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Roland Hureaux

MrHureaux

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Vendredi 3 mai 2013 5 03 /05 /Mai /2013 10:14

 

Paru dans Le Figaro 28/03/2013

 

Rien n’illustre mieux les vices du processus réformateur français que la question du cumul des mandats.

Sa suppression parait aujourd’hui à l’opinion, à droite comme à gauche, être la panacée qui doit permettre de résoudre les problèmes que connait la classe politique française. 

Or nous pensons  qu’ils  en seraient au contraire aggravés. Pourquoi ?

Le principal de ces problèmes est la crise de confiance considérable   qui la sépare du   peuple ; au-delà, le décalage formidable entre les politiques menées par  les   majorités  successives et les aspirations réelles de la population. 

Ce décalage, pour ne pas dire cet abîme,  est une réalité. Pourtant  le fait qu’une partie des députés et sénateurs  soient en même temps  élus locaux constitue un des rares canaux qui permettent aux aspirations populaires, perçues immédiatement par ceux qui ont un mandat local,  de remonter au sommet. La suppression du cumul de mandats réserverait les mandats nationaux à des professionnels de la politique parlementaire  choisis  par les états-majors des partis, sans  contact avec le terrain, au travers de campagnes électorales   dont le résultat dépendrait    très peu de la représentativité   personnelle et beaucoup du contexte national. Le fossé entre  les  hommes politiques et la population  s’en trouverait non point comblé  mais élargi !

Autres effets pervers que bien peu aperçoivent : la  vie politique   coûterait au total plus cher au contribuable puisqu’ il faudrait dédoubler un  certain  nombre de  postes – tout en assurant, ne soyons pas naïf, le maintien  du pouvoir d’achat. On oublie que le cumul des mandats est assorti  d’un plafond du  cumul des rémunérations qui en relativise l’intérêt financier   et donc   aggraverait les coûts en cas de dédoublement des titulaires.

Ce dédoublement aggraverait ce qui est  le vrai mal   de la politique française : l’insuffisance des ressources humaines. Malgré les nombreux avantages dont les mandats politiques sont, parait-il, assortis, les prochaines élections municipales témoignent d’une grave crise des  vocations, au point de Jean-François Copé a suggéré à Agen que  l’UMP aille chercher  des candidats par petites annonces !  Privée  de personnalités nationales, la classe politique   locale deviendrait encore plus médiocre qu’  elle n’est et, faute de grands ténors, la décentralisation reculerait.

Ne parlons pas du déchainement d’hypocrisie que la limitation des cumuls  provoque déjà et qui serait  aggravé. On peut interdire à l’épouse d’occuper la place laissée vacante par son mari, mais comment l’interdire à la compagne, surtout en temps de parité ? Les structures intercommunales sont généralement laissées en dehors ses lois sur le cumul : tel qui abandonne sa fonction de maire, garde la présidence de la communauté de commune etc.

Pour toutes ces raisons, la mal politique français  se trouverait à coup sûr aggravé par la fin du cumul.

 

Un processus réformateur vicié

 

En ce domaine comme en d’autres, on voit le vice du processus réformateur français, bien plus grave que le cumul des mandats lui-même.

Tout projet de réforme part d’  un vrai problème : en l’occurrence la crise, bien réelle, de la  représentation. Mais au lieu d’analyser finement le problème, l’opinion se  précipite sur une solution en forme de slogan dont personne ne s’est donné la peine d‘étudier en détail si elle  répond bien au problème posé. Cette fausse solution  néanmoins se répand, est répétée par les médias, l’administration et les politiques, elle aboutit dans le programme des partis. Quand  une commission d‘experts est réunie, loin  d’analyser  le problème en détail, elle collationne au fil des auditions    les idées qui sont sur la place publique pour leur donner un peu plus de poids. D’ailleurs, ceux qui s’éloigneraient de l’opinion commune sont généralement écartés des auditions. Et finalement, à force qu’on en parle, la réforme finit par être votée et elle n’a pas du tout les effets escomptés, quand elle n’est pas carrément contre-productive.  

La suppression du cumul des mandats attend encore, non parce que c’est une mauvaise idée mais parce qu’elle heurte à de puissants intérêts. Heureusement !  

Cette démarche réformatrice simpliste se rencontre  en bien d’autres domaines. Vrai problème :    la complication de l’admintiration locale. Faux remède : réduire les 36 000 communes à 360 car le vrai mal  n’est pas là, ces petites communes ne coûtant rien. Pour opérer peu à peu cette réduction, on a multiplié les structures intercommunales qui, elles, coûtent cher et  compliqué encore  les structures locales. 

Dans le régime soviétique, la suppression l’initiative individuelle fut catastrophique pour  l’agriculture. Les rendements s’effondrèrent ; quel remède appliqua-ton pendant des années ?  Une centralisation encore plus grande ! Jusqu’à la « chute finale ».

Pour améliorer le  politique française, il importe donc de  dépasser les idées reçues et de bien analyser les vrais problèmes.  

Si le cumul de mandats  a un inconvénient, c’est  surtout dans le vote des lois relatives aux collectives locales où le Sénat est à la fois juge et partie. Il faudrait l’empêcher de bloquer certaines  réformes. Or, au cours de toutes dernières années, son pouvoir en la matière a été au contraire renforcé. 

On veut empêcher que les appareils politiques  locaux dissuadent les jeunes de se lancer en politique. Là encore il y a bien  d’autres moyens. Par exemple enlever toute valeur légale aux investitures,  de telle manière que le soutien des appareils politiques   ne fausse pas la saine émulation  des talents.

Mais la question la plus importante demeure celle  du recrutement des hommes politiques. Leur émergence à partir du terrain  a des inconvénients, mais le recrutement par les    appareils nationaux en aurait encore davantage. Les raison d’un appauvrissement bien réel du personnel politique n’ont pas encore été analysées assez en profondeur pour qu’on se précipite sans réflexion sur le  premier remède proposé. 

     Roland HUREAUX 

Par Roland HUREAUX
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Jeudi 2 mai 2013 4 02 /05 /Mai /2013 17:30

 

Dans une déclaration récente, le président Obama, mieux placé que quiconque pour avoir une vue « panoramique »  des tragédies de    la planète,   fait un parallèle entre les massacres en cours  en Syrie et ceux de la  République démocratique du Congo,  plus spécialement au Kivu : «  Comment dois-je  considérer  les dizaines de milliers de personnes qui ont été tuées en Syrie face aux dizaines de milliers qui sont actuellement tuées au Congo? "

Une fois de plus le Kivu  est occupé par des rebelles qui  tuent, violent, pillent, détruisent.

Une fois de plus la rébellion, dite M23,  est appuyée en sous-main par le gouvernement du Rwanda voisin.  

Ce pays n’avait  causé aucun trouble hors de son territoire jusqu’en 1994, du temps où il était gouverné par la majorité hutue. Depuis la prise de pouvoir par  le président Paul Kagame, à la tête d’une milice tutsie ultra-minoritaire,  qui prétend avoir mis fin au  génocide  de  1994,  lequel   avait causé plusieurs centaines de milliers de morts, ce pays ne cesse de fomenter des rébellions voire de mener  des expéditions dans le grand voisin, la République démocratique du Congo.   

Quel que  soit leur motif avoué,  poursuite des milices hutues réfugiées en 1996,  renversement de la dictature de Mobutu en 1997,  ces expéditions  ont fait au total en RDC, directement ou indirectement,  près de quatre millions de victimes, venant s’ajouter aux morts du  Rwanda.  C’est du moins le chiffre qu’avance le Rapport Maping du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations -Unies,

Le malheureux gouvernement de Kinshasa, éloigné de 1500 km, dans un pays   depuis longtemps en pleine décomposition ne peut pas faire grand-chose. Ses troupes ne lui obéissent guère et, à l’occasion, participent elles aussi aux exactions.

Dans un pays très  bien   doté  en ressource naturelles de toutes sortes, principalement métalliques,  le Kivu  est particulièrement riche  et l’exploitation des ressources minérales ( on peut même  dire leur  pillage) se fait sans aucun bénéfice pour le gouvernement et le peuple du Congo mais pour  le plus grand avantage des compagnies internationales qui y ont obtenu des concessions et de celui du gouvernement  de Kigali.

A la curée, les Chinois qui achètent dans ce pays des mines et des terres par milliers d’hectares pour les exploiter en complète extraterritorialité, sans recours à la main d’œuvre locale et sans payer d’impôts, ne sont pas les moins  avides.

 

L’effacement de la France

 

La France ne saurait rester indifférente au devenir de ce pays, deuxième pays francophone du monde et avec lequel elle avait tissé, dès l’indépendance, pour le meilleur et pour le pire, des liens particuliers, profitant du repli de la Belgique. 

Face à la situation  dramatique  qui prévaut aujourd’hui, qu’a fait  François Hollande ?

Il a  essentiellement fait la leçon.

A qui ? A l’auteur  des désordres  déjà   responsable de millions de victimes et qui plus est ennemi acharné de la France, le gouvernement de Kigali ?

Non, au pauvre  président Kabila de la RDC, qui ne contrôle rien mais qui n’en a pas moins été mis  plus bas que  terre lors du sommet de la francophonie qui s’était  tenu à Kinshasa en octobre  dernier. Dans cette ville  où il n’avait  pas même pas daigné passer la  nuit ( une injure en Afrique ) ,  le président français avait,  dans  un discours bref et méprisant,  fustigé  les manquements « tout à fait inacceptables  sur le plan des droits et de la démocratie »  et    marqué ostensiblement   son mépris pour  la  pouvoir  en place.

Il ne savait pas encore, le malheureux,  que, quelques semaines après, la France serait amenée à s’engager au Mali  en soutien d’un pouvoir issu, lui, carrément d’un coup d’Etat militaire !

Pas plus que Sarkozy, particulièrement complaisant pour le président rwandais,  Hollande ne s’est risqué, depuis son arrivée aux affaires,  à dénoncer l’emprise du Rwanda sur la RDC  qui fait que beaucoup considèrent Kabila  comme un simple factotum de Kagame.   

Après les reculades de 1993 et de 1997, sous les présidents Mitterrand (il est vrai tributaire d’un gouvernement de cohabitation)  et Chirac, où la France, isolée  dans le camp occidental,    avait  refusé de barrer  la route à Kagame, d’abord au Rwanda,  puis au Kivu, notre pays ne compte, il est vrai, plus beaucoup dans la région.

Le Rwanda a quitté  la francophonie pour entrer dans le Commonwealth.   Les pays qui avaient pris le parti de la France dans cette région (Gabon, Congo, Angola), voyant sa passivité, ont établi des liens avec le Rwanda et songent même, eux aussi, à prendre leurs distances avec la francophonie.  De fait, personne n’ose plus  remettre en cause ouvertement  le rôle déstabilisateur du président Kagame.

D’abord parce que, par un savoir-faire consommé, il a acquis une bonne réputation dans la sphère internationale. Oubliant la capacité des dictatures  les plus impitoyables (Staline, Mao)  à montrer  des villages Potemkine aux visiteurs de marque, on le crédite d’avoir   remis son pays en ordre : quand la mendicité est punie assez sévèrement, personne ne tend la  main, quand la crainte de l’Etat est assez forte, les rues sont propres. On dit même qu’il a instauré un régime honnête (ignorant  le pillage des richesses  du  Kivu) et en plein   développement (par une aide extérieure massive).

Mais la vraie raison de la bonne réputation de ce régime  et du fait que personne n’ose plus le mettre en  cause ouvertement est l’appui inconditionnel qu’il reçoit des Etats-Unis et de  ses alliés (Royaume-Uni, Belgique, Israël, voire Afrique du Sud). Cela a  suffi  à faire passer le rapport Maping à la trappe, comme avait complètement disparu (au point qu’on n’en  trouve plus un exemplaire nulle part dans le monde !) un autre rapport publié en 1975 dénonçant le régime de Kagame. Dans la diplomatie des  droits de l’homme, la raison du plus fort est toujours la  meilleure.

A quoi va conduire la  résolution du Conseil de sécurité, adoptée le 28 mars dernier,  créant  la Brigade d’intervention de la Monusco, composée de 3000 hommes, tous africains (Tanzanie, Malawi, Afrique du Sud) dans le Nord-Kivu ? Même si elle semble fraichement accueillie par le pouvoir rwandais (qui vient  de livrer des missiles sol-air aux rebelles !),  il y a peu de chances qu’elle ramène la paix dans cette région. Même s’il faut faire la part de la forfanterie, on peut croire le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23, quand il dit, dans un entretien à l’AFP :  « La Brigade d'intervention de l'ONU n'arrivera pas à faire ce que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), soutenues par les 20.000 casques bleus de la Mission de l'ONU pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) n'ont jamais fait ».

La division récente  du  M23   en deux factions rivales risque de mettre un peu plus de désordre.  

  Le statu quo dans la région, sur fond de chaos,  globalement favorable au président Kagame et à ses protecteurs et  dont le peuple  congolais est la principale victime, n’est pas prêt d’être remis en cause.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

Par Roland HUREAUX
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Jeudi 2 mai 2013 4 02 /05 /Mai /2013 17:29

 

Le Parti socialiste français voudrait-il jouer les  Berlusconi ?  Au plus bas dans les sondages, comme était le Cavaliere,   veut-il se refaire une popularité en entonnant les sirènes de l’anti-germanisme ?  

Ce qui est sûr : son algarade contre « l’intransigeance égoïste d’Angela  Merkel », même si elle ne doit pas  figurer dans la motion finale du PS,  a fait des vagues ; une certaine  droite,   toujours prête à prôner  l’alignement sur  l’Allemagne, n’ a pas manqué de lui donner de la résonance. Alain Juppé dénonce le risque de confrontation avec l’Allemagne comme un « péril mortel ».  Les gardiens de l’orthodoxie de gauche,  Le Monde et  Libération en tête, dénoncent de leur côté, un « dérapage ». Que les uns et les autres se rassurent : les algarades des socialistes français resteront des   « paroles verbales » !

Moins  que par le  risque de réveiller les démons du passé,   le positon du PS frappe en effet  par son incohérence.

Les exigences de Mme Meckel ne sont pas à proprement  parler  égoïstes ; elles ne font  que rappeler les conditions nécessaires à une survie de l’ euro :  un redressement  des comptes  publics dans toute la zone euro, une baisse  forcée du coût du travail là  où il a trop augmenté,  comme en France - sur le modèle de ce que les Allemands avaient fait du temps de Schroeder - , le refus des facilités inflationnistes telle la monétisation des dettes souveraines . Ces mesures, efficaces ou non c’est une autre question,  sont la  seule solution alternative   à un abandon  de l’euro et donc à de nouvelles parités monétaires.   

Si la relance doit passer par la dépense publique  – et donc de nouveaux déficits, elle est clairement  en contradiction   avec le souci de rétablir les comptes. Relance et rigueur sont aux deux extrémités  d’un  même curseur. Imaginer qu’on puisse échapper à cette alternative est illusoire.

A partir du  moment où  le PS n’envisage  absolument pas  le démantèlement de l’euro ( nous préférons cette expression à celle de « sortie de l’euro »,  car qui croit que l’euro pourrait  continuer sans la  France ?) ,  il est obligé d’en tirer  les conséquences : il faut faire de la rigueur  à l’allemande  !

Exiger cette rigueur n’est pas particulièrement   « égoïste »  de la part de Mme Merkel : les dirigeants allemands étant tout aussi prisonniers que les dirigeants français du dogme de l’euro  n’ont d’autre mérite que d’en tirer les conséquences. La récession qu’entraîne une politique de rigueur les menace  à terme autant que nous : leurs marchés principaux sont au sein de la zone euro ; si ces marchés se rétrécissent, comme c’est inévitable, ils en souffriront aussi. L’Allemagne est  d’ailleurs entrée aujourd’hui, comme nous, en récession.

Certains voudraient   qu’elle  prête  à fonds perdus  ( ou mieux encore,  qu’elle donne via le budget européen ) aux paniers percés de l’Europe.   Elle n’y tient pas : qui le lui reprocherait ?  Elle  que les perroquets du souverainisme  ne cessent de soupçonner de « fédéralisme »  ne fait que prendre en compte  cette réalité  de base :  qu’il n’y a pas en Europe une véritable solidarité analogue à  celle qui a pu s’établir entre l’Allemagne d’Ouest et les anciens territoires de l’Est qui appartenaient  tous deux    à la  même  nation allemande.  Nous le savions.  Les Allemands ne sont pas enthousiastes non plus à faire comme   les  Français : ajouter à leurs dettes , déjà lourdes, en empruntant pour  aller au secours des pays encore plus  endettés du Sud de l’Europe.  Là encore,   qui le leur reprocherait ? Ce n’est pas  parce  que les socialistes français sont irresponsables quant   à leur intérêt  national qu’ils doivent reprocher aux  Allemands de ne pas l’être.

La même inconséquence  se retrouve dans certains cercles socialistes  proches du pouvoir tel  le Collectif Roosevelt 2012  qui prône un New Deal à la française, une politique publique de relance à base de dépenses publiques, sans nullement remettre en cause  l’appartenance  à  l’euro. Que ces   gens- là  prêchent dans le vide, on s’en  rend compte en voyant que plusieurs des fondateurs   de ce collectif, Jean-Marc Ayrault en tête,  sont entrés au  gouvernement ou sont  proches de lui   sans que ce dernier  applique le moindre  petit  commencement de ces idées.

Pensons aussi que dans  ce collectif se trouve  Michel Rocard lequel, il y a peu,   n’a pas craint de dire (parlant du président) : « On attend qu’il parle de l’Europe et qu’il reconnaisse que le commandement est allemand… ».

La contradiction devient abyssale chez un Jean-Luc Mélenchon qui critique avec véhémence  jamais en défaut les mesures d’  austérité  (et propose même  un SMIC à 2000 €)  sans, lui non plus ,  remettre en cause l’appartenance à  l’euro.

Lors un colloque franco-allemand qui s’est tenu le 8 avril dernier  à la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, l’économiste Alain Cotta a justement  rappelé que François Hollande, fils spirituel de Jacques Delors, était si viscéralement  attaché à l’euro qu’il irait jusqu’à  sacrifier le dernier centime de la politique  sociale française  pour en  assurer  la  survie.

Au lieu de mettre en cause stupidement  l’Allemagne, les socialistes français  feraient  mieux d’en tirer les conséquences.

 

Roland HUREAUX

 

France-Inter,  12 /12/2012

Par Roland HUREAUX
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Jeudi 2 mai 2013 4 02 /05 /Mai /2013 17:27

 

Paru dans Causeur 

 

Le débat sur le mariage homosexuel  qui a accaparé l’actualité au cours des derniers mois tend à apparaître comme un débat franco-français lié à l’affrontement des partis et des sensibilités propres à  l’hexagone et l’outre-mer français.

Il a pourtant une dimension internationale déterminante. Il n’est même, d’un certains point de vue,  que l'un des champs de bataille dans une guerre non déclarée qui fait rage dans  une grande partie du monde, pas seulement  occidental.

En même temps que les parlementaires français débattent de la loi Taubira, en effet, le mariage unisexe fait la une aux  Etats-Unis avec le recours auprès de la Cour suprême contre l’Etat de Californie qui a interdit le « mariage gay » par référendum (et un autre recours, le cas Wilson,  tendant à faire reconnaitre un « mariage » lesbien conclu au Canada).  Si la Cour suprême annule la décision de l’Etat de Californie comme contraire aux droits de l’homme, le mariage homosexuel qui, jusqu’ici,  n’avait été admis que par 9  Etats sur 50, deviendrait  obligatoire sur tout le territoire de l’union.

La décision de la Cour suprême est attendue pour la fin juin.

Une des dimensions de cette bataille particulièrement âpre est  l’intervention massive des plus grandes sociétés américaines en faveur du mariage homosexuel. 278   d’entre elles  ont signé un mémoire déposé à la Cour suprême en tant qu’amici curiae (une procédure propre aux Etats-Unis, qui permet à des tiers, « amis de la Cour », de donner leur avis dans une affaire) lui demandant instamment d’admettre cette revendication.

Parmi les signataires,  rien que  du beau linge: Apple, Bain & Co, Bank of New York Mellon, Black Rods, CBS, Facebook, Goldan Sachs, Jet Blue, Johnson & Johnson, Starbuck, Twitter, Viacom, Walt Disney. Tous les secteurs sont représentés  mais d’abord la banque et la communication.

Ce mouvement des grandes sociétés en faveur du mariage homosexuel se fonde sur l’idée  que le reconnaitre serait « bon pour le business ». Il est,   au dire d’observateurs,  un fait nouveau, illustrant l’emprise croissante de la culture « gay » sur l’Amérique des affaires.

La bataille qui fait rage outre-Atlantique va jusqu’à des campagnes de boycott commercial par l’un ou l’autre des camps. Que dirait Disney si les  familles nombreuses qui peuplent  notre La Manif pour tous boycottaient   Disneyland ?   

Relativement discret dans son premier mandat, le président Obama est aujourd’hui  ouvertement engagé du côté des partisans du mariage homosexuel. Il y a un an, le 9 mai 2012, il prenait clairement parti dans ce sens ; le lendemain, il déjeunait avec George Clooney à Hollywood et récoltait d’un coup 13 millions de $ pour sa campagne !

On peut mettre l’  engagement d’une partie du business  américain  en parallèle avec l’aide que reçoit de sociétés comme Microsoft ou Ernst &Young la Fondation  Terra Nova, proche du parti socialiste et  ardente promotrice des  réformes sociétales.

Un rapport récent de cette fondation  avait attiré l’attention  en 2011 car il  proposait que le parti  socialiste prenne définitivement  ses distances avec ses appuis historiques,  classe ouvrière ou   fonctionnaires,  pour se tourner  vers « une nouvelle alliance    des diplômés, des jeunes, des  minorités  , des femmes, des urbains et des  non-catholiques ,   tous supposés  tournés vers l’avenir  et adeptes  du libéralisme culturel. »

De ce côté  de l’Atlantique la fondation socialiste n’effraye pas non plus le grand capital : Areva, Air France, Casino, EADS, Suez, Sanofi, Vivendi lui apportent leur soutien.

On s’est interrogé sur le financement des femens, ces jeunes femmes venues d’Ukraine pour  perturber les manifestations anti-mariage unisexe en France. Il semblerait que pour une jeune femme de ce pays encore très pauvre,  où le taux chômage est élevé, la condition des femmes très difficile  (notamment en raison l’alcoolisme, générateur de brutalités), il y aurait d’autres priorités que  la condition des   homosexuels en France (si tant est que sa promotion aille de pair avec la cause féministe, ce qui reste à prouver). D’autant que vivre à Paris coûte cher. Mais elles y recevraient pour ce faire  un salaire  représentant  trois fois le salaire moyen ukrainien ! Qui paye ? Parmi  les financeurs possibles  de ce mouvement, on cite le nom  de  George Soros, le milliardaire américain  dont la Fondation pour une société ouverte s’attache à promouvoir la démocratie et surtout  les idées  libertaires en Europe de l ’Est. Elle a pris pour cible depuis quelques années, le régime de Poutine, encore trop attaché à son gré aux valeurs  chrétiennes et patriotiques

Le parti socialiste entretient, quant à lui,  des liens suivis avec la galaxie du parti démocrate américain, en particulier la National endowment for democracy, fondation chargée de  promouvoir à travers le monde la vision américaine « libérale »  de la démocratie.

 

La France sous surveillance

 

C’est dire que ce qui se passe en  France en matière de droits des  homosexuels est   observé attentivement par des forces internationales aussi puissantes que vigilantes. Pierre Berger,  qui a osé dire « Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ? » et  dont on connait l’engagement en faveur des LGBT, est, sur ces sujets,   pleinement en phase avec George Soros.

Ces forces, largement relayées à la commission de Bruxelles,  ne séparent pas    ce qui est libéral de ce qui est  libertaire. La France était, à leurs yeux, en retard sur les deux plans.  Elles  attendaient du gouvernement Hollande, qu’il  « modernise » la France sur le  double plan social et sociétal. Sur le plan social, il s’agissait de remette en cause une  législation protectrice héritée d’un siècle de politique social-démocrate,  Le projet de loi « sur la sécurisation de l’emploi » est un pas dans ce sens mais jugé encore  trop timide.     Sur le plan sociétal, on attendait bien sûr de lui  qu’il fasse adopter à la  France   le mariage  dit « gay ».

Pressé par ces puissants mentors, Flamby,  ces derniers mois, a paru un peu mou  sur l’un et l’autre dossier. Il ne serait pas étonnant qu’on l’ait   mis en demeure de faire rapidement ses preuves, ne serait-ce que pour améliorer son image internationale désastreuse

François Hollande a pris la décision, immédiatement après le vote  du Sénat, d’accélérer le passage  en force  de la loi Taubira. On a d’abord pensé qu’il  voulait par là  se débarrasser vite  d’une question épineuse.  Mais cette accélération est  en phase avec le calendrier mondial de la question.

N’en déplaise à ceux pour qui la France n’est plus qu’un pays de second rang sans influence,  l’adoption du mariage homosexuel chez nous  pourrait avoir un impact  sur les décisions attendues de la Cour suprême. Si la loi n’avait  été votée qu’à  l’automne, comme il en avait d’abord été question,   elle  serait, à cet égard, venue trop tard.

Si dans le courant de cet été l’adoption de la  loi française se conjuguait avec une décision de la Cour suprême favorable au lobby « gay », l’équilibre mondial  basculerait de manière décisive en sa faveur Jusqu’ici en effet, contrairement à ce que prétend la propagande homosexuelle, seuls de petits ou moyens pays,  au total 11  sur 200, avaient adopté cette forme de mariage ; les grandes puissances étaient toutes réticentes.  L’adjonction à la liste  de deux   pays comme le Etats-Unis et la France serait une victoire emblématique pour les partisans de révolution libertaire ; la phase suivante, la destruction définitive du mariage pourrait être  rapidement engagée.

Mais nous savons qu’en France, la décision ultime est désormais entre les mains du Conseil constitutionnel. Nous voyons par tout  ce contexte combien  sa responsabilité  est lourde.  

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

Plus le district fédéral de Columbia (Ville de  Washington) et trois tribus indiennes

7 monarchies : les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark, la Norvège, la Suède,  l’Espagne, le Canada et 4 républiques : l’Islande, le Portugal, l’Afrique du Sud et l’Argentine, à quoi s’ajoutent certains Etats des Etats-Unis   du Mexique et du Brésil  (qui sont aussi des états unis).

 

Par Roland HUREAUX
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Jeudi 2 mai 2013 4 02 /05 /Mai /2013 17:25

Paru dans Atlantico 

 

Au Sénat : un vote, trois victimes.

 

Même si la loi Taubira est adoptée cette semaine, elle gardera un parfum d’illégitimité du fait des conditions scabreuses dans lesquelles elle a été votée au Sénat.

Il est probable qu’avec le recul, ce vendredi 12 avril où la loi instaurant le « mariage » entre personnes du même sexe,  a été approuvée par le Sénat par surprise et à main levée restera comme un jour noir de l’histoire de la République.

Il y a du hold-up dans la manière dont la chose s’est faite. Comme dans un hold-up, cela fut  si soudain que, le temps que les présents réalisent que ça s’était  passé, c’était déjà fait. Comme dans un hold-up, les   participants, selon leurs déclarations, ont  été  tétanisés par une opération audacieuse et imprévue qui a duré à peine une minute et ne pas avoir eu   le temps de  réagir. 

Les Britanniques  ont enseigné le parlementarisme au reste de    l’Europe, et on sait qu’à Westminster, pendant des siècles,    plus que  les  règles et les procédures écrites,  importait le respect des usages.  Tout homme politique anglais le sait : dans l’enceinte du Parlement, il y a ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. Et   la civilisation, c’est cela.

Même si formellement, la procédure expéditive  utilisée  par le président du Sénat n’est pas contraire au règlement, personne jusque-là n’avait pensé à l’utiliser pour le vote final d’une loi que Mme Taubira  présente elle-même comme un « changement de civilisation »   et dont le résultat n’était pas, quoi qu’on ait dit, acquis d’avance.

Nul  n’en doute aujourd’hui : si le gouvernement a accompli  cette espèce de coup d’état au Sénat, c’est qu’il savait ne pas y disposer, à la différence de l’Assemblée nationale, d’une claire  majorité, notamment en raison des réticences  de la plupart des sénateurs de gauche de l'outre-mer.

Même s’il aura permis au gouvernement  de faire passer la loi en force, ce vote  fera des dégâts considérables dont seul le  temps permettra de mesurer pleinement  l’ampleur.

 

Première victime : le Sénat

 

La première victime est le   Sénat lui-même. Dans la véritable crise de régime que nous traversons, beaucoup doutaient de son utilité ; ces doutes seront renforcés par la  mascarade du 12 avril;  cela d’autant plus que  le public de la Manif’ pour tous, militants anti-mariage unisexe, issus en majorité de la droite modérée,  était sans doute , au sein de  la société française,  le segment le  moins hostile à l’idée d’une seconde chambre de « sages » élue au scrutin indirect, idée qui n’est dans la culture ni de la gauche adepte d’une chambre unique ou d’un Sénat d’apparatchiks  élus à la proportionnelle,  ni  de l’extrême-droite antiparlementaire qui, jour après jour, critique le Sénat sur internet.   Par cette opération foireuse, le Sénat s’est   coupé de son principal appui.

En outre, il parait clair que cette procédure a permis à beaucoup de sénateurs d’échapper à  leur responsabilité, en laissant ignorer leur choix à leurs électeurs, ce qui n’est pas particulièrement courageux.

 

Deuxième victime : la droite modérée

 

L’autre victime de ce scrutin est la droite.  Elle avait tout pour capitaliser, comme l’ont compris  les députés Henri Guaino ou  Hervé Mariton,  sur l’hostilité au mariage homosexuel. Or le vote du Sénat risque de la délégitimer singulièrement.  S’il faut en croire Bernard Seillier , ancien sénateur de l’Aveyron, fort de  dix-huit ans d’expérience de la Haute-Assemblée, la manœuvre surprise du gouvernement n’aurait pas pu être menée  sans l’assentiment  de l’opposition, au moins de ses chefs. Il est vrai que personne dans les rangs de celle-ci  n’a eu le réflexe de demander un scrutin public,  et qu’aucun président de groupe n’a  ultérieurement  protesté contre cette procédure. Si le président du Sénat, Jean-Pierre Bel,  renvoie immédiatement après le vote aux présidents  de groupe pour le décompte final, méthode  sans précédent selon Seillier,  il sait pouvoir compter sur eux. Puisque aucun décompte officiel des voix n’existe, des décomptes officieux circulent. Ils   montrent que,  dans un scrutin public, le vote  aurait été acquis (et ce   n’est même pas certain !) avec deux voix  d’écart seulement : dans un tel cas de figure, il est aisé de voir que les dissidents de la droite, partisans du mariage homosexuel ou abstentionnistes, ont joué un rôle décisif dans  l’adoption de la loi. 

On n’est pas obligé de suivre les suggestions  de l’ancien sénateur   de l’Aveyron  mais il suffit que ce genre de rumeur circule pour que se trouve affaiblie la légitimité de  l’opposition officielle.

Or, de cet affaiblissement, nul n’a à se féliciter. A qui profiterait-il sinon   à l’abstention ou aux extrêmes ? En tous les cas pas à la République.

On sait que le Sénat a une longue pratique de connivences transversales,  surtout quand le gouvernement n’y a pas de majorité assurée. En raison de leur  sagesse supposée, les sénateurs évitent traditionnellement de faire blocage à certains  projets phares du gouvernement, au nom du bon fonctionnement des institutions, par exemple les nationalisations en 1981.

Mais on peut  penser que cette pratique, légitime par exemple pour   des mesures économiques de rigueur répondant une nécessité nationale,  ne l’était pas   face à un projet  de loi hautement idéologique  et se heurtant  à  un rejet profond d’une partie des Français,  rejet dont   les immenses  démonstration  de la Manif’ pour tous, ainsi que l’évolution récente des sondages  portent   témoignage.

Toute  connivence devait alors s’effacer devant cette grande nécessité de la démocratie représentative : la théâtralisation du débat public au sein des enceintes parlementaires. Le Parlement est la scène où les citoyens doivent avoir l’impression que  s’expriment dans toute leur  force leurs sentiments contrastés, au travers de leurs représentants. Et qui dit force dit efforts pour faire prévaloir son point de vue dans le vote final.  Si le vrai débat se cantonne à la rue  - ou si un des camps se sent trahi,   la  République, qu’on le veuille ou non, est affaiblie.  

Ajoutons que si la constitution a prévu une deuxième chambre représentant les élus locaux, il revient à celle-ci d’exprimer les sentiments de ces élus. Or ce n’est un secret pour personne que, si l’opinion a paru  un moment partagée sur le projet de loi Taubira, la majorité des élus locaux, qui représentent, eux, la partie la plus « sage » (en tous les cas la moins soumise  conditionnement  médiatique) du peuple lui était, elle, clairement opposée.

La  nécessité de théâtraliser le débat public,  heureusement les députés d’opposition l’ont mieux comprise que les sénateurs, comme en témoigne   la vivacité des débats lors  du passage de la loi Taubira  en deuxième lecture.  Mais hélas, dans la chaîne de décision, c’est le passage au Senat  qui était   décisif  et ce passage, la droite officielle, volontairement ou pas, l’a  manqué.

 

Troisième victime : la paix civile

 

Plus grave : la troisième victime de ce vote pourrait être la  paix civile elle-même.

Certes, la loi Taubira ne  conduira pas, en tous les cas pas elle toute seule,  à une vraie  guerre civile, d’autant que Frigide Barjot ne cesse de rappeler que son combat est non violent.

Mais si la loi passe définitivement, si elle est votée en termes conformes par l’Assemblée nationale,  ce qui semble acquis,  et si elle n’est pas censurée par le Conseil constitutionnel, l’amertume sera grande dans le camp de la Manif’ pour tous qui aura pu mesurer à la fois sa force et le mépris dans lequel  le tient le gouvernement. Et gageons que,  dans l’autre camp, plus que la jubilation, prévaudra la gueule de bois, tant ce camp aura plus vaincu que convaincu.

La loi gardera, quoi qu’on fasse désormais, un profond déficit de légitimité.  D’abord parce que beaucoup d’opposants sont imprégnés de l‘idée, issue de la scolastique mais ravivée par soixante années d’exaltation de la Résistance,   selon laquelle   une loi contraire au droit naturel n’est pas légitime – et peut donc  justifier l’objection de conscience ou une  résistance  passive. Ensuite en raison des modalités du  vote : non seulement  le défaut absolu d’écoute (mais  comment en irait-il   autrement s’agissant d’une loi idéologique ?  L’idéologie et le dialogue sont antinomiques), mais du fait que le passage en force au Sénat  a été  ressenti comme une manœuvre totalement déloyale.  

Ce n’est pas seulement la loi qui sera illégitime, c’est le gouvernement,   et en premier lieu  le président Hollande. Déjà mis à mal dans l’opinion  par son  impuissance devant  la crise économique et les affaires, il le  sera bien davantage encore  avec la loi  Taubira dont les partisans motivés sont très peu nombreux alors que ses adversaires le sont considérablement.  Cette  loi qui, même si elle est  « passée » juridiquement, psychologiquement « ne passera pas ».

La suite du quinquennat risque d’être émaillée  d’incidents comme ceux, regrettables, qui accompagnent aujourd’hui presque quotidiennement les déplacements de ministres et qui ne cesseront  que si la loi ne voit pas le jour.  Il n’est pas certain non plus que les premiers   « mariages »  éventuels  de la nouvelle sorte se passeront dans la sérénité.  Le « mariage pour tous » n’aura pas de lune de miel !

L’opinion française acceptait l’homosexualité  mais dans la discrétion, comme tout ce qui relève de la sphère privée. Le projet de loi  l’a mise au centre du débat public à un point que beaucoup d’homosexuels  en sont de plus en plus gênés ; il semble même     qu’aujourd’hui  les plus acharnés à  obtenir le vote de la loi  soient les militants socialistes et non les personnes homosexuelles. Or il n’y a aucune chance    que, si   la loi est définitivement promulguée,  ce malaise cesse.  

Et même si les incidents s’avèrent  limités, l’obstination du président Hollande  a réussi à creuser un fossé profond entre  deux France : l’une désormais minoritaire (mais toujours très forte dans les médias) pour  qui  la loi Taubira constitue un progrès, l’autre, majoritaire, pour qui il constitue une absurdité. Entre ces deux France, une haine croissante qui transparait  chaque jour dans les conversations et  que le vote de d’une loi  obtenue d’une manière contestable ne pourra qu’aggraver, laissant l’opinion  française durablement divisée.

 

Roland HUREAUX

 

 

Le Figaro, 15 avril 2013

Par Roland HUREAUX
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