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Roland HUREAUX

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 20:55

 

Article publié dans Le Figaro 

 

Il  se dit en Corrèze que François Hollande, président du conseil général, avait l’habitude de tenir des réunions où il savait écouter longuement les  points de vue des uns et des autres mais  qui se terminaient sans qu’aucune décision  soit prise.

Est-ce cette non-méthode, méthode de concertation si l’on veut mais non méthode de décision, qui va désormais s’appliquer à l’Etat,  en particulier aux questions sociales ?

C’est ce qu’on pourrait penser en écoutant Jean-Marc Ayrault avertir que la conférence sociale des 9 et 10 juillet ne sera suivie d’aucune mesure.  Deux annonces seulement : la suppression de la  prime dividendes peu efficace  et la promesse d’un projet de loi destiné à contrôler les rémunérations abusives.

Mais pour ce qui est de la concertation, rien de trop : six négociations lancées d’ici fin 2013 : emploi des handicapés, dispositifs d’épargne salariale, reconnaissance  des parcours syndicaux etc. A quoi s’ajoutent les dialogues prévus  sur les méthodes de revalorisation du SMIC ou des  retraites. Outre cela, des évaluations, des plans d’action, des groupes de travail sur toutes sortes de sujets.

Et comme si cela ne suffisait  pas, Ayrault annonce encore l’instauration d’ un commissariat du dialogue  social.

 

Quand un gouvernent ne sait pas où il va…

 

N’en jetez pas !  Quand un gouvernement sait où il va, il agit. Quand il ne le sait pas, il annonce  une large concertation, un état des lieux,  une clarification en profondeur,  des évaluations,  une remise à plat etc.

Il semble que les syndicats aient été satisfaits de cet exercice. Le MEDEF un peu moins car il attendait la poursuite des  négociations sur la flexibilité du travail et une meilleure prise en compte de  la compétitivité des entreprises.

Parmi les idées les plus discutables, a été mise sur la table par le gouvernement, celle d’intégrer à la constitution le principe que  les lois portant sur les rapports sociaux fassent  toujours l’objet d’une négociation préalable entre le patronat et les syndicats. Sur la forme, on n’ajoute qu’un peu plus de solennité à la loi du 31 janvier 2007  voulue   par Chirac à la fin de son mandat,  créant une commission nationale de l’emploi et une commission nationale du dialogue social, rien de moins, et prescrivant  de manière obligatoire ce genre de dialogue social. Sur le fond, cala reste une mauvaise idée : la vie économique et sociale ne se résume pas à un face à face entre employeurs et salariés au travers de leurs représentants : il peut arriver que les partenaires sociaux se mettent d’accord contre d’autres catégories ou même contre l’intérêt général,  en  sacrifiant par exemple la politique familiale. C’est arrivé récemment  pour le rééquilibrage des caisses de retraites complémentaires où les négociations paritaires ont abouti à la décision absurde du 18 mars 2011 de réduire  les bonifications accordées aux parents  qui avaient élevé des enfants ; décision absurde parce que, en définitive, ce ne sont  ni les employeurs, ni les salariés d’aujourd’hui  qui paieront les retraites de demain, ce sont ces enfants !  

De même les chômeurs, certains de leurs représentants autoproclamés s’en sont plaints, ne sont   pas à la table de négociation.

Il est d’autant plus étonnant que les partenaires sociaux soient satisfaits de la  méthode annoncée - qui n’a jusqu’ici porté aucun fruit concret -, que de toutes parts éclatent les mauvaises nouvelles de plans sociaux et de fermetures d’usines, celui de Peugeot n’étant que la plus spectaculaire.

Inutile de se voiler la face : le vrai problème social d’aujourd’hui, il est là : désindustrialisation, délocalisations,  chômage. En écartant aussi bien la remise en cause de l’euro que la TVA sociale, les seules mesures qui pourraient rétablir, au niveau macroéconomique, une certaine compétitivité des industries françaises, en alourdissant  les impôts que devront payer les entreprises qui ont encore des usines en France, le nouveau gouvernement leste comme à dessein une barque qui n’a que trop tendance à s’enfoncer.

Le temps viendra vite où les Français concernés, pas seulement les délégués patronaux et syndicaux, ne se contenteront plus sur ces graves sujets de parlottes sans conclusion.

 

Roland HUREAUX   

Prime créée par Sarkozy en 2010, devant être  distribuées aux  salariés des entreprises de plus de 50 employés ayant versé plus de dividendes  que dans les précédents exercices. 

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Published by Roland HUREAUX
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