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Roland HUREAUX

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 23:26

LA LAICITE EST UNE CONSTRUCTION PRAGMATIQUE

 

 

La loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat n'a jamais aussi invoquée que depuis les dramatiques attentats du 7 janvier dernier et les tentatives d'attentat avortées qui ont suivi.

Dans le feu de l'indignation contre un acte qui prétendait   punir un "blasphème", beaucoup à gauche, mais aussi à droite, proclament la nécessité de revenir aux valeurs fondamentales de la laïcité : inscrire la loi de séparation dans la constitution (c’était au programme de Hollande), l’afficher dans toutes les écoles, faire des cours spéciaux d’éducation, voire de rééducation à la laïcité. Certains vont même jusqu'à suggérer de supprimer les fêtes chrétiennes du calendrier ou les saints de la toponymie.    

Le danger de cette escalade est qu’elle provoque une réaction de rejet chez les populations que l'on vise d'abord, tels les jeunes musulmans   rétifs à crier "Je suis Charlie ». Il est aussi   que cette surenchère laïciste affaiblisse encore le christianisme, élargissant ainsi la friche où pourra être semé l’islamisme le plus radical.

 

Une loi de compromis

 

Surtout elle méconnait ce qu'est la réalité de la loi de 1905 et de ses suites. Loin d'être    marquée du sceau de la radicalité, elle était, sinon dans son principe, du moins dans son application, une loi de compromis. Elle n'a réussi qu'à ce prix à rétablir la paix religieuse à la veille de la première guerre mondiale et à fonder un   mode d'insertion durable du fait religieux dans la République.  

Un compromis qui fut trouvé par tâtonnements et qui était nécessaire car la logique laïciste excluant sans réserve le fait religieux de l'espace public aurait tourné à la guerre antireligieuse telle qu’elle fut menée en Union soviétique ou au Mexique.

Le compromis se trouve à tous les niveaux : les églises deviennent propriété publique (et donc leur entretien est une charge publique) mais les cultes, principalement le culte catholique, continue de s'y pratiquer. Ce culte est régi non par les lois de la République mais par les « règles d'organisation générale propres à chaque culte" (article 4), donc le droit canon ; les processions   ou autres manifestations publiques sont permises mais à titre exceptionnel pourvu qu’elles ne troublent pas l'ordre public. Il n'y a plus de religion d'Etat, mais des aumôneries subsistent dans les casernes, les hôpitaux, les lycées, les prisons. Dans l’armée, elles sont rémunérées par l'Etat. L’enseignement public est entièrement laïque mais il était interrompu un jour par semaine pour permettre le catéchisme. La loi concernait au départ tout le territoire national     mais les anciennes dispositions concordataires furent préservées, non sans débat, en Alsace-Moselle et en Guyane.

Certaines dispositions dérogatoires sont une contrainte pour les églises : ainsi l'interdiction de célébrer un mariage religieux avant le mariage civil, acte cultuel que la loi devrait en théorie ignorer. De même, en interdisant l'enseignement primaire et secondaire -  pas supérieur -  aux ministres du culte, la République reconnait le sacrement de l'ordre.

Les textes protocolaires font leur place aux représentants des cultes.

Depuis la dernière guerre, d'autres inflexions ont été apportées au régime de séparation stricte, la principale étant la loi Debré qui permet à l'Etat d'aider les établissements religieux sous contrat.

Il ne faut surtout pas chercher dans tout cela une   logique stricte. Le compromis évoqué est forcément boiteux car fondé sur l'intersection entre deux logiques antinomiques tenant compte de manière pragmatique des réalités. Ce compromis a cependant le poids que lui donnent   des années d'habitude.

 

Un compromis du même genre à trouver avec l'islam

 

Entre la logique totalitaire de l'islam et la logique de la République, il ne faut pas rechercher autre chose qu’un compromis du même genre.

Le culte musulman bénéficie déjà de certains avantages du régime  actuel: ainsi les avantages  de la loi Debré ont  été offert à certains établissements musulmans; de aumôniers musulmans sont  rémunérés au sein des armées etc. On peut même penser que l'ingérence de l'Etat au travers du caractère quasi-officiel conféré Conseil français du culte musulman va beaucoup pus loin que ce qu'une interprétation même atténuée de la loi de 1905 pourrait autoriser, pour ne pas parler de certains financements occultes de mosquées par les communes.

Dès lors que le bon sens et la bonne volonté sont au rendez-vous (c’est devenu difficile en notre âge idéologique !), on peut imaginer ce que pourrait être un compromis tout aussi peu systématique entre   religion musulmane et Etat laïque :  l'usage du voile intégral doit être prohibé sur la place publique, celui de l’hidjab autorisé mais pas aux agents publics en activité. Il peut difficilement être toléré pour les élèves de l’enseignement primaire et secondaire mais, sauf à ignorer l'ambiance des Universités, on ne voit pas comment l'interdire aux étudiantes. 

Les repas des cantines municipales ou scolaires doivent   prévoir une option sans porc   mais on ne saurait accepter que cette option soit, par facilité ou lâcheté, imposée aux non-musulmans ou que les cantines publiques entrent dans le détail de toute les prescriptions de la loi coranique : cuisines et vaisselle spéciale. Il faut protéger de toute forme de pressions les élèves ne suivant pas les prescriptions islamiques.

La culture européenne est fondée sur la représentation ; il ne saurait donc être question d'interdire la représentation de qui que ce soit, dès lors qu'elle est respectueuse ; mais sans rétablir une loi contre le blasphème, les communautés qui se sentiraient offensées par une représentation gravement injurieuse   doivent pouvoir obtenir une réparation devant les juridictions civiles : il vaut mieux en effet que les affaires de ce genre relèvent des juridictions civiles et non pénales.

L'enseignement public doit être, selon les prescriptions de Jules Ferry, respectueux de toutes les croyances y compris chrétiennes, mais ce respect ne saurait conduire à faire leur place à des théories non scientifiques comme le créationnisme - ou la théorie du genre. 

Le culte dans la rue peut être toléré s'il n'a pas pas de lieu de culte à proximité mais il ne saurait l’être s'il y en a un, surtout s'il est, par provocation, déserté. 

Aucune théorie générale ne permettra de déterminer les contours exacts du compromis à établir mais, devant chaque problème, au cas par cas, il est aisé de déterminer la solution de bon sens qui   préserve la paix civile. Ce travail d'approche pragmatique qui a été fait avec la religion catholique reste   à faire pour la religion musulmane. Il nous fera davantage progresser que des proclamations aussi emphatiques que péremptoires telles que on les a vu fleurir ces derniers temps.

 

                                                                                   Roland HUREAUX

 

 

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commentaires

cecilia 07/04/2017 17:01

Bonjour
je viens pour intervenir et faire comprendre a toute personne ayant été déçue comme moi que rien est encore tard .Car quand on veut on peut , après un moment de déception avec mon ex qui est actuellement redevenu l’Élu de mon cœur j'ai du faire appelle a maître Kabirou qui a vraiment fait un miracle dans ma vie .Il m'a permis de retrouver la paix du cœur en faisant revenir l'homme que j'ai toujours aimer .Alors en guise de remerciement je voudrais lui rendre hommage et conseiller a toute personne ayant de problème a bien vouloir faire recours a ce homme car il est vraiment un envoyer de dieu pour résoudre tout genre de problème.voici son mail:maraboutkabirou@outlook.fr ou l'appelé directement sur:00229 98 74 96 07