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Roland HUREAUX

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 08:57

 

Pour choisir un nouveau premier ministre, on comprend que le président hésite. Car les institutions telles qu’elles fonctionnent aujourd’hui ne lui laissent qu’une marge de manœuvre étroite.

François Mitterrand, atteint par l’âge et par la maladie, a pu s’offrir  une fantaisie en choisissant Edith Cresson, malgré les conseils de tous ceux qu’il avait consultés. Elle ne fut pas la pire à ce poste, loin s’en fait ; mais faute qu’elle ait pu s’imposer, il dut s’en séparer au bout d’un an. Comme il n’allait pas se représenter, il savait que cet apparent échec n’aurait pas de conséquences pour lui.

Sarkozy, lui, veut se représenter. C’est pourquoi il n’a pas droit à l’erreur. Si  le nouveau premier ministre s’effondre en quelques semaines, c’en est  fait  de l’espoir d’un second quinquennat. Compte tenu de la situation du président dans les sondages, il ne suffit pas que le prochain chef du gouvernement  ne se plante pas ;  pour assurer le  second mandat de son patron,  il faut encore  qu’il soit  excellent.

 

Bon, mais pas trop

 

Mais il en faut pas qu’il le soit trop. Car,  très vite, le groupe parlementaire de l’UMP  le  désignerait, lui,  comme son candidat.

En France, le choix du candidat à la présidence de la République par les deux grands partis ne fait pas l’objet d’une procédure arrêtée comme en Amérique. Le parti socialiste semble s’orienter vers  une primaire à l’américaine. On verra ce que cela donne.

A droite, la règle de fait depuis quelques une vingtaine d’années est que, comme au Royaume-Uni, ce soit le groupe parlementaire qui décide, généralement fonction de sa survie. Mais cela est moins voyant qu’outre-Manche.

Quand les parlementaires tories eurent le sentiment que Margaret Thatcher n’était plus un bon cheval, ils la  remplacèrent  du jour au lendemain par John Major. Même scénario avec Tony Blair écarté  au profit de Gordon Brown.

En France, c’est ce qui serait arrivé à Chirac dès 1994 au bénéfice de Balladur, s’il n’avait conservé avec la rue de Lille et l’Hôtel de Ville deux inexpugnables bastilles.  L’incertitude du match entre les deux  conduisit à la division de la majorité. Chirac l’a  à nouveau échappé  belle en   1999 :   Philippe Séguin, qui apparaissait  comme la solution alternative évidente,    commit l’erreur de se présenter à la mairie de Paris, où il risquait fort d’échouer. Le locataire de l’Elysée, en vrai  tueur,  avait  attiré à dessein son rival dans ce piège à mammouths. Mais Chirac, qui n’aurait sans doute pas craché sur un troisième mandat,  finit par être mis à l’écart, vers 2005, au bénéfice de Sarkozy. La solution  s’étant imposée d’emblée, l’éjection s’est faite sans douleur.

Il ne suffit   pas  au président qu’il  ait dégringolé dans les sondages pour se voir menacé d’éviction. Il faut aussi, comme dans un divorce, qu’il y ait une solution de rechange. Or aujourd’hui, les parlementaires  n’en ont guère. Les limites de Fillon, pourtant apprécié par les députés et les sénateurs, sont patentes. Copé attend son tour. Villepin aurait pu jouer ce rôle s’il ne s’était pas mis les parlementaires   à dos.

Sarkozy peut dire une nouvelle fois merci à Chirac, qui, ayant  bien compris la règle du jeu, s’était efforcé de faire le vide autour de lui. A ce jeu de verrouillage, seul Sarkozy lui était passé entre les jambes. Mais  l’héritage de Chirac est là : exsangue,  la droite n’a, à ce jour,  personne à opposer à Sarkozy.

C’est pourquoi il  importe à ce dernier que le prochain premier ministère ne soit pas non plus trop bon.  Compte tenu de la médiocre prestation de l’actuel présidant, il s'imposerait très vite comme la solution de rechange.

 

Roland HUREAUX 

 

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