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Roland HUREAUX

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 15:06

 

Il a  été largement fait état  des raisons pour lesquelles l’accord intervenu entre les chefs d’Etat européens,  et principalement ceux de la France et de l’  Allemagne,   pouvait difficilement être tenu pour un succès.

Le recours partiel au FMI est une démarche humiliante pour l’ Europe,  première puissance économique du monde,   qui apporte la preuve qu’elle n’arrive pas à régler elle-même ses problèmes.

L’Allemagne a  confirmé son refus d’une solidarité étendue au sein de la zone euro. Cette attitude ne reflète pas seulement la doctrine de ses dirigeants mais l’attitude d’une opinion publique particulièrement remontée à l’encontre des pays du Sud qualifiés peu aimablement de  « PIGS » ( Portugal,  Italie, Grèce, Espagne).  Curieusement,   l’euro ,   en soulignant la divergence de gouvernance et de culture  économiques , jadis neutralisée  par les changements de parité, alimente les  rancoeurs entre  les pays de la zone.  Moins assuré qu’on le croit à l’extérieur, le gouvernement d’Angela Merkel  est obligé d’en tenir compte.

Des problèmes apparaissent dans d’autres pays comme le Portugal, lequel, une semaine après une grève massive des fonctionnaires, a vu sa notation dégradée.

Enfin, comment ignorer qu’il y a loin des engagements de rigueur du gouvernement grec à leur  réalisation ?  Les mêmes causes qui ont entraîné la dérive des finances publiques de ce pays (guère plus graves en soi  que celles de beaucoup de pays de la zone euro ou de l’Angleterre) vont rendre difficile leur redressement. Quand un coureur de marathon a pris un large retard par rapport au peloton de tête, il est vain d’attendre que le   volontarisme lui  permettra  de  revenir  en fin de course.  Comment espérer d’ailleurs que les Grecs consentent un effort que notre  gouvernement   n’ose même pas  demander aux Français , alors que , plus faibles, les Grecs   voient ces efforts grevés par    les marchés d’un intérêt plus lourd sur leurs  emprunts  ?

 

La vraie question n’est pas le déficit budgétaire

 

Mais  la vraie question, et c’est là que le problème grec se complique, n’est pas le  déficit des finances publics ; il est le déficit des  comptes extérieurs du pays.

Ce déficit a une cause : la dérive, non point des dépenses de l’Etat ,  mais des prix et des salaires  grecs au cours des dernières années, qui dépasse de 40 % celle qu’a connue  l’Allemagne, de  10 à 20% celle des autres pays.

La situation est si grave que l’économie grecque n’est plus compétitive sur aucun produit :  même les olives importées sont moins chères à Athènes  !  

La question des finances publiques pourrait  à la rigueur  se résoudre avec  une baisse d’environ 5 % des salaires et des retraites (complétée par une hausse des impôts). Mais pour   que le pays dans son ensemble soit  à nouveau compétitif, ce n’est pas 5 %  de baisse  qu’il faudrait  mais   30 ou 40 % .

Une baisse autoritaire des prix et des salaires, c’est ce qu’on appelle la déflation.  Le gouvernement  Laval  tenta de l’imposer sans succès à la France en 1934.  L’Allemagne se l’est, dans une  moindre proportion,   imposée à elle-même  depuis 2000. Il en résulte  un déficit de tous les autres pays de la zone euro  à son égard.  Si tous ces pays l’imitaient et décidaient de se lancer eux aussi dans une déflation massive,    l’Europe sombrerait dans une récession beaucoup plus grave encore que celle qu’elle connaît.

On ne voit pas comment le gouvernement grec pourrait envisager d’imposer une telle cure d’austérité à sa population. La compétitivité de l’économie grecque va donc encore reculer, sa production encore  diminuer, sa masse imposable de rétrécir et le déficit  des finances publiques s’aggraver.

Il n’y aura à la fin, quoi que racontent les autorités européennes ou les experts qui confondent l’idéologie et les réalités économiques,  d’autre solution que la sortie de l’euro. Une solution qui , certes, sera aussi très douloureuse pour les Grecs,  mais posera , à partir de  parités plus réalistes, pour l’économie grecque et d’autres après elle, les bases d’un vrai redressement.

 

Roland HUREAUX

 

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Achat Or 05/05/2010 19:29



L'or qui a connu son point culminant en dollars le 3 mai en ayant coté jusque 1.192 $ l'once est ce matin en repli à 1.168 $, soit plus ou moins 28.900 € le kilo. C'est principalement la baisse
de l'euro qui entraine la hausse de l'Or


Selon « LES ÉCHOS » Les marchés ont connu un nouvel accès de fièvre. Après les doutes sur l'activation du plan d'aide à la Grèce et les abaissements de note sur plusieurs dettes souveraines en
Europe, l'étincelle est venue hier de rumeurs concernant l'Espagne. Selon l'une d'elles, le pays aurait appelé le Fonds monétaire international et l'Union européenne à la rescousse, pour un prêt
de 280 milliards d'euros, supérieur à celui accordé à Athènes. D'autre part, les agences de notation se prépareraient à sévir sur la note de crédit. Cette dernière rumeur a été démentie par
Standard & Poor's, Moody's et Fitch. Quant à la demande d'aide, le Premier ministre espagnol a affirmé qu'il s'agissait d'une « absurdité énorme » et le FMI a fait chorus en fin de journée.
Sans parvenir à calmer l'embrasement.


Un peu partout dans le monde, les marchés ont flanché. De son côté, l'euro, fragilisé depuis lundi, a plongé à son plus bas niveau depuis un an en soirée, à 1,30 dollar, passant même, sans y
demeurer, sous ce seuil. Joseph Stiglitz, le prix Nobel d'économie, a estimé que la monnaie unique était gravement menacée. « Les conditions excessivement dures imposées (à la Grèce) seront
contre-productives pour prévenir une contagion », a-t-il aussi déclaré.


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Achat Or 28/04/2010 20:04



ça bouge sur les marchés...


1. les taux grecs montent toujours. Angela reste ferme : "des faits et des engagements !", réclame-t-elle à la Grèce. Elle n'a pas tort.
2. l'étau se resserre autour de Goldman. "L'intouchable", frappé en plein cœur, va-t-il tomber de son piédestal ?...
3. jackpot au Japon ! Sa dette publique atteint 200% du PIB. A côté de lui, la Grèce fait presque figure de bon élève ! Pourtant, personne ne dit rien. Personne ne semble s'inquiéter de cette
dette explosive. A l'image du monstrueux endettement anglais ou américain...
Ces pays sont eux aussi "intouchables". Comme l'était Goldman jusqu'ici. Mais pour encore combien de temps ?


Rien ne tourne rond... et pourtant ce matin le CAC ouvrait en méga gap haussier et passe le seuil psychologique des 4 000 points !


Isabelle Mouilleseaux.



http://interor.fr">



Bruno 13/04/2010 06:55



Bonjour,


Et pourquoi pas l'inverse, une sortie de l'Allemagne de la zone Euro? Cela me paraît beaucoup simple techniquement et politiquement. Pour les Allemands, et les pays 'latins", dont fait partie
d'ailleurs la France. N'oublions tout de même pas que l'Allemagne à elle seule représente les 2/3 du PIB de la dite zone, et fait donc la pluie et le beau temps, tant politiquement que
financièrement. Pourl'économie allemande, l'Euro est un niveau FORT (optimisation du gain obtenu, par des achats externes à un moindre coût, tout en pouvant continuer à vendre ses produits à
l'extérieur de la zone= balance largement excédentaire), alors que pour la France, l'euro est à un niveau HAUT (économie insuffisamment compétitive à l'internationale= fort niveau de déficit de
la balance commerciale, d'autant plus que le principal de ses exportations se fait en zone euro...). D'autre part, il me semble que l'Allemagne est à la vieille d'un changement de stratégie,
direction l'est, jusqu'à la Russie, ces deux nations étant à peu près parfaitement complémentaires. Vues les "attitudes " nationalistes dans les discours politiques, cela ne m'étonnerait
absolument pas que l'on prépare les esprits à "gober" ce grand changement, alors que, pendant des années, la classe politicienne (en particulier Française) affirmait que la monnaie unique était
l'alpha et l'oméga d'un avenir radieux pour tous!