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Roland HUREAUX

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 09:05

 

La mobilisation syndicale du 7 septembre contre la réforme des retraites est  une réussite.

Il vaut mieux le dire car tout le monde ne le sait pas:   le monde syndical a si bien coordonné sa communication que,  la grève des journaux et des NMPP aidant,  la nouvelle n’a pu  être  claironnée dans les devantures des kiosques le lendemain matin.  

Le paradoxe – et cette opinion n’engage naturellement  que l’auteur de cet article – est que  ce grand rassemblement s’est fait contre une des rares réformes  de l’ère Sarkozy qui soit à peu près justifiable. Non pas que,  sur ce sujet, le président serait devenu raisonnable mais parce que celle-là ne procède pas de la volonté de changer pour changer, mais  a été imposée par le principe de réalité : la nécessité de rétablir  l’équilibre financier  les caisses d’assurance vieillesse.

Sans doute la réforme des retraites telle qu’elle soumise au parlement a-t-elle  bien des défauts : elle est défavorable aux femmes qui ont interrompu leur carrière pour élever des enfants, aux travailleurs les moins qualifiés entrés tôt dans le monde du travail,  aux  chômeurs âgés.  Elle est une réforme a minima qui ne fait que repousser aux calendes une solution de fond du problème.

Mais personne ne conteste la nécessité d’une réforme des retraites. L’évidence démographique fait que,  dans une population à la longévité de plus en plus grande, à la relève des générations insuffisante et où les cotisations vieillesse sont déjà très lourdes, un nouvel équilibre entre actifs et inactifs doit être trouvé.

Pour  cette raison, il y a peu de chances que la mobilisation contre les retraites aille jusqu’ à faire reculer le gouvernement. 

D’ailleurs,   le monde syndical, qui a fait sa démonstration de force, et donc montré qu’il existait encore, le souhaite-t-il vraiment ? On peut se poser la question.

Et le parti socialiste qui n’a guère de propositions alternatives ? Sans doute pas davantage.

Pour la même raison, beaucoup de grévistes et de manifestants ont profité de l’occasion pour exprimer leur mécontentement, pas seulement sur la question particulière des retraites mais sur la politique  du gouvernement en général.

Et là, les raisons ne manquent pas : on peut même dire que sur les  dizaines  de réformes lancées par le présent gouvernement, en dehors de celle-là, à peu près toutes auraient appelé  des protestations au moins  aussi fortes.  

Même si toutes ces réformes continuent, chacune dans son secteur,  à alimenter un malaise diffus,  on n’a pourtant  pas vu , en tous les cas pas si massivement,  jusqu’ici,   les fonctionnaires manifester conte la réforme de l’Etat, les postiers contre le nouveau  statut de la Poste, les gendarmes contre le rapprochement  avec la police , les policiers  contre l’absurde  culture du chiffre, les maires contre la loi de réforme des collectivités territoriales,   les enseignants contre le lycée à la carte  et  la perspective de suppression des concours  ( encore  que beaucoup d’entre eux  aient justifié par là  leur participation à la  journée de mardi) , les classes moyennes  pas assez riches pour bénéficier du bouclier fiscal contre l’augmentation des impôts, les chômeurs contre les délocalisations,  les pacifistes,   si mobilisés jadis face à   la guerre d’Algérie, contre la   guerre d’Afghanistan etc.

C’est que les mouvements sociaux, comme la politique, ont leur part d’irrationnel.  Les psychanalystes distinguent le désir latent ( et inconscient)  de  la revendication exprimée. En l’espèce, si  la revendication  exprimée porte  sur les retraites, le désir – ou le mécontentement -  latent,  porte sur  bien d’autres  sujets.

On peut même se demander, compte tenu de  l’impopularité des grèves dans  la plus grande partie de l’électorat de droite, si  celle du 7 septembre,  destinée à s’opposer à une réforme dont une partie de l’opinion admet confusément la nécessité, n’aura pas contribué à rassembler à nouveau l’électorat de Nicolas Sarkozy.  Pire encore :  si  comme dans le cas de la Grèce, l’ampleur de la protestation, ne crédibilise pas  la rigueur  à la française , qui en a bien besoin,  auprès des agences de notation !

 

 Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

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