Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Roland HUREAUX

MrHureaux

Recherche

Articles Récents

Liens

22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 17:12

 

 

Toujours la suprématie américaine : les Etats-Unis sont, aux Jeux de Londres, comme d’habitude premiers au classement des médailles, devant la Chine.

Portant, si l’URSS existait encore, elle serait passée devant : en additionnant les résultats de tous les pays  qui la constituaient, on se trouve à égalité avec les Etats Unis pour les médailles d’or : 46,   et nettement en tête pour les médailles tout court : 164 contre 104.

Peu apparente en début de jeux, la  force de frappe russe  a fait reculer la France, bien partie avec ses beaux résultats de natation, à la 7e place du classement. L’Allemagne, qui n’est pourtant plus  que l’ombre de ce qu’elle était du temps des succès frelatés de la RDA, nous a aussi dépassés, de peu, mais nous  sommes   à égalité pour les   médailles d’or : 11. 

Des nations petites et moyennes ont confirmé leur vocation sportive, plus ou moins ancienne : Corée du Sud (entraînée dans une course de prestige avec la Corée du Nord), Australie, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Hongrie, Cuba.

Grâce au Brésil, l’Amérique latine figure honorablement (mais rien pour le Chili et le Pérou).

Même si les noirs sont très présents sur les podiums, en particulier dans les sprints, épreuves reines de l’athlétisme, illustrées par l’étonnante Jamaïque, l’Afrique elle-même serait demeurée en retrait, n’était  la suprématie spectaculaire de l’Afrique de l ‘Est dans les courses de fond : Ethiopie, Kenya et même Ouganda d’où vient le brillant vainqueur du marathon.  

Le monde arabe est encore moins présent malgré un succès ponctuel comme la  médaille d'or de l’Algérie au 1500 m. L’Iran seul fait bien mieux : 12 médailles, dont 4 d’or.

 

Grands absents

 

Les grands absents, au regard de leur population, demeurent, aujourd’hui comme hier,  l’Inde (2 médailles d’argent 3 de bronze pour plus d’un  milliard d’habitants), l’Indonésie (2 médailles de bronze),  le Pakistan,  le Bengladesh,  le Vietnam (0).

Autre anomalie qui demanderait un approfondissement : Israël  revient bredouille alors que ses moyens humains et techniques sont largement comparables à ceux des Pays-Bas ou de la Corée du Sud. Les problèmes de sécurité de ses athlètes n’expliquent pas tout.   Apparemment,  ce pays a d’autres priorités que le sport.

Reste le cas particulier du Royaume-Uni, bon  troisième  avec 65 médailles dont 29 d’or. Ce palmarès  témoigne de l’effort considérable accompli par ce pays, non seulement pour organiser, sans faute, les jeux,  mais pour y figurer au plus haut niveau, grâce notamment  au cyclisme (ignoré outre-manche il y a une génération). Pour atteindre ce prestigieux résultat, on soupçonne chez  cette nation libérale un fort investissement de l’Etat.

Par une organisation impeccable et des résultats exceptionnels, la Grande-Bretagne a ainsi eu son heure de gloire : Londres, où, en temps ordinaire,  les poubelles ne sont pas ramassées tous les jours,  pour l’occasion  s’est faite belle.

Les Anglais, tenus pour froids, sont aussi très bon public. Cela est d’ailleurs vrai dans tous les domaines : Pierre Boulez à ses débuts avait quitté Paris pour Londres. Au lieu d’un public français difficile et snob, toujours prêt à siffler, le maître avait trouvé un public britannique   ne marchandant  jamais ses applaudissements.

Visiblement ce pays a voulu rappeler que, malgré ses difficultés économiques lourdes  (pour mémoire, PIB par habitant de la France en 1992 : 44 401 $,  du Royaume-Uni : 36 119 $),  il restait une grande nation.

 

La fête des nations

 

Car cette fête universelle est aussi un festival des nations, avec leurs couleurs, leurs hymnes. Presque trop, en tous les cas chez nous. Adieu Europe, adieu, mondialisation : la presse ne s’intéresse, sauf exceptions,  qu’aux disciplines  où une médaille française est en jeu. Etonnant rétrécissement !

Il s’en faut en effet de beaucoup que les rivalités nationales soient dépassées : qui se rappelle  que, lors du choix de la ville, Londres,  avait à Singapour en 2005   volé in extrémis le succès à Paris, favori au départ ; il s’était dit que les Anglais avaient été moins regardants sur les moyens de convaincre  certains membres du comité olympique. En tous cas, certaines élites françaises ne s’étaient pas beaucoup mobilisées. Quatre jours avant le choix, Ernest Seillière, président du MEDEF, sur une page pleine du Figaro,  disait tout le bien qu’il pensait de l’Angleterre  de Tony Blair  et tout le mal qu’il voyait dans  la France de  Jacques Chirac. Nul doute que cet article fut diligemment distribué par nos concurrents aux membres du comité !

A quand la revanche ? Le pays de Pierre de Coubertin n’a pas organisé de jeux depuis 1924.  C’est un peu long !


Roland HUREAUX

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Roland HUREAUX
commenter cet article

commentaires