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Roland HUREAUX

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 20:43

 

S’il fallait un symbole  du  déclin du syndicalisme français,  on n’en trouverait pas de meilleur que  le ballon marqué CGT flottant sur la pitoyable manifestation du 16 décembre à la Bastille en faveur du projet de loi gouvernemental instaurant le  mariage  et l’adoption homosexuels. Pitoyable : même les chiffres  de la préfecture de police (60 000) sont jugés grossièrement exagérés par la presse.  Bien que la  gauche  ait, à la différence de la droite, la culture de la manifestation,  elle fait cependant    pâle figure   face à la  « La Manif’ pour tous » du 17 novembre.

Pourquoi parler de déclin du syndicalisme?

D’abord parce que cette bataille, pour une cause typiquement « bobo », se trouve aux antipodes  des batailles historiques du syndicalisme français : que diraient Victor Griffuelhes , Léon Jouhaux, Benoit Frachon à voir leur centrale syndicale engagée dans un combat à mille lieues de ceux qu’ils menèrent ?

Tournant le dos à son histoire, la CGT, en s’engageant dans cette bataille douteuse, le tourne  aussi à la classe ouvrière.  Que pensent aujourd’hui les ouvriers d’Arcelor-Mittal  de voir le plus grand syndicat français militant  de manière aussi voyante pour  une cause si étrangère à leurs préoccupations. Se sent-elle tant d'affinités avec Pierre Bergé ? La CGT aurait-elle suivi les propositions de la fondation  Terra Nova,  proche du parti socialiste et  financée par les  multinationales américaines : laisser tomber la classe ouvrière et se tourner vers les nouvelles classes branchées en prise avec une économie mondialisée.

Déclin aussi parce qu’un tel engagement amène à s’interroger  sur la  liberté de la grande confédération vis à vis du pouvoir. Il faut voir dans quel contexte s’inscrit la manif’ du 16 décembre : surpris de la résistance l’opinion, pas seulement catholique,  à son projet de « mariage pur tous », le mouvement a battu le rappel de ses alliés. La CGT a répondu  à l’appel. Déjà au temps de Sarkozy,   la loi du 20 aout 2008  favorisait la CGT et la CFDT au détriment des petits syndicats (FO, CFTC, CGC).  Comment imaginer que les deux principales  centrales n’aient pas apporté de contreparties à ces faveurs ?  

Non qu’elles soient   unanimes sur le mariage homosexuel, loin s’en faut. La majorité de leurs  adhérents  y sont certainement hostiles. Le  conseil d’administration de la Caisse nationale des allocations familiales  ne s’était prononcé    contre le projet que  grâce aux  voix de la CGT, la CFDT ayant, ô surprise, voté pour !  La CFDT s’est aussi engagée en faveur de la manifestation du 16 décembre  mais timidement et tardivement. On peut penser que la participation si voyante de la CGT à cette  manifestation, plus qu’elle n’exprime  une adhésion,  est  un de ces services qu’on ne refuse pas aux amis.

Mais  certains  syndicalistes y verront peut-être la continuation de  la tradition libertaire du mouvement ouvrier français, venue de  l’anarcho-syndicalisme. Redoutable malentendu : si, du temps de Maurice Thorez et de Jeannette Vermeersch, il était d’usage  que les couples ouvriers ne passent pas devant Monsieur la Maire (jusqu’à ce que Staline y mette bon ordre !) et encore moins devant Monsieur le Curé, les mêmes se targuaient d’une rigoureuse fidélité, dénonçant l’adultère  comme un vice  de la bourgeoisie. De mariage homosexuel,  il n’avait jamais été question jusqu’à la fin du XXe siècle, sachant que ce projet n’a rien à voir  avec une  tolérance légitime pour l’homosexualité, laquelle  d’ailleurs n’allait pas  de soi dans  les banlieues ouvrières d’antan – comme dans les cités immigrées d’aujourd’hui.

Surtout la position de la CGT laisse supposer que, face à la  vague mondiale de la    philosophie   libérale–libertaire, la gauche pourrait choisir le volet libertaire et écarte le volet libéral (nous supposons, peut-être à tort, que la CGT ne s’est pas encore ralliée à  l’ultralibéralisme !). Certes l’association « li-li »   ne pose pas problème aux sociaux-démocrates  et aux centristes qui ne récusent  pas le mondialisme. Mais la gauche de    la gauche, réputée peu libérale,  a tort d’imaginer qu’on puisse séparer les deux.

La philosophie libertaire est essentiellement fondée sur la destruction de ce qui fut longtemps la structure de base  de toute société : la famille instituée, tenue désormais pour un tabou à faire sauter. C’est pourtant la famille  qui donne des repères, qui offre une solidarité distincte de celle d’État,  c’est elle  qui a permis à beaucoup de minorités opprimées de résister  (ainsi les huguenots sous Louis XIV comme  le rappelle Pierre-Patrick Kaltenbach). En offrant des axes de coordonnées, des points d’appui, une culture, fut-elle rudimentaire, la famille donne au dominé des ressource intellectuelles qui lui permettent de s’émanciper  du  discours du dominant. Or les  tenants du mariage « gay » ne s’en cachent pas : il ne s’agit nullement  pour eux de consolider une institution  (bien fragilisée aujourd’hui) en en  étendant l’usage, mais de préparer sa destruction : pour ses  partisans les  plus déterminés, c’est, à  terme,  l’obligation de fidélité et de stabilité qui doivent sauter. Ce qui doit advenir des enfants  au terme d’une telle désagrégation  est  préfiguré  par  l’idée d’une PMA sur étagère ou d’une gestation pour autrui, que les plus fanatiques veulent inclure dans la loi,   exprimant  leur profond mépris de l’homme.

A terme,  l‘objectif, quoi qu’en pense une certain gauche, est  l’homme atomisé des libéraux, à la fois producteur (le plus possible)  et consommateur (le moins possible),  soumis à la seule loi  du marché. Et par derrière celle-ci, l’implacable loi darwinienne de la struggle for life qui justifie la domination des forts sur les faibles.

Libéralisme et libertarisme : clairement,  il s’agit du même combat. Ceux qui, au plan international,  promeuvent cette double philosophie le savent bien. La revendication « gay » est strictement contemporaine de  l’essor de l’ultralibéralisme à partir de 1980. C’est dire à quel point il est  pitoyable de voir s’associer à ce combat douteux la plus prestigieuse des centrales syndicales françaises.

 

 Roland HUREAUX

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paulau 05/01/2013 19:34






















































































Non au mariage gay et à la
reconnaissance juridique de
l' homoparentalité.


I. Le langage 


La normalophobie.


L'habitude a été prise,
depuis une douzaine
d’années, d’utiliser
systématiquement les termes
d’homosexualité ou
d’hétérosexualité, au point
que personne ne parle plus
d'orientation sexuelle
normale ou d'orientation
sexuelle déviante. Certains
sympathisants de la cause
homosexuelle refusent même
l’emploi du terme « normal
» quand il s’applique à la
sexualité. Ils ne tolèrent
pas que l’on puisse ainsi
porter un jugement sur les
orientations sexuelles ni,
par conséquent, réfléchir
sur le mariage gay et
l’homoparentalité. 


Des mots précis.


L'emploi d'un même terme
pour désigner deux réalités
différentes conduit à des
confusions.


On ne peut donner un même
nom, en l'occurrence
"couple" à l'union
homosexuelle et à l'union
hétérosexuelle. En effet
l'union d'un homme et d'une
femme est différente de
l'union entre deux hommes
ou entre deux femmes, à
moins de considérer que
l'homme est identique à la
femme.


L'homosexualité est une
forme d' intolérance à
l'altérité sexuelle alors
que l'hétérosexualité fait
vivre la complémentarité
sexuelle. 


L'utilisation d'un même
terme, "couple" pour
désigner deux réalités
différentes, et même
antagonistes, est
anormale. 


A deux types d'unions
différentes il faut donner
des noms différents :
"couple", comme on
l'utilise depuis toujours
pour les unions
hétérosexuelles et, pour
les unions homosexuelles,
on peut préconiser le terme
"paire" car cette union
concerne deux personnes de
sexe identique. 


Si le couple est composé de
deux personnes c'est qu'il
y a deux sexes différents.
Le chiffre "2", en tant que
tel, n'ouvre aucun droit.
S' agissant d’homosexuels,
le sexe étant le même pour
les deux personnes, cette
reconnaissance juridique de
la vie à deux n’offre pas
plus de pertinence qu’une
reconnaissance juridique de
la vie à trois, quatre ou
cinq. 


Toute confusion dans les
termes entraîne une
confusion dans la
perception de ces deux
réalités. Cette confusion
peut amener à souhaiter un
même régime juridique , en
l'occurrence le mariage,
pour des unions qui sont
différentes.


II. La loi et le
mariage 


Avec le mariage la société
reconnaît juridiquement
l'importance de l'altérité
sexuelle et lui rend
hommage, en mariant par
exemple des couples qui ne
peuvent pas, ou plus,
enfanter. La société sait
que seule  l' union
d’un homme et d’une femme
 permet
potentiellement d' assurer
son avenir. Les
hétérosexuels n'ont jamais
eu besoin de réclamer un
droit au mariage , car une
telle possibilité est
évidente depuis la nuit des
temps.


Le mariage n’a pas été créé
pour permettre au
législateur de remettre en
cause la liberté
individuelle en se
préoccupant de sexualité
récréative, homo ou hétéro,
ni pour s’occuper d’amour.
Le maire n’a d’ailleurs pas
à demander aux futurs époux
s’ils s’aiment ou non. Il
ne leur demande pas non
plus leur orientation
sexuelle, cette dernière,
quelle qu'elle soit, ne
confère aucun droit. Le
mariage est ouvert à tous.
Il ne crée ni une injustice
ni une discrimination
envers les personnes qui
sont incapables d’établir
une relation complète avec
le sexe opposé. Leur
déviance de l'orientation
sexuelle est la seule cause
de leur incapacité à se
marier.


Si chaque individu peut
librement se marier, est l'
égal des autres devant le
mariage, l'union
homosexuelle, elle, n'est
pas égale à l'union
hétérosexuelle. Seules des
choses identiques peuvent
être traitées d'une façon
égale. 


Malgré le chantage à
l'homophobie le législateur
n’a pas à étendre le
mariage à une union
différente de celle pour
lequel il est prévu, cela
d’autant plus qu’ avec le
mariage, le plus souvent,
un tiers est concerné :
l’enfant . Le législateur,
par le mariage, propose un
cadre au couple afin de
l’aider à se stabiliser et
protéger ainsi l’enfant né
ou à naître.


S’il est exact que des
homosexuels peuvent avoir
la charge d’enfants, la
demande de reconnaissance
juridique de
l’homoparentalité comme une
forme de paternité est
inutile, l'enfant ayant un
état civil et donc un
régime juridique
clair. 


III. L’enfant 


Une fraction du lobby
homosexuel souhaiterait
assimiler le couple avec
enfant et une paire d '
homosexuels élevant un
enfant. En effet
l’apparence de ces derniers
se rapproche de celle du
couple normal. Les demandes
d’accès au mariage et à
l’adoption peuvent de ce
fait apparaître parfois
comme destinées à faire
oublier le caractère
spécifique de
l’homosexualité. L’enfant
deviendrait alors un moyen
mis au service d’une cause
qui n’est pas la sienne.


Les maltraitances d'
enfants, quant à elles,
doivent être sanctionnées
si des parents sont
indignes. Les enfants
placés dans une famille
d’adoption doivent y
retrouver le père et la
mère qui leur manquent. On
ne doit pas utiliser le
malheur de ces enfants afin
de démontrer qu’ils
seraient mieux dans une
famille de deux hommes ou
deux femmes que dans leur
famille d’origine et les
transformer ainsi en
propagandiste obligés de
l’homoparentalité. Quant à
l’adoption par un
célibataire elle devrait
prioritairement permettre
que des enfants puissent
être adoptés par leur
oncle, leur tante, ou un
autre membre célibataire de
sa propre famille. 


Faire croire à un enfant
qu'il a deux papas est un
mensonge.


Faire croire à un enfants
qu'il a deux mamans est
choquant. Une mère est
unique, biologiquement et
moralement. C'est cette
unicité qui crée le lien
enfant-mère à nul autre
comparable.


La loi n’a pas à entériner
toutes les situations de
fait découlant du
comportement de tel ou tel
individu sauf à créer une
règle par individu et par
situation ce qui
entraînerait la disparition
de la notion même de droit.
L’homosexualité a toujours
existé, elle est admise par
notre société. Ce
comportement n’a cependant
pas vocation à être à
l’origine d’une
modification de la
législation sur le mariage.


IV Non au mariage pour les
gays 


Roland HUREAUX 08/05/2013 14:51



Je suis entièrement d'accord avec vous.


RH