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Roland HUREAUX

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 23:29

 

Ce n’est un secret pour personne  que la loi Taubira instituant  le mariage homosexuel, et surtout officialisant la théorie du genre,   aurait eu plus de mal à passer si un certaines  personnalités de droite n’avaient fait preuve  sur ce sujet d’une  regrettable ambiguïté, en s’abstenant ou en votant  de manière plus ou moins ostensible avec la majorité socialiste.

En démocratie, les actes politiques ne trouvent leur vraie sanction que  dans l’épreuve électorale. Le vaste mouvement  connu comme La manif pour tous, n’aurait pas pesé bien lourd sur la scène politique, en dépit des  centaines  de milliers de  manifestants qu’il a rassemblé,   si les comportements  que nous venons d’évoquer n’avaient  été sanctionnés  par les électeurs.

 

Paris et Strasbourg

 

Ils l’ont été, et de manière spectaculaire,  dans deux cas au moins : Paris et Strasbourg. Le déficit d’image dont a longtemps pâti Nathalie Kosciuzko-Morizet  au sein de la droite parisienne (et qui a abouti par  exemple à la dissidence de Charles Beigbeder) n’est, notoirement, pas  sans lien avec sa décision de s’abstenir sur le vote lors du vote de la Taubira.  Il lui a été fatal.

A Strasbourg, il est probable que Fabienne Keller, candidate de l’UMP,  aurait survécu à la triangulaire difficile qui l’a opposée aux candidats du Parti socialiste  et du Front national si  elle n’avait pas fait partie des quelques sénateurs de droite décidés à voter la loi Taubira  (l’a-t-elle fait ? qui le saura dans le brouhaha qui a tenu lieu de vote à main levée au sein de la Haute Assemblée, honteuse  mascarade de démocratie).

En bref  deux des sept  principales villes de France, Paris en tête,  auraient basculé à droite  si les candidats  désignés par l’UMP  n’avaient pas pris plus ou moins parti pour le « mariage des personnes du même sexe ». La déroute du Parti socialiste en eut été encore plus spectaculaire.

A l’inverse un Jean-Luc Moudenc a brillamment reconquis Toulouse, contre les pronostics : quoique d’origine  centriste, il n’a, sur ce sujet, jamais trahi son camp.   

D’autres personnalités de droite avaient fait le même choix que   Kosziusko-Morizet ou Keller, mais elles n’étaient pas  en première ligne aux  municipales : ainsi Bruno Le Maire  avait renoncé à  conduire lui-même  la liste UMP à Evreux.

Pourquoi les personnalités évoquées ont-elles pris ces options ?   Conviction,  peut-être.  Mais  dans la jeune génération de la droite, prévaut aussi l’idée  que, pour préserver son avenir, il faut, en matière sociétale,   faire les choix supposés  le plus modernes et donc, en fait,  ceux du parti socialiste. Il n’y a pas, croit-on, grand avenir, pour un « ringard »   prônant comme les générations passées que le mariage unit  un homme  une femme.  

Cette posture a pu  valoir, en son temps, quelques bénéfices  à une Roselyne Bachelot, jusqu’à en faire une vedette du petit écran. Mais aujourd’hui elle ne tient plus car elle repose sur une double erreur.

D’abord  elle va contre cette règle de la politique qu’il ne faut pas aller contre les   fondamentaux de son camp. François Hollande ayant pris le risque de diviser gravement la France sur la  loi Taubira, il était clair que toute la droite, au moins à la base, s’est retrouvée dans l’opposition  au mariage homosexuel. Quelles que soient ses convictions intimes, un homme de l’UMP  ne pouvait, sur un sujet aussi passionnel, jouer contre son camp.

Ensuite, les positions supposées modernes portées par la gauche apparaissent de plus en plus,  sur à peu près tous les sujets  (non seulement le droit de la  famille, mais aussi les méthodes pédagogiques, le rapport à l’histoire nationale, la justice, la  diplomatie des  droits de l’homme etc.) comme de dangereux délires, gravement préjudiciables à la société.  Le parti socialiste ayant abandonné depuis belle lurette  sa raison d’être  sociale, sa marque de fabrique, ce sont désormais  ces délires  idéologiques et rien d’autre.  L’aura de modernité qui les sous-tend  est elle-même  constitutive de l’illusion idéologique.   Qu’un homme de droite se veuille plus moderne en entrant dans ce jeu, il cesse tout simplement d’être un homme de droite. 

Car qu’est-ce que la droite aujourd’hui  sinon la résistance à ces illusions destructrices,  le parti du bon sens et du réel contre les chimères. Etre de droite, c’est dire que deux et deux font quatre !  Gare à ceux qui s’égareraient  hors de ces  fondamentaux.   

La leçon donnée par ces municipales ne  saurait être oubliée au moment où la droite sera confrontée aux grands choix qui détermineront  l’après-socialisme, pas seulement  celui de maintenir ou non la loi Taubira.

 

Roland HUREAUX

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Published by Roland HUREAUX
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