Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Roland HUREAUX

MrHureaux

Recherche

Articles Récents

Liens

23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 22:52

EN UKRAINE, L'UNION EUROPEENNE APPLIQUE DES PRINCIPES OPPOSES A CEUX QU'ELLE PROMEUT D'HABITUDE

Publié par Marianne.com

Si l'on examine les motifs du contentieux entre l'Union européenne et la Russie au sujet de l'Ukraine, on voit que sur la plupart des points la position de l'Union est en contradiction avec les principes qu'elle promeut d'habitude.

C'est à l'évidence le cas de la révolution dite de la place Maidan qui a renversé le 22 février dernier le président Viktor Ianoukovitch et permis l'élection le 25 mai (avec tout de même 60 % d'abstentions) de son successeur Petro Porochenko. Pour impopulaire qu'il ait été , le renversement par la rue d'un président régulièrement élu comme Ianoukovitch est totalement contraire aux valeurs que l'Union européenne prétend défendre. Que dirait-on à Bruxelles si le président Hollande, très impopulaire aussi, devait se retirer de la même manière ? Ajoutons que le mouvement de Maidan avait une composante néo-nazie qui n'est pas précisément sympathique.

De même, le respect des minorités linguistiques est inscrit dans différents documents publics de l'Union européenne, notamment la Charte des langues régionales . Quand le Parlement ukrainien retire tout statut officiel à la langue russe en Ukraine, au bénéfice de l'ukrainien qui en est très proche mais qui demeure une autre langue, et cela alors même que le russe est parlé par presque toute la population et qu'il est la langue unique du tiers oriental du pays, comment ne pas y voir une provocation ? Mais elle ne gêne nullement l'Union européenne dès lors que la victime est la minorité russophone de l'Ukraine.

Le fédéralisme et la décentralisation sont au cœur de la doctrine européenne, non seulement s'agissant d'elle-même, mais aussi au sein des Etats membres, sur le modèle allemand, dit-on. Le Comité des régions d'Europe a un statut officiel . Le projet français de "grandes régions", susceptibles de recevoir le maximum des attributions de l'Etat central est issu, en partie, des courants de pensée dominants à Bruxelles. Les bons élève de l'Europe , comme l'Espagne ont poussé à fond la logique de la décentralisation. Rien ne laisse supposer à ce jour, que la Russie veuille annexer l'Ukraine. Aussi un grand pas en avant serait-il fait dans la solution du conflit, si Kiev acceptait un statut fédéral pour ses provinces russophones, laissant au russe le statut de langue officielle. Bien que cette revendication aille pleinement dans le sens des idées de l'Union européenne, Bruxelles, à l'évidence, ne pousse nullement son partenaire ukrainien dans ce sens.

On peut certes considérer l'annexion de la Crimée par la Russie comme une violation du droit international. Dommage que l'Union européenne ait montré l'exemple en ratifiant l'indépendance du Kosovo, décidée par les Etats-Unis en 2009, violation tout aussi flagrante de ce même droit et d'autant plus grave quelle créait, elle , un précédent.

D'une façon plus générale, le morcellement étatique ne semble pas gêner les instances bruxelloises qui savent bien que plus les Etats membres seront nombreux et faibles , plus elle a des chances de régner. Elle a joué le rôle que l'on sait, à l'instigation de l'Allemagne, dans l'éclatement sanglant de la Yougoslavie, elle n'a pas objecté à celui de l'Ukraine. Elle ne fait pas obstacle non plus à l'aspiration de l'Ecosse à indépendance.

Même si on peut contester sa valeur juridique, personne ne doute que le résultat référendum par lequel la Crimée a demandé son rattachement à la Russie ait reflété la volonté de l'immense majorité des habitants de la péninsule. Pourquoi dès lors refuser à la Crimée ce qu'on a accordé à la Slovaquie et au Monténégro et que l'on est prêt à accorder à l'Ecosse ? Certes, dans le cas de la Crimée l'aboutissement est le rattachement à la Russie, pas l'indépendance . Mais au regard du principe fondamental d'autodétermination de peuples, l'effet est le même. Quant au sort des minorités, gageons qu'il vaut mieux être Tatar en Crimée que Serbe au Kosovo !

On pourrait élargir le sujet et dire que tant dans le cas du Kosovo que de l'Ukraine, Bruxelles semble avoir une forte complaisance pour les Etats ouvertement mafieux! Ou encore évoquer le rôle des néo-nazis dans le gouvernement de Kiev. Mais c'est une autre histoire.

En tous les cas, il est clair que pour l'Union européenne, l'Etat unitaire et l' intégrité territoriales ne sont sacrés nulle part, sauf en Ukraine.

Roland HUREAUX

Partager cet article

Repost 0
Published by Roland HUREAUX
commenter cet article

commentaires