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Roland HUREAUX

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 23:21

 

POUQUOI LA LOI TAUBIRA N'EST PAS REPUBLICAINE

 

 

Les controverses autour du changement de pied de Nicolas Sarkozy le montrent : la droite française est loin d'être au claire sur la loi Taubira. En privé, la plupart des chefs des Républicains préfèreraient escamoter le sujet en n'y revenant pas. Tout au plus proposent-ils d'interdire la gestation pour autrui. Cette position   pose un problème de cohérence, l'adoption par les couples homosexuels découlant logiquement de la loi Taubira dont le principe est la stricte équivalence des droits des couples de toutes sortes.  Elle est en particulier la position d'Alain Juppé de Bruno Le Maire et maintenant de l'ancien président. D'autres   pensent la même chose sans le dire. Le Front national aussi est ambigu.

Pourtant, on s'en souvient, un sondage fait à l’automne dernier avait montré que l'opinion n'était pas aussi fermée que certains le pensaient à la remise en cause de la loi Taubira : seuls 46 % souhaitaient la conserver telle quelle, 22 % voulaient l'abroger, mais 32 % des Français se prononçaient pour une “réécriture dans le sens d’une union civile en mairie pour les couples homosexuels avec droits égaux aux couples hétérosexuels sans adoption plénière”.

Si on ne considère que les électeurs de droite, une large majorité   souhaite aujourd’hui une réécriture (40 %) ou une abrogation (36 %) », soit 76 % hostiles au maintien en l'état.

 

L'impact électoral de la Manif pour tous

 

Les homme politiques de tout bord auraient du aussi être attentifs à certains épisodes électoraux qui montrent que La Manif pour tous pèse plus qu'ils ne pensent. L'échec à la mairie de Strasbourg de   la sénatrice UMP Fabienne Keller qui avait voté la loi Taubira ou, à la mairie de Paris, celui de Nathalie Kosciusko-Morizet dont la simple abstention avait choqué beaucoup d’électeurs de droite, ne sont certainement pas étrangers à leurs prises de position. Le sénateur Jean-Pierre Michel (PS), un des plus ardents promoteurs du mariage homosexuel - et   fondateur du Syndicat de la magistrature, ce qui n'arrange rien - a perdu son siège en 2014 quand les maires ruraux de la Haute-Saône ont appris ce que leur élu faisait de son mandat.

Aux dernières régionales, la liste UMP qui a fait le plus faible score, est celle qu'a conduite Dominique Reynié, président de la Fondation pour l'innovation politique, professeur à Sciences Po Paris et ardent promoteur du mariage homosexuel et même de la gestation pure autrui. Il eut beau, pour se défendre, prendre des représentants de LMPT sur sa liste, personne ne fut dupe.

C'est dire que les élus de droite qui pensent que la manifestation que conduisit Frigide Barjot en 2012-2013 constitue une parenthèse dont les politiques sérieux ne doivent pas tenir compte, se trompent.  D'ailleurs, comment imaginer que la droite revenue au pouvoir puisse faire comme si le plus grand mouvement social de droite qui ait jamais été, et d'une droite proche de l’UMP, n’avait jamais eu lieu. Imaginer cela, n'est-ce pas manquer singulièrement de sens historique ?  Et se préparer à de nouveaux revers ?

 

République et science

 

Mais il est au moins une raison pour laquelle cette loi doit absolument être remise en cause, c'est qu'elle n'est pas, n'hésitons pas à le dire, conforme aux principes de la République.  Pourquoi ?

Parce que cette loi est bien plus que l'institution d'une cérémonie en mairie à l'usage des homosexuels ou l’instauration de nouveaux droits. A chacune de ses lignes, elle pose en dogme officiel la théorie du genre.

Or cette théorie n'est pas scientifique. Les études menées à Cambridge et ailleurs ont montré qu'il était erroné de penser que la différence somatique de l'homme et de la femme n'avait aucune conséquence sur leur psychisme. Comment en serait-il autrement à moins de revenir aux vieilles gnoses qui instauraient une césure radicale de l'âme et du corps ? Fonder une loi de la République sur la théorie du genre, c’est comme si on fondait une loi sur l'astrologie ou sur le créationnisme. Il y a un précédent mais c'était au temps de Staline : la théorie de l'hérédité des caractères acquis, contredite déjà à l'époque par toute la science moderne, avait été imposée par le pouvoir soviétique, par le canal de deux biologistes complaisants (ou terrorisés) Lyssenko et Mitchourine.  Quoique fausse, on la jugeait seule compatible avec le marxisme.

La science, la vraie science, a partie liée avec la République. C'est parce qu'ils pensaient, à tort ou à raison, que l'Eglise pouvait faire obstacle à l'enseignement de la science à l'école, et donc mettre le pays en retard par rapport à la Prusse, que Jules Ferry et les siens s'évertuèrent à lui enlever tout pouvoir sur l'enseignement. Pour eux, Science et République c'était tout un.

De quelque manière que l'on considère la question du mariage homosexuel, la République ne saurait accepter dans son ordre juridique une loi qui confère une valeur officielle à une théorie scientifiquement fausse.

 

                                  Roland HUREAUX

 

 

 

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Published by Roland HUREAUX
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