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Roland HUREAUX

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 21:43

Publié par Atlantico 


François Mitterrand  disait «  Au-dessus d’un million de personnes dans la rue, le régime vacille ».

Il n’est pas sûr que François Hollande, qui a pourtant été son collaborateur, l’ait compris.

On ne saura jamais le  nombre exact de manifestants  de l’extraordinaire journée du 13 janvier 2013. A tout le moins peut-on mesurer la progression entre le 17 novembre et le 13 janvier. Selon la préfecture de police, de 70 000 à 350 000, selon les organisateurs, de 200 000 à 1 million, soit,  dans les deux cas, une multiplication par cinq.

Certes, la première manifestation était régionale, la seconde nationale, mais, malgré le nombre impressionnant de cars venus de province, l’immense majorité des participants était parisienne.

La principale animatrice du mouvement  La Manif pour tous, Frigide Barjot, a demandé une audience au président de la  République,  faute de laquelle elle annoncera    une nouvelle manifestation.

Aura-elle gain de cause ?  C’est peu probable. A supposer même qu’on la reçoive, ce qui serait la moindre des choses compte tenu de l’ampleur du mouvement qu’elle représente,  le projet ne saurait, à ce stade, être  retiré par  François Hollande sans qu’il donne le sentiment d’une reculade.  Il n’envisage pas davantage de le soumettre à référendum : les juristes ne sont pas d’accord pour savoir  si la constitution le lui permet. Il pourrait à la rigueur annoncer que les députés seront autorisés à  voter  en conscience, ce qui, quoique normal, rendrait aléatoire son approbation, mais  le lobby LGBT ne le lui pardonnerait pas davantage qu’un retrait pur et simple. Le retrait de la PMA  pour les couples homosexuels est  une concession cosmétique, dans la mesure où son autorisation est reportée à un autre texte  - et en tout état de cause il ne suffirait pas à satisfaire les adversaires du projet dont la première motivation est de  préserver  le symbole du mariage. 

Les voies d’un compromis étant à peu près fermées, les perspectives sont d’autant  plus dramatiques.

 

Une situation révolutionnaire ?

 

La prochaine manifestation verra-t-elle une nouvelle multiplication par cinq  des effectifs, ce qui créerait une situation quasi révolutionnaire ? Rien n’est à exclure : la détermination des manifestants  est totale  et nul doute qu’  ils reviendront presque tous. La grossière sous-estimation de leur  nombre par la préfecture de police,  dénoncée un peu partout sur  internet,  a été ressentie  comme un camouflet, un refus de reconnaitre leur démarche et donc une incitation à manifester à nouveau, en emmenant au besoin de nouvelles recrues.

Si le plein semble avoir été à peu près fait du côté des catholiques parisiens, surtout dans les classes moyennes, et sans doute aussi chez les évangélistes, des réserves existent dans le christianisme populaire, en particulier antillais,  chez les non pratiquants et surtout chez les musulmans. Ils étaient certes représentés dans la manifestation du 13  janvier, mais à petite dose. Il semble que ceux  qui sont venus soient retournés enthousiastes de ce qu’ils ont vécu  comme un grand acte de participation à la vie  politique nationale et en définitive d’intégration.   Les appels à manifester de l’UOIF ont été timides ; un  déclic pourrait se produire la prochaine fois amenant  une bien plus large participation.

Mais la grande réserve de nouveaux  manifestants se trouve en province. Dans la plupart des départements il ne s’est agi que d’un galop d’essai timide. Les participants  sont eux aussi revenus enthousiastes. Déjà la logistique se prépare pour envoyer la prochaine fois à Paris beaucoup plus de cars.

Le gouvernement refusera-t-il  de céder si deux ou trois millions de manifestants se trouvent dans les rues de Paris ? Cela n’aurait aucun précédent. Lors de l’affaire de l’ école libre en 1984, François Mitterrand avait clos le débat  en annonçant  un référendum – qui n’a jamais  eu  lieu.

Il n’est pas exclu non plus que si, comme tout le laisse prévoir, le  mouvement prend de  l’ampleur, la revendication s’élargisse,   que des mécontents que la question du mariage   n’intéresse pas nécessairement,  se joignent aux manifestants  pour exprimer leur hostilité à un gouvernement dont la cote de popularité est au plus bas et qui devra sans doute annoncer  bientôt de nouvelles mesures d’austérité pour tenir  ses engagements  européens.

On ne saurait non plus exclure que les banlieues profitent de la manifestation, dont ils connaissent désormais l’ampleur  et le caractère festif et   à l‘égard de laquelle  ils ne ressentent  aucune antipathie,  au contraire, pour débouler massivement vers le centre de la capitale.

Que le mariage unisexe n’ait pas grand-chose à voir avec les préoccupations quotidiennes de la plupart des Français : licenciements, chômage,  érosion du niveau de vie, incertitude de l’avenir, n’empêche pas qu’un mouvement social de grande ampleur puisse démarrer de là. L’histoire nous montre qu’  entre le détonateur   d’une crise politique et sa réalité, la distance est souvent grande : en 1830, une soirée à l’Opéra à Bruxelles a fait l’indépendance de la Belgique,  en 1848, l’interdiction d’un banquet à Paris, la présence trop voyante de la danseuse Lola Montés, maitresse du roi, à Münich,  ont fait la  révolution.

Car, à bien des égards, la situation est révolutionnaire : sur la plan économique, les Français n’accepteront pas indéfiniment un régime d’austérité dont beaucoup leur disent qu’ils n’est pas vraiment nécessaire, au moment où , parallèlement,  le trouble apporté au sentiment  identitaire n’a jamais été aussi  profond. 

Sur cette question de l’identité, un des mérites de La  Manif’  pour tous  a été de déplacer la césure à laquelle tout le monde pensait avant, entre Français de souche et immigrés, vers une autre césure, plus idéologique et sans doute plus fondamentale, entre deux France : d’un côté  ceux pour qui  le mariage unisexe est une évidence, soit la  partie la plus influente de la classe dirigeante et ceux qui sont sous sa coupe, et, de l’autre,  ceux pour qui il est une absurdité, soit une autre France, qui représente un très large éventail :  la partie la plus traditionnelle de la bourgeoisie,  la plus grande partie du peuple « indigène », mais aussi  la plupart des immigrés. Il est difficile de dire si ce nouveau « bloc historique» se consolidera ; il est en tous les cas  à même de renouveler en profondeur la problématique de l’intégration.

Même si les manifestants récusent toute haine,  ne prétendant exprimer que l’amour du mariage, ils ont, au fond d’eux-mêmes,  leur cible : ce ne sont pas, contrairement à ce que l’on prétend,  les homosexuels, mais le monde des médias, libertaire,  christianophobe et manipulateur dont ils voient tous les jours qu’il leur est majoritairement hostile. Le décalage entre la réalité vécue de la manifestation et son  compte-rendu médiatique a encore     approfondi le fossé en même temps qu’il    a développé la confiance en eux-mêmes  de  ceux qui se sentaient jusque-là  idéologiquement exclus.  Plus encore que le gouvernement  et que naturellement les « gays », accessoires dans l’affaire,  ce sont tous les grands prêtres  du politiquement correct qui se sont trouvés désavoués le 13 janvier. Leur amertume, allant jusqu’à la dénégation (la guerre du Mali offrant un bon prétexte pour minimiser la manifestation), qui s’exprime dans beaucoup de compte rendus,  montre que les intéressés l’ont compris.

A moins que  de graves  évènements,  comme une nouvelle crise européenne  ou un durcissement de la guerre,    n’offrent un alibi au président  pour  reporter aux calendes le projet, la puissance du  mouvement lancé  le 13 janvier,  conjuguée  à la  logique idéologique folle dans laquelle le gouvernement s’est fort imprudemment enfermé, pourrait conduire à des  bouleversements  d’une ampleur qu’on ne soupçonne pas encore.

 

  Roland HUREAUX

Que Le Parisien d’aujourd’hui tire sur « qui va payer les pelouses abîmées du Champ de Mars ? » témoigne à soi seul de tout un état d’esprit. Dans le même registre,  Marianne.fr démontre que la Préfecture de police ne se trompe  jamais dans les chiffres !  

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 20:43

 

S’il fallait un symbole  du  déclin du syndicalisme français,  on n’en trouverait pas de meilleur que  le ballon marqué CGT flottant sur la pitoyable manifestation du 16 décembre à la Bastille en faveur du projet de loi gouvernemental instaurant le  mariage  et l’adoption homosexuels. Pitoyable : même les chiffres  de la préfecture de police (60 000) sont jugés grossièrement exagérés par la presse.  Bien que la  gauche  ait, à la différence de la droite, la culture de la manifestation,  elle fait cependant    pâle figure   face à la  « La Manif’ pour tous » du 17 novembre.

Pourquoi parler de déclin du syndicalisme?

D’abord parce que cette bataille, pour une cause typiquement « bobo », se trouve aux antipodes  des batailles historiques du syndicalisme français : que diraient Victor Griffuelhes , Léon Jouhaux, Benoit Frachon à voir leur centrale syndicale engagée dans un combat à mille lieues de ceux qu’ils menèrent ?

Tournant le dos à son histoire, la CGT, en s’engageant dans cette bataille douteuse, le tourne  aussi à la classe ouvrière.  Que pensent aujourd’hui les ouvriers d’Arcelor-Mittal  de voir le plus grand syndicat français militant  de manière aussi voyante pour  une cause si étrangère à leurs préoccupations. Se sent-elle tant d'affinités avec Pierre Bergé ? La CGT aurait-elle suivi les propositions de la fondation  Terra Nova,  proche du parti socialiste et  financée par les  multinationales américaines : laisser tomber la classe ouvrière et se tourner vers les nouvelles classes branchées en prise avec une économie mondialisée.

Déclin aussi parce qu’un tel engagement amène à s’interroger  sur la  liberté de la grande confédération vis à vis du pouvoir. Il faut voir dans quel contexte s’inscrit la manif’ du 16 décembre : surpris de la résistance l’opinion, pas seulement catholique,  à son projet de « mariage pur tous », le mouvement a battu le rappel de ses alliés. La CGT a répondu  à l’appel. Déjà au temps de Sarkozy,   la loi du 20 aout 2008  favorisait la CGT et la CFDT au détriment des petits syndicats (FO, CFTC, CGC).  Comment imaginer que les deux principales  centrales n’aient pas apporté de contreparties à ces faveurs ?  

Non qu’elles soient   unanimes sur le mariage homosexuel, loin s’en faut. La majorité de leurs  adhérents  y sont certainement hostiles. Le  conseil d’administration de la Caisse nationale des allocations familiales  ne s’était prononcé    contre le projet que  grâce aux  voix de la CGT, la CFDT ayant, ô surprise, voté pour !  La CFDT s’est aussi engagée en faveur de la manifestation du 16 décembre  mais timidement et tardivement. On peut penser que la participation si voyante de la CGT à cette  manifestation, plus qu’elle n’exprime  une adhésion,  est  un de ces services qu’on ne refuse pas aux amis.

Mais  certains  syndicalistes y verront peut-être la continuation de  la tradition libertaire du mouvement ouvrier français, venue de  l’anarcho-syndicalisme. Redoutable malentendu : si, du temps de Maurice Thorez et de Jeannette Vermeersch, il était d’usage  que les couples ouvriers ne passent pas devant Monsieur la Maire (jusqu’à ce que Staline y mette bon ordre !) et encore moins devant Monsieur le Curé, les mêmes se targuaient d’une rigoureuse fidélité, dénonçant l’adultère  comme un vice  de la bourgeoisie. De mariage homosexuel,  il n’avait jamais été question jusqu’à la fin du XXe siècle, sachant que ce projet n’a rien à voir  avec une  tolérance légitime pour l’homosexualité, laquelle  d’ailleurs n’allait pas  de soi dans  les banlieues ouvrières d’antan – comme dans les cités immigrées d’aujourd’hui.

Surtout la position de la CGT laisse supposer que, face à la  vague mondiale de la    philosophie   libérale–libertaire, la gauche pourrait choisir le volet libertaire et écarte le volet libéral (nous supposons, peut-être à tort, que la CGT ne s’est pas encore ralliée à  l’ultralibéralisme !). Certes l’association « li-li »   ne pose pas problème aux sociaux-démocrates  et aux centristes qui ne récusent  pas le mondialisme. Mais la gauche de    la gauche, réputée peu libérale,  a tort d’imaginer qu’on puisse séparer les deux.

La philosophie libertaire est essentiellement fondée sur la destruction de ce qui fut longtemps la structure de base  de toute société : la famille instituée, tenue désormais pour un tabou à faire sauter. C’est pourtant la famille  qui donne des repères, qui offre une solidarité distincte de celle d’État,  c’est elle  qui a permis à beaucoup de minorités opprimées de résister  (ainsi les huguenots sous Louis XIV comme  le rappelle Pierre-Patrick Kaltenbach). En offrant des axes de coordonnées, des points d’appui, une culture, fut-elle rudimentaire, la famille donne au dominé des ressource intellectuelles qui lui permettent de s’émanciper  du  discours du dominant. Or les  tenants du mariage « gay » ne s’en cachent pas : il ne s’agit nullement  pour eux de consolider une institution  (bien fragilisée aujourd’hui) en en  étendant l’usage, mais de préparer sa destruction : pour ses  partisans les  plus déterminés, c’est, à  terme,  l’obligation de fidélité et de stabilité qui doivent sauter. Ce qui doit advenir des enfants  au terme d’une telle désagrégation  est  préfiguré  par  l’idée d’une PMA sur étagère ou d’une gestation pour autrui, que les plus fanatiques veulent inclure dans la loi,   exprimant  leur profond mépris de l’homme.

A terme,  l‘objectif, quoi qu’en pense une certain gauche, est  l’homme atomisé des libéraux, à la fois producteur (le plus possible)  et consommateur (le moins possible),  soumis à la seule loi  du marché. Et par derrière celle-ci, l’implacable loi darwinienne de la struggle for life qui justifie la domination des forts sur les faibles.

Libéralisme et libertarisme : clairement,  il s’agit du même combat. Ceux qui, au plan international,  promeuvent cette double philosophie le savent bien. La revendication « gay » est strictement contemporaine de  l’essor de l’ultralibéralisme à partir de 1980. C’est dire à quel point il est  pitoyable de voir s’associer à ce combat douteux la plus prestigieuse des centrales syndicales françaises.

 

 Roland HUREAUX

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 20:42

 

 Article publié par Atlantico 


La sortie de Cécile Duflot demandant à l’Eglise catholique de  mettre ses locaux vacants à la disposition  des sans-abri  n’est pas seulement la bourde d’une jeune ministre écervelée.  Elle exprime les préjugés et les sentiments d’une   partie importante de l’équipe qui   gouverne aujourd’hui la  France.

Préjugés  et même ignorance. Duflot évolue dans une sphère si particulière qu’elle ignorait sûrement de bonne foi que la plupart des paroisses de la région parisienne reçoivent déjà des sans-abri l’hiver  et que des milliers de volontaires catholiques s’activent pour  les prendre en charge, que ce soit au titre  de  l’Eglise elle-même ou  à celui  de nombreuses associations  :   Secours Catholique, Emmaüs et même associations laïques.

Une ignorance qui n’est évidemment  pas innocente : si elle ne savait pas, c’est qu’elle n’avait jamais voulus avoir, et que   , se contentant des stéréotypes véhiculés par Libération et Charlie-Hebdo, elle en était restée à l’image historique d’  une Eglise riche, d’abord préoccupée du culte et indifférente aux misères.

 

Derrière les préjugés, l’hostilité

 

C’est dire que  par  derrière ces préjugés, se trouve  une hostilité profonde que l’ouverture au monde effectuée par les chrétiens au cours des quarante dernières années, n’a nullement atténuée, au contraire.

Au cœur de cette hostilité, bien sûr, les problèmes sociétaux, en particulier l’avortement   et  le statut des homosexuels où l’Eglise catholique apparait comme un obstacle insupportable et totalement ringard aux idéologies aujourd’hui dominantes  en la matière. Leurs adeptes, nourris de  clichés, n’ont naturellement jamais fait le moindre effort pour comprendre ni  même s’intéresser aux raisons de l’Eglise – qui d’ailleurs n’en fait pas  non plus beaucoup  pour  s’expliquer  clairement.

Le  récent projet  loi sur le  mariage prétendu  « pour tous » a ravivé cette hostilité et c’est sans doute la raison de la sortie de Mme Duflot  – même si, fort maladroite, elle    contribuera sans doute  à gonfler les effectifs de la nouvelle  « Manif pour tous » annoncée pour le 13 janvier.

Plus sans doute  que chez  Mélenchon qui cultive l’anticléricalisme rétro, cette  hostilité trouve sa pointe extrême dans le mouvement écologiste. Certes, on comprend mal,  vu de loin, qu’un parti dévoué à la défense de la nature soit le plus ardent à promouvoir la théorie  du genre, négation de la différence sexuelle,   ou  l’insémination artificielle : mais sa  philosophie sous-jacente, dans la lignée de la Fondation Bill Gates,  promeut la réduction de la population de la planète par tous  les  moyens, ce qui fait évidemment  horreur aux Eglises qui  défendent  la grandeur de la vie.  C’est au sein du groupe écologiste du Sénat qu’avait  été concocté un projet de loi sur le  mariage unisexe encore plus radical que celui du  gouvernement ; lors de sa discussion en commission, les représentants de ce groupe n’ont  pas caché que leur but était, non pas d’étendre le mariage mais, à terme,  de le détruire.

Mais cette idéologie va au-delà des écologistes : elle est diffuse dans une grande partie du parti socialiste, comme dans la plupart  des médias.

Il y a certes davantage de chrétiens – ou d’anciens chrétiens formés par l’Action catholique ou  les Scouts  de France -  qu’autrefois au parti socialiste, mais la plupart se sont décolorés. Ils formaient l’essentiel de la « deuxième  gauche » se réclamant de Rocard et Delors. Ils marquaient  leur différence  par un souci plus  grand de la surenchère européenne et de  la  rigueur budgétaire (quitte à passer pour d’ennuyeux « cathos masos » , voire  « deloristes-doloristes » ), que  sur les sujets vraiment clivants de type sociétal  sur lesquels ils préféraient raser les murs. L’émergence au sein du Parti socialiste  de nouveaux mouvements  chrétiens comme les Poissons roses, pas vraiment  émancipés de la culture de la deuxième gauche,   ne semble pas avoir modifié la donne. D’autant que   la culture politique de gauche  admet mal l’objection de conscience : l’engagement à gauche (à la différence de l’engagement à droite), vécu sur le mode religieux,  fait prévaloir les logiques de partis, jusqu’à à étouffer très vite toute  considération morale.   

 

Le grand parti de la déchristianisation

 

De fait le parti socialiste apparait  comme le grand parti de la déchristianisation de la France. Du christianisme, il a gardé un vague relent « humanitaire » qui se traduit  par exemple par l’ouverture à l’immigration ou un reste de rhétorique sociale,  d’  effet limité dans la mesure où il s’accompagne d’une acceptation (particulièrement nette chez les chrétiens de gauche)   des logiques ultralibérales et mondialistes. Cette France qui  non seulement a rejeté son héritage chrétien,   mais est  à peu près dépourvue de culture religieuse – et méprise tant le faut religieux qu’elle ne daigne l’approfondir,  c’est d’abord au parti socialiste qu’elle se retrouve.

Ceux qui prennent tant soit  peu au sérieux les dogmes et surtout la doctrine morale  de l’Eglise telle que les papes la formulent   y sont facilement traités d’ultracathos ou d’intégristes, voir suspects d’être « fachos », même s’ils   sont très éloignés des lefévristes.  

Les réformes sociétales, précisément celles que l’Eglise catholique réprouve sont, dans cette ambiance, un marqueur idéologique fort   de la gauche, le seul qui lui reste peut-être. Tribut payé à l’idéologie : à peine en place, Marisol Touraine, ministre de la santé a rétabli le remboursement  à 100 % de l’avortement alors même que les caisses de l’assurance-maladie sont vides et que  le  remboursement de soins de première nécessité, notamment dentaires, est si faible que beaucoup ne se soignent plus !  

Que dans cette ambiance, l’idée de promouvoir  le mariage homosexuel ait paru une sorte d’évidence indiscutée, que Hollande ait considéré qu’elle ne devait rencontrer qu’une protestation marginale et  rétrograde, comment  s’en étonner ?  

L’inconscience du parti socialiste sur ce sujet ressemble à celle  de l’Assemblée constituante de 1789 : imbibée par un siècle de philosophie des lumières, elle crut   que le fait religieux était un vestige du passé que l’on pouvait traiter par-dessus la jambe. Il s’en suivit une guerre civile de dix ans qui fit des centaines de milliers de morts  que seul Bonaparte, en signant le Concordat,  parvint à terminer. Cette guerre éclata, de manière significative, non à cause de la  confiscation des biens (alors immenses) de l’Eglise mais de  la Constitution civile du clergé qui ne posait que des problèmes de principe.

 

Vers un durcissement ?

 

L’inconscience   avec laquelle la majorité actuelle a rédigé son programme explique l’impatience avec laquelle elle ressent  une résistance à   laquelle elle ne s’attendait pas. Toute à son idéologie de la modernité,    elle découvre tout à coup que les évêques    ne sont pas seulement  de doux  marginaux tout juste bons à faire  de  temps en temps un déclaration générale en faveur des immigrés ou contre  la pauvreté ,ce  dont elle s’ accommodait plutôt bien.

Face  à cette résistance inattendue, il n’est pas exclu que cette majorité devienne méchante.

On en a eu le témoignage par  la grossière  désinvolture avec laquelle la commission compétente de l’Assemblée nationale a reçu les représentants non seulement de  l’Eglise catholique mais de toutes les religions.

On pourrait mettre aussi sur le compte du même état d’esprit l' indifférence  du gouvernement au sort des chrétiens d’Orient, que la France,  dont la vocation historique était de les protéger, promet au contraire à la destruction en soutenant les islamistes en guerre contre le régime d’Assad ; on s’en gardera cependant car  le gouvernement précédent, si prompt, lui,  à  chercher la bénédiction du Saint-Siège, n’agissait pas autrement. 

 

Un terrain miné

 

L’affrontement qui commence avec  l’Eglise catholique est  très différent de celui du début du XXe siècle.  

D’abord parce que, pour la première fois de manière aussi nette,  toutes les religions font front avec elle.   

Ensuite parce que le terrain n’est pas le même.  Contrairement  à ce qu’on croit dans les milieux anticléricaux,   l’Eglise catholique est  beaucoup plus attachée à ses dogmes  et à la morale   qu’à ses biens, ses revenus ou son statut. Jules Ferry  et Emile Combes s’en prenaient qu’à ceux-ci, François Hollande s’en prend à ceux-là. En séparant l’Eglise de l’Etat, Briand ne marquait aucun mépris pour le culte catholique.  Pragmatiques, les chefs radicaux voulaient limiter la réforme au strict nécessaire : « je ne risquerai pas la vie d’un seul de mes gendarmes pour un chandelier » avait dit non sans  humour Clémenceau  au moment des inventaires. D’une façon générale, l’Eglise (alors plus puissante,  il est vrai) était beaucoup plus respectée dans les milieux anticléricaux de la IIIe République que dans les milieux bobos de la Ve.

Elle le fut aussi de Léon Blum, premier président du conseil de l’IIIe République à se rendre à la Nonciature ou de Guy Mollet qui rêvait d’un nouveau concordat. François Mitterrand est un cas à part : sa formation catholique, sa familiarité   avec l’ancienne France lui faisaient considérer avec une infinie prudence les questions touchant au fait religieux.  Il  manifesta toujours un grand respect pour l’Eglise catholique  et sut gérer avec doigté, par exemple sur  la question de l’école privée,  la tension entre les tendances antireligieuses du parti socialiste, qu’au fond de lui il méprisait,  et son sens, sinon de la religion,  du moins de l’histoire.   

A la différence de la séparation des Eglises et de l’Etat, le  mariage homosexuel est conçu par la plupart des catholiques comme une énormité et, même si les évêques ne le disent pas ouvertement, une profanation de ce qu’ils tiennent pour une des  institutions   les plus sacrées, le mariage. Certains  y voient même une volonté   blasphématoire rappelant  les mariages homosexuels  parodiques qu’organisait l’empereur Néron au cours de  ses orgies, si on en croit Suétone.

Un autre grand changement est que sur le terrain de la morale, les catholiques , surtout   ceux qui se réfèrent à la doctrine thomiste,  ne considèrent pas qu’ils défendent une morale particulière, mais la morale naturelle ( point différente de la morale laïque que  Jules Ferry demandait à ses instituteurs d’enseigner )  et qu’ils interviennent , non pour défendre leurs intérêts  mais  parce qu’ils se sentent responsables de toute  la société. Les juristes liés à l’idéologie dominante tiennent l’idée d’un droit naturel pour une énormité, mais la population pas. Ce qui fait que la position des religions, dans cette affaire,   rejoint  le sentiment spontané d’une partie de l’opinion, de plus en plus large au fur et à mesure que le débat s’approfondit,  et lui vaut son soutien.   

Parallèlement, les milieux déchristianisés qui sont ceux du  parti socialiste, n’ont pas pris en compte l’évolution du monde catholique, devenu certes  très minoritaire mais beaucoup plus engagé, organisé, ayant pleinement intégré  la culture de la communication et du lobbying. Il était hier une majorité  passive, il  veut être aujourd’hui une minorité   agissante comme le sont les juifs  ou  les protestants.

Sa combativité est démultipliée par le fait que beaucoup de catholiques ont les nerfs à vif, constatant chaque jour que toutes les formes de critiques ou d’injures sont permises dans les médias à l’égard de l’Eglise catholique et interdits vis-à-vis de tous les autres.

Entre la volonté de mettre en œuvre des réformes sociétales promises imprudemment par un  gouvernement socialiste qui n’a , faute de  marge de manœuvre   économique ou sociale, rien d’autre à se mettre sous la dent , et  une forte minorité convaincue  que ce ne sont pas des  privilèges catégoriels  qu’elle défend  mais l’intérêt de toute la société, il se peut que nous ayons en perspective un affrontement  beaucoup  plus grave qu’on imagine.


Roland HUREAUX

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 20:40

 

Et si le projet de mariage dit « gay »,  quoique porté par les forces se qualifiant elles-mêmes de progressistes,   était un projet profondément réactionnaire, une arme parmi d’autres de la guerre mondiale des riches contre les pauvres ?  

D’abord parce que, au moins dans la version que le gouvernement français  a présentée au Parlement,  aboutissement  de l’idéologie du « genre », il participe à ce long travail de sape commencé il y a au moins quarante ans, tendant à araser les repères qui structurent la vie des peuples. Le mariage, la filiation, la différence homme-femme  avaient au moins l’intérêt d’offrir à des gens de toutes les conditions sociales un système de repères : Emmanuel Todd a montré, dans ses études anthropologiques bien connues,     comment, dans le Midi de la France, les régions à structure familiale  forte permettaient au peuple de mieux résister à l’emprise des  féodaux ou des  notables et  développaient l’esprit  social.

 

Atomiser les peuples

 

La destruction des repères nationaux passe, elle,  par  le développement illimité d’ organisations comme l’Union européenne,  le  libre-échange généralisé, la multiplication des normes mondiales qui s’imposent à la législation des États (les droits des homosexuels en font partie), l’extension de l’ « ingérence humanitaire »,  la casse des États qui voudraient maintenir une volonté propre forte face au  nouvel ordre mondial (Yougoslavie, Irak, Libye) , mais aussi la marchandisation de l’éducation réduite à la formation d’une main d’œuvre immédiatement employable ,  l’affaiblissement de la culture générale, et du sens de l’histoire (l’ambassade des États-Unis à Paris est chargée de surveiller que les programmes d’histoire français ne soient pas trop nationalistes !) .

Famille, Etat,  mais aussi syndicats, école : en promouvant leur destruction, le grand capital international participe, à l’échelle des nations  européennes,  à la  même « stratégie du chaos » que certains experts du Pentagone préconisent pour le  Moyen-Orient.

Il est significatif qu’après la destruction de a Yougoslavie par l’OTAN en 1999, un des premiers signes d’allégeance au nouvel ordre européen, conditionnant notamment l’admission de sa  candidature à la  entrée dans l’Union européenne, que l’on ait demandé à la Serbie ait été  d’autoriser la   Gay Pride à Belgrade.

Au terme de ce processus :   l’individu atomisé des « particules élémentaires » chères à  Michel Houellebecq   ne connaissant d’autre loi que celle du marché, inapte à toute action collective, grain de sable  d’une masse fongible, proie toute désignée pour les  entreprises du grand capital international qui exige sans cesse moins de solidarité (la destruction de l’héritage du Conseil national de la Résistance est  en France dans l’ « agenda » ), moins de protection sociale, moins de droits pour les travailleurs  pour qu’ils se défendent dans les Etats, moins de droits pour les Etats  pour qu’ils    défendent leurs travailleurs dans le marché mondial.

Les partisans les plus déterminés du  « mariage pour tous » ne  cachent plus que par derrière leur  revendication,  c’est une abolition pure et simple du mariage qu’ils visent, d’abord parce que,  défini pour un « genre »  indifférencié, il n’aura plus de sens,  ensuite parce qu’à terme, les obligations qui le structurent (solidarité financière, stabilité,  fidélité) tendront à se dissoudre.

 

Vers de nouvelles inégalités

 

La société qui émerge ainsi, loin d’être plus égalitaire, comme on le prétend, sera au contraire une société inégalitaire par excellence.

Cela est déjà posé dans la loi puisque l’adoption pour tous, y compris pour les couples homosexuels,  signifiera que certains enfants auront  un père et une mère (ce qui étaient autrefois la norme et qui ne serait  plus qu’un cas particulier) tandis que d’autres n’auront droit qu’à deux pères ou  deux mères.

Mais ce qui est à présent inscrit dans la loi, se trouve déjà  dans la réalité par l’affaiblissement du lien matrimonial dû à la multiplication des divorces, des naissances hors mariages et donc des  familles monoparentales.

Les divorces sont, disent les sociologues,  plus nombreux dans le peuple que dans les classes supérieures. Peut-être parce que les soucis patrimoniaux le rendent plus difficile chez les riches. Mais aussi parce que pouvoir être élevé par une famille « normale », composée d’un couple homme/femme stable constitue désormais un  privilège et que, dans toutes les sociétés, les riches ont tendu  à accaparer les privilèges.  Selon le principe  du cumul des  privilèges et des handicaps,  mis en évidence  par Pierre Bourdieu, ceux qui ont le plus d’argent bénéficient aussi davantage d’une famille stable, ceux qui en ont le moins sont plus vulnérables aux facteurs de dissolution, les difficultés financières n’étant pas le moindre. Cas extrême : la communauté noire des États-Unis, où, les modalités de l’assistance  sociale  aidant,  la famille monoparentale est devenue la règle.

Certes, ce n’est pas par  l’argent que l’on  achète l’équilibre  des couples, ce serait même parfois le contraire. Mais, par-delà l’argent, une hiérarchie tendra à  s’établir inéluctablement  entre ceux qui, de père en fils, se transmettront des valeurs familiales de stabilité et une éducation de qualité -  souvent les milieux religieux mais pas toujours -,   dont les enfants auront une généalogie, des repères forts non seulement par l’histoire nationale mais aussi par l’histoire familiale,  et une sorte de prolétariat affectif qui n’aura rien de tout cela, ceux qui ne seront pas « nés » comme on disait, les malheureux enfants de l’insémination artificielle venant instaurer cette inégalité en norme. Comme l’école, le droit du mariage, affaibli dans la sphère  publique, se privatisera !

Ainsi se trouve aboli en Occident, pour le plus grand avantage des forces multinationales qui veulent un peuple atomisé et inerte, l’effort de quinze siècles de christianisme, souvent oppressif certes, mais qui eut pour effet  démocratiser, au travers d’une discipline sexuelle aujourd’hui discréditée, ce qui était dans le monde antique le privilège des plus fortunés : avoir une gens, une généalogie, une identité familiale, un père et une mère repérables.

Ainsi se trouve remis au goût du jour le clivage  qui était celui de la société antique tardive : une minorité bénéficiant des privilèges de la vie familiale « normale », de la protection du clan, d’une identité déterminée par trois noms (prénom, nom, cognomen) et une masse d’esclaves vivant dans la promiscuité de l’ergastule, séparables au gré des achats et des ventes, pauvres d’argent, pauvres de repères affectifs et moraux, mais surtout pauvres d’identité.

 

Qui promeut le mariage « gay » ?

 

Au moment où Warren Buffet proclame que les riches ont gagné la lutte des classes à l’échelon international   grâce aux facilités de mouvement que le mondialisme confère  aux riches  et à leurs avoirs financiers, se profile ainsi une nouvelle fracture sociale entre ceux que la crise de la famille a relativement épargnés et qui ne sont désormais plus qu’une minorité bourgeoise,  voire  une nouvelle aristocratie, et une masse sans repères livrée aux quatre vents tant du « nouveau désordre amoureux » que  du mondialisme.

Le caractère impérialiste de l’entreprise de déstructuration de la famille ne se déduit  pas seulement de ses effets. Il  se lit aussi au travers des  forces  qui en donnent l’impulsion. Même si le mariage homosexuel n’a été voté que par une dizaine d’États aux États-Unis, il s’agit des plus riches et des plus évolués ; c’est la classe dominante américaine qui le promeut et ce sont les classes populaires qui résistent, au nom de la Bible ou au nom de la tradition, dans une partie du pays. Mais si au total, la grande puissance résiste plutôt aux évolutions libertaires, l’administration américaine, elle, les promeut à l’extérieur. Ce n’est   pas la première fois que les États-Unis jugent que ce qui est bon pour eux ne l’est pas nécessairement pour le reste du monde : à eux le surarmement, aux autres le désarmement, à eux les déficits gigantesques, aux autres la rigueur, à eux, la moralité néo-évangélique, aux autres l’émancipation des mœurs. A eux surtout la population et aux autres la dépopulation.  Dès les années soixante-dix un rapport  commandité par Henry Kissinger préconisait, pour « garantir la  sécurité des États-Unis », la diminution du nombre de pauvres dans le monde.  Comment ? Non par leur enrichissement,  mais par leur disparition :   par la diminution de la population, partout sauf en  Amérique du Nord,  promue par l’ONU et l’OMS aux ordres, comme l’a montré Michel Schooyans,  de leur principal financeur.  Avec la décélération de la fécondité dans le monde entier, sauf aux États-Unis, ce programme est en passe d’être réalisé. Ce qui n’empêche pas la fondation Bill Gates d’aller aujourd’hui  encore plus loin : au nom de préoccupations se voulant généreuses comme la défense de l’environnement et la santé des peuples, cette institution recherche un vaccin contraceptif propre à terme à réduire la population mondiale (et d’abord celle des pauvres) des neuf dixièmes.

Est-ce par hasard que les  droits des homosexuels  sont promus au niveau mondial par les mêmes cercles ?  Comment ne pas y voir la même    logique malthusienne ?  Le droit revendiqué à l’adoption homosexuelle n’aboutira évidemment  pas à la venue au monde d’innombrables enfants mais, en  affaiblissant  l’ordre symbolique de la filiation, il déstructurera un peu plus le lien familial au niveau  des masses.

Depuis qu’Obama est président, les agences américaines d’aide au développement se servent,  sans la moindre retenue,  de la pression financière pour obliger les États les plus vulnérables à adopter le mariage et l’adoption homosexuels   : des pays comme la Jamaïque, la Dominique, le Barbade, qui se situent dans l’ « arrière-cour » de la grande puissance sont particulièrement exposés à ces pressions impitoyables. Mais le reste du monde est aussi dans le collimateur. La France ne subit certes pas de pressions financières même si la commission européenne s’inquiète régulièrement des progrès des droits des « LGBT »  dans les États membres de l’Union européenne , mais ses grands organes de presse, dont les dirigeants  sont souvent membres de la Trilatérale, du CFP ou du Club de Bilderberg, ainsi transformés en agents d’influence, exercent une pression quasi-unanime sur l’opinion pour qu’elle admette la législation décidée par les grands lobbies transnationaux.

Sans doute une certaine tradition de gauche,  tout en rejetant le libéralisme,  continue-t-elle  à voir d’un bon œil la dimension libertaire qu’il porte aujourd’hui avec lui, comme si les deux étaient séparables. Que les syndicats les plus à gauche envisagent de manifester pour le mariage homosexuel, témoigne pourtant de ce qu’il faut bien appeler un  aveuglement qui serait risible s’il portait sur un sujet moins grave. Mais cela n’aura qu’un temps. Plus  que jamais les rapports de force mondiaux et les logiques stratégiques des grands acteurs apparaissent à nu.  Que les forces dominantes prennent le risque de diviser gravement la société française (tout en la détournant des véritables  enjeux économiques et sociaux liés à la crise)  au moment où  elles mettent le Proche-Orient, à commencer par  la Syrie, au nom du même progressisme « droit de l’hommiste »,   à feu et à sang, participe de la même stratégie de déconstruction systématique. Que le pouvoir social-démocrate français soit,  dans l’un et l’autre cas,   le serviteur zélé de cette stratégie  ne saurait nous étonner.

En disant non au projet Hollande de « mariage (faussement) pour tous », la France retrouvera sa vocation naturelle de puissance anti-impérialiste. Un exemple de résistance qui  pourrait être contagieux. Et c’est bien ce qui, dans l’immense machine mondiale à laminer les peuples, fait peur à beaucoup. 

 

Roland HUREAUX  

 

Emmanuel Todd, L'Invention de la France,   Paris, Éditions Pluriel-Hachette, 1981 ;  L'Invention de l'Europe, Paris, Seuil, coll. « L'Histoire immédiate », 1990

Michel Houellebecq, Les particules élémentaires, Flammarion, 1998

Cela est apparu notamment lors de la discussion  en commission du Sénat  de la proposition de loi n°745  du 27 août 2012  visant à l'ouverture du mariage aux personnes du même sexe et à l'ordonnancement des conditions de la parentalité, émanée du  groupe écologiste

 

Implications de la croissance de la population mondiale pour les intérêts des Etats-Unis et pour leurs intérêts outre-mer  (cité in D. Muntford, The life and death of NNSSM, North Carolina 1994.)

Michel Schooyans, Le crash démographique, Fayard, 1999

Council for Foreign policy

SUD, par exemple  

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 20:32

 

Irons-nous jusqu’à dire que la crise qui vient d’éclater à l’UMP à la suite du résultat serré du vote interne Fillon-Copé pourrait être salutaire ? A tout le moins doit-elle être l’occasion d’un véritable examen de conscience, non seulement pour  la période Sarkozy mais pour  les vingt dernières années. 

Tout au long de la campagne pour l’élection du président du parti, il est un dogme  qu’aucun des deux  candidats n’a osé toucher : Nicolas Sarkozy a été un grand président ; il a accompli des réformes courageuses ; il ne doit sa défaite qu’à la malignité de ses adversaires et à l’acharnement de la presse.

Certains allaient même plus loin : à les entendre, aussi bien Copé que Fillon n’étaient  que des succédanés. Le meilleur président pour l’UMP aurait été  Nicolas Sarkozy lui-même. D’ailleurs, au milieu de la crise actuelle, certains militants rêvent de son retour.  Il pourrait être  en 1997 le sauveur suprême.

La crise actuelle aura au moins le mérite de faire éclater cette bulle d’autosatisfaction. Est-il nécessaire de die que bien peu dans l’opinion partagent ce point de vue. Si les sondages montrent que Sarkozy pourrait battre aujourd’hui Hollande, cela ne signifie pas qu’il suscite l’enthousiasme , seulement que l’actuel président est encore plus décevant que lui. Et qui n’a entendu pendant l’élection les gens de la rue, ceux de droite mais non militants exprimer  leur scepticisme tant à l’égard de Fillon que de Copé ?     Expression d’un divorce profond entre les Français et leur classe politique ( cadres des partis  compris) et  qui exige une révision radicale des comportements tant à droite qu’à gauche.

Il est clair que le bilan du quinquennat de Sarkozy  reste à faire. Mais , par-delà,    celui de dix-sept ans de présidence de droite où n’ont été réalisées  à peu près aucune des réformes que les Français  attendaient  d’elle.

Même acharnées, les critiques de l’ancien président sont jusqu’ici rarement allées  au fond des choses.

Peu imaginatifs, les adversaires de Sarkozy l’ont accusé d’être un autocrate, un « petit César », a-t-on  dit. Mais quel autocrate aurait fait  une réforme de la constitution pour diminuer son propre pouvoir, notamment  par la  suppression  du vote bloqué (le fameux article 49-3) ?

On l’a accusé d’être un ultra-libéral n’ayant d’autre souci que de démonter le modèle social  français. Pourtant  Sarkozy a été le premier président à faire passer  la dépense publique  au-dessus de 56 % du PIB ! C’est lui  qui a  transformé le RMI en RSA,  ce qui a coûté plus de deux milliards aux contribuables.  Des deux réformes des retraites qu’il a effectuées, la première au moins (celle des régimes spéciaux)  s’est avérée avantageuse pour  les salariés !   La réforme syndicale  aboutit à  faire disparaitre à terme  les trois petits syndicats de droite (CFTC, FO, CGC) pour ne garder que les deux gros syndicats de gauche (CFDT, CGT). Et que dire de l’alourdissement de 600 milliards de la dette publique ?

La réforme la plus nécessaire, la TVA dite sociale,  a été mise en chantier, non pas au début du quinquennat mais à la fin, ce qui, politiquement , n’était pas la meilleure idée !

En  abaissant de manière ostensible  le  bouclier fiscal de 60 à 50 % , Sarkozy  a permis de rendre un demi-milliard  à quelques centaines de contribuables qui auraient aussi bien compris qu’on voulait les choyer  si l’affaire  avait été menée dans la discrétion.  

N’a-t-on pas  accusé l’ancien président d’être un hypersécuritaire ?  Mais n’a-t-il pas entrepris de réduire  les effectifs de la police et de la gendarmerie qu’il avait pourtant augmentés quand il n’était que ministre de la sécurité ?     N’a-t-il pas réformé la garde à vue, compliquant beaucoup la tâche  de la police  judicaire,  supprimé la double peine, fait voter une loi prévoyant que les peines  de moins de deux ans d’emprisonnent  ne seraient pas exécutées   ? Ainsi l’imposition des peines planchers, bienvenue  elle, s’est trouvée à peu près vidée de sa substance.

Il est entré chaque année entre 2007 et 2012 plus d’immigrés réguliers que sous Jospin. Et jamais autant de Roms qu’à la suite de l’algarade présidentielle de  l’été 2011 !

La presse a décrit un homme de rupture, méprisant  l’Etat, à l’américaine.  Mais sait-on que la réforme  de l’Etat qu’il a, pour l’essentiel, appliquée,    était inscrite dans la  loi sur les finances publiques votée sous Jospin en 2000 ?  Le rapprochement , si mal vécu par les uns et par les autres , de  la police et de la gendarmerie,  des impôts et du trésor, de la DST et des Renseignements généraux  , des ASSEDIC  et de l’ANPE (pour faire le Pôle emploi) , tout cela avait été prévu par ses prédécesseurs  et n’a pas entraîné la moindre économie. De même l’évaluation systématique des   politiques publiques, qu’aujourd’hui la gauche se targue de réhabiliter,  alors que son application par Sarkozy   lui avait  aliéné    tant de voix de fonctionnaires, conscients de son caractère inutile et  souvent vexatoire. Sarkozy, dit-on, n’aimait pas  les énarques : aucun président    n’avait  autant amélioré les traitements des hauts fonctionnaires !

Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite, qu’on a appelé la RGPP, était programmé  mais mal  appliqué  depuis des années. Sarkozy  l’a mis véritablement  en branle, à ses risques et périls,  mais  deux ans seulement avant la fin de son quinquennat.

La loi sur les collectivités locales, si difficilement  votée en 2010,  parachève, au moins dans son volet communal,   la loi Joxe   de 1972  à l’origine de l’immense usine à gaz de l’  intercommunalité.

Pourquoi la gauche  se plaindrait-elle de sa politique en  matière d’éducation nationale ?  Sarkozy a, dès son entrée en fonctions, abrogé les circulaires   Robien de janvier 2007 qui  remettaient enfin  en cause  les deux piliers de l’idéologie de gauche en la matière : le  collège unique et les méthodes pédagogiques prétendues scientifiques. L’autonomie des universités, bonne réforme sur le papier, a donné les pleins pouvoirs à des présidents d’université qui sont  à 90 %  de gauche.

Les enseignants lui doivent beaucoup : ils furent les principaux bénéficiaires de la défiscalisation des heures supplémentaires  que la gauche a abrogée dès son arrivée. Ils n’ ont néanmoins pas  voté pour lui : mais ses maladresses à leur égard  en ont dissuadé même ceux  de droite.

Loin d’avoir accompli une quelconque rupture,  Sarkozy  a été, plus encore que ses prédécesseurs, tributaire des propositions  de ses services, services dont la culture est généralement orientée à gauche. Il a seulement donné un coup d’accélérateur à un processus réformateur vieux de quinze ou vingt ans qui, loin  de résoudre  les  problèmes, en est  généralement la cause.

On peut même   penser que si ses réformes, dont nous venons de décrire   l’orientation générale et de relever  l’inutilité, ne  lui avaient pas aliéné  les soutiens traditionnels de la droite : médecins,  militaires  et  gendarmes, mais aussi la  partie des  fonctionnaires  et   des  enseignants  , non négligeable,  qui vote habituellement  à droite, il aurait gagné. Il  aurait  ainsi évité sa plus grosse faute, la seule sans doute qui ne lui sera pas pardonnée au jour du Jugement : celle d’avoir  ramené la gauche au pouvoir !

Si Sarkozy a été battu, il faudrait aussi   regarder du  côté des deux millions  de Français qui ont voté blanc ou nul au second tour de la présidentielle (pour un différentiel Sarkozy/Hollande de 1,1 million  de voix  seulement) ? Ceux-là  ne sont pas  de gauche, sinon il  leur aurait été si simple de voter Hollande. Ils ne sont pas non plus, quoi qu’on dise,   tous des électeurs du Front national.  Peut-être s’agit-il simplement de Français de base qui, sans rien attendre du parti socialiste,   se faisaient une autre idée de la droite : moins blng-bling, plus pondérée, plus digne et peut-être aussi, pourquoi ne pas le dire, plus compétente ?   

La crise actuelle  pourrait avoir le mérite d’ouvrir les langues. Si la droite veut se renouveler pour répondre vraiment aux aspirations des Français, qui ont tant attendu d’elle, en vain, il faut que s’instaure un grand débat. L’interrègne actuel pourrait en être l’occasion.

Cette crise pourrait permettre  aussi  de renouveler les hommes et les équipes. Au moins  aux prochaines élections  locales. Dans combien de départements, les notables ou apparatchiks  locaux attendaient  la remise en ordre du parti pour se mettre à l’affut en vue de « flinguer » les nouveaux talents qui pourraient leur faire ombrage, comme ils le font depuis trente ans. Pour le moment, ils font moins les fiers.

Si tout va bien,   la  guerre de succession va permettre à la droite d’effectuer son bilan.    Il est  vain pour elle   d’espérer  revenir au pouvoir  tant que ce bilan  n’aura pas été  pas fait  et que toute les conséquences n’auront pas été tirées de l’échec de 2012 !  La crise actuelle, on le voit,  peut avoir du bon.

 

Roland HUREAUX

 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 20:29

Article publié dans Atantico le 3 novmbre 2012

 

A moins de deux semaines de l’élection du nouveau président de l’UMP, où en est-on ?

La réserve des militants et de beaucoup de caciques du parti  en dit long sur l’incertitude du résultat. Incertitude d’autant plus étonnante que, au mois de juin, Fillon était donné largement gagnant. On peut penser que l’écart s’est, entre temps, resserré.

L’opinion est relativement indifférente à cette joute. De fait,  les deux candidats sont trop compromis avec le quinquennat de Sarkozy, l’un comme premier ministre, l’autre comme chef de la majorité,  pour susciter l’enthousiasme. Si leur  mot d’ordre commun est de ne pas critiquer le président sortant, l’opinion, elle,  ne s’en prive pas, à commencer ceux qui ne lui pardonnent pas d’avoir, par la  médiocrité de sa gestion, ramené les socialistes au pouvoir.

L’opinion croit aussi que les deux candidats sont équivalents. C’est loin d’être le cas,   tant sur le plan de leur assise sociale, que sur le plan idéologique.

Même s’il est devenu député du 7e arrondissement de Paris, François Fillon, par toute sa personne, représente assez bien cette bonne vieille bourgeoisie  de province qui,  depuis des lustres, constitue l’assise  de la droite française.

Quoiqu’  il soit le seul  énarque, Jean-François Copé se dit, lui,  le candidat de la base militante, une base qui est loin d’être en majorité bourgeoise. Il est un efficace maire de banlieue.  Mais en même temps, par ses réseaux, notamment  le cabinet Gide,  Loyrette et Nouel qui l’emploie, il est sans doute le plus directement  lié aux milieux d’  affaires.   

Sur le plan idéologique, la situation est  analogue : François Fillon, quoique avec discrétion, est catholique et gaulliste. Le catholicisme, socle historique de la droite française, le gaullisme, socle originel de l’UMP.  Gaulliste, comment ne le serait–il pas ayant fait ses classes auprès de Joël Le Theule et Philippe Séguin ( ce qui l’amena à voter non au traité de Maastricht) ? Catholique, comment ne l’aurait-il pas été,  ayant eu si  longtemps l’abbaye de Solesmes dans sa circonscription ?

Sa vie rangée contraste avec les frasques que l’on prête à son rival.

Jean-François Copé ne s’est jamais vanté d’être gaulliste ou catholique. Il s’affiche comme le champion d’une  « droite décomplexée »  (même si,  pas plus que son rival, il n’envisage de traiter avec le Front national), une droite  à la fois sécuritaire et libérale. Son discours apparemment  musclé  parle davantage   à la base de l’UMP, comme avait parlé   celui de Chirac et de Sarkozy. Mieux   que son rival ,  il a compris que, compte tenu de la sociologie des militants, le pouvoir à l’UMP se prenait à droite.    Pour faire bouger les lignes, il a eu recours  à  quelques provocations : la dénonciation du « racisme anti-français », l’appel à manifester. Vieilles ficelles toujours efficaces. Son meilleur allié : l’indignation immédiate de la presse de gauche qui, croyant ainsi l’affaiblir, le  légitime : aux yeux de la majorité des militants, il passe aujourd’hui  pour plus  musclé, comme Sarkozy était passé pour musclé en promettant de nettoyer les banlieues au « karcher ».  C’est le côté « droite populaire » de Copé  qui  n’a cependant pas convaincu tous les élus de ce bord, comme Eric Ciotti directeur de campagne de  Fillon ou Jacques Myard, récemment rallié à son concurrent.

Il est vrai que Copé  n’attaque pas les positions de Fillon seulement  sur sa droite mais aussi sur sa gauche : il est aussi  le candidat des grands notables centristes, tels Raffarin ou Gaudin, sûrs que c’est lui qui, sans avoir besoin  de le crier sur les toits,  offre les meilleures garanties d’alignement  européen et atlantiste

Là où Fillon est le candidat de la droite classique,  de bon ton, ayant des valeurs, certes un peu timide  (ses adversaires disent molle !)  mais sincère, Copé incarne la droite « moderne » qui, ainsi qu’ont  si bien su le faire Chirac et Sarkozy,  ayant  la charge de faire accepter à la base par une communication droitière (que les mauvaises langues appelleront démagogique !),    l’alignement  de la France sur les grands systèmes internationaux.

Est-ce pour cette raison que Copé qui au départ n’avait à opposer à l’équipe   Filon que  les époux  Balkany, Rachida Dati et Nadine Morano a peu à peu bénéficié du  soutien de fait de presque toute l’  équipe  Sarkozy ?

C’est dire en tous cas que la compétition est loin d’opposer, comme on le dit trop facilement,  la droite et la gauche du parti  ce serait plutôt le centre conte la coalition des  ailes.

Dans cette configuration, ce qu’avait à faire Fillon était  de consolider sa base au centre du mouvement, de parler très fort de rassemblement et de ne s’aliéner aucun de ses soutiens naturels.

Qu’il soit catholique et gaulliste, en fait personne ne le sait hors de quelques initiés. Mais il a néanmoins craint que ça se sache trop   jusqu’à s’aliéner les soutiens  que ces affinités  auraient dû lui assurer. Henri Guaino, vrai gaulliste même s’il a dû avaler bien des couleuvres au cabinet de Sarkozy, issu comme Fillon de l’entourage de Philippe Séguin,  aurait aimé entrer dans son équipe : rejeté, il en est venu,  sans enthousiasme, à soutenir Copé.

Christine Boutin pèse peu, dira-t-on, mais elle est une figure emblématique,  un « marqueur » comme disent les publicitaires : dans beaucoup de nos provinces,  ce sont encore  les mêmes visages que l’on rencontre à la messe du dimanche et aux réunions de l’UMP: elle aussi, qui avait vocation à soutenir Fillon,   soutient Copé.

Malgré sa prudence, Fillon n’a pu s’empêcher de laisser voir sa différence gaulliste en politique étrangère.

Irrité des repentances à réplétion de Hollande, ce qu’il appelle la « culpabilité permanente »,  il  s’est attiré les foudres d’Arno Klarsfeld.

Dans un article du Figaro du 12 août intitulé « Un peu de courage, Monsieur le président ! », Fillon  préconise  la reprise du dialogue avec la Russie,   mais c’est dit tellement entre les lignes que des pro-russes ont compris le contraire ! C’est pourtant là    la seule dissonance que l’on ait entendu depuis longtemps  avec le discours atlantiste unanimiste pro-américain  Sarkozy–Hollande-Copé. Les vigies transatlantiques qui veulent domestiquer la politique française  - ou l’ont déjà fait -  ont,  elles,  sûrement compris.

Sûres de leur victoire, les équipes Fillon ont surtout eu le souci de se partager les places, craignant que tout nouveau venu  les oblige à se serrer.  Buisson fait la stratégie de Copé, qui fait celle de Fillon ?

Hors de l’UMP, Fillon a bien peu de relais. Borloo semble plus  proche de Copé.  Le Parti socialiste et le Front national, pour des raisons qui restent à éclaircir,  font presque ouvertement campagne pour  Copé.  

On le voit, les deux candidats sont loin d’être, contrairement à ce que croit le grand public,  « bonnet blanc et blanc bonnet ». Fort au départ de sa position centrale, Fillon l’a vue s’effriter et  sur sa droite et sur sa gauche. Jusqu’où ?  

Ce qui ne fait pas de doute est que l’ emportera celui qui l’aura voulu  le plus.

 

 

 

    

 

 

 

 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 20:26

COMMUNIQUE D'"AVENIR DE LA LANGUE FRANCAISE"

 

Au moment où le conseil d’administration s’apprête à  désigner  le nouveau directeur de l’Institut d’études politiques de Paris, nous souhaitons  exprimer notre  vif souhait que celui-ci  réhabilite l’usage de la langue française dans son enseignement.

Les dérives financières de l’ancienne équipe, justement dénoncées  par le Cour des Comptes,  sont inséparables d’une perte générale des repères qui a conduit  à une politique culturelle aberrante. Au nom d’un mondialisme mal conçu et d’une modernité de pacotille,      l‘enseignement en anglais a été systématiquement favorisé au détriment de l’enseignement en français.  

Pour un pays, pour une  institution comme pour un individu, la maturité  est de savoir valoriser ses atouts propres et de ne pas entrer dans une  dépendance intellectuelle à l’égard de valeurs venues d’ailleurs, pour respectables qu’elles soient. Cela vaut particulièrement pour une institution emblématique de la 5e puissance du monde que nous sommes, chargée de former une partie de sa classe dirigeante. La francophonie est un atout à valoriser. En méprisant sa propre langue, un pays incite les autres au même mépris. 

Les étudiants français peuvent aller à l’étranger pour s’initier  à la langue de Shakespeare, bien différente du sabir d’aéroport qui généralement en tient lieu,  et on peut supposer que les étudiants étrangers  qui viennent en France  ont le désir de s’initier  à la  civilisation  française  et donc à la  langue française. Pour ce raisons les cours en langue étrangère ne sauraient être  que l’exception.

De même, la culture générale,  dont le général de Gaulle disait qu’elle était la véritable école du commandement,  non seulement militaire et politique mais aussi économique, doit  rester au centre de l’institution.

L’association que nous représentons restera particulièrement  vigilante pour observer en ce  domaine  les  évolutions de l’Institut.

 

Albert SALON

Stéphane MARCILHACY

Alfred GILDER

Roland HUREAUX    

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 20:22

 

Le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, épine dans le pied du premier ministre  Jean-Marc Ayrault,  ne semble contesté  que par les écologistes,  selon le  clivage classique développement économique contre défense de l’environnement.

Mais,  sur le plan économique lui-même, ce projet est-il vraiment opportun ?  Nantes, bien que capitale de la Bretagne historique,  n’est pas tout à fait une métropole  de premier rang. Elle est à 2 h 10 de TGV de Paris seulement. Un aéroport international  haut de gamme  y est-il vraiment indispensable ?

Le projet est évalué à  556 millions d'euros.   Les prévisions  de  trafic s’élèvent à   4,5 millions de passagers par an à l'ouverture,  puis 9 millions à long terme. Pour aller où ? A Paris, sûrement  pas. D’autant que l’aéroport est situé à 30 km de du centre-ville.  

Sa  localisation est justifiée par la fiction  longtemps entretenue  à  la DATAR  qu’il fallait fonder le développement  de la France sur un nombre limité de grandes métropoles « européennes ». Nantes et  Rennes ne l’étant pas tout à fait, on a  imaginé de  les traiter   comme un seul ensemble. C’est pourquoi l’aéroport a été conçu pour être également assez  proche de Rennes (80 km) : il est ainsi supposé desservir « la grande métropole  de l’Ouest ». Le problème est que cette métropole n’existe pas et qu’il risque de finir comme  l’aéroport de Metz Nancy, autre projet coûteux,   conçu lui aussi pour desservir les deux villes en même temps et qui  n’en dessert  finalement aucune,  surtout depuis la mise en service du  TGV-Est.

L’aéroport est attribué en concession pour 55 ans au groupe Vinci mais seulement pour  les frais de fonctionnement. Il n’est pas prévu que les collectivités publiques amortissent  cet investissement considérable.

Ainsi le  futur aéroport risque de compléter la panoplie des projets inutiles ou   surdimensionnés que, depuis trente ans, génère la mégalomanie des  exécutifs locaux et qui ne contribuent pas peu à l’hypertrophie de la dépense publique en France.

La décentralisation  à la française telle quelle a été conçue par les lois Defferre et Raffarin, donne aux collectivités locales toute  latitude pour dépenser, notamment en investissements lourds, sans véritable responsabilité financière puisque les dépenses  courantes des collectivités   sont en partie prises en charge par l’État au travers de dotations et que les investissements sont  subventionnés ou cofinancés,  au point  que les différentes entités ne payent , chacune,  qu’une partie : seul le contribuable paye tout.

Au moment où notre pays se désindustrialise  à grande vitesse, Notre-Dame des Landes n’offre que l’apparence du développement économique. L’Espagne, en pleine cirse, s’est  couverte, elle  aussi, grâce aux financements européens, d’une multitude d’aéroports « internationaux » rapprochés les uns des autres et en mal de fréquentation.

Les riverains  s’alarment   peut-être à tort du bruit que générera le trafic. Par contre,  ceux qui auront à payer cet investissement à la rentabilité douteuse,  symbole du  mal-développement à la  française,  auraient,  eux,   par ces temps de rigueur, du souci à se faire.   

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 08:46

 

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Trop souvent le débat sur le « mariage » des personnes du même sexe est vicié  par le recours de ses partisans à des arguments en forme de chantage. Le meilleur moyen d’y résister est de les démasquer.

 

La fausse modernité

 

Le plus trivial  est le chantage à la modernité : « il faut être de son temps », dit-on. « Il s’agit d’une évolution irréversible ». En termes plus élaborés, on dira que ce projet va dans le sens de l’histoire. Le sens de l’histoire est, depuis Hegel, la source racine des pires errements ; si la morale n’est plus un absolu, mais relative à une époque, si elle est tributaire  de l’ « évolution de la société », au nom de quoi empêchera-t-on toutes les dérives ? D’ailleurs, cet argument est en lui-même terroriste puisqu’il forclot d’emblée tout débat de fond, notamment sur les droits des enfants.  Et puis, de quel sens de l’histoire parle-t-on ? Quand Charles de Gaulle parlait de la Russie, il était traité de retardataire par ceux qui considéraient l’Union soviétique comme irréversible. On a vu ce qu’il en a été. On disant dans la Basse Antiquité que deux augures ne pouvaient pas se regarder sans rire.   Maintenant que Leningrad s’appelle à nouveau Saint-Pétersbourg, qui peut invoquer encore sans rire  le sens de l’histoire ?

 

L’égalité entre qui et qui ?

 

Le second est le chantage à l’égalité, ou comme on dit, à la non-discrimination. Le mariage et l’adoption seraient un droit, jusqu’ici ouvert aux seuls hétérosexuels, qui devrait l’être désormais aux homosexuels. Mais de quoi parle-t-on ? Le mariage, le vrai, est permis à tous ; il est permis à tout homme de se trouver une femme et à tous les deux d’aller en mairie s’engager ensemble. Le droit au mariage est déjà universel ! Le vrai drame, soit dit en passant, ce sont les millions d’hommes et de femmes qui voudraient conclure un vrai mariage - avec une personne de sexe opposé - et qui ne trouvent personne. L’âge est un discriminant majeur à cet égard entre les hommes qui, à la suite d’une rupture, se recasent facilement, et les femmes pour qui c’est beaucoup plus difficile : mais de cette question qui, à vrai dire, n’a pas de solution facile,  personne ne parle, comme d’ailleurs de toutes les vraies questions. La discrimination que nous évoquons  a  aussi une dimension  économique : les pires misères se rencontrent aujourd’hui chez les femmes seules ayant charge d’enfant. Mais cela non plus  n’intéresse pas les idéologues.

Et que signifie un  droit égal pour des gens qui se sont mis dans des situations hétérogènes ? Si je choisis de faire une carrière civile, vais-je revendiquer les droits des militaires ?

Les idéologues revendiquent de ne pas être discriminés, non seulement sur le droit au mariage, mais aussi sur le droit à l’enfant. Mais l’enfant n’est un droit pour personne !  Pour ceux qui l’ont conçu ensemble, l’élever n’est pas un droit mais un devoir (sauf intervention des services sociaux, en tout état de cause exceptionnelle) ; à la rigueur, si au milieu d’une grande catastrophe, des homosexuels trouvaient un orphelin (comme le Charlot de «The Kid»), ils auraient non seulement le droit, mais le devoir de s’en occuper (sans être fondés pour autant à lui faire croire mensongèrement que l’un d’eux est sa mère). Mais nous n’en sommes pas là !  Kant nous l’a rappelé : une personne humaine (a fortiori vulnérable comme un enfant) ne saurait être tenu pour un moyen, seulement pour une fin. L’enfant a des droits, il n’est pas un droit.

 

La sempiternelle accusation d’ homophobie

 

Il y a bien sûr le chantage à l’homophobie. S’opposer au mariage unisexe serait faire preuve d’homophobie. Comme disait Muray, «la cage aux phobes est ouverte, garez-vous».  A entendre ceux qui parlent comme  cela, aucune prise de position  rationnelle ne serait possible : l’ homo politicus ne serait mû que par ses plus bas instincts. De même que les homosexuels seraient obligés d’être pour le mariage en raison de leurs orientations sexuelles (y a-t-il pire homophobie que de penser cela ?), quiconque est contre  ne saurait être mu que par  la phobie des homosexuels. Un tel  chantage est, lui aussi, une manière totalitaire de clore le débat.  On lance ce genre d’ invective comme si les positions des uns et des autres ne pouvaient se déterminer en raison, en fonction des intérêts, non de tel ou tel groupe mais  de l’État, de la République. C’est pourtant sur ce seul plan qu’il faut débattre. Et c’est sur ce seul  plan que les  opposants au mariage homosexuel prétendent se placer.

 

« Mais s’ils s’aiment ! »

 

Chantage à l’amour ensuite. S’ils s’aiment (les homosexuels) pourquoi n’auraient-ils pas eux aussi le droit de se marier ? Mais les officiers d’état-civil n’ont jamais été là pour border les lits ! Il y a des tas de gens qui s’aiment et qui n’ont pas besoin pour cela  de convoquer la République à «reconnaitre leur amour».  Deux frères, deux sœurs vivant ensemble,  un père et sa fille (hors de tout inceste, bien sûr) peuvent vivre ensemble des années ;  pourtant la loi ne leur accorde, s’agissant de frères et sœurs,  aucune reconnaissance, même pas en matière de succession. Quatre amis peuvent jouer aux cartes tous les soirs au même bistrot depuis trente ans sans avoir besoin d’une reconnaissance légale. Le mariage est un contrat, c’est aussi une institution sociale qui n’a d’autre finalité que le bien de la société ; et elle vise d’abord à régler la filiation. Même s’il vaut mieux que les époux aient quelque sentiment l’un pour l’autre, ce n’est pas à la société d’en juger, ni à l’Etat d’y apposer son label.

 

Qui est vraiment libéral ?   

 

Chantage au libéralisme. Ne pas vouloir de mariage homosexuel, ce serait s’opposer à une mesure de libéralisation (c’est la raison pour laquelle beaucoup d’ultra-libéraux, faute d’avoir réfléchi à la question,  y sont favorables). Or c’est exactement le contraire.  La République n’a pas à se mêler des sentiments et a fortiori de la sexualité. Si l’institution du mariage existe de temps immémorial, c’est d’abord pour régler la filiation (et donc les successions et autres questions patrimoniales qui, elles,  importent à la République). D’autant que,  la nature étant ce qu’elle est, il  faut 15 ou 20 ans pour faire un homme et non deux mois comme un chat ! Un cadre stable est donc nécessaire ; dès lors qu’il est admis que le ménage homosexuel n’est pas l’idéal pour élever un enfant,   en instituant le « mariage » homosexuel, l’État, pour la première fois, s’intéresserait à la sexualité en tant que telle ! Est-ce là du libéralisme ?  Il ne fait que reconnaitre une solidarité de fait, dira-t-on ? Mais alors pourquoi en exclure, comme c’est le cas du pacs, les ménages frère et sœur, père et fille, mère et fils, les communautés religieuses etc… ?

 

Laïcité : la fausse et la vraie

 

Chantage à la laïcité, bien sûr. Dès lors que les autorités religieuses, unanimes,  se sont prononcées contre le projet du gouvernement, un État  authentiquement laïque ne saurait, dit-on, obtempérer à ces admonestations épiscopales, rabbiniques ou autres... Mais pourquoi donc ? Les titulaires de ces autorités ont au minimum  le droit de se prononcer comme citoyens. Que leurs appels ne soient pas passés inaperçus relève des médias et d’eux seuls. Et  si le pape dit que deux et deux  font quatre, faut-il, pour être un vrai laïque, soutenir qu’ils font cinq ? En principe les religions, au moins la juive et la chrétienne, n’ont pas d’autre loi que la loi naturelle, reprise dans la loi de Moïse,  sans qu’y ait été ajouté  rien qui ne soit acceptable par tout homme de bonne volonté. La vraie morale laïque est-elle autre chose que  la loi naturelle ?  Celle que Jules Ferry définit  comme « cette  bonne et antique morale que nous avons reçue de nos pères et mères et que nous nous honorons tous de suivre dans les relations de la vie, sans nous mettre en peine d’en discuter les bases philosophiques. ».  Et l’illustre  républicain d’ajouter : 

« Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ». Il est clair que le projet de mariage unisexe se trouve aux antipodes de la laïcité ainsi conçue ! Aujourd’hui l’idéologie a largement remplacé les religions, elles sont  la nouvelle foi. Le projet de mariage unisexe  est idéologique. La vraie laïcité serait de rétablir les droits de la raison, et ce, non plus contre les églises, mais contre les idéologies de plus en plus délirantes qui exercent aujourd’hui leurs ravages.  

 

Une revendication à satisfaire ?

 

Chantage à la revendication enfin. Il y aurait une ardente revendication de la part de la «communauté homosexuelle», en manque de reconnaissance, en manque d’enfants etc…La vérité est que l’immense majorité des homosexuels  se fiche du mariage. Elle est aussi  qu’ils  n’envisagent nullement de se marier. Ils ne le disent généralement pas parce qu’ils ne souhaitent  pas s’afficher  comme homosexuels, qu’ils considèrent légitimement que leurs inclinations sont une affaire privée.  C’est dire que des associations comme  Plus gay sans mariage  qui supposent tout de même que les adhérents s’affichent comme tels, mais  qui s’opposent au projet gouvernemental, représentent beaucoup plus qu’il ne paraît.

Le  chantage à la  revendication inassouvie est d’autant plus paradoxal que les mêmes disent aussi que des milliers d’enfants  sont déjà élevés par des coupes homosexuels. Preuve, soit dit en passant,  que les obstacles législatifs, en l’état actuel du droit, sont minces. Mais on ne saurait confondre les  familles monoparentales où le parent   unique ne vit pas seul ( il  ou elle puisque dans 90 % des cas, c’est une femme, peut vivre avec une mère, une grand-mère, une sœur et aussi  une compagne ou un compagnon sans que l’Etat  ait   à s’en mêler)  et le mensonge officiel que supposerait  une révision du Code civil permettant au partenaire homosexuel d’usurper une parentalité fallacieuse et même de se dire père s’il est femme, mère s’il est homme ! Nous serions dans  une logique « orwelienne » de mensonge d’Etat.

Un journaliste demandait récemment à un ecclésiastique s’il avait le droit de s’ingérer dans une affaire politique. Ce serait plutôt aux politiques de se demander s’ils ont le droit de changer le sens des mots !

 

Que tous ceux qui, dans cette affaire,  défendent les droits de la raison ne se laissent pas impressionner par des arguments qui sont en définitive terroristes ou,  à tout le moins, sophistiques. Le débat sera alors plus clair.

 

Roland HUREAUX     

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 21:18

  

REPONSE A  LA REPONSE DU GROUPE SOCIALISTE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE  AUX OPPOSANTS AU « MARIAGE » UNISEXE

Le groupe socialiste a  dicté à ses  membres une réponse-type (ci-après)  aux maires et aux citoyens  qui leur avaient écrit pour leur signifier leur opposition  au projet d’instaurer un « mariage »  homosexuel.

Cette réponse  commence mal : elle  dénonce certains arguments des adversaires du projet  comme « formulés de manière choquante». De quoi s’agit-il ?  Une nouvelle fois  sans doute,  l’insupportable chantage à l’homophobie  qui vise à  interdire tout  débat. C’est ce genre d’argument crispé qui est, selon nous,  choquant.

Et  encore plus  choquant,  le mépris,  la  vulgarité même , avec laquelle est   évoqué un peu plus loin  le  cas de   « couples infertiles ou  trop âgés pour concevoir des enfant  »  pour dire que  « si le mariage n’était destiné qu’à assurer la pérennisation de la  société »  ceux-là  « ne devraient pas avoir le droit de se marier.»    

Comme si  ces couples stériles,  une situation que les intéressés  considèrent souvent comme un malheur, étaient à mettre sur le même plan que ceux  qui,  délibérément, par l’homosexualité, se sont mis  en position de ne pas avoir d’enfant.    

Poursuivant les amalgames insupportables, la même réponse dit que (selon les opposants au « mariage » homosexuel), « il faudrait  imaginer de faire signer aux candidats à l’union un engagement à  la procréation. »  Ce que nous n’avons jamais voulu dire évidemment !  Non que nous tenions, nous,   le souci de pérenniser la société pour méprisable puisque si d’autres, avant nous, ne  l’avaient pas eu, nous ne serions pas là pour débattre,  mais  simplement parce que ce n’est pas le but du mariage républicain. Ce dernier a d’abord pour objectif  d’offrir un cadre stable à l’accueil et à l’éducation des enfants  nés  d’un homme  et d’une femme (comment pourraient-ils naître autrement ?). Car  c’est un fait de nature (un gros mot pour les idéologues du gender , nous le savons ; E pur si muove,  et pourtant elle existe !) qu ’il faut quinze ou vingt ans et non pas deux mois pour élever un petit d’homme.

Cette  nécessité d’un  cadre stable passe avant les considérations  fumeuses  que  l’on invoque sur la reconnaissance  juridique et sociale  qui serait nécessaire à  un sentiment. Conception infantile du mariage ! Les sentiments sont une réalité. La sexualité est une réalité. Mais un Etat libéral n’a pas à s’en  mêler.   Si l’union d’un homme et d’une femme ne conduisait pas à la procréation, le mariage ( en tous les cas le mariage républicain)  n’aurait pas lieu d’être.  Seule la filiation importe à la res  publica.  Le reste est affaire privée. Le mariage entre personnes du même sexe   ferait, pour la première fois, entrer la sexualité en tant que telle dans le champ de la vie publique. Prémisses d’un nouveau totalitarisme ? Voir ce qu’ est devenue la société suédoise.

Le groupe socialiste croit bon de rappeler aussi que   «plus de la moitié des enfants naissent aujourd’hui hors mariage sans que cela ne constitue une menace pour la cohésion sociale ».  Il n’est pas   question de cohésion sociale : si le mariage est tenu par les députés socialistes  pour une institution obsolète, pourquoi donc veulent-ils tant en étendre l’usage à de nouvelles catégories ? S’ils sont si prompts à dire qu’il n’est pas nécessaire à un couple homme/femme, pourquoi le serait-il tant à un couple homosexuel ?

«  Nous aussi, nous sommes  particulièrement attentifs aux  droits de l’enfant. Et c’est même dans l’intérêt de ces derniers que   nous discutons aujourd’hui du mariage pour tous. »    « Des dizaines de  milliers d’enfants  vivent déjà avec des parents – ou beaux-parents  homosexuels. » Singulière approche des droits de l’enfant ! Etrange mépris de la loi que de  la considérer comme adoptée  avant même qu’elle soit votée. Dans l’état actuel du droit,  il est faux de dire que « des dizaines de milliers d’enfants vivent avec des parents homosexuels » : il arrive certes que le chef d’une famille monoparentale vive  avec  un partenaire du même sexe mais   ce  n’est pas du  tout la même chose.  Conférer à  ce partenaire un rôle officiel  de père ou de mère qui  ne correspondrait pas à son sexe, comme l’envisage le projet de loi,  serait un bouleversement majeur pour cet  enfant.

Et sans doute un traumatisme : il est dit que « tout montre tout montre que ces enfants ne développent ni plus ni moins de problèmes psychologiques ou sociaux que ceux qui sont issus d’une union hétérosexuelle. » Tout…sauf les études  les  plus  sérieuses qui ont été faites à ce sujet,   notamment aux Etats-Unis (beaucoup plus approfondies que celles, bien courtes,  que le lobby  soi-disant « gay » a promues ne France.)  Et quand bien  même il y aurait  doute sur ce sujet, le  principe de précaution devrait  conduire, si l’on se soucie sérieusement du droit de l’enfant, à ne pas lui  imposer sans qu’il l’ait choisi,   d’être éduqué par un couple homosexuel. Là  serait  la véritable discrimination !


Le plumitif du groupe socialiste  poursuit sur la même veine en voulant nous faire pleurer sur  « les homosexuels, qui ont vécu – et vivent  encore – des discriminations insupportables ».  Qui peut prétendre que les homosexuels  sont encore discriminés en France, en particulier  les militants  le plus actifs du mariage homosexuel  devenus si  nombreux  dans les lieux d’influence : médias,  affaires,  politique 
( bien plus nombreux que ce qu’ils représentent dans la société, pour s’en tenir à ceux qui se sont déclarés tels ! ) ?  Les grands intérêts qui régissent le monde (et que  nos  « socialistes » ont cessé de combattre depuis longtemps) seraient-ils d’ailleurs gênés par une réforme qui contribuerait à  brouiller un peu plus les repères d’un peuple désorienté, et  pour cela  de moins en moins à même  de se défendre ?

A quelle discrimination mettrait d’ailleurs fin le mariage des personnes du même sexe ?  Tout le monde a le droit  de se marier vraiment, c’est-à-dire avec une personne de sexe opposé. Ceux qui ne trouvent pas de partenaire sont bien plus à plaindre que ceux qui ont  décidé  de ne pas en chercher. Il n’  y a en tous cas aucune discrimination légale devant le mariage. Ceux qui ont  fait  un choix de vie différent n’ont pas à réclamer une égalité de droit   avec les gens mariés  puisque leur situation est différente. Il serait  aussi absurde que   ceux qui ont fait le choix d’une carrière administrative   réclament,  au nom de l’égalité, les mêmes horaires que les enseignants  ou  que ceux qui font une carrière civile s’estiment fondés  à revendiquer, toujours au nom de l’égalité,   la retraite des  militaires !

Est-il possible qu’un tel tissu de sophismes, à mille lieues de ce que signifiait l’égalité pour les rédacteurs de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, puisse aujourd’hui trouver du crédit  ?  

Vient enfin l’argument suprême : en votant pour Hollande en 2012, les électeurs auraient ratifié le mariage homosexuel. Vae victis !  Dans un pays qui compte plusieurs millions de chômeurs  et où le pouvoir d’achat régresse, qui se désindustrialise à grande vitesse,  les électeurs avaient bien d’autres sujets en tête. Chacun sait qu’ils  ont voulu sanctionner l’ancien président, sans nécessairement adhérer à toutes les propositions de M.Hollande et sûrement  pas à celle d’instaurer un « mariage » des homosexuels.  A  imaginer le contraire, les  élus concernés courraient à de graves déconvenues.

Une révolution anthropologique aussi fondamentale qui ne remet pas en cause seulement 2000  ans d’histoire de France mais 2 millions d’années d’histoire humaine  ne saurait se décider par un vote du Parlement opéré  à la sauvette. Les deux tiers des Français souhaitent que la question soit tranchée par référendum, tous  souhaitent un grand débat. Qu’attend-t-on pour faire droit à cette légitime exigence ?    

R.H.

 

Lettre type du groupe socialiste

Monsieur,

J’ai bien reçu votre courrier par lequel  vous me faites part de votre  opposition au mariage pour tous et à l’adoption par des couples  homosexuels.

 

Je ne partage pas vos inquiétudes et encore moins votre vision de la  société, du mariage et de l’homosexualité, qui est fondée sur des  préjugés erronés et, il faut bien le reconnaître, souvent énoncés de  manière choquante.

Si le mariage n’était destiné qu’à assurer la pérennisation de la  société, alors il devrait être interdit aux couples infertiles ou  trop âgés pour concevoir des enfants, par exemple. Il faudrait même
 imaginer de faire signer aux candidats à l’union un engagement à la procréation.


 Pour certains, le mariage constitue une reconnaissance juridique et  sociale qui leur est nécessaire, sans même qu’il soit question de  filiation.  Au-delà, plus de la moitié des enfants naissent  aujourd’hui hors mariage sans que cela ne constitue une menace pour  la cohésion sociale.

J’ajoute que, nous aussi, nous sommes particulièrement attentifs aux  droits de l’enfant. Et c’est même dans l’intérêt de ces derniers que  nous discutons aujourd’hui du mariage pour tous. Des dizaines de  milliers d’enfants vivent déjà avec des parents – ou beaux-parents –   homosexuels. D’ailleurs, Au-delà, plus de la moitié des enfants naissent  aujourd’hui hors mariage sans que cela ne constitue une menace pour  la cohésion sociale. Le groupe socialiste, depuis longtemps, considère que l’ouverture du  mariage aux couples  homosexuels est un combat essentiel pour  l’égalité des droits.  Les homosexuels, qui ont vécu – et vivent  encore – des discriminations insupportables, ont des vies conjugales  et familiales que la loi doit reconnaître à égalité avec celles des  hétérosexuels. C’était notre engagement de campagne : les Français  ont tranché en mai et juin derniers. Cet engagement sera tenu.

Je vous prie de recevoir, Monsieur, mes salutations les meilleures.

 

X

Député de

 

 

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