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Roland HUREAUX

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 21:00

 

L'expression lamentablement méprisante de François Hollande à l'égard des pauvres , qu'il qualifierait,  parait-il,  de "sans dents", ne surprendra que les naïfs.

Parmi ceux-ci , tous les gens de droite qui avaient poussé des cris d'orfraie quand le candidat Hollande s'était avisé de dire qu'"il n'aimait pas les riches".

Indignation doublement  stupide.

D'abord parce  que ce n'était pas vrai . Issu lui-même d'un milieu aisé , Hollande , fréquente bien entendu  plus de gens fortunés (ses liens avec François Pinault sont notoires) que de "sans-dents". , comme la plupart des hommes politiques d'un certain niveau , de gauche ou de droite - nous serions même tentés de dire surtout  de gauche :   il suffit de compter dans les gouvernements socialistes  les membres du Bilderberg ou du Siècle,  plus nombreux encore que du temps de Sarkozy . Il y a peu de risque qu'il   déteste ces gens là.

Ensuite  parce que , même si cela était vrai, il fallait être très ignorant   des ressorts de la nature humaine  pour  imaginer que les pauvres ou ceux qui s'estiment tels, qui demeurent une majorité , aiment  tant que cela  les riches. En disant qu'il ne les aimait pas, Hollande mentait certes, mais il faisait une belle opération électorale : il faisait croire à tous les sans grade qu'il  était des leurs et que donc  il  était encore de gauche  ( au moins,  au sens que ce mot avait   autrefois) !

Mais  cette opération n'aurait pas réussi si bien si le concert d'indignation de politiciens et éditorialistes de droite  ne lui avait pas apporté la résonance maximale.

Il y a certes une catégorie  de riches que Hollande ne semble pas apprécier beaucoup:   ceux qui croient l'être et qui ne le sont plus  vraiment: l'immense armée des classes moyennes que son gouvernement attaque de toutes parts , par la hausse de la pression fiscale, par la perspective de la suppression de toute  une série de prétendus privilèges (médecins,  pharmaciens, biologistes, notaires, taxis) qui avaient au moins le mérite d'assurer un encadrement social minimum dans une société en perte de repères. Dans tel  quartier  nord de Marseille, le seul "bourgeois" qui reste, m'a-t-on dit,  est le pharmacien. Pas le seul riche bien entendu car il est dans ces coins là   d'autres moyens de s'enrichir!  En  supprimant  tous les  privilèges prêtés à ces  catégories moyennes, Hollande s'en prend en effet à certains riches , mais pas les vrais ; surtout il prépare  une société un peu plus  inhumaine.

Et  si Hollande n'a aucun scrupule à pressurer  les classes moyennes, il serait bien naïf de croire que cela en fait un ami des pauvres.

 Car les vrais riches, ceux que fréquente au quotidien le président   se fichent, eux,  comme d'une guigne que le niveau des impôts devienne insupportable  en France. Ouverts au grand large de la mondialisation  ( Vive l'  Internationale !)  , ils ont un patrimoine assez disséminé et assez de conseillers fiscaux pour ne  pas avoir à craindre beaucoup  du fisc français.

Et , bien entendu, s'ils sont vraiment à la mode, le chic du chic sera pour eux  d'être de gauche.

 Roland HUREAUX 

 

                                                                              

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Published by Roland HUREAUX
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