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Roland HUREAUX

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 09:17

 

Le nouveau gouvernement Valls est loin de n'être qu'un replâtrage destiné à se débarrasser de quelques   forts-en-gueule.

Malgré le maintien d'un certain nombre de poids lourds ( Fabius, Sapin,    Le Drian,   Cazeneuve,  Ségolène Royal,   à des ministères clef,  l'annonce du nouveau gouvernement  n'est pas neutre: elle représente  une triple provocation.

Vis à vis de la gauche historique d'abord , par la nomination d'un jeune banquier réputé ultralibéral à  l'économie. Hollande ne prend pas un double de Montebourg en plus calme, mais son antithèse. L'aile gauche  du PS et, par-delà,  ses anciens alliés d'extrême-gauche, ne sont pas seulement sanctionnés par le départ de quelqu'un qui pouvait passer pour leur porte-parole  mais , comme pour bien enfoncer le clou, on le remplace par ce qu'ils détestent le plus: le mélange ambigu, déjà illustré par  Strauss-Kahn et Cahuzac,  de l'étiquette socialiste et du monde de l'argent. Un mélange qui , certes, n'est pas neuf, qui est même l'essence du pouvoir socialiste actuel mais qui ne s'était  jamais affiché aussi ouvertement.

En même temps,  cette nomination  se veut  un signal fort adressé aux marchés financiers et aux instances de Bruxelles. Mais on peut douter qu'il  suffise à rétablir la crédibilité du gouvernement Hollande.

La deuxième provocation est cette fois, vis à vis de la droite, en tous les cas du  peuple de droite - sans exclure certains éléments venus de la gauche,  qui était massivement descendue dans la rue en 2013 pour s'opposer au  mariage dit "pour tous"  tous. Le combat s'est poursuivi    sur la question de la fallacieuse théorie du genre à  l'école. Mise en veilleuse par Benoît Hamon, l'affaire ne pourra qu'être relancée par Najat Valaud-Belkacem qui s'est avérée dans les précédents gouvernements comme  une des plus ardentes propagandistes de la subversion des valeurs du mariage et  de la famille au point que non seulement Hervé Mariton a pu la qualifier  de "Vietminh souriante"  mais que même un  Julien Dray la situe "sur la ligne des féministes ultras américaines , qui sont en train d'émasculer les sexes".   Sa nomination porte un message clair :   l'éduction nationale, ce n'est plus l'instruction publique, pourtant si nécessaire, ce sera la rééducation des enfants à  toutes les lubies de  la gauche libertaire. Que la  nouvelle ministre soit une féministe   sincère ou un agent infiltré de l'islamisme cherchant à subvertir l'héritage chrétien ( on a  pu noter que quand elle visite  son pays d'origine, le Maroc , cette femme prétendue libérée  respecte scrupuleusement les prescriptions de la charia ! )  n'y changera rien: à un moment  qui devrait être celui de l'apaisement, sa nomination  est ressentie comme une provocation à l'égard de la Manif' pour tous et de ses héritiers. On retrouve là la marque du vrai Valls, non point le prétendu social-démocrate modéré, mais le policier sectaire qui ordonna les poursuites les plus disproportionnées contre les manifestants pacifiques hostiles à la loi Taubira.

On sait à quel point la frange musulmane de la  population acquise à la gauche à 90 % en 2012, s'en est détachée au point de s'abstenir massivement aux  municipales , entre autres à cause  de la théorie du genre,  aucun parent musulman  ne souhaitant que l'école publique porte atteinte  à  la virilité de son garçon ( comme à féminité de sa fille ! ). Il n'est pas sûr que ses origines sauvent  à cet égard Najat Vallaud-Belkacem d'une confrontation, au  contraire. Farida Belghoul contre Najat Vallaud-Belkacem, l'empoignade à la sortie des écoles  promet d'être rude !  

La  troisième provocation  est le maintien de Christiane Taubira à la justice alors même que l'intéressée, qui concocte toujours sa réforme ultra-permissive de la procédure pénale ,  n'a guère caché son accord avec les thèses économiques de Montebourg, Hamon et  Filipetti. Il serait trop facile de dire, par souci de symétrie,  que cette provocation  vise, elle,   l'extrême droite sécuritaire, laquelle s'est massivement  exprimée aux élections européennes. Mais l'aspiration à une saine justice, qui fasse clairement la distinction du bien et du mal, et à la sécurité est partagée par  tous les Français, spécialement les plus modestes, elle n'est l'apanage d'aucun  parti politique. Elle est aussi une des missions  séculaires de tout  pouvoir régalien  quel qu'il soit.  Il est ainsi clair que ce remaniement garde  du précédent gouvernement ce qu'il avait  de plus destructeur.

Premier message  donc : la gauche restera de gauche, avec tout ce que cela a de plus provocant , dès lors qu'il ne s'agira pas de toucher aux grands intérêts.

Deuxième message: c'est sur le plan sociétal que la nouvelle gauche libérale libertaire trouvera  sa légitimité. C'était déjà la ligne de François Hollande, inspirée par la FondationTerra Nova, mais désormais cette ligne se durcit.     Le maintien de Taubira, la promotion de Belkacem sont destinés à équilibrer  la    droitisation économique et sociale.  Des contestataires  de gauche , c'est en définitive, la plus nocive que l'on garde.

Mais ces trois provocations, bien dans le style pète-sec de Valls, c'est  précisément  là ce qui fragilise le nouveau gouvernement. Elles ont en effet  en commun de viser le peuple : peuple de droite , peuple de gauche, qu'importe ? C'est le peuple dans son ensemble qui  ne veut pas que la France soit livrée pieds et poings liés  aux seules logiques financières, c'est le peuple dans son ensemble ( pas seulement  celui des sorties de messe, mais aussi celui des banlieues )   qui refuse la théorie du genre . C'est le peuple dans son ensemble qui veut la justice et la sécurité : ne font même  pas exception les jeunes délinquants que Taubira prétend choyer, moins demandeurs en fait de circonstances atténuants que de   repères  clairs.

Relance de l'action gouvernementale ? Peut-être,  mais sur la même ligne durcie : libérale sur le plan économique, libertaire sur le plan des mœurs. Mais aucun gouvernement ne saurait agir efficacement en prenant ouvertement  de front, comme le font Hollande et Valls, les aspirations le plus légitimes des Français. Gageons dès lors que  ses jours sont comptés.

 

                                 Roland HUREAUX

 

 

 

 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 08:18

 

Dans le langage journalistique , l'expression  "administration américaine"  résonne de manière familière.

Elle n'en est pas moins une offense à la langue française dans la mesure où    the american administration doit se traduire par "le  gouvernement américain".   Administration est ce qu'on appelle un faux ami, tout comme, à l'inverse, the local government doit se traduire par  "l'administration locale".

L'"administration américaine" est cependant  plus qu'un américanisme. Cette expression laisse entendre que le gouvernement américain ne serait  pas un gouvernement comme les autres, qu'il se situerait au dessus des contingences - et sans  doute des  préoccupations mesquines  - des gouvernements ordinaires;  elle porte avec elle   un air   de rationalité hégélienne et une aura   d'universalité  que n'ont pas les autres  gouvernements, bassement politiques, eux  ( y compris the British government) . Ne peuvent  émaner de cette "administration" que opinions irrécusables et  des décisions  impartiales orientées vers le bien universel. L'emploi de cette expression  légitime  la position des Etats-Unis comme maîtres du monde.  Ils se trouvent  ainsi fondés, entre autres,   à  appliquer sa législation interne  aux autres pays comme on le voit dans l'affaire  de la BNP. On peut contester une décision politique, on ne conteste pas  une décision administrative !

C'est pourquoi  beaucoup d'entre nous  se sont efforcés depuis longtemps de ne parler que  de "gouvernement  américain" , animés  du double souci de  nous défendre  contre l' impérialisme de la langue dominante qui tend à imposer ses tournures aux autres langues, et de ne pas cautionner    l'idée que la puissance américaine serait au-dessus des autres. 

Pourtant  on peut se demander aujourd'hui s'il n'existe pas quand même quelque chose comme une administration américaine, parfaitement impérialiste pour le coup, mais transcendant le pouvoir politique américain. Alors  que le président  Obama apparait comme un homme relativement modéré ( au moins dans la sphère internationale), soucieux de désengager son  pays de nombreuses affaires mal engagées ( Irak, Afghanistan  et peut-être Syrie), tout se passe comme si une effrayante machine politico-administrative tournée vers un impérialisme  sans frein et animée d'une idéologie  impitoyable continuait inexorablement, avec ou sans l'aval du président,  sa marche en avant.

Ce pouvoir ne se résume pas  au lobby militaro-industriel encore que le pouvoir militaire y joue un rôle considérable. Il faut y adjoindre  d'autres pouvoirs: les seize services de renseignement, les think tanks, les multinationales, les groupes d' influence de toutes sortes, y compris universitaires.   Tous ceux-là sont animés du souci d'étendre sans limite   la puissance américaine . Leur  feuille de route n'est pas très éloignée des préconisations de Zbignew Brezinski : pour préserver l'hégémonie américaine, il convient d'enfoncer un coin entre l'Europe occidentale et la Russie et donc d' alimenter entre eux une guerre larvée, comme celle qui vient de se déclarer eu Ukraine.  Au  Proche-Orient, cette ligne est sous-tendue par   la "stratégie du chaos" : balkaniser au maximum tous les voisins d'Israël pour  assurer sa protection. 

Ces considérations stratégiques sont enrobées d'    une couverture idéologique sans faille: tout ce qui vient de l'Amérique et de l'OTAN  a ipso facto  pour nom liberté, démocratie, droits de l'homme. Il est du devoir de la puissance dominante de répandre ces valeurs dont elle est  seule  garante. Qu'est-ce dans ces conditions qu'un pays démocratique ?  C'est un  pays ami des Etats-Unis. Qu'est-ce qu'un  pays non démocratique  ?  C'est un pays ennemi ou rival des Etats-Unis. A cette aune, on comprend que dans l'opinion américaine, devenue par de manipulations diverses,   l'opinion de tout l'Occident, la Russie fasse l'objet de plus de critiques que l'Arabie saoudite ou même la Chine, pourtant bien pires sur le plan des droits de l'homme, que la répression des islamistes apparaisse beaucoup plus terrible en Syrie qu'en Egypte  - ou même en Algérie, ce quelle n'est pas forcément. La Turquie, tenue pour  démocratique,  était un candidat très présentable à  l'entrée dans  l'Union européenne tant qu'elle en pinçait  pour Washington et Tel Aviv ; elle  devient une dictature affreuse dès lors qu'elle s'en éloigne . Et ainsi de suite.

Cette ascension d'un pouvoir anonyme transcendant les contingences politiques, c'est ce que avait prophétisé , sous sa forme militaro-industrielle  le président Eisenhower dans son beau discours d'adieu du 17 janvier 1961 : "Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu'elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d'une désastreuse ascension d'un pouvoir illégitime existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés et nos processus démocratiques."

Hélas, la  désastreuse ascension d'un pouvoir illégitime n'est plus un risque mais une réalité qui remet en cause aux Etats-Unis et dans le monde les valeurs démocratiques.

Il est temps de   pendre la mesure  de cette menace.

L' "administration américaine" existe  donc , hélas, mais elle n'a plus rien d'une puissance supérieure au-dessus de contingences politiques  ordinaires. Elle est au contraire la plus politiques  des puissances.

L'administration américaine existe bien aujourd'hui , mais  ce n'est pas une bonne nouvelle. 

Roland HUREAUX

 

                                                                        


Chiffre donné par le général Colin Powell 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 08:13

 

Pour désespérant que soit le nouvel épisode de la guerre qui oppose, dans une partie qui demeure très inégale, l'Etat d'Israël et les Palestiniens de Gaza, on ne saurait oublier que, s'il y a jamais eu progrès depuis soixante ans dans le conflit  du Proche-Orient,  c'est parce que des hommes entreprenants surent rebondir sur les  crises  pour  avancer des  solutions partielles.  

Il est aujourd'hui très peu de gens qui ne reconnaissent que la paix sur l'ancien territoire du mandat  britannique de Palestine passe par la création d'un Etat palestinien , pendant , même en plus petit,  de l'actuel Etat israélien, cet  Etat devant trouver  son assise territoriale en  Cisjordanie   et dans  la bande de Gaza.

 

L'Etat palestinien unique : une solution dépassée

 

Pourtant , il faut bien le dire,  cette solution apparait   aujourd'hui de plus  en plus dépassée . Non seulement parce que les forces politique dominantes en Israël, Benjamin Netanyahou en tête  n'en veulent manifestement pas - pas plus que la partie des  Palestiniens qui revendique un seul Etat multiconfessionnel - , mais aussi parce que, sur le terrain, elle semble  de plus en plus irréelle.

Laissons de côté le  problème considérable posé par l'accroissement du nombre de colonies en Cisjordanie. Heureusement  la décision audacieuse d'Ariel Sharon d' évacuer en 2005  celles de Gaza y simplifie la question.

Mais il n'existe aucun cas à l'époque moderne d'un Etat coupé en deux qui  se soit avéré durable. L'exemple du Pakistan est le  plus manifeste : destiné lors de sa création en 1947 à regrouper tous les Indiens musulmans ,  ses parties est et ouest (devenue Bengladesh ) durent se séparer  dès  1971. En remontant dans le temps, on se souvient de l'Allemagne où l'instauration en 1919 d' une   Prusse orientale sans continuité territoriale  fut, au travers de la question de Dantzig,  la pomme de discorde qui déclencha la 2e guerre mondiale.  Après la guerre   Berlin  posa un problème analogue.  La  solution d'un Etat unique  tient d'autant moins que les Israéliens n'ont sans doute pas l'intention de couper  leur propre territoire par une autoroute reliant les deux parties de la  Palestine.

Il faut donc deux Etats palestiniens: une sorte de cité-état à  la  manière de Singapour  à Gaza et un Etat cisjordanien dont l'imbrication avec Israël et la présence à Jérusalem sont à négocier.

L'autre  raison de  créer deux Etats palestiniens est qu'on n'imagine pas le Fatah et le Hamas  travaillant  ensemble : que chacun s'organise de son côté comme c'est déjà le cas en pratique  ,  est logique. Leur rapprochement récent , pourtant tactique, aurait, selon certaines sources,  déterminé  Israël  à bombarder Gaza. Raison de plus pour que ce dernier  envisage l'idée de deux Etats palestiniens. 

Israël aurait tout à gagner à une telle solution : la perspective d'un face à face avec un Etat palestinien unique sur le même territoire est difficile à  admettre pour une partie de ses ressortissants. Avec deux Etats, cette perspective s'en trouverait  en partie  diluée.

On objectera qu'aucun de ces Etats ne serait "viable" . Mais des 193 membres des Nations unies, combien sont "viables" ?

Une telle solution impose non seulement de régler la question des colonies juives de Cisjordanie mais aussi  celle du décloisonnement et du développement de Gaza, inséparable d'un rétablissement de la sécurité d'Israël côté Sud. Deux questions  immenses mais qui seront sans doute mieux  résolues , si elles doivent  l'être,  séparément qu' ensemble.

 

Vers une confédération ?

 

Une telle solution permettrait même d'envisager à terme une sorte  de confédération à quatre comprenant  Israël et la Jordanie laquelle  revendique toujours sa qualité d'Etat palestinien.  Israël aurait naturellement une influence privilégiée dans une telle confédération mais les partisans d'un Etat unique pourront  aussi bien  la considérer comme un pas dans leur sens.

L'idée de donner à Gaza le statut  d'Etat effrayera, dans le contexte actuel,  bien des Israéliens: mais préfèrent-ils que les activistes du Hamas passent leur temps à ruminer des  projets   d'action armée  ou qu'ils se répandent à travers  le monde dans les ambassades du nouvel Etat, que la communauté internationale sera , n'en doutons pas,  prête  à financer  ?

Le perfectionnement  prévisible du mur électronique autour de Gaza devrait un jour permettre de relâcher le blocus , ouvrant ainsi la porte au nécessaire   développement de l'économie de ce territoire, à la fois  impératif humanitaire et moyen de ralentir sa progression démographique. Un tel développement, irrigué par l'argent du golfe  ou de l'Union européenne,  serait à même de rendre un jour  les  habitants de ce territoire à leur vocation commerciale  séculaire.

Nous mesurons tous les problèmes de principe que pose un tel scénario aux Palestiniens. Mais au moins faudrait-il qu'il commence par paraître acceptable à Israël. Comme il est probable qu'on ne résoudra pas les questions de principe ( droit au retour , caractère confessionnel de l'Etat d'Israël, statut de Jérusalem) , peut-être vaudrait-il mieux parler dans une première phase de ne  fonder sur ces bases qu'un arrangement provisoire. 

Utopie ? Sans doute,  mais moins que l'idée d'un Etat  palestinien unique. Si une ouverture  doit émerger  de la crise actuelle, c'est dans cette direction  qu'il   faut  à présent la  chercher.

 

 

                                                           Roland HUREAUX

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 08:11

 

François Hollande serait presque pathétique quand il avoue s'être trompé sur la conjoncture: la reprise qu'il attendait n'est pas venue, le malheureux. Bien au contraire, les prévisions de croissance pour la France sont plus faibles que jamais et le chômage  s'envole.

On pourrait penser que l'espoir de reprise  que le président , au mépris de toute évidence,  a si souvent  affiché depuis deux ans procédait de l'enfumage politique ou bien de la méthode Coué.

La vérité, pensons-nous,  est que le président  y croyait vraiment. 

Sur quoi se fondait-il ? On le devine :   la  croyance un peu simple aux cycles économiques: comme tous ceux qui savent un peu    d'histoire économique, Hollande  pouvait croire que s'il y avait  récession, il y aurait un jour redémarrage, ne serait-ce que pour renouveler le matériel d'exploitation de l'industrie : et cet effet a bien joué un peu, mais pas suffisamment.

De la même veine  est  la croyance simpliste que s'il y a reprise aux Etats-Unis, cette reprise viendra nécessairement chez nous, comme c'était le cas dans le passé: pour le coup, on n' a pas vu trace d'un tel   entrainement. 

Pourquoi ?

Pour une raison simple: depuis la  création de l'euro,  la France a laissé se dégrader sa compétitivité par rapport à d'autres pays de la zone, principalement  l'Allemagne. Ce n'est pas nouveau: cette dégradation était chronique chez nous depuis 1945 . Mais elle était neutralisée  régulièrement par des ajustements monétaires  que l'euro rend désormais impossibles.

Avec des coûts de production trop élevés, la France n'est pas en mesure de profiter d'un redressement éventuel de la conjoncture internationale.

Faut-il l'en blâmer ?  Pas forcément : d'abord  parce que cette  inflation par les coûts correspond au tempérament national  ; on ne change pas ce tempérament, à force  de volonté,  en dix ou même vingt   ans.      Ensuite  parce que cette dégradation est plutôt moindre que celle de la plupart des   pays méditerranéens  ( Italie, Espagne , Grèce ) ou  anglo-saxons ( Etats-Unis et  Royaume-Uni) qui, eux, il est vrai,  ne sont pas dans l'euro.  Sur le long terme , seule l'Allemagne a  fait mieux que la France en matière d'inflation des coûts mais c'est   elle qui est notre principal partenaire ! Qu'importe alors qu'il y ait reprise de la demande internationale si nos produits sont trop chers.

Ces faits simples et massifs, le président , qui  fut  pourtant maître de conférences d' économie à Sciences po,  a, par son optimisme béat,  semblé les ignorer. ll  ne  les ignore pas à proprement parler mais il pense,  comme tous les dirigeants français de sa génération,   qu'on peut les relativiser,  qu'avec un petit effort ici ou là, on peut s'en tirer quand même.

Les élites françaises n'ignorent pas l'économie; elles n'en ont qu' une connaissance molle, littéraire : assez  pour faire une dissertation bien balancée au concours de l'ENA, pas assez pour clairement distinguer parmi  les lois économiques , celles  qui,   en effet,  ne sont pas absolues et celles qui sont incontournables: le facteur monétaire est de celles-ci. De même sans doute la loi de Philips , longtemps défendue  par les keynésiens selon laquelle moins d'inflation égale moins de croissance et plus de chômage ( toute choses égales par ailleurs bien entendu, ce qu'oublient de dire ses détracteurs  ).

Inexorable  aussi, cela est encore davantage ignoré par ceux qui nous gouvernent, est la sociologie nationale qui rendait   la dérive relative de couts relatifs au sein de la zone euro  aussi inévitable qu'elle est aujourd'hui  irréversible: depuis la création de l'euro nous n'avons pas eu la force de tenir nos coûts au  niveau de nos voisins, au moins du principal d'entre eux ; qui peut imaginer que nous aurions celle  de rattraper quinze  ans de dérive en faisant, au contraire,   mieux qu'eux pendant autant d'années ? Trente ans de pénitence comme certains le promettent à  nos compatriotes ? Qui y croit ? Et à supposer qu'en la matière le volontarisme ait  sa place, quelle illusion d'imaginer que dans le même temps , nos concurrents se laisseront gentiment rattraper sans réagir !  

 

La France dans la nasse

 

Une fois qu'on a intégré ces contraintes, les options sont en nombre limité.  La relance par la demande ?  Mais ce serait plus de déficits  publics et extérieurs et , avec  la mondialisation, aucune certitude que c'est l'économie française qui en profiterait. La réduction des charges des entreprises, soit la politique de l'offre, -  c'est celle  qu' on tente timidement  - mais alors  par quoi  compenser  les ressources budgétaires perdues ?  Plus de déficits ? Ce n'est vraiment pas le moment. La surtaxe des  autres    contribuables?  C'est   ce qu'on fait hélas,  et  la demande s'en trouve  étouffée. Reste à  réduire  vraiment les charges publiques, c'est ce qu'on fait très peu;  mais si on y arrivait  vraiment, là aussi l'effet immédiat serait récessif.

Ne restent que deux voies : soit l'abandon de la zone euro, et une dévaluation, come on en a toujours fait, mais François Hollande ne l'envisage  pas . Soit, seul ersatz de la dévaluation, une introduction massive de la TVA sociale. Il y a 25 ans que nous aurions du la mettre en place,  mais le parti socialiste, pour  des raisons idéologiques , fondées elles aussi sur de vieux souvenirs simplistes de la rue Saint-Guillaume ( fiscalité  directe de gauche,  fiscalité indirecte  de droite !)  a rendu l'idée politiquement incorrecte. Donc Hollande n'a aucune solution.   A moins de remettre en cause complètement ses fondamentaux économiques, de redevenir non point jeune maître de conférence mais étudiant, il est durablement dans la  nasse  et la France avec lui.

 

                                  Roland HUREAUX   

 

  

 

Ainsi que les Pays-Bas,  la Suisse et quelques petits  pays nordiques.

Cette loi ne s'applique plus aux Etats pris séparément  mais elle s'applique, selon  nous, plus que jamais  à l'Europe dont l'obsession de la  rigueur alimente  le chômage de masse.

Il faudrait dire la dislocation. Qui imagine que la zone euro pourrait continuer  sans la France ? 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 08:07

 

Le projet gouvernemental de réforme des régions  suscite, avec raison, un immense tollé.

Touche pas à ma commune a pour vocation de défendre la commune qu'une certaine technocratie voudrait voir s'"évaporer " définitivement dans les structures intercommunales, elles-mêmes de plus en plus vastes et éloignées du terrain.

Mais notre association ne saurait être indifférente à ce qui se prépare du côté des régions. Car le principe est le même.

Il s'agit dans les deux cas de regrouper, regrouper à toute force  avec l'idée toute faite et jamais confirmée dans les faits que la taille donne plus d'efficacité.

Dans le cas de la région, le projet repose sur une idée fausse : nos régions seraient trop petites par rapport au reste de l'Europe. Or cela est totalement faux.  La population moyenne de nos 21  régions métropolitaines ( Corse exclue)  est de 2,9 millions d’habitants ;  celle des  20  régions italiennes de 2,9 millions aussi. Celle des 17  communautés  espagnoles de  2,5 millions.

Reste l’Allemagne : en moyenne,  ses 15 länder ont 5 millions d’habitants, mais comme ils sont très inégaux, sait-on que  8  sur 15 sont plus  petits  que la moyenne française ? Et  si l’on ne considère que les 6 länder de l’ancienne Allemagne de l’Est,   découpés  après  la réunification, leur moyenne est de 2, 5 millions seulement. 

On peut  aller plus loin : aux  Etats-Unis,  20 Etats sur 50 ont moins de 3 millions d’habitants sans qu’il soit question de  regrouper quoi  que ce soit ! 

Inutile, cette réforme , comme la réforme communale,  sera coûteuse.

 Une fois de plus,  fois ses promoteurs ne tiennent pas compte d'un    grand principe de la réforme administrative qui veut que,  contrairement au  secteur privé,   les opérations de concentration ou de  fusion    entraînent dans le secteur public, à service égal, des coûts supplémentaires.  Dit autrement : il n'y a jamais  d'économies d'échelle dans le secteur public, mais au contraire des frais généraux croissants avec la taille.   

C'est pour avoir ignoré ce principe que , depuis vingt-cinq ans, à peu près toutes les   réformes administratives se sont traduites, en dépit de leurs objectifs affichés, par un alourdissement des charges publiques.

Nous pourrions  multiplier les exemples :  la création de Pole emploi par la fusion de l'ANPE et des Assedic  (40 000 postes avant la fusion,  50 000 après), le regroupement des hôpitaux au sein des agences régionales de santé qui n'a fait que créer une strate bureaucratique supplémentaire, le rapprochement de la police et de la gendarmerie,  les nouveaux organigrammes  prétendus  simplifiés des préfectures , la création de France-Télévision par le rapprochement de France 2 et FR3  etc.   

Mais le cas le plus caricatural est sans doute l'intercommunalité  dont le but était au départ de faire des économies et qui a exigé au contraire  , pour être mise  en œuvre ,   le recrutement  de  près  de 200 000  fonctionnaires supplémentaires !  Ce qui nous conduit à penser que la réforme régionale projetée  va conduire elle aussi, non pas à économiser mais à engager quelques nouveaux milliards   de dépenses.

Mais le troisième point commun qui rapproche la réforme régionale de la réforme communale est le plus grave. Subrepticement, sournoisement, le but inavoué de ces réformes est de faire disparaître un peu plus les repères  qui permettent à nos concitoyens de se situer dans le monde. Elles  viennent s'ajouter à toutes sortes d'évolutions  dont l'effet est identique : remise en cause des frontières, du département (déjà entamée avec la suppression du numéro à deux chiffres),  remise en cause de la chronologie dans l'enseignement de l'histoire, voire de l'histoire tout court, de l'enseignement  de la morale, de la différence des sexes etc.  La déstructuration de l'espace va ainsi avec celui du temps.

Le résultat qu'il faut  attendre  de ces changements, ce n 'est pas, contrairement à ce qu'on nous dit, la modernisation de la France mais  une société de zombies, ayant perdu tous leurs repères , paumés, dont on attend sans doute qu'ils ne soient plus qu'une masse fongible et docile entre les mains des grands manitous de  la finance  mondialisée.

 

                Roland HUREAUX

                Président de Touche pas à ma commune

 

 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 08:04

 

Les réformes mal conçue entraînent toujours des dépenses supplémentaires    

 

 Ce qui rend  très  inquiétante la réforme territoriale, si elle vient à son terme :   une fois de plus , il n'aura pas été tenu compte de  ce grand principe de la réforme administrative qui veut que,  contrairement au  secteur privé,   les opérations de concentration ou de  fusion    entraînent dans le secteur public, à service égal, des coûts supplémentaires.  Dit autrement : il n'y a jamais  d'économies d'échelle dans le secteur public, mais au contraire des frais généraux croissants avec la taille.    

C'est pour avoir ignoré ce principe que , depuis vingt-cinq ans, à peu près toutes les   réformes administratives se sont traduites, en dépit de leurs objectifs affichés, par un alourdissement des charges publiques.

Nous pourrions  multiplier les exemples :  la création de Pole emploi par la fusion de l'ANPE et des Assedic  (40 000 postes avant la fusion,  50 000 après), la fusion de la direction du Trésor et de celle de la Comptabilité publique ( dont un rapport de la Cour de comptes  a montré qu'il a généré un  surcoût),  le regroupement des hôpitaux au sein des agences régionales de santé qui n'a fait que créer une strate bureaucratique supplémentaire, le rapprochement de la police et de la gendarmerie,  les nouveaux organigrammes  prétendus  simplifiés des préfectures , la création de France-Télévision par le rapprochement de France 2 et FR3  etc.   Nous ne croyons pas qu'on puisse opposer à ce principe un seul contre-exemple.

Mais le cas le plus caricatural est sans doute l'intercommunalité. On a dit pendant des années : la France a plus de 36 000 communes, quel gaspillage !  On oubliait   que la plupart de ces communes, gérées à l'économie,  ne coûtaient pratiquement rien. On a voulu les  fusionner mais , craignant les réactions, on a commencé, à partir de la loi Joxe de 1992,  à les pousser  à coup d'incitations fiscales et de pressions préfectorales,  à se  fédérer dans des structures dites "intercommunales" : communautés de communes ou   d'agglomération.  Or, il  a fallu, pour ce faire,  recruter près  de 200 000 fonctionnaires qui ne sont nullement venus de se substituer aux fonctionnaires communaux mais se surajouter !  

Depuis 2011, l'Etat a entrepris, avec le même résultat  de fusionner entre elles les communautés , jugées trop petites, pour faire des mégastructures avec le même  résultat.

Pourquoi cet effet pervers   massif est-il ignoré ?  D'abord parce que nos élites, enfermées dans le quelques préjugés parisiens,  ont  depuis longtemps cessé de prendre leurs décisions en fonction d'une humble,  patiente et prudente observation des faits , mais selon des  schémas abstraits , jamais remis en cause  :  en l'occurrence l'idée  que les économies d'échelle  sont un principe universel et   qu'une plus grande structure entraîne moins de frais généraux , idées aussi paresseuses que  calamiteuses.  En matière de réforme administrative, notre  réflexion en est  restée   à la priorité à l'industrie lourde  et  à l'efficacité des  sovkhozes !

Autre préjugé : que les méthodes du secteur privé peuvent être transférées sans adaptation  au secteur public, que l'administration doit se mettre au management,  formule à la mode   où on met un peu n'importe quoi.

Les mécanismes qui entrainent ces  effets  paradoxaux seront étudiés dans le détail quand nous aurons enfin une science administrative sérieuse.  Mais on en perçoit quelques uns: d'abord le manque de courage qui amène , quand on fusionne deux corps , à aligner toujours  les avantages des agents par le haut, voire à donner des primes supplémentaires à tous pour neutraliser des résistances souvent justifiées ; ensuite, en matière d'organisation territoriale,  la nécessité, du fait de   l'irréalisme qui a inspiré les réformateurs,    de maintenir, voire  reconstituer l'échelon local , le résultat final étant qu' on aura un peu plus compliqué les choses :  c'est la cas des communes, ce sera sans doute le cas des départements ou même des régions  actuelles, personne n'imaginant sérieusement   que les routes départementales  de   Creuse pourront être gérées  de Bordeaux alors que, jusqu'ici elles  l'étaient , à la satisfaction générale, de Guéret .  Autres facteurs : la difficulté de forcer   du jour au lendemain des centaines de fonctionnaires territoriaux   à changer de ville, à aller de Strasbourg à  Metz  ou de Nîmes à Toulouse.  La confusion  abusive de métiers très différents tels ceux du placement et de l' indemnisation au sein du Pôle emploi. Ou encore les fausses fusions qui conduisent par exemple, dans les nouvelles directions  de l'aménagement,   à doubler un chef de service d'un corps par un adjoint de l'autre corps.

A ces considérations s'ajoute le coût propre à tout changement   de   structure  qui résulte des problèmes immobiliers ( ceux de la  réforme de la carte  judiciaire ne sont pas encore amortis ; que fera-t-on de l'Hôtel de la région Auvergne qui vient d'être inauguré ? ), mais aussi du stress  infligé aux agents qui entraîne  une baisse durable de la productivité voire une démobilisation , quand ce n'est pas le chaos pur et simple et la dégradation du service public  qui en résulte. L'administration française   en est en effet au stade paléolithique de la conduite du changement - et commet en serait-il autrement dès lors que la plupart de ces changements sont injustifiables, ce que les agents ressentent parfaitement ?  Ajoutons  les longues phases d'apprentissage des nouvelles procédures et  de  changement des  habitudes :  l'habitude a mauvaise presse dans la rhétorique officielle;  pourtant tout organisme efficace est fondé, comme l'avait montré le philosophe Félix Ravaisson,  sur des habitudes de travail bien rodées qui permettent  à un certain  nombre d'agents de   conjuguer harmonieusement  leurs efforts. Changer   ces habitudes , c'est toujours  diminuer  l'efficacité. La réforme de l'Etat à la française s'est fondée  sur la dénonciation obsessionnelle  des routines administratives  ; elle a abouti à un bouleversement permanent, qui s'est traduit par  des surcoûts considérables. Contrairement   à ce qu'imagine un pseudo-libéralisme aussi  superficiel que destructeur  , si l'on veut augmenter sensiblement  le poids des charges publique dans les prochaines années,  le plus simple est  d'accélérer les réformes de structure tout  azimut  !

Et ben évidemment  , pendant qu'on perd du temps à bouleverser les organigrammes, on ne fait pas le travail analytique patient et  laborieux de révision de procédures qui seul permettrait de faire des économies sans qu'il y ait pour cela nécessité d'opérer de grands chambardements

Tous ces phénomènes se trouvent aggravés plus que proportionnellement,  quand  les réformes sont de grande ampleur. Ce qui nous conduit à pronostiquer que la réforme territoriale telle que l'envisage M. Valls va conduire , non point à économiser   10 milliards   comme l'annonce sans aucune base sérieuse le secrétaire d'Etat   M.Vallini mais à engager    30 ou 40 milliards de dépenses supplémentaires .  Passer de 22 ragions à 13, supprimer 90 départements :  attendons nous à une explosion des  coûts de nos  structures territoriales, analogue à l'explosion des  dépenses  qu'a  représenté à l'échelon communal   l'introduction des communautés de commues.

Et tout cela pour  rien, puisque  tout le monde  sait aujourd'hui que, contrairement à ce que répète une doxa  infondée,  le régions françaises actuelles sont aussi grandes  que celles  des autres pays d'Europe, et    que l'échelon départemental  élu, si vilipendé, existe sous  différentes formes dans tous les pays .

C'est dire  qu'au  moment où M. Valls a besoin de faire   des  d'économies substantielles, il engage une réforme dont tout laisse supposer qu'elle va entrainer un gigantesque désordre et , au contraire de ce qui est prévu,  plusieurs dizaines de milliards  de dépenses supplémentaires. Bonjour les dégâts !  

Roland HUREAUX

 

                                                          

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 08:00

 

A en croire une information émanant  de  la CIA en date  du 23 juillet, il serait "certain"  que la destruction en vol  du Boeing  du vol MH17  de Malaysia Airlines qui a fait 298 victimes n'a pas été  volontaire ; il serait "probable" que le tir émanait des rebelles russophones ukrainiens.

Décryptons le message :   si l'agence dit seulement qu'il est "probable" que le tir soit parti des rebelles ukrainiens, c'est qu'elle n'en a pas la moindre preuve. Si elle en  avait, le ton, n 'en doutons pas, eut été plus péremptoire.

D'ailleurs tout le monde admet que les rebelles n'ayant pas d' aviation, ils n'auraient pu abattre un avion de ligne volant à 10 000 m d'attitude que s'ils avaient  disposé de missiles lourds de type SA 11.  On laisse entendre  de manière accusatoire, que le gouvernement russe les leur aurait livrés . Mais  aucune preuve sérieuse  de la présence de tels engins entre les mains des rebelles n'a été à ce jour rendue publique.  Pas davantage les Américains  n'ont publié  leurs enregistrements radar juste avant le  krash comme le leur demandent  les Russes.

Donc les Etats-Unis n'ont pas la moindre preuve de l'implication des rebelles russophones dans ce malheureux drame.

Dans ce cas là, qui a tiré ? Si les Américains ne le savent pas, comment peuvent-ils assurer que  le tir est involontaire? En disant cela, n'avouent-ils pas qu'en fait, ils connaissent le fond de l'affaire ?   Ne peut-on soupçonner qu'ils veulent d'avance   exonérer le véritable auteur du tir , ce que bien entendu ils ne feraient  pas s'ils avaient la preuve que ce sont les russophones ?  Qui est donc responsable ?  Il ne  peut s'agir bien entendu que de l'armée régulière ukrainienne.

Tout cela n'a pas empêché, dès les premières heures qui ont suivi le drame, le gouvernement américain,  aussi bien le président Barack  Obama que le secrétaire d'Etat  John Kerry d'accuser la Russie et ces accusations ont si bien porté que le gouvernement russe a été pointé du doigt dans tout  le monde occidental pendant plusieurs jours. Il s'est  trouvé ainsi un peu plus diabolisé. Dans la foulée, les gouvernements européen se chamaillent sur les sanctions à prendre contre Moscou sans même se demander s' il y a lieu d'en prendre.  Dans les tous derniers jours, la rhétorique s'est déplacée : on dit que ce krash n'aurait pas eu lieu si l'Ukraine n'était pas en guerre; or si elle est en guerre, c'est la faute à  la Russie qui livre des armes  aux rebelles. Autre indice d'une absence de vraie certitude

Et s'il était avéré , au contraire, que l'armée ukrainienne est responsable du krash , gageons qu'aucun porte-voix d'un gouvernement occidental ne le reconnaitra:  les choses resteront durablement  dans le flou.  Ces soupçons sont confirmés par la récente offensive de la dite armée   qui empêche depuis deux jours  les experts dépêchés par l'OESCE de travailler sur  le site du krash, une offensive qui  n'avait , selon les observateurs, aucun caractère d'urgence. Ils le seront encre bien davantage si s'avérait fondée l'information selon laquelle le pilote ukrainien  qui a tiré sur le Boeing aurait avoué : une révélation énorme , qui n'est n' est relayée  pour le moment , n'en soyons pas étonné, que par des  médias  allemands.

 

C'est la première impression qui reste

 

Mais les spécialistes de la  communication le savent: en situation de crise,  la première impression seule reste dans les esprits.

De ce point de vue, Washington a gagné dans cette tragédie   une grande bataille psychologique.  Comment le Kremlin aurait-il pu  s'y opposer d'ailleurs, puisque il n'a aucune influence sur les médias occidentaux ?   

Mais en même temps, l' affaire a   révélé au grand jour  jusqu'où  allait la mutation  des valeurs occidentales. Longtemps ce dernier pouvait se targuer, face à l'Union soviétique ou  d'autres,  d'un avantage moral considérable : la liberté  de la  presse et de la communication ( le troisième "panier" des accords d'Helsinki de  1975) , la libre circulation de l'information et par là  la possibilité pour chaque citoyen  d'accéder à la vérité. La quasi-unanimité avec laquelle la presse occidentale a , de manière explicite ou implicite, accusé  les rebelles russophones et la Russie avant de disposer de  la  moindre preuve - et pour cause, puisqu'il   n'y en a pas - ,  montre  comment  le monde que l'on disait  libre est devenu une immense machine de manipulation des opinions publiques.  

C'est peut-être ce qui, dans cette affaire , est le plus inquiétant.

Roland HUREAUX

 

 

                                                               

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 07:56

Article publié dans Marianne le 8/08/2014


Cela arrive hélas de plus en plus souvent en matière de politiques publiques :   la réforme territoriale projetée par le gouvernement  Valls  part de présupposés qui sont tous faux.

Nos régions seraient trop petites par rapport à celles de nos voisins européens ? La population moyenne de nos 21  régions métropolitaines ( à Corse exclue )  est de 2,9 millions d’habitants ;  celle des  20  régions italiennes de 2,9 millions aussi. Celle des 17  communautés  espagnoles de  2,5 millions.

Reste l’Allemagne : en moyenne,  ses 15 länder ont 5 millions d’habitants, mais comme ils sont très inégaux, sait-on que  8  sur 15 sont plus  petits  que la moyenne française ? Et  si l’on ne considère que les 6 länder de l’ancienne Allemagne de l’Est,   découpés  après  la réunification, leur moyenne est de 2, 5 millions seulement.  

On peut  aller plus loin : aux  Etats-Unis,  20 Etats sur 50 ont moins de 3 millions d’habitants sans qu’il soit question de  regrouper quoi  que ce soit !

La France aurait surabondance de niveaux  administratifs ?  Le fameux « millefeuille français »  répété en boucle  depuis 25 ans  sans que personne, apparemment, ne se soit avisé d’aller voir ailleurs !

La vérité : l’Allemagne,  l’Italie, l’Espagne ont, comme nous,   des conseils  locaux élus sur trois niveaux : un landstag, un conseil régional  ou de communauté, un conseil de district (kreis) ou provincial,   et des conseils municipaux. Seule particularité française : nos  conseils communautaires qui ont pris de l’importance très récemment aux dépens des conseils municipaux sans être arrivé (et heureusement !) à s’y substituer.  Cette complication, la seule  résulte de la loi Joxe  de 1992 qui visait… à simplifier ! 

Quant à  l’Angleterre, elle a  4 niveaux (régions,  comtés, districts, paroisses) mais la région rajoutée par Tony Blair  est embryonnaire et la paroisse résiduelle : seuls comptent les  148 bourgs (urbains)  ou comtés (ruraux), sensiblement plus nombreux, on le voit,   que nos départements.  

 

Au départ : quelques idéologues fumeux

 

Cette affaire ridicule de réforme territoriale est en fait  sortie d’un tout petit groupe  d’idéologues  socialistes en mal d’idées et  germanolâtres,  comme le sont beaucoup de nos compatriotes, surtout de gauche,  qui , depuis vingt-cinq  ans,  font une campagne  insensée pour  regrouper  les régions  et supprimer le département.

Esprits superficiels, ils sont partis d'une illusion :   le hasard a fait que les plus grosses entités de nos voisins,   en Allemagne ( Rhénanie Nord-Westphalie : 17, 8 millions d’habitants,  Bade-Wurtemberg :  10,7  , Bavière 12, 5 ) , en Italie ( Lombardie : 9,8 millions), en Espagne ( Catalogne : 7, 5 millions) - à comparer d’ailleurs avec l’Ile-de-France :  11,8 millions )  ne  sont  pas loin de nos frontières.  Et on n’est pas allé voir plus loin…

Tous  nos voisins ont  en revanche veillé  à respecter les solidarités  historiques. Si la Bavière est  un  gros  land,  ce n’est pas  parce qu’en Allemagne tout est kolossal, c‘est parce que la Bavière a une histoire, comme l’Alsace, comme le Limousin, comme  la  Picardie.

Ceux qui découpèrent  nos régions  en 1964 eurent   le même  souci de retrouver le contour  des  anciennes provinces, conscients que si la Franche-Comté et la Bourgogne  sont deux petites régions,  l’histoire leur a donné un caractère différent . On ne refait pas un  travail de ce genre tous les cinquante ans  surtout s’il a été bien fait.   Et que dire des coûts ? Quand le ministre Vallini annonce de 15 à 25 milliards d’économies à attendre, on est en pleine fantasmagorie. Le précédent de l'intercommunalité : (200 000 fonctionnaires de plus !) n'est pas encourageant. Sait-on qu'en  matière de gestion publique, à la différence du  secteur privé, les fusions de services entraînent toujours des coûts supplémentaires  ?   

La réforme projetée sera non seulement inutile et coûteuse mais inhumaine :  les misères plus profondes se trouvent aujourd'hui  non pas en  banlieue parisienne mais  dans le Massif central, et on priverait  ce dernier de  ses deux capitales régionales !

Alors pourquoi ce branle-bas ? Les idéologues dont nous parlions ne se sont pas contentés d’agiter le thème  des grandes régions dans des centaines de colloques, de commissions, de tribunes jusqu’à ce que cette absurdité soit prise au sérieux. Ils sont aussi allés à Bruxelles,   à l’OCDE,   au FMI, dénoncer inlassablement  nos régions trop petites et le prétendu    millefeuille  français. A force, on les a crus.  Et quand M.Valls veut donner à  l’Europe  l’illusion qu’il fait  de vraies réformes,  il met en branle  le big bang territorial, en attendant  que nos interlocuteurs européens s’aperçoivent que, à son habitude, il leur aura vendu  du vent.  

 

Roland HUREAUX

 

 

 

Seule erreur à notre sens dans le découpage  de 1964  :  la division entre Haute et Basse Normandie  qui n’a pas lieu d’être.

Sans diminution des effectifs des communes, bien entendu .

Les exemples abondent: Pole emploi  ,  DGFP, France-Télévision,  rapprochement Police-Gendarmerie . Il ne s'agit pas de coûts provisoires mais durables . 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 07:54

 

Au temps de l'Union soviétique, ceux qui avaient analysé  le phénomène idéologique ( Raymond Aron, Jean-François Revel, Alain Besançon,   Annie Kriegel, pour s'en tenir aux Français) disaient que le propre de l'idéologie était de laisser en plan les vrais problèmes et de chercher à résoudre ceux  qui ne se posaient pas.

La France est confrontée aujourd'hui  à d'immenses problèmes mais précisément pas à un problème de découpage régional !    

C'est pourquoi le gouvernement socialiste, gouvernement idéologique s'il en est , y  consacre aujourd'hui l'essentiel  de son énergie.

Faux problème ? Oui, car nos régions, contrairement à ce qu'a force de l'entendre répéter, on a fini par croire, ne sont pas plus petites que dans le reste de l'Europe;

La population moyenne de nos 21 régions métropolitaines ( en ne comptant ni la Corse ni  l'Outre-mer )  est de 2,9 millions d’habitants ;  celle des  20  régions italiennes, de 2,9 millions aussi. Celle des 17  communautés autonomes espagnoles de  2,5 millions.

On croit que les länder allemands sont plus puissants: c'est   en partie vrai :  en moyenne,  les 15 länder ont 5 millions d’habitants, mais comme ils sont très inégaux, sait-on que  8  sur 15 ( dont les 6 d'Allemagne de l'Est, de création récente ) sont au-dessous de  la moyenne française.  

Sortons d'Europe: aux  Etats-Unis, 20 Etats sur 50 ont moins de 3 millions d’habitants sans qu’il soit question de regrouper quoi  que ce soit ! L'Angleterre n'avait pas de régions et s'en passait d'ailleurs fort  bien  jusqu'à ce que Tony Blair, réformateur brouillon lui aussi,  en crée, mais pas plus grandes que les nôtres, l'Ecosse    (5 millions d’habitats), le Pays de Galles (3 millions) et l’Irlande du Nord (1,8 millions), royaumes distincts posant, comme on le sait,  des problèmes spécifiques.

Comme il arrive  souvent, ce projet absurde est né de deux travers bien français : d'abord la germanolâtrie  la plus stupide, l'idée que tout est mieux  en Allemagne,  cette maladie  née de la défaite de Juin 1940 , dont le général de Gaulle avait tenté de nous guérir  mais qui est revenue au galop depuis ; ensuite la légèreté  française qui fait que non seulement on veut imiter  le voisin mais,    en plus, on ne fait  pas l'effort  d'aller voir ce qui se passe vraiment chez lui ! 

Cette gent sotte et superficielle,  comme dirait notre bon vieux La Fontaine,  qui inspire les réformes en cours , est partie d'une  illusion :   le hasard ayant  fait que les plus grosses  régions  de nos voisins,   en Allemagne ( Rhénanie Nord-Westphalie : 17, 8 millions d’habitants,  Bavière 12, 5,  Bade-Wurtemberg :  10,7 ) , en Italie ( Lombardie : 9,8 millions), en Espagne ( Catalogne : 7, 5 millions) - à comparer cependant  avec l’Ile-de-France :  11,8 millions et Rhône-Alpes :  6,2 millions ) ne se  trouvaient pas loin de nos frontières., on n’ a pas pris la peine d'aller voir  plus loin:  la  Thuringe, les Pouilles, l' Estramadure …

Non seulement cette réforme ne nous rapproche pas de nos voisins, mais elle nous en éloigne.  Ils ont tous été en effet   attentifs à  respecter les solidarités  historiques. Si les länder allemands sont si inégaux et si  Bavière est  un   gros   land,   c‘est parce que la Bavière a une histoire, comme l’Alsace, comme Lorraine, comme le Limousin, comme  la  Picardie.  Et aucune de ces entités n'est à cheval sur une frontière linguistique, come le sera notre future région Est.  Nous avions réussi à faire de même  dans l'admirable réforme de 1964 et comme personne ne se plaignait vraiment, il y avait là , dans la logique désormais toute-puissante de ce que Guy Debord appelait  la société du spectacle,  pour  tout bouleverser.

Tout bouleverser au mépris de la sagesse qui commande  de laisser  au temps le soin de consolider les nouvelles institutions , comme on avait su le faire  pour le département depuis 1789 .

Tout bouleverser au mépris surtout de cette règle de sociologie administrative , hélas ignorée : en matière d'administration publique, il n' y a pas d'économies d'échelle !

Au contraire, il faudra ajouter aux coûts  de transition, qui risquent d'être considérables  comme dans toute réforme,    le coût de concentration lequel obéit à un principe malheureusement  ignoré de nos décideurs    plus une structure publique  est lourde,  plus les frais généraux sont importants;  on aurait dû s'en apercevoir (entre mille cas semblables)  avec l'intercommunalité qui a entraîné le recrutement de 200 000 fonctionnaires. Bonjour les dégâts ! 

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 07:46

 

La réforme territoriale projetée par le gouvernement  Valls  part de présupposés qui sont tous faux.

Nos régions seraient trop petites par rapport à celles de nos voisins européens ? La population moyenne de nos 22 régions continentales est de 2,9 millions d’habitants ;  celle des  20  régions italiennes, de 2,9 millions aussi. Celle des 17  communautés autonomes espagnoles de  2,5 millions.

Reste l’Allemagne : en moyenne,  ses 15 länder ont 5 millions d’habitants, mais comme ils sont très inégaux, sait-on que  8  sur 15 sont plus  petits  que la moyenne française ? Et  si l’on ne considère que les 6 länder de l’ancienne Allemagne de l’Est,   découpés  après  la réunification, leur moyenne est de 2, 5 millions seulement. S’il avait fallu augmenter en Europe  la taille des  régions, nul doute que les Allemands y auraient pensé  en 1990 !

On peut  aller plus loin : aux  Etats-Unis,  20 Etats sur 50 ont moins de 3 millions d’habitants sans qu’il soit question de  regrouper quoi  que ce soit !

La France aurait surabondance de niveaux  administratifs ?  Le fameux « millefeuille français »  répété en boucle  depuis 25 ans  sans que personne, apparemment, ne se soit avisé d’aller voir ailleurs !

La vérité : l’Allemagne,  l’Italie, l’Espagne ont, comme nous,   des conseils  locaux élus sur trois niveaux : un landstag, un conseil régional  ou de communauté, un conseil de district (kreis) ou provincial,   et des conseils municipaux. Seule particularité française : nos  conseils communautaires qui ont pris de l’importance très récemment aux dépens des conseils municipaux sans être arrivé (et heureusement !) à s’y substituer.  Cette complication, la seule, d’ailleurs pas complètement absente de l‘Espagne ou l’Allemagne, résulte de la loi Joxe  de 1992 qui visait… à simplifier ! 

Quant à  l’Angleterre, elle a  4 niveaux (régions,  comtés, districts, paroisses) mais la région rajoutée par Tony Blair  est embryonnaire et la paroisse résiduelle : seuls comptent les  148 bourgs (urbains)  ou comtés (ruraux), sensiblement plus nombreux, on le voit,   que nos départements. Les royaumes  séparés comme l’Ecosse  (5 millions d’habitats), le Pays de Galles (3 millions) et l’Irlande du Nord (1,8 millions) posent, eux,  des problèmes spécifiques.

 

Au départ : quelques idéologues fumeux

 

Cette affaire ridicule de réforme territoriale est en fait  partie d’un tout petit groupe  d’idéologues proches du parti socialiste,  en mal d’idées et  germanolâtres,  comme le sont beaucoup de nos compatriotes,  qui , depuis vingt-cinq  ans,  font une campagne  insensée pour  regrouper  les régions  et supprimer le département.

Esprits superficiels, ils sont partis d'une illusion :   le hasard a fait que les plus grosses entités de nos voisins,   en Allemagne ( Rhénanie Nord-Westphalie : 17, 8 millions d’habitants,  Bade-Wurtemberg :  10,7  , Bavière 12, 5 ) , en Italie ( Lombardie : 9,8 millions), en Espagne ( Catalogne : 7, 5 millions) - à comparer d’ailleurs avec l’Ile-de-France :  11,8 millions et Rhône-Alpes :  6,2 millions )  ne  se trouvent pas loin de nos frontières.  Et on n’est pas allé voir plus loin…

Autre  illusion : les régions étrangères ont généralement des budgets plus lourds  que les nôtres. Parce que les échelons inférieurs, notamment le département (kreis en Allemagne, provinces en Espagne et en Italie) sont plus faibles. Mais surtout parce que ces  budgets sont gonflés par les masses salariales des  enseignants ou des policiers régies par des conventions collectives nationales qui ne  laissent guère de  marge de manœuvre !  Ceux qui s'extasient devant le  devant le modèle allemand   ne savent pas à quel point le fédéralisme s’y   trouve aujourd’hui  vidé de sa substance : la plupart des compétences économiques des länder sont passées à Bruxelles, le statut des gros bataillons de fonctionnaires,    les enveloppes budgétaires et le taux des impôts sont fixés au niveau fédéral.

Ce  à quoi  tous nos voisins ont  en revanche été attentifs,   c’est de respecter les solidarités  historiques. Si la Bavière est  un  gros  land,  ce n’est pas, comme un vain peuple pense,  parce qu’en Allemagne tout est kolossal, c‘est parce que la Bavière a une histoire, comme l’Alsace, comme le Limousin, comme  la  Picardie.

Ceux qui découpèrent  nos régions  en 1964 le firent avec le même souci de retrouver le contour  des  anciennes provinces, conscients que si la Franche-Comté et la Bourgogne  sont deux petites régions,  l’histoire leur a donné un caractère très différent . On ne refait pas un  travail de ce genre tous les cinquante ans  surtout s’il a été bien fait. D’autant que dans le secteur public, à la différence du secteur privé,  toutes  les opérations de fusion-concentration,  génèrent  non des économies d’échelle mais des  surcoûts, comme le montrent entre autres le grand chantier de l’intercommunalité, issu du même courant d’idées. Sans compter les  coûts  de transition propres  à toutes les réformes. Quand le ministre Vallini annonce de 15 à 25 milliards d’économies à attendre, on est en pleine fantasmagorie. Le précédent de l'intercommunalité : (200 000 fonctionnaires de plus !) n'est pas encourageant. Qui ignore au  demeurant qu'un matière de gestion publique, à la différence du  secteur privé, les fusons de services entraînent toujours des coûts supplémentaires  ? 

La réforme projetée sera non seulement inutile et coûteuse mais inhumaine : au moment où une étude vient de montrer opportunément  que les misères les plus profondes se trouvent non pas en  banlieue parisienne mais  dans le Massif central, on priverait  ce dernier de  ses deux capitales régionales !

Alors pourquoi ce branle-bas ? Les idéologues dont nous parlions ne se sont pas contentés d’agiter le thème  des grandes régions dans des centaines de colloques, de commissions, de tribunes jusqu’à ce que cette absurdité soit prise au sérieux. Ils sont aussi allés à Bruxelles,   à l’OCDE,   au FMI, dénoncer inlassablement  nos régions trop petites et le prétendu    millefeuille  français. A force, on les a crus.  Et quand M.Valls veut donner à  l’Europe  l’illusion qu’il fait  de vraies réformes,  il met en branle  le big bang territorial, en attendant  que nos interlocuteurs européens s’aperçoivent que, à son habitude, il leur aura vendu  du vent.  

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Seule erreur à notre sens dans le découpage  de 1964  :  la division entre Haute et Basse Normandie  qui n’a pas lieu d’être.

Sans diminution des effectifs des communes, bien entendu .

Les exemples abondent: Pole emploi  ,  DGFP, France-Télévision,  rapprochement Police-Gendarmerie . Il ne s'agit pas de coûts provisoires mais durables . 

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