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Roland HUREAUX

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:05

RESEAUX MEDIATIQUES ET IDEOLOGIE : L'EXEMPLE DE CRISTEROS

http://www.bvoltaire.fr/rolandhureaux/reseaux-mediatiques-ideologie-lexemple-de-cristeros,181081

 

Après avoir été projeté dans près de 300 salles de cinéma, un peu partout en France, Cristeros, le film de Dean Wright qui relate la révolte des catholiques du Mexique contre un gouvernement persécuteur (1926-1930) aura finalement franchi le cap des 80.000 entrées, ce qui est un résultat honorable. Il s'inscrit ainsi dans le petit nombre de films amortis avant même leur sortie en DVD.

Pourtant sa diffusion en France aura été plus que laborieuse.

Les réseaux normaux ne voulaient pas en entendra parler. Il a fallu un lobbying intense des milieux catholiques, pour qu'une petite société  se risque à en assurer la distribution.

Première leçon  : le catholicisme  est politiquement incorrect en France. Un film qui relate leur persécution et leur révolte sent le souffre dans le pays des droits de l'homme , spécialement dans le milieu su show business et des médias. On en a eu une confirmation récente    quand la direction de la RATP a  refusé de diffuser une affiche mentionnant  qu'un concert était donné en faveur des chrétiens d'Orient. Qu'elle ait été obligé de faire machine arrière  ne change rien à la signification de l'incident. Le syndicat CGT de la Bibliothèque nationale a eu une   réaction analogue vis à  vis d'une exposition à la Bibliothèque nationale au sujet des chrétiens d'Orient.

Deuxième leçon : les réseaux du capitalisme médiatique sont tout sauf neutres. Du temps de la Révolution d'octobre, Lénine disait que les capitalistes étaient  prêts, pour gagner  de l'argent,  à vendre tout ,  "même la corde qui servira  à  les pendre". On  considérait , en  ce temps là, que l'argent n'avait ni odeur ni couleur polique . Si une bonne affaire était possible, le capitaliste ne regardait pas à quel parti elle  allait profiter, au risque même  de favoriser les ennemis du capitalisme.

Mais  les temps ont changé. Les publicitaires  font aujourd'hui une sélection des médias auxquels il vont apporter la manne qu'ils gèrent . Cette sélection est politique et  idéologique. Elle  ne sera pas faite en fonction des intérêts directs du capitalisme mais de l'idéologie dominante "politiquement correcte". Dans ce cadre, un film  faisant l'apologie de la religion catholique comme Cristeros est suspect. Il en   serait  de même d'un film qui serait critique du  mariage homosexuel  ou encore favorable à un pays auquel l'Occident est hostile.

Ce climat nouveau traduit une mutation très profonde de la société.   L'intolérance est inséparable d'une idéologie à la fois manichéenne et prométhéenne , comme l'était le marxisme-léninisme , comme l'est aujourd'hui un certain libéralisme libertaire . Ceux qui s'attellent à l'entreprise de construire un monde nouveau  acceptent mal qu'on se mette en travers. 

Au XIXe siècle, la bourgeoisie dominante n'était pas idéologue, quoi qu'en ait dit Marx. Elle gérait la société en fonction de ses intérêts, certes,  mais avec pragmatisme. C'est la gauche et l'extrême gauche qui avaient dû alors , pour résister  à la classe dominante , s'arc-bouter sur une idéologie rigide, le socialisme.

Aujourd'hui, l'idéologie, libérale et mondialiste en l'occurrence,  n'est plus à la périphérie de la société. Elle est au centre. Les classes dirigeantes sont devenues idéologues . Ceux  qui contrôlent la planète ne le  font plus seulement par le pouvoir de l'argent et de la force armée. Ils  le font de en imposant un mode de pensée  aussi exclusif et intolérant que l'était l'idéologie  socialiste à ses débuts. Paradoxalement, c'est une idéologie de gauche fondée sur les bons sentiments :  l'antiracisme, la promotion libertaire de l'homosexualité, la condamnation du nationalisme et de  toutes  les frontières. Idéologie très peu subversive en fait sur le plan social  dans laquelle  rien ne contredit la liberté  d'action des grands groupes qui dominent le  marché mondial.  Comme toutes les idéologies , celle qui domine aujourd'hui est d'une manière plus ou moins ouverte  hostile au fait religieux. Le contrôle des médias constitue  pour les groupes dominants  ou leurs truchements idéologiques un  enjeu  fondamental . La maîtrise  des canaux   publicitaires ou ceux de la diffusion  sont  un moyen essentiel de ce contrôle. Tout organisme qui se voudrait libre par rapport à l'idéologie dominante est   tenu de renoncer aux ressources de la publicité  et à trouver d'autres formes de financement.

 

 

Le fait d'être en position dominante dans la société donne toujours un prestige et des moyens que n'ont pas les opposants. Mais  l'idéologie a une force propre, par son caractère de construction logique, sa promesse eschatologique  (le progrès sous telle ou telle forme) et l'intolérance à toute forme de débat qui renforce beaucoup les positions de ceux qui combattent sous  son pavillon. Cette force se conjugue avec la puissance   que le progrès technique donne désormais aux médias.  Que le mode  de fonctionnement  idéologique soit passé de la périphérie de la société où il était apparu, à son centre de commandement, est  inséparable d'un contrôle sur la société globale par les forces dominantes sans proportion avec ce qu'il était dans le passé.

Ce qui est arrivé au film Cristeros qui,  malgré son caractère éminemment rentable, a eu beaucoup de mal à être distribué , confirme  que dans notre société mondialisée, le contrôle des opinions est plus étroit que jamais il ne l' été.

 

                                                                       Roland HUREAUX

 

 

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