Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Roland HUREAUX

MrHureaux

Recherche

Articles Récents

Liens

9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 00:51

Le moins qu’on puisse dire est que le grand emprunt populaire annoncé à grand fracas par le chef de l’Etat à Versailles le 22 juin 2009  ne fait pas l’unanimité.

Les uns soulignent  qu’il  vient  aggraver un déficit courant  de l’Etat  déjà abyssal ; les autres que cet argent coûtera plus cher, d’environ 2 %, que celui auquel l’Etat trouve aujourd’hui   sur les marchés financiers. Sur le plan de la procédure, le fait  que le Parlement soit  tenu à l’écart  des réflexions sur son utilisation est critiqué, à commencer par les parlementaires eux-mêmes.

Quant au fond, son utilisation est, elle aussi,  problématique. Deux ex-premiers ministres, inspecteurs des finances  l’un et l’autre, Michel Rocard et Alain Juppé,  phosphorent  pour faire des propositions à ce sujet.  Les nouvelles règles de la concurrence européenne interdisent de l’employer directement à des investissements industriels, comme on le faisait dans les années cinquante et soixante, ce qui aurait sans doute été préférable; or nos équipements publics sont déjà luxueux par rapport à ceux d’autres pays, grâce notamment  à des collectivités locales qui ne regardent guère à la dépense. L’investissement immatériel, préférable dans une économie avancée,   peut être   source de gaspillages. Au demeurant la formation,  puisque c’est d’abord de cela qu’il s’agit,  ne devrait-elle pas être  financée par les recettes ordinaires  plutôt que par l’emprunt ? 

Est-ce sous le feu de ces critiques que le montant de l’emprunt projeté se dégonfle au fil des jours ?  Juppé vient de parler   de 20 à 35  milliards d’euros seulement, soit  à peine plus que le seul déficit courant de la sécurité sociale.

Il est vrai que si cet emprunt est  d’un montant  limité et avantageux pour le public, il sera souscrit en très peu de temps, ce qui permettra de le faire apparaître comme un grand succès politique, selon une méthode déjà expérimentée par Balladur premier ministre et Sarkozy ministre du budget à l’automne  1993.    

Il se peut donc que la montagne accouche d’une souris.

Il y aurait pourtant bien des choses intéressantes à faire avec un grand emprunt. Nous en mentionnerons deux qui n’ont guère émergé dans le débat public.

La première aurait été, quand la Bourse était au plus bas - ou si elle rechute -,   de doter un fonds qui achète massivement des titres pour le compte des caisses de retraite du régime général. Non point que nous pensions que la capitalisation soit la panacée en la matière. Mais un peu de réserves permettraient tout de même  d’alléger les charges faramineuses qui pèseront bientôt sur les  jeunes générations, en raison  de la démographie. Il y a longtemps qu’il aurait fallu  faire une opération de ce genre ; il est trop tard pour la faire à grande échelle. Mais un peu vaut mieux que rien et tard  mieux que jamais. Puisque la puissance publique a  le temps devant elle, autant qu’elle achète des titres  quand la Bourse est au plus bas. Ceux qui en ont à  vendre ne s’en  plaindront  pas. Les titres les plus sûrs à racheter seraient  ceux des grands services publics privatisés récemment : sociétés d’autoroute  ou de télécommunications, aéroports. Par un étonnant  paradoxe,  c’est  aux  fonds de pension des Etats-Unis, d’un pays encore plus endetté que le notre,  que, pour combler nos déficits, nous les vendons aujourd’hui !

Faut-il préciser que le gouvernement  n’a pas du tout pris cette direction ?  Un  fonds de réserve pour les retraites, doté aujourd’hui de 30 milliards d’euros, avait été créé en 2004  et confié à la Caisse des dépôts.  On n’a rien trouvé de mieux que de le mettre à contribution   en 2008 pour réduire un peu les déficits courants  alors que c’est  évidemment le contraire qu’il eut fallu faire.

Une autre utilisation possible d’un grand emprunt national serait de consolider une partie de la dette de l’Etat de telle manière que le jour  où l’euro se disloquera et où la nouvelle monnaie nationale se dévaluera de 20 ou 30 %, la charge d’emprunt pesant sur le budget n’en soit pas aggravée d’autant. Tous les économistes sérieux en conviennent : la rupture de l’euro est inévitable compte tenu du déficit croissant de la balance des paiements de la France et de la plupart des autres pays de la zone,   en dehors de l’Allemagne.  En régime classique, un tel déséquilibre se termine par une dévaluation. L’euro nous donne un large sursis, mais, faute d’un improbable redressement, nous ne faisons que  reculer   pour mieux sauter :   un jour ou l’autre l’ ajustement se fera.  La Grèce est déjà au bord de la rupture. Veiller à ce que d’une manière ou d’une autre les titres de l’Etat français  soient entre les mains de nationaux serait en l’état actuel de choses une sage précaution. Cela impliquerait naturellement un emprunt d’un montant plus significatif que celui dont il est question aujourd’hui.

 

Roland HUREAUX

Partager cet article

Repost 0
Published by france
commenter cet article

commentaires

David CABAS 21/11/2009 23:42


Ni dettes, Ni emprunts, la France doit créer de l'Argent !

Non à l'emprunt Sarkozy !

Face au pillage de notre pays organisé, depuis plus de 30 ans, par les marchés financiers qui gonflent artificielle, par les taux d'intérêt, la dette de notre pays, et afin de promouvoir des
politiques de bien commun le gouvernement Français doit rompre avec la loi Giscard-Ponpidou du 3 janvier 1973, et tous les traités européens depuis Maastricht.

Le gouvernement doit reprendre sa souveraineté économique et émettre du crédit productif Publique émit par une nouvelle Banque de la France.

Le château de cartes de la finance est entrain de s'effondrer, il faut sortir de la spéculation et remettre l'argent au service de la population.

David C.
david.cabas.over-blog.fr