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Roland HUREAUX

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 10:21

 Article publié dans Le Figaro du 23/01/2014

  

Qu’à l’issue de  sa dernière conférence de presse, François Hollande puisse être tenu pour un « social libéral », de gauche certes, mais ouvert  au monde de l’entreprise et  finalement assez inoffensif, témoigne d’une profonde incompréhension de la révolution qui est en train de s’accomplir aujourd’hui en France.

Si l’on s’en tient aux critères marxistes, pour qui rien n’importe que l’  économique et le social, Hollande, qui ne remet en cause aucun des paramètres de la mondialisation libérale : appropriation privée du capital, libre échange, libre circulation des capitaux, construction européenne, semble certes moins dangereux pour l’ordre établi que ne l’était  le Mitterrand du programme commun   nationalisant  les grands moyens de production. Tout au plus les libéraux lui reprocheront ils  son impuissance   à contrôler la dépense publique et donc la pression fiscale.   

Mais nous pensons que le marxisme est tout à fait inadapté à l’analyse de la situation actuelle. Il ne rend pas compte  du rejet de Hollande et du gouvernment socialiste par l’immense majorité de la population, un rejet d’une violence  peut-être sans précédent.

Il ne rend pas compte non plus du climat de terrorisme intellectuel et policier qui tend à s’instaurer depuis plusieurs mois. Moins que l’affaire Dieudonné, cyniquement montée en épingle par un   gouvernement  n’hésitant pas à instrumentaliser la lutte légitime contre l’antisémitisme, en témoigne la répression disproportionnée de la Manif pour tous et de ses suites ( veilleurs etc.), le climat de haine antichrétien qui tend à s’instaurer dans les milieux médiatiques  et socialistes (qui se recouvrent largement  ), la volonté d’offenser sciemment  les résistants à l’idéologie dominante ( timbre à l’effigie d‘une femen !) , l’atmosphère de maison de redressement (contre les tendances supposées du peuple  au racisme, au machisme, à l’homophobie, au tabagisme etc.)  qui corsette de plus en plus   la société française. Les arrestations arbitraires de militants pacifiques et les atteintes de plus en plus  décomplexées  à la liberté d’expression, sont symptomatiques d’une inquiétante dérive.   

 

La  radicalisation des socialistes

 

En vérité,  ceux qui n’ont vu dans l’élection de Hollande qu’une  alternance  sans conséquences  se sont trompés. Ils   n’avaient pas compris   que, en dépit de son assagissement  économique, le parti socialiste avait fait l’objet, au cours des dernières années, sur tous les autres sujets que l’économie, en particulier les questions culturelles et sociétales,  d’une radicalisation sans précédent.

La gauche classique, celle  des deux derniers siècles,  combattait le pouvoir excessif de l ’Eglise tout en promouvait  des réformes sociales. Mais elle laissait intacts l’histoire de France, l’instruction publique, la citoyenneté, la morale, la famille, le sens national,   une justice fondée sur la distinction élémentaire du bien et du mal et naturellement la différence sexuelle tenue pour évidente. C’est tout cela qui est aujourd’hui  mis en cause.  

Le nouveau socialisme libertaire est bien  une idéologie, au sens d’un système d’idées fausses et contre-nature  inspirant ses décisions au pouvoir, mais   c’est une idéologie différente du marxisme et peut-être à terme plus dangereuse.

Seule analogie avec le léninisme : Alain Besançon décrit la révolution de  1917 comme la prise de pouvoir par une petite  minorité d’idéologues qui déclarent d’emblée la guerre au  le peuple russe. Nous avons toujours une minorité d’idéologues  et,  même si leurs  moyens semblent pour le moment moins violents,  cette minorité est bien entrée en guerre avec le peuple français (et européen). Il faut, comme l’avoue Peillon, l’arracher à tout conditionnement historique ou familial,   il faut en détruire la mémoire, les croyances, l’identité  et brouiller les  esprits par des théories   malfaisantes comme les nouvelles pédagogies ou la théorie du genre, aussi fausses et folles que l’était la biologie de Lyssenko. Toujours contre-nature, l’idéologie se crispe et, dès lors,   menace  la démocratie.

En proposant d’alléger les charges des entreprises, sans autre contrepartie  que la fin des cotisations familiales (remplacées par quoi ? On ne sait), le pouvoir socialiste s’en prend aux familles nombreuses non seulement immigrées  mais indigènes qui se trouvent au cœur de la résistance à

 l’idéologie dominante. Ces   familles  ont assuré à la France un renouvellement démographique meilleur que le  reste de l’Europe (qui est, elle, en voie de disparition), mais elles ont fourni aussi  les principales troupes de La Manif pour tous. Que Mme Najat Belkacem propose de sanctionner fiscalement les femmes au foyer s’inscrit dans la même logique. Une logique qu’on n’hésitera pas à appeler de guerre civile : il  s’agit non seulement de punir un groupe social mal pensant  mais de l’exterminer  en le privant de moyens d’élever ses enfants.

Voilà donc une révolution, qui, à la différence de celles du passé,  ne s’attaque pas  seulement au pouvoir politique ou économique mais à l’héritage européen  dans son ensemble  et même au  socle anthropologique  commun à toutes  les sociétés.

Que cette révolution, qui n’est pas propre à la France, ait pris chez nous le visage d’un fonctionnaire  sans éclat est conforme aux intuitions  de Dostoïevski selon qui les hommes à  l’air parfaitement insignifiant  pouvaient  s’avérer les plus dangereux qui soient.    

 

Roland HUREAUX 

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