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Roland HUREAUX

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 08:32

 

Il y aura désormais deux lois Taubira. Le première , la loi du 21 mai 2001, sur l’esclavage dispose à  l’ article 1 que La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité.

Cette loi est, on le sait, biaisée puisque elle ne mentionne que les traites transatlantiques,  opérés donc par les Européens,  et non celles qui furent pratiquées par d’autres au même moment, ou l’esclavage en général.

L’autre loi Taubira,  qui devrait être  promulguée aujourd’hui,   ouvre  le mariage aux  personnes du même sexe.

La propagande libertaire  met en continuité  ces deux lois comme deux lois d’émancipation. N’est–il pas normal, laisse-t-on entendre, que la même personne  ait d’abord  rendu justice aux esclaves et descendants d’esclaves de l’outre-mer et ensuite fait droit à cette autre malheureuse minorité opprimée que sont les homosexuels ?

Vision totalement fallacieuse. Pour qui connait le contexte, la seconde loi Taubira s’oppose frontalement  la première.

On ne comprendrait   pas, sinon, le rejet  violent et  quasi-unanime des élus et de la population de l’outre-mer, si brillamment  exprimé à l’Assemblée nationale par le député  de la Martinique, Bruno Nestor Azerot,  devant le  mariage homosexuel. Au point que Mme Taubira ne pourra plus sans doute remettre les pieds dans sa Guyane natale !

 

Esclavage et homosexualité

 

La vérité est que pour les descendants d’esclaves, l’homosexualité évoque d’abord les pratiques de certains colons, ou de leurs  contremaîtres à l’encontre de leurs jeunes esclaves mâles. Pratiques qui avaient un caractère sexuel,  bien sûr, mais qui étaient aussi le signe de leur condition humiliante dans la mesure où  les esclaves n’avaient pas, de fait, le droit, de refuser les sollicitations des blancs.

C’est pourquoi le mariage homosexuel horrifie ben davantage les Antillais que les Africains pas enthousiastes certes, mais moins indignés.

Que l’homosexualité – et particulièrement  la pédérastie qui veut dire, on le sait,  en grec  la relation érotique avec des enfants ou  des adolescents,   ait partie liée avec l’esclavage,  constitue une des grandes réalités de l’histoire, aujourd’hui occultées, d’autant  moins étonnante que la relation homosexuelle est rarement égalitaire.

Occulté également, le fait qu’elle ait été presque toujours dans le passé l’apanage des classes dominantes – et, souvent contraint et forcé, de leur environnement ancillaire. Combien de villages français au temps de Proust où on ne savait même pas de quoi il s’agissait ?

Pratiquement inconnue des sociétés primitives, relativement égalitaires, ignorant d’autant plus l’esclavage qu’on n’y   laissait guère aux    prisonniers la vie sauve, l’homosexualité  apparait  en Grèce et à Rome, non point aux temps primitifs, mais à l’époque de la puissance, dans des sociétés où l’esclavage est très répandu, surtout chez les plus riches. 

Avoir à sa disposition un giton de condition servile, est alors rarement puni chez les jeunes aristocrates en mal d’amours juvéniles. Les  initiations hétérosexuelles avec une jeune esclave existent aussi mais elles sont plus surveillées, aucun  grand lignage  ne souhaitant  multiplier les bâtards. C’est pour cette raison  que, de manière notoire, de personnages comme Alexandre, Pompée, Jules César furent bisexuels  (pas Auguste en revanche, mais tous les successeurs de ce dernier : Tibère, Caligula, Claude et Néron). Ils  n’étaient pas les seuls. Initiés, dans leur prime jeunesse  grâce à des esclaves, les aristocrates grecs et romains pouvaient aussi avoir des relations homosexuelles avec des  pairs : ce fut particulièrement le cas,  on le sait,  dans l’Athènes des  Ve et IVe siècles.

Le recul de l’esclavage et l’avènement  du christianisme (parallèle à l’apparition d’un paganisme tardif plus rigoriste)  font reculer l’homosexualité à la fin de l’Antiquité.

Dans le monde musulman des origines, la polygamie crée un excédent de jeunes gens  n’ayant pas accès à la femme qui l’a peut-être favorisée  aussi, malgré  les terribles punitions du Coran.

L’homosexualité  ne disparait certes jamais dans aucune société, au moins au niveau des classes dirigeantes mais on ne sera pas étonné qu’elle se soit développée  dans les sociétés esclavagistes d’outre-Atlantique, dans les conditions humiliantes que l’on a vues.

C’est dire que donner un statut officiel  à cette pratique comme le fait la seconde loi Taubira  est , on ne peut plus contraire , à l’esprit de la première loi.

C’est pourquoi le principal obstacle à son adoption a été le refus  absolu de la voter d’une dizaine de  sénateurs  de l’outre-mer, le gouvernement ne disposant que d’une courte majorité au Sénat. Une majorité de rechange était certes possible sans eux grâce à la défection d’un nombre analogue de sénateurs de droite, mais elle eut  fait apparaitre au grand jour que la loi était passée  grâce à l’UMP,  ce que celle-ci voulait éviter. Pour résoudre  la  quadrature du cercle, une seule solution : un scrutin  à main  levée au décompte approximatif et où surtout, personne ne  saurait qui a voté quoi.  Notamment dans les Antilles où nul ne devait savoir  ce qu’avaient  voté les sénateurs de ces départements.

Le devenir de la loi Taubira  demeure  pour une part lié  à l’outre-mer dans la mesure où les maires de la Martinique ont déjà  fait savoir qu’ils  ne   l’appliqueraient pas.  

Cette antinomie entre la mémoire de l’esclavage et l’exaltation de homosexualité,  Mme Taubira la connait sans nul doute. Quelle  est donc sa motivation  si, levées les brumes  de l’idéologie, sa production législative révèle  une aussi violente incohérence ?

Disons-le clairement ; on ne voit pas d’autre  lien entre les deux lois Taubira  que l’hostilité à l’héritage de la France chrétienne.  La première loi Taubira  vise à porter atteinte à la France  (et à  l ’Europe en général),  tenue pour collectivement coupable d’un crime contre l’humanité, la traite négrière, tandis que les traites non européennes sont sciemment laissées hors du champ  de la loi.  La seconde loi s’en prend directement à l’héritage  chrétien  et à une de ses instituions clef, le mariage. C’est ainsi d’ailleurs que l’ont  ressenti  les centaines de milliers de manifestants qui ont tenté de lui faire barrage.

Que Mme Taubira ait pris en grippe l’héritage national  ne nous étonnera guère, puisque elle a commencé sa carrière comme  indépendantiste. Comme ses concitoyens  guyanais ne voulaient pas de l’indépendance, elle n’a pu devenir la présidente d’une  république tropicale !  Sa passion et,  il faut bien dire, son talent  ont alors cherché un  autre exutoire, avec la complicité d’un parti socialiste rallié au mondialisme libéral  et dont l’idéologie de référence est désormais la seule  volonté de déconstruire  l’héritage de la France chrétienne.  On aurait préféré qu’ils fussent mieux employés.

 

Roland HUREAUX

 

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Thomas Lajuncomme 24/05/2013 06:59


Merci pour cet article, il est très intéressant. Il souligne de manière assez inhabituelle le fait que les intentions des parents du "mariage pour tous", en dépit des postures avantageuses qu'ils
se donnent, sont loin d'être aussi pures celles qu'ils proclament.


Le point de vue selon lequel  l'homosexualité a pu ne pas être en certaines circonstances un "trait préférentiel de sélection victimaire" (je pense que vous aurez reconnu l'auteur de la
formule), ce qu'indéniablement elle a souvent été, est tout aussi inhabituel. Il était en tout cas délicat à exprimer car il attaque le coeur de la mythologie LGBT. On ne peut pas faire pire
insulte à un groupe de pression que de lui contester son désir de réduire à l'unique statut de victimes d'injustices et de persécutions ceux qu'il entend représenter. Comme tant d'autres
associations de son espèce, la fédération LGBT est sûrement prête à faire payer très cher, de préférence en euros car on n'a jamais trop de subventions, ceux qui en ont l'audace.

Roland HUREAUX 19/07/2013 19:59



Merci de votre appréciation.


Cela ferait un beau procès qui donnerait le retentissment qu'elles méritent à ces idées .


RH