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Roland HUREAUX

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 17:39

Beaucoup,  parmi nos compatriotes, se méfient, non sans motifs,  des Etats-Unis.

Beaucoup ont désapprouvé ou désapprouvent leurs interventions en Yougoslavie, en Irak, en Afghanistan,  voire leur politique au Proche-Orient.  Plus critiquable  encore, quoique  à ce jour peu connue, est leur intervention en Afrique centrale depuis 1990, d’autant qu’elle a pris une tournure nettement antifrançaise.

Le risque est dès lors de tomber dans l’antiaméricanisme systématique, de condamner  sans nuances  tout ce qui vient d’outre Atlantique. Un  risque dans lequel tombent habituellement  les partis d’extrême gauche ou d’extrême droite. Un risque dont ne sont  pas exempts non plus des mouvements  qui se réclament  du gaullisme comme Debout la République.

C’est ainsi que, par une assimilation sommaire, les mêmes fustigent l’intervention de l’OTAN  en Libye comme ils condamnaient  l’intervention en Yougoslavie.  N’hésitons pourtant pas à le dire : Milosevic était un homme  plus honorable que Kadhafi. En outre, le premier n’avait rien fait de mal à la France, au contraire, alors que le second n’a cessé, depuis quarante  ans qu’il est au pouvoir, de lui marquer son hostilité et de lui causer des nuisances. C’est pourquoi, on peut être hostile à l’intervention en Yougoslavie, en Irak, en Afghanistan et favorable à celle de Libye.

L’antiaméricanisme  systématique, pas plus que tout systématisme, ne  saurait se référer au général de  Gaulle.  Critique de la  position des Etats-Unis au Proche-Orient, en Indochine, en Amérique centrale, il  les avait en revanche appuyées  plus fermement que quiconque dans la crise de Cuba  ou dans celle de Berlin. Car, à la différence des antiaméricains d’aujourd’hui, le général  ne considérait que l’intérêt national.

Or l’intérêt national, dans un monde multipolaire, ne saurait être univoque : il implique un jeu d’alliances complexe à géométrie variable et qui  change au cas par cas selon les théâtres, les circonstances et le moment. Nulle règle systématique  ne saurait les fixer une fois pour toutes.  Ce que résume un proverbe arabe - à moins  qu’il ne soit chinois !  - : « Traite  ton ami comme s’il pouvait devenir un jour ton ennemi ; traite  ton ennemi comme s’il pouvait un jour devenir ton ami ».  

Le    souci  de l’intérêt national bannit donc l’allégeance systématique (ou systémique !) quelle qu’elle soit. Même bénéfique en beaucoup de cas, elle risque de s’opposer à l’intérêt national dans certains autres.

Et même à  supposer que, la plupart du temps,  un pays A ait intérêt à s’appuyer sur un pays B, il perdrait, au sein de son alliance, toute considération à ne jamais faire exception.  Si cette alliance était tenue pour systématique, elle ne serait plus très vite  qu’un assujettissement.

Quand,  sur aucun sujet, un pays n’est plus à même de prendre ses distances vis-à-vis d’un grand allié, c’est qu’il a perdu son indépendance. Telle  la France de Vichy sous l’occupation ou la Hongrie au temps des Soviets. Un allié qui n’a plus la capacité d’être indocile n’est plus un allié, c’est un vassal. 

La réciproque est vraie : comme toute puissance  a nécessairement des adversaires  - c’est ainsi que les Etats-Unis considèrent encore, à tort ou à raison, la Russie -, s’y opposer systématiquement pourrait assez vite  nous assujettir à sa rivale.  Ceux qui, à juste titre, ressentent aujourd’hui lourdement la tutelle américaine  et lorgnent pour cela  vers la Russie comme un utile contrepoids doivent prendre garde à ne pas  aller jusqu’à la vassalité à l’égard de celle-ci.

 

Contre l’intérêt national, l’idéologie

 

Le souci de l’intérêt national doit être le seul guide en diplomatie. Ce qui tend généralement à le contrecarrer, en dehors de l’esprit de servitude,  porte un nom : c’est  l’idéologie  laquelle  conduit toujours aux allégeances systématiques. C’est  la raison pour laquelle les superpuissances, soucieuses d’établir un contrôle étroit de leurs féaux, produisent  naturellement  de l’idéologie, hier le communisme, aujourd’hui  l’ultralibéralisme. Une des idéologies qu’utilise l’hyperpuissance américaine est   la guerre des civilisations, concept simplificateur qui  ne saurait résumer à lui seul le jeu complexe des intérêts  de pays de civilisations différentes ou de même civilisation. Depuis longtemps archétype de l’Etat nation, la France, en s’alliant avec le Grand Turc ou les princes protestants d’Allemagne, avait montré qu’elle  savait éviter  cet écueil.  Les idéologies, au contraire, conduisent à des  prises de position simplifiées et systématiques dont l’ultima ratio  ne saurait être que contraire à un intérêt national nécessairement  complexe et changeant. Ce systématisme de l’idéologie est rarement  au service d’une idée pure ; il n’est généralement que trop conforme aux intérêts de l’Empire qui s’appuie dessus. L’empire et l’idéologie sont inséparables.

L’alignement systématique -  ou l’hostilité de principe à  tel ou tel -, n’ pas  seulement contraire à l’intérêt  national ; on peut même dire qu’il procède d’un   comportement immature.

Ceux qui, face aux abus bien réels de l’Amérique d’aujourd’hui, se laissent aller à l’antiaméricanisme systématique  ne sauraient en tous cas se référer  à l’héritage du général de Gaulle.    

 

Roland HUREAUX

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valentini 10/01/2012 14:21


ce texte ci-dessous récapitule les directives idéales pour un enseignement primaire de qualité


 


Court-jus

Les urgences de la vie ne m'ont pas laissé le temps de rien apprendre.
Que puis-je espérer de cette moderne infamie?

Réjouis-toi, simple homme!
Joue du clairon jusqu'en Abyssinie,
que l'Afrique trouve le bon guidon
du cycle qui mène à l'Arc-de-triomphe!
Bois du coca, matin, midi, soir!
Prends un air sauvage!
L'Amérique est derrière toi.
Et, avec elle, Tarzan, Chita,
et le psy-show-log de Santa-Barbara.
Tout ton nécessaire est dans tes bourses.
Ne cherche pas plus loin, la clé de la réussite.
C'est assez pour asseoir ton autorité sur l'instituteur.
Ce n'est pas l'école, non,
qui te montrera comment devenir une star!
Aurais-tu oublié que tu es de la graine d'étoile?
Et si tu veux grandir encore plus vite,
mêle ton sperme à un mannequin,
toute la Chine alors se prosternera devant toi.

Heureusement un ange-gardien veille au grain et sur moi.
Et pour faire des nouilles, y a pas mieux, c'est le meilleur!

Roland HUREAUX 30/09/2012 22:34



Merci.