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Roland HUREAUX

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 14:17

A en croire beaucoup de commentateurs, le second tour de l’élection  présidentielle serait, au vu des résultats du premier,  déjà gagné  pour François Hollande .

Cela ne va pourtant pas de soi  et l’espoir qui semble persister  dans le camp du président sortant n’est peut-être pas  sans  fondement.

Paradoxe : une analyse serrée des chiffres montre que la droite est en léger progrès  : de   45,29  % en 2007 avec   Sarkozy, Le Pen (père)  Villiers et Nihous ( Chasse pêche) à  47,12 %  en 2012  avec  Sarkozy,   Le Pen (fille), Dupont-Aignan et même  Cheminade ( qui, comme Nihous  capte aussi  des voix de gauche) .

La gauche  est, il est vrai, elle aussi,  et  bien davantage  en progrès de 36, 44 %  à  43, 75 %.

La  montée de l’une et de l’autre  s’expliquent  entièrement par la baisse de François Bayrou qui chute de 18,57 %   à 9,13 %.  

La montée du Front national  de 10,44 % à 17,90  %  est apparue comme un des principaux traits de ce scrutin et, pour une part, pur un désaveu du président sortant.

Il faut en revanche relativiser   la montée de l ‘extrême gauche ( à laquelle, à tort ou à raison, on peut assimiler les Verts) : en 2007,  11,38 %  (Besancenot, Voynet, Buffet, Bové, Schivardi),  en 2012, 15,12 %  (Mélenchon, Joly, Putois, Arthaud). Ce vote est surtout plus concentré autour de Mélenchon. 

Compte tenu de ces données,  l’électorat, dans son ensemble,  s’est plutôt droitisé.

Les deux transferts majeurs, qui résument presque tout le scrutin,  sont  celui  de  l’UMP vers le Front national et celui du MODEM vers le PS.   Aucun de ces transferts  ne permet de préjuger du second tour. Le  premier s’explique  par la crise et  par  la déception causée par le président sortant à  ceux que   son  discours  musclé de  2007 avait séduits, le second   par la situation particulière de 2007 :    la faiblesse relative de la candidate Ségolène Royal, très atypique dans une gauche où les valeurs machistes n’avaient pas complétement disparu,  avait attiré vers Bayrou une partie du centre-gauche: avec Hollande,  candidat « normal »,  les électeurs socialistes sont revenus au bercail.  

Les électeurs de l’UMP qui ont voté pour le FN,   après avoir donné à Sarkozy l’avertissement qu’ils pensaient devoir lui donner, reviendront probablement, pour une bonne part,  à leur point de départ.   L’électorat que Bayrou a perdu, c’est son   électorat socialiste de 2007 ; il a  gardé en revanche l’électorat centriste traditionnel qui, dans sa grande majorité, penche à droite : s’il existait en 2007, et encore un peu en 2011  un vote  Bayrou  « bobo », au fond des provinces, tout le monde sait que les centristes sont des « culs-blancs »   et non pas des « culs-rouges ». Il est donc probable que les reports du FN et du MODEM vers Sarkozy seront meilleurs que ce qu’ils furent en 2007 .  Tout le monde admet que les reports de l’extrême gauche vers Hollande seront bons, mais  pas complets pour autant. 

En 2007, la participation au premier tour avait été de 83, 7 %. Elle n’a été que de 79,5  % en 2012. Il reste une marge de presque 4  % des électeurs  dont personne ne sait ce qu’elle fera . On peut  supposer cependant que la perspective d’un scrutin serré la mobilisera au maximum.

La superstition selon laquelle le  premier tour est déterminant, que Sarkozy et Hollande ont  volontairement entretenue pour susciter le vote utile, a ses limites : si elle  avait quelque fondement, Mitterrand aurait été élu en 1974 et Jospin en 1995 !

Personne  ne sait  ce que fera Bayrou ( qui aura du mal à garder son siège de député, sans l’appui de l’UMP) ; il est connu que,  dans les hautes sphères du Front national, spécialement parmi les experts recrutés récemment par Marine le Pen, certains rêvent d’une victoire de Hollande, qui serait suivie, pensent-ils,   d’un quinquennat catastrophique des socialistes  , à la grecque,  où , l’UMP s’effondrant, la FN serait la seule véritable alternative ,  le tout  débouchant sur sa   victoire en 1997. Ce scénario inquiétant n’est pas invraisemblable, mais, du point de vue de la droite, il revient à   la politique du pire. Il n’est pas certain que   ces spéculations d’intellectuels rencontrent un écho très large chez  l’électeur de base du Front.

Compte tenu de ces données, les chances des deux candidats au second tour nous semblent  plus proches que ce que l’on croit généralement.

Le scrutin sera, en tout état de cause, serré. Dans un tel cas de figure, c’est généralement le plus déterminé qui l’emporte.

Roland HUREAUX

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Published by Roland HUREAUX
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