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Roland HUREAUX

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 09:03

Les Français, toujours enclins à se laisser impressionner par l’Allemagne,   imaginent Angela Merkel en chancelière de fer imposant la rigueur allemande  à   l’Europe.

Tel n’est point le regard que les Allemands portent sur elle : 63 % d’entre eux estiment qu’elle manque d’autorité. La coalition CDU-CSU-FDP (chrétiens-démocrates, chrétiens-sociaux et libéraux ) qu’elle conduit est au bord du délitement,  tant par  la  mésentente de ses composantes  que  par l’indiscipline  des barons de la CDU.  

Angela Merkel a essuyé ces derniers mois  toute une série d’  échecs : les élections du principal  land, la Rhénanie Nord-Westphalie , en mai,  ont été un désastre pour la coalition au  pouvoir et lui ont  fait perdre la majorité au Bundesrat (Sénat).  Après la démission, l’an dernier, d’un ancien ministre de la défense et  du chef d’état major des armées, au sujet de l’Afghanistan,  c’est le tour, fin mai, à la suite de déclarations sur le même sujet, du  président de la Fédération Horst Köhler  que la chancelière avait choisi personnellement et qui a révélé  cette occasion sa  maladresse.  Faute d’avoir pu imposer la candidature  à la tête de l’Etat  de son amie Ursula von der Leyen, elle a dû soutenir un baron du parti, Christian Wülf,  lui-même élu  difficilement  le 30 juin. Trois ministres-présidents de land CDU, dont celui de Hambourg le 18 juillet,  ont également démissionné.  Dans un contexte aussi chaotique, beaucoup pensent qu’Angela Merkel  n’est plus en fonction  pour très longtemps.

Dans un entretien pour  le magazine Cicero  reproduit  par Marianne 2, l’ancien chancelier Helmut Schmidt, autorité toujours reconnue en Allemagne,    va jusqu’à mettre en mettre en doute les compétences  économique de la chancelière, ainsi que celles de la plupart des ministres  de la coalition : « une politique à se tordre de rire » dit-il, se référant à l’interdiction, vaine, selon lui,  des ventes  à découvert.

C’est peut-être en raison de cette faiblesse intérieure qu’Angela Merkel est contrainte de suivre l’opinion allemande, dominée par les personnes âgées,  qui exige toujours plus de rigueur pour l’Allemagne et pour  ses partenaires, alors  que beaucoup estiment, même en Allemagne,  que cette politique plongera l’Europe  dans la récession.  C’est encore Helmut Schmidt qui pointe le risque « d’ exagérer l’assainissement budgétaire et, ce faisant,  de pousser l’ensemble du marché commun dans la déflation. » Selon lui, « l’assainissement du budget ne saurait être  l’impératif suprême. »

Il n’est pas sûr qu’en cédant,  sur le terrain de la rigueur, à presque toutes les exigences  de l’Allemagne,  ses partenaires, en premier lieu la France, rendent service au reste du monde. L’Allemagne, première économie du continent,  entraîne l’Europe ;  l’Europe, première puissance commerciale, pèse dans le monde.  Dirigée par un gouvernement sans marge de manoeuvre,  l’Allemagne  pourrait devenir  « le trou noir »  de l’économie mondiale.   

 

Roland HUREAUX

 

 

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