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Roland HUREAUX

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 16:54

Article paru dans Marianne 2

 

Ainsi ne restent en course, après l’affaire Strauss-Kahn, pour l’investiture  socialiste,  que François Hollande, Martine Aubry et Ségolène Royal.

A-t-on remarqué,  non seulement qu’il s’agit de trois   anciens élèves de l’ENA ?      

 On ajoutera qu’ils proviennent   du concours étudiant et cela par la filière la moins originale : droit (ou économie)  et Sciences po.  François Hollande a fait aussi HEC qui n’est pas non plus  une école d’originalité.

Comment ne pas évoquer  à leur sujet  ce que dit Emmanuel Todd: «  Le conformisme des hauts fonctionnaires socialistes est, statistiquement, supérieur à celui de leurs homologues UMP. Les énarques de droite trouvent souvent dans leurs valeurs de départ – la religion, l’argent, De Gaulle – un contrepoids à leur formation. Les énarques de gauche sont le plus souvent des méritocrates purs sans autre Dieu que l’Etat. Très bien formés à contrôler l’administration, ils sont encore moins bien armés pour penser tout  seuls. Cette simplicité étatiste de leur formation initiale explique peut-être, lorsqu’ils tentent de s’en libérer, la brutalité enfantine de leur engagement néolibéral. »[1]

Il est vrai que la présidence Sarkozy a montré comment  le mépris de l’ENA, voire des diplômes en général,  conduisait une  classe politique de moins en moins compétente  à avaliser,  avec encore moins d’esprit  critique et de recul que les énarques eux-mêmes,  toutes les propositions de la technocratie, y compris les plus néfastes.

Il n’en sera pas moins difficile au candidat qui émergera de la primaire de susciter l’enthousiasme et l’espérance nécessaires en cette situation de cirse.  Des trois, François Hollande est sans doute le plus brillant, sans que cette qualité lui donne toutefois les moyens d’enflammer  les grands rassemblements populaires : n’est pas Jaurès qui veut !  Ségolène Royal est la plus colorée, peut-être la plus émancipée intellectuellement de son conditionnement initial. Elle a aussi la qualité, essentielle dans  cet exercice, de vouloir le plus fort accéder au premier rang, mais elle se trouve,   pour le moment, marginalisée.

Dans un deuxième tour face à   Sarkozy, chacun des trois sera  confronté à un rival battant, pugnace et, comme Chirac, meilleur en campagne électorale qu’aux affaires.

Mais ce face à face aura-t-il lieu ? Car l’  épisode Strauss-Kahn n’a en rien  réglé le principal problème de Sarkozy, qui est d’être au second tour et donc de passer devant Marine  Le Pen au  premier.

Il avait fait reculer le père en 2007 en empruntant  sa rhétorique.  Il risque d’être devancé par la fille  en 2012, cette rhétorique s’étant avérée purement verbale.

Si le candidat socialiste se trouve, comme c’est aujourd’hui le plus probable, confronté  au second tour à la candidate du Front national, il aura, quelles que soient ses limites,   la partie facile.

 

Roland HUREAUX

 



[1] Emmanuel Todd, Après la démocratie, Gallimard 2009.

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Published by Roland HUREAUX
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