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Roland HUREAUX

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:42

LES "REPUPLICAINS"  AURONT BEAUCOUP D'EFFORTS A FAIRE POUR SE RASSEMBLER

 

https://www.marianne.net/debattons/tribunes/les-republicains-leurs-veritables-divisions

 

 La refondation de l'UMP, devenue "Les Républicains", le 30 mai dernier Porte de la Villette a été une fête réussie.

Les quelques sifflets  malencontreux qui ont accueilli Fillon et Juppé  n'ont  pas vraiment  entaché   une opération   qui  s'est faite dans une atmosphère sobre et consensuelle.

50 intervenants  allant chacun de son couplet sur les valeurs républicaines , cela ne permet pas  forcément de maintenir l'attention du public, mais évite au moins de   faire des jaloux , de  diviser inutilement  le groupe dirigeant du mouvement sur des questions de susceptibilité.

Dans son discours de  conclusion , Nicolas Sarkozy a  tenté  de montrer  que lui et son parti étaient , plus que les socialistes, les vrais républicains.   Pour justifier   le label "Les Républicains", il  a rappelé comment la gauche avait détruit l'école et   fait preuve d'une complaisance coupable  à l'égard du communautarisme. L'argument n'est pas sans portée.

Il reste que l'invocation répétitive des valeurs de  la  République et les appels au rassemblement par les orateurs ont occulté   les sujets essentiels qui sont précisément ceux sur lesquels le nouveau mouvement est, plus que toute autre force politique , divisé.

 

Trois clivages essentiels

 

Trois lignes de faille traversent aujourd'hui la politique  française :  est-on pour ou contre  l'euro?  est-on pour ou contre le mariage homosexuel  ? est-on du côté des Américains  ou du côté des Russes ? Sur ces trois sujets, aucun compromis n'est possible: il faut être d'un côté ou de l'autre. Même ceux qui préconisent  une monnaie commune au lieu de la monnaie unique  se prononcent,  de fait,  pour la fin de l'euro. Ceux qui veulent substituer   une "union civile"  au "mariage" prévu par la loi Taubira proposent  un "retour en arrière" qui n'est nullement perçu comme un compromis  par les partisans de celui-ci.

Nous ne considérons en revanche pas que la question du plus ou moins grand degré de liberté économique divise en profondeur la société française.    Entre les libéraux et  les étatistes,  le curseur peut se déplacer  vers toutes sortes de compromis.

Pas davantage, quoi qu'on en pense, l'immigration : dès lors que personne ne veut rejeter les immigrés à la mer , ni ouvrir toutes grandes les  portes, là aussi , bien des  positions intermédiaires sont envisageables.

Sur les trois sujets les plus clivants, il est clair que le Front national , anti-euro, pro-russe et  hostile aux bouleversements sociétaux ( même s'il ne s'est pas engagé à  remettre en cause la loi Taubira) est clairement d'un côté.

Il est tout aussi clair que le Parti socialiste, pro-euro, pro-OTAN  et libertaire est  clairement de l'autre.  En dehors de Chevènement , la gauche de la gauche elle-même a transigé sur  l'euro  et  ne se reconnait guère dans Poutine.

En définitive les Républicains, pour  les appeler de leur nouveau  nom, ont seuls le redoutable privilège  de voir la césure passer au milieu d'eux et cela sur les trois sujets.

Officiellement  favorables à l'euro, ils laissent subsister une aile  hostile, autour de  Jaques Myard  - lequel,  de manière  significative a été écarté du nouveau Conseil national.

L'opportunité de réviser   ( réécrire dit  Sarkozy) ou non la loi Taubira   fait débat.  Juppé, Le Maire, Nathalie Kosciuszko-Morizet   y sont clairement hostiles. Les autres , hostiles aussi,  cultivent une subtile ambiguïté.

Sur la nouvelle polarité  Est-Ouest,  seul Fillon, quoique discret , est soupçonné de pencher vers la Russie.  Il a , seul  des candidats mais avec tout le groupe parlementaire , approuvé la récente  visite au Kremlin de cinq députés français,   visite condamnée  par  Hollande, Fabius, Juppé et tournée en dérision par Sarkozy. Plus clairement Giscard d'Estaing s'est récemment démarqué de l'OTAN. Il n'est cependant pas, du moins que l'on sache, candidat.

Mais le vrai clivage sur  ces sujets, n'est est pas tant entre les dirigeants des Républicains  qu'entre la tête et la  base militante, beaucoup plus réservée sur l'euro, hostile à la loi Taubira contre laquelle elle s'est mobilisée  et , quoi qu'on pense , plutôt favorable à Poutine.

Cette division peut se résoudre de plusieurs manières.

Les Républicains  peuvent continuer comme aujourd'hui où la tête impose les positions les plus "politiquement correctes". C'est ce que pensent  Alain Juppé mais aussi, quoique moins nettement , les autres candidats.  Il leur sera dans ce cas difficile de se distinguer du PS et d'arrêter l'hémorragie des électeurs vers le Front national.   Il ne leur reste , pur se distinguer, qu'à s'affirmer un peu plus libéraux sur la plan économique. Air connu mais   qui pense sérieusement  que la droite ferait  beaucoup mieux  que la gauche sur ce chapitre ?  Même chose sur l'école ou sur l'immigration. 

L'autre option serait la division , voire la scission. La sanction serait l'élimination dès le premier tour. On n'en est pas encore là, d' autant que  l'aile  "populaire"  n'a pas vraiment de chef. 

La troisième solution est de transformer la faiblesse en force, la division en synthèse.

C'est, on l'a dit, quant au fond difficile. Mais c'est celui des candidats qui saura le mieux gérer la contradiction  et garder une  position  d'équilibre  qui emportera la palme de l'investiture pour  1997.

 

                                                                       Roland HUREAUX

 

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Published by Roland HUREAUX
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