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Roland HUREAUX

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 11:22

 

 

Dans le cadre de la réforme territoriale, le département semble tout à coup  épargné.

On a compris que la raison principale en était le souci de maintenir Jean-Michel Baylet , président du Conseil général du Tarn-et Garonne et le Parti  radical de gauche dans une majorité qui s'effrite  chaque jour." Politique d'abord"  aurait dit Maurras,  grand pourfendeur du département. Et même politique politicienne !

Preuve que l'institution a la vie dure : elle avait déjà échappé en 1981  aux fureurs socialistes , déjà adeptes  de la région, tenue, on se demande pourquoi , pour plus moderne, cela  parce que   François Mitterrand,  Gaston Deferre et  quelques uns de leurs amis  influents , tel  Maurice Faure,  étaient restés discrètement départementalistes.   

Peut-être François Hollande, ancien président du Conseil général de la Corrèze aura-t-il  suivi la même pente.

L'irruption imprévue du  vieux féodalisme radical  dans un processus supposé modernisateur passera difficilement pour une bonne raison de maintenir le département.

Et pourtant ces bonnes raisons ne manquent pas.

La première est que,  contrairement à ce que l'on raconte, il  n'y a pas dans  le reste de l'Europe moins  d 'échelons territoriaux qu'en France.  Faute d'être allé voir ou de savoir compter jusqu'à quatre, nos élites   dénoncent mécaniquement le "mille feuille français". De même qu'elle ne se sont pas avisées que nos régions n'étaient  pas plus petites que celles des autres pays. Si nous avons, par rapport à certains pays, pas tous, un échelon de plus,  ce n'est que depuis le  dédoublement de la commune et de la communauté de communes, issu de la loi Joxe de 1992 , une loi qui n'est  vraiment entrée en application que depuis  quinze ans. Avant de simplifier, il aurait fallu ne pas commencer par compliquer !

La deuxième raison, corollaire de la première est que tous les pays ont un échelon élu de la taille approximative de notre département, qu'il  s'agisse de la province ( Espagne, Italie, Belgique), du kreis (Allemagne), du comté et  du bourg (Angleterre). Certains länder allemands comme ont même en plus   le bezirk  ! 

La troisième est que si on supprime le département, que fera-t-on de  ses  attributions  principales : l'aide sociale,  le réseau routier ou  les transports scolaires  ?  A  coup sûr le transfert de compétences qui en résultera aboutira à compliquer les circuits  et alourdir  les coûts. Le  niveau administratif départemental demeurera  techniquement  nécessaire, pour la gestion des routes par exemple,  mais avec un contrôle politique plus lointain. Ajouté au fait , trop ignoré, qu'  en matière de gestion publique, plus la dimension des unités s'accroît, plus les frais généraux augmentent, il ne fait aucun doute que la nouvelle architecture  coûtera  plus cher que la présente.

Mais la raison principale de garder le département est que la population y est attachée . Or de  celle là   tout  le monde se  fiche. Témoin,  le seul territoire où il lui  a été demandé, par référendum  de dire  ce quelle en pensait, le 7 avril 2013, la suppression du département  n'a été approuvée que par  20 % des électeurs seulement ( avec 65 % d'abstentions ). Le Haut-Rhin, premier   concerné,  a  voté majoritairement non.      Tous les états-majors des grands  partis, tous les sondeurs,  tout l'establishment  national et local étaient persuadés que les Alsaciens voteraient oui.  Ce fut l'inverse.   Et pourtant  la région Alsace ne comportait que deux départements !  "Un signe fort " pour Le Monde, "un échec cinglant pour la classe politique" pour L'Humanité. Comme les Corses ou les Antillais, les Alsaciens ont refusé un schéma institutionnel qui semblait aller de soi  pour une grande partie des dirigeants.  

Or ce  fait massif est immédiatement passé aux oubliettes, il a été selon le vocabulaire de la psychanalyse, refoulé   parce que contraire à la  doxa de l'élite. Gauche et droite confondues ont continué à projeter , comme si ce référendum  n'avait pas eu lieu,   la suppression du département. 

Et  gageons que Baylet n'a remporté qu'une victoire provisoire. Deux pas en avant, un pas en arrière disent, après Lénine,  tous les idéologues.   Tout laisse penser que,  malgré toutes les bonnes raisons de le maintenir,   la machine infernale visant à broyer le département  se remettra en marche  à la première occasion. Envers et contre tant le bon sens  que la volonté  populaire  qui vont généralement de pair.

 

                                                                       Roland HUREAUX  

 

 

 

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Published by Roland HUREAUX
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