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Roland HUREAUX

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:57

REFUSER DE FETER LE 19 MARS N'EST PAS CELEBRER l'ALGERIE FRANCAISE

http://www.bvoltaire.fr/refuser-de-feter-le-19-mars-nest-pas-celebrer-lalgerie-francaise/

 

En attaquant bille en tête Robert Ménard pour avoir renommé à Béziers la rue du 19 mars 1962 rue du commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, Manuel Vals n’a pas peu contribué à obscurcir la mémoire des évènements de la fin de la guerre d'Algérie.  

N'était la personnalité exceptionnelle de celui qui a été ainsi honoré, condamné certes par le Haut Tribunal militaire en 1961, mais gracié dès 1966, unanimement respecté et, au soir de sa vie, couvert d'honneurs par tous les gouvernements, on pourrait certes tenir non le changement lui-même mais le nouveau nom pour une provocation.

Mais en ne voyant en Denoix de Saint-Marc que le participant du putsch d'Alger (ou plutôt celui qui ne voulait pas trahir sa parole d’officier), Vals ramène la question à un face à face absurde entre les tenants du 19 mars et ceux de l'Algérie française, comme s'il n'y avait pas d'autre position possible.

 

La pression du parti communiste

 

Est-il nécessaire de rappeler d'où vient que tant de rues en France portent aujourd'hui le nom du 19 mars ?

Les signataires des accords d'Evian n'y sont pour rien : le général de Gaulle aurait été le premier choqué que l'on appelât de ce nom une rue en France, a fortiori qu'on   fasse de cette date une fête nationale.  Tenant les accords d'Evian pour une douloureux pis-aller, il savait que ce jour là les Algériens fêtaient, non sans arranger l'histoire, une victoire.  De même que le 1er novembre, jour qui commémore le peu glorieux assassinat d'un couple d’instituteurs français en 1954, tenu pour le début de la révolte du FLN, qui n'est certes pas devenu une fête française, encore heureux, mais que nos ambassadeurs honorent pourtant de leur présence dans toutes les capitales du monde. Ni Pompidou, ni Giscard n'envisagèrent non plus de fêter le 19 mars 1962.   François Mitterrand lui-même résista des quatre fers à la pression de la base socialiste pour faire de ce jour une fête nationale. Jacques Chirac   ne céda pas non plus à cette démagogie. Ni Nicolas Sarkozy. Mais l'Assemblée socialiste ayant voté un texte dans ce sens en 2002, il a été avalisé par le Sénat dix ans plus tard, délai d’ailleurs discutable sur le plan constitutionnel.  François Hollande aurait pu s'y opposer ; il ne l’a pas fait. 

Derrière tout cela, la pression inlassable du parti communiste qui avait fondé le principal mouvement d'anciens combattants de la guerre d'Algérie, la FNACA. Beaucoup d'adhérents de celle-ci n'étaient pas communistes mais voulaient à toute force « leur » fête, frustrés que les poilus aient le 11 novembre, les combattants de la Seconde guerre le 8 Mai et eux rien.  La FNACA organisa, bien avant que cela fut officiel, des cérémonies aux monuments aux morts le 19 mars. La plupart des élus, pas seulement de gauche, prirent l'habitude de s'y rendre.   En même temps, cette association harcelait les   municipalités   pour qu'elles instaurent un peu partout des rues du 19 mars.

J'ai assisté à la réunion d'un conseil municipal de droite, qui vota à l’unanimité (sauf une voix, la mienne), une motion demandant que le 19 mars devienne une fête nationale. Autour de la table, personne ne savait exactement ce qui s'était passé ce jour-là et encore moins dans les tragiques semaines qui suivirent. On savait tout au plus   vaguement que c'était le jour de la "paix en Algérie".

Pour le Parti communiste, grand amateur de symboles, la signification du 19 mars était beaucoup plus perverse : les aventures coloniales n'ayant été qu'une mauvaise chose de bout en bout, le jour où elles se sont terminées, qu'importe dans quelles conditions, devait être célébré. Les malheureux anciens combattants qui entrèrent dans ce jeu n'avaient, pour la plupart, pas conscience que cette fête disqualifiait   entièrement   leurs efforts et leurs souffrances.

Il est vrai que ni le mouvement concurrent, l’UNC, ni les hommes politiques qui refusaient d'entrer dans ce jeu, ne firent beaucoup d’efforts pour trouver un autre jour, rappelant tel ou tel fait mémorable de notre histoire coloniale, qui leur aurait donné satisfaction.   On s’avisa bien tard    de leur donner le 5 décembre, jour à la signification bien pauvre puisqu' il célèbre depuis 2003   l'érection    quai Branly d’un monument commémoratif de la guerre d'Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc.

Cette affaire illustre une fois de plus que, si l'on laisse de côté les questions économiques et sociales, si contraintes par l’extérieur qu’elles ne sont plus significatives, et ne considère que les questions de mémoire et de   société, la France est aujourd’hui gouvernée à l'extrème gauche.      

 

                                                                                   Roland HUREAUX 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:56

LES ASSASSINS DE CHARLIE N'ONT PAS MANQUE LEUR CIBLE

http://www.bvoltaire.fr/rolandhureaux/numero-anniversaire-de-charlie-acte-de-soumission,231736

Il y a peu de chances que Charlie écoule le   numéro spécial tiré à un million d’exemplaires, à l'occasion du premier anniversaire de l'attentat.   Sauf le respect que nous devons aux victimes du 7 janvier, qui ne sont plus là pour donner leur avis (on aurait aimé connaître celui de Charb), ce bide ne nous attristera pas.

L’attentat a été commis par des islamistes et des islamistes seuls, mais pas d'amalgame !  Le numéro   s'en prend au Dieu des chrétiens et lui seul.   Il faut   en tirer les conséquences : les chrétiens sont responsables de l’attentat contre Charlie.

Au premier abord, ce sont, au travers de ce vieux barbu familier, désigné comme l'assassin qui "court toujours ", les trois religions monothéistes qui sont mises en cause.

C'est le Dieu unique qui est coupable des attentats terroristes. Sans doute l’était-il    aussi des 40 millions de victimes de Staline et des 60 millions de Mao Tsé Toung, éliminées au nom d'une idéologie athée ?

Il est vrai que les trois religions du Livre, comme on dit, se méfient de la représentation de Dieu, donc en un sens ce dessin ne vise personne. Mais le christianisme est plus souple. Et ce Dieu assassin porte derrière la tête le triangle qui signifie la Trinité : il ne peut donc être que celui du Nouveau Testament.

On dira que les Français ignorent ces détails et que d'ailleurs ils s’en moquent. Peut-être, mais les islamistes, eux, ne les ignorent pas. Les musulmans abhorrent la Trinité :  le Coran n’a pas de mots assez durs pour dénoncer les "associateurs", comme il appelle ceux qui y croient. Et ils auront parfaitement compris à ce signe discret que cette caricature ne les vise pas.

Ils auront compris en même temps qu’on a eu le souci de les ménager et que donc ils font désormais assez peur pour dissuader les attaques frontales. En ce sens, ils ont réussi leur coup du 7 janvier dernier.   Les journalistes de Charlie ont-ils compris ce qu'ils faisaient ? A moins de les croire complètement incultes, bien sûr. Courageux mais pas téméraires, ils ne s'en prennent désormais plus frontalement aux musulmans. Comme ils sont aussi très prudents aussi avec le judaïsme, leur seule cible est désormais la religion chrétienne.  

Messieurs les assassins du 7 janvier 2015, vous avez atteint votre objectif, bravo. D’une certaine manière, c'est à vous que ce numéro spécial rend hommage.

 

                                                                       Roland HUREAUX  

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:55

BEZIERS : EN ATTENDANT VILLIERS ?

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Beziers-en-attendant-Villiers

Incontestablement, Robert Ménard a réussi son pari : réunir à Béziers ce qu’Eric Zemmour a appelé la "droite hors les murs" : tous les conservateurs qui ne se reconnaissent pas dans les grands partis   se réclamant de la droite : Les Républicains, le Front national principalement.  

Les idées de droite aujourd'hui : l'attachement à la France, non seulement, comme idée abstraite mais comme civilisation, héritage chrétien compris, et réalité charnelle, un attachement de plus en plus tenu par les médias dominants pour du fascisme.  Il y a 50 ans, on aurait dit que la patrie n'était ni de droite et de gauche, aujourd'hui l'essentiel de la gauche - et une partie de la droite -  sont ralliés au mondialisme euro-atlantique pour lesquels cette idée est surannée et même fasciste.  Cette gauche est adepte, dans un domaine ou une autre, et   le plus souvent tous, d’idéologies simplificatrices, que beaucoup jugent destructrices.  

Plus de 2000 participants, plus de 100 intervenants dans une vingtaine d'ateliers sur des thèmes recouvrant l'ensemble des domaines de l'action publique. Les plus suivis de ces ateliers furent, on n'en sera pas étonné, ceux qui concernaient l'immigration, la justice ou l’éducation.

Ce qui   frappait : la qualité exceptionnelle des intervenants, à commencer par Denis Tillinac chargé de prononcer le discours d 'ouverture, une qualité que ne reconnaîtront sans doute pas les idéologues qui tiennent lieu d'intellectuels à la gauche, mais qui était pourtant bien réelle.

Parmi les nombreux intervenants, certains très à droite, tel Alain de Benoist, aujourd'hui parti en guerre contre le TAFTA, ou Renaud Camus, dénonçant inlassablement le "grand remplacement", d'autres pas vraiment comme Jean-Paul Brighelli ou l’inclassable Jean-Paul Gourévitch, qui étaient là plutôt comme techniciens respectivement de l'éducation et de l'immigration, tout comme Xavier Raufer l’était de la sécurité. A côté d'eux,    une pléiade de personnalités ayant  occupé des responsabilités importantes : ministérielles comme François Guillaume , professionnelles comme Charles Beigbeder , municipales comme Xavier Lemoine, judicaires comme Philippe Bilger ,    militaires  comme le Général Antoine Martinez ou associatives comme Jacques Bichot , François Billot de  Lochner ou  Ludovine de la Rochère, Karim Ouchikh , président du CIEL,   et bien d'autres ayant au minimum  écrit des  livres  hors des sentiers de la  pensée  unique  : Charles Gave,  Hervé Juvin,  Chantal Millon,  Serge Federbusch,  Frédéric Pons, Gilles-William Goldnadel,  Béatrice Bourges,  Daniel Fédou. 

 

Le changement ne peut venir que de droite

 

La droite, de qui seule à l'évidence, peut venir aujourd'hui le changement que les Français attendent, apparait composée de deux grandes forces politiques :  les Républicains et le Front national, très séparées idéologiquement au niveau de leurs dirigeants, beaucoup moins au niveau de leurs militants.  Entre les deux, la galaxie de Béziers où il y avait de quoi composer un conseil des ministres de meilleure tenue que dans certains partis.

Mais comment aboutir à une vraie synergie de ces forces ?   Béziers pourrait être comparé au boson de Higgs, qui donne du poids (de la masse) aux autres particules qui sans lui n'en ont pas. Mais là où la nature se charge de faire les amalgames, la politique a plus de mal.

Malgré l'extrême diversité des tempéraments et des engagements, presque tous les participants de Béziers n’avaient pas, sur la plupart des sujets, des idées franchement incompatibles. Seul l'euro auquel certains, tel Robert Ménard lui-même à ce qu'on a compris, demeurent attachés, constituait un clivage, rapidement évacué.

Il reste difficile de   trouver à ce rassemblement un débauché politique.    Eloignés des idées des candidats républicains (sauf Jean-Frédéric Poisson qui était présent et Jaques Myard) les participants se méfient pour la plupart du Front national : ne murmure-t-on pas qu'il attendrait 2022, ce qui indigne Robert Ménard pour qui le changement c’est   2017. Il est jugé par beaucoup trop endogamique et peu ouvert.

Un incident a confirmé ce défaut ouverture : l'ordre donné le samedi par Marine Le Pen à ses cadres, Marion Maréchal comprise, de quitter le forum à la suite d’une déclaration de Robert Ménard qui ne lui avait pas plu.   Tempête dans un verre d'eau.    

Quelle stratégie dès lors pour les "Biterrois" ? Si une centaine de propositions a été présentée en fin de colloque, de manière hâtive à notre gré, cette stratégie n'est pas    apparue clairement. Aucun candidat à la présidentielle   ne s'est déclaré.   Nul doute que la plupart de ceux qui étaient là se rallieraient à un Philippe de Villiers qui résume à peu près leurs positions, mais, quoique représenté, il n'était pas là, et il reste silencieux.

Alors quoi ? Fonder un nouveau parti ? il n'en est pas question non plus pour le moment. Peut-être un programme plus élaboré, ou alors une sorte de contre-gouvernement    mettant en valeur les compétences nombreuses que Robert Ménard a su réunir. Béziers est encore une affaire à suivre.  

 

                                                                       Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:53

LE BILAN TRES CONTESTABLE D'ANGELA MERKEL

Paru dans la Revue politique et parlementaire

http://www.france-audace.fr/le-bilan-tres-contestable-dangela-merkel/

 

Le magazine Time a cru bon de décerner à Angela Merkel le titre de personnalité   de l'année 2015. Il n'est pas sûr pour autant que l'actuelle chancelière reste dans les annales comme    une grande des grandes figures de l'histoire de l'Allemagne.

Depuis les dramatiques incidents qui ont marqué la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne et dans la plupart des villes allemandes, la cote de la chancelière est tombée outre-Rhin où toutefois elle n'avait jamais été aussi haute qu'en France.

Au pouvoir depuis dix ans, on cherche en vain quelle grande réforme elle a accomplie, en dehors de l'institution d'un Smic sensiblement plus faible que le notre (8,5 € de l'heure) et d'une amélioration de la prise en charge du chômage partiel.

Dès son arrivée au pouvoir, elle avait décidé la fermeture de la filière nucléaire, répondant sans doute au vœu d'une partie de l'opinion, mais hypothéquant l'avenir énergétique de son pays. A l'heure où la planète cherche à réduire le taux de carbone dans l’atmosphère, cette décision ne pouvait qu'entrainer l'ouverture de nouvelles centrales thermiques grosses émettrices. Le poids de l'exemple allemand a affaibli la filière nucléaire dans toute l’Europe, spécialement en France où elle constituait un de nos atouts majeurs.

 

Une rigueur allemande qui met en péril l'euro

 

Son prédécesseur Gerhard   Schröder, quoique issu de la gauche, avait mené, au moment précis du lancement de l’euro, une politique féroce de diminution du coût du travail passant par des coupes sombres dans le budget social et la baisse du pouvoir d'achat d'une partie de la population allemande qui a abouti, certes, à une baisse du chômage, mais aussi à la paupérisation d'une partie du pays. Cette politique faite sans concertation   européenne a hypothéqué gravement l’expérience de l’euro.  L’Allemagne, qui se trouve, au terme de cette "dévaluation interne" en position avantageuse par rapport à tous ses concurrents de la zone euro a vu son excédent commercial croître année après année à l'égard de tous les autres pays, en particulier la France qui se trouve, elle, au contraire, de plus en plus déficitaire. Il aurait fallu qu’en concertation, tous les pays fassent de même mais ce ne fut pas le cas.

On rappellera au demeurant que cette politique, admirée mais non imitée en France, n’a été possible que par la dénatalité qui diminue toute une série de charges : scolaires, sportives, de logement, réduit (hors immigration) les flux d’entrée sur le marché du travail et s’est traduite par lé dégradation tant du réseau routier que de la force armée.

Héritière de cette situation, Angela Merkel ne l'a certes pas aggravée mais elle n'a rien fait non plus pour la corriger.  Joseph Krugman, Prix Nobel d'économie dit que le seul moyen de sauver l'euro à terme, en restaurant les équilibres internes de la zone, serait que l'Allemagne se fasse   plus dépensière, mais on en est loin. L'opinion allemande ne s'y résoudrait d'ailleurs pas.

Angela Merkel, tout en conservant cet avantage, s'est   contentée faire année après année les gros yeux à tous les dépensiers de l'Europe, à commencer par la France, qui n’arrivaient pas à suivre l’Allemagne, pour des raisons culturelles fortes, dans ses exigences d'austérité.   A chaque crise, après avoir résisté au maximum aux demandes laxistes des pays du Sud, elle a fini par faire les concessions nécessaires pour éviter la rupture, sans doute à la demande d'Obama. Mais le résultat est catastrophique pour certains pays comme la Grèce, tenue   de céder la plupart de ses actifs publics à l'étranger - en particulier à des Allemands :  contraint à des engagements intenables, ce pays est aujourd'hui en voie rapide de sous-développement. Le Portugal ne va guère mieux ; la France et l'Italie sont à la peine. La stagnation à laquelle l’austérité allemande contraint l'Europe, pèse sur toute la planète.

 

 

Des relations troubles avec Erdogan

 

En matière diplomatique, Angela Merkel, sans rien innover, n'a rien aggravé non plus.   Schröder et Fisher, son ministre "national-vert" des affaires étrangères avaient joué un rôle néfaste dans les affaires des Balkans, plus préoccupés, dans la guerre de 1999, de prendre une revanche sur un ennemi historique de l’Allemagne, la Serbie, qui lui avait donné bien du fil à retordre à chacune des deux guerres mondiales, que de préserver la paix. Quoique le rôle de ses services y demeure obscur, rien ne prouve que Merkel ait, elle, soufflé sur les braises de l'affaire ukrainienne. Elle aurait même joué un rôle positif dans l'accord de Kiev (12 février 1995).

En revanche son rôle au Proche-Orient demeure obscur. Si le rôle de l'Allemagne y a été plus discret que celui de la France ou de l'Angleterre, elle en a partagé les turpitudes fournissant, en bonne élève de l’OTAN, à partir de 2011, armes et entrainement aux rebelles syriens qui étaient en fait des djihadistes.    

Stupéfiante, en revanche, est sa position vis à vis d’Erdogan, président de la Turquie. Alors que ce dernier, très proche des Frères musulmans et admirateur avoué d’Hitler, est le principal fauteur de troubles en Irak et en Syrie, notamment en laissant passer les djihadistes qui viennent du monde entier alimenter la guerre, et en favorisant (ou organisant ?) l'exode des réfugiés vers l'Europe, qu'avait-elle besoin d'aller lui apporter un soutien électoral appuyé fin octobre ? Aurait-elle trouvé son maître ?  La personnalité la plus influente   d'Europe, ce ne serait pas elle, ce serait le président turc ? En tous les cas, celui qui aura percé les secrets des liens entre l'Allemagne et la Turquie comprendra sans doute mieux ce qui s'est passé au cours des derniers mois   en Europe et au Proche-Orient.

Même si une partie des Allemands reconnait plutôt sa capacité manœuvrière pour gagner les élections, que sa capacité de porter une vision, Merkel avait gardé une bonne cote jusqu’à l'afflux des immigrés qui a commencé à la fin du printemps 2015.

 

L'accueil des migrants

 

L'accueil positif qu’elle leur a fait au début aurait certes pu être son apothéose :  cette femme élue par la droite allait dans le sens de toute la gauche européenne - et même occidentale - pour qui les frontières sont chose dépassée et l'avenir de l'Europe réside dans le multiculturalisme et le métissage, tournant le dos à une histoire tenue pour plus infâme que glorieuse. Certains la voyaient même recevoir le Prix Nobel de la paix.

Le retour du réel a été cinglant. Il est vite apparu que, malgré l'appui du patronat et des Eglises, cette politique de large accueil    rencontrait une opposition de plus en plus grande dans la population allemande.  L’entrée de près de 800 000 immigrants, non préparée, presque tous de confession musulmane et en grande majorité jeunes et de sexe masculin en un peu plus de six mois, s'est finalement traduite par un grave traumatisme.   Il s'est avéré que la différence des mœurs rendait l’intégration très difficile, sans compter les soupçons d’infiltration par les islamistes désireux non seulement de faire leur place en Europe mais même d'intimider et abaisser leurs hôtes : le viol collectif est le signe de la supériorité, une forme d'humiliation imposée à un peuple que l'on estime vaincu.

La chancelière aurait été surprise par la tournure des choses. C’est pourtant elle qui avait constaté en 2010 que « le modèle multiculturel allemand a totalement échoué ». Et comment peut-on arriver à un tel niveau de pouvoir sans un minimum de culture historique et d'expérience humaine qui aurait dû prévenir toute surprise. Ce qui s'est passé en Allemagne en décembre n’était-il pas tout à fait prévisible ?  Les Allemands   ne devraient-ils pas savoir, autant que quiconque, que la cohabitation de peuples hétérogènes n'est pas donnée d’emblée. A fortiori quand ils sont de religion différente. Un pays qui a connu la guerre de Trente ans peut-il imaginer que le pluralisme religieux pourrait ne pas causer des tensions ?    Cette luthérienne n’aurait-elle pas du savoir se qu'est le péché originel ?

Même si l’essentiel des réfugiés est accueilli en Allemagne, c'est toute l'Europe qui se trouve ébranlée. Si le pays de Beethoven sombre dans le chaos, aucun de ses voisins ne saurait s'en réjouir.

On aurait pu pardonner à la chancelière d’avoir pratiqué seulement une hospitalité passive : apprenant que des réfugiés entraient en masse en Europe, elle pouvait, faisant contre mauvaise fortune bon cœur (dans tous les sens du terme), préconiser une attitude humaine, mais les signaux exagérément positifs qu'elle a lancés au début de l’été ne pouvaient qu'alimenter de faux espoirs et contribuer à développer le flux. Un flux dont ses services ne pouvaient ignorer qu’ils étaient largement organisés par la mafia turque et sans doute par son ami Erdogan. Et si la chancelière estimait, pour des raisons démographiques ou autres, que l'Allemagne avait besoin de cette main d'œuvre, alors il fallait aller jusqu' au bout :   envoyer   aux candidats un visa et un billet d’avion à 200 € au lieu de les laisser se faire rançonner à hauteur de 5 à 10 000 euros tout en risquant leur vie. Quelque part, l 'attitude irresponsable de la chancelière qui appelle les migrants sur son sol sans leur donner    les moyens d'y venir dans des conditions normales n’est-elle pas très coupable ?  La politique allemande n'est-elle pas responsable à sa manière, de la mort pathétique du petit Aylan ?

La politique d'austérité économique de l'Allemagne, ne tenant aucun compte des pesanteurs propres à ses partenaires, a déjà hypothéqué l'avenir de l'euro - dont les observateurs lucides s'accordent à penser qu'il est en sursis.  La politique migratoire de la même Allemagne a largement compromis le traité de Schengen, l’Allemagne n'étant pas la dernière aujourd'hui à fermer ses frontières.   

 

Pourquoi ?

 

Il est très difficile de dire ce qui a motivé Angela Merkel dans cette affaire. Cette protestante a-t-elle laissé au vestiaire l'esprit de responsabilité (verantwortlichkeit) si prisé en   l'Allemagne du Nord ? Donald Trump va jusqu'à émettre des doutes sur sa santé mentale ; certains regardent du côté de son mystérieux passé est-allemand : antinucléaire et immigrationniste, ne serait-elle pas en réalité une femme de gauche infiltrée à la CDU ?  Il se peut aussi qu'elle ait été jusque là surestimée et que l'affaire de migrants révèle ses limites.  On peut cependant penser que la chancelière ne fait que mettre au jour   la    "bulle" dans laquelle la mécanique européenne et la complexité croissante   de l'exercice du pouvoir enferment les dirigeants d'aujourd'hui.   Trop occupés à se parler entre eux, à gérer la mécanique techno-médiatico-électorale dans laquelle ils excellent pour trouver le temps de lire ou de parler avec les "simples gens" (hors des caméras), ils perdent le sens du réel. Cela est vrai dans le monde entier, mais particulièrement au sein de   l'Union européenne où la caste dirigeante, absorbée par sa cuisine interne, s'est mise à dos presque partout les peuples.

S'il faut célébrer un grand chancelier allemand en ce début d'année, comment ne pas évoquer Helmut Schmidt qui vient de mourir ?  On peut ne pas partager sa sensibilité sociale-démocrate ; on peut ne pas approuver la tournure intégrée qu'il a donnée à l’Europe, de pair avec son compère Valéry Giscard d’Estaing. Mais il fut, de bout en bout, un homme responsable, allant jusqu’à braver son opinion publique et spécialement celle de son camp en demandant à Washington d'installer des euromissiles en Allemagne pour faire pièce à une menace soviétique montante, ou construisant avec le président français une relation véritablement partenariale et donc égalitaire.

Lucide jusqu'à ses deniers jours, il n’avait pas de mots assez durs   pour fustiger l'incompétence économique de l'équipe Merkel et l'aventurisme diplomatique de la Commission européenne dans l’affaire ukrainienne.  

 

                                                                       Roland HUREAUX

 

 

  

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:52

FILLON : UNE DESTABILISATION PREVISIBLE, DES CONSEQUENCES IMPREVISIBLES

 

http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/du-cote-des-elites/item/2990-une-destabilisation-previsible

 

Il était tout sauf imprévisible qu’une opération de déstabilisation de magnitude élevée allait se produire à l'encontre de François Fillon pendant la campagne présidentielle. Si le prétexte n’avait pas été la question des emplois controversés de son épouse, n'en doutons pas, un autre aurait été trouvé. 

L'élection présidentielle française occupe en effet une place décisive dans la géopolitique mondiale. Trump a battu Clinton et projette de se rapprocher de Poutine. Mme May, exécutrice du Br exit, s’apprête à leur emboîter le pas. Mais la moitié des Américains, le président Obama en tête, n’ont pas accepté la défaite d'Hillary Clinton. Ils pensent qu'elle n'a été battue que grâce à une manœuvre déloyale de Poutine.  Pour eux, Poutine, c'est Hitler, rien de moins ; il faut donc, pensent-ils, se préparer à lui faire la guerre.  Trump est un traitre acquis au président russe et ils espèrent le destituer. Ce camp a des relais politiques puissants en Europe : Hollande, Merkel, Juncker. Leur projet : faire bloc, renforcer l’intégration de ce qui reste de l’Union européenne après le Br exit et camper sur des positions hostiles vis-à-vis de la Russie. La plus grande partie de l’oligarchie et la quasi-totalité de médias, des deux côtés de l'Atlantique, sont dans ce camp.

De quel côté penchera le prochain président français ? On comprend que c’est là un enjeu capital qui n'intéresse pas que les Français.    Naturellement, l’élection de Marine Le Pen, hostile à l’euro et présumée   pro-Tromp et pro-Poutine serait pour eux une catastrophe. Mais du simple fait que Fillon a témoigné quelques sympathies et une volonté d'ouverture à   la Russie, il n'est pas non plus tenu par les milieux euro-mondialistes pour un homme sûr.  L'affaire éclate, est-ce un hasard ? au lendemain de sa visite à Berlin où se sont confirmées ses divergences avec Angela Merkel au sujet des sanctions imposées à la Russie :   Fillon veut les lever, Merkel pas.  Malgré les gages qu'il s'évertue de donner, telles ses professions de foi européennes ou ses étonnants coups de patte à Trump et Poutine lors de son   discours de la porte de la Villette, Fillon demeure suspect de "non-alignement". Comme Mélenchon et peut-être Hamon.

Emmanuel Macron est par contre l’incarnation emblématique du président que   le clan mondialiste pro-Bruxelles, pro-OTAN, pro-Clinton veut voir accéder à la tête de la France. La volonté d'une plus grande   intégration européenne, fut-ce sous gouverne allemande, l’hostilité à la Russie, une vigilance sourcilleuse sur les droits de l’homme sans le moindre remord    pour les cruelles guerres "humanitaires" menées au Proche-Orient en leur nom, ont tout pour rassurer ce clan.  Les propos tenus par Macron au Liban sont clairs :  il reste sur la ligne Sarkozy-Hollande exigeant le départ de Bahar-el-Assad, voie aujourd’hui sans issue et belligène s'il en est.

Si l’on croit que Marine Le Pen sera présente au second tour de la présidentielle, la seule question est :  contre qui ?  Il y a trois semaines, il n’y avait que deux réponses possibles :   Fillon ou Macron.

Il était donc clair que Fillon était l'homme à abattre. Une guerre invisible lui avait été faite durant la primaire de la droite : il n'était pas innocent que, face à deux candidats atlantistes pro-Clinton, Juppé et Sarkozy, les médias aient longtemps feint de l’ignorer, le reléguant au rang d'outsider. Fillon a néanmoins été élu, l'histoire dira par quel subterfuge.

Il ne restait qu’à l’abattre pendant la campagne électorale, si possible avant la date limite   de dépôt des candidatures de telle manière que les Républicains aient le temps de lui substituer un candidat mondialiste (ce que sont peu ou prou tous ceux à qui on pense pour le remplacer). Mais le but est de mettre Macron au second tour. Ceux qui font ce plan ne doutent pas qu'il gagnera contre Marine Le Pen.

 

Macron face à Le Pen : un résultat incertain

 

Est-ce si sûr ? Sans nul doute François Fillon battrait   Marine Le Pen. Mais pour Emmanuel Macron, ce n'est pas certain. On peut à première vue penser que, par ses ambiguïtés de    toutes sortes, par son profil jeune et décalé, issu de la gauche mais séduisant la droite, Macron    rassemblerait facilement l’ « arc  républicain" qui va de la  droite non-frontiste à ce qui reste du    parti communiste . Or il y a selon nous de sérieuses raisons d'en douter :  la gauche de la gauche aurait peut-être voté plus facilement pour Fillon que pour Macron, homme de la haute banque, incarnation achevée des trahisons de la   social-démocratie. Dès que les origines du complot contre Fillon viendront à la lumière, il risque d'en être de même à droite.

Mais le second tour de l'élection présidentielle ne se réduit pas à une arithmétique, il est un affrontement de deux personnalités et une   confrontation de chacune avec les Français « les yeux dans les yeux ». Le choc Macron contre Le Pen serait d'une extrême violence.  D'un côté une   incarnation caricaturale de l'oligarchie mondialiste (il a fait son discours de Berlin en anglais !), dont toutes les positions :  Europe, immigration, ultralibéralisme, libre-échange, vont à l'encontre de celles des Français de base. De l’autre, une figure, certes très contestée, mais dans laquelle une partie du peuple se reconnait. Dans une excellent article[1],  Jérôme Sainte-Marie a montré que, dans la situation de crise identitaire que les Français traversent, l’immigration, sur laquelle Macron, à la différence de Fillon, correction politique exige, n'offre aucune perspective, sera un enjeu central des présidentielles. L'affrontement entre les deux aurait le même caractère que celui de Clinton et de Trump : le déchaînement unilatéral d'une grande partie des médias et de la classe politique avec, malgré cela, la   même incertitude quant au résultat.  Et comme aujourd'hui aux Etats-Unis, celui qui l’emportera, quel qu'il soit, risque de pas être accepté par l'autre camp.

Les mondialistes qui ont fait les difficiles face à la perspective de la victoire de Fillon, jugé insuffisamment inféodé à l'ordre européen et mondialiste et qui ont cherché en la personne de Macron quelqu’un de totalement fiable, risquent une amère désillusion. Alors que la victoire de Fillon au second tour de la présidentielle   ne faisait pas de doute, celle de Macron est bien plus aléatoire que ce qu'on imagine.   

 

                                                                       Roland HUREAUX

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[1] Le Figaro , 17/01/2017

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:51

LE VRAI COUPLE QUI DIRIGE L'EUROPE :  MERKEL-ERDOGAN

 

http://www.causeur.fr/erdogan-merkel-turquie-allemagne-europe-migrants-37719.html

 

Il est clair pour qui en douterait que le "couple franco-allemand" (une expression que nos amis allemands ont en horreur, mais qui s'en préoccupe chez nous ?)  ne conduit plus les affaires de l'Europe. Désormais , c'est l'Allemagne qui règne sans partage, au moins apparemment, et la France ne compte plus guère. Non point en raison de sa faiblesse intrinsèque :  le  PIB français ne représente certes  que  74 %  de l'allemand mais ce n'est pas nouveau et puis,  il n'y a pas que  l'économie  qui compte:  " très longtemps, la France a  pour la première fois depuis deux siècles  une supériorité militaire écrasante sur l'Allemagne " (Hervé Juvin[1])  et ceci devrait compenser cela. Non, c'est par manque de volonté que la France s'est effacée.

Il  reste néanmoins  qu'un couple domine effectivement l'Europe : le couple Angela Merkel - Recip Erdogan : la chancelière d'Allemagne et le président de la Turquie ; leur coopération étroite explique beaucoup de   choses qui se passent en Europe, pour le meilleur et surtout pour le pire.  

 

Convergences sur les  réfugiés

 

D'abord la question des réfugiés. Il est clair que quand, à l'été 2015, Angela Merkel a fait savoir que les réfugiés syriens et irakiens seraient les bienvenus en Allemagne, elle se trouvait en parfaite synergie avec Erdogan qui laissait au même moment s'organiser le trafic consistant à aller chercher les réfugiés au Liban, souvent amenés en bus de Damas même, et à  les faire passer vers la Grèce au prix de 5 000  à 10 000 €.  Un trafic très lucratif  (qui ne concerne pas les réfugiés  déjà en Turquie,  trop pauvres pour  payer)  pour la mafia turque pour laquelle le gouvernement turc semble avoir plus que des faiblesses. La coordination entre Merkel et Erdogan  n'est cependant pas aussi parfait que l'auraient souhaité certains réfugiés : pour  170 € et un visa allemand, ces malheureux auraient pu prendre l'avion Istamboul-Berlin sans prendre le chemin hasardeux et sordide de la "route des Balkans". La coïncidence des dates n'en est pas moins troublante.

Quand Erdogan s'est trouvé, à l'automne, confronté à une élection législative difficile, il a reçu dans la dernière semaine la visite d'Angela Merkel qui lui a promis tout ce qu'il fallait pour renverser la situation : accès de Turcs sans visa sur le territoire de l'Union, reprise des négociations d'adhésion et déblocage de 3 milliards d'euros d'aide. Grâce à cet appui, l'arrestation de dizaines de journalistes et un trucage massif, le président Erdogan a conservé une majorité  parlementaire.

 

Un compromis très inégal

 

Merkel n'engageait en principe qu'elle, mais c'est comme par hasard  ces promesses que l'on retrouve dans le mandat de la négociation que Merkel était chargée de mener avec les instances européennes lors de la rencontre du 18 mars dernier. Et sur les trois chapitres, Erdogan a gagné : aux 3 milliards déjà obtenus en novembre, viennent même s'ajouter 3 nouveaux milliards.  Les négociations d'entrée doivent reprendre et les Turcs doivent pouvoir entrer sans visa dans l'Union européenne dès le 1er juin. Heureusement, ce dernier point est soumis à 72 conditions sur lesquelles la France a insisté ( Hollande servirait encore à quelque chose !) dont toutes ne sont pas remplies, ni près.

Qu'a donné Erdogan en échange ? Presque rien : après avoir fait un « tri » individuel selon des procédures compliquées loin d'être mises en place, l'Union européenne  pourra renvoyer jusqu'à 72 000 réfugiés (à rapporter au million qui est déjà rentré),  mais la Turquie aura le loisir de les remplacer un à un par d'autres supposés plus authentiques.

Grande discrétion sur le départ des réfugiés à partir de la Turquie que ce pays ne s'est que vaguement engagé à freiner. Elle s'y était déjà engagée fin 1995 ; or le flux n'a guère diminué : 150 000 sont entrés au cours du seul premier trimestre. Aller plus loin pour la Turquie, ce serait  reconnaître qu'elle a  la mainmise sur ces flux et donc, qu'elle les a probablement provoqués.  Il  n'en a pas été question.

Il n'a pas été question non plus de la responsabilité de la Turquie dans le déclenchement de la guerre poursuivie en Syrie et en Irak dans laquelle elle porte une lourde part de responsabilité. Ce n'était pas à l'ordre du jour. Et d’ailleurs les principaux pays de l'Union : France, Grande-Bretagne et Allemagne ont  aussi  leur part de responsabilité.

Les négociations ont été serrées : en arrivant à Bruxelles Ahmet Davutoglu, pas moins hypocrite que son patron, a averti les dirigeants européens que la question des réfugiés n’était « pas un marchandage, mais une question de valeurs humanitaires, ainsi que de valeurs européennes ».

Sur le même registre, Peter Sutherland, secrétaire adjoint des Nations Unies aux réfugiés, s'est inquiété que les conditions exigées par l'Europe ne soient pas légales au regard du droit des réfugiés. Cet ancien commissaire européen à la concurrence aime la libre circulation des marchandises et des hommes. On se demande pourquoi, autre "coïncidence", il avait décidé,  toujours à l'été dernier,  la diminution des allocations journalières des réfugiés se trouvant dans les camps.

On dit qu' Angela Merkel était très remontée  pendant ces négociations. Il y a de quoi mais avec quelle sincérité ? Qui nous fera croire que la puissante Allemagne n'avait pas les moyens d'obtenir plus si elle l'avait voulu ?

 

Pourquoi tant de timidité ?

 

On peut s'interroger sur les relations étonnantes entre Recip Erdogan et Angela Merkel, l'un frère musulman, l'autre protestante libérale influencée par le marxisme. La chancelière aurait-elle trouvé son maître ? Tout indique que, à la différence du "couple"  franco-allemand,  ce n'est pas elle qui tient les rênes.

La Turquie bénéficie, comme pays candidat à l'Union européenne, d’un libre accès au marché et de subventions importantes. On pourrait presque dire qu'elle a les avantages de l'Union sans les inconvénients. Les moyens de pression sur elle ne manquent donc pas.

Pourquoi alors   tant de timidité de la part de la chancelière, pourquoi cette cécité volontaire qui empêche de voir la responsabilité directe d'Erdogan dans les conflits du Proche-Orient et dans le transit de plus d'un million de réfugiés ? Erdogan  qui ne cachait pas jadis son souhait d'islamiser l'Europe par l'immigration, afin de venger la défaite de Lépante.

C'est la question la plus importante pour l'Europe, décisive pour son devenir,  et elle reste sans réponse évidente.

Les relations entre l’Allemagne et la Turquie sont anciennes :  les deux pays les plus peuplés d'Europe -  si on accepte les Turcs dans l’Europe et ils y sont déjà à bien des égards  -  peuvent conjuguer leur poids pour imprimer un destin à tout le continent : la culpabilité et la haine de soi de l'un, l'expansionnisme et le militantisme islamique de l'autre ne pouvaient que se rencontrer. D'autant que la première manque d'enfants et d'ouvriers.

Ces relations sont anciennes : au temps du Kaiser le projet de train Berlin - Istamboul-Bagdad constituait un des axes de la politique allemande. La coopération militaire allemande assista aux premières loges au massacre des Arméniens qui,  Hitler dixit,  inspira plus tard celui des Juifs (Hitler auquel Erdogan s'est récemment comparé).

 

L'ombre de Washington

 

Ces relations n'expliquent pas tout. Pas davantage que les relations personnelles de la chancelière et du nouveau sultan. Les deux pays sont membres de l'OTAN et sous la tutelle étroite des États-Unis, surtout Berlin .  Certains courants d'opinion à Washington ne cachent pas leur souhait de voir l'entrée massive de musulmans rabattre une fois pour toutes la superbe européenne, plonger notre continent dans de si grandes difficultés civiles qu'il  sera  définitivement écarté de la scène mondiale. A Davos le processus migratoire a reçu les encouragements du FMI et de l'OCDE , preuve qu'il a des parrains haut placés. Washington et Ankara ont tous deux la Russie de Poutine dans le collimateur. D'autres toutefois laissent penser qu'Obama serait fatigué des manigances d' Erdogan  et préférerait calmer le jeu.

 

La  menace des attentats

 

En tous les cas, Berlin serait bien récompensée de sa compréhension  toute particulière  vis à vis d'Ankara  en échappant , pour le moment au moins , aux attentats islamistes . De même qu'en octobre,  lors d'une tournée électorale auprès des Turcs d'Europe appelés à voter, Erdogan avait violemment attaqué la France à  Strasbourg et l'Europe à Bruxelles,  mais pas l’Allemagne. Si  l'on en croit certaines sources, notamment grecques, évoquées par Mediapart, les attentats de Paris et de Bruxelles auraient été organisés par les Turcs inquiets du soutien de la France et de l'Europe aux Kurdes. Des menaces à l'encontre de la France et de l'Europe dans la presse turque,  dans les jours qui ont précédé les drames,  l'attesteraient. La proximité d'Erdogan et de Daesh est assez grande pour l'expliquer et le roi Abdallah de Jordanie  l'aurait confirmé.  Il est cependant  trop tôt pour se prononcer de manière certaine. L'Allemagne a certes été épargnée  par les  attentas sanglants,  mais elle a  eu droit  à des attentats à la pudeur, eux aussi bien coordonnés .

En politique internationale, si la force peut conduire aux excès, la faiblesse est souvent criminelle : les années trente nous en avaient administré la leçon. Il se peut que l'effacement de la France, dont nous avons évoqué plus haut la raison, ait des conséquences bien plus calamiteuses qu'on ne l’imagine : non seulement le déséquilibre et , par là, la disparition du partenariat franco-allemand, qui constituait un axe de raison et de maîtrise de l'Europe par elle-même, mais aussi l’émergence de nouvelles forces et de nouvelles tendances fort inquiétantes pour l'avenir du continent ; il est temps que notre pays aujourd'hui en interrègne,  reprenne sa place dans   le concert des nations !   

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

[1] Hervé Juvin, Le mur de l'Ouest n'est pas tombé , PG de Roux, 2015, page 28

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:50

LA LETTRE PATHETIQUE DE MGR PONTIER

AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE EST RESTEE SANS EFFET

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/La-lettre-pathetique-de-Mgr-Pontier

 

Il y avait  quelque chose de pathétique dans la lettre adressée par Mgr Pontier, archevêque de Marseille et  président  de la Conférence des évêques  de France à François Hollande, président de la République,  le 28 novembre,  pour lui demander de ne pas laisser arriver à   son terme (sic) la proposition de  loi « relative à l’extension du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse » destinée à sanctionner les sites ou réseaux d'écoute des femmes envisageant  un avortement  ou voulant  se confier à quelqu'un après  y avoir eu recours.

Hélas, la loi a été définitivement  votée le 14 février denier. La démarche du président de la CEF  est restée sans effet.

Nous ne reviendrons   pas sur le  caractère abject de cette loi au terme de laquelle seront passibles de poursuite pénales  ceux qui tentent de   dissuader un avortement , alors même que  se trouvent, de fait,  à l'abri de telles  poursuites  ceux  qui y poussent.  Quand on sait que , dans leur la majorité,  les femmes avortent   sous la pression de leur   entourage ( y compris les employeurs)  et cherchent  souvent de manière désespérée quelqu'un qui   leur donne des arguments  pour lui  résister, on mesure ce que cette loi  a d'inhumain et de dégradant pour la  condition féminine réelle .

S'il était  juste de s'inquiéter,  comme l'a  fait l'archevêque,  du danger que représente  une telle loi  pour la liberté d'expression et donc  pour la  démocratie,  il aurait fallu aller plus loin et   dire que ce n'est pas seulement  la liberté qui est en cause mais la vérité : toute affirmation relative aux risques physiques ou psychologiques de l'avortement,  bien réels quoi qu'on dise, sera tenue pour une   pression à caractère  délictueux, assortie de sanctions très lourdes.  Orwell n'est pas loin.

 

Une démarche  exceptionnelle

 

La procédure utilisée par Mgr Pontier : une lettre directe  adressée au président de la République  est exceptionnelle. Non seulement elle n'a , semble-t-il,  reçu aucune réponse mais la proposition, appuyée par le gouvernement,  a inexorablement suivi son cours.

C'est en cela que la démarche de Mgr Pontier est pathétique. En recourant à cette  procédure inhabituelle, il  montre qu'il a été gravement heurté  par ce projet de loi, qui se situe pourtant dans la continuité stricte  de  tout  ce qu'a fait  le gouvernement socialiste  depuis  cinq ans.

Mais cette fois la coupe était pleine. L'absurdité de cette loi  met en plein jour la   perversité  de la logique que suit la majorité socialiste.

En ce sens, la démarche de Mgr Pontier  est celle d'un brave homme qui s'aperçoit soudain qu'il a été trompé.

Si  on  regarde les  prises de positons du  président de la  Conférence  épiscopale au cours des dernières années  : favorable à  l'Europe de Bruxelles ( et en même  temps pour  le  peuple grec, ce qui ne lui  parait pas contradictoire) , compatissant envers les  chrétiens d'Orient mais pas contre la politique   européenne de sanctions qui plonge la  Syrie dans  la misère ni contre  l'action de l'OTAN , bras armé de l'Europe, qui soutient les djihadistes qui massacrent  les chrétiens - et d'autres[1],  pour  l'accueil des réfugiés  qui fuient ces massacres sans en dénoncer les causes ,  réservé à l'égard  de la Manif pour tous,  hostile  au "populisme" ( entendons Front national ) , ces positions ne sont  pas tout à fait incompatibles avec celles du parti  socialiste au  pouvoir. A condition  de considérer le loi Taubira comme un égarement  passager ,  voire une forme de charité dévoyée à l'égard des homosexuels  qui sont  après tout "des  hommes  comme les autres", ces prises  de position   auraient  pu déboucher sur  une appel  à voter pour la gauche au second tour de la  présidentielle surtout si elle se trouve  face    au Front national.  La déclaration épiscopale « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique » du 28 octobre ( saluée sur cinq colonnes à la une par Le Monde et Libération généralement moins bien disposés vis-à-vis de l'Eglise catholique ), visait sans doute à préparer les esprits  à cela.

Ces positions   ne sont  pas  propres   au président de la Conférence : c'est tout le noyau décisionnel de l'Eglise de France : bureaux pléthoriques   de la CEF, principaux organes de presse : La Croix, La Vie ( désormais liée au groupe Le Monde de Pierre Berger ),  les Bernardins,  multiples associations dont le Secours catholique,  qui penche  généralement  vers ce centre gauche  plein de bons sentiments très hostile au populisme,  politiquement correct, méfiant de la droite  ( qui se souvient que les évêques de France avaient refusé de déjeuner avec Jacques Chirac ?) et qui pense que le  Front national est l'ennemi public. Cette position est en rupture avec celle de la majorité de ce qui reste de catholiques pratiquants ( et même des jeunes  prêtres) , de plus en plus  à  droite en moyenne non parce qu'ils auraient  évolué mais du fait que ,  quand  ils n'occupent pas une position d'appareil , et même quand ils en occupent une,    ceux   de gauche cessent pour la plupart de pratiquer.

Partant de ce point de vue,    Mgr Pontier a sûrement espéré fléchir le président de la République qui, sans doute,  à  ses yeux  , demeurait  un honnête  homme.

Mais il n'en a rien  été :  cette lettre  , malgré  son caractère  solennel et exceptionnel a été visiblement traitée par-dessus la jambe. Elle est ainsi doublement pathétique par les illusions qui l'ont inspirée , par le mépris qu' elle  a rencontré.

On se plait dès lors à espérer que l'archevêque aura compris que la gauche à laquelle il avait à faire n'avait plus rien  à voir avec l'esprit social  qui animait jadis  un Jaurès, un Blum, un Mollet ,  mais qu' elle est devenue    une machine de mort au service  d'une idéologie post-nationale et transhumaniste  fondamentalement antichrétienne. Machine qui a par exemple transformé au fil  des ans la   loi  Veil  fondée sur une  tolérance circonscrite à l'avortement "en situation de détresse", destinée à en limiter le nombre,    en  un système   tendant au contraire   à l' encourager , qui prive d'allocations   familiales  les familles françaises les   plus fécondes , notamment catholiques, qui détruit la transmission de la culture française à l'Education nationale.   Machine de mort dont certains  de ses  membres, pas seulement Vincent Peillon, ne  cachent pas leur ambition  d'araser   l'héritage chrétien de  la France quitte à  encourager  l'islam, une position  point trop différente de celle des instances  de Bruxelles  dont  le secret  dessein est  aussi de détruire  les racines chrétiennes de l'Europe.   

C'est pourquoi  il vaut peut-être mieux que la Conférence des évêques de France  cesse de se  mêler de politique. Mgr Barbarin , cardinal-archevêque de Lyon a vu juste ,  prenant peut-être de court ses collègues,  en  appelant  les catholiques à voter lors des prochaines échéances   "en suivant leur  conscience" . Dans l'état  actuel de  notre pays , il n'y a  sans doute rien d'autre à  dire.

 

                                                           Roland HUREAUX      

 

 

 

 

 

 

[1] Particulièrement discutable , à cet égard, nous  parait la déclaration du 15 décembre  intitulée "Alep : qui dira qu’il ne savait pas ?". Elle est  à l'unisson de la campagne internationale  de propagande internationale  organisée par l'OTAN  pour ralentir la reconquête des quartiers de la ville tenus par les djihadistes ( encadrés par des   officiers de l'OTAN ).  La CEF semble ignorer que les chrétiens  de cette ville et bien d'autres ( dont les quartiers sont bombardés depuis  des années par les djihadistes sans que cela suscite tant d'émotion) attendaient tous  la fin de cette opération comme une libération. Visiblement  les bureaux de la   CEF sont plus en  en phase avec le New York Times  qu' avec les chrétiens du terrain.

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:48

LETTRE DE FRANCOIS HOLLANDE AUX DJIHADISTES
 

Messieurs les djihadistes,

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/retour-baton-france-est-elle-consciente-aide-concrete-qu-elle-apportee-aux-djihadistes-en-syrie-depuis-4-ans-roland-hureaux-2444108.html

 

Permettez moi de vous le dire. Vous y êtes allés un peu fort.

Non,  je ne méritais pas cela, la France ne méritait pas cela.

Après les attentats que vous avez organisés  à Paris ce 13 novembre  au soir, vous avez clamé victoire sur les "croisés" que nous serions.

Vous nous faites injure. La France est une république laïque  qui ne veut avoir rien en commun avec ces gens là. Nous avons renié nos racines chrétiennes: vous comprendrez que nous ne pouvons pas nous voir  appelés croisés sans déplaisir.

D'ailleurs les croisés , les vrais, combattaient les musulmans et protégeaient les chrétiens.

Or, nous,   depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, non seulement nous ne protégeons pas les chrétiens, mais nous aidons ceux qui les massacrent. Ne prenez pas trop au sérieux tel ou tel ministre que nos avons dépêché dans les camps chrétiens d'Irak: c'est  d'abord  à usage interne.

Vous le  savez, les gouvenrment français vous ont aidés  depuis quatre ans autant qu'ils l'ont  pu . Ayant  réduit année après année, notre budget militaire , comprenez que je ne pouvais pas faire beaucoup plus.  Nous vous avons  néanmoins   envoyé beaucoup d' armes,  y compris létales, et d'autant plus volontiers  que c'étaient nos amis communs de la péninsule arabique, le  roi d'Arabie, l'émir du Qatar  et  les autres émirs qui payaient. Et rubis sur l'ongle.

On a beau être le successeur de Jaurès, il y a de petits bénéfices sur  lesquels nous ne crachons pas, même si ça fait un peu durer la guerre.

Comme certaines de ces armes que nos livrions  étaient assez sophistiquées, nous vous avons envoyé des instructeurs, dont plusieurs anciens légionnaires. Quelques dizaines ont même  été faits prisonniers à  vos côtés quand les    troupes de Bachar el Assad ( honni soit-il !) ont assiégé puis repris la ville de Homs. C'était il est vrai du temps de  mon prédécesseur. Mais aussitôt arrivé au pouvoir, j'ai tâché, vous les avez, de faire  encore mieux que lui.

Nous avons formé dans des  camps d'entraînement  en Turquie et en Jordanie, aux côtés de  nos amis américains, dotés il est vrai de plus gros moyens,  les  jeunes recrues qui vous arrivent d'un peu partout, y compris de France. Il fallait certes sauvegarder les apparences.  Nous les avons qualifiés d'"armée syrienne libre", mais , vous le savez, ces recrues ne vous ont pas manqué: aussitôt formées, la plupart ont rejoint vos troupes.

Il est vrai  qu'entre les  deux principaux groupes que vous constituez, nous aidons davantage Al Nosra que Daesh. Mais vous comprenez que ,  Al Nosra se trouvant aux portes de Damas et  notre objectif prioritaire restant, comme mon ministre Fabius ne cesse de la proclamer,  la chute du régime de Bachar el Assad, c'est eux qu'il fallait aider d'abord. Et puis , je vous le dis, vous les gens de Daesh avez parfois de mauvaises manières :  vous  produisez  des vidéos  sur You Tube chaque fois que vous procédez à des décapitations , comprenez que ça fait mauvais genre : comment voulez-vous nous  vous aidions ? Les gens d' Al Nosra , eux,  ne font pas ça. Ils ont certes la main aussi lourde que vous , surtout  quand ils prennent  un village chrétien ou alaouite, mais ils sont plus discrets. Ils ont même pris la précaution de  changer de nom : ils ne s'appellent plus Al Qaida, ce qui rappelait de mauvais souvenirs  aux  Américains.   Notre ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, est même allé jusqu'à dire  qu'ils faisaient du  bon boulot"!  D'une certaine manière, cela s'adresse à vous tous. Mais il est entendu que nous  parlions  seulement de votre action contre Assad, pas ce que vous veniez de faire à Paris, bien sûr, 

Puisque le régime d'Assad est  votre pire ennemi,  je vous le dis sans ambages, il est aussi notre pire ennemi. Raison de plus pour vous dire que vous avez exagéré. Au fond, si vous n'aviez pas entrepris ce genre d'action sur notre territoire national, nous avions tout pour nous entendre.

Quand nous avons annoncé au mois de septembre, un peu bruyamment il est vrai,  notre participation à  une grande coalition contre Daesh, il ne fallait pas nous prendre au mot. Cela aussi  était à  usage interne. Le premier bombardement que nous avons entrepris, avant la session des Nations-Unis,  n'a visé qu'un bâtiment vide en plein désert. Depuis, le régime de Damas  nous a interdits d' approcher le porte-avion Charles de Galle de ses côtes,  arguant que nous avons bombardé surtout des puits de pétrole  lui appartenant. Sans doute exagère-t--il un peu mais tout de même , s'il le dit,  ne pensez-vous pas qu'au fond,  nous ne sommes pas très dangereux pour vous ?  

Nous avons un autre ami commun , le présidant turc Erdogan . Son parti vient de remporter les élections . Il vous aide de multiples manières, en bombardant vos ennemis kurdes, en permettant aux volontaires venus  du monde  entier de rejoindre  vos rangs - et ils sont de plus en plus nombreux, vous le savez,  à le faire  - , en vous livrant des armes, et même en organisant une filière de départ vers l'Europe des jeunes syriens qui risquent d'avoir  à vous combattre dans les rangs de l'armée syrienne. Cet ami commun, loin  de nous plaindre de lui,  nous avons vu sans déplaisir et en  tous les cas sans la désavouer, Angela Merkel aller le soutenir  ostensiblement avant les élections - de fait,  au nom de l'Europe et donc en notre nom. Les pays  les plus riches de la planète qui forment le G 20  se réunissent dans quelques jours chez lui,  à Antalya. Ce sera une consécration  pour lui. Un proverbe arabe dit que  "les amis  de nos amis  sont nos amis ".  Vous voyez que nous ne  sommes pas ennemis  !

Et d'ailleurs si nous atteignons notre but qui reste  la chute du régime odieux d'Assad, vous pourrez entrer à Damas. Vous avez dit que vous y établiriez la charia : libre à vous. Nous n'interférerons plus alors  dans les affaires intérieures de la  Syrie. Vous pourrez planter le  drapeau du khalifat à 220  Km de Jérusalem et à 85  km de Beyrouth. Allah est grand !  

Les  attentats que vous avez revendiqués étaient donc inutiles . Cette fois , je m'adresse à Daesh qui , seul l'a fait ,  mais nous savons votre proximité puisque  vos troupes combattent indifféremment sous l'une et l'autre bannière.

Et , moi, président  Hollande, compte tenu de ma bonne volonté à votre égard, je ne  méritais franchement pas cela. Je vous en supplie, ne recommencez pas, vous me feriez vraiment de la peine.

                                                                  F.H.

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:47

 

EN SYRIE  LA FRANCE  SAIT-ELLE CE QU'ELLE VEUT  ?  

 

www.bvoltaire.fr/rolandhureaux/syrie-france-sait-veut,204573

 

Le 27 août, se tient  au Quai d'Orsay  la conférence annuelle des ambassadeurs où Fabius confirme que l'objectif de la France est de trouver  une solution en Syrie sans Bachar el Assad qui ne peut pas, dit-il,  être l’avenir de son peuple en raison même de ses "crimes"[1],  et de trouver un accord avec  l'opposition "non-terroriste". Il dit par ailleurs qu'il continue à chercher à "affaiblir"  Assad.

Nous sommes dans une guerre civile . Il y a deux camps: le camp gouvernemental et les rebelles  djihadistes,  qu'ils appartiennent à Al Nosra ( ex-Al Qaida) ou à Daesh . Ces deux camps  se battent férocement , ce qui est  peu dire considérant  que les islamistes sont  des kamikazes, ce qui met à rude épreuve leurs adversaires  . Que veut dire dans une guerre civile affaiblir un camp si ce n'est renforcer l'autre  ?

Au demeurant, depuis quatre ans , le gouvernement français envoie des armes, de munitions et des conseillers militaires ( dont une trentaine s'étaient fait prendre en 2012) à ces  rebelles djihadistes.

On prétend certes ne soutenir que les "non-terroristes". Foutaises. L'opposition démocratique très présente dans les hôtels parisiens ou londoniens n'existe pas sur le terrain. Si on combat le régime d'Assad, ce sont les   djihadistes que l'on aide  et eux seuls !  

Oui, il faut le dire haut  et fort : alors quel notre gouvernement prétend mener une guerre sans merci au djihadisme sur le sol national, il l'aide militairement en Syrie.

Quelques jours après, le 6 septembre , François Hollande fait sa conférence de presse de  rentrée. Or, cette fois,  la cible a changé : la France mènera  des frappes aériennes  contre Daesh , comme elle le faisait en Irak. "Notre sécurité se joue aussi à l’extérieur de nos frontières. Daesh est le plus grand danger ". Ne croirait-on pas, à entendre le président,  que l'ennemi numéro  un ne serait plus  le régime d'Assad mais  Daesh ?

On n'ira pas, dit-on,  jusqu'à envoyer des troupes au sol. Certes, mais il serait déjà suffisant de ne pas en  envoyer dans le camp adverse comme on l'a fait jusque là .

Commet s'y reconnaitre ? On dira , pour combiner les deux positions, que la France combat Daesh mais aide l'autre mouvement  djihadiste , Al Nosra, qui "fait du bon boulot" avait  dit Fabius.  Personne n'est capable d'explique la différence de doctrine entre les deux mouvements . Qu'importe, les  seconds seraient, eux, plus fréquentables : des "terroristes modérés" en quelque sorte !  

Alors que s'est il passé à une semaine  d'intervalle ? Changement de  cap ? A la place d'Assad, on se méfierait. Rien ne dit que,  entrant dans le ciel syrien,  notre aviation ne frappera pas aussi les troupes gouvernementales.

Une autre explication , la plus abjecte mais pas  invraisemblable, est que la France ( comme d'ailleurs les Etats-Unis et bien d' autres) veut faire durer la guerre. Il faut  que personne ne gagne  et pour cela,  on aide tantôt les uns , tantôt les autres. Il y a tellement  d'hypocrisie , depuis le début,  dans ce conflit que rien ne saurait  nous y étonner !    

Et les populations dans tout cela ? Et bien, elles se réfugient en Europe où la France généreuse leur ouvrira les bras. Compte tenu des volumes d'armes que nous avons vendus ( payés par l'Arabie et le Qatar) , cela peut s'expliquer. C'est  sans doute là l'humanisme de Hollande , héritier de  Jaurès ?  

Le plus probable reste que  Hollande a senti  le changement d'ambiance internationale , dont l'origine est  l'accord conclu en juillet entre Washington et  Téhéran et qui fait de Daesh une cible désormais  privilégiée.   Privilégiée mais non exclusive. Quoi qu'il en soit, les Etats-Unis infléchissant leur ligne, Hollande, caniche obéissant, suit.  Mais  sait-il lui-même où il en est ?

 

                                                                       Roland HUREAUX

 

 

[1] Parmi les rimes reprochés à Assad, trois a moins ne sont pas  avérés : l'utilisation de gaz, l'assassinat de Rafic Hariri et le lâchage d'explosifs par avion. Nous ne nous prononçons pas sur la répression , assurément très dure,  des premières manifestations.

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:46

L'INCOMPREHENSIBLE POLITIQUE ETRANGERE DE LA FRANCE

 

Paru dans Figaro Vox du 18 août 2015

 

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2015/08/17/31002-20150817ARTFIG00280-syrie-l-incomprehensible-politique-etrangere-de-la-france.php

 

Laurent Fabius ne gardera pas un grand souvenir de sa visite à Téhéran de la fin juillet.

Elle avait  été précédée d'un déchaînement d'attaques personnelles  sur le thème du sang contaminé. Il voulait se faire accompagner d'une    délégation d'hommes d'affaires .   Mais  Iraniens ont fait  savoir  qu'il n'y aurait que des discussions politiques , très froides au demeurant :  de contrats,  pas question. Le ministre des affaires étrangères français s'attendait-il à autre chose après avoir tout tenté  pour faire échouer les négociations entre Washington et Téhéran  ?     

Il fut un temps où la France se démarquait suffisamment de la position des Etats-Unis pour jouer , le jour venu, un rôle d'intermédiaire , ce en quoi Fabius a échoué piteusement en juin dernier entre Israéliens et  Palestiniens.  

Il fut un temps, sous Mitterrand notamment, où la France  suivait les Etats-Unis mais en gardant un profil assez bas pour sauver la mise.  

Avec Hollande, la France suit les Etats-Unis mais en tentant de faire de la surenchère : cela fut le cas avec  l'Iran ; c'est toujours le cas avec la Syrie.

C'est là  le moyen le plus sûr de rester au bord de la route le jour où la notre grand allié  décide de changer de cap. C'est ce qui risque de nous arriver en Iran malgré la sympathie  que notre pays inspire aux Iraniens.

Le décollage économique de l 'Iran, imminent une fois les sanctions levées, pourrait se faire  sans la  France. II est peu probable par exemple que Peugeot récupère jamais  le marché de 600 000 véhicules qu'il avait dans ce pays.

C'est ce qui nous pend au nez  aussi avec la Syrie.

"Traiter ses ennemis comme s'ils devaient être un jour nos amis; traiter ses amis comme s'ils devaient être un jour nos ennemis" . Vieux proverbe arabe ou pas,  c'est en tous les cas depuis belle lurette le b a ba de la diplomatie . Il est clair que ce b a ba , Fabius l'ignorait quand il est allé dire à la tribune des Nations-Unies en 2012 que le président Assad  "ne méritait pas de vivre". Un peu plus tôt,  Juppé avait prétendu que le même Assad ne tiendrait pas plus de  quelques  jours. Trois  ans et demi après, il  est toujours là.  

Ce n'est pas faute que la France ait engagé des moyens lourds pour le renverser.  Fourniture  massive d'armes  et de matériels aux opposants , assistance  technique de plusieurs dizaines de militaires français ( dont plusieurs  sont morts ). A la fin  du mandat de Sarkozy, un accord entre la France et le gouvernement de la  Syrie  nous  avait permis  de récupérer une trentaine   de prisonniers  faits par l'armée syrienne. A son arrivée, Hollande  a relancé  la guerre. 

 

Aide de la France aux djihadistes

 

Inutile de dire que nos  armes et notre  appui logistique sont allés exclusivement aux djihadistes,  en particulier au Front Al Nosra , nouveau nom d'Al Qaida , dont les différences avec Daesh  sont bien minces. Les mêmes qui enlèvent ou massacrent les chrétiens - et d'autres. La soi-disant Armée syrienne libre qui , disait-on , était l'objet   de notre sollicitude demeure  un fantôme - et  un alibi pour aider les islamistes.

Pourtant  le plus probable est que ce régime pris en grippe par notre diplomatie avec un rare acharnement tiendra. Il parait certes aujourd'hui sur la défensive mais s'appuie sur un dispositif  solide autour de Damas  et de la frontière libanaise . La Russie ne le lâchera pas . La population est mobilisée , notamment les femmes dont bien peu , même chez les sunnites, souhaitent tomber ente les mains des  "barbus"  . Ceux qui soutiennent les forces rebelles,  Israël en tête , ne veulent  pas vraiment  qu'aucune   des deux , Daesh ou Al Nosra,  remplace le régime de Damas, se contentant de le maintenir en état de faiblesse.

 

La nouvelle politique américaine

 

Les accords entre Washington et Téhéran  prévoient le  maintien d'Assad jusqu'à la fin de son mandat  et le relâchement  progressif de la pression des   islamistes, qui pourraient être recyclés   contre la Russie.

La France qui avait de solides positons en Syrie,   son ancien mandat,  où on n'a  pas oublié que Jaque Chirac fut le seul chef d'Etat occidental à  assister aux obsèques d'Assad père  (eut-il raison d'y aller? C'est une autre question ) , sera-t-elle cette fois  encore prise de court par le revirement américain, déjà perceptible ?  Ce serait confirmer l'amateurisme  dans la quelle est sombrée notre diplomatie : Mitterrand qui fut le mentor tant de   Fabius que  de Hollande doit s'en retourner dans sa tombe.

Les arguments  moraux ne sont plus pris  au sérieux.   Meurtres d'enfants à Homs, utilisation de gaz, lâchage de bidons d'essence sur les populations :  au moins ces  accusations là ,  portées à l'encontre du régime  syrien, se sont  avérées fausses , ce qui n'en fait pas pour autant un régime tendre.  

Un premier geste serait d'accorder une reconnaissance officielle au Lycée Charles de Gaulle de Damas que les parents d'élèves syriens ont continué de faire fonctionner en autogestion quand la France l'a fermé en 2011, témoignage émouvant d' un  attachement aujourd'hui rare à la culture française.

Le second serait de lever l'embargo sur les produits pharmaceutiques  particulièrement odieux quand on sait les dégâts que cette guerre absurde continue de faire dans la population civile.

Mais pour renouer le fil d'une relation interrompue, peut-être Hollande devra-t-il trouver  un autre ambassadeur que Laurent Fabius ?

 

                                                                                   Roland HUREAUX    

     

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