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Monsieur Roland Hureaux

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La modernité a bon dos.

Pour beaucoup de réformateurs, elle implique la liquidation des institutions les plus solides et les plus vénérables qui structurent la vie sociale.

Le gouvernement Sarkozy, dans la continuité de  ses prédécesseurs de droite ou de gauche, dans son souci de moderniser la France,  n’a pas échappé à ce travers. C’est ainsi qu'ont été remis en cause la commune, la plupart des corps de l’Etat, les ponts et chaussées  fusionnés avec le  génie rural,  la gendarmerie, rapprochée de la police. Les instituteurs avaient déjà  été fusionnés avec les professeurs, le département est voué à l’effacement : la disparition des numéros sur les plaques d’immatriculation au bénéfice de chiffres sans signification géographique en est e  prélude.  Sous l’impulsion de Bruxelles, France-Télécom a été démantelée, EDF est  en passe de l’être.

Il n’est pas sûr qu’aucune de ces réformes  prépare, comme on le prétend, la France à mieux affronter la mondialisation.

Bien au contraire, elles ne se traduisent par aucune économie supplémentaire et, au contraire par des coûts aggravés,   une perte d’efficacité et, l’exemple de France-Télécom le montre, une grave démoralisation des agents.

L’institution  monarchique, que l’on peut juger dépassée, empêche-t-elle au demeurant le Royaume-Uni  d’être un pays ouvert au monde ?

C’est à tort que certains, excédés par ces changements souvent brouillons, espèrent qu’une présidence Hollande les leur épargnerait. La gauche n’a récusé aucune des réformes en cours. La charte de la réforme de l'Etat est la loi du 1er août 2000, votée sous Jospin. Elle est à l’origine des fusions de corps, des primes de résultat, du contrôle chiffré des activités qui excèdent tant les fonctionnaires. Hollande ne remet en cause que la RGPP qui  porte  sur les effectifs, non  les structures.

Ce  mouvement de déstabilisation des repères fondamentaux de la société connaîtrait une nouvelle accélération avec un pouvoir socialiste.

La déstabilisation porte projetée  sur des questions encore plus fondamentales que la gendarmerie : même si elle ne figure pas explicitement dans le programme de Hollande, le passage à la VIe République est un leitmotiv de beaucoup de socialistes , conférer le droit de vote aux étrangers, fut-ce aux seules  élections locales , serait une atteinte grave au principe de la citoyenneté, fondement de toute République organisée. La  citoyenneté perdrait ainsi peu à peu   sa signification, comme les frontières  dans l’Union européenne.

Mais le programme socialiste nous promet une déstabilisation de bien plus grande envergure encore, puisque elle porte sur les réalités anthropologiques les plus fondamentales  de la sexualité et de la mort. Le mariage homosexuel, qui figure en tête de ce programme,  a-t-il   un autre but que la déstabilisation  d’une institution immémoriale ? L’euthanasie changerait fondamentalement le rapport de notre société à la mort. Ni l’une ni l’autre de ces réformes de répond à une vraie revendication. Bien peu d’homosexuels désirent réellement se marier. La loi Léonetti avait réglé les questions liées à la fin de vie et la plupart des intervenants, à commencer par le corps médical, s’en satisfont. Le but véritable de ces réformes est une déstabilisation idéologique de deux repères fondamentaux.

Le projet de légaliser le cannabis remet en cause un tabou de notre civilisation.

Au terme de cette œuvre de destruction, un homo oeconomicus sans culture, sans morale, sans repères et, par là  sans esprit critique car pour se rebeller contre  une situation existante , il faut s’appuyer sur une éthique, une culture : faute de cela, point de revendication articulable.

C’est pourquoi cette destruction de repères fait, selon certains, le jeu de puissances mondiales désireuses d’effacer les repères nationaux pour n’avoir affaire qu’à une masse fongible disposée à accepte les conditions qu’on lui dictera.

En proposant la destruction des repères fondamentaux qui structurent une vie vraiment humaine, le parti socialiste  fait le lit d’un règne sans partage du grand capital.

 

Roland HUREAUX

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