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Roland HUREAUX

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 14:42

COMMENT LA GAUCHE A FAVORISE LA CONCENTRATION PARISIENNE

Depuis quelques années , un débat récurrent oppose une partie des maires de la région parisienne, spécialement ceux de droite, à l'administration. On leur reproche de ne pas remplir le quota de 20 % ( porté récemment à 25 % ) de logements sociaux imposé par la loi SRU (2000) aux communes de plus de 3500 habitants, alors même qu'ils n'auraient pas de disponibilité foncière pour cela.

Il est rare que ce débat soit élargi, comme il devrait l'être, à la question de l'aménagement du territoire français dans son ensemble

C'est au lendemain de la guerre de 1939-1945 que fut lancée une grande politique d'aménagement du territoire destinée à résorber le déséquilibre démographique entre "Paris et le désert français" et entre villes et campagnes. Incarnée par la DATAR à partir de 1963, cette politique a remporté des succès certains: essor des métropoles régionales mais aussi des villes moyennes, essor de l'Ouest, de la région toulousaine, du Massif central. A partir de 1980, la croissance de la région parisienne commença à être contenue.

La fin de l'aménagement du territoire

Mais cette politique évidente se trouva disqualifiée dans les années 1990, sous l'inspiration de quelques idéologues issus du parti socialiste. L'aménagement du territoire qualifié par eux "de papa" devint ringard. Trop sensible à la province et à la ruralité, il fut même suspect de "vichysme" ( ce dont personne ne s'était avisé pendent les quarante années qui avaient suivi la guerre !). Il fallait au contraire, pour faire face à une supposée concurrence européenne voire mondiale des territoires, doper la croissance de la région parisienne et de cinq ou six grande métropoles régionales ( qui devaient être les capitales de quatre ou cinq länder à la française ). Entre ces pôles, des autoroutes, des TGV, des parcs naturels et une agriculture extensive à l'américaine. D'autant que la Ville, et en réalité, les banlieues et même certaines banlieues, désormais magnifiées, étaient tenues pour le lieu de la modernité par excellence, du brassage, du cosmopolitisme, de la construction de nouveaux modèles familiaux, sociaux voire politiques, et surtout de la déconstruction des anciens. C'est ainsi que les freins à la croissance de la région parisienne et les principales incitations à l'installation dans le monde rural furent démantelées, la politique des villes moyennes et petites laissée à l'abandon. Parallèlement, les petites communes , vouées à disparaitre ( "la fin des villages " de Jean-Pierre Le Goff ) faisaient l'objet d'une première grande loi sur l'intercommunalité (1992) visant leur fusion ; la politique agricole commune était révisée dans le sens voulu par les Etats-Unis (1992), fatal à la paysannerie française. Au même moment, était créé l'espace Schengen qui devait , à partir du traité d'Amsterdam (1996), relancer l'immigration non européenne dont la principale destination est en France la région parisienne.

La suppression de la DATAR et le déménagement de ce qui la remplace en Seine Saint-Denis, la nouvelle carte régionale ( qui laisse sans métropole tout l'espace compris entre Rhône, Garonne et Loire) , décidés par l'actuel gouvernement, constituent l'aboutissement de ce processus.

Que Paris et sa région doivent être organisés comme une grande métropole internationale est incontestable , mais seul un raisonnement sommaire pouvait amener à confondre le rayonnement qualitatif avec le poids démographique. A ce compte, Dacca (17 millions) pèserait plus que Londres (11 millions) !

L'effet de ce retournement de politique ne se fit pas attendre : reprise de la croissance démographique (l'Ile-de-France a vu sa population passer de 10 à 12 millions entre 1990 et 2015) , afflux de population pauvres, tension sur les prix de l'immobilier, pénurie, hausse de la demande de logement social qui, au début des années quatre-vingt, semblait satisfaite.

En parallèle, combien de petites villes en crise, combien de villages où les délocalisations ont détruit le tissu industriel essaimé au cours des années 1945-1980 et multiplié les logements vides vacants ?

Il est certes légitime que, pour satisfaire la demande parisienne, on relance la construction de logements sociaux et que des dispositifs adaptés, respectueux des libertés municipales, plus incitatifs que contraignants assurent un certaine équilibre sociologique entre les communes.

Mais le problème du logement en région parisienne ne sera pas résolu sans une remise en cause complète de la contre-politique d'aménagement du territoire favorable à la concentration, inspirée par les idéologues socialistes, qui prévaut depuis 25 ans, de même qu'un vrai contrôle de l'immigration doit relâcher la pression sur nos grandes agglomérations.

Roland HUREAUX

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