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Roland HUREAUX

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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 15:06

 
CRISE FINANCIERE : ET SI  TOUT REDEVENAIT COMME AVANT...EN PIRE  ?  



Tout le monde connaît le mécanisme psychologique à l’œuvre dans l’alcoolisme – et dans toutes les addictions d’ailleurs : l’alcool  produit une euphorie qui dure un certain temps, puis, l’effet passé,  vient le temps de la dépression, de la « gueule de bois » comme on dit. Les soulographes du  petit matin savent comment guérir la gueule de bois : recommencer vite à boire autant et même un peu plus. Le mécanisme de l’addiction veut en effet qu’il faut  des doses de plus en plus fortes de drogue pour accéder au même état d’euphorie.

N’est-ce pas ce qui est en train de se passer dans l’économie mondiale ?  Après une phase d’euphorie  marquée par les subprimes, la bulle financière, les profits record,   l’argent roi, nous avons depuis quelques semaines la  gueule de bois.

Le climat de catastrophe qui règne dans l’opinion et la grande presse ne doit pas nous leurrer : même si la dépression dure un certain temps, elle finira bien par se terminer.

Il arrive parfois à Alain Minc de ne pas se tromper : il n’a pas tort  de dire que si  en 1929,  les Etats étaient venus au secours du système bancaire avec la même détermination qu’ils le font aujourd’hui, nous n’aurions pas eu Hitler.

La leçon de 1929 n’ayant pas été oubliée, la réaction a été cette fois vigoureuse,  malgré les hésitations de certains pays comme l’Allemagne. Son effet ne sera  bien entendu pas immédiat. Les bourses peuvent encore baisser mais enfin vient toujours un moment où les spéculateurs se rappellent que derrière les titres, il y a des biens réels : des usines, des champs, des immeubles et une activité économique qui ne s’est pas encore complètement arrêtée, Dieu merci,  et que donc ces titres conservent  une valeur intrinsèque au-dessous de laquelle il n’est plus  raisonnable de les vendre.

Mais ne nous leurrons pas. La cause du mal, c’est l’inflation : du crédit et donc de la  monnaie (deux fois la valeur de la fortune  mondiale  se trouve aujourd’hui en circulation !).

Le remède qu’ont trouvé les Etats à la crise, sous l’habillage  technique, c’est ni plus ni moins qu’un surcroît d’inflation.

Contrairement  à ce qui se dit, ce ne sont pas les contribuables américains qui vont payer les 850 milliards de dollars du plan Paulson, c’est la création monétaire. L’Etat prête aux banques  pour garantir les déposants. Pour cela il va aggraver le  déficit public et donc émettre des bons du Trésor. Qui achètera ces bons du trésor ? Ceux qui en possèdent déjà : les grands créanciers mondiaux : la Chine, le Japon, les pays pétroliers.

Et s’ils refusent ? Ils ne refuseront pas parce qu’alors, leurs réserves en dollar ne vaudraient plus  rien.

Ainsi  la situation actuelle était marquée par l’inflation et les grands déséquilibres mondiaux ; le résultat des mesures prises pour  enrayer la crise est une plus grande inflation et les mêmes  déséquilibres en plus grand.

Ce n’est  pas le seul domaine où on peut s’attendre à une aggravation : si la cause de la  quasi-faillite de certaines banques était l’irresponsabilité de leur gestion, combien plus irresponsable encore risque d’être cette gestion maintenant que l’on sait  que les banques ne peuvent pas faire faillite car les Etats ne les laisseront jamais tomber ?

Tous ceux qui ne se laissent pas aller à l’emphase catastrophiste qui règne aujourd’hui savent que l’économie, le crédit, la bourse repartiront  un jour, un peu plus tôt un peu plus tard mais pas sur de nouvelles bases : sur les mêmes en pire !

Ce qui changera : un contrôle plus étroit du système bancaire malgré tout (mais pas trop si l’on veut éviter une récession économique), un redémarrage de la hausse de prix  aussi    : c’est le seul moyen réaliste d’absorber le gonflement considérable de la masse monétaire mondiale. Et il n’est même pas certain que les salariés profiteront de cette inflation, aussi longtemps  que la mondialisation des échanges de biens tire  les salaires vers le bas.

L’euro risque d’être ébranlé : les ensembles de ce type ne résistent aux « chocs asymétriques » que s’ils sont faibles, or celui-ci est fort : il n’y aura plus d’alternative au dollar.

Pour le reste : les mêmes dérives, les mêmes déséquilibres, en pire.

Jusqu’à quand ? Les seuls facteurs  qui puissent  changer la donne mondiale seraient que la Chine n’accepte plus de financer les déficits américains ; nous avons vu qu’elle n’a pas  encore le choix,  ou encore que les Etats-Unis acceptent un retour à l’étalon-or : cela supposerait qu’ils remboursent leur énorme dette, quitte à être les premiers bénéficiaires de la formidable réévaluation de l’or qui en résulterait : ne rêvons pas.

L’économie mondiale  repose sur le couple pervers Chine–Etats-Unis, la première ultra excédentaire, la seconde ultra déficitaire. Tant que ces deux acteurs majeurs (nous ne parlons pas des pays pétroliers, tenus en laisse) ne décideront pas de changer radicalement la règle du jeu, l’économie mondiale pourra bien repartir mais elle ne sera pas assainie.

 

                                            Roland  HUREAUX

 

 

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