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Roland HUREAUX

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13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 11:43

L’ imbroglio  franco-chinois relatif à la participation de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques résulte d’une accumulation invraisemblable de maladresses.  

La première   fut de laisser  présenter cette participation comme un enjeu politique majeur. Le président français boycotterait-il  ou non les Jeux Olympiques  se  demandait-on il y a un an, sans que personne en haut lieu n’ait la prudence  de désamorcer la question ?  Le terme de boycott avait jusque là une signification pour les athlètes, on ignorait qu’il en eut pour les invités. Mais si les seconds veulent voler la vedette aux premiers...

Quand les Jeux Olympiques eurent lieu à Rome en 1964, le général de Gaulle, chef de l’Etat ne s’y rendit pas sans que cela ait revêtu une quelconque  signification pour les relations franco-italiennes. Voilà ce qu’on aurait pu rappeler  alors, le  président se réservant de se déterminer au dernier moment « en fonction de son emploi du temps ».

Or on ne l’a pas dit : soit-dit en passant, ceux  qui tiennent les Jeux olympiques pour une manifestation purement sportive noteront  que la question de la participation des autorités politiques à la  cérémonie d’ouverture ne se pose jamais quand les jeux ont lieu dans Etat démocratique, à Atlanta ou à Sydney. Ce n’est que quand ils  ont lieu dans un Etat non-démocratique que la question se pose : cela seul suffit à faire la différence entre les pays d’accueil.

Pour durcir encore l’enjeu, il se trouve que la France préside l’Union européenne cette saison et qu’à travers elle, c’est l’attitude de l’Europe entière qui semble en cause, alors même que le  gouvernement français décidera seul de sa position. Cela non plus n’a jamais fait l’objet d’une mise au point.

A cette première erreur s’ajoute l’incroyable  réaction de soumission lorsque le gouvernement chinois a élevé  la voix contre les manifestations ayant accompagné en avril le parcours de la flamme olympique sur notre territoire. Là où il eut fallu rappeler sèchement que dans un pays comme la France, à la différence d’autres,  les manifestations de rue ne sont pas téléguidées par le gouvernement, on envoya au contraire une délégation de haut niveau , le président du Sénat et un ancien premier ministre, rien de moins, pour  « renouer le dialogue ». Tout cela avait, qu’on le veuille ou non,  l’air  d’une  repentance. Alors même que notre police avait fait plus que du zèle contre les manifestants,  laissant même agir sur notre territoire, au mépris de toutes les règles de souveraineté, un obscur service d’ordre chinois. 

Enfin comment ne pas trouver insupportables les avertissements arrogants de Pékin mettant en demeure le gouvernement français de ne pas accueillir le dalaï lama , alors que   ce dernier a déjà  été accueilli à Washington, à Londres,  à Berlin  suscitant certes chaque fois  l’ire prévisible de Pékin  mais sans qu’on  ait osé alors parler  sur ce ton à ces pays pourtant plus impliqués  que nous dans le commerce avec la Chine ? Bernard Kouchner heureusement l’a rappelé mais en ne recevant pas le dalaï lama  après l’ avoir envisagé, on donne encore une fois l’impression de s’incliner.

Le résultat est une impasse totale : si le président n’allait pas  à Pékin, il provoquait ,  compte tenu des  postures prises, un incident diplomatique sérieux lequel , en effet,  n’aurait pas manqué   d’avoir un impact lourd et peut-être durable sur les relations franco-chinoises.

Allant  néanmoins à Pékin malgré  l’aggravation prévisible de la situation au Tibet ,  il  donne   l’impression , comme n’a pas manqué de le souligner Daniel Cohn-Bendit,  de céder au diktat  des dirigeants chinois , ce dont il est douteux que dans ce monde où on ne respecte que les forts , ce pays lui en soit vraiment reconnaissant.

 

 

                                                              Roland HUREAUX

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Published by france - dans roland.hureaux
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