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Roland HUREAUX

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 20:22

 

Le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, épine dans le pied du premier ministre  Jean-Marc Ayrault,  ne semble contesté  que par les écologistes,  selon le  clivage classique développement économique contre défense de l’environnement.

Mais,  sur le plan économique lui-même, ce projet est-il vraiment opportun ?  Nantes, bien que capitale de la Bretagne historique,  n’est pas tout à fait une métropole  de premier rang. Elle est à 2 h 10 de TGV de Paris seulement. Un aéroport international  haut de gamme  y est-il vraiment indispensable ?

Le projet est évalué à  556 millions d'euros.   Les prévisions  de  trafic s’élèvent à   4,5 millions de passagers par an à l'ouverture,  puis 9 millions à long terme. Pour aller où ? A Paris, sûrement  pas. D’autant que l’aéroport est situé à 30 km de du centre-ville.  

Sa  localisation est justifiée par la fiction  longtemps entretenue  à  la DATAR  qu’il fallait fonder le développement  de la France sur un nombre limité de grandes métropoles « européennes ». Nantes et  Rennes ne l’étant pas tout à fait, on a  imaginé de  les traiter   comme un seul ensemble. C’est pourquoi l’aéroport a été conçu pour être également assez  proche de Rennes (80 km) : il est ainsi supposé desservir « la grande métropole  de l’Ouest ». Le problème est que cette métropole n’existe pas et qu’il risque de finir comme  l’aéroport de Metz Nancy, autre projet coûteux,   conçu lui aussi pour desservir les deux villes en même temps et qui  n’en dessert  finalement aucune,  surtout depuis la mise en service du  TGV-Est.

L’aéroport est attribué en concession pour 55 ans au groupe Vinci mais seulement pour  les frais de fonctionnement. Il n’est pas prévu que les collectivités publiques amortissent  cet investissement considérable.

Ainsi le  futur aéroport risque de compléter la panoplie des projets inutiles ou   surdimensionnés que, depuis trente ans, génère la mégalomanie des  exécutifs locaux et qui ne contribuent pas peu à l’hypertrophie de la dépense publique en France.

La décentralisation  à la française telle quelle a été conçue par les lois Defferre et Raffarin, donne aux collectivités locales toute  latitude pour dépenser, notamment en investissements lourds, sans véritable responsabilité financière puisque les dépenses  courantes des collectivités   sont en partie prises en charge par l’État au travers de dotations et que les investissements sont  subventionnés ou cofinancés,  au point  que les différentes entités ne payent , chacune,  qu’une partie : seul le contribuable paye tout.

Au moment où notre pays se désindustrialise  à grande vitesse, Notre-Dame des Landes n’offre que l’apparence du développement économique. L’Espagne, en pleine cirse, s’est  couverte, elle  aussi, grâce aux financements européens, d’une multitude d’aéroports « internationaux » rapprochés les uns des autres et en mal de fréquentation.

Les riverains  s’alarment   peut-être à tort du bruit que générera le trafic. Par contre,  ceux qui auront à payer cet investissement à la rentabilité douteuse,  symbole du  mal-développement à la  française,  auraient,  eux,   par ces temps de rigueur, du souci à se faire.   

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

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