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Roland HUREAUX

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 15:11

 

Les pas-de-clercs désolants de la diplomatie de Hollande, qui lui ont attiré un pied-de-nez humiliant de Poutine quand il a renoncé à venir à Paris inaugurer le centre orthodoxe de l'Alma , montrent l'urgence d'une nouvelle politique étrangère pour notre pays.

Entre un suivisme servile et dangereux vis à vis des Etats-Unis , un droit-de-l'hommisme naïf et moralisant et un soutien criminel aux islamistes de Syrie, notre diplomatie est devenue illisible. Les amis de la France déplorent aujourd'hui son absence de la scène internationale sauf quand il s'agir de jeter d' huile sur le feu des conflits du Proche-Orient .

Les fondements d'une nouvelle politique étrangère doivent être les suivants :

- la France respecte tous les peuples et donc les gouvernements qui les représentent . Elle doit, conformément à l'article 2-7 de la Charte des Nations-Unies, s'abstenir "d'intervenir dans les affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d'un Etat ", comme elle n'a , hélas, cessé de faire au cours des dernières année dans le sillage de l'OTAN;

- elle ne doit à l'inverse pas permettre d'ingérence dans ses propres affaires , et donc retrouver la plénitude de son indépendance. Loin de nous isoler, l'indépendance doit nous permettre d' élargir les horizons de notre diplomatie dans toutes les directions sans exclusive;

- la diplomatie française doit être dictée par le seul souci de l'intérêt national . Nous n'avons pas vocation à répandre dans le monde notre conception des droits de l'homme . Défendre l'intérêt national est un devoir vis à vis de nos concitoyens les moins aptes à se défendre eux-mêmes dans la jungle du mondialisme. Qu'une classe politique hors sol ait perdu cette mission multiséculaire de vue est la cause principale de son discrédit. Au demeurant, rien de plus pacifique que la défense des intérêts nationaux, qui permet toujours de trouver des compromis .

La France est membre de l'Alliance atlantique depuis 1949 ; elle doit le rester. Il s'agit, rappelons-le, d'une alliance défensive et non offensive. Ceci posé, notre participation au dispositif intégré ( OTAN) peut faire l'objet d'aménagements.

Quel que soit le devenir des institutions de Bruxelles, aujourd'hui en crise, la coopération politique européenne est plus nécessaire que jamais. Elle ne saurait toutefois amener la France à se lier les mains à l'égard de tiers. La levée des sanctions absurdes prises à l'encontre de la Russie doit être immédiate.

Au moment où une inquiétante tension règne entre les Etats-Unis et la Russie, la France n'a à faire allégeance à aucune de ces puissances. Mais un rééquilibrage est nécessaire en direction de la Russie , vieille amie de la France d'autant que l'Amérique de Trump, va prendre les devants dans le rapprochement avec Moscou, risquant ainsi de nous laisser au bord de la route . L'Europe va de l'Atlantique à l'Oural: il serait très dangereux pour la paix que le prochain président de la République française continue de cultiver une hostilité de principe envers la Russie, maintenant débarrassée de l'idéologie communiste . De même les relations avec les pays d'Europe orientale historiquement proches de la France comme la Pologne, la Hongrie, la Roumanie , la Serbie, la Grèce doivent être renforcées.

La priorité du partenariat franco-allemand ne saurait faire oublier les liens anciens , forgés dans le combat, avec le Royaume-Uni, ami comme nous de la liberté, ni avec nos "sœurs latines": Italie, Espagne , Portugal .

De l'autre côté de la Méditerranée , l'Algérie , le Maroc (et aussi la Tunisie ) sont des partenaires historiques incontournables. Leurs stabilité est pour la France une nécessité stratégique. La coopération avec ces pays doit s'approfondir , cela dans l'égalité et donc en excluant définitivement toute forme de repentance ou d'acrimonie dégradantes pour les deux parties.

La Françafrique , une fois écarté le souvenir d'un affairisme douteux, n'est rien dont nous ayons à avoir honte. Il est à l'honneur de la France d'avoir conservé , plus que d'autres puissances coloniales, des liens privilégiés avec ses anciens territoires . Dans un continent appelé à peser de plus en plus, ces liens sont une carte qu'elle doit jouer à plein . Les pays d'Afrique ont leurs problèmes mais nous devons cesser de leur faire la morale. Le contrôle nécessaire de l'immigration, qu'ils comprennent , doit se faire en partenariat avec eux, dans un esprit de codéveloppement.

La francophonie constitue une chance exceptionnelle qu'il convient d'exploiter . Soyons fiers de notre langue . Il est inacceptable qu'un représentant de la France dans une organisation internationale dont le français est langue officielle puisse s'y exprimer autrement qu'en français. Il faut aussi renouer sans tarder avec d'autres amis historiques de la France comme l'Egypte , l'Ethiopie, l'Iran, le Liban . La France a longtemps rayonné en Amérique latine : elle doit y reprendre toute sa place .

Hélas nos gouvernements, tant "républicain" que socialiste, se sont attachés au cours des dernières années , de manière criminelle, à attiser les conflits au Proche-Orient. Le rôle de la France doit être, par une diplomatie équilibrée, d'être dans cette région "artisan de paix" . La sécurité d'Israël , aspiration légitime, n'est pas incompatible avec le respect de la dignité et la stabilité des pays arabes environnants. Il est urgent de renouer les liens avec le gouvernement légal de la Syrie , dont une diplomatie incompétente avait prédit la chute mais qui est en train de reprendre le contrôle de la totalité de son territoire et de réparer des erreurs dramatiques qui ont contribué, tant à décimer les communautés chrétiennes qu'à alimenter chez nous le terrorisme.

L'immense Extrême-Orient n'est pas notre premier cercle . C'est en un sens une chance : la France pourra , sans prendre parti dans les conflits régionaux, développer ses relations , notamment commerciales, avec les géants de la région : Chine, Inde, Japon. Mais ses liens particuliers avec les pays de l'ancienne Indochine sont une carte à jouer. De même sa présence en Océanie , indispensable pour conserver la deuxième zone économique du monde, une zone à valoriser par une grand politique de la mer.

L'indépendance, loin d'être un repli sur soi, doit nous ouvrir au contraire à de nouveaux partenariats . Elle seule peut nous mettre à l'abri des orages qui montent à l'horizon . Elle seule permettra à la France de travailler efficacement à la paix du monde.

 

Roland HUREAUX

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