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Roland HUREAUX

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 15:27

 

Paru dans Causeur 

 

Le débat sur le mariage homosexuel  qui a accaparé l’actualité au cours des derniers mois tend à apparaître comme un débat franco-français lié à l’affrontement des partis et des sensibilités propres à  l’hexagone et l’outre-mer français.

Il a pourtant une dimension internationale déterminante. Il n’est même, d’un certains point de vue,  que l'un des champs de bataille dans une guerre non déclarée qui fait rage dans  une grande partie du monde, pas seulement  occidental.

En même temps que les parlementaires français débattent de la loi Taubira, en effet, le mariage unisexe fait la une aux  Etats-Unis avec le recours auprès de la Cour suprême contre l’Etat de Californie qui a interdit le « mariage gay » par référendum (et un autre recours, le cas Wilson,  tendant à faire reconnaitre un « mariage » lesbien conclu au Canada).  Si la Cour suprême annule la décision de l’Etat de Californie comme contraire aux droits de l’homme, le mariage homosexuel qui, jusqu’ici,  n’avait été admis que par 9  Etats sur 50, deviendrait  obligatoire sur tout le territoire de l’union.

La décision de la Cour suprême est attendue pour la fin juin.

Une des dimensions de cette bataille particulièrement âpre est  l’intervention massive des plus grandes sociétés américaines en faveur du mariage homosexuel. 278   d’entre elles  ont signé un mémoire déposé à la Cour suprême en tant qu’amici curiae (une procédure propre aux Etats-Unis, qui permet à des tiers, « amis de la Cour », de donner leur avis dans une affaire) lui demandant instamment d’admettre cette revendication.

Parmi les signataires,  rien que  du beau linge: Apple, Bain & Co, Bank of New York Mellon, Black Rods, CBS, Facebook, Goldan Sachs, Jet Blue, Johnson & Johnson, Starbuck, Twitter, Viacom, Walt Disney. Tous les secteurs sont représentés  mais d’abord la banque et la communication.

Ce mouvement des grandes sociétés en faveur du mariage homosexuel se fonde sur l’idée  que le reconnaitre serait « bon pour le business ». Il est,   au dire d’observateurs,  un fait nouveau, illustrant l’emprise croissante de la culture « gay » sur l’Amérique des affaires.

La bataille qui fait rage outre-Atlantique va jusqu’à des campagnes de boycott commercial par l’un ou l’autre des camps. Que dirait Disney si les  familles nombreuses qui peuplent  notre La Manif pour tous boycottaient   Disneyland ?   

Relativement discret dans son premier mandat, le président Obama est aujourd’hui  ouvertement engagé du côté des partisans du mariage homosexuel. Il y a un an, le 9 mai 2012, il prenait clairement parti dans ce sens ; le lendemain, il déjeunait avec George Clooney à Hollywood et récoltait d’un coup 13 millions de $ pour sa campagne !

On peut mettre l’  engagement d’une partie du business  américain  en parallèle avec l’aide que reçoit de sociétés comme Microsoft ou Ernst &Young la Fondation  Terra Nova, proche du parti socialiste et  ardente promotrice des  réformes sociétales.

Un rapport récent de cette fondation  avait attiré l’attention  en 2011 car il  proposait que le parti  socialiste prenne définitivement  ses distances avec ses appuis historiques,  classe ouvrière ou   fonctionnaires,  pour se tourner  vers « une nouvelle alliance    des diplômés, des jeunes, des  minorités  , des femmes, des urbains et des  non-catholiques ,   tous supposés  tournés vers l’avenir  et adeptes  du libéralisme culturel. »

De ce côté  de l’Atlantique la fondation socialiste n’effraye pas non plus le grand capital : Areva, Air France, Casino, EADS, Suez, Sanofi, Vivendi lui apportent leur soutien.

On s’est interrogé sur le financement des femens, ces jeunes femmes venues d’Ukraine pour  perturber les manifestations anti-mariage unisexe en France. Il semblerait que pour une jeune femme de ce pays encore très pauvre,  où le taux chômage est élevé, la condition des femmes très difficile  (notamment en raison l’alcoolisme, générateur de brutalités), il y aurait d’autres priorités que  la condition des   homosexuels en France (si tant est que sa promotion aille de pair avec la cause féministe, ce qui reste à prouver). D’autant que vivre à Paris coûte cher. Mais elles y recevraient pour ce faire  un salaire  représentant  trois fois le salaire moyen ukrainien ! Qui paye ? Parmi  les financeurs possibles  de ce mouvement, on cite le nom  de  George Soros, le milliardaire américain  dont la Fondation pour une société ouverte s’attache à promouvoir la démocratie et surtout  les idées  libertaires en Europe de l ’Est. Elle a pris pour cible depuis quelques années, le régime de Poutine, encore trop attaché à son gré aux valeurs  chrétiennes et patriotiques

Le parti socialiste entretient, quant à lui,  des liens suivis avec la galaxie du parti démocrate américain, en particulier la National endowment for democracy, fondation chargée de  promouvoir à travers le monde la vision américaine « libérale »  de la démocratie.

 

La France sous surveillance

 

C’est dire que ce qui se passe en  France en matière de droits des  homosexuels est   observé attentivement par des forces internationales aussi puissantes que vigilantes. Pierre Berger,  qui a osé dire « Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ? » et  dont on connait l’engagement en faveur des LGBT, est, sur ces sujets,   pleinement en phase avec George Soros.

Ces forces, largement relayées à la commission de Bruxelles,  ne séparent pas    ce qui est libéral de ce qui est  libertaire. La France était, à leurs yeux, en retard sur les deux plans.  Elles  attendaient du gouvernement Hollande, qu’il  « modernise » la France sur le  double plan social et sociétal. Sur le plan social, il s’agissait de remette en cause une  législation protectrice héritée d’un siècle de politique social-démocrate,  Le projet de loi « sur la sécurisation de l’emploi » est un pas dans ce sens mais jugé encore  trop timide.     Sur le plan sociétal, on attendait bien sûr de lui  qu’il fasse adopter à la  France   le mariage  dit « gay ».

Pressé par ces puissants mentors, Flamby,  ces derniers mois, a paru un peu mou  sur l’un et l’autre dossier. Il ne serait pas étonnant qu’on l’ait   mis en demeure de faire rapidement ses preuves, ne serait-ce que pour améliorer son image internationale désastreuse

François Hollande a pris la décision, immédiatement après le vote  du Sénat, d’accélérer le passage  en force  de la loi Taubira. On a d’abord pensé qu’il  voulait par là  se débarrasser vite  d’une question épineuse.  Mais cette accélération est  en phase avec le calendrier mondial de la question.

N’en déplaise à ceux pour qui la France n’est plus qu’un pays de second rang sans influence,  l’adoption du mariage homosexuel chez nous  pourrait avoir un impact  sur les décisions attendues de la Cour suprême. Si la loi n’avait  été votée qu’à  l’automne, comme il en avait d’abord été question,   elle  serait, à cet égard, venue trop tard.

Si dans le courant de cet été l’adoption de la  loi française se conjuguait avec une décision de la Cour suprême favorable au lobby « gay », l’équilibre mondial  basculerait de manière décisive en sa faveur Jusqu’ici en effet, contrairement à ce que prétend la propagande homosexuelle, seuls de petits ou moyens pays,  au total 11  sur 200, avaient adopté cette forme de mariage ; les grandes puissances étaient toutes réticentes.  L’adjonction à la liste  de deux   pays comme le Etats-Unis et la France serait une victoire emblématique pour les partisans de révolution libertaire ; la phase suivante, la destruction définitive du mariage pourrait être  rapidement engagée.

Mais nous savons qu’en France, la décision ultime est désormais entre les mains du Conseil constitutionnel. Nous voyons par tout  ce contexte combien  sa responsabilité  est lourde.  

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

Plus le district fédéral de Columbia (Ville de  Washington) et trois tribus indiennes

7 monarchies : les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark, la Norvège, la Suède,  l’Espagne, le Canada et 4 républiques : l’Islande, le Portugal, l’Afrique du Sud et l’Argentine, à quoi s’ajoutent certains Etats des Etats-Unis   du Mexique et du Brésil  (qui sont aussi des états unis).

 

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Published by Roland HUREAUX
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