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Roland HUREAUX

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 14:44

 

http://www.bvoltaire.fr/rolandhureaux/obama-prix-nobel-de-la-paix-na-plus-que-17-jours-pour-declencher-la-guerre,304072Obama : certains l' appellent par dérision le Prix Nobel de la guerre.

 

C'est exagéré : il a certes appuyé sur le bouton sans lequel les guerres de Libye et de Syrie - et peut-être du Yemen - n'auraient pas eu lieu.

Mais il a refusé de céder aux pressions d'une partie de son gouvernement et de ses alliés ( le France de Hollande et Fabius en première ligne ) qui voulaient bombarder la Syrie sans mandat de l'ONU en août 2013 à la suite de l'attaque chimique de la Ghouta ( banlieue de Damas). S'il avait là aussi appuyé sur le bouton, les Russes auraient riposté et on ne sait jusqu'où serait allée l'escalade . On peut supposer qu' il savait avant tout le monde, que ces attaques étaient une provocation destinée à mettre en cause Assad et non l'œuvre d' Assad lui-même[1].

De même le traité avec l'Iran de juillet 2015 est à mettra à son actif , tout comme la reprise des relations avec Cuba.

Sa fin de mandat est par contre moins bien inspirée : la décision d'expulser 35 diplomates russes ( une décision lourde s'agissant des deux "grands") , soi-disant en représailles d'une interférence numérique de la Russie dans la campagne présidentielle américaine, peut être jugée parfaitement rocambolesque.

D'abord parce que les preuves présentées sont minces.

Le principal grief : avoir fait circuler des courriels d'Hillary Clinton , demeure mal établi et à supposer qu'il le soit, ces courriels n'auraient pas porté préjudice à l'intéressée si elle avait été claire !

Et même si tout cela était vrai, il n'est pas d'usage que la guerre de l'ombre qui se livre depuis toujours entre grandes puissances soit portée à la lumière. A ce jeu, celui qui perd ne le dit pas. Surtout que les Américains n'ont en la matière de leçons de morale à donner à personne.

A ce grief principal , s'en ajoutent d'autres assez confus : tracasseries aux diplomates américains en poste à Moscou , tentative de perturber le système de régulation électrique de l'Etat du Vermont, victime, dit-on d'un virus d'origine russe.

Non, vraiment, Obama se ridiculise.

 

La paix en danger

 

Non seulement cela sent son mauvais perdant ( du côté du clan Obama-Clinton) mais, pire, le président, en agissant ainsi, met en danger la paix : les trois semaines de mandat qui lui restent suffiraient à déclencher une nouvelle escalade dans la mesure où il a derrière lui de grandes administrations : le Département d'Etat , le Pentagone , la CIA encore tenues par des faucons qui ne demandent qu'à en découdre avec la Russie.

A la déception de l'élection de Trump que ces gens là vomissaient et qui annonce une ligne différente s'est ajoutée celle de la victoire à Alep de l'armée syrienne soutenue par les Russes, sur les djihadistes soutenus par l'OTAN.

Or voilà bien la vraie raison de cette agressivité de fin de mandat : l'immense déception de ces forces qu'incarnait Hillary Clinton devant ce que l'ambassadeur de France à Washington, si piètre diplomate, a appelé la "fin d'un monde". La fin , non de la puissance américaine mais celle de l 'idéologie néoconservatrice au nom de laquelle les Américains se sont sentis investis du droit d'intervenir partout sur la planète pour y faire régner le bien, causant les dégâts que l'on sait. L'amertume est telle chez ces gens qui, le 20 janvier , date de la prise de fonctions de Trump, ne seront plus rien, que certains sont sans doute prêts à tout.

En ne réagissant pas à cette provocation de dernière minute, Poutine s'est montré le plus sage.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

[1] Selon l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, des Français auraient apporté leur concours à cette opération.

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Published by Roland HUREAUX
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