’être fécondes.

Donc sur 100 femmes en âge d’être fécondes, 80 sont autochtones et 20 originaires d’Afrique.

Les 80 autochtones donnent naissance à 60 % des bébés, soit, sur 200 bébés, 120, tandis que les 20 femmes d’origine africaine donnent naissance à 40 % des bébés soit sur 200 bébés, 80.

Leur taux de fécondité respectif est donc de

a) pour les autochtones : x = 120 / 80 = 1,5  

b) pour les immigrées d’Afrique : y = 80 / 20 = 4  

Si notre chiffre de 20 % de femmes fécondes issues d’Afrique était sous-estimé, l’écart serait légèrement inférieur - et inversement.

Le taux de fécondité de 4 est certes élevé, mais il est inférieur à la   moyenne africaine subsaharienne (5,5) ; il est en revanche supérieur à la moyenne nord-africaine (2,8). Il est cependant habituel aujourd’hui que les taux de fécondité soient supérieurs dans une population immigrée que dans le pays d’origine : c’est ce qu’on observe entre les Mexicains de Californie et ceux du Mexique. Le fait de disposer de plus de moyens financiers ou encore celui de s’installer dans la vie au sein du pays d’accueil peuvent expliquer cette différence.

Le taux de fécondité de 1,5 est inférieur à   la moyenne de l’Europe (1,6) [6], toutes composantes confondues mais il reste sans doute supérieur à la moyenne des populations autochtones en Europe (difficile à estimer).

 

La baisse de la fécondité des Français

 

Le taux de fécondité français était de 2,90 enfants par femme en 1966, à la fin du baby-boom. Il a chuté à 1,80   en 1975 et même à 1,69   en 1980. Il est remonté à partir de 1993 jusqu’au niveau de 2,01 en 2008, palier où il se maintient jusqu’en 2014. Il baisse, comme on l’a dit, à nouveau à 1,96 en 2015 et 1,93 en 2015.

Il était courant jusqu’ à une date récente de considérer qu’il y avait une exception française : un taux de fécondité qui se maintenait proche du taux nécessaire au renouvellement des générations (2,1) au rebours d’une évolution négative du reste de l’Europe.

On tenait le recul temporaire de la fécondité de la fin du XXe siècle pour l’effet du retard de l’âge au mariage. Dans la génération 1975- 2000, l’âge moyen du mariage ou de la mise en ménage et donc du premier enfant n’a cessé de reculer de près de dix ans (d’environ 20 ans à environ 30 ans). Ce retard a déterminé    un creux des naissances mais le retard ne jouant plus, on a supposé que la natalité aurait ensuite remonté.

Les données que nous avons rappelées laissent cependant penser que cet remontée de la toute fin du XXe siècle   est au contraire due à la part de plus en plus importante de la natalité immigrée, spécialement africaine, dans la natalité française.

Non seulement la natalité immigrée a permis une remontée du taux de fécondité total mais on peut même penser que depuis les environs de 2008 (où le taux   de 2 enfants par femme   été à nouveau atteint), la hausse de la natalité étrangère a accompagné une baisse de la natalité autochtone.

Selon les études faites par Michèle Tribalat[7], la fécondité des étrangers, plus précisément de ceux qui viennent d’Afrique, du fait d’une intégration alors relativement rapide, avait tendance à s’aligner assez vite sur le niveau français dans les années 1970, et 1980. Mais cette tendance s’est renversée à partir des années 1990 du fait de la communautarisation croissante, entrainant une hausse de la fécondité d’origine africaine.

Cette évolution communautaire ne résulte pas seulement de facteurs géopolitiques ou religieux, elle est le simple effet de l’arithmétique. Plus une population immigrée est importante, plus le tissu relationnel qu’elle offre aux nouveaux arrivants se suffit à lui-même et plus faibles sont les chances pour eux de rencontrer un indigène dans leur vie quotidienne. N’excluons   pas cependant l’émergence d’une motivation religieuse militante : de plus en plus de jeunes gens nés en France et donc   de nationalité française, vont chercher une femme au bled afin de s’assurer de sa virginité et de sa docilité – non seulement à porter le voile mais aussi à   avoir beaucoup d’enfants[8]. Quoique le taux de fécondité soit en baisse dans tous les pays musulmans – il est même devenu en Iran plus faible qu’en France -, les minorités militantes, comme les Palestiniens de Gaza constituent une exception.

Si ce facteur, conjugué à l’accroissement continu de l’apport des étrangères dans l’ensemble des femmes fécondes, avait seul joué, on aurait assisté à un relèvement continu du taux de natalité national. Or tel n’a point été le cas puisque ce taux, n’a connu qu’un palier de 2008 à 2014 et a ensuite recommencé à baisser. La seule explication est dès lors que le taux de fécondité de la partie autochtone de la population française (ou d’origine non africaine) a recommencé à baisser à partir d’une date difficile à déterminer, mais qui pourrait avoisiner l’an 2000.

De ces données, les professionnels hospitaliers sont conscients : ils savent   par exemple que l’essentiel des 230 000 avortements   qui sont exécutés chaque année en France (un niveau particulièrement   élevé par rapport aux pays comparables et que la large diffusion de la   contraception n’arrive pas   à améliorer) sont essentiellement le fait de femmes autochtones, les femmes d’origine africaine répugnant à y avoir recours. 

Quoique le grand public ignore le détail de ces évolutions, il en a une perception confuse, ce qui pourrait être une des raisons du grand malaise qu’ont suscité en France les vagues migratoires des années 2015-2016. Mais à l’inverse, le sentiment de crise que connait aujourd’hui notre pays, est probablement   une des causes de   la baisse continue de la fécondité autochtone.

Une baisse qui ne permet plus de parler d’exception française, si tant est que cette exception ait jamais existé.

Une baisse qui ne permet pas non plus de renvoyer aux ténèbres de l’idéologie ce que les statisticiens de l’ONU appellent le phénomène du replacement

Une baisse qui enfin démontre l’absurdité de la politique menée par le gouvernement Hollande –, consistant à baisser encore le plafond du quotient familial et à mettre fin en décembre 2014, à l’arrivée de son ministre des finances Macron, à l’universalité des prestations familiales instaurées à la Libération, ce qui revient   à les réserver en grande partie aux populations nouvelles.

 

Roland HUREAUX     

 

 


[1] En 2012, la Haute Autorité de Santé (HAS) a été saisie par la Direction Générale de la Santé de la question de la généralisation de ce dépistage à la totalité de population. Malgré les remarques de la DGS sur le danger de stigmatisation d’une partie de la population avec les dérives politiques qu’elle peut susciter la HAS a conclu dans son rapport d’orientation de décembre 2013, rendu public en mars 2014, qu’il n’y avait   pas d’éléments permettant de justifier la pertinence d’une stratégie de dépistage néonatal systématique de la drépanocytose en France métropolitaine.

[2] Rapports de l’Association française de dépistage et   de prévention des handicaps de l’enfant 2013, 2014, 2015

 

[3] Le Monde 12/09/2014

[4] Sauf en Guyane et à Mayotte

[5]  INSEE :  Rapport sur les évolutions de la population française en 2015 , 17/01/2017 ; voir aussi Alain Nueil, Quand l’INSEE valide le Grand remplacement, Causeur, février 2017.

 

[6] Cette moyenne était de 1,4 ; elle a remonté un peu principalement grâce à la Russie (qui est incluse dans le calcul )  .

[7] Michèle Tribalat, Assimilation : la fin du modèle français, Paris, Le Toucan, 2013.

[8] Erdogan, président de la Turquie, a appelé les femmes turques d’Europe occidentale à se détourner du Planning familial.

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 13:56

 

Macron, instrument de la mise en tutelle de la France

 

" Il faut ignorer l'Allemagne, pardonner à la Russie et punir la France." La déclaration faite en mars 2003 par Condolezza Rice, la conseillère du président Bush pour la sécurité nationale, est la réaction au refus de notre pays de participer   à la deuxième guerre du Golfe.

Thomas L. Friedman, le célèbre éditorialiste du New York Times, allait plus loin :  pour lui, la France « n'est pas seulement une alliée irritante ou une rivale jalouse. Elle est devenue l'ennemie des Etats-Unis ».

 

Delenda est Gallia

 

Qu’avait donc fait la France ? Avait-elle envoyé des commandos au secours de Saddam Hussein ? Lui aurait-elle livré des armes  ?   Avait-elle interdit le survol de son territoire aux avions de l’OTAN ? Pas le moins du monde :  elle s’était contentée de ne pas participer à la coalition qui a détruit l’Irak en 2003 dans une guerre   qui, selon Donald Trump lui-même, fut une erreur. Une erreur fondée sur l’idée que l’Irak avait un programme d’armes de destruction massive, ce qui s‘est avéré faux. Mais l’Empire à son apogée (ou à son déclin ?) est ombrageux : il veut désormais des alliés inconditionnellement  alignés.

Qu’a donc été la punition promise par Mme Rice ?

Nous le savons aujourd’hui : empêcher que la France ait des présidents susceptibles de s’écarter de quelque manière que ce soit de l’hégémonie américaine, et qui   donc   aient quelque personnalité. Bref, priver la France de chefs susceptibles de s’opposer aux Etats-Unis ou même de faire le moindre écart par rapport à leurs diktats.

C’est ce qui est arrivé à partir du retrait de Chirac.

Sarkozy avait certes quelque caractère mais il était intellectuellement   acquis à l’hégémonie américaine. Il a fait voter le traité de Lisbonne, réintégré la France dans le dispositif militaire de l’OTAN, s’est engagé dans la guerre de Libye et a participé au déclenchement de la guerre de Syrie.

Hollande a été un allié encore plus docile, voire servile du grand frère américain et de l’ensemble des    forces occidentales qui le soutiennent.

La faiblesse de ces personnalités, leur   manque de classe, l’alignement veule de la diplomatie française sur celle de l’OTAN, y compris contre nos intérêts les plus évidents même quand cette diplomatie s’est avérée criminelle (soutien aux terroristes), tout cela a conduit à un mépris universel pour la France. Elle ne compte plus et et personne ne s’intéresse à ce que disent ses représentants, spécialement le dernier président.

Le discours de Villepin à l’ONU sous Chirac en 2003, avait été le chant du cygne de la diplomatie française, précisément ce qu’il fallait punir[1].

 

Les mécanismes de l’asservissement

 

Comment en est arrivé à pareil résultat ?

Il fallait en tous les cas contourner l’obstacle de l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel    voulue expressément par le général de Gaulle   pour s’assurer que le président français aurait du caractère.

Quand quelqu’un comme Condolezza Rice parle comme elle l’a fait, c’est qu’elle avait   quelques moyens d’agir sur notre pays, autres que le boycott du roquefort. Loin de nous de voir en tout   l’effet d’un complot. Il reste que ces néoconservateurs   américains dont elle était le porte-parole savaient ce qu’ils disaient en parlant de « punir la France ». Par quelles manipulations comptaient-ils le faire ?  Nous n’en aurons pas de sitôt le dernier mot.  Wall Street n’intervient pas forcément de    manière directe :  il subventionne des fondations   qui n’ont rien d’autre à faire qu’à suivre la politique des Etats européens et à veiller à leur alignement.

Ils utilisent pour cela des moyens variés. Les demi-habiles, comme disait Pascal, croient que l’influence passe par des pressions économiques : une bonne politique du personnel, planifiée assez en amont, est bien plus efficace[2].  Le recours au chantage n’est pas exclu. A tort ou à raison, certains voient dans la docilité d’Angela Merkel l’effet de   telles méthodes.  C’est pourquoi les plus vulnérables à ces pressions ont plus de chances qu’on les laisse émerger   -  comme autrefois les Soviétiques avaient   favorisé l’élection au secrétariat général des Nations unies de Kurt Waldheim dont ils étaient les seuls à connaitre le passé nazi. Mais   l’élection de candidats médiocres résulte aussi de l’élimination de tous ceux qui le sont moins, qui pourraient avoir l’audace de jouer les fortes têtes dans le concert européen ou atlantique.  Beaucoup ne se doutent même pas qu’ils   ont été victimes de cette mécanique. 

Il ne faut pas pour autant imaginer une organisation internationale centralisée. C’est de soft power qu’il s’agit :  les adhérents à la doxa internationale dans les pays concernés sont suffisamment nombreux et puissants (spécialement dans les médias et en France), pour agir par eux-mêmes.

 

Le cas Macron

 

La présente   élection présidentielle met au jour de manière particulièrement visible, voire caricaturale, ces mécanismes par lesquels on veut « punir la France ».

Nombre de Français se désolent de ne retrouver au second tour que Marine Le Pen installée par l’appareil médiatique dans la position du repoussoir   et Emmanuel Macron lequel, comme par hasard, apparait comme la figure achevée du leader dont les réseaux   transatlantiques   rêvent. Il est peu compétent en politique internationale et donc prêt à s’aligner sur l’Allemagne, Bruxelles et surtout l’Etat profond américain qui a soutenu   Hillary Clinton et qui, malgré Donald Trump, promeut un état de guerre larvée contre la Russie et   poursuit politique de déstabilisation de la Syrie en s’appuyant sur les djihadistes.  Un Macron partisan non seulement de maintenir mais de renforcer l’Europe et de l’euro, partisan de toutes les évolutions libertaires (mariage homosexuel en tête), du libre-échange et du mondialisme avec sa    conséquence, l’écrasement des classes moyennes, partisan de l’immigration et donc de l’arasement des classes populaires et de la balkanisation du pays, du reniement de la France (coupable selon lui de crime contre l’humanité et qui n’a pas de culture !). On pourrait continuer : sur aucun sujet, nous disons bien aucun, Macron ne s’écarte du discours dominant dans les forces qui le soutiennent. Pourquoi le candidat préféré des médias colle-t-il d’aussi près à la doxa ?  Adhésion spontanée, personnalité immature et flexible apte à prendre les postures que l’on attend de lui ou bien contrainte implacable de ses mentors ?  Rappelons que le premier dîner de levée de fonds de Macron   a été organisé à Londres par un cadre de Goldman Sachs, or ces gens ne plaisantent pas : ils exigent un alignement à 100 %.

C’est précisément ce qu’ils ne trouvaient pas chez Fillon. Malgré la discrétion du candidat   des Républicains et son adhésion à l’essentiel de la doxa : libre-échange, Europe de Bruxelles, euro, programme économique libéral, non remise en cause des « avancées » libertaires, François Fillon voulait, conformément à la tradition gaulliste, faire évoluer la position française l’égard de la Russie. De même que la France de Chirac avait été tenue pour une ennemie de l’Amérique par sa simple abstention dans la guerre d’Irak, la politique de Fillon était jugée inacceptable car non entièrement alignée.

La haute banque, avec tout ce qui tourne autour, ne se contente plus d’un   pouvoir d’influence sur des hommes que le peuple élirait librement, elle veut   désormais prendre le contrôle direct du pouvoir politique. A l’évidence Macron est    l’instrument consentant et passif de   cette prise de contrôle.

La victoire de Fillon à la primaire des Républicains, contre un Juppé préprogrammé lui aussi, témoignait d’une perte de contrôle momentanée du système.   Eliminer par tous le moyens Fillon   que cette victoire    plaçait sur orbite pour la présidence, tel était le but de l’opération de déstabilisation fondée sur les salaires (parfaitement légaux) versés à son épouse, exécutée par une justice aux ordres et   relayée en grand par une presse désormais monolithique. Que l’opération ait été concoctée par Macron, principal bénéficiaire, et ses proches, Hollande et Jouyet en tête, qui peut en douter ?

Cette opération    viole, est-il nécessaire de le rappeler ?   Tous les usages   de la République par l’ingérence éhontée de la justice dans un processus électoral, sorte de « coup d’état » sans précédent dans l’histoire électorale de notre pays.  

Elle vise à porter à l’Elysée par tous les moyens Emmanuel Macron, punition suprême du peuple français.  Le peuple français se laisser a-t-il encore manipuler ? On aurait tort de sous-estimer sa capacité de réagir.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

[1] Cela dit sans préjudice de l’évolution ultérieure de Villepin ;

[2] Le film de Polanski, The ghost writer, illustre à merveille cette planification très en amont du personnel politique européen. Les révélations qu’il contient ne sont évidemment pas étrangères aux problèmes judiciaires rencontrés par le réalisateur, à partir de faits vieux de 40 ans.

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 21:25

LE DEUXIEME TOUR DE LA PRESIDENTIELLE RESTE TRES OUVERT
 

Tout le monde semble dire que le second tour de l’élection présidentielle est déjà plié : Macron a suffisamment d’avance pour faire une élection de maréchal.

Il a même fait la fête comme s’il y voyait déjà. Au Front national, certains ressortent la vieille rengaine que l’échéance décisive sera 2022, oubliant qu’en politique les trains passent rarement deux fois.

Les médias, tout au long de la fastidieuse soirée du 23, nous ont ressassé qu’il n’y avait qu’un seul vote possible et que c ‘était Macron, qu’il fallait impérativement « faire barrage au Front national ».

Les derniers mois   nous ont pourtant rappelé que ceux qui pensaient gagner dans un fauteuil, comme Fillon en janvier, s’exposent à bien des déconvenues. La présente campagne, plus que d’autres, nous a habitués à d’étonnants rebondissements.

 

Des sondages trompeurs

 

Les sondages sont à 60/40 en sa faveur. Mais ils étaient aussi à ce niveau   en faveur de Clinton contre Trump à deux semaines de l’élection et   c’est Trump qui a gagné. En 2012, Sarkozy devait être battu avec le même écart :  il n’a perdu que par 52/48.

Contrairement à ce qu’assènent les médias, le scrutin est encore très ouvert.

Marine le Pen n’est certes pas arrivée en tête. 22, 3 % (soit 1,2 % au-dessous de Macron), c’est moins que les 27 % annoncés pendant longtemps. La différence c’est tout simplement Dupont-Aignan à 5%.  Plus Lassalle, Asselineau, Cheminade qui pêchaient dans les mêmes eaux.

Les reports de voix sont encore très incertains : les électeurs de Hamon iront pour la plupart à Macron, c’est sûr. Ceux de Mélenchon n’iront pas à Le Pen mais quelle proportion s’abstiendra ? Les gens de l’extrême-gauche ne sont pas tous complètement idiots et ils voient bien, pour la plupart, que Macron, candidat de la haute finance, est aux antipodes ce qu’ils sont. Les Républicains sont coupés en deux mais pas au niveau des dirigeants qui, presque tous, ont déjà appelé à voter Macron, y compris Fillon. Leurs électeurs en revanche sont loin d’être sur la même ligne. Il n’est pas sûr que, surtout en province, ils suivent ces consignes. Déjà   40 % ont l’intention de voter pour Marine Le Pen. Que feront les autres ?  

Au total, les deux camps sont plus équilibrés qu’il ne parait.

D’autant que l’électorat de Marine Le Pen est stabilisé : ceux qui ont voté pour elle au premier tour, comme la grande majorité de Français, savent qui elle est. Très   peu de Français, par contre, savent qui est vraiment   Emmanuel Macron.  Nous pensons bien sûr aux 2 millions d’euros gagnés chez Rothschild et qu’il aurait dépensés à raison d’1 smic par jour sans rien mettre de côté : étrange personnalité pour lui confier la France !  Certains de ceux qui ont assisté à ses réunions ont eu le même sentiment de quelqu’un de bizarre, voire malade. Les 58 % de Français propriétaires savent-ils qu’il se propose de doubler l’impôt foncier ?  Qui sait que Macron est le principal auteur du plafonnement   des allocations familiales de décembre 2014 et que la politique familiale ne figure même pas au programme de ce candidat notoirement « gay-friendly » ? Qu’il veut ouvrir encore plus grand les portes de l’immigration ? Qui sait qu’il envisage, libéralisme oblige, de généraliser le travail du dimanche ?   C’est tout cela et bien d’autres choses que ne savent ni ses électeurs du 1er tour, ni ceux qui comptent se reporter sur lui   au second tour.   Or ils ont le droit de le savoir. On ne confie pas la maison France à n’importe qui. Sa rivale a deux semaines pour faire la lumière sur lui. Toute la lumière.   Il faut espérer qu’elle le fera mieux que Fillon à qui cette tâche revenait au premier chef et qu’il a si mal faite.   

 

Roland HUREAUX   

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 23:04

L’ELECTION DE MACRON SONNERAIT LE GLAS DE LA DEMOCRATIE

 

Il se peut que les observateurs qui, suivant les sondages qui donnent Emmanuel Macon vainqueur de la présidentielle de 2017 n’aient pas compris ce qu’une telle victoire aurait de subversif pour la démocratie française.

Certes, formellement, l’élection serait régulière.

Mais elle aurait été obtenue à un prix qui ne pourrait laisser qu’un goût amer.

 

Une manipulation judiciaire

 

D’abord la manipulation judicaire partie de l’Elysée qui a abouti à affaiblir considérablement François Fillon. Une fois posé l’usage   de l’alternance démocratique, depuis longtemps admis dans notre pays, il paraissait naturel qu’après un quinquennat de Hollande particulièrement désastreux – au point d’interdire au sortant de se représenter -  le candidat de la droite de gouvernement, François Fillon, désigné au terme d’une primaire incontestée, prenne la relève avec ses équipes.

Pour des raisons qui restent à éclaircir, Hollande et son entourage ne l’ont pas admis. Turpitudes à cacher, affaiblissement du sens républicain, égoïsme sordide, Hollande a décidé de remettre en cause   cet usage en mettant tous le moyen l’Etat, les moyens judicaires en premier lieu, en marche pour détruire l’image du candidat dans l’opinion, dans l’espoir de conserver l’Etat PS qu’il avait mis en place.

S’il est vrai qu’au début, Hollande a espéré réaliser cette opération pour lui-même, son retrait et la faiblesse du   candidat socialiste ont fait qu’elle a profité à Emmanuel Macron. Ce dernier ne pouvait pas ne pas être au courant de ces manigances : proche de Jean-Pierre Jouet, secrétaire général d’Elysée que l’on dit au centre de la manœuvre, ayant eu le secrétaire général adjoint Boris Vallaud, mari de Najat Vallaud-Belkacem comme chef de cabinet à Bercy, quand il était    à la tête d’une administration fiscale qui n’a pas de secret pour son patron, le candidat Macron apparait au cœur d’une   manipulation dont il est le premier bénéficiaire.

Est-il utile de dire qu’en ayant la haute main sur le parquet financier, qu’il a créé et où il a effectué les premières nominations, et en permettant son instrumentalisation politique, Hollande n’a pas respecté, c’est le moins qu’on puisse dire, l’article 64 de la Constitution selon lequel « le président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ? «

On pourra alléguer que Francis Fillon aurait pu se défendre mieux. Il reste que la manœuvre qui a déstabilisé sa candidature est sans précédent dans une République où le pouvoir judiciaire était tenu par la loi et par la coutume à l’écart de la politique et où les présidents de la République successifs n’avaient jamais dans le passé utilisé de tels moyens.   

 

Une presse dont le pluralisme est évacué

 

L’autre dévoiement auquel Macron devrait, s’il était élu, son élection, est la quasi-unanimité de la presse écrite et audio-visuelle en sa faveur –  contre François Fillon.

Cela aussi est sans précédent dans la démocratie française.

L’affaire Fillon n’aurait pas eu le retentissement que l’on sait si la   presse ne s’en était délectée hors de toute mesure, pendant des semaines et des semaines, avec   une insistance sans proportion avec la gravité toute relative des faits. 

Une telle unanimité tient sans doute à la sociologie journalistique dont la formation orientée et l’esprit grégaire tel qu’il s’est développé dans les écoles de journalisme et les salles de rédaction, plus le terrorisme intellectuel interne au milieu, assurent une large majorité aux plumes de gauche et d’extrême-gauche, même dans les journaux classés à droite, dont témoignent tous les sondages

Elle tient aussi à l’accaparement des médias par des groupes financiers diffusant presque tous une idéologie libérale-libertaire, compatible avec la gauche, et qui pouvait être hostile à ce que représente François Fillon : la bourgeoisie catholique enracinée de filiation gaulliste. On sait les sentiments favorables pour Macron de gens comme Pierre Bergé et Xavier Niel, patrons du Monde et de l’Obs, Bernard Arnault, patron des Echos et du Parisien, Vincent Bolloré, patron de Canal Plus, François Pinault, patron du Point et naturellement des patrons de toutes les chaînes publiques. On sait aussi par quelles manœuvres Macron ministre des finances s’est acquis l’appui de Patrick Drahi bénéficiaire d’une autorisation d’achat de SFR qui représente un avantage de plusieurs milliards et qui possède, BFM, Libération, L’Express. Le candidat Macron s’est attiré d’autres sympathies moins connues dans la presse régionale : Jean-Michel Baylet, Michel Lucasa.

Nous savons depuis deux siècles que la démocratie est inséparable du pluralisme de la presse. Cette unanimité des médias en faveur d’un seul candidat, au détriment des dix autres, est le signe d’une dégénérescence profonde de notre héritage démocratique. Il y a un précédent, l’unanimité de la presse nord-américaine en faveur d’Hillary Clinton. Elle n’a certes   pas empêché Trump d’être élu mais elle l’empêche de gouverner. Là aussi une vieille démocratie est en train de déraper dangereusement.   

A l’appui de la presse s’ajoutent les moyens financiers colossaux dont semble bénéficier le candidat Macron et dont l’origine demeure mystérieuse. Là aussi nous nous trouvons en rupture avec une époque où la répartition de ces moyens n’était certes pas égalitaire mais où elle était plus équilibrée.

A ces deux dimensions qui ont infléchi le résultat des urnes, s’ajoutent, dans une pénombre plus difficile à scruter, les pressions internationales qui s’exercent en faveur de Macron, soldat sans états d’âme de tous les réseaux qui se sont attachés au fil des ans à réduire la souveraineté    de la France : OTAN (avec ses têtes nord-atlantiques pro Clinton), Union européenne, Allemagne, sans compter les réseaux propres à la haute finance dont le candidat est issu.

Perméabilité d’une personnalité apte à se plier à tous les conditionnements et qui semble à bien des égards immatures ? Conditionnement propre à la dernière génération de Sciences Po, style Richard Descoings ?    Exigences impitoyables de certains commanditaires hors du champ des radars ?  Il faut bien dire que, sur aucun sujet, Macron n’a pris la moindre distance par rapport aux idées dominantes dans le monde occidental : immigration, euro, russophobie, libre-échange, éducation, idées libertaires etc. Au point d’apparaitre comme un candidat formaté à l’avance pour imposer à la France ce qui dans la plupart des domaines suscite le rejet du peuple.

Connaissant ces rejets de plus en plus violents, qu’attestent de nombreux sondages, les forces qui appuient Macron semblent avoir choisi de passer outre, de passer à la vitesse supérieure   pour imposer aux Français un président qui reflète leurs idées :  celles des maîtres du monde. En raison de la difficulté même de l’entreprise, ils n’ont pas lésiné sur les moyens.

Ce sont ces moyens qui ont permis au candidat Macron, grâce à des méthodes de communication adaptées et sans doute cher payées, quoique parfois ridicules, de faire illusion au point que la distance abyssale entre ses vraies idées    et les aspirations profondes du peuple français n’apparaisse pas au grand jour.

Rien ne dit que leurs yeux ne s’ouvriront pas avant le second tour. Il est dans la logique de la Ve République telle que l’a voulue le général de Gaulle que le peuple français n’élise pas son président sans un face à face ultime où il   regarde les yeux dans les yeux celui auquel il va confier son destin. Mais si d’aventure tel n’était pas le cas, et que Macron soit quand-même élu, le réveil serait rude. Les Français ne pourraient qu’avoir le sentiment de s’être fait forcer la main avec de moyens déloyaux. Comment ne  verraient-ils pas  dans cette élection  un véritable hold-up sur la république ?   Compte tenu de la place de la France dans l’histoire de la démocratie, ce serait là le signe d’une crise grave de celle-ci.  Il n’est pas sûr qu’une telle élection acquise avec de tels moyens, ne prélude pas à un rejet violent et rapide du nouveau président.

 

Roland HUREAUX

 

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 23:03

 

L’INSTRUMENTALISATION DE LA JUSTICE DANS L’AFFAIRE FILLON REPRESENTE UNE SUBVERSION DE L’ETAT DE DROIT ENCORE PLUS GRAVE QUE CE QU’ON A DIT  

 

Qui peut douter du caractère profondément subversif à l’égard de nos institutions de l’attaque menée à la fois par la justice et par la presse contre François Fillon principal candidat de la droite classique à l’élection présidentielle de 2017 ?

On pourra déjà relever les multiples infractions à la   loi qui ont émaillé la procédure lancée à son encontre : entre autres viol et recel de viol du secret de l’instruction, viol et recel de viol du secret fiscal.  Ce sont ces infractions qui ont permis par exemple que le 25 janvier, une information visant   François Fillon soit ouverte l’après-midi même du jour où un hebdomadaire satirique avait relaté un certain nombre de faits relatifs à l’emploi de son épouse.  Alors même que la justice est si lente en tant d’autres circonstances.    

On pouvait aussi se demander si le délit soupçonné était bien de la compétence du parquet financier et même si, séparation des pouvoirs oblige, il ne relevait pas plutôt de la discipline interne au pouvoir législatif.

 

La trêve judicaire existe

 

Mais la subversion est encore plus grave que tout cela car c’est la procédure elle-même qui viole sinon la lettre du moins l’esprit de la loi.  

L’article L. 110 du Code électoral, dispose en effet   qu’ « aucune poursuite contre un candidat, en vertu des articles L. 106 et L. 108, ne pourra être exercée, aucune citation directe à un fonctionnaire ne pourra être donnée en vertu de l’article L. 115 avant la proclamation du scrutin ». L’article 110, prévu à l ‘origine pour les élections législatives et locales, a été rendu applicable à l’élection présidentielle par la loi organique du 6 novembre 1962.

Ce n’est donc pas seulement l’usage qui instaure au bénéfice des candidats en période électorale ce qu’il est convenu d’appeler une « trêve judiciaire », c’est la loi.

Il est vrai que cette disposition ne couvre pas exactement l’affaire Fillon, cela pour trois raisons : la mise en examen, le 14 mars, a eu lieu avant l’ouverture   de la campagne électorale, le 20 mars (et même le 9 avril si on veut s’en tenir à une interprétation étroite), elle ne concerne pas des faits de corruption mais seulement un soupçon d’emploi fictif, Madame Fillon n’étant pas candidate, elle a pu être, elle, mise en examen pendant la campagne électorale.

Mais loin de témoigner de  la régularité de la procédure, ces détails montrent plutôt  qu’on s’est servi de la lettre des textes, pour engager une action manifestement contraire à leur esprit. 

S’il est vrai que l’article 110 du code électoral est limitatif, on peut, au vu du contexte, en inférer facilement que ce n’est pas pour exclure la période antérieure, ni les autres griefs que ceux de corruption que le législateur a marqué ces limites, bien au contraire.  

L’article 110   est issu de la loi du 31 mars  1914 sur laquelle  le rapporteur a pu  apporter en son temps  la précision suivante , immédiatement ratifiée par le Garde des sceaux :    «Il reste entendu qu’aucune poursuite, hormis le cas de flagrant délit et de violence matérielle, qu’il importe de réprimer immédiatement, aucune poursuite tendancieuse cherchant à déshonorer le candidat, en le rendant suspect de faits qu’il n’a peut-être pas commis, ne doit être permise pendant toute la période électorale. C’est l’esprit dans lequel devra être appliquée la loi. »

L’esprit du texte est donc clair : il vise à écarter l’inférence judicaire de la procédure électorale.  

Ajoutons qu’au moment où    il a été voté, les campagnes électorales étaient plus courtes que ne l’est aujourd’hui une présidentielle. 

Le juriste Romain Rambaud[1], tout en ayant le grand mérite de rappeler cette disposition émet l’hypothèse elle pourrait être obsolète, n’ayant donné lieu à aucun contentieux ni à aucune jurisprudence. Mais n’est-ce pas   tout   simplement   parce que cette disposition, profondément ancrée dans la tradition républicaine, avait été jusqu’ici respectée. Une loi que l’on respecte serait-elle obsolète ?

Au demeurant, il ne s’agit pas là seulement d’une loi ou d’un usage mais de ce qu’Orwell appelait la common decency, ces règles de modération non écrites mais évidentes sur lesquelles reposent tant la vie en société que la démocratie.

Rappelons que lors de l’élection présidentielle de 1965, François Mitterrand était encore sous le coup d’une inculpation relative au faux attentat de l’Observatoire. Le général de Gaulle avait alors expressément refusé que cette procédure, déjà vieille de six ans, soit réactivée.

Autre temps, autres mœurs. Autres hommes aussi.

 

Contre la   séparation des pouvoirs

 

Si l’on admet que le code électoral a voulu écarter l’interférence de la justice dans le processus électoral, on peut rappeler aussi qu’il   s’inscrit dans une tradition à la fois plus fondamentale et     plus ancienne que la République elle-même puisqu’elle date de l’Assemblée constituante laquelle, à l’article 13 du titre II de la loi des 16 et 24 août 1790, toujours en vigueur, dispose que :

« Les juges ne pourront, à peine de forfaiture, troubler de quelque manière que ce soit les opérations des corps administratif, ni citer devant eux les administrateurs pour raison de leurs fonctions ». Un interdit repris par la  loi du 16 fructidor an III:  «Défenses itératives sont faites aux tribunaux de connaître des actes d'administration, de quelque espèce qu'ils soient, aux peines de droit».

Certes il n’est question  que d’administration mais les élections ont pour but de désigner ceux qui la dirigeront et elles peuvent même être tenues elles-mêmes pour des opérations administratives.

Au reste on n’a pas assez dit   que ce n’est pas tant   la justice (au sens de magistrature assise) qui a interféré dans le processus électoral mais le pouvoir exécutif lui-même. Le parquet financier, comme tous les parquets est aux ordres du Garde des sceaux, lequel est aujourd’hui, de fait, subordonné au président de la République (quand il dispose, comme c’est le cas, d’une majorité). II est même parfois question de rattacher le parquet au ministère de l’intérieur.

Le juge d’instruction, lui, est en théorie indépendant mais sa désignation par le parquet au sein d’un corps judicaire hautement politisé ne saurait être neutre. C’est ainsi que la plupart des observateurs interprètent celle qui a été effectuée   dans l’affaire en cause.

L’extrême diligence dont a fait preuve le parquet financier à l’encontre de François Fillon contraste avec la passivité avouée de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique et le Parquet de Paris, sollicités en vain notamment par l’association Anticor, pour instruire le cas   d’Emmanuel Macron, principal bénéficiaire de l’opération, dont les obscurités financières devraient susciter, plus que les affaires de François Fillon, des interrogations.   

Aucun président de la République depuis 1958 (et a fortiori avant), même quand il était candidat à sa propre succession, n’avait interféré de manière aussi flagrante avec le processus électoral que ne l’a fait Hollande,

Qu’en instrumentalisant la justice le président ait    gravement manqué à l’obligation que lui fixe  l’article 64 de la Constitution : « Le Président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire », ne doit sans doute pas le gêner :     en ces temps de cynisme généralisé, une obligation qui n’a pas de sanction n’éveille guère de scrupules.  N’a-t-on pas cependant affaire à un de ces graves manquements aux devoirs de la charge suprême qui justifient le qualificatif de haute trahison ? 

On peut aller plus loin et dire que la double interférence du pouvoir exécutif   et de l‘autorité judicaire dans l’élection présidentielle, que certains qualifient non sans motif de « coup d’Etat », remet en cause l’Etat de droit lui-même     puisque, rappelons- le, par-delà la constitution en vigueur, par-delà la République elle-même, il y a la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789  dont l’article 16 dispose que  « toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution. ». Point de constitution, voilà où Monsieur Hollande nous aura menés.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

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