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Roland HUREAUX

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 17:57

A l'usage de ceux qui combattent le projet ridicule de marier des personnes du même sexe 

 

 

Objection: Il est réactionnaire de s’opposer au mariage unisexe : cela se fera tôt ou tard.

 

Réponse : Etre réactionnaire veut dire que l’on s’oppose à un mouvement  irréversible de l’histoire, que l’on va contre le  sens de l’histoire. Mais en dehors du progrès scientifique et technique,  qui peut dire ce qu’est aujourd’hui  le  sens de l’histoire ?  On a cru un moment que c’était  le communisme.  Maintenant que l’URSS est redevenue la Russie, on a vu ce qu’il en était. Qualifier telle ou telle position de réactionnaire est un argument terroriste.

 

Les pays avancés ont déjà instauré le mariage homosexuel ; il est temps que la France y vienne.  

 

Au total, 11 Etats sur 200 dans le monde, seulement,  l’ont instauré. 

Aux Etats-Unis, seuls 9 Etats sur 50. Le pays est très divisé sur le sujet, certains Etats comme la Californie ou le Maine,  qui l’avaient instauré, sont revenus à la législation antérieure (on ne dira pas  « en arrière »  car il n’y a en la matière  ni avant ni arrière).  

En Europe, les petites monarchies du Nord et, plus récemment l’Espagne et le Portugal l’ont  institué (sans adoption pour ce dernier). Le Royaume-Uni a une sorte d’union civile très proche du mariage. Mais à ce jour aucune des grandes républiques continentales : France, Allemagne, Italie, Russie n’a instauré le mariage homosexuel.  

 

Vous êtes opposé au mariage unisexe pour des raisons religieuses qui ne regardent que vous.

 

C’est un problème universel qui dépasse largement les considérations purement religieuses.

La reproduction sexuée existe dans le monde végétal et animal depuis un million d’années.

Le caractère sexué de l’espèce humaine est antérieur aux grandes religions. La question est  liée à la nature humaine. Il s’agit d’abord  d’une question de droit naturel ou de morale  naturelle.

Cela n’empêche pas les religions d’avoir une opinion sur ce qu’est le droit naturel. S’agissant du mariage unisexe, elles ont toutes la même : y sont  opposées à ce type de mariage  (sauf les  protestants les plus sécularisés, peu nombreux).

 

Il n’y a pas de droit naturel, ni de morale naturelle.  Seule compte la loi positive.

 

C’est ce qu’ont prétendu les régimes totalitaires : l’homme, disaient-ils,  peut s’affranchir de la nature pour se « modeler » lui-même à son gré, créer le Surhomme. On a vu le résultat.

Si le droit naturel est contesté, au nom de quoi peut-on alors parler des droits de l’homme ?  

 

En vous opposant au mariage homosexuel, vous faites preuve d’homophobie, un sentiment aussi  répréhensible que le racisme.

 

C’est une accusation odieuse. Le mot « phobie » signifie que les positions politiques ne seraient déterminées que par l’irrationnel, par  les sentiments, qu’elles émaneraient du ventre et du bas-ventre. Il serait interdit de raisonner.

Notre opposition au mariage uni sexe n’a rien à voir avec un quelconque sentiment vis-à-vis des homosexuels qui sont  aussi respectables que tout autre. Il s’agit de raison. La raison, un mot qui n’est pas à la mode. Il faut le réhabiliter.

Nous pensons qu’il est déraisonnable, à la fois inutile, antilibéral et destructeur des repères anthropologiques d’instaurer un mariage  unisexe. C’est sur le plan de la raison, des raisonnements et des arguments que des citoyens libres doivent débattre et non sur les accusations de « phobie »  de ceci ou de cela.

Considérer que la revendication de telle ou telle catégorie est excessive ou non justifiée, ce n’est pas de la « phobie ».

Il est odieux que le gouvernement ait  mélangé le projet de loi avec la lutte contre une prétendue homophobie.

 

 

 La population française y est favorable

 

Dans ce cas pourquoi ne pas soumettre la question à référendum ?  

Il s’agit d’une question anthropologique fondamentale  qui déborde même le cadre constitutionnel. La conception qu’une société se fait des rapports de l’homme et de la femme est au moins aussi  importante que celle des rapports entre le gouvernement et le Parlement. C’est donc au peuple de décider directement.

Quand, dans le cadre de sondages,   les gens sont questionnés à froid, ils tendent généralement à répondre en fonction du  courant dominant, sans réfléchir. Six mois avant le référendum sur le traité constitutionnel européen du 29 mai  2005,  70 % des électeurs sondés (comme 95 % des médias) lui  étaient favorables. Après quelques semaines de débat, le résultat s’est inversé : on n’a plus eu que 45 % pour et 55 % contre. Qui donc peut dire ce que pense vraiment le peuple français ?

Aux Etats-Unis, chaque fois que, dans un Etat, la question a été soumise à référendum, le résultat a été  négatif.

 

L’instauration du mariage homosexuel est une mesure qui va dans le sens du   libéralisme

 

Bien au contraire, c’est la première fois que la loi se mêlera directement de sexualité. L’institution du mariage n’a de sens que par rapport à la filiation (même si par  extension elle s’applique aussi à des couples stériles). Si la sexualité n’était qu’un jeu gratuit sans conséquences sur l’engendrement, le mariage n’aurait aucune raison d’être.

Il y a des gens qui se retrouvent tous les soirs au bistrot pour jouer aux cartes sans que la loi  s’en soit jamais mêlée !

A la rigueur la loi peut-elle, dans le mariage,  sans  qu’il y ait des  enfants, reconnaitre une solidarité, mais dans ce cas pourquoi ne pas reconnaitre aussi les couples solidaires (et généralement chastes) que forment un frère et une sœur, une mère et son fils, voire trois frères, un frère et deux sœurs etc. ? 

 

NB : Dans la doctrine chrétienne, la sexualité et surtout l’amour qu’elle exprime, ont  aussi une  valeur propre, reconnue par le sacrement de mariage en dehors de la fécondité. Donc ce dernier argument ne s’applique qu’au  mariage civil. Le mariage civil (ou républicain)   n’a un caractère officiel que parce qu’il implique  des tiers.

 

 

L’individualisme est dans l’air du temps

 

Si l’on en croit Freud, l’homosexualité dérive presque toujours de l’incapacité de  rompre  le lien privilégié de l’individu avec sa mère.  Elle témoignerait donc  d’un déficit d’ individuation. Mais on n’est pas obligé de croire ce que dit Freud…

 

 

Vous représentez les gens qui se sont opposés au divorce, à l’avortement,  à la dépénalisation de l’homosexualité, ceux qui regardent toujours vers le passé.

 

Les questions ne sont pas di tout  comparables. S la société française s’est à un moment donné donné des règles protectrices  contre le divorce ou l’avortement ( qu’on ne saurait en soi considérer  comme un bien, à la rigueur comme un moindre mal ) et les a ensuite assouplies ( sans les faire disparaître) , c’est parce qu’il y avait de vrais problèmes à résoudre :   difficultés dans les couples, avortements clandestins . Rien de tel en matière de mariage homosexuel : il ne s’agit nullement de résoudre un problème. Un nombre infime de gens revendiquent vraiment qu’on le légalise  pour eux. Une politique qi ne vise à régler aucun problème, c’est de l’idéologie.

Les promoteurs de cette idéologie ne cachent  guère que la phase suivante sera de vider le mariage de toutes ses contraintes  et de son contenu : obligation de fidélité, de cohabitation, pour en arriver à sa destruction totale.

 

La manière dont les gens vivent leur sexualité ne regarde pas l’Etat

 

En effet, ce sont les conséquences de la sexualité, principalement la filiation,  accessoirement la solidarité matérielle qui décharge la collectivité,  qui regardent  l’Etat et non la sexualité en tant que telle.   En consacrant une union qui ne génère  pas naturellement d’enfants et qui  exclut les solidarités familiales non homosexuelles, l’Etat,  pour la première fois,  au travers du  mariage homosexuel, se mêle directement de  sexualité.

 

Le mariage civil est tellement dévalué qu’instaurer un mariage homosexuel n’a pas d’importance

 

Cette objection vient de milieux contre-révolutionnaires ou intégristes  pour qui dévaluer  le mariage républicain permet d’affaiblir encore la « gueuse ». C’est une attitude inacceptable de type sectaire. Le mariage républicain intéresse la res publica, il est donc l’affaire de tous. Même si la multiplication des divorces et l’extension des unions de fait  l’ont  altéré, il n’en reste pas moins une institution fondamentale  de la société que tout le  monde, croyant ou incroyant, doit défendre.

 

Ce n’est pas un sujet important : très peu de gens sont concernés

 

Il est vrai que les homosexuels actifs sont peu nombreux (3 % maximum de la population pour les hommes, 1 % pour les femmes, selon les sondages faits dans le monde anglo-saxon) et parmi eux, la plupart  n’ont nullement  l’intention de se marier.

Mais l’enjeu n’est pas là : c’est un certain  ordre symbolique que les partisans du mariage homosexuel  veulent subvertir.

Par là le projet de mariage unisexe a un caractère idéologique et non démagogique. La démagogie consiste à satisfaire (ou promettre de  satisfaire)  des revendications illégitimes ou dangereuses, éventuellement coûteuses. L’idéologie  vise à imposer une théorie  officielle  qui ne va pas de soi, et, pour cause, puisque elle est en général contre nature (suppression de la propriété privée, du marché  etc.).  En l’espèce, la demande  effective de mariages homosexuels  est quasi inexistante. C’est d’idéologie à l’état pur qu’il s’agit.

Mais cela ne veut pas dire que l’affaire n’est pas importante, au contraire.

Il se peut que l’offensive contre le mariage, comme celle qui s’attaque à la différence sexuelle (théorie du gender)  entre dans la stratégie  d’un certain mondialisme qui s’attache à effacer peu à peu tous les repères identitaires : nations, culture, histoire, statuts,  et donc sexe. L’objectif  visé est une société  atomisée, sans  repères, entièrement disponible  aux forces du marché.

 

Vous voulez instaurer  l’ordre moral

 

Le mariage entre un homme et une femme est, à la limite, indépendant de la morale, puisque il vise  à régler la filiation et  à reconnaître des solidarités concrètes. Il est protégé par le Code civil qui prohibe l’adultère (même dépénalisé, l’adultère  demeure une faute civile  à l’égard du  conjoint). Ces dispositions justifient des poursuites.  Jusqu’ici, les relations homosexuelles étaient   à l’abri de ce genre de poursuites ; elles ne le seront plus.

De toutes les façons, la notion d’ordre moral, lancée par Mac-Mahon en 1873,  est un épouvantail qui n’a aucun sens. La loi consiste à introduire  un certain ordre dans la société. Et la morale  (au moins la morale républicaine),  c’est d’abord la prise en considération des intérêts d’autrui (article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 : « La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ».)

Dans un pays libre, ces obligations légales doivent être  réduites au minimum, pour préserver au maximum la sphère   individuelle.   Ce minimum est ce qui est nécessaire à la survie de la communauté et à la paix civile.

Or l’instauration du mariage homosexuel  aboutit à étendre un certain ordre moral  (en tous les cas légal) sans  aucune utilité sociale.

 

Rien ne dit que l’adoption par des couples homosexuels ait des répercussions sur l’équilibre des enfants

 

Les études qui ont  été faites, notamment aux Etats-Unis,  tendraient à montrer le contraire. Mais elles sont peu nombreuses.

Les cours de récréation sont un milieu féroce : comment sera traité  un enfant qui affichera avoir pour père et mère deux hommes ou deux femmes ? En particulier dans les quartiers où la population musulmane, violemment hostile à l’  homosexualité , est majoritaire.

Si un accident venait à vous faire disparaître avec votre conjoint, souhaitez-vous que votre enfant soit confié à un couple homosexuel ?

 

Il vaut mieux, pour élever les enfants un bon couple homosexuel  qu’un mauvais couple hétérosexuel

 

La question se pose-t-elle ? S’agissant de couples homosexuels, il ne saurait s’agir, au moins pour l’un des deux partenaires,  que d’adoption.  Mais  il existe suffisamment de « bons »  couples hétérosexuels qui voudraient adopter  et n’y arrivent pas, faute d’enfants à adopter, pour  qu’on aille chercher des couples unisexe.

Autres possibilités : la PMA ou les mères porteuses : ce sont des solutions très discutables  qui tendent à considérer les enfants comme des objets qui  s ‘achètent, les ventres des femmes comme des objets qui se louent.

De toutes les façons, on peut se demander si même peu satisfaisants par leur comportement, , deux parents de sexe différents ne sont pas préférables pour la maturation des enfants. Pour la plupart des psychologues, la maturation de l’enfant exige la présence de l’élément masculin et de l’élément féminin.

 

 

 

La famille homosexuelle avec enfants existe déjà ; il ne s’agit que de reconnaître  une situation de fait.

 

C’est une chose  qu’un (une)  chef de famille monoparentale permette à  un tiers du même sexe de vivre à son domicile, c’en  est une autre que la   loi consacre officiellement l’un comme père, l’autre comme mère, s’ils sont du même sexe.

 

Tout le monde a le droit d’avoir des enfants,  sans qu’il  doive  y avoir  de discrimination

 

Personne n’a le « droit »  d’avoir des enfants comme on a le droit d’avoir un chat ou un caniche. Le fondement de la démocratie occidentale est  la morale kantienne : « ne jamais considérer une personne comme un moyen (ou un objet) mais comme une fin ». 

Ceux qui ont coopéré pour mettre un enfant au monde ont le devoir de l’entretenir et de l’éduquer, sauf dans les cas où ils s’avèrent radialement incapables de le faire  et que l’enfant est  placé. Dans les autres cas, personne n’a, en soi, le droit d’avoir des enfants.

S’il y a discrimination, elle est dans la nature qui n’a pas permis à ce jour,  à un couple homosexuel d’engendrer naturellement. Elle l’interdit même à bien des couples hétérosexuels. Si on tente par des subterfuges  de contourner cet interdit de la nature, on ouvre la porte à des pratiques monstrueuses (mères porteuses, marchandisation de la grossesse etc.).

 

 

 

Réserver le mariage aux hétérosexuels est une discrimination

 

C’est la nature qui discrimine, non la société. 

Il y a des discriminations illicites : de race, de religion, de sexe. Mais il en est d’autre de légitimes : tout le monde n’a pas le droit d’être polytechnicien ou député ; seuls ceux qui ont passé le concours ou ont été élus peuvent y prétendre.

Il est   aussi  des discriminations très cruelles dans la société dont personne ne parle : qui prétendra que les jolies filles ne sont pas  avantagées dans la recherche d’un emploi ? Ou que  les personnes âgées qui n’ont que 350 € par mois pour vivre ne sont pas très désavantagées.

(S’agissant de discrimination, il est notoire que certains lieux de  divertissement sont pratiquement  interdits aux hétérosexuels ; que dirait-on si d’autres étaient aujourd’hui interdits aux homosexuels ? )

Au demeurant il n’est  interdit à personne de  se marier selon le mode ordinaire  : avec quelqu’un du sexe opposé. Il n’y a donc pas de discrimination à proprement parler.  Ceux qui ne trouvent pas, comme on dit,  « chaussure à leur pied » ne sont pas les moins malheureux,  mais la loi n’y peut rien.

Autre considération : se marier n’est pas un privilège. C’est entrer dans un statut qui comporte  des devoirs  et des droits définis à l’article 212 du Code civil ; si l’on ne considère pas  qu’être parent est un droit,  que reste-t-il ? Le droit  d’exiger le respect ( mais n’est-il pas une exigence universelle ?) Celui de contraindre le  partenaire à vivre sous le même toit, d’exiger sa solidarité financière.  Le droit pour le conjoint trompé de se pourvoir devant les tribunaux ?   Mais est-ce la recherche de ces  droits qui motive vraiment les partisans du mariage homosexuel ? On sait bien que non.

 

S’opposer aux droits des homosexuels, c’est du fascisme

 

Au temps de Proust, l’homosexualité passait pour  l’apanage d’une aristocratie passablement rétrograde - et décadente. Les valeurs symboliques se  sont inversées : la promotion de l’homosexualité est passée à gauche et fait moderne (comme la défense des langues régionales, autrefois défendues par Charles Maurras). La raison de ces changements de « couleur » sont un beau sujet pour les  historiens.

L’homosexualité était répandue dans les milieux de la collaboration (tel ministre de Vichy fut  surnommé « Gestapette »). Que le régime nazi ait persécuté  à un moment donné les homosexuels tient d’avantage à une rivalité de factions qu’à un parti pris doctrinal (cf. Les Damnés de Visconti qui montre comment  l’homosexualité, encouragée chez  les SA,  servit de prétexte à  leur élimination par les SS).

Au demeurant, il ne s’agit nullement  de combattre l’homosexualité qui doit demeurer de l’ordre de  la sphère privée, mais seulement de  s’opposer à une revendication jugée illégitime et qui n’est sans doute le fait que d’une minorité de la  minorité homosexuelle.

 

Les sociétés du passé ont reconnu l’homosexualité

 

C’est une légende.

Certes l’homosexualité a toujours existé, au moins dans les classes dirigeantes (dans certains  villages,   au XIXe siècle, les paysans ne savaient même pas ce que c’était !)

Mais il n’a jamais été question d’en faire une institution analogue   au mariage.

Dans la « Légion sacrée thébaine »  au temps d’Epaminondas (IVe siècle avant J.C.) , la rivalité entre jeunes guerriers amoureux les uns des autres fut utilisée pour les rendre  plus combatifs mais ce ne fut pas, semble-t-il, une institution.

La seule mention d’un mariage homosexuel  dans la littérature historique est une    parodie  (Suétone, Vie des Douze Césars, Néron, XXVIII).

La revendication  d’un mariage homosexuel  est très récente : on n’en trouve même pas trace en  Mai 68. Elle est le propre de sociétés  qui ont  gravement perdu leurs  repères, dans ce domaine comme dans  d’autres (dérive de la sphère financière etc.).

Le  pays de Descartes doit  raison garder.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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