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Roland HUREAUX

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 18:54

 

Les gens normaux  soupçonnent rarement jusqu’où peut aller le machiavélisme de certains hommes politiques.

Le retournement  récent de l’opinion, en tous les cas de ceux qui l’inspirent,  en faveur de Christine Taubira  à la suite des injures à caractère raciste qui lui ont été adressées, en offre l’exemple.

Que le lynchage médiatique d’une gamine de 12 ans, visiblement pas inspirée par ses parents, soit inacceptable – et comme d’habitude,  il n’aurait pas eu lieu si les positions avaient été inversées !  -, il faut le dire clairement.

Mais que le même thème, dit « de la banane », ait été enfourché par une candidate aux élections passant  sur France 2 ou par un hebdomadaire partisan,  tous deux situés à la droite extrême, est le révélateur de ce qu’il faut bien appeler  une immense bêtise. D’autant plus inquiétante qu’on suppose que ce qui a ainsi  fortuitement transpiré  en public est  habituel   en privé.

Pourquoi bêtise ? Parce que le racisme, le vrai, est bête. Sans doute.

Mais surtout  parce que ce qui est reproché, à juste titre,  à Mme Taubira, tant sur la question du mariage homosexuel que sur celle de la réforme de la justice, est peut-être  ce qu’il  y  a de plus éloigné de toute considération raciale.

Ce qui  s’y trouve en  cause en effet est, non la couleur de la peau, mais une des perversions intellectuelles   les plus dangereuses de notre époque : l’idéologie. L’arasement  des repères familiaux d’un côté, celui du sens élémentaire  du bien et du mal, de l’autre,  dont procèdent les réformes défendues par le Garde des Sceaux  sont des produits on ne peut plus typiques de cette idéologie qui ronge notre société et dont le parti socialiste  dans son ensemble est devenu le plus fervent promoteur. Maladie de l’esprit qui n’a rien à voir avec la race.

Ajoutons que les  promoteurs des idées perverses en cause (théorie du genre, déresponsabilisation des délinquants) qui inspirent Christine Taubira, si on en refait la généalogie, sont  tous de  race blanche. Le ministre  n’est dans cette affaire que l’exécutrice d’un courant d’idées  dont elle n’est sûrement pas  à l’origine.

On pourrait même aller plus loin et inverser les choses : ce n’est sans doute pas par hasard   que ces idées, au moins celles qui ont trait au mariage, furent  rejetées avec le plus de violence dans les territoires de la  République  dont la majorité est de couleur : Antilles, Guyane, et combattues avec le plus   de talent par des élus de ces régions, tel l’admirable Nestor Azerot.  Avant de faire l’objet de manifestations hostiles  en métropole, Christine Taubira  était déjà persona non grata  dans  sa Guyane natale !   Il y a le « sanglot de l’homme blanc », il y a aussi la décadence de l’homme blanc, le contraire donc de ce que croient les imbéciles. 

On peut donc tenir pour une  habileté machiavélique de   François Hollande de faire porter par  quelqu’un comme  Christine Taubira les réformes en cause, si  contraires à la conscience et au bon sens  d’une partie  des Français, voire  à l’intérêt national,  et  ressenties comme une  injustice. Même stupide, une telle réaction à l’égard de leur promotrice    était prévisible et l’exploitation  que pouvait en faire le pouvoir également. Il faudrait  même  remarquer, comme  l’a fait Xavier Bongibault, que c’est miracle qu’au sein des  marées  humaines de  protestation qu’on a vues se lever  au printemps, il n’y en ait pas eu davantage : preuve, somme toute,  qu’on avait vraiment affaire à des gens civilisés !

Il semble certes que si Martine Aubry n’avait pas renoncé  à ce poste, Christine Taubira  n’aurait pas été nommée Garde des Sceaux, mais, quand même, doit-on écarter  l’idée que cela  a été fait exprès ?

D’autant qu’il y a un précédent. L’assouplissement de l’interdiction de l’avortement qui est intervenue en 1975 aurait pu être défende au Parlement  par beaucoup. Pourquoi fallait-il que ce soit par une juive rescapée des camps, comme Simone Veil ?  Les grands catholiques qui étaient alors  à  la tête de l’Etat, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac,  sans oublier  le Garde des sceaux,   Jean Lecanuet  (enterré depuis dans un monastère, paix à son âme   !) n’auraient-ils  pas dû en prendre eux-mêmes  la responsabilité ? Il semble que  dans le cas d’espèce, le machiavélisme soit patent.

Déjà, ce que nous appelons le « piège à cons », comment l’appeler autrement ? avait  fonctionné : il s’était  trouvé des excités, pas beaucoup mais qu’importe,  pour se laisser aux amalgames et dérapages que l’on pouvait craindre et ainsi  disqualifier les opposants à  la loi.     Les défenseurs de la vie se virent alors  assimilés, et cela leur colle encore à la peau, aux auteurs de la destruction planifiée de millions de  vies.  Comme par un fait exprès.

 

 

Roland HUREAUX 

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Thomas Lajuncomme 10/12/2013 08:31


Le moins qu'on puisse dire de Christiane Taubira, c'est qu'elle sait tirer de ses colères une énergie positive : insultée, elle parvient presque instantanément à accéder au statut d'icône
médiatique. Sérieusement, et sans mettre en doute le fait qu'elle ait pu être effectivement blessée, qui peut croire que cette politicienne au regard dur, supérieurement intelligente et rusée
n'ait pas accessoirement vu une chance de faire danser son monde ? Si remaniement ministériel il y a, elle est quasiment assurée de passer au travers des mailles du filet.


L'actuelle effervecence médiatique autour de la question du racisme en France m'inspire la question suivante : il était une morale, il est devenu un instrument de pouvoir, comment l'antiracisme
a-t-il pu dégénérer à ce point ?