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Roland HUREAUX

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 14:59

 

 

Il y avait eu  la réception offensante de Mgr Vingt-Trois par la commission de l’Assemblée nationale  chargée d’étudier le projet de loi gouvernemental  de « mariage » pour tous ( curieusement  seul  le représentant des catholiques  avait été  si mal  reçu alors que ceux des autres cultes  étaient  d’accord  avec lui !),  la sortie absurde de Cécile Duflot appelant l’Eglise ( qui en fait déjà plus qu’elle ! ) à  prêter ses locaux pour loger les  des sans-abris .

Il y a aussi, ce qui  est moins connu,   la multiplication des rappels  à leur obligation de réserve de   hauts fonctionnaires ayant  exprimé, comme citoyens, leur hostilité au projet, alors même que la pratique française avait jusqu’ici  été libérale en la matière  dès lors que les intéressés  s’exprimaient à titre privé et  que le sujet n’entrait pas dans leur  champ de compétence. Pourquoi, est-ce  ce projet de loi et  pas un autre qui suscite ces  réactions ? Voilà une vraie question.

Les signes de crispation n’émanent pas que du  gouvernement : la  manifestation du 16 décembre en faveur du mariage unisexe (qui fut loin d’être un succès) a vu des pancartes  ordurières, dont une confiée à  un enfant,  et le parrain de ce courant, Pierre Bergé, déclarer sans vergogne : « Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ? »

Visiblement, le gouvernement socialiste s’est trompé en pensant que le mariage unisexe (fallacieusement appelé « mariage pour tous »), qui devait être  la grande réforme sociétale du quinquennat,  passerait  comme une lettre à la poste, avec seulement le baroud d’honneur de quelques intégristes hors du temps.   

Le projet, entièrement idéologique, puisque il ne vise à répondre à aucune demande effective (ou si peu !), a été conçu dans  l’inconscience de   l’esprit bobo,  sans que l’on ait  vraiment  réfléchi à ses immenses   conséquences  anthropologiques.

Le gouvernement  découvre aussi  que l’hostilité va très au-delà des milieux religieux : ainsi  la plupart des élus locaux  de gauche (au moins  ceux  qui n’appartiennent   pas à la hiérarchie du parti  socialiste ) sont hostiles, même s’ils n’ont pas rallié le collectif des « maires  pour  l’enfance ». Cette « élite populaire »  pèse  bien évidemment  plus dans l’opinion  que   ceux qui, sans avoir vraiment réfléchi, répondent  étourdiment    aux sondages en suivant l’air du temps,  et ont pu ainsi donner l’impression  infondée  d’un  soutien massif au projet.

 

Les idéologues contre le bon sens

 

Entre une minorité d’activistes qui veut à tout  prix effacer   toute distinction légale entre les différentes formes de sexualité et même  entre hommes et femmes, et  qui ne trouve de crédit que du fait d’être  surreprésentée dans les médias et les partis politiques, et une majorité de gens de bon sens qui ont,  de plus en plus,   le sentiment   qu’on leur  demande de marcher sur la tête , quel dialogue est encore possible ?

Redoutant que toutes les oppositions  ne convergent dans la méga manifestation   programmée par le  collectif  La manif’ pour tous, le 13 janvier prochain, certains représentants de la majorité,  visiblement,  perdent  les pédales.

C’est ainsi que Vincent Peillon, ministre de l’éducation nationale,  ne craint pas de réveiller  la    querelle scolaire   en refusant le  débat sur le mariage  unisexe au sein des établissements scolaires, particulièrement les établissements privés catholiques  sous contrat : « Il ne me semble pas opportun d’importer dans l’école le débat sur le mariage pour tous. Je considère même qu’en adressant une lettre aux chefs d’établissement, le secrétaire de l’enseignement catholique (qui avait suggéré ce   débat)  a commis une faute », a déclaré le ministre au Monde .

Curieux renversement des positions : un ministre de la République tenu  pour   ultra-laïque refuse le débat  que souhaite au contraire  une instance supposée cléricale.

Il est vrai qu’on n’en est pas sur ce sujet à un paradoxe près : limitée  dans les cours par l’obligation  de respecter  la liberté de conscience    inscrite dans la loi Debré, la notion de caractère propre des établissements privés sous contrat permettait  des  débats périscolaires  facultatifs mais ouverts. Il semble qu’ils soient désormais interdits.

Autre paradoxe : M.Peillon  ne veut pas de débat mais le gouvernement  a confié à Mme Najat Vallaud-Belkacem une mission de lutte  contre l’homophobie dans les collèges, qui la conduit, de fait, à défendre dans ses tournées en milieu scolaire   le projet de « mariage pour tous ». Non au  débat mais oui à la propagande officielle ?   

Est-il nécessaire de rappeler la consigne que Jules Ferry donnait à ses instituteurs  pour définir  la laïcité : « Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire », pour voir  que le projet de loi sur le « mariage pour tous » que M.Peillon défend  se trouve aux antipodes ?  

En prenant à partie l’enseignement  catholique, pourtant aujourd’hui bien décoloré, le ministre aurait-il voulu  ameuter le maximum de manifestants le 13 janvier ? On se le demande.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

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Published by Roland HUREAUX
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