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Roland HUREAUX

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 15:08

 

 Chaque fois qu’elle apprend  la mort d’un nouveau  militaire français au Mali, l’opinion, émue à juste titre,   s’inquiète.

La  guerre que nous menons dans ce pays est-elle  pour autant d’une impasse, comme le  colportent  complaisamment  certains, les uns, de  gauche,  parce que c’est la  France qui est engagée, les autres, de droite, parce que c’est Hollande ?  

Au Mali, il  n’y a, pensons-nous, aucune raison de craindre un enlisement.

Une bonne guérilla, à même d’imposer une guerre d’usure à nos troupes, doit pouvoir s’immerger dans un territoire et  une population. Au Nord Mali, le territoire est bien là mais où est la population ?   La survie est dure au Sahara, surtout dans l’Adrar de Tighargar.  Dans la partie plane du Nord Mali, soit la plus grande, un homme, une land-rover  se repèrent  de loin.  Les moyens modernes d’observation (satellites, infra-rouge) et d’action (avions, drones) laissent, nous semble-t-il,  peu de chances aux islamistes, même fanatiques. L’appui de la  population est, selon les théoriciens de la guérilla, l’autre condition de survie. Il fait défaut aux islamistes dans  la partie peuplée du Mali où on a pu voir l’accueil enthousiaste fait à l’armée  française. Il fera  défaut aussi  dans le nord si on continue à en tenir à l’écart l’armée malienne et si la coopération avec les Touaregs du MNLA se poursuit.

Une résistance réussie, ce sont aussi un ou deux chefs de génie. Mais n’est pas Giap qui veut. La  réserve humaine des islamistes n’est  pas inépuisable. La mort d’ Abu Zeid confirmée,  celle  d’une partie de ses compagnons aussi, le mouvement,  dirigé par des arabes étrangers au pays, trouvera-t-il la  ressource humaine pour persévérer ? Le souci de libérer les otages avait amené nos services à observer de près la région depuis de nombreux mois : les chefs encore en vie sont connus.   Il est probable que, les frappes aidant, le vivier sera vite épuisé.

La dernière condition de survie est, pour les rebelles,  de bénéficier de l’appui d’un pays voisin. Or là aussi le bât blesse :   le Tchad,  dont  la force armée se recrute aussi chez les nomades du Sahara, démontre à nos côtés, en l’absence d’autre force africaine solide, son efficacité. Moins actifs, les autres pays du Sahel s’abstiennent de soutenir les rebelles.  La Libye et la Tunisie, qui leur seraient plus favorables, sont loin.

Que ce combat ait montré, au rebours de ce que prévoyaient soi-disant augures diplomatiques,  la pleine coopération de l ’Algérie,  constitue peut-être l’acquis le plus significatif  de ce conflit,  d’une immense conséquence.

Les repentances à répétition pratiquées jusqu’ici par la gauche et quelque fois   la droite, ne faisaient qu’aigrir  les rapports franco-algériens. Une action concertée au Mali a, au contraire, pour la première fois depuis 1962, rapproché autour d’une cause commune, ces deux pays, dont tout indique qu’ils ont, à  long terme, vocation à  fraterniser.

Cette coopération n’est pas passée  inaperçue dans  nos banlieues. Elle pourrait avoir  des conséquences bénéfiques considérables en termes d’intégration.

Cette considération  nous consolera aisément de l’isolement prétendu de la France sur le plan international. Que l’Europe reste aux abonnés absents, il faudrait une immense dose  de naïveté pour s’en offusquer. Que la politique des Etats-Unis soit ambigüe, qui s’en étonnerait ?  Tout prêts à tirer les marrons du feu au Niger voisin, riche d’uranium,  ils  ne peuvent que constater, non sans une amertume cachée, le contraste entre notre efficacité au Mali et leur échec en Afghanistan (dans des circonstances, il est vrai  beaucoup plus difficiles).

D’ailleurs si certains politiques s’émeuvent de cette solitude, les militaires français, totalement libres de leur manœuvre et donc plus efficaces qu’ils le le seraient dans un dispositif multinational,  eux, s’en félicitent.

 

Roland HUREAUX

Curieusement, notre engagement en Afghanistan, déclenché aussi sous un gouvernement de gauche, celui de Jospin, pourtant plus coûteux sur le plan financier et humain, moins assuré de succès et très  loin des intérêts historiques de la France  a suscité moins de critiques !  

 

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Published by Roland HUREAUX
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