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Roland HUREAUX

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 08:00

 

A en croire une information émanant  de  la CIA en date  du 23 juillet, il serait "certain"  que la destruction en vol  du Boeing  du vol MH17  de Malaysia Airlines qui a fait 298 victimes n'a pas été  volontaire ; il serait "probable" que le tir émanait des rebelles russophones ukrainiens.

Décryptons le message :   si l'agence dit seulement qu'il est "probable" que le tir soit parti des rebelles ukrainiens, c'est qu'elle n'en a pas la moindre preuve. Si elle en  avait, le ton, n 'en doutons pas, eut été plus péremptoire.

D'ailleurs tout le monde admet que les rebelles n'ayant pas d' aviation, ils n'auraient pu abattre un avion de ligne volant à 10 000 m d'attitude que s'ils avaient  disposé de missiles lourds de type SA 11.  On laisse entendre  de manière accusatoire, que le gouvernement russe les leur aurait livrés . Mais  aucune preuve sérieuse  de la présence de tels engins entre les mains des rebelles n'a été à ce jour rendue publique.  Pas davantage les Américains  n'ont publié  leurs enregistrements radar juste avant le  krash comme le leur demandent  les Russes.

Donc les Etats-Unis n'ont pas la moindre preuve de l'implication des rebelles russophones dans ce malheureux drame.

Dans ce cas là, qui a tiré ? Si les Américains ne le savent pas, comment peuvent-ils assurer que  le tir est involontaire? En disant cela, n'avouent-ils pas qu'en fait, ils connaissent le fond de l'affaire ?   Ne peut-on soupçonner qu'ils veulent d'avance   exonérer le véritable auteur du tir , ce que bien entendu ils ne feraient  pas s'ils avaient la preuve que ce sont les russophones ?  Qui est donc responsable ?  Il ne  peut s'agir bien entendu que de l'armée régulière ukrainienne.

Tout cela n'a pas empêché, dès les premières heures qui ont suivi le drame, le gouvernement américain,  aussi bien le président Barack  Obama que le secrétaire d'Etat  John Kerry d'accuser la Russie et ces accusations ont si bien porté que le gouvernement russe a été pointé du doigt dans tout  le monde occidental pendant plusieurs jours. Il s'est  trouvé ainsi un peu plus diabolisé. Dans la foulée, les gouvernements européen se chamaillent sur les sanctions à prendre contre Moscou sans même se demander s' il y a lieu d'en prendre.  Dans les tous derniers jours, la rhétorique s'est déplacée : on dit que ce krash n'aurait pas eu lieu si l'Ukraine n'était pas en guerre; or si elle est en guerre, c'est la faute à  la Russie qui livre des armes  aux rebelles. Autre indice d'une absence de vraie certitude

Et s'il était avéré , au contraire, que l'armée ukrainienne est responsable du krash , gageons qu'aucun porte-voix d'un gouvernement occidental ne le reconnaitra:  les choses resteront durablement  dans le flou.  Ces soupçons sont confirmés par la récente offensive de la dite armée   qui empêche depuis deux jours  les experts dépêchés par l'OESCE de travailler sur  le site du krash, une offensive qui  n'avait , selon les observateurs, aucun caractère d'urgence. Ils le seront encre bien davantage si s'avérait fondée l'information selon laquelle le pilote ukrainien  qui a tiré sur le Boeing aurait avoué : une révélation énorme , qui n'est n' est relayée  pour le moment , n'en soyons pas étonné, que par des  médias  allemands.

 

C'est la première impression qui reste

 

Mais les spécialistes de la  communication le savent: en situation de crise,  la première impression seule reste dans les esprits.

De ce point de vue, Washington a gagné dans cette tragédie   une grande bataille psychologique.  Comment le Kremlin aurait-il pu  s'y opposer d'ailleurs, puisque il n'a aucune influence sur les médias occidentaux ?   

Mais en même temps, l' affaire a   révélé au grand jour  jusqu'où  allait la mutation  des valeurs occidentales. Longtemps ce dernier pouvait se targuer, face à l'Union soviétique ou  d'autres,  d'un avantage moral considérable : la liberté  de la  presse et de la communication ( le troisième "panier" des accords d'Helsinki de  1975) , la libre circulation de l'information et par là  la possibilité pour chaque citoyen  d'accéder à la vérité. La quasi-unanimité avec laquelle la presse occidentale a , de manière explicite ou implicite, accusé  les rebelles russophones et la Russie avant de disposer de  la  moindre preuve - et pour cause, puisqu'il   n'y en a pas - ,  montre  comment  le monde que l'on disait  libre est devenu une immense machine de manipulation des opinions publiques.  

C'est peut-être ce qui, dans cette affaire , est le plus inquiétant.

Roland HUREAUX

 

 

                                                               

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Published by Roland HUREAUX
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