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Roland HUREAUX

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 20:29

Article publié dans Atantico le 3 novmbre 2012

 

A moins de deux semaines de l’élection du nouveau président de l’UMP, où en est-on ?

La réserve des militants et de beaucoup de caciques du parti  en dit long sur l’incertitude du résultat. Incertitude d’autant plus étonnante que, au mois de juin, Fillon était donné largement gagnant. On peut penser que l’écart s’est, entre temps, resserré.

L’opinion est relativement indifférente à cette joute. De fait,  les deux candidats sont trop compromis avec le quinquennat de Sarkozy, l’un comme premier ministre, l’autre comme chef de la majorité,  pour susciter l’enthousiasme. Si leur  mot d’ordre commun est de ne pas critiquer le président sortant, l’opinion, elle,  ne s’en prive pas, à commencer ceux qui ne lui pardonnent pas d’avoir, par la  médiocrité de sa gestion, ramené les socialistes au pouvoir.

L’opinion croit aussi que les deux candidats sont équivalents. C’est loin d’être le cas,   tant sur le plan de leur assise sociale, que sur le plan idéologique.

Même s’il est devenu député du 7e arrondissement de Paris, François Fillon, par toute sa personne, représente assez bien cette bonne vieille bourgeoisie  de province qui,  depuis des lustres, constitue l’assise  de la droite française.

Quoiqu’  il soit le seul  énarque, Jean-François Copé se dit, lui,  le candidat de la base militante, une base qui est loin d’être en majorité bourgeoise. Il est un efficace maire de banlieue.  Mais en même temps, par ses réseaux, notamment  le cabinet Gide,  Loyrette et Nouel qui l’emploie, il est sans doute le plus directement  lié aux milieux d’  affaires.   

Sur le plan idéologique, la situation est  analogue : François Fillon, quoique avec discrétion, est catholique et gaulliste. Le catholicisme, socle historique de la droite française, le gaullisme, socle originel de l’UMP.  Gaulliste, comment ne le serait–il pas ayant fait ses classes auprès de Joël Le Theule et Philippe Séguin ( ce qui l’amena à voter non au traité de Maastricht) ? Catholique, comment ne l’aurait-il pas été,  ayant eu si  longtemps l’abbaye de Solesmes dans sa circonscription ?

Sa vie rangée contraste avec les frasques que l’on prête à son rival.

Jean-François Copé ne s’est jamais vanté d’être gaulliste ou catholique. Il s’affiche comme le champion d’une  « droite décomplexée »  (même si,  pas plus que son rival, il n’envisage de traiter avec le Front national), une droite  à la fois sécuritaire et libérale. Son discours apparemment  musclé  parle davantage   à la base de l’UMP, comme avait parlé   celui de Chirac et de Sarkozy. Mieux   que son rival ,  il a compris que, compte tenu de la sociologie des militants, le pouvoir à l’UMP se prenait à droite.    Pour faire bouger les lignes, il a eu recours  à  quelques provocations : la dénonciation du « racisme anti-français », l’appel à manifester. Vieilles ficelles toujours efficaces. Son meilleur allié : l’indignation immédiate de la presse de gauche qui, croyant ainsi l’affaiblir, le  légitime : aux yeux de la majorité des militants, il passe aujourd’hui  pour plus  musclé, comme Sarkozy était passé pour musclé en promettant de nettoyer les banlieues au « karcher ».  C’est le côté « droite populaire » de Copé  qui  n’a cependant pas convaincu tous les élus de ce bord, comme Eric Ciotti directeur de campagne de  Fillon ou Jacques Myard, récemment rallié à son concurrent.

Il est vrai que Copé  n’attaque pas les positions de Fillon seulement  sur sa droite mais aussi sur sa gauche : il est aussi  le candidat des grands notables centristes, tels Raffarin ou Gaudin, sûrs que c’est lui qui, sans avoir besoin  de le crier sur les toits,  offre les meilleures garanties d’alignement  européen et atlantiste

Là où Fillon est le candidat de la droite classique,  de bon ton, ayant des valeurs, certes un peu timide  (ses adversaires disent molle !)  mais sincère, Copé incarne la droite « moderne » qui, ainsi qu’ont  si bien su le faire Chirac et Sarkozy,  ayant  la charge de faire accepter à la base par une communication droitière (que les mauvaises langues appelleront démagogique !),    l’alignement  de la France sur les grands systèmes internationaux.

Est-ce pour cette raison que Copé qui au départ n’avait à opposer à l’équipe   Filon que  les époux  Balkany, Rachida Dati et Nadine Morano a peu à peu bénéficié du  soutien de fait de presque toute l’  équipe  Sarkozy ?

C’est dire en tous cas que la compétition est loin d’opposer, comme on le dit trop facilement,  la droite et la gauche du parti  ce serait plutôt le centre conte la coalition des  ailes.

Dans cette configuration, ce qu’avait à faire Fillon était  de consolider sa base au centre du mouvement, de parler très fort de rassemblement et de ne s’aliéner aucun de ses soutiens naturels.

Qu’il soit catholique et gaulliste, en fait personne ne le sait hors de quelques initiés. Mais il a néanmoins craint que ça se sache trop   jusqu’à s’aliéner les soutiens  que ces affinités  auraient dû lui assurer. Henri Guaino, vrai gaulliste même s’il a dû avaler bien des couleuvres au cabinet de Sarkozy, issu comme Fillon de l’entourage de Philippe Séguin,  aurait aimé entrer dans son équipe : rejeté, il en est venu,  sans enthousiasme, à soutenir Copé.

Christine Boutin pèse peu, dira-t-on, mais elle est une figure emblématique,  un « marqueur » comme disent les publicitaires : dans beaucoup de nos provinces,  ce sont encore  les mêmes visages que l’on rencontre à la messe du dimanche et aux réunions de l’UMP: elle aussi, qui avait vocation à soutenir Fillon,   soutient Copé.

Malgré sa prudence, Fillon n’a pu s’empêcher de laisser voir sa différence gaulliste en politique étrangère.

Irrité des repentances à réplétion de Hollande, ce qu’il appelle la « culpabilité permanente »,  il  s’est attiré les foudres d’Arno Klarsfeld.

Dans un article du Figaro du 12 août intitulé « Un peu de courage, Monsieur le président ! », Fillon  préconise  la reprise du dialogue avec la Russie,   mais c’est dit tellement entre les lignes que des pro-russes ont compris le contraire ! C’est pourtant là    la seule dissonance que l’on ait entendu depuis longtemps  avec le discours atlantiste unanimiste pro-américain  Sarkozy–Hollande-Copé. Les vigies transatlantiques qui veulent domestiquer la politique française  - ou l’ont déjà fait -  ont,  elles,  sûrement compris.

Sûres de leur victoire, les équipes Fillon ont surtout eu le souci de se partager les places, craignant que tout nouveau venu  les oblige à se serrer.  Buisson fait la stratégie de Copé, qui fait celle de Fillon ?

Hors de l’UMP, Fillon a bien peu de relais. Borloo semble plus  proche de Copé.  Le Parti socialiste et le Front national, pour des raisons qui restent à éclaircir,  font presque ouvertement campagne pour  Copé.  

On le voit, les deux candidats sont loin d’être, contrairement à ce que croit le grand public,  « bonnet blanc et blanc bonnet ». Fort au départ de sa position centrale, Fillon l’a vue s’effriter et  sur sa droite et sur sa gauche. Jusqu’où ?  

Ce qui ne fait pas de doute est que l’ emportera celui qui l’aura voulu  le plus.

 

 

 

    

 

 

 

 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 20:26

COMMUNIQUE D'"AVENIR DE LA LANGUE FRANCAISE"

 

Au moment où le conseil d’administration s’apprête à  désigner  le nouveau directeur de l’Institut d’études politiques de Paris, nous souhaitons  exprimer notre  vif souhait que celui-ci  réhabilite l’usage de la langue française dans son enseignement.

Les dérives financières de l’ancienne équipe, justement dénoncées  par le Cour des Comptes,  sont inséparables d’une perte générale des repères qui a conduit  à une politique culturelle aberrante. Au nom d’un mondialisme mal conçu et d’une modernité de pacotille,      l‘enseignement en anglais a été systématiquement favorisé au détriment de l’enseignement en français.  

Pour un pays, pour une  institution comme pour un individu, la maturité  est de savoir valoriser ses atouts propres et de ne pas entrer dans une  dépendance intellectuelle à l’égard de valeurs venues d’ailleurs, pour respectables qu’elles soient. Cela vaut particulièrement pour une institution emblématique de la 5e puissance du monde que nous sommes, chargée de former une partie de sa classe dirigeante. La francophonie est un atout à valoriser. En méprisant sa propre langue, un pays incite les autres au même mépris. 

Les étudiants français peuvent aller à l’étranger pour s’initier  à la langue de Shakespeare, bien différente du sabir d’aéroport qui généralement en tient lieu,  et on peut supposer que les étudiants étrangers  qui viennent en France  ont le désir de s’initier  à la  civilisation  française  et donc à la  langue française. Pour ce raisons les cours en langue étrangère ne sauraient être  que l’exception.

De même, la culture générale,  dont le général de Gaulle disait qu’elle était la véritable école du commandement,  non seulement militaire et politique mais aussi économique, doit  rester au centre de l’institution.

L’association que nous représentons restera particulièrement  vigilante pour observer en ce  domaine  les  évolutions de l’Institut.

 

Albert SALON

Stéphane MARCILHACY

Alfred GILDER

Roland HUREAUX    

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 20:22

 

Le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, épine dans le pied du premier ministre  Jean-Marc Ayrault,  ne semble contesté  que par les écologistes,  selon le  clivage classique développement économique contre défense de l’environnement.

Mais,  sur le plan économique lui-même, ce projet est-il vraiment opportun ?  Nantes, bien que capitale de la Bretagne historique,  n’est pas tout à fait une métropole  de premier rang. Elle est à 2 h 10 de TGV de Paris seulement. Un aéroport international  haut de gamme  y est-il vraiment indispensable ?

Le projet est évalué à  556 millions d'euros.   Les prévisions  de  trafic s’élèvent à   4,5 millions de passagers par an à l'ouverture,  puis 9 millions à long terme. Pour aller où ? A Paris, sûrement  pas. D’autant que l’aéroport est situé à 30 km de du centre-ville.  

Sa  localisation est justifiée par la fiction  longtemps entretenue  à  la DATAR  qu’il fallait fonder le développement  de la France sur un nombre limité de grandes métropoles « européennes ». Nantes et  Rennes ne l’étant pas tout à fait, on a  imaginé de  les traiter   comme un seul ensemble. C’est pourquoi l’aéroport a été conçu pour être également assez  proche de Rennes (80 km) : il est ainsi supposé desservir « la grande métropole  de l’Ouest ». Le problème est que cette métropole n’existe pas et qu’il risque de finir comme  l’aéroport de Metz Nancy, autre projet coûteux,   conçu lui aussi pour desservir les deux villes en même temps et qui  n’en dessert  finalement aucune,  surtout depuis la mise en service du  TGV-Est.

L’aéroport est attribué en concession pour 55 ans au groupe Vinci mais seulement pour  les frais de fonctionnement. Il n’est pas prévu que les collectivités publiques amortissent  cet investissement considérable.

Ainsi le  futur aéroport risque de compléter la panoplie des projets inutiles ou   surdimensionnés que, depuis trente ans, génère la mégalomanie des  exécutifs locaux et qui ne contribuent pas peu à l’hypertrophie de la dépense publique en France.

La décentralisation  à la française telle quelle a été conçue par les lois Defferre et Raffarin, donne aux collectivités locales toute  latitude pour dépenser, notamment en investissements lourds, sans véritable responsabilité financière puisque les dépenses  courantes des collectivités   sont en partie prises en charge par l’État au travers de dotations et que les investissements sont  subventionnés ou cofinancés,  au point  que les différentes entités ne payent , chacune,  qu’une partie : seul le contribuable paye tout.

Au moment où notre pays se désindustrialise  à grande vitesse, Notre-Dame des Landes n’offre que l’apparence du développement économique. L’Espagne, en pleine cirse, s’est  couverte, elle  aussi, grâce aux financements européens, d’une multitude d’aéroports « internationaux » rapprochés les uns des autres et en mal de fréquentation.

Les riverains  s’alarment   peut-être à tort du bruit que générera le trafic. Par contre,  ceux qui auront à payer cet investissement à la rentabilité douteuse,  symbole du  mal-développement à la  française,  auraient,  eux,   par ces temps de rigueur, du souci à se faire.   

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 08:46

 

 Article publié dans Atlantico


Trop souvent le débat sur le « mariage » des personnes du même sexe est vicié  par le recours de ses partisans à des arguments en forme de chantage. Le meilleur moyen d’y résister est de les démasquer.

 

La fausse modernité

 

Le plus trivial  est le chantage à la modernité : « il faut être de son temps », dit-on. « Il s’agit d’une évolution irréversible ». En termes plus élaborés, on dira que ce projet va dans le sens de l’histoire. Le sens de l’histoire est, depuis Hegel, la source racine des pires errements ; si la morale n’est plus un absolu, mais relative à une époque, si elle est tributaire  de l’ « évolution de la société », au nom de quoi empêchera-t-on toutes les dérives ? D’ailleurs, cet argument est en lui-même terroriste puisqu’il forclot d’emblée tout débat de fond, notamment sur les droits des enfants.  Et puis, de quel sens de l’histoire parle-t-on ? Quand Charles de Gaulle parlait de la Russie, il était traité de retardataire par ceux qui considéraient l’Union soviétique comme irréversible. On a vu ce qu’il en a été. On disant dans la Basse Antiquité que deux augures ne pouvaient pas se regarder sans rire.   Maintenant que Leningrad s’appelle à nouveau Saint-Pétersbourg, qui peut invoquer encore sans rire  le sens de l’histoire ?

 

L’égalité entre qui et qui ?

 

Le second est le chantage à l’égalité, ou comme on dit, à la non-discrimination. Le mariage et l’adoption seraient un droit, jusqu’ici ouvert aux seuls hétérosexuels, qui devrait l’être désormais aux homosexuels. Mais de quoi parle-t-on ? Le mariage, le vrai, est permis à tous ; il est permis à tout homme de se trouver une femme et à tous les deux d’aller en mairie s’engager ensemble. Le droit au mariage est déjà universel ! Le vrai drame, soit dit en passant, ce sont les millions d’hommes et de femmes qui voudraient conclure un vrai mariage - avec une personne de sexe opposé - et qui ne trouvent personne. L’âge est un discriminant majeur à cet égard entre les hommes qui, à la suite d’une rupture, se recasent facilement, et les femmes pour qui c’est beaucoup plus difficile : mais de cette question qui, à vrai dire, n’a pas de solution facile,  personne ne parle, comme d’ailleurs de toutes les vraies questions. La discrimination que nous évoquons  a  aussi une dimension  économique : les pires misères se rencontrent aujourd’hui chez les femmes seules ayant charge d’enfant. Mais cela non plus  n’intéresse pas les idéologues.

Et que signifie un  droit égal pour des gens qui se sont mis dans des situations hétérogènes ? Si je choisis de faire une carrière civile, vais-je revendiquer les droits des militaires ?

Les idéologues revendiquent de ne pas être discriminés, non seulement sur le droit au mariage, mais aussi sur le droit à l’enfant. Mais l’enfant n’est un droit pour personne !  Pour ceux qui l’ont conçu ensemble, l’élever n’est pas un droit mais un devoir (sauf intervention des services sociaux, en tout état de cause exceptionnelle) ; à la rigueur, si au milieu d’une grande catastrophe, des homosexuels trouvaient un orphelin (comme le Charlot de «The Kid»), ils auraient non seulement le droit, mais le devoir de s’en occuper (sans être fondés pour autant à lui faire croire mensongèrement que l’un d’eux est sa mère). Mais nous n’en sommes pas là !  Kant nous l’a rappelé : une personne humaine (a fortiori vulnérable comme un enfant) ne saurait être tenu pour un moyen, seulement pour une fin. L’enfant a des droits, il n’est pas un droit.

 

La sempiternelle accusation d’ homophobie

 

Il y a bien sûr le chantage à l’homophobie. S’opposer au mariage unisexe serait faire preuve d’homophobie. Comme disait Muray, «la cage aux phobes est ouverte, garez-vous».  A entendre ceux qui parlent comme  cela, aucune prise de position  rationnelle ne serait possible : l’ homo politicus ne serait mû que par ses plus bas instincts. De même que les homosexuels seraient obligés d’être pour le mariage en raison de leurs orientations sexuelles (y a-t-il pire homophobie que de penser cela ?), quiconque est contre  ne saurait être mu que par  la phobie des homosexuels. Un tel  chantage est, lui aussi, une manière totalitaire de clore le débat.  On lance ce genre d’ invective comme si les positions des uns et des autres ne pouvaient se déterminer en raison, en fonction des intérêts, non de tel ou tel groupe mais  de l’État, de la République. C’est pourtant sur ce seul plan qu’il faut débattre. Et c’est sur ce seul  plan que les  opposants au mariage homosexuel prétendent se placer.

 

« Mais s’ils s’aiment ! »

 

Chantage à l’amour ensuite. S’ils s’aiment (les homosexuels) pourquoi n’auraient-ils pas eux aussi le droit de se marier ? Mais les officiers d’état-civil n’ont jamais été là pour border les lits ! Il y a des tas de gens qui s’aiment et qui n’ont pas besoin pour cela  de convoquer la République à «reconnaitre leur amour».  Deux frères, deux sœurs vivant ensemble,  un père et sa fille (hors de tout inceste, bien sûr) peuvent vivre ensemble des années ;  pourtant la loi ne leur accorde, s’agissant de frères et sœurs,  aucune reconnaissance, même pas en matière de succession. Quatre amis peuvent jouer aux cartes tous les soirs au même bistrot depuis trente ans sans avoir besoin d’une reconnaissance légale. Le mariage est un contrat, c’est aussi une institution sociale qui n’a d’autre finalité que le bien de la société ; et elle vise d’abord à régler la filiation. Même s’il vaut mieux que les époux aient quelque sentiment l’un pour l’autre, ce n’est pas à la société d’en juger, ni à l’Etat d’y apposer son label.

 

Qui est vraiment libéral ?   

 

Chantage au libéralisme. Ne pas vouloir de mariage homosexuel, ce serait s’opposer à une mesure de libéralisation (c’est la raison pour laquelle beaucoup d’ultra-libéraux, faute d’avoir réfléchi à la question,  y sont favorables). Or c’est exactement le contraire.  La République n’a pas à se mêler des sentiments et a fortiori de la sexualité. Si l’institution du mariage existe de temps immémorial, c’est d’abord pour régler la filiation (et donc les successions et autres questions patrimoniales qui, elles,  importent à la République). D’autant que,  la nature étant ce qu’elle est, il  faut 15 ou 20 ans pour faire un homme et non deux mois comme un chat ! Un cadre stable est donc nécessaire ; dès lors qu’il est admis que le ménage homosexuel n’est pas l’idéal pour élever un enfant,   en instituant le « mariage » homosexuel, l’État, pour la première fois, s’intéresserait à la sexualité en tant que telle ! Est-ce là du libéralisme ?  Il ne fait que reconnaitre une solidarité de fait, dira-t-on ? Mais alors pourquoi en exclure, comme c’est le cas du pacs, les ménages frère et sœur, père et fille, mère et fils, les communautés religieuses etc… ?

 

Laïcité : la fausse et la vraie

 

Chantage à la laïcité, bien sûr. Dès lors que les autorités religieuses, unanimes,  se sont prononcées contre le projet du gouvernement, un État  authentiquement laïque ne saurait, dit-on, obtempérer à ces admonestations épiscopales, rabbiniques ou autres... Mais pourquoi donc ? Les titulaires de ces autorités ont au minimum  le droit de se prononcer comme citoyens. Que leurs appels ne soient pas passés inaperçus relève des médias et d’eux seuls. Et  si le pape dit que deux et deux  font quatre, faut-il, pour être un vrai laïque, soutenir qu’ils font cinq ? En principe les religions, au moins la juive et la chrétienne, n’ont pas d’autre loi que la loi naturelle, reprise dans la loi de Moïse,  sans qu’y ait été ajouté  rien qui ne soit acceptable par tout homme de bonne volonté. La vraie morale laïque est-elle autre chose que  la loi naturelle ?  Celle que Jules Ferry définit  comme « cette  bonne et antique morale que nous avons reçue de nos pères et mères et que nous nous honorons tous de suivre dans les relations de la vie, sans nous mettre en peine d’en discuter les bases philosophiques. ».  Et l’illustre  républicain d’ajouter : 

« Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ». Il est clair que le projet de mariage unisexe se trouve aux antipodes de la laïcité ainsi conçue ! Aujourd’hui l’idéologie a largement remplacé les religions, elles sont  la nouvelle foi. Le projet de mariage unisexe  est idéologique. La vraie laïcité serait de rétablir les droits de la raison, et ce, non plus contre les églises, mais contre les idéologies de plus en plus délirantes qui exercent aujourd’hui leurs ravages.  

 

Une revendication à satisfaire ?

 

Chantage à la revendication enfin. Il y aurait une ardente revendication de la part de la «communauté homosexuelle», en manque de reconnaissance, en manque d’enfants etc…La vérité est que l’immense majorité des homosexuels  se fiche du mariage. Elle est aussi  qu’ils  n’envisagent nullement de se marier. Ils ne le disent généralement pas parce qu’ils ne souhaitent  pas s’afficher  comme homosexuels, qu’ils considèrent légitimement que leurs inclinations sont une affaire privée.  C’est dire que des associations comme  Plus gay sans mariage  qui supposent tout de même que les adhérents s’affichent comme tels, mais  qui s’opposent au projet gouvernemental, représentent beaucoup plus qu’il ne paraît.

Le  chantage à la  revendication inassouvie est d’autant plus paradoxal que les mêmes disent aussi que des milliers d’enfants  sont déjà élevés par des coupes homosexuels. Preuve, soit dit en passant,  que les obstacles législatifs, en l’état actuel du droit, sont minces. Mais on ne saurait confondre les  familles monoparentales où le parent   unique ne vit pas seul ( il  ou elle puisque dans 90 % des cas, c’est une femme, peut vivre avec une mère, une grand-mère, une sœur et aussi  une compagne ou un compagnon sans que l’Etat  ait   à s’en mêler)  et le mensonge officiel que supposerait  une révision du Code civil permettant au partenaire homosexuel d’usurper une parentalité fallacieuse et même de se dire père s’il est femme, mère s’il est homme ! Nous serions dans  une logique « orwelienne » de mensonge d’Etat.

Un journaliste demandait récemment à un ecclésiastique s’il avait le droit de s’ingérer dans une affaire politique. Ce serait plutôt aux politiques de se demander s’ils ont le droit de changer le sens des mots !

 

Que tous ceux qui, dans cette affaire,  défendent les droits de la raison ne se laissent pas impressionner par des arguments qui sont en définitive terroristes ou,  à tout le moins, sophistiques. Le débat sera alors plus clair.

 

Roland HUREAUX     

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 21:18

  

REPONSE A  LA REPONSE DU GROUPE SOCIALISTE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE  AUX OPPOSANTS AU « MARIAGE » UNISEXE

Le groupe socialiste a  dicté à ses  membres une réponse-type (ci-après)  aux maires et aux citoyens  qui leur avaient écrit pour leur signifier leur opposition  au projet d’instaurer un « mariage »  homosexuel.

Cette réponse  commence mal : elle  dénonce certains arguments des adversaires du projet  comme « formulés de manière choquante». De quoi s’agit-il ?  Une nouvelle fois  sans doute,  l’insupportable chantage à l’homophobie  qui vise à  interdire tout  débat. C’est ce genre d’argument crispé qui est, selon nous,  choquant.

Et  encore plus  choquant,  le mépris,  la  vulgarité même , avec laquelle est   évoqué un peu plus loin  le  cas de   « couples infertiles ou  trop âgés pour concevoir des enfant  »  pour dire que  « si le mariage n’était destiné qu’à assurer la pérennisation de la  société »  ceux-là  « ne devraient pas avoir le droit de se marier.»    

Comme si  ces couples stériles,  une situation que les intéressés  considèrent souvent comme un malheur, étaient à mettre sur le même plan que ceux  qui,  délibérément, par l’homosexualité, se sont mis  en position de ne pas avoir d’enfant.    

Poursuivant les amalgames insupportables, la même réponse dit que (selon les opposants au « mariage » homosexuel), « il faudrait  imaginer de faire signer aux candidats à l’union un engagement à  la procréation. »  Ce que nous n’avons jamais voulu dire évidemment !  Non que nous tenions, nous,   le souci de pérenniser la société pour méprisable puisque si d’autres, avant nous, ne  l’avaient pas eu, nous ne serions pas là pour débattre,  mais  simplement parce que ce n’est pas le but du mariage républicain. Ce dernier a d’abord pour objectif  d’offrir un cadre stable à l’accueil et à l’éducation des enfants  nés  d’un homme  et d’une femme (comment pourraient-ils naître autrement ?). Car  c’est un fait de nature (un gros mot pour les idéologues du gender , nous le savons ; E pur si muove,  et pourtant elle existe !) qu ’il faut quinze ou vingt ans et non pas deux mois pour élever un petit d’homme.

Cette  nécessité d’un  cadre stable passe avant les considérations  fumeuses  que  l’on invoque sur la reconnaissance  juridique et sociale  qui serait nécessaire à  un sentiment. Conception infantile du mariage ! Les sentiments sont une réalité. La sexualité est une réalité. Mais un Etat libéral n’a pas à s’en  mêler.   Si l’union d’un homme et d’une femme ne conduisait pas à la procréation, le mariage ( en tous les cas le mariage républicain)  n’aurait pas lieu d’être.  Seule la filiation importe à la res  publica.  Le reste est affaire privée. Le mariage entre personnes du même sexe   ferait, pour la première fois, entrer la sexualité en tant que telle dans le champ de la vie publique. Prémisses d’un nouveau totalitarisme ? Voir ce qu’ est devenue la société suédoise.

Le groupe socialiste croit bon de rappeler aussi que   «plus de la moitié des enfants naissent aujourd’hui hors mariage sans que cela ne constitue une menace pour la cohésion sociale ».  Il n’est pas   question de cohésion sociale : si le mariage est tenu par les députés socialistes  pour une institution obsolète, pourquoi donc veulent-ils tant en étendre l’usage à de nouvelles catégories ? S’ils sont si prompts à dire qu’il n’est pas nécessaire à un couple homme/femme, pourquoi le serait-il tant à un couple homosexuel ?

«  Nous aussi, nous sommes  particulièrement attentifs aux  droits de l’enfant. Et c’est même dans l’intérêt de ces derniers que   nous discutons aujourd’hui du mariage pour tous. »    « Des dizaines de  milliers d’enfants  vivent déjà avec des parents – ou beaux-parents  homosexuels. » Singulière approche des droits de l’enfant ! Etrange mépris de la loi que de  la considérer comme adoptée  avant même qu’elle soit votée. Dans l’état actuel du droit,  il est faux de dire que « des dizaines de milliers d’enfants vivent avec des parents homosexuels » : il arrive certes que le chef d’une famille monoparentale vive  avec  un partenaire du même sexe mais   ce  n’est pas du  tout la même chose.  Conférer à  ce partenaire un rôle officiel  de père ou de mère qui  ne correspondrait pas à son sexe, comme l’envisage le projet de loi,  serait un bouleversement majeur pour cet  enfant.

Et sans doute un traumatisme : il est dit que « tout montre tout montre que ces enfants ne développent ni plus ni moins de problèmes psychologiques ou sociaux que ceux qui sont issus d’une union hétérosexuelle. » Tout…sauf les études  les  plus  sérieuses qui ont été faites à ce sujet,   notamment aux Etats-Unis (beaucoup plus approfondies que celles, bien courtes,  que le lobby  soi-disant « gay » a promues ne France.)  Et quand bien  même il y aurait  doute sur ce sujet, le  principe de précaution devrait  conduire, si l’on se soucie sérieusement du droit de l’enfant, à ne pas lui  imposer sans qu’il l’ait choisi,   d’être éduqué par un couple homosexuel. Là  serait  la véritable discrimination !


Le plumitif du groupe socialiste  poursuit sur la même veine en voulant nous faire pleurer sur  « les homosexuels, qui ont vécu – et vivent  encore – des discriminations insupportables ».  Qui peut prétendre que les homosexuels  sont encore discriminés en France, en particulier  les militants  le plus actifs du mariage homosexuel  devenus si  nombreux  dans les lieux d’influence : médias,  affaires,  politique 
( bien plus nombreux que ce qu’ils représentent dans la société, pour s’en tenir à ceux qui se sont déclarés tels ! ) ?  Les grands intérêts qui régissent le monde (et que  nos  « socialistes » ont cessé de combattre depuis longtemps) seraient-ils d’ailleurs gênés par une réforme qui contribuerait à  brouiller un peu plus les repères d’un peuple désorienté, et  pour cela  de moins en moins à même  de se défendre ?

A quelle discrimination mettrait d’ailleurs fin le mariage des personnes du même sexe ?  Tout le monde a le droit  de se marier vraiment, c’est-à-dire avec une personne de sexe opposé. Ceux qui ne trouvent pas de partenaire sont bien plus à plaindre que ceux qui ont  décidé  de ne pas en chercher. Il n’  y a en tous cas aucune discrimination légale devant le mariage. Ceux qui ont  fait  un choix de vie différent n’ont pas à réclamer une égalité de droit   avec les gens mariés  puisque leur situation est différente. Il serait  aussi absurde que   ceux qui ont fait le choix d’une carrière administrative   réclament,  au nom de l’égalité, les mêmes horaires que les enseignants  ou  que ceux qui font une carrière civile s’estiment fondés  à revendiquer, toujours au nom de l’égalité,   la retraite des  militaires !

Est-il possible qu’un tel tissu de sophismes, à mille lieues de ce que signifiait l’égalité pour les rédacteurs de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, puisse aujourd’hui trouver du crédit  ?  

Vient enfin l’argument suprême : en votant pour Hollande en 2012, les électeurs auraient ratifié le mariage homosexuel. Vae victis !  Dans un pays qui compte plusieurs millions de chômeurs  et où le pouvoir d’achat régresse, qui se désindustrialise à grande vitesse,  les électeurs avaient bien d’autres sujets en tête. Chacun sait qu’ils  ont voulu sanctionner l’ancien président, sans nécessairement adhérer à toutes les propositions de M.Hollande et sûrement  pas à celle d’instaurer un « mariage » des homosexuels.  A  imaginer le contraire, les  élus concernés courraient à de graves déconvenues.

Une révolution anthropologique aussi fondamentale qui ne remet pas en cause seulement 2000  ans d’histoire de France mais 2 millions d’années d’histoire humaine  ne saurait se décider par un vote du Parlement opéré  à la sauvette. Les deux tiers des Français souhaitent que la question soit tranchée par référendum, tous  souhaitent un grand débat. Qu’attend-t-on pour faire droit à cette légitime exigence ?    

R.H.

 

Lettre type du groupe socialiste

Monsieur,

J’ai bien reçu votre courrier par lequel  vous me faites part de votre  opposition au mariage pour tous et à l’adoption par des couples  homosexuels.

 

Je ne partage pas vos inquiétudes et encore moins votre vision de la  société, du mariage et de l’homosexualité, qui est fondée sur des  préjugés erronés et, il faut bien le reconnaître, souvent énoncés de  manière choquante.

Si le mariage n’était destiné qu’à assurer la pérennisation de la  société, alors il devrait être interdit aux couples infertiles ou  trop âgés pour concevoir des enfants, par exemple. Il faudrait même
 imaginer de faire signer aux candidats à l’union un engagement à la procréation.


 Pour certains, le mariage constitue une reconnaissance juridique et  sociale qui leur est nécessaire, sans même qu’il soit question de  filiation.  Au-delà, plus de la moitié des enfants naissent  aujourd’hui hors mariage sans que cela ne constitue une menace pour  la cohésion sociale.

J’ajoute que, nous aussi, nous sommes particulièrement attentifs aux  droits de l’enfant. Et c’est même dans l’intérêt de ces derniers que  nous discutons aujourd’hui du mariage pour tous. Des dizaines de  milliers d’enfants vivent déjà avec des parents – ou beaux-parents –   homosexuels. D’ailleurs, Au-delà, plus de la moitié des enfants naissent  aujourd’hui hors mariage sans que cela ne constitue une menace pour  la cohésion sociale. Le groupe socialiste, depuis longtemps, considère que l’ouverture du  mariage aux couples  homosexuels est un combat essentiel pour  l’égalité des droits.  Les homosexuels, qui ont vécu – et vivent  encore – des discriminations insupportables, ont des vies conjugales  et familiales que la loi doit reconnaître à égalité avec celles des  hétérosexuels. C’était notre engagement de campagne : les Français  ont tranché en mai et juin derniers. Cet engagement sera tenu.

Je vous prie de recevoir, Monsieur, mes salutations les meilleures.

 

X

Député de

 

 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 23:08

 

Il y a quelques jours, François Hollande, de passage à Dakar a cru bon de faire, une nouvelle fois, acte de repentance pour la traite des noirs.  Quelques jours après, il récidivait   pour les victimes algériennes de la répression de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris (comme il l’avait fait un an avant, immédiatement après sa désignation comme candidat du PS). Nul doute qu’il  recommencera à battre la coulpe sur la poitrine de la France lors de son voyage annoncé en Algérie.

Il y a quelques jours, la France découvrait horrifiée l’émergence sur son  sol de réseaux islamistes préparant des attentats terroristes, composés surtout de jeunes gens nés français et souvent chrétiens convertis à l’islam, animés d’une haine radicale de notre pays. Parmi eux un certain Jérémie Louis–Sidney, que ni son nom ni sa provenance  des  Antilles (où l’islam est  pour ainsi dire absent)  ne prédisposait à devenir terroriste.  

Quel rapport entre ces deux événements ? Il est plus  grand qu’on ne pense.

Comment une jeunesse déracinée, totalement dépourvue de  culture historique, sans mémoire familiale réelle, ne croirait-elle pas les élites françaises quand elles ressassent que la France s’est rendue coupable de crimes abominables  à l’égard de leurs ancêtres ou d’autres ? Et cela au premier degré sans balancer le bien et le mal d’une histoire certes tragique mais complexe.  Comment ne croirait-elle pas un chef de  l’Etat qui évoque  à tout va ces crimes ? Comment ne tirerait-elle pas les conséquences de la loi Taubira qui a plus  développé  l’esprit de ressentiment  que pansé les plaies ? Les jeunes en cause n’ont qu’une vague idée de la date où  se sont passés  ces événements et ne savent sans doute rien de plus  de l’histoire de la France, de l’Afrique ou  des Antilles.  Comment ne croiraient-il pas, pour dire les choses brutalement, que la France est un « pays de m…. », qu’il faut le « foutre en l’air », au besoin avec des bombes ?  Comment ne seraient-ils pas entrainés, toute  considération religieuse ou métaphysique mise  à part,  vers  ceux qui la haïssent le plus, les réseaux du terrorisme islamique ?  Louis-Sidney comme  d’autres.

Face à  cette jeunesse désemparée, le chef de l’Etat a, plus que quiconque,  le devoir de  hisser haut le pavillon, de  créer un élan, de  faire aimer la France et de favoriser ainsi  ce  que tout le monde souhaite, à commencer par l’intégration de ces jeunes gens en manque de repères.  

Encore heureux que le président n’ait pas donné suite à l’idée caressée à Matignon de proposer de réparations, exigeance insistante d’une  association se référant explicitement   à  la  couleur de la peau et qui,  à ce titre, ne devrait pas avoir ses entrées dans  les palais de la  république.

Ces exercices de repentance sont contestables au nom de l’histoire. Les Sénégalais, comme les autres  habitants de l’Afrique occidentale, descendent de ceux qui n’ont pas été déportés. Comme les négriers ne faisaient que  rarement les razzias eux-mêmes mais achetaient les esclaves à des potentats locaux, de quel côté étaient ces  ancêtres ?

Pour ce qui est de ceux qui furent déportés ( dans les colonies françaises, mais encore davantage dans les colonies  anglaises, espagnoles et  portugaises), va-t-on regretter l’admirable civilisation franco-antillaise qui en est issue ? Regrette-t-on un beau bébé même s’il a été conçu hors normes ?

S‘agissant de l’Algérie,  qui se repent des atrocités de la guerre civile de 1991- 2002 (pires que celles de la guerre d’Algérie) , du massacre des harkis et  de l’expulsion par la terreur d’un million de natifs non-musulmans, contraire aux accords d’Evian   , sans parler de la traite des blancs et  des blanches par les Barbaresques (nom historique des Algériens) , à peu près contemporaine de la traite de Noirs par les Européens. 

Faudrait-il,  selon cette logique, revoir tout le passé, depuis l’effroyable guerre des Gaules ( sur 9 millions de Gaulois, 3 millions de morts et 3 millions réduits en esclavage), les invasions barbares, la conquête  arabe , les croisades bien sûr et tant d’autres tragédies ? 

La Shoah qui sort des catégories communes de l’histoire doit être mise  à part. Mais  Mme Merkel se repent-elle que son pays ait envahi la France à trois reprises en 70 ans chaque fois qu’elle voit un président français ?

La repentance est tout aussi contestable sur le plan moral. Elle ne participe de l’héritage judéo-chrétien qu’en apparence. Dans le pardon juif et la confession chrétienne qui en hérite, celle –ci individuelle, celle-là collective,   c’est à Dieu qu’on demande pardon. On le demande  une fois pour toutes et  une fois que ce pardon   accordé,  on n’en reparle plus :   « comme est loin l’Orient de l’Occident, il éloigne de nous nos péchés » (Psaume 103). Rien à voir avec ce ressassement où on demande pardon au nom de coupables  quelquefois disparus depuis plusieurs siècles, à on ne sait qui et où personne ne vous pardonne jamais, ce qui fait que la démarche est toujours à recommencer.

Exercice mal fondé sur le plan historique et moral, la repentance l’est encore davantage sur le plan géopolitique. Elle est une exclusivité de l’Europe et, au sein de l’Europe, une spécialité française.  Les Etats-Unis ressassent-ils le massacre des Indiens ? Les Russes, le Goulag ? De quoi se repentent la Chine et l’Inde ? Et le Japon ? Pour ne pas parler de la Turquie, qui refuse avec obstination de  de reconnaître le génocide arménien.  Et des innombrables massacres qui ont eu lieu en Afrique après l’indépendance, qui bat sa coulpe ?  Il est clair qu’entre Etats adultes, animés par la realpolitik, ces exercices ( peu sincères au demeurant) ne sont plus de mise. La seule leçon qu’en tirent les observateurs étrangers c’est que la France est moralement mal en point. Quant aux esprits faibles, ils en concluront inévitablement qu’elle est plus  coupable que les autres !

François Mitterrand, qui savait combien l’histoire est tragique et les responsabilités toujours mélangées,  s’était bien gardé de s’engager sur cette voie. Jacques Chirac a commencé. A l’actif de Nicolas Sarkozy, le mérite de ne pas en avoir rajouté. Si François Hollande ne résiste pas aux différents groupes de pression  qui  gravitent autour  du parti socialiste pour   demander toujours plus de repentance, il portera la grave responsabilité de contribuer  à la déliquescence de la communauté française dont l’affaire de Strasbourg a offert un inquiétant prodrome.   

Roland HUREAUX

 

 

 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 23:01

 

A  Hannah Arendt  revient l’immense  mérite d’avoir, la première,  appelé l’attention sur le risque de la déraison qui, en notre temps, guette  les dirigeants politiques   ou même les  classes dirigeantes dans leur ensemble.

Cela en rupture avec une tradition philosophique millénaire, débouchant sur Hegel,  selon laquelle l’Etat était l’incarnation de la raison.

Cette plongée dans la déraison s’est exprimée de la  manière  la plus extrême dans les régimes totalitaires.  Régimes absurdes avant  d’être criminels. Mais, à plus petite échelle, chacun peut en voir l’effet, de moins bien grande ampleur bien sûr,  dans telle ou telle  décision jugée aberrante  par  ceux qui ont gardé le  sens commun. 

Arendt précise que le vecteur de la folie, c’est  l’  idéologie laquelle présente partout  un certain nombre de caractères communs : partir d’une analyse simplifiée du réel ou une fausse science, se dire portée par le progrès et, à ce titre,  exclure violemment ceux qui s’y opposent, détruire les repères de la    nature ou de l’histoire. C’est ainsi que le communisme était fondé sur l’idée que la suppression de la propriété rendrait l’homme bon et la vie meilleure, que c’était là  le sens de l’histoire ; il a abouti à la destruction d’une société et à un régime d’exclusion violente.

Ceux qui pensent que le mariage homosexuel s’inscrit dans une démarche idéologique telle que la décrit Hannah Arendt  verront leurs motifs d’inquiétude confirmés  par la lecture du projet de loi tel que s’apprête à le déposer le gouvernement.

Ce projet  introduit une véritable révolution dans le Code civil. Partout où elle apparait, les expressions «le mari et la femme » seront   remplacées »  par « les époux », l’expression « le père et la mère » par « les parents ». On va même jusqu’à remplacer « le beau-père et la belle-mère par les beaux-parents ; l’aïeul et l’aïeul par les aïeux ». C’est à une véritable désexuation du mariage et de la parentalité qu’il est procédé.

Et l’article principal  pose clairement que « Le mariage est l'union célébrée par un officier d'état civil entre deux personnes de sexe différent ou du même sexe » (Article 144 du Code civil).

Ainsi, le mariage unisexe, loin d’être une exception  à un principe général est mis sur le même plan que le mariage entre personnes de sexe différent ; il en même est un simple cas particulier.

Conformément à la théorie du gender, hommes et femmes sont interchangeables.  

Se trouve  subvertie non seulement la nature mais  le  sens des mots : de même que Georges Orwell nous montrait une société totalitaire pour laquelle  « la guerre, c’est la paix »,   « la liberté, c’est l’esclavage », « l’ignorance, c’est la force »  on voit émerger une société  où, « l’homme, c’est la femme ; la femme, c’est l’homme » !

Ne croyons pas que cette subversion restera enfermée dans les Codes ou qu’il ne s’agit que d’une question de vocabulaire. Comme toutes idéologies, celle du gender a vocation à passer en force dans le réel, elle appelle une complète rééducation de  nos comportements. En Suède où ces absurdités ont déjà force de loi, un petit garçon qui s’aviserait de parler à l’école de « mon papa » ou de « ma maman » est déjà suspect de déformation. Il discrimine sans le savoir. Le livret de famille parle de parent 1 et de  parent 2. Les romans de Stieg Larsson (série Millenium) montrent la déréliction  qui  résulte de ces folies pour la société suédoise.

Loin d’être un aménagement secondaire de la législation civile, le projet gouvernemental, tel qu’il apparait déjà, serait en réalité  la plus importante révolution du quinquennat. Autrefois la propriété, aujourd’hui la sexuation : c’est à un des fondamentaux anthropologiques les plus décisifs que s’attaque le « normal » François Hollande.

Le refus d’un débat public par ses partisans qui considèrent  que le mariage homosexuel fait déjà partie des « paradigmes »  de notre temps et qu’il n’est ainsi plus ouvert à la discussion, procède, dans son côté terroriste,  de la démarche totalitaire.

Combattre un tel projet n’est d’abord une affaire  ni religieuse, ni morale. C’est bien d’un  combat contre la déraison qu’il s’agit.

 

Roland HUREAUX

 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 22:57

 

On a entendu ces derniers temps  des gens de pouvoir dénier aux évêques le droit d’intervenir dans le débat sur le mariage homosexuel, généralement au nom de la laïcité.

Ce droit, ils l’ont évidemment.

D’abord en tant que citoyens. Tout citoyen peut s’exprimer. Si on  entend les évêques plus que d’autres, c’est que les médias ont choisi ( pas toujours)  de donner à leurs positions  un certain écho. Ils pourraient donner un écho analogue aux positions d’une vedette de la chanson sans que le principe de laïcité soit remis en cause.

Ensuite en tant qu’évêques.

Mais à cet égard une distinction essentielle est à faire.

Ils peuvent bien sûr se prévaloir de la foi catholique. Mais dans un pays où elle n’est pas partagée par tous,  ce titre ne  leur donne pleine  autorité que sur ceux qui se réclament de la même foi (y compris d’ailleurs certains hommes politiques), mais pas nécessairement sur les autres. Un Etat laïque peut les  renvoyer  à leur sacristie et  récuser leur autorité.

Il vaut donc mieux qu’ils se fondent aussi sur autre chose : qu’ils parlent en tant que gardiens de la  loi naturelle. Ce rôle certes leur est aussi contesté mais il est  cependant reconnu par beaucoup de non catholiques (des juifs et des musulmans en particulier).

L’Eglise catholique, contrairement  à ce que beaucoup croient, n’a pas de morale particulière. Comme le rappelle le philosophe Rémi Brague, elle tient pour acquise une morale commune  qui s’applique aussi bien aux chrétiens qu’aux autres.

Cette morale jouant un rôle important dans l’existence d’un chrétien, les évêques peuvent  s’en prévaloir pour se présenter aussi, selon l’expression de Paul VI,  comme « experts en humanité ».

Dès lors qu’ils se réclament de cette morale universelle, les évêques sont non  seulement fondés à s’exprimer mais ont davantage de  chances d’être entendus  puisque les principes dont ils se réclament concernent tous les hommes.

 

La référence à la loi naturelle pose cependant plusieurs problèmes :

 

D‘abord elle est violemment récusée par les adversaires de l'Eglise, alors même qu’on la trouve aussi bien dans la tradition chrétienne que dans la philosophie des Lumières (au moins Voltaire et Rousseau). S’ils la récusent, c’est évidemment pour pouvoir la violer sans remords. Comme les modes intellectuelles sont souvent dictées par des gens qui ne sont pas favorables au christianisme, l’idée de  loi  naturelle n’est  pas à la mode dans certains  milieux. Il n’en faut pas moins la défendre bec et ongles.  Car  elle est le fondement de la légitimité de l’intervention des autorités religieuses et parce que, s’il n’y a pas de loi naturelle, on ne voit pas quoi objecter  au mariage unisexe.

Le meilleur  argument pour défendre l’idée de loi naturelle est de se référer à un autre principe qui, lui,  est à la mode : les droits de l’homme. Comme notre société n’en est pas à une contradiction près, elle récuse la loi naturelle mais elle porte au pinacle   les droits de l’homme  alors même que les deux notions sont  très proches : l’universalité des droits de l’homme est impossible à justifier sans référence à quelque chose comme une loi naturelle. Si l’homme peut faire ce qu’il veut de son destin,  sans référence à une loi universelle, telle société pourra faire le choix du mariage homosexuel mais telle autre sera aussi bien fondée à admettre le droit des hommes à battre les femmes !

Un  autre moyen de défendre  la  loi naturelle est de ne pas s’accrocher à cette  expression scolastique et de lui donner d’autres noms comme morale universelle et même  « morale laïque ». Il faut évidemment  vérifier ce que les uns et les autres mettent dans ces expressions mais  il n’y a aucune raison de ne   pas s’approprier celle-ci  qui, quant au fond, n’a pas, selon nous,  une signification différente de la loi naturelle.  

 

On peut cependant objecter aussi que la diversité des mœurs, sur des sujets comme la monogamie et la polygamie  ou encore l’endogamie ou l’exogamie fait douter qu’il existe une morale universelle. A cet égard,  répondons clairement que la loi naturelle est un idéal qui n’est pas toujours pleinement reconnu par  toutes les sociétés. Il reste qu’une société monogame s’en approche plus qu’une société polygame  ou qu’une société  d’hommes et de femmes libres s’en approche plus qu’une société reposant sur  l’esclavage. Le christianisme a généralement fait progresser les sociétés dans le sens de la morale universelle. Il a ainsi supprimé les combats de gladiateurs. La variété  des mœurs et des normes, bien réelle,  ne saurait  conduire au relativisme.

 

Comment s’articule la loi naturelle accessible en principe à  tout honnête homme de n’importe quel peuple et la Loi de Moïse qui fait également autorité chez les chrétiens (et les juifs). Pourquoi Dieu a-t-il révélé sa loi si les hommes l’ont déjà,  gravée dans leur cœur par la nature ? La réponde de la théologie  est qu’en  raison du péché originel les hommes avaient perdu de vue le droit naturel (Sodome et Gomorrhe !) et que l’humanité étant ainsi tombée très bas, Dieu a dû intervenir en personne par la médiation du peuple juif pour lui rappeler cette loi. De fait,  la loi de Moïse et la loi naturelle ont pour un chrétien  le même contenu puisque elles procèdent de la même  source. Dans les débats actuels,  il sera cependant plus  efficace de se réclamer de la loi naturelle, encore que la Bible ait un caractère fondateur si important pour la culture européenne qu’on puisse l’invoquer aussi.

(La théorie de la  loi naturelle a surtout été développée à partir de saint Thomas d’Aquin. Un autre courant chrétien, se référant plutôt à saint Augustin, insistera davantage sur le caractère révélé de la loi divine. Mais il va de soi que, dans la polémique avec les incroyants, la référence à une  loi naturelle universelle est plus efficace.) 

 

Si la loi naturelle est affaire de raison, quelle plus-value peuvent apporter des évêques dans le débat ?  Effectivement, tout citoyen est fondé à s’engager dans le débat au nom  de la raison et de la loi naturelle. Nous pensons cependant, nous chrétiens, que si tous les hommes sont dotés de raison, l‘exercice de cette faculté peut être faussée par le péché,  pas seulement originel. Et c’est bien ce qui se produit aujourd’hui : le projet de mariage unisexe démontre dans les cercles dirigeants un grave dérèglement des esprits. Que   notre société soit de plus en plus portée à délirer  n ‘est pas sans rapport avec sa déchristianisation. De fait, les lumières de la foi – ou, dirons-nous, de l’Esprit-Saint -  sont  souvent nécessaires pour faire bien marcher cet organe fragile  qu’est  la raison, pour éviter  qu’il ne s’égare hors du « bon sens ». Comme le dit le philosophe Jean–Luc Marion, aujourd’hui, « la foi sauve la raison ». C’est pourquoi les chrétiens peuvent estimer avoir une  responsabilité spéciale dans le combat que nous menons : non pas parce qu’ils s’appuient sur une métaphysique et des croyances particulières mais parce que, par la grâce de Dieu, ils ont  moins que d’autres « perdu la raison ». Cela    ne veut pas dire que d’autres qui ne partagent pas leurs croyances ne puissent pas défendre, en se fondant eux aussi sur la raison, le même point de vue. Si l’éloignement des racines chrétiennes porte nos sociétés à l’égarement collectif, cela n’exclut  pas que des individus, éloignés de la foi pour  des motifs  qui leur  sont propres, conservent le parfait exercice de la raison. Dans une affaire qui concerne toute la société, les uns et les autres participons au même  combat. 

 

R.H.

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 22:51

 

Quand le Cardinal Philippe Barbarin s’est avisé d’avancer que le mariage homosexuel peut  conduire à légaliser l’inceste ou  la polygamie,  cette proposition a été accueillie par des hauts cris et des accusations d’homophobie.

Il faut bien comprendre ce qu’elle signifie.

Si elle voulait dire que les homosexuels sont particulièrement enclins  à l’inceste ou portés à la polygamie, ce serait évidemment une offense, tout à fait injuste au demeurant parce que rien n’établit cela.

Mais l’expression est  à prendre en un autre sens : elle signifie que la levée du tabou anthropologique sur  l’homosexualité en entraînera à terme d’autres et pourquoi pas de celui de l’inceste ou de la polygamie ?

Le modèle européen du mariage est fondé sur plusieurs caractères :

L’union de l’homme et de la femme évidemment ;

La monogamie

L’interdit de l’inceste.

Cet interdit de l’inceste a été poussé très loin en Europe à partir du VIIIe siècle : il s’est traduit par une exogamie systématique (alors que , ainsi que le rappelle  Emmanuel Todd, les sociétés japonaise ou musulmanes pratiquent au contraire l’endogamie quasi-systématique).

Si l’homosexualité a toujours existé dans à peu près toutes les sociétés, notamment en Europe (quoique  très peu dans les campagnes  avant la fin du XXe siècle), elle n’avait jamais été élevée à la hauteur d’une norme.

Donner à l’homosexualité la dignité du mariage conduit donc  à rompre avec un fondamental anthropologique  ancestral.

Il y a seulement quarante  ans (en mai 1968 par exemple), une telle rupture eut paru  absurde et choquante comme nous paraît  aujourd’hui absurde et choquante la possibilité de légaliser un jour la polygamie et surtout l’inceste.

Or la rupture relative à l’homosexualité ouvre une porte où  nul ne peut dire ce qui peut s’engouffrer. « Quand les bornes sont franchies, il n’ y a plus de  limite !» 

Par exemple  si la différence des sexes n’est plus  un critère du mariage, pourquoi  le chiffre deux resterait-il en la matière une  norme sacrée ? Pourquoi donc ne pas reconnaître un jour les relations à trois, quatre, cinq partenaires et pourquoi   en exclure dès lors la polygamie traditionnelle africaine ?

Si l’amour seul  devient la condition d’une union légale, pourquoi en exclure deux frères, deux sœurs, un frère et une sœur, un vieux garçon et sa mère etc ? Et si on ne les exclut pas, qui ira regarder la nature de leurs  relations ?  Au nom de quoi interdirait-on donc  les relations incestueuses ? Au nom de quoi leur  refuserait-on  la reconnaissance légale ?

Autre corrélation : un des arguments les plus  fréquemment utilisés pour justifier la reconnaissance des unions homosexuelles  consiste à dire qu’elles sont une réalité et que donc le réalisme commande de les reconnaître. Mais l’inceste et la polygamie sont aussi,   en France, des réalités. Au nom de quoi refuserait-on  de les reconnaître  eux aussi?

Ces spéculations  ne sont pas gratuites.  Atomiser entièrement la vie sexuelle en abolissant toutes les obligations  du mariage et donc, de fait, abolir ce dernier,   en abolissant en même temps toute les formes d’interdit,  transformer la vie sexuelle en un immense mouvement brownien instable et indifférencié,   figurent   ouvertement dans les anticipations de certains  milieux ultra-féministes, adeptes de la théorie du gender,  pour lesquels le mariage unisexuel n’est qu’un moyen de détruire l’institution du mariage toute entière et rien d’autrui.

 

Roland HUREAUX

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 22:46

 

En décernant le Prix Nobel de la Paix à l’Union européenne, le comité Nobel a pris une décision hautement contestable. Qu’attendre  d’ailleurs d’un comité qui  avait décerné  trois ans plus tôt la même récompense à  Barack Obama lequel  a  pris depuis l’habitude  de faire abattre par des drones aux quatre coins  du monde, sans jugement et sans sommations,  les gens qu’il  désigne chaque  semaine !

Il est étonnant par ailleurs, beaucoup l’ont souligné,  que cette récompense  émane d’un pays, la Norvège, qui a jugé meilleur pour lui de ne pas être membre de l’Union.

La paix en Europe a commencé en 1945. Le marché commun institué par le traité de Rome en 1957  et qui n’a commencé à  fonctionner qu’en 1960 est-il la cause  de la paix ? N’est-il pas plutôt sa conséquence ? A fortiori les institutions actuelles qui émanent des traités de Maastricht (1992), Amsterdam (1996), Nice (2001) et Lisbonne (2007). La monnaie commune, la plus significative des  institutions   actuelles,  fonctionne depuis  1999.

Le communiqué du Nobel reprend les poncifs habituels : “En  70 ans, l’Allemagne et la France  s’étaient fait la guerre trois fois.  Aujourd’hui, la guerre entre l’Allemagne et la France est impensable”. Cette dénonciation sommaire des nationalismes du passé  qui  sert généralement à justifier les institutions européennes  est fallacieuse :  la vérité est  que l’Allemagne a envahi la France trois fois en 70 ans, comme elle a envahi la Russie et la Belgique deux fois, la Norvège, la Pologne , la Tchéquie et bien d ‘autres pays jusqu’à la Grèce.  L’Allemagne et l’Allemagne seule: les invasions italiennes de 1939 et  1940  procédèrent d’un  pâle mimétisme, l’occupation de l’Allemagne par les alliés en 1919 et 1945 fut  une juste revanche.

Hors  de l ‘Allemagne, aucun Etat européen n’en a envahi un autre depuis 1815.  Ils   n’avaient ainsi  pas attendu l’Union européenne pour faire la paix !

D’autant plus critiquables sont les institutions européennes actuelles qui donne une hégémonie de fait à la même  Allemagne.

Si l’accent est justement mis par le Comité Nobel sur l’amélioration des rapports franco-allemands, pourquoi n’avait-t-il  pas alors  récompensé   De Gaulle et Adenauer qui avaient, eux,  hors de tout cadre institutionnel,  posé en 1963 un véritable acte de paix?

Il est malvenu pour le Comité Nobel de se référer aux Balkans.  Coresponsable avec l’Etats-Unis de la guerre de Yougoslavie de 1999,  l’Europe a montré à cette occasion les limites de son pacifisme : cette guerre inégale engagée en violation ouverte  du droit international,  a fait du seul côté serbe 20 000 victimes civiles et  pratiquement pas de militaires.

Que la paix ait été rétablie dans les Balkans,  certes. Mais elle l’a été après des années d’impuissance et  par  un choix éminemment contestable : celui de prendre   parti unilatéralement contre un des peuples de la péninsule, les Serbes, préalablement diabolisés par une presse internationale aux ordres.     Les Serbes ont été,  qui le sait ? la principale victime des déplacements forcés de population opérés dans la région au titre de la « purification ethnique ». Où est la justice dans tout ça ? Ovationnée à l’unanimité par le Bundestag debout, l’intervention de l’OTAN en  Serbie fut en réalité une revanche historique de l’Allemagne, encore elle,  contre un petit peuple qui, par sa  résistance,  avait donné plus de fil à retordre que tout autre aux armées nazies.   

Il n’est jusqu’à la perspective de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne que le comité Nobel ne  salue comme un initiative de paix – douteuse à notre sens quand on perçoit le double jeu de ce pays  peu prompt,  à la différence des vrais Européens,  à reconnaître ses crimes passés.

Que les relations incessantes entre les pays auxquelles  l’Union européenne oblige soient un facteur de paix, peut-être : mais  cette activité ne doit-elle pas  autant au développement généralisé de la coopération internationale et aux progrès des communications ? Qui dit qu’elle n’aurait pas été aussi intense sous un autre régime de coopération européenne, moins contraignant, qui dit même qu’elle contribue vraiment à la paix ?  Au demeurant, une coopération aussi intense ne s’observe-telle pas dans les autres  continents ?  Sans rien posséder d’analogue aux institutions de  Bruxelles, l’Amérique latine vit en paix depuis plus longtemps, et mieux  que l’Europe.

Peut-être aurait-il  fallu, avant de  récompenser l’Union européenne, attendre la fin du film ?  Il est rare que les constructions artificielles, de l’Empire romain  à l’URSS ne connaissent pas un effondrement cataclysmique. Tout indique que l’Union européenne est, elle aussi, une construction artificielle. Qui sait comment elle finira ? Le ballon d’oxygène du prix Nobel ne sauvera pas le moribond.

En tous les cas, la principale réalisation, l’euro, apparait aujourd’hui comme un sérieux danger : la volonté de le maintenir à tout prix aboutit à des politiques  qui plongent le continent et même le  monde entier dans la récession. Joseph Stiglitz, prix Nobel de la paix n’hésite pas à qualifier  ces  politiques de « criminelles ». On sait à quoi  conduisirent les politiques déflationnistes de la République de Weimar pour sauver le mark (1930-1933). Qui sait à  quoi conduiront les politiques déflationnistes de l’Union européenne pour sauver  l’euro ?

 

Roland HUREAUX

 

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Published by Roland HUREAUX
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